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Conduite à tenir devant une anorexie

Un aide-mémoire pour les soignants en institution

lundi 28 mai 2007 par Michel

CONDUITE À TENIR DEVANT UNE ANOREXIE

Le texte ci-dessous n’est pas un protocole ; il veut être une simple approche du problème. Il pourra cependant être utilisé comme base à la rédaction d’un protocole, quand les équipes se le seront appropriées.

L’anorexie est un signe d’alarme très important chez la personne âgée. Les conséquences peuvent en être rapidement dramatiques :
- Infections, à cause du risque de déficit immunitaire.
- Grabatisation, à cause de la fatigue qui en résulte.
- Escarres : l’alimentation est le facteur évolutif essentiel.

L’ANOREXIE :

Un malade qui ne mange pas maigrit.

Toute suspicion d’anorexie impose une pesée.

On sait que l’appétit des résidents est très variable. On sait aussi que le poids peut varier en fonction de plusieurs facteurs. Mais le soignant doit être logique : s’il s’inquiète de l’appétit d’un résident, alors il doit le peser.

Un malade qui ne mange pas ne mange pas.

On n’a pas le droit de parler d’anorexie sans mettre en place une surveillance alimentaire.

C’est la même remarque : le soignant doit être logique. il doit aussi savoir qu’on ne peut se contenter d’estimations vagues comme "Il mange", ou "Il ne mange pas" [1]

La surveillance alimentaire :

- 1. La surveillance alimentaire peut être déclenchée par tout soignant : c’est une décision qui est de sa compétence. Le service doit s’organiser pour choisir une méthode de surveillance alimentaire qui soit à la fois simple et quantitative.
- 2. Toute suspicion d’anorexie impose la mise en place d’une surveillance alimentaire : il s’agit là d’un automatisme.
- 3. La surveillance alimentaire doit être faite avec ponctualité : elle ne peut donner d’informations que si elle est conduite sur plusieurs jours et sur tous les repas.
- 4. Il faut juger ce que le malade a laissé dans l’assiette, mais aussi ce que le soignant y a mis. C’est sans doute le plus difficile, car le soignant, de manière tout à fait logique, a tendance à remplir plus ou moins les assiettes en fonction de ce qu’il sait de l’appétit du résident. Le problème est que cet ajustement est souvent inconscient. Il faut donc en prendre conscience. Le plus simple est probablement de décider que tout résident mis en surveillance alimentaire se verra proposer une ration standardisée [2].
- 5. Les familles jugent souvent très bien les apports alimentaires. D’une manière générale les soignants ont tendance à disqualifier la parole des familles [3], et inversement. Il faut dire que les uns ont peur des autres. C’est dommage, car c’est dans le respect mutuel et la coopération que se trouve la clé.
- 6. Une surveillance alimentaire ne doit pas durer plus d’une semaine : cela n’a pas de sens, car les informations nécessaires sont obtenues en deux ou trois jours ensuite il faut décider.
- 7. Encore faut-il montrer les surveillances au médecin : toute anorexie implique un travail de sa part.
- 8. Parfois on fera une surveillance renforcée (sur trois jours) : feuille dans la chambre où on note tous les apports, y compris les friandises, les boissons...

CAUSES DES ANOREXIES :

Un certain nombre de causes d’anorexie sotn parfaitement repérables par le soignant. Les soignants ont un rôle diagnostique fondamental. Ce sont :
- Les mycoses buccales : tout soignant doit avoir une lampe de poche et savoir examiner une bouche. Il n’y a aucun sens à faire un soin de bouche sans l’avoir regardée.
- Les nausées. Encore faut-il interroger : les nausées ne se voient pas. Les soignants ne s’intéressent qu’aux vomissements, ils ont tort : ce sont les nausées qui sont le symptôme ; d’ailleurs les vomissements soulagent.
- Les fécalomes : toute anorexie impose une surveillance des selles.
- Les troubles coronariens : l’électrocardiogramme doit pouvoir être une décision infirmière.
- Les infections urinaires : toute anorexie implique une bandelette.
- Les pneumopathies : c’est évidemment un diagnostic médical, mais le soignant pourra repérer une dyspnée, une fièvre, une toux.
- Les déshydratations : c’est aussi un diagnostic médical ; mais le soignant repèrera une perte de poids rapide (en deux ou trois jours) ou une diminution de la diurèse (une vieillard dont l’incontinence paraît s’améliorer est a priori suspect de déshydratation), il prendra la tension et le pouls.
- Les troubles métaboliques (calcium, sodium ...) concernent le médecin.
- Les douleurs. Il faut interroger, observer, surtout chez le dément.
- Les dépressions, l’anxiété, les troubles psychiques de tous ordres.
- Et surtout les médicaments.


Notes

[1On n’aura d’ailleurs aucune peine à constater que le malade dont on dit : "Il ne mange absolument rien" mange le plus souvent plutôt mieux que celui dont on dit : "Il ne mange rien".

[2Au minimum il existe des cuillers-doseuses qui permettent, au moment du service, de se faire une idée de ce qu’on a proposé au résident.

[3On ne parle même pas de celle des malades.

65 Messages

  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 24 septembre 2017 à 00:34 , par Nina

    Bonjour,
    J’ai 67 ans, je vis seule et très isolée. Suite à d’importants problèmes, tant physiques que psychologiques, j’ai décidé de ne plus me nourrir pour en finir avec la vie. Pour ne plus penser et que toutes ces souffrances se taisent enfin.
    J’ai deux enfants qui ne m’appellent jamais pour prendre de mes nouvelles, en trois ans j’ai subi deux interventions chirurgicales de la colonne vertébrale. Je vis dans une telle solitude que mis à part "bonjour", "merci" aux caissières où je faisais mes courses, je ne parle à personne, pourtant je vis dans une petite résidence de 26 petites villas, mais personne ne se parle.
    J’ai eu une enfant comme on vit un enfer, anorexique dès l’âge de 6 ans.
    Mon petit frère à l’âge de 22 ans s’est suicidé, ne parvenant pas à vivre après avoir subi comme moi autant d’humiliations, de coups abominables, de sévices innommables et de l’inceste.
    Je n’ai jamais eu de réelle vie de "FEMME", persécutée par mon père jusque dans mon intimité.
    Durant toute ma vie, j’ai tenté de mourir, par médicaments, défenestration et j’ai traversé des périodes aiguës d’anorexie, tombant jusqu’à 38kg.
    Aujourd’hui, j’en suis parvenue depuis plus d’un mois 1/2 à rester couchée 24h sur 24. Parfois mes volets restent fermés durant deux jours, mais personne ne frappe à ma porte pour me demander si j’ai besoin de quelque chose. J’ignore même désormais si j’ouvrirais ma porte tellement je pense être au bout du tunnel.
    Je suis dans une dépression totale... J’ai un traitement pour l’hypertension, un traitement aux opiacés pour les douleurs de mon dos et un traitement pour ma dépression.
    J’ai été franche avec mon médecin en lui disant que je n’en pouvait plus et que je préférais me laisser mourir. Elle voulait me prescrire des compléments alimentaires, mais je lui ai dit non, je ne les boirais pas. J’ai refusé l’hospitalisation, car ce serait pire pour moi de me forcer à manger où à survivre. Je souffre aussi terriblement des yeux, suis hyper fatiguée tout le temps.
    Je n’ai pas de famille, mes enfants sont au courant de mon état, mais ne m’appellent jamais.Jusqu’ici ma seule balle salvatrice était l’écriture, mais je ne peux plus et ne veux plus écrire, je veux tout simplement en finir, et ne plus rien manger je sais me fera disparaître de ce monde qui m’est hostile et dans lequel je ne suis plus rien.
    Pour tous ceux et celles qui me liront, merci de ne pas me juger. Mais si vous avez une maman, un papa, n’oubliez pas tout ce qu’elle ou ce qu’il a fait pour vous.
    Avec la douceur, la patience et la tendresse peut-être parviendrez vous à faire quelque chose de vital pour elle, pour l’aider et peut-être la sauver.
    Moi, je ne sais connu un geste tendre, une bise avant de m’endormir, un câlin lorsque j’avais mal, on me donnait tout le contraire et toute cette haine donnée avec tant de violence on fait de moi une femme brisée.
    Merci de m’avoir lue.
    Nina


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 26 septembre 2017 à 16:54 , par B.

      Nina, peut-on vous répondre ? Ce que je lis là, c’est plutôt de la rage. La vôtre. Pour votre frère, pour vous. Contre votre père, vos enfants, les gens.

      On peut vouloir se suicider. On peut aussi vouloir ne plus se lever, ne plus manger, ne plus vivre, mourir. On peut avoir de très bonnes raisons, ou pas de raisons du tout.

      Pourtant vous avez attendu jusqu’à présent. Et vous avez essayé d’autres choses, écrire par exemple, mais pourquoi ? Pour survivre.

      Survivre, vous n’en avez plus envie. Mais avez-vous essayé de vivre ? Prenez un jour, un seul jour de tous ceux qui pourraient suivre vos 67 ans, et essayez quelque chose que vous n’avez jamais fait encore. Vous n’avez besoin de personne pour apprécier un bain chaud, pour aller au cinéma, aller dans une bibliothèque, et oser discuter avec votre voisin de table.

      Bien sûr, rien n’oblige les gens à s’intéresser à vous, comme rien ne vous oblige à vous intéresser à eux. Mais si ça se produit, ce que vous avez réfléchit, écrit, ne demande qu’à se transformer en échanges.

      Qu’avez-vous à y perdre ? Découvrir que vous pouvez vivre des aventures toute seule ? Découvrir que la rencontre des autres est une aventure, aléatoire, mais toujours possible malgré tous les obstacles.

      B.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 27 septembre 2017 à 17:45 , par Michel

      Bonjour, Nina.

      Votre message est très dense, et depuis que je l’ai lu je tourne autour en me demandant ce que je vais pouvoir vous répondre. Un lecteur du forum vous a posté un commentaire, que je trouve assez judicieux, mais cela ne peut me dispenser de vous parler à mon tour.

      La première chose que je note, c’est que vous avez écrit. Cela indique que vous ne l’avez pas jugé inutile, et qu’il y a donc une relation à établir : il est significatif que vous écriviez que vous ne voulez plus écrire. Mais la seconde c’est que vous êtes effectivement en difficulté pour nouer des relations, à telle enseigne que vous postez sur un site consacré à la gériatrie et aux soins palliatifs alors que votre situation ne relève ni ne l’une ni de l’autre. Soyez bien sûre que vous êtes la bienvenue ; mais je dis cela notamment pour attirer votre attention sur le fait que je n’ai aucune compétence particulière pour vous parler.

      Ce dont vous parlez c’est de votre souffrance. Et de votre solitude. Mais je vois qu’il y a des trous dans votre récit, et ces trous me posent question. La première serait naturellement de savoir ce qu’il en est de vos problèmes de santé : sont-ils bien pris en charge ? N’êtes-vous pas trop pessimiste ? Je n’en peux rien savoir. Et la seconde est de savoir ce qui fait que vous êtes seule. Vos enfants ne vous appellent pas ; soit : quelle est l’histoire de votre relation ? Qu’est devenu le père de vos enfants ? Le reste de votre famille ?

      Vous voyez qu’il serait nécessaire de parler de choses très intimes, et je ne suis pas sûr qu’Internet s’y prête vraiment. Il serait donc impératif qu’un psychologue de chair et d’os intervienne.

      Remonte alors à vous le souvenir d’une enfance douloureuse. Comment avez-vous essayé de vous faire aider pour venir à bout de cette souffrance ? On a le sentiment que si vous arriviez à prendre un peu de distance (comment faire ?) avec ces souvenirs vous pourriez retrouver un espace pour vivre.

      Je sais, c’est tard. Et ce que vous n’avez pas pu vivre, vous ne le vivrez pas. Cependant je vous le répète, vous n’auriez pas écrit cela si vous n’aviez pas l’espoir d’être entendue. Il y a donc ce fil qui vous rattache à la vie, il faut aimer ce fil. Même si la dépression est une maladie dont on méconnaît la capacité à faire mal.

      Mais j’ai l’impression que c’est le silence de vos enfants qui vous pèse le plus : vous en parlez à deux reprises, et votre souhait s’adresse à nous, lecteurs, en tant qu’enfants. Et vous savez fort bien ce que vous demandez, légitimement d’ailleurs, en termes de tendresse et d’affection. Franchement je ne suis pas sûr que les enfants soient là pour ça dans notre monde où la vie les conduit souvent loin, avec leurs propres tracas, les enfants ont vocation à partir.

      Je reste à votre écoute, Nina. Mais il vous faut un interlocuteur, un vrai.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 29 septembre 2017 à 21:08 , par Dom

      Je n’en finis pas de m’étonner des gens qui disent qu’ils en ont marre de vivre ou qu’ils veulent mourir.

      Non pas que cela m’étonne qu’on en ait marre de vivre ou qu’on ait envie de mourir - ça, je le comprends parfaitement, et n’étant ni médecin, ni philosophe, ni religieuse, ni psy, je peine à concevoir qu’il faille maintenir coûte que coûte les fonctions corporelles de ce qui n’est qu’une enveloppe quand "le ressort vital" qui l’anime en est cassé - mais cela m’étonne que, si souvent, les gens qui en "ont marre de vivre et qui veulent mourir" lancent ce genre d’appels ("retenez-moi, ou je vais faire un malheur").

      Mais. Quel est l’enjeu ? Quel est donc ce "malheur" que nous devrions empêcher ? Vous allez mourir si "on ne fait rien", et ? Vous mettez votre vie dans la balance, et ? Qu’attendez-vous ? Quel est donc le prix que vous accordez à cette vie dont vous clamez que vous n’en voulez plus, mais qui vous semble si importante que vous ne pouvez faire autrement que d’appeler au secours pour qu’on vous aide à la sauvegarder ? Et dont vous croyez, en votre for intérieur, que son arrêt va... quoi faire ? Déranger qui ? Changer quoi ?

      En d’autres termes : je rejoins B. et le Dr Cavey. Vous ne voulez pas du tout mourir, vous voulez qu’on vous donne des raisons de vivre. Mais ces raisons-là, elles sont en vous-même, et c’est à vous de les trouver. Et ce n’est certainement pas en égrenant toutes les excellentes raisons que vous pouvez avoir de ne pas vivre (ou de mourir) que vous les trouverez. Demandez-vous plutôt pourquoi vous continuez à prendre vos médocs contre l’hypertension et autres si vraiment vous voulez mourir. Demandez-vous pourquoi vous attendez que les voisins s’inquiètent de voir vos volets fermés, pourquoi vous attendez que vos enfants vous téléphonent. La réponse est simple : c’est parce que votre "ressort vital" est là, et bien là. Et parce que vous avez envie de vivre, envers et contre tout.

      Ce qui est difficile, c’est que vous devez l’admettre : non, vous n’avez pas envie de mourir. Et oui, ça vous contrarie que "le reste du monde" manifeste autant d’indifférence envers votre mal-être.

      Mettons les choses au pire : histoire de prouver à tous que votre désespoir était "pour de vrai", cette fois-ci, vous ne vous loupez pas. Et ? Que croyez-vous qu’il se passera ? Une atroce culpabilité qui pourrira la vie de vos enfants jusqu’à la fin de leurs jours ? C’est vraiment le souvenir de vous que vous avez envie de laisser ? Et vous croyez vraiment que ce sera le cas ?

      Allons. A nouveau, je ne suis ni médecin, ni philosophe, ni religieuse, ni psy. Je mesure votre mal de vivre, et je pense qu’il est en partie chimique et en partie "relationnel" (à titre personnel, je pense que moi aussi, si j’avais eu une mère qui passait sa vie à pleurer sur combien elle souffrait et combien elle avait souffert, j’aurais pris le large... ). Mais comme je suis une incorrigible optimiste, je suis persuadée que même à votre âge, vous pouvez encore trouver la force et le courage de reconnaître que VOUS AVEZ ENVIE DE VIVRE !


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      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 29 septembre 2017 à 23:43 , par B.

        Je nuancerais légèrement...
        J’ai l’impression que la dépression est (peut être au moins dans certain cas) un état d’attente, de réflexion profonde, espérant trouver une solution à un problème sans solution, ou bien espérant pouvoir faire avec un problème sans solution.
        Je pense, Nina, que vous savez cela parfaitement. Vous savez pourquoi vous n’avez pas envie de continuer, vous savez ce qui aurait pu vous donner envie de continuer, vous savez que vous n’avez plus la force de continuer seule, vous savez ce qui pourrait vous en donner la force, vous savez que cela n’arrivera pas parce que cela dépendrait des autres.
        Vous vous noyez, n’avez pas la force de nager, n’auriez peut-être pas la force d’attraper une bouée que l’on ne vous jette pas. Ne vous en voulez pas, tous les nageurs qui ont failli se noyer connaîssent cet état d’épuisement qui précède l’abandon. Pourtant, ils ont encore nagé vers une bouée.
        La bouée la plus proche est sans doute un psy, un bon de préférence. Mais la distance existe. Alors, il faut reprendre votre souffle, peut être prendre du recul sur votre situation, d’une façon ou d’une autre, la télé, le cinéma, la musique, n’importe quoi qui vous ferait reprendre conscience que vous ne dépendez pas des autres. Vous n’êtes pas une victime, vous avez survécu à des choses auxquelles on ne survit pas si on ne le veut pas.
        B.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 7 août 2017 à 00:58

    Bonjour Monsieur Cavey,

    Que penser de lA CHARTE DES MALADES ? M a mère refuse les médicaments (TRANQUILLISANTS)pour dormir, ...Refuse aussi la mise en place de l ’HAD...Elle est grabataire, veut une fin de vie "calme". Or médecin , infirmières , lui conseillent les soins journaliers de toilette, un suivi médical...les passages fréquents de professionnels experts en soins palliatifs... QU’ARRIVERAIT-IL SI ELLE N’EST PAS EN HAD au cas où elle serait serait en situation de détresse ?
    Autrement dire peut-on avoir une fin de vie tranquille sans l’intervention de l’HAD ?
    L’HAD n’est-ce pas un moyen pour l’État de bénéficier de rentrées financières dans les caisses de l’État ?Les so ins de confort sont-ils à la charge de l’État ? Les personnes agées un moyen lucratif de faire du profit pour certains ?(masseurs, ergothérapeutes, psychologues etc...)

