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Cet article a été relu le 6 avril 2013

L’escarre : une maladie générale

Un petit texte pour la formation des aides-soignants.

vendredi 3 février 2006 par Michel

L’ESCARRE : UNE MALADIE GÉNÉRALE

L’objet de cet exposé n’est pas de décrire le traitement local des escarres. Il s’agit de rappeler quelles sont les conditions pour que les escarres apparaissent, et donc ce qu’il faut faire pour espérer les guérir.

L’escarre est une plaie de pression. Elle se crée lorsque la peau d’une partie du corps ne reçoit pas assez d’oxygène et d’énergie. On ne peut donc pas espérer refermer une escarre si on n’a pas rétabli une oxygénation normale.

Et la peau est un organe difficile à oxygéner.

L’escarre est donc une maladie qui résulte toujours de l’addition de plusieurs facteurs. On ne peut prendre en charge une escarre si on n’a pas essayé d’agir sur tous les facteurs en cause.

LE PROBLÈME CIRCULATOIRE :

Dans les artères et les veines, le sang circule parce qu’il est sous pression. On sait que la pression dans les grosses artères est de l’ordre de 120 à 140 mm de mercure (c’est la "tension" artérielle). Mais dans les petites artères la pression est beaucoup plus basse : 32 mm de mercure ; dans les capillaires elle est de 20 mm de mercure. Cela signifie que si on comprime la peau avec une pression de 20 mm de mercure le sang va cesser de circuler, et la peau va se trouver en danger : la simple pression de mes doigts l’un sur l’autre fait blanchir la peau parce que le sang n’y circule plus.

Or la peau est en permanence soumise à des pressions dangereuses. Par exemple au lit les pressions habituelles sont :
- Au sacrum 60 mmHg
- Aux talons 45
- A l’occiput 40
- Au dos 30
- Aux coudes 20
- Aux omoplates 10

Au fauteuil, les pressions sur les os des fesses sont couramment de 60 mmHg, (du moins si les pieds du malade touchent le sol : sinon il faut doubler la pression). Cela veut dire que l’auditoire d’un enseignant soumet la peau de ses fesses à une pression dangereuse. Mais alors comment se fait-il que cet auditoire ne fasse pas d’escarres ? La raison est simplement que le sujet normal présente en permanence des micro-mouvements totalement inconscients qui soulagent la peau et évitent de la mettre en danger.

Le sujet normal évite les escarres par trois grands ordres de moyens :
- Le premier, on l’a vu, est qu’il bouge, et que les zones sensibles de sa peau sont périodiquement soulagées.
- Le second est que son système circulatoire est en bon état, et que les pressions dans ses vaisseaux sont normales.
- Le troisième est que son sang est suffisamment riche.

Ceci permet de comprendre pourquoi le malade fait des escarres : pour créer une escarre, il faut plusieurs éléments.

LA PRESSION EXCESSIVE ET LE TROUBLE CIRCULATOIRE :

La première chose qu’il faut, c’est une pression ; l’escarre est une lésion cutanée qui survient par compression du réseau artériel de la peau entre deux plans durs : l’os et la surface d’appui. On n’a pas le droit de parler d’escarre si on ne sait pas dire entre quels plans durs la peau s’est trouvée comprimée. Et il n’est pas question d’espérer fermer une escarre si la peau lésée reste soumise à la même pression.

Cette pression peut avoir lieu parce que la peau est appuyée sur un plan dur contre lequel il aurait fallu la protéger. Mais c’est là une situation assez rare ; dans la quasi-totalité des situations, la raison de cette pression anormale est d’abord la défaillance du système des micro-mouvements. Si donc on veut fermer une escarre il faut comprendre pourquoi les micro-mouvements ne se produisent plus.

Et il y a là plusieurs causes à envisager :
- 1. Il peut y avoir des troubles moteurs : une hémiplégie, un coma, une chirurgie osseuse, une douleur vont limiter les mouvements et favoriser les surpressions.
- 2. Il peut y avoir des troubles sensitifs : l’une des causes des micro-mouvements est la douleur, l’inconfort d’une position trop longtemps tenue.
- 3. Mais toutes les causes de fatigue, surtout chez le sujet âgé, vont causer une diminution de la mobilité ; c’est ainsi que la fièvre, les infections, sont des situations à risque.
- 4. C’est également le cas des sédatifs, et notamment des somnifères, surtout quand on utilise des produits inadaptés, à durée de vie trop longue, comme les neuroleptiques, mais aussi les tranquillisants qui on en outre le défaut de diminuer le tonus musculaire.

S’il n’y avait pas de troubles moteurs il va de soi que le système des micro-mouvements permettrait d’éviter la survenue des escarres. Mais c’est quand il tombe en panne qu’on voit devenir dangereuses des situations qui sinon ne le seraient pas.
- 1. Séjour trop prolongé dans la même position. Mais il faut savoir qu’une escarre peut se produire en trois heures : une stratégie de posturations ne peut donc être efficace que si on peut assurer beaucoup de posturations par jour, de l’ordre de 6 à 10. Et la question se pose de savoir ce qu’il est réaliste de chercher à faire : ce qui est très efficace en service de réanimation ne l’est pas en maison de retraite ; et les demi-mesures ne donnent même pas des demi-succès.
- 2. Pressions dangereuses par défaut de position : c’est le cas de la position assise au fauteuil lorsque les pieds ne sont pas au sol ou lorsque le dossier est incliné. C’est le cas des lésions provoquées par des draps froissés ou des corps étrangers dans le lit (tubulures à perfusion laissées dans le dos du malade, faux plis, miettes...)

Le fauteuil est aussi dangereux que le lit pour ce qui concerne le risque d’escarres. Qui plus est il n’y a guère de moyen de prévention : la pression critique à partir de laquelle les artérioles se ferment est, on l’a vu, de 32 mm de mercure. Au fauteuil les pressions atteignent couramment 300 mm de mercure ; un bon coussin anti-escarres parvient à ramener la pression à 120 mm de mercure. On est très loin de ce qui permettrait une véritable prévention.

Cette question des micro-mouvements est centrale. Mais il y a naturellement d’autres facteurs à prendre en compte, car ils vont augmenter le risque dans des proportions énormes.

Le risque d’escarre est augmenté si la pression dans les artérioles est diminuée. Cela se verra par exemple en cas de trouble circulatoire : l’insuffisance cardiaque, bien sûr, mais aussi la déshydratation, l’anémie, ou les troubles locaux : maladie veineuse, phlébite, artériopathie (mais rappelons qu’une plaie chez l’artéritique est d’abord une plaie artérielle et non une escarre), œdèmes, mais aussi hyperviscosité sanguine dans les cancers ou les hémopathies. Enfin il faut se souvenir que certaines maladies engendrent leurs propres troubles circulatoires, et c’est par exemple le cas du diabète.

Mais si le trouble de circulation est essentiel, il faut encore que le sang soit de bonne qualité.

LE DÉFICIT D’OXYGÉNATION :

Ce qui compte pour la survenue des escarres, c’est que la peau n’est pas assez bien nourrie. Elle ne l’est pas parce que le sang circule mal, mais le résultat serait le même si le sang était trop pauvre. Pour une pression donnée, les dégâts seront d’autant plus importants et précoces que le sang apportera moins de principes actifs. Et le principe essentiel est l’oxygène.

De ce point de vue les situations à risque d’escarre sont donc l’anémie (puisque le sang est moins apte à transporter l’oxygène) et tous les troubles respiratoires, infections, insuffisance cardiaque ou respiratoire, sédatifs...

LE DÉFICIT ÉNERGÉTIQUE :

L’oxygène ne sert qu’à utiliser les calories dont l’organisme a besoin pour fonctionner et pour se réparer. Toutes les situations de déficit calorique sont donc à risque d’escarres. Ce sont les carences d’apport (anorexie, troubles digestifs) et les excès de consommation : stress, état infectieux, cancers, états inflammatoires...

Il ne faut pas se méprendre : le texte est bref parce que les choses sont très vite dites. Mais la question nutritionnelle est la plus importante de toutes, et on peut dire sans exagération qu’il y a deux sortes d’escarres : celles des malades qui mangent, et qui se fermeront de toute manière ; et celles des malades qui ne mangent pas, et qui mourront de toute manière. Ajoutons sur ce point que le soignant doit ici perdre de mauvaises habitudes et s’imposer un regard de technicien : la question n’est pas de savoir si le malade mange "tout de même un peu", ou "mieux qu’hier", ou "pas si mal compte tenu de ce qu’il vient de subir" ; elle est de savoir s’il absorbe suffisamment de calories.

LES CAUSES LOCALES :

Il ne faut pas s’en exagérer l’importance : l’escarre est une maladie générale, et si le malade fait des escarres c’est parce qu’il est en mauvaise santé. Mais l’état général explique que le malade fait des escarres. La situation locale explique il les fait. Il faut donc dire un mot des causes locales.

L’escarre est un processus qui va de dedans en dehors : le tissu le plus fragile est le muscle, le plus solide est la peau. Quand la peau se nécrose les dégâts musculaires sont déjà beaucoup plus importants. Cependant la qualité de la peau reste un élément à considérer :
- L’épaisseur : la peau est plus vulnérable chez le sujet maigre.
- Le vieillissement, notamment à cause de la perte d’élasticité.
- Les traitements intempestifs, notamment les corticoïdes.
- La macération, qui peut entraîner des réactions vasculaires locales avec augmentation des besoins en oxygène.

LES QUESTIONS À SE POSER :

Dans ces conditions il faut retenir que l’escarre n’est que le signe cutané d’une maladie plus générale. Tout comme il ne viendrait à l’esprit de personne de traiter une crise d’urticaire avec des pommades, de même le traitement local des escarres n’est pas en mesure à lui seul de résoudre le problème posé. Il ne sert à rien de traiter une escarre si on ne traite pas l’ensemble des facteurs qui ont contribué à sa formation.

L’escarre est donc une maladie, et comme toute maladie elle demande une démarche diagnostique et thérapeutique.

S’agit-il d’une escarre ?

Pour parler d’escarre il faut deux conditions :
- Il faut que ce soit une plaie de pression. La peau malade a été comprimée entre un plan osseux et un plan dur il faut donc être capable de dire lesquels.
- Il faut que le mécanisme essentiel soit la pression, ce qui suppose qu’on ait éliminé d’autres diagnostics qui demanderaient une prise en charge spécifique : plaie artéritique, plaie diabétique, ulcère veineux, érosion cutanée staphylococcique, lésion liée à une maladie dermatologique...
Rappelons cependant que les données de la littérature sont contradictoires sur ce point : dans les pays anglo-saxons, on s’intéresse avant tout à l’existence d’une plaie et non à sa cause, et toutes les situations énumérées ci-dessus sont des escarres ; le problème est que leur traitement sera très différent.

Pourquoi y a-t-il eu une escarre ?

On ne peut répondre à cette question que moyennant une démarche rigoureuse :
- 1.Existence d’une cause locale : c’est la pression excessive (plan trop dur, position trop prolongée, défaut de posture).
- 2. Limitation de la motricité.
- 3. Troubles sensitifs.
- 4. Toutes les causes de fatigue.
- 5. Ordonnance suspecte : sédatifs, myorelaxants, corticoïdes, diurétiques...
- 6. Trouble circulatoire : insuffisance cardiaque, déshydratation, anémie, maladie veineuse, phlébite, artériopathie, oedèmes, diabète.
- 7. Troubles respiratoires.
- 8. Dénutrition par carence d’apport (anorexie, troubles digestifs) ou excès de consommation.

Si ces troubles ne sont pas corrigés, l’escarre ne se fermera pas. Elle le fera d’autant moins que le processus de cicatrisation de l’escarre est lui-même un gros consommateur d’énergie. Il faut un très bon équilibre calorique, il faut une très bonne oxygénation pour guérir une escarre. On pourrait presque dire que la condition pour fermer une escarre est de mettre le malade dans un état où il n’en aurait pas fait s’il y avait été.

L’escarre n’est pas une plaie, mais une maladie. La plaie n’est que l’expression d’un désordre général. Ce n’est pas la plaie qui va tuer le malade, c’est le désordre qui l’a fait apparaître. Traiter une escarre sans traiter sa cause n’a aucun sens.

LA PRÉVENTION DES ESCARRES :

Le problème de la prévention des escarres demande à être abordé avec réalisme.

Il faut d’abord dire que la survenue d’une escarre est imprévisible : on a vu plus haut qu’il suffit de deux heures d’une pression normale pour déclencher une escarre chez le sujet affaibli. Autant dire qu’on ne peut éviter les escarres qu’à condition de pouvoir faire une posturation toutes les deux heures, ce qui suppose des moyens en personnel dont on dispose rarement.

Il faut ensuite rappeler que la survenue d’une escarre n’indique pas une faute de soins. Par contre le nombre d’escarres est un indice du bon fonctionnement du service. Une escarre n’est pas une faute, beaucoup d’escarres témoignent d’un mauvais fonctionnement. De ce point de vue il faut rappeler les chiffres ; les escarres touchent :
- 3% des malades atteints d’une pathologie aiguë.
- 45% des malades chroniques.

60% des malades provenant d’un service de court séjour présentent des escarres.

La prévention des escarres par massage n’est plus considérée comme efficace :
- La prévention systématique n’évite pas les escarres.
- Le massage des rougeurs aggrave la situation locale.

Finalement il y a bien peu de choses validées, et les textes qui en parlent attribuent aux actes de prévention d’escarres des vertus relationnelles... les huiles et autres pommades n’ont pas d’effet suffisant pour justifier leur coût.

Les gestes de prévention se répartissent donc en trois groupes : ceux qui sont dangereux, ceux qui ne servent à rien et ceux que nous ne pouvons pas faire.

La détection des patients à risque :

Elle est très importante : c’est en agissant sur les facteurs généraux qu’on peut espérer éviter les es- carres.

Norton a établi une échelle de risque, comprenant 5 items cotés de 0 à 4 :

- 1 ÉTAT GÉNÉRAL : bon, moyen, mauvais, très mauvais (ces cotations sont effectuées en fonction du nombre de facteurs de risque : 0, 1, 2, plus de 2).
- 2 ÉTAT MENTAL : bon, apathique, confus, inconscient.
- 3 ACTIVITÉ : autonome sans aide, autonome avec aide, assis, alité.
- 4 MOBILITÉ AU LIT : totale, diminuée, très limitée, immobile.
- 5 INCONTINENCE : aucune, parfois, urinaire, totale.

Un score supérieur à 14 indique un risque important.

Cette échelle vaut ce que valent toutes les échelles : elle sert plus à faire penser qu’à mesurer réellement. L’application de l’échelle de Norton garantit qu’on s’est posé le problème, elle ne remplace pas une bonne observation.

D’autre part il faut la commenter.

L’item 1 permet de repérer les malades graves.

Les items 2,3,4, ne servent qu’à détecter les malades qui vont présenter un déficit de micro-mouvements ; rappelons que le terme « confus » est pris ici dans son sens anglais ; il faudrait le remplacer par « somnolent ».

L’item 5 pose le problème de la continence. Ce point doit être détaillé :
- 1. L’incontinence urinaire est un risque à elle seule à cause de la macération.
- 2. Mais si on sait lutter contre l’incontinence urinaire on ne sait pas lutter contre l’incontinence fécale.
- 3. Si on pose une sonde urinaire, on diminue le risque de macération mais on crée une infection chronique qui aggrave l’état général.
- 4. La bonne stratégie est donc de pratiquer des changes fréquents.
- 5. L’échelle de Norton vise à détecter les patients à risque. Certes l’incontinence est un risque mais il se trouve surtout que les patients à risque sont souvent incontinents.

Il existe d’autres échelles, notamment celle de Braden. Cette dernière a la réputation d’être mieux adaptée au problème de la personne âgée ; mais elle a l’inconvénient d’être un peu plus lourde à mettre en œuvre.

Les matériels de prévention :

Même si d’incontestables progrès ont été réalisés, il n’y a pas autant de choses qu’on le dit à attendre des matériels de prévention.
- D’abord parce que la qualité est coûteuse.
- Ensuite parce que les matériels de prévention ne doivent pas être utilisés pour économiser le personnel.
- Enfin parce qu’il y a quelque chose de tristement surréaliste à voir les sommes englouties dans les matelas anti-escarres alors que l’enjeu essentiel se situe à la cuisine.

Les matelas anti-escarres agissent en améliorant la répartition des pressions et en diminuant les surpressions dans les zones sensibles. Il faut cependant savoir :
- Qu’ils sont loin d’annuler le risque : ils ne font que le diminuer.
- Qu’ils n’ont pas une grande efficacité en traitement. Il faut donc décider de leur emploi avant l’apparition des lésions : cela se fait à l’entrée du malade, ou lors de son aggravation.

Les coussins anti-escarres n’ont pas suffisamment d’efficacité pour qu’on rêve dessus. Ils n’ont d’intérêt que pour corriger un siège trop dur, ce qui n’est pas le cas des fauteuils que nous utilisons.

Par contre il y a beaucoup à attendre de la bonne posturation au fauteuil : il faut absolument obtenir que le malade ait le buste vertical, les cuisses horizontales, les jambes verticales, les pieds au sol ; un dossier ne doit jamais être incliné [1].

Les décharges sont très importantes ; on peut en proposer surtout deux types :
- La décharge de talons au lit : elle est décidée dès que le risque d’escarres semble important. Elle se compose d’une plaque de mousse assez mince ( 8 cm suffisent, il n’est pas nécessaire de supprimer le contact mais simplement de le diminuer), et suffisamment large pour ne pas mettre les genoux en porte-à-faux. Elle est toujours bordée dans le lit (sinon le malade va la remonter) ; elle est toujours accompagnée d’un cerceau ; elle n’est pas utilisée si le malade ne la tolère pas : mal mise elle serait plus nuisible qu’utile.
- La décharge de sacrum : c’est la posturation en canoë, [2].

Mais il faut se souvenir que la mise en place d’une décharge suppose qu’on a diagnostiqué une situation à risque, ce qui signifie que toutes les autres mesures ont été prises.

A suivre : prise en charge de l’escarre en institution

Documents joints


Notes

[1On incline le dossiers des fauteuils parce qu’on espère, le faisant, améliorer le confort du résident. Mais on fait courir alors un double danger :
- Le premier est de compromettre le maintien du sens de la verticalité.
- Le second est de créer des zones de cisaillement de la peau, qui augmente le risque d’escarre.
Cela ne résout certes pas la question du confort. Mais celle-ci ne peut être résolue qu’en réfléchissant, et ce n’est pas simple, aux moyens de ne pas laisser trop longtemps les résidents assis dans leur fauteuil.

[2décrite notamment par Y. Gineste

109 Messages

  • L’escarre : une maladie générale Le 14 décembre 2015 à 12:51

    Bonjour Michel,

    Je ne retrouve pas nos anciens messages concernant maman âgée de 88 ans maintenant , en soins palliatifs à domicile et sondée ....+ escarres comme vous le saviez
    Elle a recommencé à mager un peu depuis ... Mais aujourd’hui papa me dit qu’elle a une infection pulmonaire ... Les analyses sont parties au labo , cela ne présage rien de bon , voilà ..... Mais qu’en pensez vous ?
    D’après le médecin généraliste , elle est trop faible pour faire de la fièvre , elle a des périodes de fièvre courtes , son corps ne se bat pas beaucoup .....


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    • L’escarre : une maladie générale Le 16 décembre 2015 à 16:08 , par Michel

      Bonjour, Karine.

      Je ne peux rien penser de cette situation : non seulement je ne l’ai pas vue, mais elle a déjà une fois échappé à la logique.

