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La bandelette urinaire

Un petit texte pour la formation des infirmières et aides-soignantes

samedi 12 janvier 2008 par Michel

Dans la pratique quotidienne du soignant, une attention particulière est portée aux urines. Les anomalies qu’on repère ou croit repérer ne justifient pas toujours un examen biologique. Une utilisation raisonnée de la bandelette urinaire permettrait souvent de préciser les choses à moindres frais.

LES IDÉES :

Ce que les soignants rapportent, ce sont des informations liées à léspect des urines. Ils en tirent fréquemment des conclusions.
- Les urines sont maladorantes : il doit y avoir une infection.
- Les urines sont épaisses, chargées de sédiment : ce doit être du pus.
- Les urines sont rouges : il y a du sang.
- Les urines sont abondantes : il doit y avoir un diabète ; elles sont peu abondantes, ou très brunes : elles doivent être concentrées, le malade doit être déshydraté.

Or ces idées sont fausses, ou du moins très insuffisantes. Par exemple :

- Le rein sert avant tout à éliminer les déchets produits par l’organisme et la couleur et l’odeur sont liés à l’alimentation :

Il n’y a pas que les microbes qui sentent.

Et le plus souvent les microbes ne sentent pas.

- De même l’épaisseur des urines signale l’existence d’un sédiment. Mais le plus souvent le sédiment est fait de cristaux ; il est rare que ce soit du pus.

L’inspection des urines est donc très trompeuse, et il vaut mieux vérifier ce qu’on voit avant de l’interpréter. Or cette vérification est souvent très simple à effectuer.

LA BANDELETTE URINAIRE :

Les bandelettes urinaires courantes comportent 8 plages :

- 1. Leucocytes : c’est la seule manière de prouver qu’il y a du pus.
- 2. Nitrites : de nombreux microbes (mais pas tous) fabriquent des nitrites.
- 3. Sang : c’est le seul moyen de prouver qu’une couleur rouge ou foncée est liée à un saignement.
- 4. Densité : c’est la seule manière de dire que les urines sont concentrées.
- 5. Corps cétoniques : on en trouve en cas de diabète décompensé, mais aussi en cas de jeûne.
- 6. Glucose : la glycosurie est presque toujours liée à une glycémie élevée.
- 7. Protéines : de nombreuses maladies rénales entraînent une fuite de protéines.
- 8. pH : mesure de l’acidité urinaire.

Seules les six premières nous intéressent pour notre propos actuel : l’existence d’une protéinurie, ou d’un pH inhabituel, sont des données à signaler mais il n’y a guère que le médecin qui puisse en tirer des conclusions.

REMARQUES SUR L’UTILISATION DES BANDELETTES :

- Il faut respecter les temps d’utilisation : on ne fait pas de bandelette urinaire sans chronomètre.
- La lecture se fait de préférence à la lumière du jour.
- Il est rarement logique de demander un examen cytobatériologique des urines avant d’avoir effectué une bandelette, car si elle est normale on n’ira le plus souvent pas plus loin.
- Les résultats normaux sont aussi importants que les autres. C’est pourquoi chez le malade incontinent on peut utiliser l’essorage de couches. Si on découvre une anomalie on n’en tirera pas de conclusions, car la technique de recueil est suspecte ; mais si on ne voit rien c’est qu’il n’y a rien : s’il y a des leucocytes on n’est pas sûr qu’ils viennent des urines, mais s’il n’y en a pas on est sûr qu’il n’y en a pas dans les urines...

L’INFECTION URINAIRE :

En règle générale on considère que s’il n’y a pas de leucocytes il n’y a pas d’infection. Mais si on trouve des leucocytes de manière isolée, cela ne prouve pas qu’il y a une infection.
A l’inverse s’il y a des nitrites on peut considérer qu’il y a une infection. Mais de nombreux germes ne produisent pas de nitrites.
Donc :
- S’il y a des leucocytes et des nitrites, il y a sans doute une infection.
- S’il n’y a ni l’un ni l’autre, il n’y a probablement rien.
- S’il y a des nitrites et pas de leucocytes, il y a sans doute une colonisation peu agressive.
- S’il y a des leucocytes et pas de nitrites, soit il n’y a rien soit il y a une infection à germes ne produisant pas de nitrites.