    Merci de votre réponse
    Antoine


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 8 août 2017 à 09:23 , par Michel

      Bonjour, Antoine.

      Je ne comprends pas tout de votre message, même si à la réflexion la situation, elle, me semble assez claire.

      Commençons pas nous débarrasser des points les plus simples.

      Je ne sais pas ce que vous appelez « charte des malades ». Il y a des textes législatifs, qui ne font d’ailleurs que recopier largement ce que le seul bon sens suffirait à commander : le plus clair est la loi du 4 mars 2002, qui dispose que c’est le malade qui décide de ses soins. Le seul bémol est que le même bon sens commande de se demander si le malade est en état de décider.

      Sur la question du profit, il faut nuancer : pour l’État, l’hospitalisation à domicile est une dépense, non une recette. Il ne saurait donc s’agir pour lui d’une rentrée financière. La seule économie qu’il réalise, et elle est de taille, est qu’on met en hospitalisation à domicile des malades qui, sans cela, seraient en hospitalisation traditionnelle. Ajoutons que l’hospitalisation à domicile prend en charge l’ensemble des intervenants (masseurs, ergothérapeutes, psychologues etc...), ce qui alourdit au contraire la charge financière qu’elle supporte. Quant à savoir si les personnes âgées sont une manne pour les professionnels libéraux, c’est une évidence, mais vous remettez là en question l’exercice libéral dans le système de santé, ce qui est un autre problème. Pour ma part j’ai toujours été contre le système libéral (et c’est bien pourquoi je l’ai quitté), mais cela nous emmène très loin.

      Mais ensuite il faut se demander de quoi votre mère a besoin. Je n’en sais rien, ne l’ayant pas vue. Mais il semble que l’opinion des professionnels soit que votre mère est en fin de vie, dans un contexte qui appelle une prise en charge palliative relativement lourde. Ont-ils raison ? Il faudrait être sur place. Mais il faut certainement y regarder à deux fois avant de dire qu’ils se trompent. Notamment l’hospitalisation à domicile est une excellente formule quand elle est nécessaire, et si on la conseille je serais fortement tenté de sauter sur l’occasion, d’autant que ces services sont souvent surchargés, de sorte que la proposition a toute chance d’être faite à bon escient.

      Qu’arriverait-il en cas de détresse si elle n’était pas en hospitalisation à domicile ? Peut-être rien. Mais il est probable que, faute d’une prise en charge à domicile suffisamment structurée, il faudrait la réhospitaliser ; le but de cette hospitalisation à domicile est précisément d’éviter au maximum des hospitalisations non souhaitées. Quand j’étais médecin de campagne la question ne se posait pas : il n’y avait pas d’hospitalisation à domicile. Cela ne m’empêchait pas d’accompagner chez eux des malades en fin de vie, mais je sais ce qu’il m’en a coûté de temps, de présence, d’angoisses, et je ne vous parlerai pas de mon banquier. On ne peut pas demander ça au système libéral.

      Votre mère refuse la prise en charge proposée. Je le comprends, et je suis prêt à ajouter que si elle la refuse il faut y renoncer, tout simplement parce que cette prise en charge échouera. Mais cela ne doit pas dispenser de se demander… si elle a raison. Je n’aime pas les tranquillisants, mais ils sont parfois nécessaires. J’aimerais une fin de vie calme (qui serait d’un autre avis ?) et je ne voudrais pas qu’on transforme ma chambre en service de réanimation, mais il faut ce qu’il faut. Bref il n’est pas si simple de dire si votre mère refuse le traitement ou la situation.

      Il faut donc, ici comme ailleurs, négocier. Par exemple je lis qu’on parle d’intervention de kinésithérapeute : Pour quoi faire ? Quel est l’objectif de soins ? J’en connais d’excellents chez le grabataire, mais il faut que ce soit raisonné, en tenant un compte scrupuleux du pronostic à court et moyen terme.

      J’attire enfin votre attention sur le fait que dans votre message je lis une certaine difficulté à analyser objectivement la situation. C’est votre propre souffrance qui parle ici ; elle est bien naturelle, mais il vous faut en tenir compte, car elle tend à obscurcir votre jugement.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 28 juillet 2017 à 01:07 , par Antoine

    Bonjour,

    Que faire pour ma mère très agée qui depuis sa sortie d’hôpital présente des troubles d’anorexie et de déglutition ? L ’hospitalisation l’a rendue très amaigrie, car elle refusait de manger. En ce moment elle est dans un état très bas Nous habitons dans le sud de la FRance : rien n’ a été fait pour qu’elle puisse sortir de cet état. Elle boit beaucoup d’eau mais ne mange strictement rien depuis des semaines. Elle est devenue faible à l’extrême, ne peut plus marcher et ne veut pas être hospitalisée, dit qu’elle est lasse de vivre. La laisser ainsi n’est-ce pas une non-assistance à personne en danger ? Le médecin qui la suit parle de perfusion, mais elle ne veut aucune perfusion. Si elle boit, tiendra t-elle longtemps ? Elle est dépressive, aussi faut-il considérer qu’elle n’ a pas le mental nécessaire pour prendre une décision la concernant ? La mettre sous perfusion parentérale ? Mais cela peut être dangereux dans certains cas ? Que faire ? Que faire pour qu"elle se rétablisse ? est- ce encore possible ? Malgré un lit médicalisé elle a des escarres et des douleurs partout dans le diaphragme et respire mal...Merci de votre réponse.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 31 juillet 2017 à 10:20 , par Michel

      Bonjour, Antoine.

      Je n’ai pas vu votre mère. Vous répondre dans ces conditions, c’est prendre le risque de me tromper lourdement. Acceptez-vous ce risque ?

      Si oui, alors le tableau que vous dressez est celui d’une vieille dame qui, au sortir d’une hospitalisation, se comporte comme si elle avait choisi de ne plus manger. Il n’y a que deux bémols :
      - Le premier est que nous ne savons pas pourquoi elle a été hospitalisée : les choses ne se présentent pas de la même façon selon que le motif de cette hospitalisation était une maladie grave dont elle a peu de chance de guérir ou qu’il s’agissait d’une affection plus bénigne pour laquelle elle a été tirée d’affaire.
      - Le second est que vous parlez d’une dépression, affection dont, si elle est prouvée, il est possible de la sortir.

      Mais dans ce second cas il faut considérer que la guérison d’une dépression prend du temps, et que vous dressez le tableau d’une situation très dégradée (escarres notamment), ce qui fait que la course contre la montre a de fortes chances d’être perdue.

      Dans ces conditions (mais votre description n’est-elle pas trop pessimiste ? Je ne peux rien en savoir), il y a lieu de ne pas se faire trop d’illusions.

      Par ailleurs ce que votre mère dit, c’est qu’elle a pris sa décision et qu’elle ne veut plus vivre. Faut-il respecter cette décision ?
      - Si cette décision est ferme, tout ce que vous ferez pour vous y opposer échouera et ne servira qu’à prolonger une situation de souffrance, voire à en ajouter d’autres.
      - Vous n’avez pas de moyen réaliste de peser sur le cours des choses. Par exemple une alimentation parentérale est une décision lourde, complexe, qui suppose pratiquement une réhospitalisation, ne serait-ce que pour se procurer une voie veineuse suffisamment solide.
      - J’espère bien que, quand mon tour viendra, mes proches auront la sagesse de ne pas s’opposer à ma décision de ne plus vivre si jamais je la prends. Il ne s’agira nullement d’une non-assistance à personne en danger, mais du respect des volontés de la patiente, conformément à la loi du 4 mars 2002 ; et au simple bon sens.

      C’est tout cela qu’il vous faut peser. C’est horriblement difficile, mais c’est le prix que vous devez payer. Nous pouvons continuer à en parler, bien sûr.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 5 mars 2017 à 11:41 , par Jackie

    Bonjour cher Dr Michel Sacey,

    REMERCIEMENTS

    Merci mille fois pour votre aide si précieuse, et pour le temps et la disponibilité que vous avez eu envers moi, mes questions, mes interrogations, et toutes la douceur avec laquelle vous m’avez rassurée...

    Et je pense que vous avez cernée la plupart de mes réelles inquiétudes et répondu à la plupart de mes questions.

    Je vous suis très reconnaissante parce que même si vous n’aviez pas tous les tenants et les aboutissants qui ont suscité vos questions bien normales, face à cette situation au sujet de ma famille...

    Vous m’avez au moins aidé à avoir les idées un peu plus claires, et vous avez surtout contribué à apaiser mes craintes légitimes afin de rendre ma douleur un peu plus supportable....

    Vous êtes d’un grand secours pour nous familles démunies il faut le dire, face à des souffrances dans les diverses situations dont nous vous faisons part, et pour lesquelles nous ne sommes bien souvent pas préparés.

    Un immense merci et toute ma gratitude pour votre aide personnalisée, je suis vraiment heureuse de savoir qu’il existe des personnes comme vous qui bénévolement, viennent au secours des détresses humaines face à leurs proches en fin de vie. Ou qui sont simplement avec de réels problèmes d’ordre médical ou autres pour leurs ainés et contribuer à des conseils avisés.

    Je vais vous répondre dans un autre message, parce qu’il faut que je prenne le temps de réfléchir exactement, à la façon d’essayer tant bien que mal, de vous expliquer les relations dans cette famille et aussi de l’avancement de la situation vis à vis de ma Maman.

    Ce n’est pas par manque de sérieux ou volontairement, que je ne vous ai pas répondu tout de suite, mais uniquement par manque de temps, j’en suis sincèrement désolée.

    J’espère vous répondre le plus rapidement possible.

    Je vous remercie infiniment, parce que mon ami avec qui je vis, ma fille et moi-même, étions réellement dans le désarroi et c’est bien le mot que vous avez employé, et qui convenait parfaitement, face à notre situation de tristesse extrême, de douleurs, et d’incompréhensions.

    Tous nous avons été immédiatement apaisé, grâce à vos mots choisis et réellement bénéfiques, même si parfois ils nous mettaient devant une triste réalité, mais nous ont quand même aidé à mieux l’accepter.

    Merci pour votre dévouement et votre aide.
    Excellente journée.

    Bien cordialement,

    Jackie


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 5 mars 2017 à 21:13 , par Michel

      Bonsoir, Jackie, et merci de ce commentaire.

      Tout de même, il reste à vérifier que mes hypothèses sont bonnes. Et à en tirer les conclusions quant au travail qui vous reste à faire. Ce ne sera pas forcément très simple.

      Mais vous avez dit que votre entourage avait été intéressé par notre échange. C’est fondamental, et je crois que vous avez effectivement tout intérêt à travailler ce sujet en famille.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 6 mars 2017 à 07:26 , par Jackie

        Bonjour Dr Michel Cavey,

        Désolée, d’avoir écorchée votre nom, à mon dernier message. :-))

        Je n’ai pas l’habitude, d’être dans un état d’inquiétude extrême, comme je l’étais à mon premier message, mais la veille du départ de ma Maman à l’hôpital, elle était devant sa télé, elle lisait son programme, elle regardait nous parlait,, elle se levait pour aller au toilette, et marchait seule, je lui ai emmenée un gros bouquet de fleur, et elle me demandait de disposer les fleurs, et les séparer en deux bouquets,,elle discutait avec mes sœurs et moi, elle mangeait des gâteaux, tenant son assiette devant elle, et elle allait bien, elle tombe dans la nuit en voulant aller au toilette, heureusement sur son postérieur, s’inquiète qu’elle à mal, le lendemain et en parle à mes sœurs, qui venaient la visiter, et demande à aller à l’hôpital, pensant qu’elle s’était peut-être cassée quelques chose...

        C’est alors que le lendemain soir, je reçois un coup de téléphone de ma sœur, elle arrivait avec ma mère, dans la ville ou je suis en ambulance ma sœur habitant à 50 km, et qu’elle emmenait ma mère, à l’hôpital, ou elle avait été auparavant, pour une infection en août.

        Jusque là tout était normal, pendant une semaine, elle était bien, avait des visite de la famille, pareil, allait au toilette seule, mangeait sur son fauteuil, regardait sa tété, s’asseyait sur son lit, parlait à ma fille au téléphone, lui demandant de venir la visiter le lendemain, de bonne heure pour profiter d’elle, et j’apprends donc le lendemain matin, que ma fille ne pouvait pas aller voir sa Mamie, parce que l’on conduisait ma mère en soins intensifs.

        Je savais déjà que chez ma sœur, elle était soignée par mon beau frère pour une infection urinaire, et j’ai aussi entendu ma sœur, femme du médecin, présente, à ma visite, parler à son mari médecin, qu’il lui a dit d’augmenter la cortisone à un cachet entier.
        Pareil, on n’a jamais su ni pu savoir quoique ce soit, sur les traitements que prend ma mère et pourquoi, il y a toujours eu un véto mis sur ces informations, qui pourtant nous concernent tous..

        Donc ma fille n’ayant pas pu voir sa Grand-mère, le vendredi prévu, me demande de venir la voir aux soins intensifs, le dimanche fin de journée, parce qu’il lui fallait arriver de loin, et nous retrouvons ma mère 3 jours après dans un état lamentable. Suite à 2 transfusions sanguines, dont j’ai su par ma sœur femme de médecin, qu’elle ne voulait absolument pas, ma sœur, lui dit que c’est pour qu’elle aille mieux, elle lui répond : " Non ça n’ira pas mieux, et tu le sais très bien",
        ensuite elle demandait qu’est ce qu’elle faisait ici, elle était très contrariée, et on lui a dit qu’elle ne respirait pas bien, et elle a répondu : " c’est pas parce que je suis un peu essoufflée, que je suis malade, et elle répétait qu’elle n’était pas malade...( entre parenthèses, ma mère n’était pas du tout essoufflée, lors de ma visite à l’hôpital, elle a parlé sans problèmes aucuns, et était en forme )...

        Dans votre explication, vous me dîtes, qu’une personne de son âge, 83 ans :

        " je ne suis pas surpris qu’une anémie ait décompensé cette situation au point de nécessiter une admission en soins intensifs ; ajoutons que chez un malade ce cet âge il y a un risque à transfuser si l’état cardiaque n’est pas parfait."

        Donc oui elle avait un problème de valves qui ne se refermaient pas complétement, ceci explique peut-être aussi, que la dégradation est due à cela ...
        Mais contre la volonté de ma mère on a quand même fait 2 transfusions, alors déjà, tout cela n’est pas normal.
        La pauvre si elle avait su !!!!

        Ensuite comme je vous l’ai dit, le médecin en gériatrie, qui s’occupe de Maman, m’a quand même dit, qu’il l’a soignait, pour une infection urinaire, qui en fait n’en était pas une, avant qu’elle ne parte aux soins intensifs, et je lui ai donc dit, :"vous avez alors arrêté à son retour, il me répond, non, j’ai continué à lui donner, donc là, je me suis interrogée " ??? pourquoi ???

        Puis il dit a ma sœur et moi, qu’elle a un autre antibiotique, car elle a une infection aux poumons, comme je vous l’ai déjà expliquée, et qu’elle a nouveau un autre antibiotique, mais que l’infection régressait, qu’il avait bon espoir que d’ici la semaine prochaine, ce sera bon.

        Il pensait d’après les résultats sanguins, qu’elle avait une hémorragie, et c’est pour cela qu’elle est allée aux soins intensifs, il se serait affolé ??.....

        Bref, j’ai l’impression dans cette affaire, qu’il y a trop de je crois, je fais, je me trompe, je sais pas, je demande à un cancérologue et finalement c’est pas une infection urinaire, puis je n’arrête pas l’antibiotique, pour cela, puis un autre, puis je vais aux soins intensifs, pour aller mieux, et je rentre dans un état de larve, .... mais il a été induit en erreur, par mon beau frère, qui déjà la soignait encore pour soit disant une infection urinaire.

        Puis, retrouver ma mère comme un légume au bout de trois jours en soin intensifs, juste pour des examens ?? ça c’est encore une autre affaires, il y a deux solution pour moi, soit c’est le fait qu’elle n’a pas supporté les 2 transfusions sanguines, soit qu’on lui a administré, une sédation profonde et continue, jusqu’au décès, sans nous en parler, alors que cette alternative, n’est pratiquée, que si le patient n’a plus que 2 semaines à vivres, avec des douleurs atroces, sinon c’est interdit, puis la famille doit être avertie, si ma mère n’est pas consciente, mais elle l’était tout au début. Mon beau-frère tout seul, avec le médecin gériatre, n’ont pas à décidé, c’est très très grave. C’est une décision collégiale, qui inclue la famille aussi.

        J’ai pu me renseigner à ce sujet, sur des sites d’états, elle est administrée, soit si la personne le demande, soit en cas d’arrêt de traitements qui va occasionner des douleurs insupportables, et que l’on sait qu’elle n’en a plus que pour 2 semaines à vivre... C’est un traitement médicamenteux, qui altère sa conscience, altère sa vigilance pour la faire mourir sans souffrances. C’est exactement les symptômes qu’avait ma mère.

        Mais qui peut vraiment dire combien de temps quelqu’un en a car ma mère, je vous l’affirme, elle ne s’est jamais plainte d’une douleur quelconque liée à son cancer, uniquement d’aphtes dans sa bouche. qui plus est, je n’ai pas non plus la confirmation que cela soit des aphtes, c’est même peut-être des champignons, qui eux peuvent être soignés...

        Il n’y a rien de clair, dans cette histoire, Maman a eu des métastases au rein, il y a quelques années, et on lui a fait l’ablation, elle aurait du être surveillée, il est vrai, qu’elle ne s’est pas plainte, du ventre, ou infection urinaire ou dysenterie, comme ces 2 à 3 dernières années, Elle ne fait plus de chimiothérapie, depuis le mois d’août, alors qu’elle a commencé en mai. et en plus ils n’ont jamais voulu lui dire ce qu’elle avait, elle n’est pas idiote, on lui fait de la chimio, on lui parle de métastases au foie, et on ne lui dit pas ce qu’elle a vraiment ??? là aussi, c’est vraiment la prendre pour une imbécile, je crois qu’elle a très bien compris depuis longtemps ...