      Ce que je crois pouvoir dire c’est ceci :
      - Elle a été victime d’une pathologie aiguë que nous n’avons pas su identifier, mais dont elle s’est remise.
      - Cependant l’amélioration reste précaire. Je note avec inquiétude que vous parlez encore des escarres. Elles ne se sont donc finalement pas fermées, indiquant par là que l’état général reste mauvais, et continuant à faire planer une menace sur l’avenir.
      - Du coup il est tout à fait possible que l’infection respiratoire actuelle décompense la situation comme cela a été le cas précédemment, avec les mêmes incertitudes et les mêmes risques.
      - Il y a donc une forte probabilité pour que votre mère ne franchisse pas cet obstacle. Si elle le franchit, il y a une probabilité au moins aussi forte pour qu’elle ne s’en remette pas aussi bien que la dernière fois. Quant à la probabilité pour qu’elle revienne à l’état où elle se trouvait avant l’infection respiratoire, ou même qu’elle reprenne sa progression, il est bien vrai que j’ai du mal à y croire.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’escarre : une maladie générale Le 19 décembre 2015 à 02:49 , par karin

        Merci Michel de répondre si rapidement,

        Incroyable ! Hier j’ai accompagné maman en ambulance pour qu’elle suisse un scanner abdominal , car les urines rouges (sonde ) et de fortes douleurs dans la ventre nous laissait tous (médecin y compris ) interrogatifs.
        Qu’a t’elle donc ?

        De suite , la doctoresse responsable de cet examen me dit "elle n’a rien , juste quelques calculs rénaux et une pointe d’infection pulmonaire" Mais ce ventre gonflé ? c’est une présence de "gaz"

        Incroyable ! elle continue ses antibiotiques , nous sommes soulagés , pas de tumeur , de fistule , d’abcès !
        Maman a une résistance d’enfer ! de l’escarre , visible au scanner également , il n’en reste pas grand chose.

        Peut être que Noël sera moins triste ..... La menace pèse comme vous dites , certes, papa souffle de nouveau un peu , l’échéance est reportée , nous en sommes heureux bien-sur , mais ce sont de fameuses montagnes russes.
        Vous allez finir par croire que toute mon histoire n’est que fabulation ....

        Il est certain que nous avions débattus avec notre médecin de faire cet unique examen et de ne jamais s’acharner si opération devait s’ensuivre mais nous voulions tous savoir d’où venait ces douleurs pour mieux les piéger.

        Merci pour votre présence si précieuse,

        karin


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        • L’escarre : une maladie générale Le 20 décembre 2015 à 21:26 , par Michel

          Bonsoir, Karin.

          Je suis simplement heureux de votre bonheur. Il n’y a rien d’autre à faire que de savourer ce présent qui vous est offert.

          Si on veut discuter cependant, je préciserais un point : il n’est jamais exact de dire : "vous n’avez rien", ou : "Elle n’a rien". Votre mère a quelque chose. Elle a quelque chose puisqu’elle a mal, et qu’elle est tout de même en difficulté d’état général. La seule chose qui soit vraie c’est que le scanner n’a rien montré. Ou encore que nous avons une idée de ce qu’elle n’a pas : pas de tumeur évidente, pas d’abcès évident. Il faut toujours remplacer : "elle n’a rien" par : "je ne trouve rien" ; et s’empresser d’ajouter que tout de même il n’y a pas tellement de choses dangereuses qui échappent à l’imagerie.

          Quant à tirer des leçons de cette histoire...

          Vous savez, il ne m’a pas été simple de vivre cette erreur de pronostic. Je n’oublie jamais combien la tenue de ces forums est un exercice risqué, et combien je peux envoyer mes correspondants sur des fausses pistes. Mais en fait la question n’est pas là. La question, c’est celle de l’acharnement thérapeutique.

          Je l’ai déjà dit : on raconte n’importe quoi sur l’acharnement thérapeutique. Si on refait l’histoire de cette notion, on tombe très vite sur cette évidence : au cours de mes études on m’avait appris que tout devait être tenté pour sauver un malade, et qu’il n’était pas éthiquement (le mot n’existait guère) acceptable de le priver d’une chance. C’est cela qui a changé : à présent nous considérons en somme que la vie est moins un absolu qu’il y a un demi-siècle. Ce changement est positif. Mais outre que, peut-être, on n’en mesure pas toutes les conséquences sur la civilisation, on a grand tort de se figurer qu’il est simple. La position initiale l’était : on fait tout pour sauver la vie. L’autre ne l’est pas.

          Ce que je vous ai dit, c’est que le pronostic de votre mère ma paraissait sombre. Et il l’était. Ce qui me met le plus mal à l’aise, c’est que si j’avais été le médecin de votre mère il y a une probabilité pour que j’eusse fait le même raisonnement, et que j’en conclue qu’il ne fallait rien faire. Et votre mère serait morte parce que quand on décide de ne pas s’acharner on n’est jamais démenti par les faits.

          Ce que votre père a plus ou moins imposé s’appelle de l’acharnement thérapeutique. Et cela suffit à vous montrer la redoutable complexité du problème, et à vous faire comprendre pourquoi je suis exaspéré par cette rodomontade signée pourtant du Comité Consultatif National d’éthique : L’acharnement thérapeutique se définit comme une obstination déraisonnable, refusant par un raisonnement buté de reconnaître qu’un homme est voué à la mort et qu’il n’est pas curable, et qui fait royalement l’impasse sur le fait que l’acharnement thérapeutique, des fois ça marche. Votre histoire le prouve, une fois de plus.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • L’escarre : une maladie générale Le 31 décembre 2015 à 04:52 , par Karin

            En vous relisant quelque peu,

            Oui , acharnement thérapeutique de papa.
            Oui, il a eu raison , quelques fois permettant à maman de revivre des moments de bonheur.
            Oui , je me rends compte de la très grande complexité face à ce problème et oui, on pourrait répéter les mêmes erreurs ...

            En revenant à ce médecin qui prétendait que maman n’avait rien (scanner) je lui ai quand même , Ah bon ? mais pourquoi a t’elle si mal ? " C’est de l’air, du gaz.... "
            Oui, comme vous dites "elle a quelque chose"

            Vous savez , je dis souvent aux autres "J’aimerai que maman parte...."
            Bien à vous,


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            • L’escarre : une maladie générale Le 31 décembre 2015 à 15:09 , par Michel

              Bonjour, Karin, et merci de ces échanges. Ils sont précieux.

              Je crois que vous voyez très clairement les choses. D’un côté cela ne les adoucit pas, de l’autre c’est certainement une aide pour vivre ce qui menace maintenant à tout instant.

              En passant, vous pointez quelque chose de mystérieux : dans vos tout premiers messages, vous écriviez votre préoccupation quant à l’attitude irréaliste de votre père, qui croyait ferme à une guérison ; maintenant vous parlez de sa crainte que votre mère ne parte en son absence.

              N’est-ce pas sidérant ? Les espérances de votre père étaient chimériques ; à ceci près que la suite lui a donné raison. Et que ce répit accordé à leur couple lui a permis de cheminer jusqu’au point où il est bien plus prêt (peut-on l’être ?) à leur séparation qu’il ne l’était en août.

              Quelle est cette force qui fait qu’une fin de vie peut ainsi être un récit écrit à deux ? C’est en tout cas cela qui me fait écrire que la mort n’est pas un phénomène individuel (je meurs) mais un acte collectif, social (nous nous quittons).

              Ne perdez pas la paix.

              Bien à vous,

              M.C.


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      • L’escarre : une maladie générale Le 31 décembre 2015 à 04:29 , par Karin

        Bonjour Michel,

        Merci de toujours répondre si rapidement.

        A la veille de ce nouvel an , maman ne supporte plus les médicaments (bactrim,dalfagan etc.....) elle se plaint d’un mal au bas du ventre et moi je reste persuadée que c’est la sonde urinaire qui l’incommode fortement (pour en avoir eu une moi-même il y a quelques années, c’est pénible)
        Maman respire normalement , quid de son infection pulmonaire , on ne sait pas....cela n’a que peu d’importance.
        Elle va commencer la Morphine aujourd’hui.
        Son état s’est dégradé , nous veillons à son confort , elle se réveille et demande à regarder la télévision pendant de courts moment (1/4 heure )
        Papa ne la quitte plus d’une semelle de peur qu’elle ne quitte ce monde pendant son absence.

        Bon réveillon à vous et à l’année prochaine,

        Karin


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        • L’escarre : une maladie générale Le 21 janvier 2016 à 00:36 , par karin

          Cher Michel,

          Ce fut un immense bonheur d’avoir pu m’informer sur votre site, j’ai pu grâce à ces lectures être avec maman jusqu’à son dernier souffle , j’ ai pu détecter ses tous derniers instants et appeler doucement papa qui lui a parlé avant qu ’elle ne s’endorme paisiblement ,elle s’est éteinte le 19 janvier à 12 h 45 ......Le mot agonie ne me fait plus peur ,elle n ’a pas souffert , il a duré environ 5 heures .....Le corps médical nous avait prévenu vers 7 heures du matin ,maman était soignée à la maison comme vous le saviez ,je vous remercie du fond du coeur
          karin


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  • L’escarre : une maladie générale Le 6 septembre 2015 à 03:51 , par Karin

    Bonjour Michel,

    Voici donc un nouveau message,
    Je suis allée voir maman et je dois dire qu’elle est "bien" je suis restée à ses cotés tout en discutant avec papa , elle écoute , suit la conversation .....
    Son teint est joli , elle est d’origine asiatique donc légèrement bronzée , elle a peu maigri, malgré qu’elle ne mange plus depuis belle lurette , elle boit juste ce qu’il faut pour ne pas être sondée.
    Bref , son état est stationnaire , un petit reliquat d’escarre qui ne veut pas guérir .... Un "trou" profond d’un demi centimètre.

    Papa se fatigue car entre les soins infirmiers , autres dames qui se relayent pour faire le ménage et la dame de compagnie , il est "bloqué à la maison , sa vie sociale est réduite à peau de chagrin.
    Il ne vendra la voiture aménagée pour maman que quand il sera sur qu’elle n’ira plus dedans .... Nous devinons qu’il espère toujours une amélioration.

    Les visites sont moindres, tout le monde a repris sa vie "normale" rentrée universitaire pour les uns , rentrée scolaire,travail , un répit sans doute que ce genre de situation appelle et temps mieux finalement mais jusqu’à quand ?

    Comme vous dites , vous avez rarement vu un état pareil à celui de notre chère maman, mais papa est incroyable , tout le monde nous le dit , tout est mis en oeuvre pour le confort de maman , et cet amour qui les unit depuis 58 est sans doute si fort .....

    Bien à vous et merci,
    Karin


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    • L’escarre : une maladie générale Le 6 septembre 2015 à 22:22 , par Michel

      Bonsoir, Karin, et merci du soin que vous mettez à me tenir au courant.

      Je suis heureux de ce temps qui vous est donné.

      En même temps je me sens terriblement mal à l’aise (et lâchement soulagé que la retraite ait, pour ce qui me concerne, mis un terme à cette inquiétude perpétuelle). Car comme je vous l’ai dit ces stabilisations sont rarissimes ; mais comme nous le voyons, elles existent. Et je me demande ce que j’aurais fait si j’avais eu à m’occuper d votre mère.

      Oh, bien sûr, je peux me rassurer en me disant que si j’en avais eu la charge je l’aurais examinée, et que cela aurait changé mon pronostic. Je peux aussi me dire que j’aurais connu l’ensemble de ses pathologies, et que j’aurais su répondre à la question que je vous posais : qu’est-ce qui a déstabilisé la situation, et peut-on imaginer une restabilisation ?

      Mais le plus probable est que j’aurais posé le même pronostic que celui que je vous ai donné au départ. Et que j’aurais poussé, dans ces conditions, à une limitation des soins, de peur de verser dans l’acharnement thérapeutique. Et le problème, c’est que quand on décide d’abandonner le combat, on n’est pour ainsi dire jamais démenti par l’évolution : le malade meurt toujours. La position de votre père était une position caractéristique d’acharnement thérapeutique ; à ceci près qu’il avait raison.

      Au fond, le seul service que je vous aurai rendu sera d’avoir insisté pour que vous ne disiez rien à votre père.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’escarre : une maladie générale Le 7 octobre 2015 à 19:12 , par Karin

        Bonsoir Michel,

        Maman est toujours stationnaire alitée , sondée et ne mangeant pas....
        Les infirmières l’habillent désormais , cela fait "moins malade"
        Certains escarres ont disparus et la grosse escarre au dos tente à diminuer (lent)
        De ces jours-ci , elle semble plus "zen" , d’autant plus que l’opération du cancer de la prostate de mon frère s’est bien déroulé (papa la tenait au courant)
        Je suis allée voir les parents aujourd’hui et elle a même échangé quelques mots au téléphone avec mon frère (toujours hospitalisé)
        Maman est une personne au du commun , je commence vraiment à le croire ,
        Bien à vous,


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        • L’escarre : une maladie générale Le 8 octobre 2015 à 21:32 , par Michel

          Bonsoir, Karin, et merci de ces nouvelles.

          Nous avons deux questions différentes.

          La première est que les choses allaient mal et que tout laissait prévoir une fin rapide. Mais comme je vous l’ai dit d’emblée il était capital de savoir ce qui avait bien pu faire qu’une situation qui était jusque là bien tolérée se soit brutalement décompensée. Que la cause de cette décompensation (et nous ne la connaissons toujours pas) vienne à disparaître et il n’est pas étonnant que la situation s’inverse et s’améliore. Même si on n’a pas toujours cette chance. Bref, qu’elle ait survécu, je n’en aurai pas parié gros, mais je le comprends.

          La seconde est que même si la situation pathologique s’est stabilisée, voici une dame qui ne mange plus rien, ou plus rien de significatif, et qui est toujours là. Ce sont des situations que j’ai déjà vues, mais que pour autant je ne m’explique pas très bien. Ce que nous disons c’est que les besoins nutritionnels d’une vieille personne ne sont pas très différents de ceux d’une personne jeune ; il est donc faux de penser qu’elle résiste parce qu’elle ne bouge plus. D’autre part nous savons que les grévistes de la faim ne se mettent pas en réel danger avant six semaines. Nous ne sommes donc pas encore incroyablement éloignés de ce qui est rationnel. Mais tout de même...

          Nous verrons bien. L’important est que vous puissiez partager ces moments. Ils sont riches.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • L’escarre : une maladie générale Le 12 octobre 2015 à 16:59 , par karin

            Merci Michel,

            Je vous tiendrais au courant s’il avait un changement assez radical, le 13 novembre , maman aura 88 ans.
            Pour mon frère , tout s’est bien déroulé et elle en est heureuse , reste des résultats de biopsie mais papa ne lui en a pas parlé (c’est mieux dans un premier temps me semble t’il)
            On profite des moments avec maman , la vie a repris son cours,

            Bien à vous,

            Karin


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  • L’escarre : une maladie générale Le 27 juin 2015 à 21:26 , par KP

    Bonsoir,

    Maman, bientôt 88 ans , a fait un AVC en 2009 , depuis , bien qu’ayant subit plusieurs opérations tel que trépanée , mise en place d’un pacemaker , d’une prothèse de hanche , elle est aphasique ,diabétique et ne sait plus marcher.
    Elle est entrée en clinique il y a 3 semaines et les médecins ont diagnostiqué une infection urinaire et ....Une septicémie , maman reste alitée là-bas une semaine au bout de laquelle , on nous annonce qu’elle a une escarre sur le dos.
    Nous étions abasourdis ! Car à la maison , elle dispose du nec le plus ultra en matière de matelas anti -escarres Papa et les infirmières et aides à domiciles n’avaient jamais vu une tel plaie avant son entrée en milieu hospitalier.
    Elle a donc développé cet escarre (important) dans son lit d’hôpital. Elle en présente une de moindre importance au pied. Elle est de retour à la maison , se sent bien entre les mains des infirmières et soins à domicile et bien-sur Papa. Elle boit très peu , s’alimente nettement moins, boit ses boissons protéines et dort beaucoup plus ,elle a une sonde urinaire ,et pour les selles , elle se lève (avec aide) de son fauteuil roulant pour s’asseoir sur la chaise percée. Pour ma part , quand je lis votre article et les différents messages , j’apprends beaucoup et même si chaque cas est unique, j’ai tout de même un pressentiment , nous la soignons au mieux et il n’est nul question de la renvoyer en clinique....Mais que faire , que dire ? On espère toujours sa guérison .....Mais..... La chose la plus importante c’est qu’elle ne rentre plus en clinique


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    • L’escarre : une maladie générale Le 28 juin 2015 à 19:34 , par Michel

      Bonsoir, et merci de ce message.

      Que faire ? Que dire ?

      Bien peu de chose.

      La survenue d’une escarre au cours d’un état infectieux un tant soit peu important est malheureusement un événement très fréquent, et guère évitable. C’est pourquoi sur les données que vous présentez il n’y a pas lieu de présumer une défaillance des soins qu’elle a reçus : une escarre se forme en quelques heures, et rien n’y fait.

      Les matelas anti-escarres, même sophistiqués, ne m’ont jamais paru très efficaces. Ils semblent avoir un intérêt en prévention, encore est-ce difficile à dire, car il faudrait les juger « toutes choses égales par ailleurs » : ce qui importe le plus est l’état général de la personne, et surtout son statut nutritionnel ; en d’autres termes ils sont sûrement utiles en réanimation pour un sujet pas trop âgé et pas trop dénutri ; enfin je n’en sais rien, je ne les ai pas suffisamment pratiqués.

      Toujours est-il qu’en ce qui concerne votre mère la situation n’est pas très bonne, car je suppose qu’elle n’a pas une grande mobilité, et que vous pointez son trouble alimentaire : certes elle prend des boissons protéinées, mais si elles lui tiennent lieu de repas il est à craindre que les apports caloriques totaux restent très insuffisants.

      Bref la situation présente des dangers, mais je suppose que vous l’avez compris. Cela ne change rien à ce que vous avez à faire : lui être présents, l’accompagner, essayer de la mobiliser au mieux, de la nourrir au mieux ; tout cela en tenant compte de ce qu’elle est disposée à faire et à accepter.

      Pour le moment, et si rien d’autre ne se passe, il n’y a pas de raison pour qu’elle soit réhospitalisée, du moins si vous pouvez disposer de suffisamment d’aides à domicile. Je ne sais pas sur quoi vous pouvez compter : y a-t-il un réseau gérontologique ? Un service de soins à domicile ? Voire un service d’hospitalisation à domicile, au moins transitoirement ? Que propose le médecin traitant ?

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’escarre : une maladie générale Le 28 juin 2015 à 20:36 , par KP

        Bonsoir,

        Merci de m’avoir répondu si rapidement.
        Maman dispose d’un service de soins à domicile , d’abord papa, puis le service lui-même 3 fois par jour , infirmière et autres aide-soignants pour soigner l’escarre , l’aider à aller à selle (pour les urines, elle a une sonde).

        Lorsque maman se lève (avec aide) pour prendre sa tribune , elle me semble très essoufflée.
        Si l’espoir de guérison persiste chez papa , je suis moins optimiste pour ma part.

        J’ai vu son escarre étendu sur le haut des fesses , néanmoins pas profond.
        Notre frère chirurgien conseille fortement à papa de prendre la température de maman tous les jours.
        Sinon, il ne dit pas grand chose , c’est normal je pense dans ce cas.

        Le médecin traitant pense que ce retour à domicile est bénéfique (que nous pensons tous) et maman est contente d’être chez elle , elle le dit , ça se voit mais c’est tout de même un camouflé par cette douleur /gêne sonde et/ou l’escarre. Elle parle nettement moins et ne s’intéresse plus aux infos /elle dort ou somnole.