        Je pense que le fait que ma sœur refusait de nourrir ma mère, ce qui était pour moi insupportable, et ce n’est pas des accusations fausses, parce qu’elle ne lui proposait pas même son plateau repas, absolument rien, ni ses desserts, elle ne lui faisait rien goûter, et encore moins les soupes ou purées et desserts que je pouvais emmener, alors que nous savons que ma mère adore la soupe, et aime bien un petit dessert aussi. je crois que c’était dans la même stratégie, l’affaiblir pour qu’elle ne meure plus rapidement.

        Et de plus, ce qui m’était insupportable aussi, c’est que devant ma mère, elle lui mangeait son repas, car elle disait de toute manière il vont le jeter, et au moins j’aurai mangé quand je rentre, me disait -elle....

        Donc voilà ce qui m’a mise en colère après elle, ce qui était normal, mais vous m’avez expliqué, que ma mère n’avait certainement pas faim.. peut-être, mais quand mon autre sœur est venue, me remplacer, parce que ma sœur femme du médecin, ne me voulait plus, c’est elle qui a fait manger ma mère, et elle a mangé un peu de tout... Donc ma mère pendant presque 2 semaines, ne buvait que de l’eau, et quelques cuillères de compléments alimentaire.

        Elle continuait à être très faible, et ne restait pas toujours les yeux ouverts. Ce qui me fait me poser la question, Est-ce qu’il n’y a pas une sédation médicamenteuse qui aurait été mise en place, sans que nous en soyons informés, ma famille et moi ???
        Entre mon beau-frère, sa femme et le médecin. Ni a t’il pas une volonté de leur part de faire tomber ma mère dans un comas, pour finalement la débrancher, je le pense aujourd’hui très sincèrement.... C’est très grave, du fait que ma mère était très bien avant de partir, et qu’en plus, elle n’a aucunes douleurs, du à son cancer, jamais elle ne s’est plain. Et la loi pour cela est très stricte, il faut que ça soit insupportable pour le patient.

        Alors, il se trouve, que la situation a évoluée, depuis mon dernier message. j’ai finalement, été voir le médecin remplaçant du service, en indiquant que ma sœur ne nourrissait pas ma mère, et que je ne voulais plus que ce soit elle qui donne le repas à ma mère, que je demandais si une infirmière pouvait le faire,

        J’ai aussi signalé, que je voulais demandé les dossiers médicaux, aux soins intensifs, et ceux de ce services, parce que je voulais avoir l’explication de ce qui s’est passé pour qu’elle ne revienne dans cet était lamentable de légumes, elle a tout de suite changée de visage, et pour me rassurée, m’a dit que le médecin, allait me téléphoner, et j’attends l’après midi, le lendemain toute la journée, puis, je me décide, de demander à ma fille de m’accompagner, le surlendemain,.

        Il a refusé de me voir, parce que le médecin à dit à ma sœur, ce que j’avais demandé, et qu’elle a mis sur une chaine crée, pour la famille, dans les réseaux sociaux, que l’on ne voulait plus que l’on interroge les médecins, que quelqu’un avait demandé qu’on gaver ma mère, alors que ce n’était pas ce que j’avais demandé, et que désormais, si nous voulions des informations, nous n’avions plus le droit de parler au médecin, et qu’ils avaient décidé avec mon beau-frère, que les informations devaient passer par mon beau-frère ou ma sœur.....

        Comme par hasard, y aurait il quelque chose qu’on veuille volontairement me cacher ???? Honnêtement, je le crois, et j’en suis même convaincue.

        Donc ma fille et moi allons à l’hôpital, le lendemain, tôt pour ne pas rencontrer ma sœur, qui devait venir en fin de matinée, vu qu’elle montait la famille en se servant des infirmières, pour dire, que Ma mère n’a pas besoin d’une personne le matin.

        Donc rien que pour les cela, et sa façon de transformer, ce que je dis, pour faire croire l’inverse à la famille c’est insupportable pour moi, Dans la dispute auparavant, elle rentre dans la chambre, en me demandant ce que je faisait ici,, en s’énervant devant ma mère, je lui ai dit qu’elle n’avait pas honte de se disputer devant ma mère, elle m’a quand même dit, que toute la famille ne voulait pas, que je vienne m’occuper de ma mère, mais mon frère m’a confirmé que c’était faux,

        Je luis ai dit c’est pas la famille, c’est toi, parce tu veux t’occuper de Maman toute seule, et tu ne veux pas que je sois là et tu mens à tout le monde, et elle a dit que oui c’est vrai, je veux m’occuper de Maman toute seule, et je lui ai répondu, il n’est pas question, que tu donnes à manger à Maman, parce que tu renvoies les plateaux repas, sans même lui proposer quoique ce soit, ni même la nourriture que je lui apporte, et ne sachant plus quoi dire, elle a été voir une infirmière et a fait des histoires, puis elle arrive en me disant que l’infirmière allait lui donner à manger, j’ai répondu, et bien voilà, c’est tout ce que je demande.

        J’étais, en train de nettoyer le visage de ma mère, parce que je sais qu’elle a toujours apprécié, et elle me dit de sortir, qu’elle voulait voir un peu ma mère, avant que les infirmières, lui donne à manger, Je suis sortie, parce que je ne voulais pas que ma sœur, face quoique ce soit devant ma mère encore...
        Elle veut l’exclusivité, comme toujours, pour dire ensuite à tout le monde qu’il n’y a qu’elle qui s’occupe de notre mère, et que tout le monde lise ses messages sur les réseaux sociaux...

        Alors, il est difficile pour moi, de faire la paix pour l’instant avec elle, parce que c’est elle qui m’agresse, et qui va au clache, pour que je m’en aille, exprès, ma présence l’insupporte au plus au point, que sa conduite est complétement hystérique, tout le monde dans la famille dit que c’est une névrosée, ma mère à l’époque n’en pouvait plus parce qu’elle se permettait de la commander lorsqu’elle allait la voir chez elle, elle nous le disait, elle était toujours à lui imposer ce qu’elle voulait, empêchant ma mère de nous voir ou nous recevoir, et mettant une emprise insupportable sur elle, mais personne ne comprends cela, parce que mon beau-frère soigne plusieurs de la famille, et qu’ils passent leurs temps de parler contre les uns et les autres, ils ne savent que diviser pour mieux régner, parce que c’est eux les mieux ... .

        Enfin, ils peuvent toujours le croire si ça peut leur faire plaisir... Moi je sais que je ne suis pas dupe de ce qu’ils font ; pout moi, je pense qu’il y a des choses qu’on veut nous cacher depuis le début, et que c’est pour cela, qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour m’éloigner de ma mère...

        Qui a t’il de secret, qu’on m’évince, et que l’on parle en moi à toute la famille, cette attitude cache quelque chose de plus profond... ou plus grave...

        Pour en finir, le médecin n’a pas voulu nous recevoir, donc ma fille et moi, avons été voir ma mère dans sa chambre, et c’est là que nous avons constatée, qu’elle arrivait à mieux nous parler, et quelle a finalement dit sa détresse, qu’elle voulait mourir, qu’elle voulait se suicider, mais qu’elle n’avait plus de force pour le faire, elle nous a dit qu’elle n’en pouvait plus d’être ici à l’hôpital, qu’elle ne voulait plus restée ici, elle était dans une détresse terrible, je lui ai dit que si elle était ici, c’est parce qu’elle avait eu une infection, mais vu que son infection était fini, que j’allais parler à ma sœur, qui l’avait chez elle avant, si elle voulait, et qu’elle pourrait retourner là-bas si elle le désirerait, avec des infirmiers qui viendrait, un lit d’hôpital, et des aides soignantes, et ma mère à dit oui, alors je lui ai dit que j’allais en parler à ma sœur, et alors, elle a été tout de suite rassurée, mais je lui ai bien dit de ne pas en parler à ma sœur, parce qu’elle ne voudrait certainement pas qu’elle ne sorte, je lui ai promis, que j’allais m’en occuper, et parler à ma soeur... Ma mère à très bien compris, et nous a fait signe de partir .Puis nous l’avons quittés vite, j’ai quand même pris le temps de lui donner à boire et de nettoyer son visage, parce que ce tuyau d’oxygène lui faisait très mal, elle avait des rougeurs depuis plusieurs jours...

        Nous ne savions plus quoi faire, parce que comme elle a une partie de la famille de son côté, et que ma sœur avait déjà proposée de reprendre ma mère, et s’occuper d’elle chez elle, elle l’avait humilié devant moi, et en avait parlé à tout le monde sur le réseau social en disant que ma mère ne voulait pas retourner chez ma sœur... Alors que ma mère ne pouvait plus parler...

        Donc nous avons prévenus deux frères à moi, puis nous avons fait 50 km, pour aller chez ma sœur, et la prévenir, de ce qui s’est passé, mais elle était avec ma sœur, auprès de ma mère depuis le matin, donc j’ai expliqué la situation à mon beau frère qui aime ma mère comme si elle était sa mère, et qui déjà ne voulait pas qu’elle ne parte à l’hôpital, avant tous ces évènements ...

        Ma sœur appel, à ce moment là, et comme elle n’était pas avec mon autre sœur le matin, je lui demande si ma mère parlait mieux , elle me dit que oui, et si elle ne lui avait pas parlé, elle me dit non, c’est alors que je lui explique, et elle me dit que ma mère n’avait rien dit, de tout cela, je lui ai répondu qu’elle n’osait pas lui parler devant mon autre sœur, et je lui conseille puisqu’elle avait mangé chez sa fille et qu’elle retournait à l’hôpital sans ma sœur, de lui en parler, juste elle et ma mère, ce qu’elle a fait... et ma mère lui a dit la même chose, qu’elle ne voulait pas rester à l’hôpital, qu’elle n’en pouvait plus, et qu’elle voulait mourir, ma sœur, lui a fait répéter devant ma sœur, et mon beau frère, en disant que mes frères étaient au courant, et qu’ils ont dit que si c’était ces dernières volontés, il fallait les respecter... ainsi, ma sœur, ne pouvait plus s’opposer ... ma mère lui a dit qu’elle voulait bien la reprendre, mais qu’il fallait attendre un peu car il fallait faire des papiers, et que là c’était le weekend, ma mère lui a fait un grand sourire...

        Je pense que les médecins du services, ont du arrêter la sédation médicamenteuse, quand je les ai menacé de demander à la direction de l’hôpital les dossiers, parce qu’elle avait bien plus de forces, et qu’on pouvait bien comprendre ses paroles, toujours est-il que mon beau frère à téléphoné le soir même au médecin, car il partait pour une semaine de congés, et il ne s’est pas opposée, à ce que ma mère parte du service, avec un protocole de soins assistés....

        Je suis très heureuse finalement, car Maman à toujours dit qu’elle ne voulait pas mourir à l’hôpital, car sa mère est morte à l’hôpital, car elle est tombée de son lit pendant la nuit.

        J’ai revu ma mère depuis, elle peut attrapée des choses lever son fil d’oxygène, parler, manger, et attraper ses couvertures pour les remonter, c’est incroyable les progrès qu’elle a fait... donc je pense, que son moral, va aller mieux, et qu’elle va être très heureuse, d’être entourée de sa famille, elle sera bien mieux moralement, parce qu’elle était en situation de détresse extrême.

        Sachant qu’elle a mangé avec les infirmières, et surtout qu’elle ne souffre absolument pas encore de son cancer...

        Je vous ai expliqué tout dans les détails désolée si j’ai été si longue, mais aussi pour que vous compreniez un peu mieux...

        Bonne journée,
        Bien cordialement,

        Jackie


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        • Conduite à tenir devant une anorexie Le 6 mars 2017 à 21:34 , par Michel

          Bonsoir, Jackie.

          Il n’est pas du tout facile de se faire une idée de la situation.

          Car on ne peut rien déduire de l’histoire que vous racontez : ces aggravations brutales sont des banalités dans un cancer évolué. Il est toujours possible, bien sûr, qu’il y ait eu un événement particulier ou indésirable, mais ce n’est nullement nécessaire ; et il est tout aussi banal qu’on ne trouve jamais l’explication. Tout ce que nous savons c’est qu’il a fallu transfuser, ce qui laisse présumer qu’il s’est bien passé quelque chose qui est à rapporter bien plus à la maladie qu’à autre chose. Mais on ne peut pas vous en dire plus.

          Sur le fait que vous n’êtes pas suffisamment informée, c’est encore plus compliqué : il ne faut pas oublier que les informations relatives à la santé d’un malade doivent rester entre le médecin et lui-même. La famille n’y a pas accès, sauf circonstances particulières. Ce qui vient compliquer les choses c’est évidemment le fait que le médecin est ici membre de votre famille. C’est une des raisons pour lesquelles il n’est pas bon de soigner ses proches. Il n’en reste pas moins que votre beau-frère, quelles que soient ses motivations réelles, agit comme il le doit. Pour les mêmes raisons il occupe nécessairement, dans le processus de décision, une place particulière, car il est d’abord le médecin de votre mère avant d’être son gendre. Naturellement il aurait mieux valu qu’il prenne conscience de l’ambiguïté de sa situation ; mais d’un autre côté, ayant accepté de jouer ce rôle, on peut comprendre qu’il se cramponne à la légalité.

          La question de la transfusion est difficile : si elle était strictement indispensable, il fallait bien prendre le risque. Et rien n’indique que c’est la transfusion qui a aggravé la situation : on l’a transfusée pour quelque chose. Quant à la question de son consentement, on ne pourrait en juger que si on avait assisté à la discussion.

          La question de l’infection urinaire n’a aucune importance : on n’a jamais vu un traitement pour infection urinaire aggraver à ce point l’état d’une malade. Par ailleurs le plus probable est qu’il y a eu coexistence d’une infection urinaire et d’une autre pathologie.

          Puis, retrouver ma mère comme un légume au bout de trois jours en soin intensifs, juste pour des examens ?? ça c’est encore une autre affaires, il y a deux solution pour moi, soit c’est le fait qu’elle n’a pas supporté les 2 transfusions sanguines, soit qu’on lui a administré, une sédation profonde et continue, jusqu’au décès

          Vous oubliez qu’elle a été transfusée pour une raison ; et cette raison, quelle qu’elle soit, fournit une excellente troisième solution. Ajoutons que si elle est encore sous oxygène, c’est que cette troisième solution n’était pas une petite affaire.

          Un peu plus loin vous expliquez pourquoi le cancer a été méconnu : votre mère ne se plaignait de rien. Ce n’est donc pas une négligence de votre beau-père qu’il faut incriminer.

          Sur l’alimentation de votre mère, je ne peux que vous répéter ce que je vous ai déjà dit : dans la quasi-totalité des cas les malades atteints de cancer ne mangent pas parce qu’ils n’ont pas faim ; et ce dont ils se plaignent le plus c’est de l’insistance de leur entourage à les faire manger. Alors ils finissent par manger un peu, pour faire plaisir à leurs proches, et surtout pour avoir la paix. Mais cela n’a aucune efficacité en termes nutritionnels, ce qui fait que le plus probable est que votre sœur a raison (même si ce n’est que le plus probable).

          Enfin, si votre mère s’améliore, le plus probable est que c’est tout simplement parce qu’elle a été bien soignée…

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Conduite à tenir devant une anorexie Le 7 mars 2017 à 10:33 , par jackie

            Bonjour cher Dr Michel Cavey,

            Encore une fois, je vous remercie profondément, pour votre écoute et vos réponses, qui sont sans aucun doute, des aides pour moi, mon ami et ma fille.

            Il est vrai que maintenant, je suis plus sereine, et en grande partie grâce à vous, et je pourrai voir ma mère plus sereinement.

            En tant que médecin vous même, qui plus est Gériatre, vous savez rassurer, et mettre les mots exactes, dans des situations complexes, et le fait que vous disiez que mon beau-frère à agit au mieux, je n’en était pas du tout convaincue, mais je pense que je peux me ranger à votre avis.

            Mais qu’il y avait tout de même un contexte assez difficile, qui faisait que l’inquiétude qui me rongeait, s’aggravait inexorablement, face à l’attitude de ma sœur, et à son comportement de rejet, vis à vis de moi.

            Pourquoi ceci, et pourquoi cela, comme vous l’expliquez, il se peut que nous ne le serons jamais ...

            Et quoiqu’il en soit aujourd’hui, et je le répète grâce à vous, à vos conseils avisés, et à votre volonté d’apaisement, vis à vis de ma sœur, et de mon beau-frère, ont fait leur chemin.

            Il est vrai aussi, que si ma mère était restée dans ce contexte avec leur désir de m’exclure, cela aurait été encore plus difficile pour moi.

            Je ne suis pas médecin loin de là, j’essaie juste de comprendre et de protéger ma mère, je pense que tout cela vous l’avez compris tout au moins je l’espère vraiment

            Je n’ai pas pour habitude de m’acharner devant un conflit familial, qui de tout temps, à toujours existé dans ma famille, et lorsqu’il se produisait, je me retirais, et je laissais le temps changer les choses.

            Mais ici, je n’avais plus la capacité d’éloigner mes inquiétudes, je n’en dormais plus cela me hantait nuit et jour, j’était effectivement dans un état extrême de désarroi qui m’empêchait d’être lucide peut-être aussi.

            Quoiqu’il en soit, j’aime profondément ma mère, et je voulais la protéger, et même si je devais soulever la terre entière pour l’aider, je devais le faire. Pour moi, je n’avais aucun moyen de faire autrement.

            Mais dés lors que j’ai senti cette nette opposition, alors j’ai su que je devais montrer à tous ceux qui m’empêchaient de savoir ou de voir ma mère, que je ne laisserai pas tomber juste pour ma mère.
            Dans mon esprit, trop de choses cachées et non dites, ne faisaient que soulever mes inquiétudes réelles et les alimentaient bien malheureusement.

            Peut-être démultipliées, très mal je vous l’accorde, mais il fallait à tout prix que je me batte pour elle....

            Parce qu’elle n’en était pas capable, certes vous me dites que tout ceci est légitime, mais nous sommes des humains, et cette inhumanité dans les différentes attitudes, liées à cette situation, m’a profondément choqué.