        Nous habitons la Belgique et je vais voir s’il existe un réseau gérontologique ou un hôpital à domicile mais personnellement je n’en ai jamais entendu parler, c’est surtout le futur qui m’inquiète le plus à ce stade car la voir partir comme ça c’est dur.....


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        • L’escarre : une maladie générale Le 28 juin 2015 à 21:19 , par Michel

          En effet, je ne trouve rien sur des réseaux gérontologiques en Belgique ; c’est un peu étonnant. De même je crois comprendre que l’hospitalisation à domicile reste à développer, je n’ai trouvé qu’un service privé. Par contre vous pourriez trouver de bons conseils à http://www.soinspalliatifs.be/plates-formes-de-soins-palliatifs.html

          Il est effectivement intéressant de surveiller la température. Rappelons qu’une escarre est toujours infectée, et que c’est une bonne chose. Mais l’apparition d’une fièvre peut signifier que l’infection dépasse l’escarre, et il faut alors traiter.

          Cela dit votre pessimisme n’est que du réalisme, et il y a lieu d’être inquiet. Je ne peux guère vous en dire plus, car il faudrait être sur place et voir la situation. Mais il me semble, sur les éléments que vous donnez, que la question du confort se pose déjà au premier plan.

          S’il y a une douleur, il faut envisager son traitement, ou alors dire pourquoi on ne le fait pas. C’est sur ce type de décision qu’un réseau de soins palliatifs peut vous aider.

          Pour la sonde urinaire, c’est plus compliqué :
          - Elle est souvent très inconfortable, mais beaucoup de médecins considèrent qu’elle est obligatoire dès lors qu’il y a une escarre lombaire ou sacrée ; je ne suis pas de cet avis, et je préfère de beaucoup qu’on jongle avec les changes hyperabsorbants. Reste à savoir qui a raison, si je ne suis pas le seul à dire ce que je dis il ne m’a pas échappé que cette opinion est minoritaire.
          - Il faut encore être sûr que la sonde a été posée en protection de l’escarre, et non pour une autre raison ; car s’il y a une rétention urinaire chronique, par exemple, on ne voit pas comment on pourrait s’en passer. Il y a l’alternative du cathéter sus-pubien, qu’on introduit dans la vessie à travers la peau, mais il n’est pas sûr qu’on y gagne.

          Cela dit, et ces point pris en charge, il vous faut considérer :
          - Que nous en savons trop peu pour affirmer que les choses vont mal tourner.
          - Que très souvent les évolutions de ces situations sont beaucoup plus simples qu’on ne pense.

          Je reste à votre écoute.

          M.C.


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          • L’escarre : une maladie générale Le 15 juillet 2015 à 05:16 , par karin

            Nous voilà deux semaines après mon premier mail,
            Je suis partie pour un séjour réservé en dernière minute ,court en Sicile , maman étant dans un état stationnaire.
            Les choses se sont aggravées ces derniers jours , elle reste 24 /24 dans son lit.
            Elle a deux nouveaux escarres aux pieds , une nouvelle infection urinaire (les analyses sont parties au labo),
            Elle a un baxter d’eau , elle ne s’alimente plus du tout.
            Durant mon absence ,elle a souffert d’obstruction intestinale.
            Pour moi, il est clair qu’elle va "partir"....Je m’y prépare....
            Papa veut qu’elle guérisse , il y croit encore ...... presque 60 ans de mariage.... Ca doit être dur de la laisser s’en aller......
            Comment aborder le sujet avec lui ,comment trouver les mots , il est un homme fort , il ne laissera pas aller....

            Que puis je faire dans ces moments pénibles pour toute la famille ? Je suis l’ainée.
            Je pense que Papa ne quitte presque plus la maison tellement il a peur que maman ne parte pendant son absence,

            Merci,


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            • L’escarre : une maladie générale Le 17 juillet 2015 à 21:37 , par Michel

              Bonsoir, Karin.

              J’ai bien peur que votre pronostic ne soit réaliste.

              Il est réaliste parce que, dans ces situations, les choses ne stagnent pas, ou pas longtemps : elles s’améliorent ou elles s’aggravent. Et ici elles s’aggravent. Qui plus est nous ne savons pas pourquoi elles s’aggravent. Il y a donc très peu de chances pour que l’évolution s’inverse.

              Je comprends que vous vous demandiez comment aborder la question avec votre père ; mais… le devez-vous ? Je ne peux guère vous en parler, il me faudrait le connaître. Mais j’attire votre attention sur un problème : soit il est dans le déni le plus total, et alors vous n’avez rien d’autre à faire que respecter ce déni, car c’est un mécanisme de défense dont il a besoin et qui en toute hypothèse est trop fort pour que vous puissiez sans dommage essayer de l’éroder ; soit, comme c’est le cas le plus fréquent, il n’est absolument pas dupe de ce dont il essaie de se persuader, et là aussi il faut le laisser aller son chemin. Je crois donc que je ne m’en mêlerais pas : il vous suffit de ne pas concourir au renforcement du mécanisme.

              Je reste à votre écoute.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • L’escarre : une maladie générale Le 6 août 2015 à 00:42 , par Karin

                Quelques nouvelles,

                Et j’en donnerais jusqu’au bout ....
                L’escarre de maman se résorbe fortement, évidemment , les meilleurs soins et médicaments lui sont fournis.Son domicile est un endroit 5 étoiles en ce qui concerne les soins , le matériel , le staff soignant et les visites régulières de ses enfants , petits enfants etc....Sans compter papa qui veille à son moindre souffle.
                Ceci dit, tout cela est bien beau ,les soins "palliatifs" ont débuté officiellement il y a une semaine ....
                Maman est de plus en plus faible et son coeur s’est même arrêté de battre il y a quelques jours , le pacemaker l’a relancé..... quelques appels d’oxygène plus tard , elle reprend "vie" si on peut dire.
                Ce genre de soucis pouvant bien entendu se répéter , papa est de plus belle de "garde" et n’en dort que d’un oeil, ça le fatigue énormément.

                Finalement , on reprend un peu le quotidien sans "penser" sans "s’inquiéter" , le répit faisant sans doute partie du processus de cet état de choses , la vie semble presque "normale"

                L’état de Maman est presque stationnaire , on dirait parfois ....
                Bien à vous


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                • L’escarre : une maladie générale Le 6 août 2015 à 11:01 , par Michel

                  Merci de ces nouvelles, Karin.

                  Que commenter ?

                  Il est déjà très inhabituel que, dans cette situation, des escarres s’améliorent. Encore faudrait-il les avoir vues pour en juger, encore faudrait-il être sûr qu’elles s’améliorent toutes. Je l’ai écrit et je le maintiens : ce qui fait le pronostic d’une escarre, c’est l’état général et non les soins locaux. Mais je l’écris pour insister sur l’importance vitale de ce qu’on fait pour l’état général, et non pour dire que les soins locaux n’ont pas d’utilité.

                  Comme vous le soulignez, cela ne change malheureusement pas l’idée qu’on peut se faire de l’issue. Et pour peu on se demanderait si ces rebonds sont réellement souhaitables. Mais outre qu’ils s’imposent à nous, il faut considérer que cela permet probablement à votre père de poursuivre à son rythme un énigmatique travail de préparation.Il y a bel et bien dans ces fins de vie quelques chose d’aléatoire, quelque chose qui nous échappe. Et c’est justement si nous acceptons que ça nous échappe que nous pouvons du même coup accepter que la personne qui s’en va nous échappe elle aussi. Pas facile.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • L’escarre : une maladie générale Le 6 août 2015 à 15:21 , par Karin

                    Bonjour Michel,

                    je réponds assez vite car j’ai vu maman ce matin, son médecin traitant étant là , c’est facile d’écouter ses pronostiques : Oui , l’escarre est guéri sur une très grosse partie , il reste un "point ouvert"
                    Mais elle refait une énième infection urinaire (pour rappel:elle est sondée) dernier antibio prescrit :le bactrim, les autres ayant fait leur boulot , il s’git ici d’une nouvelle bactérie venant des selles.
                    On tente ce dernier traitement (par voie orale) et puis stop ....
                    Maman était bien réveillée , j’ai même pu lui faire faire des mouvements des bras en comptant , elle a bu ses protéines et même de l’eau de coco que je lui ramène expressément , et un bouquet de fleurs fait toujours son bonheur ....
                    Bien sur , comme vous le dites , son état général est très important , Ah oui, son analyse de sang est parfaite ...
                    Pour le reste ,on essaye de lui donner confort au maximum....

                    La grosse perte de sang vaginale de la semaine dernière reste un mystère , on investit pas plus loin , pas besoin de voir un gynéco , la question de notre médecin reste : quand on lui a fait l’ablation des organes , a t’on laissé le col de l’utérus ? Nul ne sait répondre , j’étais trop jeune pour m’intéresser à la question....

                    On soigne maman/époux qu’on aime tant , sans agressivité , quand son heure viendra , elle viendra ... C’est le confort qui prime , je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde ....
                    La vie a ses mystères , merci d’être à l’écoute ....

                    karin


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                    • L’escarre : une maladie générale Le 7 août 2015 à 14:21 , par Michel

                      Merci de ces nouvelles, Karin.

                      En effet, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre. D’autant que depuis le début il nous manque un élément essentiel : qu’est-ce qui a déstabilisé une situation, certes précaire, mais qui tenait encore ? C’est l’évolution de ce quelque chose qui provoque l’évolution du reste. L’infection urinaire est une explication, mais outre que ce n’est pas la seule il est très difficile de faire un diagnostic d’infection urinaire authentique chez une malade sondée...

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • L’escarre : une maladie générale Le 23 août 2015 à 01:25 , par karin

                        Bonsoir Michel,

                        L’état de maman est stationnaire , eh oui , le mot est toujours le même ...Identique ,pas d’évolution , si minime soit elle ....Les jours passent avec les balais de soins, de visites , les longues siestes etc....

                        Les visites lui font un bien fou ,les soins beaucoup moins , quand l’infirmière doit remettre la sonde en place ...
                        Mais comme tu dis : quelque chose ne va pas , mais quoi ?


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                        • L’escarre : une maladie générale Le 23 août 2015 à 12:20 , par Michel

                          Bonjour, Karin, et merci de ces nouvelles.

                          Cette stabilité est surprenante : cela fera bientôt deux mois que cela dure, je pense que personne ne s’y attendait.

                          La raison ? Comme je vous l’ai déjà dit, nous ignorons ce qui a déclenché la crise, nous ne savons pas si ce facteur déclenchant a disparu. Il est donc difficile de faire des pronostics.

                          Cependant il reste étrange que, dans des conditions aussi précaires, l’affaiblissement ne progresse pas plus vite. Il y a là des mystères. L’expérience que nous avons est celle des grévistes de la faim des années 70, qui montrent que chez le sujet en bonne santé il faut six semaines pour que les choses se compliquent vraiment. Mais il est difficile d’extrapoler à une vieille dame en fin de course. Cela se voit, je le sais bien. Je me souviens de cette dame qui a cessé de boire une fin de mars, c’était la semaine de Pâques. Je me suis dit qu’on aurait du mal à passe la semaine. En fait d’évolution rapide, je lui ai porté le muguet, et elle a encore tenu une semaine.

                          Quant à la question du sens, elle est encore plus difficile, sans parler de celle ce que nous souhaitons réellement. Mais sur ce point il n’y a rien d’autre à faire que de prendre les choses comme elles viennent.

                          Un mot pratique pour finir : vous avez remarqué que ce forum a un défaut : les messages se décalent vers la droite, ce qui fait qu’au bout d’un certain temps ils deviennent illisibles. Je vous suggère donc, si vous postez un autre message, d’ouvrir un nouveau fil de discussion : cela nous permettra de tenir un moment.

                          Bien à vous,

                          M.C.


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  • escarre diabète septicémie Le 15 mai 2015 à 01:55 , par sandrine

    Bonjour,
    En effectuant des recherches sur l’état de ma grand mère je me retrouve sur votre article. Merci. Enfin je comprends pleins de choses.
    Combien même vous ne souhaitez pas vous engager sur certaines réponses, ce que je comprends, je voulais vous parler d’elle et ce que votre article m’a fait comprendre.

    Personne de 84 ans Alzheimer sévère (et même violent parfois) diabète problèmes cardiaques et un peu respiratoires ,dénutrie... tableau plus que noir. Nous le savons. Les escarres ayant atteint l’os (impossible à soigner du fait du diabète et de l’impotence) les médecins ont proposé l’amputation. Nous l’avons refusé ainsi que tout acharnement thérapeutique. Durant les moments de lucidité extrêmement rares de ma grand mère elle nous dit vouloir mourir. Ni le physique, ni la santé ni le mental ne sont là. La septicémie est déjà en route. Nous attendons donc qu’elle soit délivrée si je puis dire.
    Je n’aurai jamais pensé que les escarres étaient à ce point le reflet de l’état de santé de ma grand mère et votre article a décrit tellement de choses et m’en ont fait comprendre d’autres.
    Merci aussi d’avoir fait un article où quiconque peut comprendre sans avoir fait médecine.
    Bien à vous,
    Sandrine


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    • escarre diabète septicémie Le 15 mai 2015 à 19:20 , par Michel

      Bonsoir, Sandrine, et merci de ce message.

      Je crois que vous avez très bien compris la situation, et qu’en effet il n’y a rien à faire pour enrayer l’évolution. Et que c’est effectivement une délivrance que vous attendez. D’autant que j’attacherais la plus grande importance à ses propos sur son désir de mort. Les déments sont très lucides sur les questions essentielles de la vie et de la mort.

      La seule question qui se pose est celle de la douleur. Votre grand-mère a toutes les raisons du monde d’avoir mal, et elle ne saura pas forcément le dire (l’agressivité du dément est souvent liée à une douleur). Et si les médecins proposent une amputation en vue d’éviter, précisément, des douleurs insupportables, c’est à considérer. En tout cas il est important que vous puissiez discuter avec eux de la prise en charge de cette douleur ; si elle existe, bien sûr, car il arrive que des escarres, même profondes, ne soient pas douloureuses.

      Mais nous pouvons en reparler si vous le souhaitez.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Miel de thym Le 21 avril 2015 à 10:42 , par Françoise

    Bonjour,

    Je suis tombée sur votre blog en cherchant des informations sur les soins d’escarres avec du miel de thym. Le professeur Descottes au CHU de Limoges a fait des études sur son utilisation en matière de cicatrisation des plaies, en avez vous eu connaissance ? ,il semble que son utilisation se répande, avez vous changé d’opinion sur son utilisation ?

    Merci d’avance

    Françoise


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    • L’escarre : une maladie générale Miel de thym Le 22 avril 2015 à 17:08 , par Michel

      Bonjour, Françoise.

      Non, je n’ai pas changé d’opinion. Et je n’en changerai pas parce que je suis à présent retraité, et que je n’ai tout simplement plus aucun moyen de me faire une idée.

      Mais ce qui demeure, c’est le fond de mon raisonnement :
      - Les pansements modernes sont d’une efficacité remarquable et dépourvus de toute toxicité, ce qui ne pousse pas à chercher des techniques alternatives.
      - Ce qu’on met sur une escarre n’est nullement l’essentiel. Comme l’indique le titre de mon article, la seule chose réellement importante est de considérer l’escarre comme une maladie générale. En d’autres termes, il y a les malades dont on peut améliorer l’état général, et dont les escarres se fermeront de toute manière, quel que soit ou presque le pansement qu’on mettra dessus, et il y a ceux dont l’état général ne peut être amélioré, et dont les escarres ne se fermeront pas. Le reste relève de l’exception.

      Comme dans ce fichu métier, il y a toujours des exceptions, cela implique qu’on trouvera nécessairement des escarres qui se sont fermées avec du miel de thym et pas avec autre chose. Mais cela ne nous autorisera jamais à considérer que, globalement, le miel de thym est un progrès par rapport aux techniques classiques. Enfin, je crois.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 4 mars 2015 à 09:31 , par roumifarida

    Bonjour, voila ma fille âgée de 25 ans (spina bifida et hydrocéphalie) a un escarre à la fesse depuis 1 an maintenant, elle n à aucun appui donc elle est toujours en fauteuil,je suis allé consulter a l’hopital saint Louis un médecin pour avoir un avis et la on me dit qu’il faut une greffe de peau.....car l’escarre ne se refermera pas ou alors que se sera très long....... Qu’en pensez vous. Actuellement nous lui mettons de l’algo (mèche) compresse et du mepilex border. Merci de votre réponse.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 4 mars 2015 à 19:35 , par Michel

      Bonsoir, Farida.

      Je ne peux rien en penser, malheureusement. Et l’une des raisons est qu’on ne prend pas en charge de la même manière l’escarre d’un sujet jeune et celle d’un sujet âgé.

      Sur le principe, les greffes de peau dans les escarres sont une banalité, surtout chez les patients dont l’état général est relativement bon. Je ne suis donc pas du tout surpris de la proposition du médecin. Je dirais même que c’est une bonne nouvelle, car cela signifie qu’il a confiance dans l’"avenir, et cela vous permettrait d’échapper à une évolution désespérément longue. Mais pour vous en dire davantage il faudrait avoir vu la situation...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 3 mars 2015 à 14:31 , par TIANA

    Bonjour,
    Pourquoi on peut rencontrer des saignements au retrait des pansements de l’escarre ?


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    • L’escarre : une maladie générale Le 3 mars 2015 à 21:57 , par Michel

      Bonsoir, Tiana.

      Il n’y a guère que deux raisons envisageables.

      La première est rarissime : l’escarre peut saigner parce qu’elle est profonde et qu’elle atteint un vaisseau. Mais je n’y crois pas un seul instant.

      La seconde est que le pansement collait à la plaie, et qu’en l’enlevant on a créé le saignement. C’est toujours une mauvaise chose :
      - Parce que si on a fait saigner pour ce motif, cela signifie immanquablement qu’on a arraché du même coup toute la fine couche cellulaire que l’organisme avait déposée sur le fond de la plaie pour essayer de cicatriser.
      - Parce que si la plaie a saigné, cela signifie qu’on a mis en communication l’espace sanguin et la plaie ; or cette plaie est infectée. Cette infection est une bonne chose pour la plaie, car ce sont les bactéries qui ont mission de la nettoyer. Mais à condition que ces mêmes bactéries n’aillent pas se promener dans les vaisseaux sanguins, où elles risquent d’essaimer n’importe où.

      Il est donc capital de ne pas faire saigner les escarres (et cela interdit de faire des détersions mécaniques au bistouri, ce qui le plus souvent ne sert à rien et fait courir un risque majeur). Pour cela il faut :
      - Bien choisir son pansement, et bien le gérer. Les pansements de type hydrocolloïdes ou hydrocellulaires ne collent absolument pas à l’escarre, surtout si on prend la précaution de les utiliser comme il se doit : on les laisse en place jusqu’à ce qu’ils se décollent d’eux-mêmes. Rien ne m’agace plus que ces prescriptions de renouvellement des pansements tous les deux jours, ou tous les trois jours : il n’y a pas de périodicité, on les laisse en place tant qu’ils tiennent (et le critère le plus sûr de soin correct est la puanteur du pansement quand on l’enlève). Il faut bannir les autres pansements, ou tout au moins les réserver à des situations où, rien d’autre ne pouvant être utilisé (surface de l’escarre, localisation...) on doit se résigner par exemple à bourrer l’escarre de Biafine en recouvrant de compresses.
      - Et quel que soit le pansement qu’on a choisi, n’accepter aucun traumatisme quand on l’enlève. La solution la plus simple est de faire le soin en recouvrant la pomme de douche d’un gant de toilette et en laissant couler l’eau patiemment jusqu’à ce que le pansement se décolle. Rappelons que pour nettoyer une escarre le seul liquide qui ne soit pas absurde est l’eau du robinet.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 28 octobre 2014 à 22:19 , par Lilas

    Escarre Bonsoir.Mon ex mari souffrait d escarres au pied,ca durait depuis 1 petit moment,il a du etre hospitalise,j etais absente 10 jours et en rentrant j apprends que ce MR a subi 1 intervention et qu il etait ampute d une jambe,il est dans 1 etat moral lamentable a 66 ans.J ai appele le Dr qui m a donne peu d explications commen en etre arrive la ?Merci pour votre reponse


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    • L’escarre : une maladie générale Le 1er novembre 2014 à 14:38 , par Michel

      Bonjour, Lilas.