            Alors vous avez raison, ma mère n’a peut être pas faim, mais elle savait dire toujours non, personne n’a jamais en aucun cas forcée ma mère, elle poussait sa tête, ou levait discrètement sa main pour nous indiquer de ne pas lui proposer plus.

            C’est ce qui est très important pour moi, et le fait qu’elle n’est pas de propositions du tout, m’inquiétais terriblement. Mais encore une fois, je me rallie à votre point de vue.

            Mais je suis consciente, que son cancer, plus son infection, devait l’empêcher de manger beaucoup, surtout si elle était dans une fatigue extrême.

            Le fait que ma Maman n’est pas été prise en charge de son cancer dans le début, 2 ou 3 ans plus tôt, m’empêchait d’être lucide, par rapport à la capacité qu’avait mon beau-frère son médecin pour tout le reste.

            Maintenant, je ne sais pas s’ils ont bien tout fait comme il faut, reste que ma mère est revenue des urgences, comme un légume .... Et je crois qu’il ne sert à rien aujourd’hui, de se poser la question...

            Je veux avancer sereinement, et je crois que vous y avez contribuer pour la plus grande partie.

            Parce que les idées que l’on se fait, ne sont pas toujours ce qui est réel, mais je ne voulais pas baisser les bras et je crois, que personne ne peut me le reprocher ...

            J’ai proposé mon aide à ma sœur qui allait recevoir ma mère, si elle avait besoin, dés lors que ma Maman va arriver chez elle, et ma fille aussi veut l’aider et la soutenir. Je resterai chez elle si besoin, ou lui préparerais des repas, si besoin aussi ainsi que ma fille. Enfin, elle sait qu’elle peut compter sur moi et sur d’autres personnes, j’ai 2 sœurs et un frère tout proche d’elle, et ma fille et moi sommes à 50 km, mais nous irons s’il le faut sans aucun problème.

            Mes frères et sœurs sont autour d’elle, se sont déjà proposés de l’aider aussi, mais elle ne veut pas que tout le monde défile chez elle, comme ce fut le cas à l’hôpital, ou Maman, avait jusqu’à 10 visites par jour, quasi en continue...

            Ma sœur appréciera des personnes qui lui apporteront de l’aide, et fixera un jour de visite, dans l’après midi, sous mes conseils. Parce qu’elle veut préserver aussi son couple, ce qui est normal, et elle était très inquiète pour cela.

            C’est ma sœur, qui déjà avait ma mère chez elle avant l’hôpital, et je sais qu’elle aime et respectera ma mère. Surtout qu’elle connait bien tous les goûts de ma mère aussi.

            Déjà, j’avais demander à mes sœurs de réduire le temps, et la durée de visites, de 16 h à18 h 30 à l’hôpital, parce que Maman était beaucoup sollicitée les matins à l’hôpital, et quand nous la laissions, vers 13 h 30, elle dormait.

            Parce que tous venaient, par 10 à n’importe qu’elle heure dans le début des visites, et Maman avait aussi besoin de beaucoup de repos.

            Elle m’a dit qu’elle va voir comment le protocole va être mis en place et fera appel à nous en cas de besoin.

            Nous savons que la situation peut stagner pendant un temps, ou évoluer très vite, mais il parait que ces métastases, ne s’étendent pas très vite. Nous sommes tous réaliste je le pense, face à cette situation mais il est important que si ma mère ne souffre pas de son cancer, et que c’est possible, de l’aider à aller mieux, dans un autre contexte, même si cela reste une charge très lourde pour ma sœur.

            Pour l’heure, ma mère sort de l’hôpital, peut-être dans la semaine, peut-être dans un jour ou bien, le temps que le protocole de soins soit mis en place.

            Je vous informerai de l’évolution de la situation.

            Je vous remercie infiniment, de votre intérêt ainsi que de vos réponses toujours pleines de professionnalisme, de réalisme, mais toujours dans le but d’apaiser nos inquiétudes.

            Et pour cela, vous êtes vraiment d’un grand secours MERCI !!!

            Je vous souhaite une agréable journée,

            Bien cordialement,

            Jackie


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            • Conduite à tenir devant une anorexie Le 8 mars 2017 à 20:49 , par Michel

              Bonsoir, Jackie.

              Il me semble qu’en effet la situation se calme. C’est une bonne chose, notamment parce que votre mère a absolument besoin de vous savoir unis. .Il vous faut donc, autant que vous le pourrez, cultiver cette paix.

              Bien à vous,

              M.C.


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          • Personne âgée et cancer Le 9 mars 2017 à 09:08 , par Sophie

            Bonjour,

            " ... En tant que médecin vous même, qui plus est Gériatre, vous savez rassurer, et mettre les mots exactes, dans des situations complexes ..."

            Je ne suis pas sûre que la qualité de Gériatre soit pour quelque chose dans l’attitude du Dr Cavey, je veux dire qu’être Gériatre ne suffit pas pour trouver les mots justes et la bonne tonalité

            Ma mère âgée souffre d’un cancer de l’anus et le gériatre consulté dans le cadre de sa prise en charge " pluridisciplinaire" à l’hôpital : Cancérologue, radiothérapeute et ... gériatre) n’ a rien trouvé de plus intelligent à lui dire lors de sa première consultation que par chance elle habitait à proximité ( 10 Km) d’un " bon " centre de soins de palliatifs afin qu’elle comprenne bien qu’elle guérirait pas .

            Le radiothérapeute ne lui a pas dit qu’ elle guérirait, il a dit que la radiothérapie ( option de traitement retenue ) avait beaucoup de chance de diminuer l’importance de sa tumeur.

            Sophie


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            • Personne âgée et cancer Le 9 mars 2017 à 18:55 , par jackie

              Chère Sophie,

              Etant donné que vous avez repris une de mes phrases, pour m’expliquer ce qui s’est produit pour votre Chère Maman, ce dont je suis vraiment désolée pour vous deux, croyez le bien.

              Je me permets de vous répondre qu’effectivement, ce n’est pas uniquement parce que Le Dr Cavey Michel est Médecin qui plus est Gériatre, qu’il a été d’une grande aide pour moi.

              Mais il est aussi diplômé en psychanalyste, et je crois vraiment qu’il a bien analysé mon mal être dés nos premiers échanges ici.

              Et que son expérience dans le domaine médical, l’a certainement poussé à vouloir aider les autres bénévolement en créant se site, ce qui me semble être très généreux de sa part.

              Je ne connais pas non plus ses années d’expériences dans le domaine de Gériatrie ou de la Médecine, mais tout de même, il a très bien cernée ma situation, et a essayé tant bien que mal de m’aider à être plus sereine. Car notre situation familiale n’était pas simple bien malheureusement, sans compter le cancer de ma mère qui m’affectait tout particulièrement.

              Croyez bien que je vous comprends parfaitement, bien que nous ne vivons pas tout à fait le même contexte et même si la maladie reste le cancer de votre mère, et de la mienne aussi. Je voulais dire, que Le Dr Cavey Michel, n’est pas toujours allé dans mon sens non plus...

              Mais il a tout au moins essayé de calmer mes craintes et mes angoisses et répondu à mes interrogations en me faisant toujours prendre conscience, que le cancer qu’a ma mère, suffisait à détériorer sa santé.

              Ce qui vous arrive est très difficile, comme cela l’a été pour moi et il m’a fallu accepter cette douloureuse réalité et aussi me battre contre la famille, ce qui n’a pas été chose facile, et ce qui n’est peut-être pas votre cas, tout au moins je le souhaite vraiment.

              Mais je voudrais vous parler de vous, et il est vrai que je trouve très malheureux que l’on puisse annoncer cela si brutalement à votre mère, d’autant que cela vous touche beaucoup aussi certainement.

              Et déjà notre douleur est immense, parce que nous savons tous que personne n’a de remèdes miracle dans ces diagnostics de maladie du cancer, même s’il y a des personnes qui arrivent à des rémissions, mais nous devons être présentes et fortes pour nos bien aimés qui eux, ont besoin de nous aujourd’hui plus que jamais.

              IL est vrai aussi que les Gériatres voient tellement de personnes qui sont dans ces cas de cancer,
              que peut-être ils en oublient un peu vite que nous sommes des être humains dotés de sensibilité...

              Annoncer les choses avec un peu plus de diplomatie en serait que mieux, pour les malades et leurs familles.
              En tout cas plus réconfortant pour nous qui sommes démunis devant ce qui nous arrivent et ce qui arrive aux membres de notre famille qui nous sont si cher.

              Ce n’est que mon point de vue et je vous dis cela, par rapport à votre remarque.

              Je suis vraiment désolée pour vous, j’espère de tout cœur que vous pourrez trouver des personnes capables d’être à votre écoute, et de vous expliquer les choses plus sereinement, parce que nous nous posons tous des questions dés lors que nous apprenons que nos proches ont cette maladie.

              Parce que dans ces moments extrêmement difficiles, nous avons besoins de personnes humaines et psychologues en face de nous, qui prennent le temps de nous expliquer finalement : ’ l’insupportable", et qu’elles nous aide à gérer notre détresse, autant pour vous Sophie, que pour votre Chère Mère ...

              En tout cas, les conseils du Dr Cavey Michel, ont été bénéfiques pour moi. J’ai été très heureuse, d’avoir une personne comme lui, capable d’être professionnel et à l’écoute, même si je suis réaliste sur la maladie de ma Chère Maman.

              Chère Sophie, je vous souhaite le meilleur, pour vous, votre Chère Maman, et votre famille.

              Prenez soin d’elle autant que vous le pourrez, elle va avoir besoin de vous et de vous sentir forte à ses côtés.

              Bien Cordialement,

              Jackie


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              • Personne âgée et cancer Le 10 mars 2017 à 09:52 , par Sophie

                Chère Jackie,

                " ... Je ne connais pas non plus ses années d’expériences dans le domaine de Gériatrie ou de la Médecine, mais tout de même, il a très bien cernée ma situation, et a essayé tant bien que mal de m’aider à être plus sereine ... "

                Et c’est tout l’art de la médecine, et je pense qu’un médecin passe sa vie professionnelle à apprendre, à appréhender des situations toujours singulières.

                Pour être plus lisible, volontairement je vais prendre un exemple non médical.

                Il y a quelques années, dans le ciel de New- York, un Airbus A 320 a décollé ce jour là, comme des centaines d’autres de Kennedy Airport. Au bout de seulement quelques minutes l’Airbus a perdu ses deux réacteurs car des fous de bassan s’étaient engouffrés dans les deux moteurs. Situation très rare et exceptionnelle ( la perte simultanée de deux réacteurs)). Le pilote s’est retrouvé avec un planeur entre les mains, a jugé qu’il n’avait pas assez de temps devant lui pour rejoindre le premier aéroport le plus proche. Il avait entre ses mains non seulement la vie de son équipage et de ses passagers mais aussi en dessous de lui New- York grouillant de monde. Alors il a choisi de mettre tout en oeuvre pour au moins essayer d’épargner la vie des new- yorkais ce jour là au mauvais endroit , au mauvais moment, et a guidé son Airbus/ planeur de 78 tonnes sur le fleuve ’Hudson.

                Je vous raconte cette histoire car symboliquement un médecin a le même problème face à des patients accompagnés parfois d’une une famille, d’une histoire " lourde" de ses conflits. Son souci est de faire atterrir tout ça le plus doucement possible

                La fin de mon histoire

                Tous les pilotes du monde ( amateurs , professionnels) vous diront que le 15 janvier 2009 le commandant de bord du vol 1549 US Airways a réussi un coup de maître.

                Après

                Chesley Sullenberger était un ancien pilote de l’US AIR - Force, pilote amateur de planeur à ses heures perdues.

                Sophie


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                • Personne âgée et cancer Le 14 mars 2017 à 00:16 , par Dom

                  Quelle jolie métaphore, cette histoire de pilote héroïque "qui fait au mieux" !

                  Cela m’a rappelé la règle de Saint-Benoît, où, après une longue suite de prescriptions et d’interdits, on dit, en gros, aux moines : "et si on vous demande quelque chose d’impossible, faites au mieux en vous inspirant de ce qui a guidé votre vie jusqu’alors"... Car c’est exactement ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais médecin (ici, gériatre retraité...) : une longue pratique de la "règle", assez d’imagination pour compléter la "vision d’ensemble" sur des éléments parcellaires, une solide capacité d’improvisation, le courage de prendre des risques, de l’humilité, et beaucoup, beaucoup de tendresse pour le genre humain. Je trouve ça fantastique, et bien trop rare.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 1er mars 2017 à 17:25 , par Jackie

    Etant donné que je me pose beaucoup de questions, et que notre situation est un peu compliquée, je vais prendre le temps de tout vous expliquer.

    Nous avons appris au mois de Mai 2016, que Maman 83 ans était atteinte d’un cancer du Pancréas en stade final, avec des métastases au foie, et d’autres organes, ce qui m’a déjà posé un énorme problème, sans compter ma douleur brutale et l’immense détresse qui s’en est écoulée. Elle avait depuis des années des problèmes continues de diarrhées, infections urinaires, fatigue extrême ....

    Mon beau frère est son Médecin Traitant depuis des années, et c’est suite à un résultat d’analyse qui ne baissait pas, suite à une infection,malgré l’antibiotique, qu’il a envoyé ma Maman, pour un examen plus approfondi, et le diagnostic est tombé..

    Lorsque nous nous l’interrogions de sa santé qui nous préoccupait, il répondait toujours, que ma Maman aimait bien faire de la comédie, et qu’elle faisait cela pour qu’on s’occupe d’elle. Il faut dire que ma sœur, sa femme, à toujours mis son véto sur ma mère, surveillant ces visites, l’empêchant parfois d’aller chez l’une ou chez l’autre, et faisant toujours de la rétention d’informations, nous sommes 15 enfants.

    Je me suis aussitôt posées des interrogations, des sentiments de colère,, de la déprime, de l’incompréhension... Y aurait il eu négligences coupables de la part de mon beau-frère ? Cherchant des réponses n’arrivant plus à dormir, j’ai posé la question à ma généraliste, qui m’a dit que si elle était au stade final, c’est que cela fait au moins 2 ans environ, qu’elle a débuté son cancer, date à laquelle elle se plaignait constamment... Que peut être, l’aurait on vu tout de suite, on aurait peut-être pu l’opérer tout de suite, et lui enlever l’extrémité du Pancréas, tout dépendait de l’emplacement du Cancer..

    S’en est suivie les séances de chimiothérapie, qui ont tout de suite extrêmement fatigué Maman, au point qu’ils n’ont pas pu lui faire sa séances prévue, parce qu’elle était trop faible, et qu’elle a été hospitalisée tout de suite, pendant environ 15 jours à l’hôpital gériatrique en soins palliatifs.

    Son état s’étant amélioré, elle a pu rentrer chez ma sœur., Qui avait décider de s’occuper d’elle, parce qu’elle ne pouvait plus rester chez elle toute seule.

    Une autre infection urinaire, (d’après mon beau-frère)..., lui a valu encore une série d’antibiotiques, qui l’affaiblissait encore. Une nuit alors qu’elle s’était levée pour aller au toilette, perdant l’équilibre, elle est tombée, heureusement sur son postérieur, il y a eu plus de peur que de mal. Ayant des douleurs, le lendemain, et suite à une réunion de famille, elle demande à être hospitalisée.

    A l’hôpital, tout se passait bien, pendant une semaine, nous nous relayons pour la visiter, le jeudi 16 février, fin de journée elle se levait pour aller au toilette, bien sûr je restais prêt d’elle, s’asseyait sur son lit, lisait son programme télé, regardait tranquillement sa télévision, et pouvait manger assise sur son fauteuil sans qu’on l’aide, ...

    Le lendemain matin, j’apprends qu’elle est conduite en soins intensifs pendant la matinée, ses globules rouges étaient trop basses, et ont devait lui faire une série d’examen, parce que le médecin ne voyait pas son infection baisser, et son taux sanguin faisait penser, qu’elle avait peut être une hémorragie....( désolée, je ne peut pas vous dire les thermes exactes, mais je sais que vous le savez).

    Je vais la visiter le dimanche 19/02 au soir, et je retrouve mon beau-frère et ma sœur, auprès d’elle, elle n’arrivait plus à manger, sauf sa soupe avec un bec verseur mais très peu, et ce qui m’a vraiment choquée c’est qu’elle ne pouvait plus parler elle essayait, mais les son ne sortait pas de sa bouche, et surtout elle essayait de le faire, et cela lui demandait un effort considérable, et était dépourvue de force ni pour tenir sa tête, ni pour lever ses bras. De ce que l’on a bien voulu me dire, elle aurait eu 2 transfusions sanguines, alors qu’elle ne voulait pas, elle était très choquée, et se demandait pourquoi elle était là,

    Suite à 2 perfusions, elle avait son taux qui était remonté..

    J’ai été envahie d’une peine si immense, que ne j’avais un mal fou a retenir mes larmes0 Qu’avait on fait à ma mère en l’espace de quelques jours, pour qu’en 3 jours, elle passe à un stade presque de larve,

    Elle est retournée, le lundi, et nous retrouvons depuis, une femme, qui n’arrive plus à parler, elle essaie de dire un mot incompréhensible, mais surtout elle a besoin de toute sa force, pour cela, elle n’arrive plus à manger, que des aliments mixés, et surtout, elle ne mange que 3 ou 4 moitié de cuillères à chaque repas, de soupe et de dessert. Elle ne peut absolument plus lever ses bras, et a un mal fou à nous dire ce qu’elle veut que nous comprenions,, faisant des gestes, essayant de parler, , pour ensuite faire retomber sa tête, et fermer ses yeux pour pouvoir reprendre des forces. Elle ne peut plus la soutenir, si nous ne lui mettons pas un coussins.

    Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe, qu’est ce qui a fait qu’elle soit tombée si vite dans cet état de dépendance extrême avoisinant le légume ???
    (désolée, je déteste cette expression, et surtout ce besoin de dormir)..