      Il n’est pas possible de vous répondre : il faudrait connaître le malade et l’avoir examiné.

      Ce qui me vient à l’esprit, c’est qu’il n’est pas logique d’amputer un malade pour une escarre, sauf si elle est devenue catastrophique. La première hypothèse à envisager c’est donc qu’il ne s’agissait pas d’une escarre, mais plutôt, par exemple, d’une obstruction des artères. Cela donne des plaies chroniques qui peuvent être confondues avec des escarres (d’ailleurs les soins locaux ne sont pas très différents) mais qui peut conduire à une évolution comme celle que vous constatez ; et à des amputations pour éviter une gangrène.

      Je ne crois donc pas qu’il y ait eu d’erreur de prise en charge. Le plus probable est qu’on vous avait mal informée au départ.

      Maintenant, sur le plan du moral, une amputation est toujours une lourde épreuve. Le plus souvent le malade finit par en comprendre la nécessité, et par s’y adapter. Mais C’est difficile.

      Et encore une fois, je parle d’un malade que je n’ai jamais vu, ce qui est toujours très risqué.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • escarre, diabète, TS et questions Le 21 octobre 2014 à 21:45 , par Zum

    Bonsoir,
    Comme promis, je viens vous donner des nouvelles.
    Ce sera purement factuel car c’est difficile.
    Mon grand-père a résisté à ce méchant staphylo. résistant.
    L’antibio "efficace" a été trouvé.

    IL est encore à l’hôpital mais devrait être transféré d’ici peu en maison de retraite médicalisée car l’hôpital n’est plus nécessaire et l’escarre y sera suivie. Elle n’a pas été opérée comme il l’a souhaité.

    J’ai pu aller le voir et cela fait un bien fou. On a parlé et beaucoup pleuré : on a fait plein de câlins.

    Il est très faible et refuse de s’alimenter donc son corps n’est pas assez fort pour se soigner. IL picore une ou deux bouchées pour nous faire "plaisir". Comme je crois le comprendre, se nourrir ou pas, c’est la seule chose qu’il peut choisir de faire en ce moment.
    Son moral est très bas. Bref, c’est dur mais c’est comme cela.

    Merci pour ce que vous avez apporté. Je ne sais pas s’il faut que vous publiez ce commentaire car je ne sais pas s’il pourra beaucoup apporter aux proches ou aux malades d’escarres mais je tenais à vous donner des nouvelles.


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    • escarre, diabète, TS et questions Le 22 octobre 2014 à 20:49 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      J’ai hésité à publier votre message, puisque vous vous demandiez si c’était opportun de le faire. Mais je n’ai pas réussi à vous joindre en privé, votre adresse est rejetée ; de toute manière je crois qu’au contraire votre message est très important.

      Car il illustre parfaitement la difficulté dans laquelle nous sommes. Franchement je n’aurais pas parié un sou sur la possibilité d’une amélioration (mais je n’y étais pas). Et j’aurais volontiers considéré que toute tentative pour reculer l’échéance s’apparentait à de l’acharnement thérapeutique.

      Et vous voyez de vos propres yeux que l’acharnement thérapeutique, ça marche.

      Ce n’en est pas moins de l’acharnement. Le problème c’est que nous avons une conception complètement dévoyée de ce qu’est l’acharnement thérapeutique :
      - Nous en parlons de manière a priori péjorative : il est significatif que même ceux qui le pratiquent disent qu’ils sont contre.
      - Nous en jugeons après coup : l’acharnement thérapeutique, c’est quand ça rate. Autant dire que les gagnants au loto ont eu raison de jouer.

      Ici, disons-le nous les yeux dans les yeux, nous espérions secrètement que la nature nous confirmerait dans notre position, et dans ce qui semble le désir du malade, et nous éviterait la situation incompréhensible dans laquelle nous sommes. Elle ne l’a pas fait. Mais qu’en est-il alors de la volonté du malade ? Que les médecins ne s’y soumettent pas, passe encore, mais la nature ? Et que devons-nous faire et penser ? Quelle victoire (oui, enfin, là aussi je préférerais voir ça de plus près) sur l’escarre si de toute manière le refus de vivre du malade est tel qu’il va parvenir à ses fins, ce sera simplement plus long ?

      Je crois qu’il faut que je mette à jour ce que je peux dire sur l’acharnement thérapeutique.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 27 septembre 2014 à 13:53 , par ANNETTE ANJUBAULT

    Bonjour,mon papa agé de de 76 ans souffre d’escarres aux fesses depuis maintenant 4 mois.Malgré des soins infirmiers tous les deux jours:pommade,pansements et une visite à une dermato qui a prescris depuis une semaine des antibiotiques et des pansements (comme une seconde peu).il se déplace très peu suite à des opérations des genoux.Il passe donc presque toute sa journée dans son fauteuil.la nuit il ne peut ou veut dormir que sur le dos 5du à son oids).Nous sommes impuissants car il a une peau très fine.le traitement semble fonctionner quelques jours mais après ça redevient purulent.Merci de vos conseils ??


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    • L’escarre : une maladie générale Le 28 septembre 2014 à 17:29 , par Michel

      Bonjour, Annette.

      Comme d’habitude, je dois vos mettre en garde : la situation de votre père est suffisamment complexe pour que les professionnels qui le voient ne s’en sortent pas ; dans ces conditions j’ai, moi qui ne l’ai pas vu, bien peu de chance de tomber juste. Je vais donc me contenter de généralités, en commentant ce que vous écrivez.

      Bonjour,mon papa âgé de de 76 ans souffre d’escarres aux fesses depuis maintenant 4 mois.

      Ce qu’il faudrait savoir, c’est comment elles sont apparues. Il s’est passé quelque chose qui a rompu son équilibre biologique. Ce quelque chose est-il guéri ? Quel est son état nutritionnel ? Quel bilan général a-t-on fait ?

      Car de deux choses l’une : ou il va bien, et il n’y a pas de raison pour quel les escarres ne guérissent pas, ou il ne va pas bien et tant qu’on n’aura pas normalisé sa situation générale les escarres ont peu de chances de se fermer ; surtout les escarres sacrées, pour lesquelles il est bien difficile de jouer sur les pressions.

      Malgré des soins infirmiers tous les deux jours:pommade,pansements

      Je n’aime pas cela. Les soins d’escarres ne se font pas à terme régulier mais quand c’est nécessaire, et cela dépend de l’évolution de chaque escarre. Il n’y a pas d’automatisme.

      et une visite à une dermato qui a prescris depuis une semaine des antibiotiques

      Je vais redire ce que j’ai déjà écrit :
      - Les bactéries sont indispensables à la cicatrisation de l’escarre. Une escarre qui n’est pas infectée est une escarre qui ne se fermera pas. C’est dire que la place des antibiotiques est très restreinte.
      - Quand on fait un traitement antibiotique c’est parce que l’escarre est colonisée par un germe qui ne devrait pas s’y trouver. Cela suppose qu’on ait fait un prélèvement bactériologique.
      - Quand il existe une infection nuisible, l’enjeu n’est pas tellement dans la plaie ; il est dans le fait que les bactéries ne manqueront pas de coloniser le sang. Le traitement antibiotique n’est presque jamais local, il s’administre par voie générale.
      - Les trois règles ci-dessus ont des exceptions.

      et des pansements (comme une seconde peu).

      Voilà le point essentiel : il existe plusieurs types de ces pansements, mais ce qui ressort de votre texte c’est que ces pansements ne sont essayés que depuis une semaine. Si c’est le cas, alors vous pouvez oublier tout ce qui s’est passé avant, et vous dire que le traitement a commencé la semaine dernière. S’il est correctement appliqué, alors vous pourrez juger les résultats dans, mettons six semaines.

      (...) le traitement semble fonctionner quelques jours mais après ça redevient purulent.

      Cela, c’est normal. Si les pansements de la dermatologue agissent, la première chose qu’ils vont faire c’est augmenter la prolifération bactérienne. Il en résulte que le pansement va se saturer de pus, et que quand on va l’enlever ce sera très moche et très malodorant. C’est un signe d’efficacité. Il faut d’ailleurs, non pas changer le pansement tous les deux ou trois jours mais le laisser jusqu’à ce qu’il sature. Il y a des situations où le pansement sature très vite ; dans ce cas il faut changer de catégorie de pansement ; il ne faut pas changer le pansement tous les deux jours, mais au contraire garder en tête que si le pansement ne peut pas rester en place au moins deux jours, alors cela ne marchera pas ; mais je crois que vous trouverez tous les détails nécessaires dans l’article L’escarre : le soin.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • escarre, diabète, TS et questions Le 21 septembre 2014 à 15:16 , par Zum

    Bonjour,
    Je suis tombée sur votre article, très intéressant. Je vous remercie pour l’avoir écrit.
    Mon grand-père, plus de 80 ans, a fait il y a 3 semaines une TS car il perd son autonomie (vision et audition) et a beaucoup de troubles sensitifs depuis des années. Il a été retrouvé chez lui le lendemain et hospitalisé. A l’hôpital, les docs ont remarqué un très fort diabète que nous ne connaissions pas et des escarres (déjà là, dues au diabète ou à la position lors de son inconscience ??? on ne sait pas)

    IL a été hospitalisé une semaine puis est passé en maison de convalescence dans le même hôpital.
    Actuellement, il est est incontinent, les escarres se sont aggravées et un staphylocoque doré s’est installé. Apparemment, il est résistant.

    IL est soulagé avec de plus en plus de morphine.
    Je viens de comprendre à la lecture de votre article que le pronostic n’était pas bon du tout. Me trompe-je ?
    Les docs nous ont demandé si nous souhaitions une opération pour ces escarres. Je ne comprends pas pourquoi on nous demande à nous ? POurriez-vous nous’aiguiller, SVP ? et que dire aux docs ?

    De plus, je l’aime très fort et j’aimerais savoir comment l’accompagner au mieux. D’avance merci.


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    • escarre, diabète, TS et questions Le 21 septembre 2014 à 20:51 , par Michel

      Bonsoir, et merci de ce message.

      C’est un gros risque que je prends à vous répondre : il faudrait connaître la situation de manière bien plus précise, et je n’ai pas assez d’éléments.

      Mais il y a deux points qui me semblent incontournables.

      1°) : Les escarres sont graves, et elles s’aggravent. Leur pronostic n’est donc pas bon ; et si les médecins vous demandent si vous souhaitez qu’on les opère, cela signifie qu’eux-mêmes n’y sont pas très favorables. Je les comprends.
      2°) : Votre grand-père a voulu mourir, et il a voulu mourir parce qu’il perd son autonomie. Il la perd parce qu’il est atteint d’une affection ou d’une série d’affections qui le rendent handicapé ; à supposer que ses escarres guérissent, le problème de fond resterait.

      Et si je suis très hostile à l’euthanasie, si je suis très réticent envers le suicide assisté, il n’en reste pas moins que la volonté de votre grand-père doit être respectée. Et que si rien n’a changé (c’est à vérifier:que dit-il ?) il ne souhaite pas être maintenu en vie. Je crois donc qu’il vous faut,si son état de lucidité le lui permet, lui expliquer la situation ; s’il décide, sa décision s’impose ; s’il ne décide pas, je serais tenté de vous recommander de ne pas aller trop loin dans les soins.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • escarre, diabète, TS et questions Le 22 septembre 2014 à 19:49 , par zum

        Merci pour votre réponse claire et si rapide.

        Mon père et moi, nous sommes dans la même optique que vous.

        J’avais juste besoin de savoir si nous avions bien compris ce que voulaient les médecins en nous demandant pour l’opération. Je ne sais pas s’il est conscient en ce moment pour donner son avis. J’aurai des nouvelles ce soir. Evidemment, s’il pouvait donner son choix, nous le suivrions et l’appuierions.
        C’est égoïste mais j’aimerais juste avoir le temps de lui dire "adieu".
        On verra si le "timing" me le permet.

        Je vous tiendrai évidemment au courant de la suite.

        Encore merci.


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        • escarre, diabète, TS et questions Le 22 septembre 2014 à 21:51 , par Michel

          Bonsoir, Françoise.

          Je comprends votre souci de lui dire adieu. J’espère que cela vous sera donné ; habituellement les circonstances le permettent, comme si le malade avait une marge de décision qui lui permet quand il le décide d’attendre la venue d’un proche.

          Mais de toute manière la façon dont vous voyez les choses, les décisions que vous prenez sont tellement à l’écoute de votre père que vous lui avez déjà donné tout ce qu’il fallait. Cela force l’admiration.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • escarre, diabète, TS et questions Le 22 septembre 2014 à 22:49 , par Zum

            Suite des nouvelles.

            (Je ne m’appelle pas Françoise mais c’est joli aussi ;-) et c’est mon grand-père qui est dans cet état : mon père et mon oncle l’accompagnent au plus près. La rectification n’est pas importante car dans le fonds cela ne change rien évidemment)

            Des nouvelles de ce soir :
            J’ai eu mon père au téléphone et nous avons échangé à propos de cette présente discussion et cela fait du bien. Merci.

            Pour mon grand-père : effectivement, je sais maintenant que, depuis vendredi, il a très peu de moments de conscience, c’est pourquoi comme vous nous l’expliquiez, la question de l’opération ne lui a pas été directement posée. Pour l’opération éventuelle, mon père et mon oncle ont répondu aux docs (mais avant que je voie votre réponse) comme vous nous l’avez conseillé.
            Les antibios à spectre très large ne sont pas (encore) efficaces.

            J’essaie de pouvoir faire le trajet vendredi.

            Encore merci et quoiqu’il arrive, je vous tiendrai au courant quand il y aura une évolution.

            Bien à vous.


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            • escarre, diabète, TS et questions Le 23 septembre 2014 à 18:17 , par Michel

              Pardonnez-moi, je crois qu’en effet j’ai ménagé deux mails.

              Mais je vois que nous sommes d’accord. Il me reste à espérer que tout se passera dans la paix et la dignité.

              Bien à vous,

              M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 24 mai 2013 à 23:13 , par Marie

    Bonsoir,

    Je vous contacte concernant mon grand-père âgé de 87 ans hospitalisé depuis 6 mois suite à une opération de fracture de la hanche. N’ayant pas du tout récupéré de cette opération, il ne peut plus marcher, est très amaigri et fatigué. Il ne peut rester que coucher ou assis (2-3h par jour MAXIMUM). Depuis maintenant plus d’un mois, il a contracté une escarre au sacrum qui est très avancée : purulente, elle a attaqué l’os. Il ne peut être opéré car les médecins pensent qu’il ne supporterait pas l’opération.

    Il faut également savoir que mon grand père a un rein qui ne fonctionne plus et a donc des défenses immunitaires très limitées.

    Y a t’il un espoir que cette escarre se "cicatrise" ou si la septicémie est à craindre ?.. En cas de septicémie nous redoutons évidemment son décès du fait de son état si faible...

    Qu’en pensez-vous ?

    Je vous remercie d’avance.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 26 mai 2013 à 21:37 , par Michel

      Bonsoir, Marie.

      Ce que vous décrivez est très inquiétant.

      Nous avons affaire à un sujet qui commence à être très âgé, et qui ne s’est pas remis d’une prothèse de hanche, opération pourtant bénigne. il est donc grabatisé et se dénutrit. Il a une escarre sacrée profonde.

      Je n’ai pas vu le malade. Une surprise est donc toujours possible. Mais si je devait décider sur ces éléments, je dirais que cette escarre ne se fermera pas. Pour qu’elle le fasse il faudrait deux choses au moins :
      - Qu’il remarche.
      - Qu’il soit renutri.

      Et pour qu’il remarche il faut qu’il soit renutri.

      Or il est inenvisageable de lui imposer une alimentation artificielle, qu d’ailleurs aurait fort peu de chances d’être efficace. Quant à la chirurgie, ce serait la seule carte à jouer. Certes, il ne faut pas dire : "Il ne supportera pas l’opération", car de toute manière il ne supportera pas davantage de ne pas être opéré ; mais il faut se dire que l’intervention a une chance infime de réussir, et que cette chance infime est à mettre en balance avec la probabilité, écrasante, elle, de lui infliger des souffrances inutiles.

      Dans ce contexte, la septicémie est effectivement un risque. Mais je crains que le pronostic ne soit de toute manière tellement sombre que ce risque n’en soit même plus un.

      Je vous souhaite tout le courage et la lucidité dont vous allez avoir besoin.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 25 mai 2012 à 18:34 , par boubou

    merci pour votre article qui permet de mieux comprendre la formation de escarres.
    Ma mère atteinte de la maladie d’Alzeimher depuis 10 ans n’a jamais eu d’escarres bien qu’alitée depuis 3 ans. En fevier elle ne voulait plus s’alimenter et là nous avons vu apparaitre des escarres au pied qui ont très vite progressé : niv 4. Necroses pieds ressemblant à un membre calciné. Depuis peu, c’est la jambe qui commence a être atteinte. Elle se nourrit uniquement de clinutrel environ 4 par jour + eau la nuit en perf.
    on m a parle du miel de thym : pensez vous qu’a ce stade on peut espérer quelque chose ? Comment faire ? Le dermato pense à une amputation : peut on la refuser ? je ne veux pas voir ma mère mutilée s’il ne lui reste que quelque mois à vivre . Femme agée de 89 ans - tres maigre. Merci de vos conseils.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 26 mai 2012 à 14:22 , par Michel

      Bonjour, Danielle.

      Si je résume ce que vous m’écrivez, il s’agit d’une vieille dame grabataire qui ne mange pas et a des escarres évoluées. Ajoutons que ce sont des escarres profondes, et qu’elles évoluent maintenant depuis plus de trois mois sans aucune tendance à l’amélioration.

      Dans ces conditions, et même sans avoir vu la malade, je ne vous encouragerais pas à l’optimisme :
      - La situation, jusqu’alors stable, s’est dégradée en février. Il y a donc eu un facteur déclenchant, mais nous ne savons pas lequel, et il est probable que nous ne le saurons jamais. Dans ces conditions il n’y a pas de moyen de savoir si ce facteur déclenchant est toujours actif.
      - Il n’y a aucune perspective d’améliorer l’état cutané en reverticalisant la malade.
      - Les apports alimentaires sont de 1 200 calories par jour, ce qui est dramatiquement insuffisant. Mais la situation n’incite pas à proposer une alimentation artificielle.
      - Le fait (là, je m’aventure) que vous me parliez d’une nécrose somme toute sèche et progressant vers le haut de la jambe fait se demander s’il n’y a pas une participation artérielle, auquel cas il faudrait envisager une chirurgie, avec des chances de succès voisines de zéro dans un tel contexte. Sauf avis médical contraire, je ne vous la conseillerais pas plus que l’alimentation artificielle.

      Je ne vois donc pas ce qu’on peut proposer de réaliste. En particulier aucun traitement local n’a la moindre chance d’être efficace.

      Se pose ensuite la question de l’amputation. Il y aurait une raison d’y penser : c’est que si la nécrose progresse, et notamment s’il y a vraiment une participation artérielle, alors l’amputation peut être la seule manière d’éviter les douleurs qui sinon ont toute chance de survenir.

      Mais tout cela demande à être prouvé, et seuls les médecins qui connaissent le cas précis peuvent réellement en parler.

      Merci de vos nouvelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 7 octobre 2011 à 19:01 , par lucie

    Merci. Ceci est très intéressant. lucie


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  • L’escarre : une maladie générale Le 9 décembre 2010 à 18:22 , par Aixur

    A mon avis, sans renier le fait que l’absence de micro-mouvements soit à l’origine d’un certain nombre d’escarres, c’est surtout la morphine qui est à l’origine du problème chez les patients en fin de vie. Et ça parce que ça provoque une hypotension. Hypotension qui ne permet alors plus à la peau de résister à la pression du siège ou du lit.

    J’en parle ici :

    http://www.repenser-la-medecine.com/quotidien/non-classe/morphine-et-escarres/

    Morphine qui doit d’ailleurs être à l’origine de la mort de très nombreuses personnes qui auraient certainement pu vivre bien plus longtemps (voir les autres articles sur la morphine sur mon blog).

    Évidemment, vu le coté ultra dissident de mon blog, il est généralement mal reçu par les professionnels de la santé. Donc, je ne me fais pas trop d’illusion sur votre réaction. Mais bon, on ne sait jamais...

    Mais en tout cas, merci pour votre article, ça m’a aidé à écrire le mien.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 11 décembre 2010 à 14:07 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      Je vais essayer de vous donner une réponse complète.

      Si vous avez eu la patience de lire les articles figurant sur mon site, il y a au moins deux choses qui ne vous ont pas échappé :
      - La première est que le mécanisme de formation des escarres me semble encore à élucider. La raison de cette remarque est qu’on a beaucoup de mal à comprendre, non pas pourquoi elles se forment mais bien plutôt pourquoi elles ne se forment pas.
      - La seconde est que la morphine ne me semble pas être un médicament anodin.

      Mais une fois cela dit, on n’a guère avancé.

      L’existence des micromouvements est tout sauf une théorie ; c’est d’ailleurs quelque chose que chacun peut observer, tout comme on peut aisément observer leur disparition chez le sujet grabataire. Ces micromouvements suffisent-ils à expliquer que nous ne faisons pas d’escarre ? Je ne le sais pas, et je n’ai pas d’argument à ajouter. Mais ce qui demeure c’est que nous n’en avons pas d’autre ; en particulier lorsque vous écrivez :

      Il doit y avoir certains mécanismes qui doivent permettre d’aller jusqu’à 60 mmHg,

      vous le pouvez, certes, mais à condition de trouver ces mécanismes. Par contre vous indiquez un élément fondamental dans la phrase qui suit :

      Donc, en bonne santé, rester longtemps assis ne poserait pas de problème.

      Et c’est bien cela : l’escarre est une maladie multifactorielle, et il ne suffit absolument pas d’un seul mécanisme pour expliquer son apparition.

      Mais parlons de la morphine.

      La morphine est tout à fait capable de favoriser la formation d’escarres. Mais pourquoi invoquer son effet hypotenseur ? Cet effet est particulièrement modeste, et à ce compte il faudrait incriminer la quasi-totalité des médicaments utilisés en soins palliatifs, qui sont bien souvent hypotenseurs (et quand ils le sont ils le sont bien plus que la morphine). Pour asseoir cette théorie (et j’emploie le mot à dessein, car quelles données d’observation apportez-vous à son appui ?) il faudrait démontrer qu’il existe une corrélation dans les faits entre leur effet hypotenseur et l’apparition d’escarres. Par contre vous méconnaissez complètement que la morphine est un produit sédatif, et que de ce fait elle diminue l’intensité des micromouvements (et comme cet effet sédatif disparaît en quelques jours, il est normal comme vous le notez vous-même, que la situation du malade puisse ensuite s’améliorer).

      Une fois qu’on a dit cela, on n’a toujours pas avancé. Car si, et je le maintiens, il ne faut prescrire la morphine que quand c’est nécessaire, il faut la prescrire quand c’est nécessaire. Je suppose que votre proposition n’est pas de se passer de morphine, laissant ainsi les malades mourir dans les douleurs qui les attendent, n’est-ce pas ?

      Donc il faut prescrire la morphine, chaque fois que c’est nécessaire. Quand on la prescrit chez des malades qui ne sont pas encore trop affaiblis, on n’observe pas particulièrement d’augmentation de la survenue des escarres. Et quand le malade est très affaibli, il a tant de motifs de développer des escarres qu’il est bien difficile de dire si la morphine a quelque influence que ce soit ; et même si elle en avait une, cela ne nous donnerait pas de moyen alternatif permettant de nous en passer.

      Reste un dernier point. Vous écrivez :

      L’utilisation de médicaments augmentant le taux de cortisol va s’opposer aux effets hypotenseurs de la morphine.

      Je ne sais pas à quels médicaments vous pensez. Ce que je sais en revanche c’est que l’élévation du taux de cortisol est un facteur majeur de destruction des protéines musculaires, et que la première chose qui va arriver au malade qui augmente son taux de cortisol c’est une dénutrition, dont on sait qu’il s’agit du facteur essentiel de production des escarres. C’est d’ailleurs ce que vous notez plus haut :

      Bien sur, il peut y avoir d’autres causes d’escarre. Par exemple, la prise de médicaments ayant un effet de type cortisone peut provoquer ce genre d’effet.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 18 novembre 2010 à 23:19 , par martine

    bonsoir,
    mon père s’est fait hospitalisé d’urgence le 22 octobre suite à un comportement perturbé car il devait se faire opéré d’une dilatation de l’artère le 15 novembre. Il était soigné pour une plaie à son pied à la maison qui ne guérissait pas. il a subit son opération ( la dilatation) le 25 octobre qui s’est bien passé. J’ai reçu un coup de téléphone de la clinique le samedi 30 octobre qu’il était tombé la veille et s’était cassé le col du fémur donc opération de retour. Celle ci s’est bien passé. 10 jours après le chirurgien qui l a opéré pour la dilitation de l’artère voulait nous voir car tout ce qu’il avait fait n’avait servi à rien . Ses artères se rebouchaient et la gangrène était là donc il fallait amputer sa jambe. Ce qui a été fait vendredi 12 novembre. Aujourd’hui, le 18 novembre, il a une infection urinaire et une escarre au talon et je se sais pas quoi en penser. J’aimerais savoir ce que vous en penser. En vous remerciant d’avance . Martine.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 19 novembre 2010 à 19:56 , par Michel

      Bonsoir, Martine.

      Vous me demandez ce que je pense de la situation. Malheureusement je ne peux pas en penser grand-chose : il manque des éléments importants, et il n’est pas certain que vous les ayez vous-même.

      Ce qui est manifeste cependant, c’est que votre père présente des facteurs négatifs. En particulier le fait qu’il ait été amputé rend bien problématique la rééducation de sa fracture. Le risque de grabatisation est donc majeur. En second lieu il n’est pas possible de rapporter son trouble du comportement (trouble lui aussi majeur puisqu’il a fallu l’hospitaliser) à la seule occlusion d’une artère des membres inférieurs ; il faut donc prévoir que le trouble du comportement a sa propre cause, ce qui pourrait compliquer la prise en charge ultérieure. Enfin on sait que si le trouble circulatoire est au point qu’il impose une amputation il y a un grand risque que les choses ne s’arrêtent pas là.

      Pour ces trois raisons, l’inquiétude qu’on sent facilement dans votre mail est tout à fait justifiée.

      Cela veut-il dire qu’il faut se désespérer ? Non, bien sûr : on a bien fait de l’opérer, et il vaut la peine de tenter la chance, car cette chance est réelle. Mais il y a du danger, et le résultat est loin d’être acquis.

      Je reste à votre disposition.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 21 octobre 2010 à 16:50 , par Françoise

    Bonjour,

    Ma maman est décédée le 21 septembre 2010 à l’âge de 84 ans.
    Elle était atteinte de la démence à corps de Lewy depuis 2004.
    En mars dernier son état de santé s’est aggravé : elle commençait à avoir des problèmes de déglutition, elle dormait beaucoup et ne pouvait plus parler.

    En août, elle est immobilisée (fauteuil et lit) et, elle souffre d’une escarre profonde au sacrum.

    Le personnel soignant de l’EHPAD nous précise qu’elle est en fin de vie, que l’escarre est due à la dénutrition (manque de protéine) et qu’elle est douloureuse lors des soins.
    Le médecin a prescrit de la morphine. Nous l’avons accompagnée pendant 3 semaines. Elle semblait sereine, mais je voudrais savoir si elle a souffert à cause de l’escarre.
    Je vous remercie.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 25 octobre 2010 à 21:17 , par Michel

      Bonsoir, Françoise.

      Je ne peux naturellement pas répondre à votre question : la douleur est un phénomène trop individuel.

      Mais je voudrais remarquer trois choses :
      - J’ai toujours été surpris d’observer que, contrairement à ce à quoi je m’attendais, les escarres très souvent sont peu douloureuses, y compris lors des soins.
      - Quand elles le sont la douleur réagit bien à la morphine ; cela ne prouve en rien que les doses qu’elle a reçues ont été adéquates, mais il n’y a pas de raison d’en douter.
      - Je suis un peu plus embarrassé sur les soins douloureux. Les soins d’escarre ne sont pas les mêmes selon qu’on espère la fermer ou non. Si on espère fermer l’escarre, alors il faut savoir adopter une attitude agressive, ce qui peut imposer des pansements sous anesthésie. Mais s’il s’agit d’une escarre chez un malade en fin de vie, il est indispensable de limiter les soins à ce qui est nécessaire pour le confort du malade. Il n’y a pas alors de geste douloureux.

      Si donc tout le monde a été réaliste, et si les doses de morphine ont été adaptées, alors le plus probable est que la douleur n’aura pas été pour la malade un problème majeur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 12 octobre 2010 à 14:46 , par MICHOT

    Bonjour

    ma grand-mère à 86ans, elle a son coeur trés affaibli, elle est suivi tous les 2 mois par son médecin traitant donc ça se maintient, par contre elle se déplace difficilement à cause de l’arthrose qui va l’immobilisé de plus en plus, elle est donc casiment toujours assise ou coucher. elle ne se léve que pour se laver se faire à manger et aller aux toilettes.... et du faite de son coeur trés faible elle a de l’eau dans les jambes qui sont gonflée depuis des années et porte des bas de contention, Depuis peu elle a une escarre au postérieur que le médecin lui fait soigner par une infermière tous les jours mais je la trouve pas trés en forme par rapport à quelques semaines
    qu’en pensez-vous ?


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    • L’escarre : une maladie générale Le 13 octobre 2010 à 22:52 , par Michel

      Bonsoir.

      Franchement, je n’en pense rien. Car il est trop difficile de vous répondre.

      Nous savons que votre grand-mère cumule les difficultés :
      - L’âge.
      - L’insuffisance cardiaque, qui perturbe la circulation générale, et naturellement aussi la circulation cutanée.
      - La grabatisation progressive, même si elle est encore très incomplète.
      - L’œdème.

      Ajoutons que comme elle ne bouge plus et qu’elle a des médicaments pour son cœur, elle n’a plus d’appétit et qu’elle se dénutrit.

      Tout est donc réuni pour qu’elle ait des escarres, et l’escarre sacrée est toujours celle que j’ai le plus redoutée.

      Mais la vraie question que vous posez est de savoir si sa baisse de forme est cause ou conséquence de l’escarre.

      Elle peut être une conséquence, par exemple si elle est douloureuse et que votre grand-mère refuse de vous le dire. La douleur est quelque chose de fatigant, et qui tout simplement empêche de dormir.

      Mais le plus souvent la baisse de forme est cause de l’escarre. C’est parce qu’il se passe quelque chose d’inhabituel que l’escarre se forme. Reste à savoir quoi, et à se demander si, une fois que vous saurez ce que c’est, vous y pourrez quelque chose. Mais je suppose bien que votre médecin y a pensé. Le mieux serait donc que vous lui posiez la question.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 30 décembre 2012 à 15:32 , par Mialet Yvette

      Ma mère (92 ans) a depuis peu une escarre au talon .
      On ne les lui a pas mis de 2 jours et des plaques rouges apparaissent sur une de ses jambes la faisant souffrir.
      Doit on lui remettre ses bas ?
      merci de votre reponse


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      • L’escarre : une maladie générale Le 1er janvier 2013 à 20:24 , par Michel

        Bonsoir, Yvette, et merci de votre message.

        La réponse n’est pas commode, car tout dépend de la nature de la plaie, et ce n’est pas évident.

        Pour améliorer une escarre, il faut du sang qui circule correctement. Si votre mère porte des bas de contention, c’est qu’elle a un problème veineux ; si c’est le seul problème circulatoire, alors il est logique de penser qu’en mettant des bas de contention on va améliorer la situation.

        Mais il y a une difficulté : est-ce le seul problème circulatoire ? S’il y a une composante artérielle, par exemple, les bas vont l’aggraver. Autant dire que la décision ne va absolument pas de soi, et qu’il faut un regard médical sur place pour dire ce qu’il en est. Tout ce que je peux dire c’est qu’une plaie du talon est très probablement, en effet, une escarre, ce qui laisserait plutôt supposer qu’en effet les bas seraient bénéfiques. Mais c’est, je vous le redis, une décision à prendre au cas par cas.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 7 octobre 2010 à 22:14 , par So

    Je vous remercie pour vos réponse nous sommes content car son escarres de referme et semble moins douloureuse.comme je vous le disait nous la changeons de position jour et nuit la méthode canoë est plus efficace ou nous devons toujours fait les changement de position ? Nous avons besoin de complément d information car nous avons essayer mais cette partie du texte nous n’avons pas réussi : "Vous placez alors le drap : le milieu du drap est à la hauteur de l’épine dorsale ; une moitié du drap est en accordéon dans l’angle entre le lit et le corps de la patiente, l’autre moitié est sur son flanc droit ; puis vous calez le traversin en long : il part de l’épaule gauche de la malade de descend le plus bas possible.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 7 octobre 2010 à 23:36 , par Michel

      Bonsoir.

      Je suis heureux que les choses s’arrangent : votre description était très inquiétante, et je n’envisageais guère une telle amélioration.

      Il est en effet triste que je n’arrive pas à vous expliquer quelque chose que vous comprendriez en un éclair si je vous le montrais. Mais je vais encore essayer.

      Quand vous avez réalisé votre canoë, vous devez vous trouver avec deux traversins parallèles, séparés de quelques centimètres, et enfermés dans le drap : le drap passe dessus et il est replié sous les traversins de manière à les empêcher de s’écarter. Et le malade repose sur ses traversins, les épaules sur le haut de ces traversins et les hanches sur le bas. généralement ils sont assez longs pour soutenir les cuisses, sinon on complète avec des oreillers.

      Donc une fois que vous avez mis le malade sur le côté, vous allez pouvoir placer le premier traversin de manière que, quand le malade reviendra sur le dos, ce traversin supporte son omoplate gauche, ses côtes gauches, et la partie gauche de son bassin.

      Mais le drap, il faut le mettre. Vous allez donc placer le drap contre le dos du malade, en veillant à laisser suffisamment de longueur de drap pour pouvoir le replier sous le traversin quand vous aurez fini d’installer le malade sur le dos. Si vous ne faites pas cela, quand vous aurez placé vos deux traversins il vous restera de votre côté assez de drap pour en enfouir sous le traversin de droite, mais votre collègue de l’autre côté n’aura pas assez de drap pour faire la même chose. Et si les traversins ne sont pas enfermés dans le drap, ils s’écartent et le malade se retrouve sur le matelas.

      N’hésitez pas à me questionner encore, jusqu’à ce que ce soit clair.

      Par contre il est facile de répondre à votre autre question : en principe il n’est pas utile de changer la malade de position, car l’intérêt du canoë est de limiter considérablement les pressions sur la peau, surtout au niveau du sacrum qui se trouve totalement dans le vide. Après il faut bien sûr ajuster ce principe en fonction de ce que vous verrez sur la peau.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 3 octobre 2010 à 12:59 , par sophie

    bonjour je suis amp au sein d’une unite alzheimer nous accompagnons une dame en fin de vie depuis plusieurs mois et malheuresement depuis deux semaines un escarres commence a se former au sacrum malgre nos changes tres reguliers et les changements de positions toutes les trois heures ainsi qu’un matelas a air cela depuis plusieurs mois.Cette dame mange relativement bien mais nous nous battons avec les cuisines qui non tendance a ne lui preparer essentiellement des legumes mixes elle a donc peut de viande ou de poisson dans son alimentation, qu’elle est l’alimentation recommander pour que l’escarres puisse guerir car ce n’est qu’un debut ?les infirmieres lui met un pansement cicatrisant assez epait.je suis a la recherche de la position canoe, comment installe t-on la personne dans cette position, es-ce recommander au vue de la situation ?merci de me dire surtout pour cette methode si cela peut soulager la personne que l’on accompagne


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    • L’escarre : une maladie générale Le 4 octobre 2010 à 21:14 , par Michel

      Bonsoir, Sophie.

      Il suffit de lire votre message pour sentir que vous faites vraiment tout ce que vous pouvez ; et pourtant, cela ne suffit pas. C’est très injuste, mais c’est le mystère de l’escarre : nous savons qu’il y a des stratégies qui limitent le risque d’apparition des escarres ; mais pour un patient donné, rien ne permet d’être à l’abri, et les meilleures équipes sont mises en échec, sans qu’on puisse dire pourquoi. Et cette impression d’injustice est renforcée par le fait que les escarres surviennent souvent de manière très brutale, sans explication.

      Mais il y a pire : si on sait à peu près ce qu’il faut faire pour tâcher d’éviter les escarres, on sait beaucoup moins ce qu’il faut faire pour aider à leur guérison une fois qu’elles sont là.

      Alors, lisons votre mail.

      nous accompagnons une dame en fin de vie depuis plusieurs mois

      J’ai envie de vous dire que si vous faites cet accompagnement depuis plusieurs mois auprès d’une démente en fin de vie, c’est déjà un très beau résultat. Il se peut que vous soyez au bout du bout.

      et malheureusement depuis deux semaines une escarre commence a se former au sacrum

      Je suis un peu étonné : une escarre sacrée qui évolue depuis quinze jours, cela devrait avoir déjà une vilaine allure. En tout cas ce n’est plus un début.

      malgré nos changes très réguliers et les changements de position toutes les trois heures

      Oui, mais la nuit ? C’est la nuit que les choses se dégradent, tout simplement parce que les équipes de nuit n’ont pas les moyens de faire ce que vous faites de jour.

      ainsi qu’un matelas a air cela depuis plusieurs mois.

      Ces matelas ont une efficacité limitée ; et encore : il faut qu’ils soient de très bonne qualité, et alors ils sont très chers.

      Cette dame mange relativement bien

      Ici, je serais plus exigeant : une dame qui a un problème d’escarre, il faut me dire non pas qu’elle mange relativement bien mais qu’elle mange xxx calories. On ne peut rien apprécier si l’équipe soignante n’a pas fait un bilan nutritionnel dans les règles.

      mais nous nous battons avec les cuisines qui ont tendance a ne lui préparer essentiellement des légumes mixés

      Je lis bien que ce sont les cuisines qui décident de ce que mangent les résidents ??

      elle a donc peu de viande ou de poisson dans son alimentation,

      C’est évidemment absurde. Mais le plus important est l’apport calorique global : si déjà elle a suffisamment de calories pour cesser de consommer ses propres protéines... Après il y aurait moyen d’acheter des protéines en poudre, comme celles qu’on trouve dans les magasins de sport, et les mélanger à son mixé. Mais cela ne dispense pas de rappeler à l’ordre l’équipe de cuisine.

      quelle est l’alimentation recommandée pour que l’escarre puisse guérir car ce n’est qu’un début ?