    Ma sœur et son mari médecin, répète sans cesse que c’est sa maladie, qu’on ne peut rien y faire, mais je ne le crois pas du tout, en trois jours la retrouver comme cela ??? Elle est dans un était critique, sans force elle reste peu éveillée, et elle ne mange presque plus...
    Je me pose des questions, y a t’il eu une faute commise, a t’elle ou a t’elle eu des médicaments, qui font qu’elle n’a plus ses fonctions ???

    Je ne sais pas si c’est des médicaments qu’elle a reçu, ou d’autres choses, mais là ne suis pas certaine que la progression de sa maladie soit si virulente, elle allait aux soins intensifs, pour une amélioration, et elle revient dans cette état ...

    Après sa chimiothérapie, elle se plaignait d’aphtes dans la bouche, alors qu’elle était chez ma sœur, et déjà ne s’alimentait plus beaucoup, mais mangeait quand même de tout un peu, Et alors que cela faisait des mois quelle se plaignait, elle a eu seulement un traitement pour cela, à son arrivée à l’hôpital. Mon beau-frère qui était au courant, et qui est pourtant son Médecin traitant, ne lui donnait rien pour cela.

    J’ai pu voir le médecin du service gériatrique, il m’a avoué qu’il soignait Maman pour une infection urinaire, mais qu’il a pu téléphoner à un cancérologue, qui lui a dit que c’était des résultat normaux pour son cancer.
    Et qu’il a envoyé ma Maman, en soins intensifs à l’hôpital, parce qu’il avait peur qu’elle ait une hémorragie interne.

    Et J’apprends par la même occasion, que ma sœur qui s’occupait d’elle et la faisait manger, avait dû lui faire avaler de travers et qu’elle avait une infection au poumon actuellement qu’il soignait par des antibiotiques 3 fois par jours, mais que l’infection diminuait...

    Juste la totale, pour couronner le tout...

    Ne pouvant plus tenir, je me suis décidée d’aller tous les jours tôt le matin depuis jeudi 23, vers 10 h 10h30, pour l’aider, ils ont beaucoup de travail, elle a souvent très soif, ne déjeune pas du tout le matin, juste 2 cuillères de yaourt matin et soir, pour ses médicaments, elle est hydratée par perfusion aussi, car elle a trop de calcium, et a souvent la bouche sèche.

    Le matin, je lui donne tout de suite à boire, elle a souvent très soif, et un peu de compote si elle l’accepte.
    Elle a souvent des douleurs dans ses jambes, je lui masse, ainsi que ses reins, elle commence à avoir des éscarts, et se plaint de mal de dos, lui passe de la lotion dans le visage, parce que les fils de l’oxygène lui font mal, elle a sa joue toute rouge, et elle apprécie beaucoup ..

    Mais ma sœur femme du médecin, vient tous les jours pour s’occuper d’elle vers 11h30 pour le repas, et j’emmène de la soupe, qu’elle refuse de lui donner, elle goute le plateau repas, puis finalement, ne lui donne que de l’eau gélifiée, ou un peu de protéines au café quelques demie cuillères,,

    Je suis outrée, je ne sais plus quoi faire, j’ai pu lui donner juste une fois 10 petites moitié de cuillère petite cuillère de plastique de soupe, j’emmène différents desserts, elle refuse que je fasse au moins goûter à ma mère, c’est le seul repas, qu’elle a fait depuis une semaine 2 fois un peu de soupe..

    Elle ne lui donne même son dessert, ni son repas prétextant qu’il y a des morceaux, et qu’elle va s’étouffer, elle décide qu’elle ne va pas aimer !!! S’il vous plait conseillez moi, parce qu’e finalement, elle lui mange son repas, et ma mère inerte sur son fauteuil, reste impuissante, voir ma sœur manger devant elle.
    Déjà que ma mère est enfermée dans son corps, ma sœur lui fait subir ce supplice insupportable, les infirmières ne voient rien, parce qu’elle emmène ses yaourts chez elle, et qu’elle mange une partie de ses repas.

    Je lui ai dit que ma mère ne pouvait pas rester sans manger rien qu’avec des antibiotiques, qu’il fallait qu’elle mange, pour reprendre des forces, elles est devenue agressive me disant que son estomac s’est rétrécie de toute manière.

    J’ai fini par lui dire :" tu n’as qu’à la mettre dans la tombe tout de suite tant que tu y es", elle répond que finalement, il valait peut être mieux pour elle de mourir, plutôt que d’être dans cet état...Je vous assure que j’en crois pas mes yeux et mes oreilles...

    (Toute notre famille la prend pour une sainte, et pense qu’elle s’occupe bien de ma mère depuis des années, qu’elle a du courage, et qu’elle à du mérite^),
    Je suis si triste, consternée et horrifiée, de ce qui se passe, ma mère en une semaine, n’a mangé que 2 fois 10 petites cuillères en plastiques de soupe, et quelques cuillères de desserts. de l’eau et de l’eau gélifiée. Maintenant, elle se plaint de mots de ventre, il parait que ça fait 3 jours qu’elle ne va pas à la selle, ma sœur affame littéralement ma mère volontairement. Ca va être sa parole contre la mienne, et elle commence déjà à mentir, parce qu’elle donne des nouvelles à la famille sur une chaine familiale de réseaux sociaux..

    QUE DOIS JE FAIRE,. Est- une forme de maltraitance ??

    Vu que ma sœur mange son repas, personne ne sait qu’elle n’a rien mangé, elle m’a agressé violement lorsque je me suis mise contre elle pour faire manger ma mère, elle me dit qu’il ne faut pas que je la force, et dit à toute la famille que je la force, alors qu’elle ne me laisse pas lui donner à manger, et ma mère bien souvent si c’est ma sœur qui lui donne, elle refuse, en 7 jours, elle a si peu mangé, vous comprendrez, pourquoi je suis très inquiète..

    Elle a tout fait pour que je ne revienne pas, et a demandé à une autre de mes sœurs de venir hier..
    Mais mon autre sœur, m’a rapportée que c’était elle qui avait donné à manger à ma mère un peu de tout, oufff enfin,, mais que quelques cuillères.
    Ma sœur habite à 1 h de l’hôpital, elle ne peut malheureusement pas passer tous les jours.

    Elle s’est bien gardée de faire ce qu’elle fait tous les jours avec moi, pendant plusieurs jours de jeudi à lundi. Et je ne peux pas la laissé maltraiter ma mère ainsi. certes, elle emmène des coussins pour ses pieds, ou son dos, pour son confort dit elle, et lave ses chemises de nuit...

    QUE FAIRE VITE j’ai besoin de vous, ma mère va finir par tomber dans le comas !!!!

    J’aimerai bien savoir ce qui s’est passé à l’hôpital en soin intensifs, et savoir si son état dégradé est dû a un médicament, ou une négligence. Puis je demander le dossier médical dans les deux établissements, en gériatrie, ou en soins intensifs, je compte voir les 2 médecins qui se sont occupés de ma mère. et leur demander des explications aussi. serais ce un neuroleptique ou anxiolétique qui pourrait créer chez elle cette pathologie, ou une erreur médical, ou un acharnement quelconque ??

    Pour finir, j’ai été voir ma Maman ce matin, ma sœur, se sert de la famille pour ne plus que je vienne là voir.
    Elle m’a agressé dès son arrivée, devant ma mère, je lui ai dit qu’elle n’avait aucun droit de m’empêcher de venir voir ma mère, ou je porterais plainte contre elle. Elle dit que toute la famille veut que ce soit elle, mais en réalité, c’est elle qui veut être seule, à s’en occuper, et laisser ma mère s’affamer.

    J’ai ce matin, vu un médecin du service, parce que le médecin de ma mère n’était pas présent, j’ai raconté ce que ma sœur faisait à ma mère, bien sûr qu’ils disent qu’avec sa maladie, et ses aphtes dans la bouche, qu’il est possible qu’elle n’ai pas faim, mais de là à ne rien lui donner que de l’eau gélifiée, et 3 petites cuillères de compléments alimentaires, et ne pas même lui proposer quoique ce soit d’autre, il y avait une grande différence.

    Le médecin, doit me retéléphoner, et nous allons le rencontrer ensemble, pour éviter les conflits, j’ai dû repartir, parce que nous ne sommes pas là-bas pour nous disputer devant ma mère.

    Un de mes frères m’a téléphoner, suite aux histoires qu’elle m’a fait, et me dire, d’aller voir ma mère pendant d’autres horaires. Je lui ai expliqué ce qui se passait, il m’a dit qu’il ne pouvait pas le croire. Comment faire ?? Je suis seule contre tous .. Je suis la seule, à lui emmener des fleurs, ou à manger, je viens la masser, lui passer de la lotion au visage, lui donner à boire et un peu de compote, elle ne prend que ces médicaments, avec 2 cuillères de yaourts le matin rien à midi, ou si peut, rien dans l’après midi, et je ne suis pas là le soir, mais rien le soir aussi, je suppose que ma sœur doit procéder pareille, et je n’y vais pas le soir.

    Que faire ?? Vu que le médecin va nous convoquer, avez vous de précieux conseils à me donner ??
    Franchement, je suis si désemparée que je ne sais plus vers qui me tourner.

    Merci beaucoup de me répondre, et surtout d’avoir pris le temps de me lire.

    Cordialement,

    Jackie

    Ps Désolée si mon message a été long, je n’ai cité, aucun nom de ville, ou de personne, j’espère que vous pourrez


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 2 mars 2017 à 13:15 , par Michel

      Bonjour, Jackie.

      Votre message témoigne surtout de votre désarroi. Je vais tâcher de pointer quelques éléments qui me semblent de nature à mettre de l’ordre dans vos idées.

      Nous avons appris au mois de Mai 2016, que Maman 83 ans était atteinte d’un cancer du Pancréas en stade final, avec des métastases au foie, et d’autres organes, ce qui m’a déjà posé un énorme problème, sans compter ma douleur brutale et l’immense détresse qui s’en est écoulée. Elle avait depuis des années des problèmes continues de diarrhées, infections urinaires, fatigue extrême ....

      Rien que cette manière de dire montre la fusion très intime qui existe entre ce qui arrive à votre mère et ce qui vous arrive. C’est normal : quelque chose arrive à vous deux. Mais cela ne vous aide pas à trier tous vos affects.

      j’ai posé la question à ma généraliste, qui m’a dit que si elle était au stade final, c’est que cela fait au moins 2 ans environ, qu’elle a débuté son cancer, date à laquelle elle se plaignait constamment...

      Et votre médecin a raison : quand un cancer fait parler de lui, c’est qu’il est né plusieurs années auparavant.

      Le problème ce sont les conclusions que vous en tirez. Car il serait très imprudent de rattacher les symptômes dont votre mère se plaignait au cancer qui a été découvert. Votre beau-frère fait remarquer que votre mère avait l’habitude de se plaindre, peut-être d’un trouble digestif fonctionnel comme on en voit tant en pratique quotidienne. Mais voilà est qu’il est pratiquement impossible de distinguer ce qui revient aux troubles habituels, et ce qui est nouveau et inquiétant. Et comme, si on multiplie les examens pour des troubles fonctionnels, on les entretient, les erreurs sont inévitables. Votre beau-frère a agi sagement ; reste qu’il s’est fait piéger. J’ai la liste des situations où il m’est arrivé la même chose.

      Par contre le fait qu’il soigne un membre de sa famille n’a pas aidé à sa lucidité. Et le fait qu’il existe entre votre sœur et vous un conflit visiblement plus ancien a sans doute compliqué cette prise en charge.

      Toujours est-il que l’évolution d’un cancer du pancréas métastasé chez une dame de cet âge a toute raison d’être désolante. Et les épisodes que vous racontez n’ont rien de surprenant. Je ne sais pas quel était l’état de base de votre mère, mais de toute manière le cancer rend la situation très précaire, et je ne suis pas surpris qu’une anémie ait décompensé cette situation au point de nécessiter une admission en soins intensifs ; ajoutons que chez un malade ce cet âge il y a un risque à transfuser si l’état cardiaque n’est pas parfait.

      Je n’ai aucun moyen de comprendre ce qui a fait que les choses se sont effondrées si vite. Je sais seulement que c’est très banal, et que personne ne peut vous dire avec certitude ce qui cause cet effondrement. Malheureusement cela est de peu d’importance, car on serait sans doute bien en peine d’y remédier. Là encore votre beau-frère tient un discours réaliste, et il a probablement raison. Ceci n’exclut pas qu’il y ait eu une fausse manœuvre, ni qu’il y ait un médicament en cause : tout cela est fréquent et inévitable. Mais ce n’est nullement nécessaire pour expliquer cette évolution brutale.

      Il n’y a pas vraiment de traitement des aphtes ; encore faut-il être sûr qu’il s’agit bien d’une aphtose. De la même manière quand on fait manger un patient le risque de fausse route est toujours présent, et ce risque doit être assumé. Pour les éviter il faut une formation spécifique, dont les professionnels eux-mêmes ne disposent généralement pas.

      Il vous faut absolument analyser votre conflit avec votre sœur. Ce conflit a une histoire, il date d’avant la maladie de votre mère, et il est assez puissant pour brouiller tout ce qui se passe. On pressent une sorte de compétition entre elle et vous dans les soins donnés à votre mère ; cette compétition est normale, et elle a même quelque chose de sain. Mais c’est une compétition et cela non plus ne vous aide pas à comprendre. Or le plus probable est ceci :
      - Votre mère ne mange pas parce qu’elle n’a pas faim, comme la quasi-totalité des malades souffrant de cancer.
      - C’est une source de souffrance pour eux que de voir leur entourage les harceler pour qu’ils mangent.
      - Tous les efforts que vous déployez pour lui faire absorber quelques cuillerées ne permettront en aucun cas de préserver ou de restaurer son statut nutritionnel.
      - Autant dire que la position de votre sœur est réaliste.
      - Ce qui n’empêche pas que votre présence auprès de votre mère, le soin que vous prenez d’elle, et notamment de lui trouver ou de lui préparer des choses qu’elle aime, tout cela vaut de l’or. Mais pas en termes nutritionnels, hélas.

      Il ne vous est pas possible de vous disputer avec votre sœur sur cette situation. Ce qu’elle vous dit est terrible, elle le dit peut-être mal, elle le dit avec la volonté de vous blesser, mais elle voit juste : votre mère a un cancer du pancréas évolué, elle est en fin de vie, et il y a bien peu de choses à espérer. Et quand elle dit que finalement, il valait peut être mieux pour elle de mourir, plutôt que d’être dans cet état, elle n’est probablement pas loin de la vérité.

      Je note par ailleurs que cela fait longtemps qu’elle s’occupe de votre mère.
      - Pourquoi fallait-il s’en occuper ? Quelle était son autonomie ?
      - Quelle a été l’attitude des autres membres de la famille ? Peut-être y a-t-il eu une période où votre sœur aurait bien aimé être aidée dans cette prise en charge, peut-être certains de vos proches ont-ils un peu trop trouvé confortable de se décharger sur elle du poids de ce souci.
      - Toujours est-il qu’au fil des années votre sœur a certainement acquis un savoir précieux sur les goûts et désirs de votre mère.

      Je ne suis pas en train de prendre le parti de votre sœur. Je veux simplement vous aider à comprendre le conflit et à l’apaiser, car cet apaisement doit avoir lieu. Et pour cela il me semble important de se mettre à sa place : vous ne comprendrez en quoi elle a tort que si vous comprenez en quoi elle a raison. Ainsi, quand vous écrivez ma sœur affame littéralement ma mère volontairement, vous portez une accusation grave ; or il est très difficile, quand on a affaire à un malade anorexique, de trouver la bonne attitude. Votre sœur n’insiste pas pour faire manger votre mère ; il se peut qu’elle ait raison. Elle ne veut pas persécuter votre mère en voulant à tout prix la nourrir alors qu’elle en est incapable ; il se peut que ce soit la bonne attitude. Elle considère que de toute manière la partie est perdue ; il se peut que ce soit réaliste. Mais pour autant cela ne saurait conduire à vous exclure de la prise en charge. Il vous faut donc arriver à faire la paix et vous entendre.

      Vous n’y arriverez pas tant que vous serez dans cette position. Je vais sélectionner quelques lignes pour mieux vous faire comprendre :

      Et je ne peux pas la laissé maltraiter ma mère ainsi.

      Il n’y a probablement pas de maltraitance.

      certes, elle emmène des coussins pour ses pieds, ou son dos, pour son confort dit elle, et lave ses chemises de nuit...

      En effet, c’est un argument important contre votre hypothèse.

      QUE FAIRE VITE j’ai besoin de vous, ma mère va finir par tomber dans le comas !!!!

      Oui, c’est ce qui va se passer. Et cela va arriver parce qu’elle est atteinte d’un cancer particulièrement agressif et évolué.

      J’aimerai bien savoir ce qui s’est passé à l’hôpital en soin intensifs, et savoir si son état dégradé est dû a un médicament, ou une négligence.

      Ici également, l’hypothèse à privilégier est l’évolution du cancer. Il est normal que vous cherchiez tout ce qui peut éviter de vous confronter à la réalité. Mais la réalité est celle-là.

      Puis je demander le dossier médical dans les deux établissements, en gériatrie, ou en soins intensifs, je compte voir les 2 médecins qui se sont occupés de ma mère. et leur demander des explications aussi. serais ce un neuroleptique ou anxiolétique qui pourrait créer chez elle cette pathologie, ou une erreur médical, ou un acharnement quelconque ??

      Vous ne pouvez pas demander le dossier, qui appartient à votre mère et elle seule. Mais je ne crois pas qu’un médecin vous refuserait un entretien.