      Comme je vous l’ai dit : avant tout des calories, et s’il y a des protéines, tant mieux. Malheureusement je vous le redis : je doute que cela suffise.

      les infirmières lui met un pansement cicatrisant assez épais.

      Très bien.

      je suis a la recherche de la position canoë, comment installe t-on la personne dans cette position, es-ce recommander au vue de la situation ?merci de me dire surtout pour cette méthode si cela peut soulager la personne que l’on accompagne

      Ce serait bien plus simple si je pouvais vous faire un dessin, mais c’est impossible. Je vais donc essayer de vous décrire ce qu’il faut faire.

      La position canoë suppose que la patiente ne soit pas trop recroquevillée.

      Prenez :
      - Deux traversins.
      - Un drap plié ou une grande alèse.
      - Plusieurs oreillers.
      - Une collègue.

      Votre collègue se place à la gauche de la malade ; elle met un genou sur le lit (pour éviter de se faire mal) ; elle saisit la malade par l’épaule et la hanche droites et l’attire à elle, jusqu’à ce que la patiente soit strictement de profil.

      Vous placez alors le drap : le milieu du drap est à la hauteur de l’épine dorsale ; une moitié du drap est en accordéon dans l’angle entre le lit et le corps de la patiente, l’autre moitié est sur son flanc droit ; puis vous calez le traversin en long : il part de l’épaule gauche de la malade de descend le plus bas possible.

      Vous installez ensuite le second traversin sur le lit, de façon que quand la malade reviendra sur le dos elle ait un traversin de chaque côté de son épine dorsale. Vous allez alors ramener la malade sur le dos.

      Si vous réussissez l’ensemble de cette manœuvre, vous voyez que la malade repose sur le drap, puis sur les traversins, qui dessinent une sorte de canoë. Il ne vous reste plus alors qu’à prendre les bords libres du drap et les enfoncer profondément sous les traversins : si vous ne le faisiez pas, ils auraient tôt fait de s’écarter. Mais de cette manière vous avez un dispositif autobloquant.

      Et avec les oreillers vous allez finir de caler votre malade : sous la nuque, car elle est dans le vide ; sous les mollets, car les traversins ne sont pas assez longs, etc.

      Voilà ; c’est simple, et c’est une des multiples trouvailles d’Yves Gineste.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 1er octobre 2010 à 07:09

    Bonjour,

    Je souhaiterais savoir quelles sont les raisons qui indiquent qu’une chirurgie des escarres est nécessaire.

    Merci,

    Sophie


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    • L’escarre : une maladie générale Le 1er octobre 2010 à 17:38 , par Michel

      Bonjour, Sophie.

      Il me semble que les indication de la chirurgie dans les escarres sont restreintes.

      La condition essentielle est qu’on espère guérir l’escarre. Autrement dit il n’y a aucune indication en fin de vie. Allons plus loin : cette chirurgie suppose que tous les autres problèmes ont été résolus.

      Dans ces conditions on peut proposer une intervention dans le cas d’une escarre dont la profondeur menacerait une structure essentielle (vaisseau, tendon), ou qui aurait entraîné une lésion osseuse qui risquerait de compromettre toute cicatrisation. On pourrait encore opérer une escarre profonde et étendue chez un sujet par ailleurs en grande voie d’amélioration, car cela permettrait de hâter la guérison.

      En d’autres termes je ne conçois guère le traitement chirurgical d’une escarre que dans trois situations :
      - Le patient somme toute jeune mais grabataire (tétraplégique par exemple), dont l’état général est par ailleurs bon.
      - Le malade qui a fait une escarre lors d’un séjour en réanimation, mais qui est guéri de tout le reste.
      - D’autres situations, mais qui sont totalement exceptionnelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 26 mai 2010 à 12:24 , par hanane

    je veux savoir est ce que les escarres peuvent cause la mort ?


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    • L’escarre : une maladie générale Le 26 mai 2010 à 21:22 , par Michel

      Bonsoir, Hanane.

      Non, on ne peut pas dire cela.

      Il faut distinguer deux types de situations.

      Il y a le malade qui est atteint d’une pathologie aiguë, réversible, et qui pour une raison ou pour une autre a fait une escarre. Celui-ci doit guérir de son escarre. Dans ces conditions, on pourrait admettre de dire que l’escarre fait courir un risque de dénutrition, un risque d’infection, et il pourrait arriver par exemple qu’une escarre infectée provoque une septicémie fatale alors que le sujet n’avait pas d’autres raisons de mourir.

      Mais c’est là une situation rare. La quasi-totalité des escarres se rencontre chez des malades gravement affaiblis, le plus souvent en fin de vie. Chez ces patients l’escarre n’est que la manifestation la plus criante de leur affaiblissement, et il n’y a aucun sens à dire qu’ils mourraient de leur escarre. Dire que les escarres provoquent la mort, c’est simplement inverser les choses.

      Cela ne veut pas dire qu’il faut négliger les escarres ; mais cela veut dire qu’il faut proportionner le soin au résultat qu’on en attend, et en particulier qu’il ne faut jamais, quand on ne compte pas guérir une situation, que le soin soit plus pénible que ce qu’il soigne.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 29 avril 2010 à 15:55 , par Arlésienne

    Bonjour,

    Ma belle-mère de 79 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis 7 ans, et grabataire souffre d’une escarre très profonde du sacrum .

    Elle est très dénutrie , en cachexie et ne communique plus .
    Elle présente de la fièvre dès l’arrêt des antibiotiques .

    Les soignants de l’institution s’acharnent en renouvellant sans cesse l’antibiothérapie, en méchant l’escarre et refusant de donner des morphiniques sous prétexte qu’elle "dort" déjà beaucoup !

    Que pensez-vous de cette attitude et quel serait votre pronostic devant ce tableau clinique ?

    Merci de votre réponse


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    • L’escarre : une maladie générale Le 29 avril 2010 à 19:48 , par Michel

      Bonsoir.

      Il me faut être très prudent.

      Car le tableau que vous faites de la situation est sans appel. Ce qu’il évoque, c’est une dame relativement âgée, qui ne mange plus, ne bouge plus, ne parle plus, bref un dément grabataire en fin de vie ; vous ajoutez qu’elle présente une infection chronique (que la dénutrition n’arrange évidemment pas) ; vous décrivez une escarre qui est probablement stade IV, et qui de surcroît est la plus mal placée qui soit.

      Et en face vous décrivez une équipe qui se comporte comme si la malade n’était pas en fin de vie, qui la soigne comme si elle allait pouvoir refermer l’escarre, et qui semble sous-estimer l’importance des douleurs.

      Alors évidemment, si on en reste là, il n’y a qu’une seule réponse : il est temps de s’orienter vers une prise en charge palliative, réduire les soins de l’escarre à ce qui est strictement nécessaire pour le confort de la patiente, traiter la douleur quelles qu’en soient les conséquences, et se préparer à ce qui est inéluctable.

      Mais... et si votre analyse était trop pessimiste ?

      Il se peut que l’analyse des apports nutritionnels montre que les choses ne sont pas si compromises qu’il y paraît. Il se peut que, même très profonde, l’escarre ne soit pas douloureuse. Il se peut que, même mutique, la malade donne des signes de communication qui permettent de la créditer d’une vie de relation non nulle. Cela se produit. Et moi, je ne l’a pas vue.

      Il me semble que la seule position correcte sur le plan éthique est de demander une réévaluation de la situation. Les choix il faut les faire non pas sur une impression, si terrible soit-elle, mais sur des faits quand il y en a.

      Nous avons des moyens d’analyser la douleur chez le sujet non communiquant. Nous avons des moyens de dire quel est l’état nutritionnel ; j’ajoute ici quel est le statut immunitaire de la patiente. Nous avons des moyens de dire si la patiente est définitivement grabataire, ou s’il y a des solutions, même difficilement applicables.

      Je vous conseillerais donc de demander, voire d’exiger une réévaluation de la situation ; je serais rassuré de savoir que votre belle-mère a été adressée dans un service de gériatrie avec mission de faire un pronostic et de dire si la situation est devenue palliative.

      Après vous pourrez demander une discussion éthique dans la maison de retraite.

      Évidemment cela ne sera possible que si l’équipe l’accepte. Mais si elle ne l’accepte pas, rien n’est possible.

      Je serais fier d’être tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 25 février 2010 à 18:14 , par DELIERE JACQUELINE

    Bonsoir,
    Ma maman (75 ans) est tombé dans le coma après 4 jours dans une clinique ou elle était rentré pour une douleur du genou (fin Novembre 2009), 10 jours de réanimation puis soins de suite, un jour de visite on m’annonce que maman est au bloc pour une opération de son escarre. Le médecin m’informe que sa plaie au bas du dos est de la grandeur d’un calendrier de la poste sur 3 cm de profondeur.Aujourd’hui elle est dans une maison médicalisée, l’autre jour j’ai voulu assisté à ses soins mais l’infirmière n’a pas voulu J’ai vu le matériel qu’elle avait préparé on aurait dit des mèches et quel que chose de rond. Je lui ai demandé a quoi cela pouvait servir elle m’a répondu "pour les odeurs".Pouvez vous me donner des explications sur ce pansement ? Maman me dit que sa douleur est de plus en plus forte cela veut il dire que cela se guérit ou l’inverse ? Il faut dire qu’elle est sous oxygène et à une anémie. En Novembre les médecins nous donnaient un délai de 2 mois, là je trouve qu’elle va de mieux en mieux, Je ne sais quoi penser.
    Cordialement


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    • L’escarre : une maladie générale Le 28 février 2010 à 07:37 , par Michel

      Bonjour, Jacqueline.

      Comme toujours je vous dira d’abord qu’il est très dangereux de vouloir donner des avis médicaux sur une patiente qu’on n’a pas vue. Tout ce que je vais faire, c’est raisonner en fonction des éléments que vous m’avez donnés, en ne perdant pas de vue qu’il y en a d’autres, et que je ne les connais pas. Par exemple il y a la question cruciale de l’état nutritionnel.

      Ma maman (75 ans)

      Ce n’est pas très âgé.

      est tombée dans le coma après 4 jours dans une clinique ou elle était rentrée pour une douleur du genou

      Il s’est donc passé quelque chose. Que vous a-t-on dit ?

      (fin Novembre 2009),

      Cela fait donc trois mois. L’état de votre mère est au minimum stabilisé.

      10 jours de réanimation puis soins de suite, un jour de visite on m’annonce que maman est au bloc pour une opération de son escarre.

      C’est-à-dire combien de temps après le début ? On opère assez peu les escarres. Pour le décider il faut qu’elles soient profondes, et il faut aussi que les autres problèmes soient réglés (par exemple il ne sert à rien d’opérer l’escarre d’un malade qui ne mange pas).

      Le médecin m’informe que sa plaie au bas du dos est de la grandeur d’un calendrier de la poste sur 3 cm de profondeur.

      Outre que ce médecin n’a pas vu un calendrier de la poste depuis longtemps, ce type de réponse fait penser à quelqu’un qui est tout de même dans un certain désarroi.

      Aujourd’hui elle est dans une maison médicalisée, l’autre jour j’ai voulu assister à ses soins mais l’infirmière n’a pas voulu.

      Cela ne veut pas dire qu’elle a voulu vous cacher quelque chose. La plupart des professionnels (et c’est mon cas) se sentent très mal à l’aise quand ils doivent faire des soins techniques sous le regard d’autrui ; par ailleurs il est certain que le spectacle d’une escarre n’est pas très agréable.

      J’ai vu le matériel qu’elle avait préparé on aurait dit des mèches et quel que chose de rond. Je lui ai demandé a quoi cela pouvait servir elle m’a répondu "pour les odeurs". Pouvez vous me donner des explications sur ce pansement ?

      Il s’agit effectivement de mèches, et peut-être de pansements au charbon. Ici nous pouvons tirer quelques conclusions :
      - Si on en est encore à mécher, c’est que l’opération de l’escarre n’a pas donné tous les résultats qu’on espérait.
      - Si l’escarre est malodorante, cela ne veut pas dire qu’elle est infectée, mais cela signifie en général qu’elle suinte beaucoup. Cela n’a pas forcément de signification péjorative, mais cela signifie en tout cas que la guérison est encore très loin.

      Maman me dit que sa douleur est de plus en plus forte cela veut il dire que cela se guérit ou l’inverse ?

      Cela n’a pas de signification pronostique. Par contre cela indique qu’il faut calmer sa douleur. Que fait-on à ce sujet ?

      Il faut dire qu’elle est sous oxygène et à une anémie.

      Pourquoi ? S’agit-il de son état habituel ou des conséquences de ce qui s’est passé à la clinique ?

      En Novembre les médecins nous donnaient un délai de 2 mois, là je trouve qu’elle va de mieux en mieux, Je ne sais quoi penser.

      Déjà il faut en penser qu’il ne faut jamais faire de pronostics de cette nature : la médecine n’en a pas les moyens.

      Qu’est-ce qui vous fait dire qu’elle va de mieux en mieux ? Il est tout à fait possible que vous ayez raison, et on voit de ces situations qui semblent précaires et qui en fait aboutissent à un équilibre étrange mais durable. La seule question qui se pose alors est celle du confort de la personne.

      Merci de me tenir au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 24 février 2010 à 22:08 , par céline

    Bonsoir,
    Mon mari a eu un accident de la route en 2003 alors qu’il était agé de 31 ans. Il est rester a l’hopital pendant plus deux mois et a contracter une escarre au talon. Elle était profonde jusqu’a l’os. A l’heure d’aujourd’hui elle est refermée mais la peau morte continue de pousser. Il l’a coupe environ tout les dix a quinzes jours sinon ça le gène pour se chausser et c’est douloureux.
    Ma question est : pouvez-vous me dire combien de temps faut il compter pour que cette escarre disparaisse complètement et est ce qu’il existe un pansement autre que le "Tielle" pour la résorber ?

    Cordialement et merci d’avance pour votre réponse.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 28 février 2010 à 07:17 , par Michel

      Bonjour, Céline.

      Il n’y a pas beaucoup de littérature sur les problèmes du genre de celui dont vous me parlez.

      Tout ce que je peux dire, c’est que l’escarre est guérie. Le processus qui conduit à la fabrication de ces peaux mortes en excès est lié à une qualité particulière de la peau qui a repoussé au moment de la guérison de l’escarre, et si cela fait plusieurs années que la chose dure il n’y a pas de raison de penser que cela va s’arranger.

      Par contre il y a certainement plus simple, et peut-être moins dangereux que de couper ces productions de corne en excès : il existe des pommades, notamment à l’acide salicylique, qui permettraient un décapage plus doux. C’est à voir.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 23 janvier 2010 à 09:34

    Peut-on traiter une escarre de la maléole avec du miel de thym ?


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    • L’escarre : une maladie générale Le 23 janvier 2010 à 12:45 , par Michel

      Bonjour.

      Sur votre question telle qu’elle est posée, il y a quelques éléments de réponse.

      La première qu’il faut avoir en tête, c’est que nous n’avons à ma connaissance aucune étude comparative de cette technique par rapport à celle de la détersion humide telle que je la décris. Allons plus loin : je ne connais pas d’étude (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas) évaluant l’efficacité du miel de thym. Le scientifique ne peut parler de ce qu’il sait, et il ne peut donc recommander que la première méthode.

      Cela dit, on peut également raisonner en théorie.

      Le miel de thym est composé :
      - De sucre.
      - De substances issues du thym.
      - D’autres substances.

      Sur ces autres substances, je ne sais rien. Je n’ai jamais entendu dire qu’il y ait des études prouvant que telle ou telle aurait une efficacité sur les escarres.

      Par contre le sucre a été utilisé. Il agit en partie en absorbant les sécrétions, en partie en modifiant l’écosystème bactérien. Il y a quelques études, et on peut parler d’efficacité démontrée. Mais à ma connaissance cette efficacité est incomparablement plus faible que celle des pansements modernes, et la technique du sucre suppose une bonne dizaine d’applications par jour, ce qui est tout de même bien peu commode.

      Et le thym ? A ma connaissance le thymol est utilisé pour ses propriétés antiseptiques. Mais cela pose un double problème :
      - L’essence de thym est un antiseptique, mais c’est un très mauvais antiseptique. En gros il permet d’éliminer 99% d’une population bactérienne tout venant ; pas mal, n’est-ce pas ? Eh bien non : un antiseptique commence à devenir intéressant quand il élimine 99,99% des bactéries, c’est à dire qu’un antiseptique qui ne serait pas 100 fois plus puissant que l’essence de thym ne serait pas autorisé à la vente. Et nous parlons de l’essence de thym : les abeilles ne butinent pas des bouteilles d’essence, et le miel n’est qu’une partie de leurs propres sécrétions. En d’autres termes la concentration de thymol dans le miel de thym a toute chance d’être négligeable.
      - Mais surtout, n’oublions pas le principe essentiel : quand on veut guérir une escarre, on s’abstient d’influer sur la population bactérienne.

      Dans ces conditions la réponse est très claire :
      - Il est probable que le miel de thym n’a pas d’efficacité.
      - S’il en avait une, elle serait nuisible.

      Mais il faut observer que la méthode de la détersion humide n’utilise aucune substance chimique ; les produits utilisés n’agissent que par leurs propriétés physiques, ils n’entrent pas dans la plaie, ils n’ont aucune toxicité. Dans ces conditions on se demande pourquoi il faudrait chercher des solutions alternatives, surtout si lesdites solutions n’ont pas d’argument pour faire croire à leur efficacité...

      Mais cet avis n’est pas définitif : quand on publiera des études, surtout si elles obéissent aux règles des études scientifiques, j’ajusterai mon opinion. Ces études sont faciles à faire, de sorte qu’on ne comprend pas pourquoi on s’en dispenserait.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 20 octobre 2009 à 17:18 , par ikbel

    bonjour je suis ikbel de tunisie ma belle mere a eu une avc en juin 2009 et depuis 1 mois elle a eu plusieurs escarrets ( dos fesses talon ....elle est sous traitement du pansement hydrocolloide est qu’ elle peu guerir ?


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    • L’escarre : une maladie générale Le 21 octobre 2009 à 20:48 , par Michel

      Bonsoir, Ikbel.

      Il serait trop dangereux de vous répondre : vous pensez bien qu’on ne peut faire un pronostic que si on dispose de tous les éléments.

      Votre belle-mère peut-elle guérir ? A la question posée sous cette forme il est évident que la guérison est toujours possible ; d’ailleurs si on pense qu’elle ne peut pas guérir, alors pourquoi essaie-t-on de le faire ?

      Maintenant il ne faat pas se cacher les points négatifs :
      - C’est une dame qui a fait un AVC voici plus de quatre mois et qui n’a visiblement pas assez récupéré pour avoir une mobilité lui permettant d’éviter les escarres.
      - Les escarres ont débuté il y a un mois et elles ne sont pas guéries ; il ne s’agit donc pas d’un problème temporaire.
      - Les escarres sont multiples : l’état général de la malade est donc plus en cause que sa mobilité.

      Non, cela n’est pas très bon signe.

      Quant à dire que la situation est sans espoir, c’est Dieu merci une autre affaire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 20 août 2009 à 15:13 , par leilou

    Bonjour, je suis étudiante en soins infirmiers de 3ème année.