      Je constate enfin que le reste de votre famille semble hors jeu ou neutre. Cela ne vous aide pas, effectivement. Mais je retiens le conseil d’un de vos frères, qui est d’éviter le conflit en changeant vos heures de visite. Ce peut être une bonne solution. Vous pourriez alors lui prodiguer tous les soins dont vous êtes capable. La seule condition est de ne pas vous occuper de son alimentation, tout simplement parce qu’il n’y a rien à faire de ce côté. Et c’est grave, bien sûr.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 25 février 2017 à 04:38 , par Mohamed

    Bonsoir ;
    mon pére de 86 ans a subi une ablation du poumon gauche en janvier 2017 suite à une tumeur ;
    depuis presque un mois il refuse de prendre son traitement médical comme il le faut, il refuse de manger et de boire également, et lorsqu’on l’a emmené à faire sa premiére séance de radiothérapie le 13 février dernier on nous a dit que vu qu’il était au seuil de la déshydratation et de l’anorexie il était impossible de lui faire sa séance ;
    depuis ce jour là il est alimenté et hydraté grâce à une solution de sérum glucosé, plus des injections de NAcl et de Kcl (on a du stopper les injections de Kcl dans le sérum étant donné que les analyses ont revelés une trop forte dose de sodium dans son corps), il refuse toujours de s’alimenter et de boire, refuse de prendre son traitement, et face à mon insistance et l’insistance de ma belle-mére il entre parfois dans des coléres noires (bien que la plupart du temps il dit qu’il est tellement fatigué qu’il a du mal à s’asseoir) ;
    il invoque également un mal de gorge et parfois un manque d’appétit, il a souvent mal aux pieds également ;

    franchement je ne sais plus où en donner de la tête avec lui, d’autant plus que je suis à court d’idées pour le motiver ;
    selon vous, y’a t-il une approche psychologique que vous me conseiller d’adopter avec lui ?
    Merci d’avance
    Mohamed, de Tunis.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 27 février 2017 à 14:17 , par Michel

      Bonjour, Mohamed.

      Vous me demandez un avis sur un malade que je n’ai pas vu. C’est là un exercice dangereux, peut-être même irresponsable. Aussi n’est-ce pas de votre père dont je vais vous parler, mais simplement de ce que votre récit m’inspire.

      C’est un malade qui refuse de manger. On doit par principe se méfier, tant il est difficile de distinguer entre un malade qui ne veut pas manger et un autre qui ne le peut pas. Il faut donc conduire un examen médical complet à la recherche de causes curables d’anorexie (médicaments, infections, douleur, mycose buccale, fécalome, mais aussi le cancer lui-même). Il peut se faire qu’on trouve un moyen d’améliorer la situation.

      Mais je n’y crois guère : il refuse de manger. Et il reste à se demander pourquoi. Faisons court : il y a deux hypothèses.

      La première est qu’il a une réaction de peur. C’est un état anxio-dépressif qu’il faut traiter car il va être possible d’améliorer la situation.

      Mais la seconde est qu’il est en train d’abandonner le combat pour la vie. Dans ce cas il manifeste clairement qu’il ne veut plus être soigné, et que son souhait est de mourir. Je ne sais pas ce qui lui a été dit, mais les malades ne sont pas idiots, et il est parfaitement probable qu’il a compris ce qui est en train de se passer (je me demande pourquoi on se figure que les seuls malades qui ne pensent pas au cancer sont eux qui en ont un). Et si c’est le cas, alors il faut considérer que son analyse est malheureusement assez réaliste : un sujet de 86 ans qui a été opéré d’un cancer du poumon (et si vous avez raison c’est un cancer suffisamment étendu pour qu’on ne se contente pas d’une pneumonectomie partielle) n’a guère de chances de survie, et je ne crois pas que, placé dans les mêmes conditions, j’accepterais un traitement. Mais je dis cela sous toutes réserves, car il faudrait lire le dossier.

      Dans ces conditions il faut envisager de le laisser faire comme il l’entend. D’abord parce qu’il est très peu probable que les traitements aient une quelconque efficacité. Ensuite parce que si c’est sa décision il ne fait qu’exercer sa liberté ; l’idéal serait qu’il le dise clairement. Enfin parce que s’il l’a décidé il parviendra à ses fins, et tout ce qu’on fera pour s’y opposer ne sera que souffrances supplémentaires.

      Se pose évidemment la question éthique.

      Je ne sais pas quelle place l’islam tient dans sa vie (et dans la vôtre). Mais ce que je lis dans le Coran, c’est que l’homme n’est pas autorisé à disposer de la vie. Le célèbre verset Ne tuez qu’en toute justice une vie qu’Allah a faite sacrée (XXV, 68) est loin d’être le seul. Mais cela me semble signifier que pour le Coran c’est Allah qui décide qui vit et qui meurt, et que l’homme n’a rien à décider dans un sens comme dans l’autre. Il est donc clair que si le Coran s’oppose à l’euthanasie, acte par lequel un humain décide d’abréger une vie qui n’est pas parvenue à son terme, il s’oppose pour les mêmes raisons à l’acharnement thérapeutique, acte par lequel un humain tente de prolonger une vie qui est parvenue à son terme. On connaît le hadith du compagnon de Muhammad qui se suicida pour mettre un terme à d’atroces souffrances ; ce hadith ne va pas jusqu’à décider que ce compagnon aurait dû faire tout ce qui était en son pouvoir pour continuer à souffrir.

      Bref, je crois que ce serait abuser du Coran que de le brandir pour s’opposer au choix de votre père de "laisser faire la nature".

      Mais il faut bien sûr prouver que les choses en sont au point que je crois. Les médecins doivent pouvoir vous le dire.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 28 février 2017 à 11:29

        Bonjour ;

        il est vrai que j’ai oublié de préciser que c’était une ablation partielle du poumon gauche qu’il a subie et non pas tout le poumon ;

        concernant mon père, quand je parle avec lui il me dit qu’il ne peut pas avaler, or il n’a pas de douleur à la gorge que très rarement, il me dit aussi qu’il ressens que sa gorge est "rétrécie" et que c’est la raison pour laquelle il ne peut pas manger ;
        mais souvent il dit aussi qu’il n’a pas faim, qu’il n’a pas d’appétit, et c’est justement ça qui me rends perplexe parfois ;

        c’est le yaourt qu’il mange le plus souvent, parfois il accepte (et je dis bien il accepte) de manger une banane ou une orange ;

        il est vrai que donner votre opinion sur un sujet que vous n’avez pas observé de visu est quelque chose de très difficile, mais je m’adresse à vous pour connaitre ce que vous en pensez compte tenu des informations que je viens de vous donner, tout en sachant que le médecin généraliste qui le suit nous a dit que la cause de son état actuel était une infection pulmonaire, et c’est justement le traitement de cette infection qu’il refuse souvent de prendre et il n’accepte de le faire qu’après une grande insistance de ma part et celle de ma belle-mère, en prétextant que les médecins "sont en train de s’enrichir sur son dos" et que personne ne pourra lui demander ce qu’il doit faire, et c’est justement pour cette raison que je me suis dit qu’il s’agissait peut-être d’un état psychologique plus qu’autre chose ;

        j’espère que votre vision pourra être plus claire selon les informations que je vous ai transmises ci-dessus ;

        Bien cordialement ;
        Mohamed


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        • Conduite à tenir devant une anorexie Le 1er mars 2017 à 13:17 , par Michel

          Bonjour, Mohamed, et merci de ces précisions.

          Mais elles ne changent rien au fond du problème, et vous restez avec trois hypothèses :
          - Il y a vraiment quelque chose qui l’empêche de manger. Je serais rassuré d’apprendre que sa gorge a été examinée (tout comme il faudrait reprendre la liste des causes physiques d’anorexie, dont je vous ai envoyé quelques exemples).
          - Il présente un état anxio-dépressif qu’il vaut la peine de traiter.
          - Il a en fait décidé d’abandonner le combat.
          Naturellement ces trois hypothèses ne s’excluent pas.

          C’est donc cela qu’il faudrait tirer au clair avec les médecins, même si je redoute que de toute manière la situation ne soit malheureusement compromise. Et il faut se souvenir que le cancer lui-même est une causes d’anorexie.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 13 février 2017 à 21:04 , par jean

    Bonjour,
    Ma mère 86 ans démente à un stade très avancé à été hospitalisée. Elle ne mange plus, ne boit plus et ne parle plus. Elle est manifestement en fin de vie, mais mon père refuse de le voir. Il tente désespérément de la faire manger et boire et en veut à tout le monde (moi, leur fils unique, les soignants, la famille). C’est à la fois émouvant et éreintant. Je culpabilise à cause de mon impuissance qui est regardée par mon père comme de l’indifférence. Des problèmes surviennent également dans mon couplé, ma femme ne supportant ni mon stress, ni la priorité accordée à des parents totalement dépendants de moi. Je suis un mauvais fils, un mauvais mari et un mauvais père. Triste constat.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 15 février 2017 à 11:48 , par Michel

      Bonjour, JP.

      C’est une situation très pénible en effet.

      Pour votre père les choses sont malheureusement assez simples : il se trouve dans cette phase du deuil qui oscille entre le déni et la colère (voyez par exemple http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article21, et vous ne pouvez rien faire, parce qu’il n’entend rien. La seule chose à savoir est que contrairement aux apparences il fait son chemin, et que le mécanisme qu’il a choisi lui est actuellement indispensable pour supporter la situation. La seule solution est donc d’assumer cet état de choses, et ce que vous avez à faire est de tâcher de vous protéger au maximum ; vous avez peut-être une petite marge de manoeuvre en ce sens que si vous le laissez trop vous agresser vous laissez se créer une situation où le manque de respect devient pour lui une norme ; or si le manque de respect est normal il risque d’en venir à perdre le respect de lui-même : être malheureux ne donne pas tous les droits.

      Pour votre couple c’est plus compliqué. Je tiens pour ma part qu’aucune situation ne doit aller jusqu’au sacrifice, et que la protection de votre entourage est une nécessité absolue. Ajoutons qu’il vous faut écouter votre femme, car c’est cela qu’elle vous dit : elle vous dit que vous êtes en train de vous laisser aspirer par le mécanisme infernal mis en place par votre père, et que vous-même êtes en danger de perdre votre lucidité. vous essayez d’arranger ce qui peut l’être, oubliant peut-être que rien n’est arrangeable. Si j’osais (mais je n’ose pas car pour le dire il me faudrait être là) je dirais que vous êtes, vous, dans cette phase du deuil qui correspond au marchandage. C’est normal, c’est sain, à condition que cela ne vous conduise pas à perdre le sens des réalités.

      C’est une situation où une aide psychologique pourrait vous aider à calmer le jeu et à trouver des attitudes plus efficaces.

      Je reste à votre écoute.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 27 février 2017 à 11:57 , par JP

        Merci pour votre réponse. Je consulte déjà une psychologue et c’est en effet une bonne chose. Je me sens totalement impuissant, culpabilisé vis-à-vis de tous et prisonnier. Puis-je vous demander de préciser ce que vous entendez par "marchandage" ?


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        • Conduite à tenir devant une anorexie Le 27 février 2017 à 19:35 , par Michel

          Bonsoir, JP.

          La notion de marchandage fait référence aux travaux d’Elisabeth Kübler-Ross sur les malades en fin de vie. Par assimilation on applique les résultats de ces travaux aux situations difficiles comme la vôtre.

          Le marchandage est une phase dans laquelle le patient, ayant admis la gravité de sa situation, réagit en se disant qu’il pourrait peut-être reculer l’échéance en acceptant tel ou tel traitement, en faisant tel ou tel régime, etc. Vous m’y faites penser (mais ai-je raison ?) parce que vous pensez que vous avez des moyens de peser sur la situation, alors que ces moyens, s’ils existent, sont bien plus limités que vous ne pensez...

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Conduite à tenir devant une anorexie Le 28 février 2017 à 12:02 , par JP

            Merci pour votre réponse. Je n’en saisis cependant pas bien la portée. Je sais bien que je n’ai aucun moyen de peser sur la situation de ma mère (qui est maintenant "officiellement" en soins palliatifs. En revanche, je pense avoir la possibilité et l’obligation de soutenir mon père dans cette épreuve (mais je ne sais pas bien comment faire) et aussi de montrer à ma femme et à mon fils (14 ans) que je ne me laisse pas aspirer par ces événements pénibles et que je suis là pour eux. Cela fait quand même beaucoup d’obligations pour moi. Ma femme dirait que je ramène tout à moi, ce qui témoigne de mon égoïsme. Je ne sais plus très bien où donner de la tête.


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            • Conduite à tenir devant une anorexie Le 1er mars 2017 à 13:35 , par Michel

              Bonjour, JP.

              Vous ne saisissez pas bien la portée de mon propos parce que ce n’est pas facile à saisir, mais aussi parce que je n’ai fait que formuler une hypothèse qui peut parfaitement être fausse. Je l’ai fait parce que je suis frappé de ce que vous dites avec force : je pense avoir la possibilité et l’obligation de soutenir mon père dans cette épreuve. Précisément je n’en suis pas si sûr. Votre père (et c’est une réaction de défense normale) a créé une situation où vous me semblez singulièrement réduit à l’impuissance.

              C’est pourquoi je vous recommande de limiter votre implication : votre père est dans un schéma de révolte (tout comme je vous sens dans un schéma de marchandage), et dans ce schéma il faut bien qu’il dirige sa révolte contre des adversaires. Vous en faites partie. Dans ces conditions, quoi que vous fassiez cela n’ira pas. Il n’y a donc aucun avantage, ni pour lui ni pour vous, à vous exposer plus que de raison à ses coups ; cela pourrait même s’avérer contre-productif, en lui permettant d’entretenir le mécanisme.

              Il ne s’agit donc pas de déserter, mais de ne pas souffrir inutilement. Et j’ajoute : de ne pas vous laisser faire inconsidérément (même si je sais bien qu’il faut savoir encaisser), car s’il est nécessaire de laisser sa colère s’exprimer il est tout aussi nécessaire de rappeler qu’il y a une réalité, et que si vous êtes prêt à supporter des sautes d’humeur vous n’êtes pas disposé à vous laisser manquer de respect.

              Prenez soin de votre famille ; sans vous laisser trop impressionner par les propos de votre femme : elle est dans son rôle, et il est probable qu’elle a elle aussi une souffrance à gérer.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Conduite à tenir devant une anorexie Le 2 mars 2017 à 08:15 , par JP

                Encore merci pour vos réflexions, qui ont le grand mérite d’alimenter positivement les miennes. Je vous suis très reconnaissant de prendre du temps pour écouter de parfaits inconnus et leur apporter des éléments de réponse. Je baigne dans dans la culpabilité vis-à-vis de tout mon entourage familial. Je me sens coupable de ne pas être fort (par comparaison avec mon père) affecté par l’état terminal de ma mère, de ne pas être suffisamment disponible, à tout le moins mentalement, pour ma femme et pour mon fils et d’être préoccupé, pour ne pas dire angoissé, par toutes les tâches que je devrai accomplir seul lorsque ma mère aura réellement disparu. Culpabilité sur ce dernier point, parce que c’est une préoccupation égoiste. Je ne sais pas si je suis très clair sur ce point. Rien que le fait de pouvoir m’exprimer constitue une aide précieuse.
                Il faut que j’ajoute que, d’une manière très surprenante, ma mère a mangé un petit peu hier et a dit quelques mots à mon père. Je ne sais pas ce que je dois en penser.


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                • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 mars 2017 à 08:11 , par Michel

                  Bonjour, JP.

                  Je vous répondrai la même chose : le sentiment de culpabilité fait partie intégrante des mécanismes psychologiques du deuil. C’est donc un sentiment bénéfique, qu’il faut reconnaître, accueillir, laisser évoluer, mais à condition de ne pas en être dupe.

                  Ici vous dépassez la dose prescrite, et le sentiment de culpabilité vous envahit au point de vous faire perdre votre esprit critique : il ne vous manque plus que d’avoir honte de vous sentir coupable, et vous aurez fait le tour de la question.

                  Ainsi quand vous écrivez Je me sens coupable de ne pas être fort (par comparaison avec mon père) affecté par l’état terminal de ma mère, vous oubliez que vous avez tout simplement raison : cette distance que vous avez vis-à-vis de la situation est la condition essentielle de toute efficacité. Cette culpabilité que vous portez, elle ne vient pas de vous, elle est simplement induite par votre père et votre père a tort. La seule question qui se pose serait de savoir pourquoi votre père se comporte comme il le fait.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 mars 2017 à 09:05 , par JP

                    Encore merci pour votre éclairage. Selon moi, le comportement de mon père est simplement dicté par la souffrance et j’ai le sentiment qu’il est "naturellement" obligatoire que je l’aide à porter cette souffrance, comme il m’a aidé à de nombreuses reprises dans le courant de mon existence. J’ai en outre le sentiment diffus que si je ne réussis pas à accomplir cette mission - et il est fort probable que je n’y arrive pas -, je serai abandonné par mon père. J’ai largement l’âge d’être abandonné, mais cette perspective m’effraie néanmoins au plus haut point.


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                    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 mars 2017 à 17:54 , par Michel

                      Bonjour, JP.

                      Bien sûr, c’est la souffrance qui le met dans cet état. Mais il n’en reste pas moins que vos possibilités de l’aider sont très limitées, et que s’il est effectivement nécessaire que vous l’accompagniez, ceci ne peut pas se faire n’importe quel prix, surtout si cela ne donne pas de résultat. Ce sur quoi vous devez faire fonds c’est sur le fait qu’en réalité il sait fort bien ce qu’il en est, qu’il est conscient de son injustice à votre égard et que votre relation n’est en rien compromise. vous l’aiderez bien mieux en fixant des limites à ce que vous êtes disposé à accepter, il me semble que vous donnez déjà beaucoup...

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 5 mars 2017 à 09:04 , par jp

                        Merci encore. Ma mère est décédée hier. Mon père est dévasté, mais moi je ressens plutôt un grand soulagement. Mon père m’a dit que j’avais été formidable. Étonnant, mais cela me laisse curieusement indifférent. J’ai une terrible envie de vivre, de tourner la page, mais ce n’est pas possible. Je dois m’occuper de tout ce qui suit normalement un décès et aussi et encore assister mon père. Mon fils ne se montre aucunement concerné. Cela m’est égal. Ma femme montre qu’elle veut me soutenir, c’est gentil, mais c’est trop tard. J’ai une très forte envie m’échapper. Je ne peux pas. Est-ce mon destin de vivre en prison ?


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                        • Conduite à tenir devant une anorexie Le 5 mars 2017 à 20:53 , par Michel

                          Bonsoir, JP.

                          Euh... si vous teniez compte du temps ?