    Durant ma formation j’ai pu constater que les soins d’escarres relèvent plus de la pratique que de la théorie même si celle-ci a indéniablement un lien indéfectible avec l’empirique. Cependant les IFSI ne nous apprennent pas grand chose là dessus c’est pour cela que je me tourne vers vous.

    J’ai eu l’occasion de faire 2 stages en libéral et j’en ai appris 1000x plus qu’à l’hôpital s’agissant des plaies et cicatrisation. On m’a toujours dit (notamment des infirmiers ayant un DE en plaies et cicatrisation et des médecins) que la fibrine en excès empêchait une cicatrisation efficace et que sous la croute, on ne sait jamais ce qui s’y cache si on ne nettoie pas (pue...) . Le plus difficile c’est bien entendu de trouver un équilibre entre la détersion et le bourgeonnement de la plaie.

    Ma question est les désinfectants ne sont ils pas un frein au bourgeonnement ? N’ont ils pas pour conséquence d’en plus affecter la flore naturelle de "décaper" le bourgeonnement ?

    J’ai parfois également vu des infirmières appliquer de la crème type convene dans une escarre profonde indemne d’infection. Mais dans tous les cas (infection ou pas), est-ce que cela ne risque pas de créer un bouchon dont le taux d’humidité et les germes qu’il renferme risquent de favoriser une infection ? On ne sait pas après tout quels germes nous collons à la plaie puisque nous n’utilisons pas de gants stériles dans ce type de plaie et que le risque 0 n’existe pas malgré pinces et compresses stériles.

    Merci sincèrement d’avance.


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    • L’escarre : une maladie générale Le 22 août 2009 à 07:15 , par Michel

      Bonjour, Leilou, et merci de votre message.

      Vous posez très bien le problème de l’escarre et des enseignements qu’elle implique. Beaucoup de notions couramment enseignées ne relèvent ni du savoir théorique, ni du savoir empirique, mais de l’idée préconçue, quand ce n’est pas de la pensée magique.

      On m’a toujours dit (notamment des infirmiers ayant un DE en plaies et cicatrisation et des médecins) que la fibrine en excès empêchait une cicatrisation efficace et que sous la croûte, on ne sait jamais ce qui s’y cache si on ne nettoie pas (pus...). Le plus difficile c’est bien entendu de trouver un équilibre entre la détersion et le bourgeonnement de la plaie.

      C’est vrai. Le problème est que nous plongeons immédiatement dans la pensée magique : la fibrine en excès gêne la cicatrisation, c’est probablement exact ; mais personne ne sait dire quand la fibrine devient en excès. Quant à la croûte, c’est plus facile : de quoi parle-t-on ? de plaque de nécrose sèche ? Si vous y posez simplement la pince, vous allez vite voir s’il y a une collection dessous ; sinon, soit on prend patience, soit on utilise ce produit très décrié qu’est l’Elase, et dont je répète que ses indications, même si elles sont confidentielles, existent. Et puis, parfois, on détergera à la main. ce qui m’inquiète plus c’est d’entendre parler de "croûte" ; s’il y a une croûte, s’agit-il d’une escarre ?

      Ma question est : les désinfectants ne sont ils pas un frein au bourgeonnement ? N’ont ils pas pour conséquence d’en plus affecter la flore naturelle de "décaper" le bourgeonnement ?

      Totu à fait exact. C’est toujours une erreur de désinfecter une escarre : soit elle n’est pas infectée et il ne faut pas y toucher, soit elle l’est et il faut d’autres moyens.

      J’ai parfois également vu des infirmières appliquer de la crème type Conveen dans une escarre profonde indemne d’infection. Mais dans tous les cas (infection ou pas), est-ce que cela ne risque pas de créer un bouchon dont le taux d’humidité et les germes qu’il renferme risquent de favoriser une infection ?

      Je ne crois pas. Par contre vous avez raison de vous demander si l’idée qui préside à ce geste (combler la plaie pour... pour quoi faire au juste ?) est fondée scientifiquement ou si elle obéit à des principes de pensée magique.

      On ne sait pas après tout quels germes nous collons à la plaie puisque nous n’utilisons pas de gants stériles dans ce type de plaie et que le risque 0 n’existe pas malgré pinces et compresses stériles.

      Oh, le plus probable est que nous ne véhiculons que des germes saprophytes ; mais vous avez raison de souligner que si nos gestes ne sont pas utiles ils doivent être évités. D’ailleurs il y a un principe éthique fondamental : pour que je sois autorisé à toucher le corps de l’autre, il me faut une raison.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 31 juillet 2009 à 10:24 , par Michèle GADE

    REF : soin d’une escarre au talon de type IV suite à une pasteurella, en regression après un an de soins .(ma mère, 81 ans)
    Bonjour Docteur,
    Je vous remercie de votre réponse précise, qui m’amène à vous demander de nouveau votre avis.
    Après vérification auprès du médecin traitant,
    les pansements prescrits sont bien de type
    hydrocolloîde. Quant aux soins, ils ne sont plus quotidiens (mon erreur) mais ont lieu tous les 2 jours(à domicile).
    VOTRE AVIS : les infirmiers nettoient la plaie, coupent les peaux et placent une mêche, ce qui la fait saigner et est douloureux . L’argument est que, sans cela, l’infection peut reprendre. Or, l’escarre a regressé et s’est même refermée en début de semaine. Merci une fois encore de votre aide.Michèle


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    • L’escarre : une maladie générale Le 1er août 2009 à 08:41 , par Michel

      Bonjour, Michèle.

      Il y a déjà une réponse simple : l’escarre s’est refermée, et c’est tout ce qui compte. Et cela prouve que les soins n’ont pas été inadaptés.

      Je vais donc vous parler uniquement d’un point de vue théorique.

      Les infirmiers nettoient la plaie, coupent les peaux et placent une mèche, ce qui la fait saigner et est douloureux. L’argument est que, sans cela, l’infection peut reprendre.

      Effectivement, ce sont des soins douloureux.

      La douleur liée aux soins est un problème connu, sur lequel nous avons l’obligation d’agir. Il faut donc nous demander ce qui est fait pour éviter cette douleur ; ces douleurs appellent volontiers la morphine, et si votre mère n’est pas calmée de cette douleur il faut que ce soit à cause d’une contre-indication évidente.

      Mais il faut aussi se demander si ces soins sont nécessaires ; et vous décrivez deux sortes de soins : le découpage des peaux mortes et le méchage.

      Jusque voici une trentaine d’années on disait que les dépôts de fibrine gênaient la cicatrisation et qu’il fallait les ôter ; je n’en entends plus parler. On disait aussi que les parties nécrosées risquaient de s’infecter. Mais de cela également on ne parle plus. Personnellement je n’y procède plus depuis longtemps.

      C’est que les conceptions relatives aux infections ont changé du tout au tout.

      Redisons-le : ce sont les bactéries qui nettoient l’escarre. Sans elles, la cicatrisation est beaucoup plus difficile. C’est pourquoi il est toujours plus nuisible qu’utile de désinfecter une escarre. C’est aussi le mécanisme par lequel les hydrocolloïdes agissent : ils créent une atmosphère humide et chaude qui favorise la prolifération microbienne (raison pour laquelle, quand on les enlève, l’odeur est souvent un peu forte).

      Et l’infection ?

      L’infection, c’est ce qui se passe quand le processus normal de colonisation bactérienne a été perturbé (notamment par des soins intempestifs) ; dans ce cas on voit :
      - Une escarre qui devient rouge, inflammatoire, douloureuse.
      - Souvent de la fièvre.
      - Et au prélèvement bactériologique une colonisation, non pas par une association de germes peu agressifs mais pas une flore où dominent une ou deux bactéries.
      Le traitement de ces infections est toujours un antibiotique par voie générale, car il y a toujours des bactéries qui passent dans la circulation sanguine (ce qui ne fait pas pour autant une septicémie, heureusement).

      Quand on laisse l’escarre se débrouiller avec ses microbes, elle le fait très bien. Et les bactéries assurent elles-mêmes la détersion de la plaie, ce qui fait que les découpages et autres agressions mécaniques deviennent exceptionnels. Du coup on résout le problème de la douleur liée aux soins en supprimant les soins inutiles. A une condition absolue : être patient. On ne gagne rien, et notamment pas du temps, à vouloir accélérer la guérison de l’escarre. Il faut choisir une stratégie, la moins agressive possible, et s’y tenir, et s’y tenir longtemps ; on ne juge pas de l’efficacité d’un pansement en regardant ce qui se passe quand on l’a enlevé : on juge au bout de deux, trois semaines.

      Après il y a le méchage. Là, je suis un peu surpris, car je ne vois pas comment on mèche un hydrocolloïde qui, par définition, doit être étanche. On mèchera une plaie extrêmement suintante, mais si elle est très suintante il faut utiliser autre chose qu’un hydrocolloïde ; et il faut se demander pourquoi elle suinte (et ce peut être une infection de l’escarre, auquel cas il faut, comme je l’ai dit, un prélèvement bactériologique et une antibiothérapie orale). Ou alors ce n’est pas une escarre, ce qui est fort possible.

      Enfin, il ne faut pas changer un hydrocolloïde tous les jours. On le change quand il est saturé, et s’il faut le changer tous les jours c’est qu’il faut changer de produit. Mais pour la même raison on ne le change pas tous les deux jours : on attend qu’il sature, ce qui fait qu’il n’y a pas, qu’il ne peut pas y avoir de périodicité : un soin d’escarre fait régulièrement est un soin qui serait plus efficace s’il était fait en stricte fonction de l’état de la plaie. Ce qui n’est pas simple en libéral où les infirmiers ont autre chose à faire que passer chez les gens pour juste voir s’il est temps de faire le pansement.

      Mais encore une fois tout ce que je vous dis là est théorique, puisque la plaie est refermée !


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  • L’escarre : une maladie générale Le 26 juillet 2009 à 21:09 , par Michel

    Bonsoir, Michèle.

    Malheureusement, il y a peu à dire. Votre mère a eu une grave maladie, elle a contracté une escarre profonde qui dure depuis pas loin d’un an : c’est habituel. Je note quelle diminue d’étendue, la première chose à faire est de prendre patience.

    Après, il faut naturellement vérifier les points dont je parle dans l’article : état nutritionnel, état circulatoire, diabète éventuel, autres pathologies. je dirais que si c’est actuellement le seul gros problème connu de votre mère, alors cela justifierait une réévaluation en milieu gériatrique.

    Mais il y a une forte probabilité pour qu’il n’y ait rien à voir, et que la seule ressource soit de se dire qu’un talon stade IV peut mettre plus d’un an à se fermer.

    Un seul point me chiffonne : ce sont les soins quotidiens. Je doute que cette escarre soit très suintante, et ce que vous me dites est qu’elle évolue peu ; dans ce cas je me demande s’il ne serait pas intéressant d’espacer les soins : une vieille règle dit que si on utilise des pansements de nouvelle génération, par exemple de type hydrocolloïde, il faut les laisser en place jusqu’à ce qu’ils commencent à se décoller ; et ce en ne perdant pas de vue que quand on fait cela ils dégagent souvent une odeur assez redoutable ; mais cette odeur est un signe d’efficacité.

    Après, ce n’est qu’une suggestion : n’ayant pas vu le pansement, je n’ai pas d’opinion.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 26 juillet 2009 à 17:52 , par Michèle GADE

    Bonjour,
    Je vous contacte au sujet de ma mère (81 ans en avril 09) qui a été hospitalisée d’août 2008 à début déc. 2008 suite à une "pasteurella" provoquée par la morsure d’un chat à la jambe droite. A suivi une septicémie aigue avant que l’origine de cette infection rare ne soit identifiée par le service hospitalier, et une nécrose de la jambe qui la conduisait, au mieux(!), à l’amputation...évitée.
    Un escarre s’est installé sur son talon qui s’était creusé jusqu’à l’os. Elle reçoit depuis son retour des soins infirmiers quotidiens,(peaux coupées/mèches..) +kyné. L’escarre a diminué mais ne se referme pas. De plus, elle souffre d’un rhumatisme dans ce même pied. La marche lui est donc douloureuse. Je précise qu’elle n’est plus anémiée
    Merci d’avance de vos conseils.
    Michèle


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    • escarre Le 11 juillet 2014 à 01:30 , par selma amrouche

      Voila je vais donner une recette efficace pour tous les gens qui ont des escarres car apres avoir essayer tous les traitements rien a faire donc voila c surprenant ce que je vais vous dire mais tres tres efficace c le curcuma on le melange avec de l eau on prend une compresse on nettoie et on s aupoudre l escarre avec du curcuma pure on aere un peu et on met la couche culotte c magique


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      • escarre Le 11 juillet 2014 à 08:28 , par Michel

        Bonjour, Selma, et merci de ce partage.

        Je ne peux donner d avis precis sur la question du curcuma, ne l ayant jamais utilise, du moins sur une plaie. Je vais donc me contenter de quelques commentaires.

        Le premier de ces commentaires est qu il faut toujours etre prudent : la grande critique que je fais a une ecrasante majorite de partisans, professionnels ou non, des medecines alternatives, c est qu ils mettent en doute les connaissances des medecins, disons ordinaires mais qu ils ne s appliquent pas a eux memes les contraintes methdologiques qui sont la norme en medecine officielle : une experimentation, cela ne se fait pas n importe comment, il faut un grand nombre de cas, des verifications, des contre essais, etc.

        Cela me conduit a vous poser une premiere serie de questions :
        - Combien de cas avez-vous traites ?
        - Quel etait leur etat general ?
        - Quels etaient les traitements appliques anterieurement ?
        - Combien de temps les avez-vous suivis ?
        - Quelle a ete la duree de la cicatrisation ?

        Ensuite, il faut se poser une question a priori : l hypothese d une efficacite du curcuma est elle plausible ?

        Et la reponse est oui : le curcuma est connu depuis longtemps pour ses proprietes anti inflammatoires locales et plus particulierement pour son action sur les elastases. C’est a un tel point qu il y a une histoire celebre d une universite americaine qui avait essaye de breveter le curcuma (et cela lui a ete refuse au motif qu on ne peut pas breveter un produit naturel). Mais cette reponse est a la fois positive et negative : car elle dit aussi que, les proprietes du curcuma etant connues depuis la nuit des temps, si on ne l utilise pas davantage ce n est pas parce qu on ne le sait pas mais parce qu on l a abandonne, ayant trouve mieux, ou plus simple. On pourrait donc en dire la meme chose que pour le thym, ou tout simplement le henne. Mais reconsiderons le probleme.

        Le curcuma agit essentiellement par son action anti inflammatoire. Le probleme est alors celui de la regulation de cette inflammation ; car il ne faut pas oublier que l inflammation est en soi un processus de defense de l organisme et qu il n est pas forcement bon de lutter contre. Le danger est l inflammation excessive. C est pourquoi, quand nous nous trouvons face a une plaie inflammatoire, nous nous gardons bien d appliquer un anti inflammatoire, mais nous cherchons a comprendre pourquoi il y a cette inflammation excessive et nous luttons non contre l inflammation mais contre sa cause (Au fond c est la meme chose que pour le sucre ou le miel. On en a aussi mis sur les escarres. Essentiellement le sucre est un antibacterien ; le probleme est que les bacteries sont utiles a la cicatrisation). Bref en general on ne met pas d anti inflammatoires sur les escarres et s il fallait en mettre on en aurait de plus commodes ; j aurais une reserve supplementaire c est que le curcuma est une poudre, qui reste dans la plaie une fois qu elle a agi, ce qui me semble risque ; par ailleurs il faut donc, avant chaque application retirer l’emplatre qui s’est forme, et je crains toujours ces nettoyages, non seulement parce qu ils sont vite douloureux, mais encore parce qu en nettoyant on risque d abimer la couche de cicatrisation qui essaie de se former, ce qui retarde la guerison.

        Pour essayer de comprendre votre experience, j aurais besoin, donc de comprendre pourquoi le curcuma a marche mieux que le reste. Et cela me conduit a poser quelques questions.

        - Comment le diagnostic d escarre a-t-il ete pose ? quel etait le stade evolutif ?
        - Quelle etait la situation generale ? mobilite de la malade, etat nutritionnel, etc. Je vous renvoie a l article ci-dessus pour la liste complete des questions a se poser. C est important, car quand une escarre cicatrise, ce n est pas parce qu on a mis quelque chose dessus mais parce que l etat general du malade s est ameliore.
        - Quels ont ete les autres traitements utilises ? Par qui ? Combien de temps ? Si j ai ecrit les deux articles en question c est parce que dans une majorite de cas les soins ne sont pas faits avec logique et perseverance ; et quand on s y met avec logique et perseverance on y voit tout de suite nettement plus clair. Et je tiens d autant plus a ce point que vous me parlez de couche culotte, ce qui me fait supposer que vous avez traite une escarre sacree. Or les escarres sacrees sont celles qui posent le plus de problemes techniques, et notamment de materiels pour les pansements, de sorte que le plus souvent les pansements sont mal faits, parce qu il faut prendre la peine de fabriquer le pansement sur mesure. C est d autant plus important que la gestion de l incontinence chez le malade qui a une escarre sacree est un probleme majeur et que precisement il faut tout faire pour eviter les couches culottes.

        Bien a vous
        M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 6 mai 2009 à 21:34 , par fanfan

    Bonjour,
    Je m’occupe de ma belle mère (68 ans) chez moi suite à 1 AVC du 22 décembre (hémiplégie gauche). Depuis elle remarche pratiquement seule avec 1 canne mais reste très dépendante encore. Ma question concerne seulement 1 début d’escarre qu"elle a sur la maléole gauche et que l’infirmière à domicile n’arrive pas à soigner malgré sa volonté de trouver le bon traitement(depuis 3mois). Je précise que ma belle mère est diabétique. Y a t-il 1 produit ou 1 technique miracle pour refermer cet escart qui n’est pas plus gros que la moitié de l’ongle de l’auriculaire. On voit la fébrine et la peau autour est un peu rouge.Merci de votre réponse


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    • L’escarre : une maladie générale Le 8 mai 2009 à 18:48 , par Michel

      Bonsoir, Françoise.

      Votre question est très difficile ; Elle l’est d’autant plus que je n’ai pas vu la malade, et que si la médecine se faisait sur Internet, ce serait trop simple.

      Cette réserve faite, que je vous supplie de garder à l’esprit, la première idée qui me vient est de me demander s’il s’agit réellement d’une escarre.

      Car vous me parlez d’une malade qui est jeune ; il n’est pas habituel de voir des escarres si rebelles à cet âge.

      Vous me parlez d’une malade diabétique. Le diabète entraîne des retards de cicatrisation, et provoque des plaies, rarement sur la malléole mais tout de même.

      Vous me parlez d’une malade qui a fait une hémiplégie. Elle peut donc avoir des plaies de deux manières au moins :
      - Parce que son état vasculaire n’est pas
      bon.
      - Parce qu’elle a des troubles sensitifs et/ou végétatifs du membre inférieur.

      Autant dire que les soins locaux ne sont certainement pas le problème essentiel. Cette plaie ne se fermera qu’à condition d’une intervention médicale énergique et précise. Et difficile.

      Par exemple il est indispensable que l’état nutritionnel soit excellent, mais plus encore que l’équilibre diabétique soit parfait. Notamment s’il s’agit d’une patiente qui est sous antidiabétiques oraux, il faut se poser la question (la réponse est une autre affaire) de l’insuline.

      Et il faut vérifier que la circulation locale est satisfaisante.

      Même si cela nécessite une hospitalisation en milieu spécialisé (diabétologique peut-être) il ne faut pas hésiter à se donner les moyens nécessaires.

      Mais encore une fois je ne l’ai pas vue.

      Et même si on a bien tout fait, il restera encore à compter sur un peu de chance.

      Je serais heureux de connaître la suite.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 15 avril 2009 à 12:04

    Bonjour,
    Tout ce que vous avez décrit dans votre article est fort intéressant.
    Ma grand mère vient de mourir. Elle avait énormément d’escarres la dernière semaine. Celles au sacrum l’ont, je crois, achevée.
    Il est difficile de voir partir ses proches dans de telles souffrances...


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    • L’escarre : une maladie générale Le 17 avril 2009 à 13:06 , par Michel

      Bonjour.

      Ma grand mère vient de mourir. Elle avait énormément d’escarres la dernière semaine. Celles au sacrum l’ont, je crois, achevée.

      Je comprends ce sentiment, mais ce n’est pas sûr : les escarres surviennent chez des gens qui vont mal ; naturellement elles aggravent encore la situation, mais il ne faut pas croire que sans elles l’évolution aurait été très différente. Ce ne sont pas les escarres qui ont tué votre grand-mère, mais la maladie qui a créé les escarres.

      Il est difficile de voir partir ses proches dans de telles souffrances

      Oui, c’est difficile. Cependant je reste un peu perplexe car dans ma pratique personnelle j’ai eu l’impression que souvent l’escarre, même énorme, était moins douloureuse que je n’aurais cru. Les manifestations d’inconfort du malade en fin de vie ne sont pas toutes, loin de là, liées à une douleur, et les manifestations du malade en fin de vie ne sont pas toutes, loin de là, liées à un inconfort. Entre ce que le malade veut me dire et ce que je crois qu’il me dit, il y a d’énormes filtres, le pire étant l’idée que je me fais des raisons que j’aurais d’avoir ce comportement si j’étais dans la situation où je crois que le malade se trouve.

      Après il y a les gens qui ne sont pas assez bien pris en charge.

      Mais il y a des raisons d’espérer que votre grand-mère est partie plus en paix que vous n’avez cru le discerner. Je le souhaite, en tout cas.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 14 avril 2009 à 20:30 , par sylvie

    bonsoir docteur

    ma maman a 80 ans elle a été opérée fin janvier de l’aorte (mise en place aorte artificielle) opération très bien passée cependant quatre jours après opération en urgence car infarctus digestif : conséquence on lui a retiré le maximum d’intestin grele après bien sur période difficile avec coma artificiel, puis perte de quinze kilos, rehospitalisation depuis car problèmes avec sa poche, trop d’acidité, alimentation artificielle sous la clavicule, gros escarre qui ne se soigne pas et avec abcés il y a une dizaine de jours trois chocs bactériens successifs, on l’a transférée en réa maintenant de retour dans sa chambre mais mise sous morphine car douleur escarre je ne sais plus que penser, elle est toujours sous antibiotique par perfusion pensez vous qu’elle a des chances d’aller mieux car j’ai l’impression que les problèmes s’enchainent

    merci pour votre aide car moi aussi je craque maintenant et je vis à 900 km d’elle

    sylvie


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    • L’escarre : une maladie générale Le 17 avril 2009 à 12:56 , par Michel

      Bonjour, Sylvie, et merci de votre confiance.

      Je ne peux pas vraiment vous répondre, car il faudrait pour cela connaître l’ensemble de la situation, notamment deux points fondamentaux :
      - Quel est l’état de santé de base de votre maman ?
      - Que veut-elle ?

      Et de toute manière il n’est pas possible de faire de la médecine sur Internet.

      Cela dit il s’agit d’une patiente qui a subi une première opération assez lourde, et qui dans les suites a fait un infarctus mésentérique. On sait que ces infarctus intestinaux sont graves et que leur traitement est difficile. La rançon pour votre mère a été la perte d’une grande partie du grêle, avec un risque nutritionnel majeur.

      Du coup elle enchaîne les complications cutanées et infectieuses.

      Autant dire que la situation est effectivement inquiétante.

      Pourra-t-elle aller mieux ? C’est possible. Il faut être sur place pour faire un pronostic.

      Pouvez-vous en discuter avec le médecin qui s’en occupe ? Y a-t-il un gériatre ? Que dit votre mère ?

      Car la question la plus importante est là : il s’agit d’un combat, est-elle d’accord pour le mener ? Si oui, alors il faut insister ; même si, il faut bien l’avouer, on a le sentiment que ça commence à faire beaucoup.

      Je serais heureux d’avoir de vos nouvelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 25 mars 2009 à 21:38 , par Michel

    Bonsoir, Lil.

    L’histoire que vous racontez est malheureusement tous sauf étonnante.

    "Mon grand père âgé de 79 ans"

    Pas très vieux, donc. Mais cela ne nous dit pas s’il était en bon état général : l’obésité du sujet âgé n’est pas une bonne chose (même s’il est bien tard pour essayer de le faire maigrir) ; par ailleurs il chutait, et il y avait des raisons pour cela. Bref il y a des raisons de penser que votre grand-père n’était pas en très bonne santé.

    "Une hospitalisation par rapport à une chute"

    Les chutes du sujet âgé sont graves. Elles sont graves parce que le plus souvent elles ont une cause qui est elle-même une maladie ; elles sont graves parce qu’elles ont des conséquences, notamment en termes d’immobilisation et de douleur.

    "Pendant son séjour ma mère se rendait tous les jours pour le voir et être à ses côtés ! Elle s’est aperçue que mon grand père commençait à changer de comportement..."

    Classique. C’est pourquoi les gériatres sont irremplaçables dans ces situations. Mais j’ajoute aussitôt que, gériatre ou pas, ce sont des situations qui filent très vite, et devant lesquelles on se trouve souvent démuni. C’est une sorte de cascade d’ennuis qui s’accumulent, et qui conduisent le malade à sa perte malgré les soins les plus attentifs.

    "délires, fatigues, fièvres, déshydratation et dénutrition !Il avait du mal à marcher donc il restait en majeur partie du temps allongé."

    Voilà. Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai vécu ces situations, terriblement culpabilisantes pour le médecin, parce que tout de même quand il est entré le malade n’allait pas si mal. Et puis, inexplicablement, rien de ce que vous faites ne marche, ce sont des malades qui vous échappent. Et je n’ai jamais compris la nature du mécanisme qui s’enclenchait.

    "Sachez quand même qu’il pesait 120 kilo à son entré ! Son espèce de médecin lui prétendait qu’il avait un problème a la prostate et que ces reins été foutu... d’où son incontinence."

    C’est assez logique : les examens ont montré qu’il avait une insuffisance rénale ; comme il n’y avait pas de raison, on a pensé qu’elle était due à un obstacle sur les voies urinaires ; et puis il avait (à son âge, quoi de plus fréquent ?) une grosse prostate. Il suffit d’ailleurs qu’on ait traité sa douleur : le risque de beaucoup de ces médicaments (mais il faut bien le prendre, ce risque !) est de bloquer la vessie. Et voilà comment on peut se laisser piéger, malgré toute sa vigilance. En fait il s’est arrêté de boire, il s’est déshydraté, d’où l’agitation, la fièvre, l’insuffisance rénale par défaut d’apport d’eau. Ou alors constipation, fécalome, rétention d’urine, agitation, neuroleptiques pour le tenir, majoration des troubles... Le problème est que si vous laissez filer ces situations, mettons vingt-quatre heures, après il ne vous reste plus qu’à compter sur la chance.

    "Il a alors décidé de lui poser une sonde et de lui mettre une couche."

    Sans doute n’y avait-il pas d’autre possibilité, au moins dans un premier temps.

    Quant aux escarres, il ne leur en faut pas plus pour arriver. Le problème est que ce que j’écris sur le sujet (attention : je n’ai rien inventé, ce sont les données actuelles de la science) n’est pas assez connu du corps médical.

    "Voyant au bout d’un mois que son état s’était totalement aggravé elle décida de le faire transférer dans un centre hospitalier..."

    Et là tout était déjà joué. ils auraient pu remuer ciel et terre, rien n’y aurait fait.

    " la douleur devait être horrible..."

    C’est curieux : dans ma pratique, je n’ai jamais eu beaucoup de difficultés avec la douleur liée aux escarres. Cela se produit, mais c’est moins fréquent qu’on ne dit. Et j’ai l’intuition que les médecins de la clinique ont veillé à traiter sa douleur : parmi les causes classiques du tableau que vous décrivez il y a précisément la prise de traitements contre la douleur.

    "et personne ne lui a prêté aucune attention !"

    Ce n’est pas sûr : mais nous sommes là dans la gériatrie pure, et quand le médecin ne connaît pas il est dérouté. Et souvent très malheureux.

    "Mourir au bout d’un mois d’une maladie que l’on ne connaissait pas qu’il n’a jamais eu c’est une souffrance que personne ne pourra atténuer..."

    J’ai conscience que rien de ce que je pourrai vous dire n’atténuera cette douleur.

    Mais je persiste à penser que les malades qui vivent (et nous font vivre) ces évolutions catastrophiques, surtout après une chute, ne font que décompenser une situation bien plus précaire qu’il n’y paraissait, et qu’ils meurent d’une maladie qui est à la fois la cause de leur chute et celle de leur effondrement. Laquelle ? Nous ne le saurons pas. Mais elle a fait son œuvre.

    Après il se peut qu’il ait été mal soigné. Mais je l’ai vécu tant de fois, ce cauchemar, que je n’ai pas besoin de ça pour sentir ce qui a pu se passer.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 25 mars 2009 à 07:47 , par lila

    Mon grand père agé de 79 ans est rentré dans une clinique privée d’Arles.(Je ne siterai pas de nom)le 13 février 2009.
    Une hospitalisation par raport à une chute qu’il avez faite .

    Pendant son séjour ma mere se rendait tous les jours pour le voir et être à ses côtés ! Elle c’est aperçut que mon grand pere commencer à changer de comportements...délires,fatigues fièvres,déshydradation et dénutrition !Il avait du mal à marcher donc ilrestait en majeur parti du temps allongé.

    Sachez quand meme qu’il pesait 120 kilo a son entré !Son espèce de médecin lui prétendait qu’il avait un probleme a la prosthate et que ces reins été foutus...d’ou son incontinence.Il à alors décider de lui posser une sonde et de lui mettre une couche.

    Voyant au bout d’un mois que son été c’était totalement aggravé elle décida de le faire transferer dans un centre hospitalier ...

    Apres prés d’un mois aprés son entrer ,le 17 mars ma mere apprendra par le service infirmier et le medecin de l’hopital, qu’aucun soit ne lui a alors été prescris ! aucun soin ! ses deux escart (sacrum et talon)en été au stade 4.Personne ne npus avez encore parler jusque la de son état général...et pourtant.Sa ne se réssumer plus à un pansements ou un nettoyage sur les plaies,c’était de l’ordre chirurgicale.Il pesait ce jour la 88 kilos alors qu’il en fesait 120...

    Aprés son entrer le 17 mars,il s’en ira le 19 mars à 14h50 d’un choc infectieux dut en majeur parti par ces escarres pas soignées.

    Nous pensont tous que nous sommes entre de bonne main lorsque nous sommes hospitalisés...réflexion faite aujourd’hui je ne le pense pas ! la douleur devait être horrible...et personne ne lui à préter aucunne attention ! Mourrir au bout d’un mois d’une maladie que l’on ne connaissait pas qu’il n’a jamais eu c’est une souffrance que personne ne pourra atténuer...


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  • L’escarre : une maladie générale Le 7 février 2009 à 08:11

    Bonjour,

    Cela m’embêterait si à la lecture de mon message vous vous disiez par exemple « Question temps de réflexion ... il y en a qui ont du temps à gaspiller » ;

    Voilà.

    Nous nous occupons , dans le cadre des soins à domicile, d’une personne âgée de 103 ans , ses membres sont « rétractés » , elle n’ a que la peau sur les os et s’alimente de peu, Le matin je la retrouve strictement dans son lit dans la même position où je l’ai laissée la vieille et le soir dans la même position dans son fauteuil où je lai quittée le matin ( seule une mobilisation nécessitée par un change est programmée l’après – midi.) . Cette personne âgée n’a aucune rougeur aux différents points de pression ... alors je finis par m’interroger ... alors que cette personnes âgée aurait à priori tous les facteurs de risque d’escarre.
    Ok, je ne vais m’en plaindre.

    Sophie


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    • L’escarre : une maladie générale Le 8 février 2009 à 19:51 , par Michel

      Bonsoir, Sophie.

      Que vous répondre ? Sinon qu’en matière d’escarres la principale difficulté n’est pas, effectivement, de savoir pourquoi certains patients font des escarres, mais bien plutôt de savoir pourquoi certains n’en font pas.

      Mais il ne faut pas oublier qu’un facteur de risque n’est qu’un facteur de risque. Fumer ne donne pas le cancer : cela multiplie le risque, ce qui est différent.

      A moins, bien entendu, que la cause réelle des escarres ne soit aucune de celles que nous croyons avoir trouvée...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : une maladie générale Le 25 juin 2008 à 07:33

    Bonjour,

    « S’agit-il d’une escarre ?
    Pour parler d’escarre il faut deux conditions ::
    Il faut que ce soit une plaie de pression. La peau malade a été comprimée entre un plan osseux et un plan dur il faut donc être capable de dire lesquels.
    Il faut que le mécanisme essentiel soit la pression, ce qui suppose qu’on ait éliminé d’autres diagnostics qui demanderaient une prise en charge spécifique : plaie artéritique, plaie diabétique, ulcère veineux, érosion cutanée staphylococcique, lésion liée à une maladie dermatologique. »

    Je souhaiterais connaître les raisons qui peuvent provoquer des phlyctènes sur le peau ( faces internes et externes des cuisses, face externe du bras) sans que ces lésions soient nécessairement à priori dues à des pressions . Ou bien, est – ce que l’apparition d’une phlyctène sur la peau signe toujours le premier stade d’une escarre ?

    Sophie


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    • L’escarre : une maladie générale Le 27 juin 2008 à 22:59 , par Michel

      Bonsoir, Sophie.

      La phlyctène est une réaction de la peau à une agression. En soi elle n’est pas spécifique, et peut se produire dans de multiples situations, l’escarre n’étant pas la plus fréquente :
      - N’importe quel frottement, surtout s’il cisaille la peau : c’est le mécanisme de l’ampoule.
      - Toute brûlure un peu sérieuse.
      - De nombreuses situations d’allergie.
      - Et l’escarre.

      C’est pourquoi il est si important de prouver que la plaie s’est bien produite par pression entre un os et un plan dur. Par exemple ces phlyctènes qu’on rencontre au niveau des aines et aux faces latérales des cuisses sont le plus souvent liées aux irritations des couches, ce qui n’a rien à voir du point de vue pronostique, et réclame un traitement spécifique.

      Naturellement ceci n’est vrai qu’en France. Dans les pays anglo-saxons toute plaie non traumatique est appelée escarre, sans qu’on s’interroge sur son mécanisme. C’est le cas notamment de ces plaies qu’on trouve en pleine fesse, sur lesquelles pourtant le prélèvement bactériologique trouve systématiquement un staphylocoque et qui guérissent effectivement quand on traite par antibiothérapie ; ce qui ne prouve rien, mais tout de même.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > L’escarre : une maladie générale Le 27 janvier 2008 à 17:18 , par shura.

    Bonjour,

    Quand vous parlez de la posturation en canoé, cela consiste en quoi (je n’arrive pas vraiment a voir la position et en quoi sa desfavorise la pression sur le sacrum) ? Car je pensais que sa favorise l’appartition d’escare cette position.

    merci de repondre a ma question.


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    • > L’escarre : une maladie générale Le 27 janvier 2008 à 18:10 , par Michel

      Bonsoir.

      La posturation en canoë m’a été montrée par Yves Gineste.

      Il s’agit de prendre deux traversins et de les placer de chaque côté de l’épine dorsale du malade, une extrémité des traversins étant au niveau des omoplates et une autre étant au niveau du bassin. Toute la difficulté est d’enfermer l’ensemble des deux traversins dans un drap qu’on replie sous le malade, ce qui empêche les traversins de s’écarter.

      Dans cette posturation, le sacrum du malade est totalement en décharge, et le poids est réparti sur les gouttières paravertébrales. Cela permet d’avoir un malade sur le dos et pas sur son sacrum.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > L’escarre : une maladie générale Le 20 décembre 2007 à 17:47

    peut on en mourrir


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    • > L’escarre : une maladie générale Le 20 décembre 2007 à 19:26 , par Michel

      Bonsoir.

      Votre question est difficile, et c’est bien pourquoi j’ai écrit cet article.

      Si on croit que l’escarre n’est qu’un trou dans la peau, alors il est très rare qu’on en meure : il faudrait pour cela, ce qui se produit quelquefois, qu’à force de creuser elle vienne à perforer une artère, ou qu’elle s’infecte à un point tel que cela devienne dangereux. Autant dire que cela ne se produit presque jamais.

      Si par contre on dit, comme je l’ai écrit, que l’escarre n’est que le reflet de la baisse de l’état général du malade, alors, oui, le fait qu’il y ait une escarre signifie toujours que le malade est en grand danger. Mais ce qui va le tuer, c’est la dénutrition : c’est parce qu’il est dénutri qu’il fait une escarre, et l’escarre aggrave la dénutrition. Mais c’est la dénutrition qui le fera mourir. Ce qui va le tuer, c’est l’immobilité : c’est parce qu’il est grabataire qu’il fait une escarre, et l’escarre aggrave l’état grabataire. Mais il mourra des conséquences de l’immobilité.

      Je vous répondrais donc : l’escarre n’est pas ce qui va faire mourir. Mais c’est le signe que le malade est en danger de mort, et quand on fait une escarre on meurt souvent très vite.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • > L’escarre : une maladie générale Le 30 décembre 2007 à 18:01

        Bonsoir,

        effectivement j’ai vu malheureusement la preuve de ce que vous avez décrit... maman est décédée le 23 décembre, suite à la maladie d’alzheimer et elle était pleine d’escarres depuis une dizaine de jours.
        il est très douloureux de voir un proche partir dans ces conditions et on imagine sa souffrance, avant de tomber dans le coma. mourir est vraiment une étape très difficile...

        josée


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        • > L’escarre : une maladie générale Le 5 janvier 2008 à 12:15 , par Michel

          Bonjour.

          Ce que vous avez vécu est effectivement difficile et douloureux.

          Mais il faut que j’ajoute quelque chose.

          Comme vous dites :
          il est très douloureux de voir un proche partir dans ces conditions

          c’est une épreuve pénible, mais il est très important de savoir pourquoi : ce qui est absolument douloureux, c’est d’assister à la mort de qui on aime.

          et on imagine sa souffrance,

          Oui, mais vous avez là, précisément, un piège : car on imagine la souffrance de l’autre, alors qu’on n’est pas lui, et l’amour qu’on lui porte conduit souvent à surestimer ce degré de souffrance. Il est frappant de constater que le malade en fin de vie, quand il parle de sa souffrance, semble nettement plus paisible que son entourage. Il y a à cela de multiples explications, notamment le désir du malade de se montrer courageux, celui de protéger ses proches, etc. Mais il y a aussi une autre explication, plus simple et plus rassurante : le malade ne souffre pas autant que son entourage le pense...

          Mourir est vraiment une étape très difficile...

          C’est pourquoi plus je vais, plus je vois des humains mourir (200 l’an passé), plus j’arrive à penser que la mort, le plus souvent, fait plutôt bien son travail. Mourir n’est pas gai, mourir est difficile ; mais en général cela se passe plutôt bien, même si les apparences incitent à supposer le contraire.

          Bien à vous,

          M.C.


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