                          Un point est acquis : comme je le prévoyais votre père a parfaitement senti tout ce que vous avez fait pour lui. Franchement, aucun mérite, c’est l’enfance de l’art. Mais cela me donne peut-être à vos yeux un petit crédit.

                          La réaction de votre père vous laisse indifférent ? Nous en reparlerons à l’automne.

                          Vous avez envie de vivre ? J’espère bien. Mais vous n’allez pas sortir de votre deuil comme ça. Vous ferez comme tout le monde, et il vous faudra quelques bimestres pour vous rééquilibrer.

                          Votre fils ne se montre pas concerné ? Vous verrez cela un peu plus tard.

                          Votre femme veut vous soutenir ? Prenez, et soyez indulgent : on fait comme on peut, comme on sait ; et on n’est pas toujours très bon. Ce qu’elle vous dit, c’est qu’elle vous aime ; ça se prend, non ?

                          Vous voulez vous échapper ? Vous en jugerez quand vous aurez pris le temps de vous poser.

                          Bien à vous,

                          M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 août 2016 à 20:36 , par Pascale

    Bonjour,

    Merci pour votre réponse et vos propos fort éclairants.

    Comme il m’arrive de m’occuper de mon père jour et nuit, je peux vous assurer que la liste des médicaments qu’il prend quotidiennement est complète. Sinon, sa médecin a aussi prescrit Ativan au cas où il referait une attaque de panique (ce qui lui est arrivé 2 fois dernièrement), mais heureusement, nous n’avons pas encore eu à l’utiliser. Le laxatif est Docusate et semble aider. Il va à la selle tous les 2 ou 3 jours, mais je ne sais pas si c’est suffisant. En fait, à l’exception de l’acétaminophène et du somnifère que nous venons de commencer à lui donner et dont le nom m’échappe, les médicaments quotidiens sont bien antérieurs à l’anorexie. J’ai tendance à penser que le fait d’avoir arrêté Exelon y est pour quelque chose, mais je me trompe peut-être, et je serais curieuse de vous entendre sur ce médicament. :))

    Je retiens donc la poussée dépressive (sa médecin a effectivement insisté sur le fait que c’est un homme déprimé) et la mirtazapine ainsi que les mycoses buccales, l’infection urinaire et le fécalome.

    Merci encore mille fois.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 août 2016 à 23:00 , par Michel

      Bonsoir, Pascale.

      Je crois que votre approche est la bonne.

      Sur l’Exelon, c’est compliqué.

      Rappelons que je suis favorable à l’essai de ce type de médicament chez tous les déments non profonds. Mais rappelons aussi que leur taux d’efficacité ne dépasse guère 10%, et qu’il est rare que, quand ils apportent un bénéfice, celui-ci dure plus d’un an et demi.

      Mais indépendamment de leur effet sur la performance intellectuelle, je crois, et je ne suis pas le seul, avoir remarqué parfois une action positive sur les troubles du comportement. Il n’est donc pas exclu que vous ayez raison, même si je pense que l’anorexie de votre père s’explique autrement.

      En toute hypothèse, je crois que la suspension de ce traitement n’a pas eu d’effets négatifs, mais je crois aussi que cette suspension n’était ni opportune ni nécessaire. On peut donc le reprendre.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 31 août 2016 à 00:21 , par Pascale Horguelin

      Bonjour Michel,

      Un mot (façon de parler) pour vous donner des nouvelles de mon père. Suite à un épisode où il avait du mal à respirer, tousser et cracher, il a été transporté à l’hôpital en ambulance. Des radios et un scanner des poumons ont révélé une récidive de pneumonie ainsi qu’un petit nodule derrière la pneumonie (peut-être en lien avec celle-ci ou avec sa fibrose pulmonaire) qui sera à vérifier dans 3 mois. Il a été sous soluté, car il était très déshydraté, et antibiotiques pendant quelques jours, puis comme la pneumonie était en bonne voie de guérison, il a été transféré en gériatrie en réadaptation intensive où il est depuis le 12 août, jour de ses 86 ans. Suite à l’arrêt de l’antidépresseur, du patch et du somnifère, il a enfin retrouvé l’appétit, ce qui fait plaisir à voir, je peux vous le dire. Aussi, il a recommencé à lire journaux et revues, et nous l’emmenons le plus souvent possible prendre l’air en fauteuil roulant, ce qu’il apprécie et qui lui fait du bien. Comme il n’avait plus rien pour le soutenir moralement ni pour l’aider à dormir, j’ai suggéré la mirtazapine (Remeron ici au Québec). Après quelques jours, sa tension étant très basse, ils ont diminué puis cessé ce médicament. Du coup, sa tension est remontée. Pour l’aider à faire de meilleures nuits, ils ont commencé à lui donner un antipsychotique (Seroquel) qui semble donner de bons résultats. Sinon, sa réadaptation se passe assez bien dans l’ensemble. Il se fatigue et s’essouffle vite, mais moins qu’avant, et refuse souvent de faire ses exercices (le bougre !), mais il est clair qu’il a repris des forces et que son équilibre est bien meilleur. Pourvu qu’il puisse rentrer bientôt chez lui en ayant retrouvé une certaine autonomie physique, quitte à ce qu’il marche avec une canne, ce qui me contenterait. Restera à gérer les côtés moral et cognitif. Il a en effet des moments d’énervement comme il n’en avait plus depuis longtemps (depuis l’antidépresseur, selon ma mère) et a commencé à avoir des troubles du comportement (sans le vouloir, je l’ai contrarié, et il m’a traitée de connasse, ce qui n’est pas mon père), peut-être liés à l’arrêt de l’Exelon. S’il continue à avoir bon appétit, il faudrait peut-être recommencer à lui donner le même antidépresseur et à lui mettre le patch, ou du moins, l’un des deux. Vous me direz ce que vous en pensez.

      Merci d’avance pour votre réponse.

      Pascale


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      • Conduite à tenir devant une anorexie Le 31 août 2016 à 21:25 , par Michel

        Bonsoir, Pascale.

        Voici de bien bonnes nouvelles. Je dois vous confesser que je ne l’aurais pas parié.

        Mais il faut prendre le bon quand il est là, et je suis heureux que votre horizon se dégage.

        Quant aux traitements, je n’en sais rien. Je crois vous avoir dit, sinon je le fais maintenant, que l’Exelon a probablement donné tout ce qu’il pouvait donner. Je parierais donc qu’il ne sert à rien de le remettre. Le plus raisonnable est de faire un essai, mais s’il ne modifie pas nettement la situation il sera plus réaliste de le cesser. Il en va de même après tout de l’antidépresseur : il arrive que ces traitements doivent être maintenus sur le long terme, mais c’est loin d’être une généralité.

        Seule l’expérience compte ; encore faut-il se tenir prêt, en cas d’insuccès, à en tirer les conséquences logiques. C’est d’autant plus important que toutes ces molécules sont potentiellement anorexigènes.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 3 août 2016 à 18:42 , par Pascale

    Bonjour,

    Merci infiniment pour votre réponse et la mise au point.

    Selon vous, devrait-on lui poser directement la question à savoir s’il a le goût de vivre et l’envie de se battre pour ?

    Pour ce qui est des médicaments, je sais que la dose de l’antidépresseur (escitalopram) a été récemment augmentée et que ma mère avait cessé, sans en parler à la médecin, de lui mettre son timbre trandermique (EXELON 5) pendant environ 20 jours, pensant que ça lui coupait l’appétit. Sinon, nous prévenons les crises de douleur aux côtes avec de l’acétaminophène aux 6 heures, ce qui fonctionne très bien, et nous lui donnons un médicament pour ramollir les selles, car il a tendance à être constipé. Aussi, nous avons commencé à lui donner un somnifère, ses nuits étant en général très agitées, mais son efficacité reste aléatoire et nous essayons de trouver le bon dosage. Quant à son urine, elle est claire et sans odeur particulière, et il ne se plaint pas de douleurs à la miction. Ce que je peux vous dire par rapport à sa bouche, c’est qu’il l’a souvent sèche et qu’il s’est plaint une fois devant moi d’avoir mal à la langue. Pour terminer, il est suivi par une médecin généraliste et non en gériatrie, et elle a encore dit à ma mère hier que selon elle, son manque d’appétit et sa perte de poids sont dus à la bronchopneumonie et aux côtes cassées, que ça devrait revenir une fois celles-ci guéries, tout en n’étant pas très positive. À ce propos, selon votre expérience, combien de temps peut prendre la guérison des côtes ?

    Veuillez excuser l’abondance d’informations et merci encore d’avance pour votre réponse.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 4 août 2016 à 10:17 , par Michel

      Bonjour, Pascale, et merci de ces précisions.

      La chasse aux médicaments délétères est un art difficile, et je ne me limiterais pas à ce que vous rapportez : l’expérience montre qu’on a toujours tendance à en oublier ; il vous faut donc vérifier avec soin. Par ailleurs tous les médicaments ou presque peuvent engendrer des anorexies ; il faut aussi penser aux mélanges : telle personne n’aura pas de problème avec le médicament A, pas davantage avec le B, mais quand elle les prend ensemble...

      Bon ; mais je n’insiste pas. L’escitalopram n’est pas plus anorexigène qu’un autre ; la suspension de l’Exelon ne semble pas avoir modifié la situation, il est donc logique de le reprendre (ce n’est pas le moment de discuter l’utilité générale de ce traitement chez lui) ; l’acétaminophène est en général bien supporté.

      Il y a un laxatif ; soit ; est-il suffisant ? C’est à vérifier. De même les urines semblent normales, mais il ne coûte rien de procéder à un examen plus approfondi. La douleur semble bien gérée, je n’en ferais pas plus ; mais il faut savoir que classiquement une fracture de côte met trois semaines à consolider. Le somnifère peut être nécessaire, mais s’il ne fonctionne pas il se peut que ce soit à cause de l’origine dépressive de l’insomnie.

      En fait beaucoup de ce que vous rapportez fait penser à une poussée dépressive. Le problème est que le traitement de ces dépressions est très difficile chez le sujet âgé. Les "nouveaux antidépresseurs" (dont l’escitalopram fait partie) ne m’ont jamais convaincu : ils sont mieux tolérés que les autres mais je les trouve moins efficaces, et je persiste à penser que leur principale nouveauté est leur prix, bien plus élevé que les autres. Mais voilà : à mon sens il n’y a que deux traitements à essayer :
      - Les électrochocs, avec une efficacité remarquable ; mais ce sont les électrochocs.
      - Les vieux antidépresseurs imipraminiques, mais avec une tolérance très aléatoire (et un potentiel anorexiant important).
      De manière totalement empirique, j’avais eu quelques résultats avec la mirtazapine, qui n’est pas vraiment un antidépresseur mais qui m’a paru augmenter l’appétit et le tonus général. Je déteste citer ainsi un médicament, car ce n’est pas mon rôle ; mais je me dis qu’ici il y a urgence à sortir de l’impasse ; et comme il s’agit d’une expérience toute personnelle... Sans compter que j’aimerais que d’autres vérifient sa pertinence.

      L’état buccal est sans doute à regarder de plus près. J’y ai pensé surtout parce que vous m’avez parlé des glaces. C’est un signe très fidèle de trouble, souvent mycosique.

      Après, reste la question essentielle : faut-il lui en parler ?

      Franchement, je n’en sais rien. C’est fonction de trop de choses. Je soulignerais simplement trois points :
      - Je n’en prendrais pas l’initiative.
      - Par contre s’il ouvre la porte il faut s’y engouffrer.
      - Je vis avec la conviction que les aptitudes spirituelles des déments sont intactes.
      - Cela ne dit pas qui de vous doit se mêler de cette conversation. Souvent il vaut mieux que ce soit le médecin, personnage ni trop proche ni trop lointain.
      - Cette conversation ne manquera pas de provoquer en vous un sentiment de culpabilité qu’il vous faudra accueillir avec ironie.
      - C’est une décision à prendre en famille.

      Bien à vous,

      M.C.
      - 


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 2 août 2016 à 19:44 , par Pascale

    Bonjour,

    Mon père a 85 ans. Suite à une bronchopneumonie officiellement guérie, il est tombé de son lit et s’est fracturé 2 côtes. C’était le 20 juin. Depuis, il n’a plus d’appétit et ne cesse de perdre du poids et des forces. Par ailleurs, il a aussi des troubles de démence (patch transdermique) et de dépression (antidépresseur), mais qui ne sont pas nouveaux. Pour sa médecin, il est clair que la cause de son anorexie est la fracture de côtes et elle ne recommande ni le gavage ni le sérum. Elle dit que ce qui va repartir la machine, c’est de le faire marcher, bouger, etc., bref, de le stimuler. Or, comment faire alors qu’il est très faible et n’a plus d’énergie, sauf en de rares et courts moments ? Nous lui faisons boire une boisson protéinée à longueur de journée, l’hydratons constamment et le nourrissons du mieux que nous pouvons, mais c’est loin d’être suffisant. Il réclame essentiellement son lit et à boire, bien qu’il apprécie certains aliments comme la crème glacée, par exemple. Pour finir, il dit parfois qu’il est arrivé au bout, mais certaines des ses phrases et questions me donnent à penser qu’il n’a pas envie de mourir non plus. Il a toute sa tête
    et beaucoup de lucidité, malgré la nécessité d’une surveillance constante. Que nous recommanderiez-vous de faire ?

    Merci d’avance pour votre réponse.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 3 août 2016 à 15:06 , par Michel

      Bonjour, Pascale.

      Je comprends votre inquiétude et votre perplexité. Mais je ne suis pas certain d’avoir une solution.

      Débarrassons-nous tout d’abord d’un point essentiel, la clé de tout sans doute.

      Vous ne pouvez pas dire à la fois que votre père présente des troubles démentiels anciens, reconnus et traités et qu’il a toute sa tête. Ou bien il a toute sa tête et le diagnostic de démence est absurde, ou il est dément et il n’a plus une performance intellectuelle suffisante. Ce qui vous trompe c’est votre vision binaire des choses : dans la réalité quand on perd la tête on est loin de la perdre toute, partout et tout le temps ; devenir dément n’est pas devenir idiot, et le dément, même avancé, est capable de performances intellectuelles étonnantes, tout est affaire de circonstances. Mais ce point est essentiel car tout le problème est de savoir si votre père est capable ou non de décider pour lui-même.

      Votre médecin a raison : ce qui va faire repartir la machine, c’est de le faire marcher, bouger, etc., bref, de le stimuler. Sauf que vous n’allez pas y arriver. Enfin… dans ma carrière les situations où mon pessimisme aura été démenti sont au moins aussi nombreuses que celles où c’est mon optimisme qui l’aura été.

      Pour moi, ma grande question est de savoir s’il a ou non décidé quelque chose. Je vis, à tort ou à raison, avec la conviction que devant les choses essentielles de la vie, le dément n’est pas plus dément que vous ou moi, et qu’il peut parfaitement décider que ça suffit comme ça. Or, face à la vieille personne qui a décidé qu’elle ne se battrait plus, rien ne sert à rien, et elle parvient toujours à ses fins, c’est simplement plus long et plus pénible quand on s’oppose à son désir. Sans compter que j’espère bien que quand je déciderai cela on me fichera la paix ; car si on ne le fait pas, alors je change d’avis et je vote pour l’euthanasie.

      Certes, il dit aussi qu’il n’a pas envie de mourir ; mais quoi de plus normal que cette ambivalence ? Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face, dit La Rochefoucauld.

      Ce que vous avez à faire est donc très simple :
      - Vérifier l’ordonnance : y a-t-il un ou plusieurs médicaments qui lui coupent l’appétit ?
      - Dans quel état est sa bouche ?
      - Où en est-il de sa dépression ?
      - A-t-on éliminé les grandes situations gériatriques qui peuvent occasionner ce tableau (fécalome, infection urinaire, douleur, etc… la liste est longue mais tous les gériatres la connaissent) ?
      Si c’est le cas, alors il n’y a rien d’autre à faire que ce que vous faites, et qui est très bien, e,n sachant que vous ne maîtriserez pas la suite.

      Je reste à votre écoute.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 29 mars 2016 à 17:24 , par eleon

    Bonjour

    mon père de 86 ans est sortie de l’hopital suite à une pancréatite (10 jours). il n’a eu aucune intervention.
    depuis ce jour, il refuse de s’alimenter et ne mange que des compotes et compléments alimentaires. il dit avoir du mal a avaler et recrache tout. il refuse de bouger et nous l’obligeons à se mettre a table avec ma mère.

    Il est dans un lit médicalisé et ne veut pas en sortir, nous le voyons dépérir mentalement et déployons toute notre énergie mais en vain. j’aurais besoin de votre avis.

    MERCI


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 3 avril 2016 à 17:05 , par Michel

      Bonsoir, Corinne.

      Ce que vous dites est malheureusement trop partiel pour que je vous donne un avis.

      Une pancréatite est un événement sérieux, mais le plus souvent assez bénin. Toutefois ce pronostic relativement bon doit être nuancé par deux considérations :
      - L’âge du malade, qui est un facteur aggravant.
      - La cause de la pancréatite, qui n’est pas toujours connue, et qui là aussi peut aggraver les choses.

      Or l’âge est là, et sur la cause nous ne savons rien.

      Mais plus généralement, chez un sujet âgé, il faut toujours envisager la possibilité que le malade, à tort ou à raison, tire de cet épisode la conclusion qu’il est arrivé au bout de sa vie, et que la suite ne l’intéresse plus. C’est ainsi qu’on voit souvent des malades hospitalisés pour une affection aiguë, qu’on tire d’affaire, et qui pourtant, alors qu’ils sont guéris, nous font assister impuissants à une lente dégringolade qui se termine souvent fort mal. Je ne sais pas, je n’ai jamais su ce qu’il faut en penser. On parle de syndrome de glissement, ce qui ne veut pas forcément dire grand-chose. Il doit se produire que ces malades, déstabilisés par ce qu’ils viennent de vivre, se laissent aller, mais qu’une attitude suffisamment stimulante permette de les ramener dans le goût de vivre. Mais il ne faut pas méconnaître, et à cela je tiens beaucoup, que le combat pour la vie est un choix personnel, et qu’arrivé à un certain âge la décision d’une vieille personne de laisser tomber ce combat relève de la liberté individuelle et doit être respectée ; j’espère bien en tout cas qu’on respectera la mienne.

      Alors, que faire ?

      Sans doute ce que vous êtes en train de faire.

      Lui montrer votre désir qu’il vive, qu’il remonte cette pente, qu’il mange. Mais être capable de lui dire que vous pouvez entendre son désir de ne plus se battre, que ce désir vous fait souffrir, que vous souhaitez qu’il revienne dessus ; lui proposer de manger, en sachant ne pas le harceler. Bref c’est affaire de moyen terme : vous ne pouvez ni ne voulez lui dire que ça vous est égal ; mais il faut qu’il sache que si c’est sa volonté ferme vous saurez la respecter, même si c’est à contrecœur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 30 janvier 2016 à 21:30 , par marie

    bonjour,
    hospitalisée pour œdème pulmonaire, dans une clinique cardiologique
    notre mère âgée de 86 ans, souffrant d’une insuffisance cardiaque sévère est devenue anorexique très rapidement depuis trois semaines, mais cela s’est installé insidieusement depuis plusieurs mois : désintérêt de la préparation culinaire, dégout des plats préparés par le portage des repas, puis diminution des quantités absorbés et finalement elle n’accepte de boire que de l’eau avec du sirop ,elle refuse même les jus de fruits protéinés. J’ai lu que l’insuffisance cardiaque à un niveau sévère donne des symptômes d’anorexie et de nausées mais il y a également des raisons psychologiques liées à sa dépendance et a sa grabatisation ainsi qu’une démence type alzheimer
    ou maladies apparentées et la dépression. Que faut-il de plus pour baisser les bras et décider d’en finir ! Elle se suicide à petit feu. les docteurs et infirmières m’ont bien dit la même chose que vous, c’est son choix nous devons le respecter mais aujourd’hui je ne suis toujours pas capable de me résigner à d’accepter de la voir dépérir j’oscille entre deux sentiments opposés la voir partir très vite et pourtant j’aimerais qu’elle soit transféré dans un service spécialisé en gérontologie ou l’on s’occuperait d’elle car nous ses filles nous ne pouvons plus rien faire sinon accepter.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 1er février 2016 à 18:34 , par Michel

      Bonjour, Marie.

      Je ne peux pas juger d’une situation que je n’ai pas vue. Ce que je vais vous dire ne sera donc que le reflet d’une intuition basée sur votre récit.

      L’anorexie est en effet fréquente dans de nombreuses situations de maladie, et l’insuffisance cardiaque en est un bon exemple. Quand elle s’installe elle est dangereuse, mais la question qui se pose avant tout est de savoir ce qu’on va pouvoir y opposer. Le réalisme commande en effet de dire que si on veut lutter efficacement contre une dénutrition il va falloir se donner des moyens agressifs, comme une alimentation artificielle. On peut le faire, mais à deux conditions :
      - Il faut avoir une chance raisonnable de normaliser la situation sur le plan nutritionnel.
      - Il faut aussi que l’évolution prévisible de la maladie permette d’espérer le retour à une vie digne.
      - Il faut que le malade l’accepte.

      Si votre récit est réaliste, le plus probable est qu’aucune de ces conditions n’est remplie ici.

      Ajoutons que le malade Alzheimer, même au stade de démence évoluée :
      - Est parfaitement capable de propos très lucides sur les questions de vie ou de mort.
      - Doit être considéré comme libre de ses choix.
      - Est capable de décider de se laisser mourir de dénutrition.
      - Et quand c’est le cas, parvient toujours à ses fins.

      Si donc les professionnels qui la voient et s’en occupent sont parvenus à cette conclusion, le plus raisonnable est de se ranger à leur opinion.

      Après, vous n’arrivez pas à vous résigner. C’est la moindre des choses. Allons plus loin : c’est votre devoir de ne pas vous résigner ; je veux dire par là que face à un être aimé qui abandonne le combat pour la vie, la seule attitude que vous puissiez adopter est de lui dire que vous voyez bien que c’est son choix, que vous êtes capable de le respecter, que vous ne l’abandonnerez jamais, mais que vous préféreriez qu’elle prenne une autre option. Consentir n’est pas approuver, tous les parents le savent. J’ajoute que du fait même que vous ne parvenez pas à vous résigner, vous montrez que vous l’êtes déjà. C’est simplement très dur à se dire.

      Quant à la transférer en gériatrie, c’est une autre question. Changer de service, changer d’équipe, changer d’environnement, cela ne va pas de soi. Vous avez une équipe qui semble d’une grande lucidité, désireuse de respecter votre mère, c’est déjà beaucoup. Rien ne vous prouve que vous n’allez pas tomber sur un mauvais service de gériatrie (il y en a), ou sur des médecins moins à l’écoute… Si vous n’avez pas remarqué de lacunes criantes dans la prise en charge, si personne ne propose une admission en soins palliatifs, je me demande si le mieux n’est pas de rester comme vous êtes. A moins bien sûr que le service qui la prend en charge ne souhaite écourter le séjour, mais c’est encore une autre question.

      Je serai heureux d’être tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 10 décembre 2015 à 19:21 , par DA COSTA

    Bonjour,

    J’ai mon père qui à 81 ans et qui ne mange plus suite au traitement qu’il a eu pour soigner un cancer du poumon.

    Je voudrais savoir s’il existe des spécialistes et que faire.

    Merci de votre réponse.


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 13 décembre 2015 à 13:10 , par Michel

      Bonjour, Lydie.

      Vous avez raison de penser qu’il faut réévaluer la situation de votre père. Mais je dirais qu’il n’a nul besoin d’un spécialiste, tant les questions à se poser sont simples, au moins en première analyse :
      - Quel est son statut cancérologique ? Est-il considéré comme en rémission, ou pense-t-on avoir fait mieux ? Le cancer est par lui-même anorexigène, et on ne raisonnera pas de la même façon selon qu’on considère le résultat thérapeutique comme bon ou qu’on pense qu’il reste encore une masse tumorale importante.
      - De quant date sa dernière chimiothérapie ?
      - Quand a-t-on examiné sa bouche pour la dernière fois ?
      - Que contient son ordonnance ?
      - Comment va son moral ?

      Quand tout cela aura été vu, il sera temps de s’occuper du reste.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 26 septembre 2015 à 14:51

    Un malade avec anorexie d,étiologie psychiatrique,dépression on peut placer la sonde naso gastrique pour gavage ?


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 27 septembre 2015 à 21:37 , par Michel

      Bonsoir.

      Votre question est laconique, elle ne me laisse guère d’autre solution que de vous répondre dans l’absolu.

      Si les choses se résument à ce que vous exposez, alors je dirais qu’on n’a guère le choix. Vous parlez d’un malade atteint de dépression ; le seul traitement efficace (mais il l’est) est le traitement antidépresseur. Ce traitement présente l’inconvénient d’avoir un long délai d’action. Autrement dit il ne sera efficace qu’en plusieurs semaines et il n’est pas rare de devoir attendre un à deux mois. et il ne saurait être question de laisser un malade se dénutrir pendant deux mois. Il n’est donc pas cohérent de mettre en place un traitement antidépresseur si on ne se donne pas le moyens d’alimenter le malade.

      Après, il faut être sûr que le diagnostic est le bon, et qu’il n’y a pas d’autres paramètres à prendre en compte...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • probleme physique Le 26 juillet 2015 à 11:06 , par reem

    bonjour je m’appel reem j’ai 16 ans et j’avoue que j’allais devenir anorexique un moment mais maintenant j’essaye de récupérer mon poids que j’ai perdu mais je souffre d’une constipation ...je pense que ma constipation n’est pas normal car je ne selle pas si je prend pas de laxatif fort sa fait un mois a peu prés ... mon selle ne descend pas il s’arrête au rectum meme si je passe des heures au toilette rien n’avance .... s’il vous plait avez vous un conseil pour moi car cette constipation influence ma vie ! j’arrive pas a me concentrer sur des exercices et je sens mon cerveau long des fois aussi de la fatigue parfois
    est ce que cela a avoir avec mon arrêt soudaine des règles ?
    bon a votre avis dois je voir un spécialiste ? est ce que il se peut que j’ai une fecalome


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    • probleme physique Le 28 juillet 2015 à 18:13 , par Michel

      Bonjour, Reem.

      Je ne suis pas très bien placé pour vous répondre : vous postez votre message sur un site qui a vocation à parler de gériatrie et de soins palliatifs, et votre question ne relève ni de l’un ni de l’autre.

      Ce que je dirais c’est ceci :
      - Votre situation n’est pas normale, en effet.
      - Mais l’affaire ne dure que depuis un mois, ce qui fait qu’elle n’est pas inquiétante.
      - Cependant cela vous perturbe.
      - Et vous avez eu un épisode d’anorexie.
      - Et cet épisode d’anorexie s’accompagne d’un arrêt des règles.

      Vous avez donc tout à fait raison de penser à consulter un spécialiste, probablement un gastro-entérologue (au moins pour commencer), sans perdre de vue toutefois qu’à mon avis le problème de la constipation n’est que la conséquence d’une situation plus complexe : pour la constipation, de simples laxatifs associés à une bonne hydratation et un peu d’activité physique suffiront largement ; par contre le spécialiste vous aidera à récupérer une alimentation et une digestion normales, et à réguler votre état général. Vous saurez que c’est fait quand vos règles seront revenues.

      Je serais très heureux d’être tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 16 mai 2011 à 17:36

    Bonjour,
    je suis khadija de Rabat (Maroc), j’ai une fille de 14 ans qui est anorexique, ça fait plus de 3 mois qu’elle lutte contre la faim, elle a perdu 12 kilos. son médecin traitant (généraliste) ma confirmé qu’il s’agit bien d’une anorexie mentale et m’a suggérer une psychothérapie. je m’inquiète beaucoup. que dois-je faire ? merci


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 16 mai 2011 à 20:04 , par Michel

      Bonsoir Khadija.

      Votre médecin a raison : l’anorexie mentale est une maladie qu’il faut prendre au sérieux.

      Quant à savoir ce qu’il faut faire, c’est plus difficile, d’autant que je ne sais pas comment sont organisés au Maroc les soins pour ces malades.

      Toujours est-il que la première chose à faire est effectivement de voir un psychothérapeute, qui évaluera la situation et pourra proposer d’autres mesures.

      Je reste à votre écoute.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 12 février 2011 à 18:15 , par catherine

    je suis bien contente de vous lire, vivant au quotidien près de personnes en geriatrie et à qui, il est répété de maintes fois, ouvrez la bouche, mangez, c’est bon pour vous. comment réussir à convaincre et proteger une équipe, que seule la personne meme si elle est déménte est dans son droit, son choix de manger ou de refuser. difficile d’etre compris à notre époque cordialement


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 13 février 2011 à 15:21 , par Michel

      Bonjour, Catherine.

      Vous avez très largement raison. Non seulement l’insistance pour faire manger le patient peut être une véritable maltraitance, mais encore il suffit de mesurer ce qu’on réussit à lui faire réellement avaler pour constater qu’on est totalement inefficace en termes nutritionnels. Mais il en va de l’alimentation comme de la toilette : c’est une activité fondatrice pour le soignant, et quand on essaie de faire entendre que, peut-être, ce n’est pas si vital que cela, on n’obtient qu’une levée de boucliers.

      Après, il faut ajouter simplement une ou deux réserves.
      - Cette insistance à faire manger peut aussi faire partie d’un jeu relationnel. C’est pourquoi le critère est celui de l’efficacité nutritionnelle : si le malade finit par manger sa portion, alors il se peut qu’on ait eu raison d’insister ; le malade qui ne veut pas manger ne mange pas, et à force d’insistance on arrive à trois fois rien.
      - Si rien ne nous autorise à forcer un malade à manger, nous avons tout de même le devoir de lui montrer que cela ne nous est pas indifférent.
      - Quand le malade ne mange pas il faut quand même tout faire pour essayer de comprendre pourquoi.

      Mais se contenter d’insister n’a effectivement aucun sens.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 8 septembre 2009 à 10:48 , par strechinsky

    Un établissement de soins palliatifs a t-il le droit d’interdire à toute personne d’alimenter une personne âgée, anorexique depuis 5 ans, sous prétexte qu’elle refuse d’emblée de manger et ne se laisse convaincre que par insistance et en faisant diversion comme avec un enfant ??? Ma mère meurt de faim : les soignants lui demandent si elle veut manger, elle dit "non" et elles ressortent avec le plateau... et ce depuis deux semaines environ. Avec moi ou une amie, elle mange, mais très lentement, en insistant et en parlant avec elle, mais l’hôpital interdit désormais toute visite aux heures de repas sous rpétexte que c’est sa volonté !


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 8 septembre 2009 à 19:06 , par Michel

      Bonsoir, Evelyne.

      Sacrée question que la vôtre.

      Un établissement de soins palliatifs a t-il le droit d’interdire à toute personne d’alimenter une personne âgée, anorexique depuis 5 ans, sous prétexte qu’elle refuse d’emblée de manger et ne se laisse convaincre que par insistance et en faisant diversion comme avec un enfant ???

      Qui a raison ?

      Dans ma pratique palliative, j’ai toujours considéré que la volonté du malade est ma loi. Et si le malade ne veut pas manger, alors je dois respecter cette volonté quoi qu’il en coûte. Ceci à condition d’être certain, et ce n’est pas si facile, que c’est bien sa volonté, et notamment qu’il est en état d’en avoir une.

      Dans ma pratique gériatrique, j’ai appris à respecter cette anorexie du sujet âgé qui montre clairement par là qu’il ne veut plus vivre. D’ailleurs il ne me donne pas le choix, et quoi que je tente pour l’alimenter je vais à l’échec.

      Mais...

      Ma mère meurt de faim :

      Là, c’est la seule chose dont je suis sûr : vous vous trompez.

      Car ce qu’elle dit, c’est qu’elle n’a pas faim. Et mourir de faim c’est terrible quand on a faim. Mais quand on n’a pas faim ?

      Ce qui va se passer, c’est qu’elle va se dénutrir ; et c’est grave. Mais je vous le redis : tout ce qu’on fera pour lui apporter une quantité significative de calories est voué à l’échec.

      Ce que la canicule de 2003 nous a appris, c’est que 15 000 personnes sont mortes parce qu’elles ne savaient pas qu’elles avaient soif. Et mourir de soif, ce n’est terrible que quand on a soif.

      les soignants lui demandent si elle veut manger, elle dit "non" et elles ressortent avec le plateau... et ce depuis deux semaines environ.

      Et je leur interdirais de faire autre chose.

      Mais...

      Avec moi ou une amie, elle mange, mais très lentement, en insistant et en parlant avec elle,

      Bien sûr.

      Et comment peut-il en être autrement ? Avec vous, cela a du sens, un sens que cela n’a pas avec les soignants !

      Alors voici mon point de vue.

      Votre mère est en unité de soins palliatifs. Elle y est parce que les médecins ont jugé que son temps était venu. Ce n’est pas l’anorexie qui va la tuer, c’est la maladie, et toutes les études montrent que dans ces conditions le fait d’être alimenté ou non n’a aucune influence sur la durée de vie ; parce que c’est la maladie qui commande, et parce que les besoins nutritionnels réels sont impossibles à couvrir.

      Tout le problème est que, l’incitant à manger, vous ne faites rien d’autre que remplir votre rôle de fille. Et il y a un équilibre à trouver entre le fait que vous devez remplir ce rôle (que feriez-vous si vous lui disiez : "Tu peux bien ne pas manger, ça m’est égal !" ?) et le fait que beaucoup de malades se plaignent de cette insistance de leur entourage. Mais d’un autre côté c’est tout votre amour l’une pour l’autre qui se dit dans cette tension, et même si vous l’importunez en la suppliant de manger elle aime sans doute aussi être importunée de la sorte.

      Pas facile, non, de trouver l’équilibre. Il faut faire la part de ce qui se dit en vous d’angoisse, sans perdre de vue l’amour.

      Sachez en tout cas que, du point de vue nutritionnel, ce que vous faites n’est sans doute pas efficace. Mais rien ne sera efficace. Et du point de vue de l’amour ??

      mais l’hôpital interdit désormais toute visite aux heures de repas sous prétexte que c’est sa volonté !

      Et je vous le redis : de ce point de vue l’équipe a raison : si elle a raison de croire que c’est la volonté de votre mère, alors cette volonté s’impose à tout le monde, et à vous aussi.

      Mais tout de même, il y a des choses qui doivent se parler. Dans une unité de soins palliatifs, il y a une équipe de psychologues. Quel est leur point de vue ?

      Je serais heureux d’être tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Conduite à tenir devant une anorexie Le 15 juin 2009 à 21:17 , par drumel

    Quel conseil je peux donner a une femme de 45 ans qui me parle de son anorèxie.Lui parler de sa mègreure ou pas ?


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    • Conduite à tenir devant une anorexie Le 16 juin 2009 à 07:31 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      Face à un problème si compliqué, il n’y a pas de réponse automatique.

      D’abord la question est de savoir s’il y a un problème : l’anorexie mentale est une maladie spécifique, pour laquelle il existe des prises en charge. Mais cela demande un diagnostic qui est du ressort de son médecin traitant.

      S’il ne s’agit pas d’une anorexie mentale, alors il nous faut nous souvenir que chacun est libre de manger comme il l’entend, et de peser le poids qu’il veut (enfin, chacun sait aussi que ce n’est pas si facile). Et qu’il n’y a aucun danger à être maigre ; même il est probable que la maigreur est plus bénéfique que le surpoids.

      Si donc vous parlez à cette dame de sa maigreur :
      - Vous allez entrer dans une discussion où il n’y a aucune vérité : elle est maigre à vos yeux, elle ne l’est pas aux siens.
      - Vous allez la juger, la culpabiliser, et ce sera totalement contre-productif.

      Il ne faut donc probablement pas lui en parler : D’ailleurs si elle est "maigre dans l’absolu" elle le sait.

      A la rigueur vous pourriez envisager de lui parler de votre désir : vous préféreriez qu’elle soit un peu plus en chair. Mais même cela, c’est sans doute trop.

      Bien à vous,

      M.C.


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