Mais même s’il y a une infection, il n’est pas certain qu’on la traitera. On ne traite que les infections urinaires qui le nécessitent.

La bandelette d’un malade sondé est toujours anormale.

Quand rechercher une infection urinaire ?

Le soignant est invité à rechercher une infection urinaire quand il constate les faits suivants :
- Couleur ou odeur suspectes.
- Douleur abdominale ou lombaire.
- Signes d’irritation vésicale.
- N’importe quel signe digestif.
- Fécalome.
- Changement de comportement inexpliqué.
- Fièvre.

L’HÉMATURIE :

L’abondance de l’hématurie est rarement un problème : il faut qu’il y ait au moins un litre d’urine pour qu’il y ait un litre de sang. Ce qui fait la gravité d’une hématurie, c’est sa cause.

LA DENSITÉ URINAIRE :

La seule manière de parler d’urines concentrées est de mesurer la densité. Le soignant qui parle d’"urines concentrées" doit donc pratiquer une bandelette.

Quand les urines sont concentrées cela indique deux choses :
- Que le rein est dans un état suffisamment bon pour pouvoir concentrer les urines (le rein du sujet âgé est souvent défaillant sur ce point).
- Et le plus souvent que le malade est déshydraté : si le rein concentre les urines c’est d’abord pour économiser l’eau.

LES CORPS CÉTONIQUES :

Toute prézsence de corps cétoniques impose une glycémie capillaire.
- Si la glycémie est basse : ce malade ne mange pas.
Si la glycémie est élevée, il s’agit d’un diabète décompensé, à traiter en urgence.

LE GLUCOSE :

La glycosurie n’apparaît que quand la glycémie est supérieure 1,6 g/l, du moins quand le rein est normal. En gériatrie ou en soins palliatifs la surveillance de la glycosurie pourrait suffire à surveiller les diabètes de type II.

CONCLUSION :

Toute inquiétude sur les urines implique une bandelette ; c’est d’autant plus logique que les flacons de bandelettes, une fois ouverts, se périment très vite.


50 Messages

  • sucre dans les urines ! Le 8 janvier à 19:02 , par nadia

    bonsoir,
    Je suis une maman diabétique de type 1.
    Ma fille a de la fièvre depuis quelques jours, elle a un rhume des hanches et est sous ibuprofene et doliprane.
    Je lui ai fait une bandelette urinaire (celle que j’ai pour mon traitement) pour contrôler le sucre dans les urine et cétones.
    La bandelette urinaire montre des traces de sucres dans les urines.
    Je compte me rendre chez le medecin demain.
    Je lui ai fait un dextro dans la foulée, elle était à 1,20 après le repas.
    Est ce un signe de diabète ? pouvez vous m’éclairer ?
    Je suis en panique !!!
    Merci d’avance,


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    • sucre dans les urines ! Le 9 janvier à 19:23 , par Michel

      Bonsoir, Nadia.

      Il me faut le répéter inlassablement : la bandelette urinaire est un examen de dépistage. Son rôle n’est donc pas de détecter des malades mais des bien-portants. Un sujet qui a une bandelette normale n’a pas de problème dans ses urines, et il n’est pas utile de faire d’autres examens. Par contre quand un sujet a une bandelette anormale on ne peut rien en dire, et certainement pas qu’il est malade ; il faut seulement vérifier la situation par un examen de laboratoire.

      En ce qui concerne votre fille, on peut dire trois choses :
      - La présence de traces de sucre dans les urines n’a aucune signification.
      - Une glycémie à 1,20 g par litre après le repas est une glycémie normale.
      - Il arrive que le diabète de type I ait une composante génétique ; cela fait que votre fille a un risque un peu plus élevé que d’autres enfants de développer un diabète, mais cette augmentation de risque est de l’ordre de 2 à 3%.

      Sur ce que vous décrivez il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 9 octobre 2016 à 02:47 , par noor

    Bonsoir .bon j ai fait ce soir chimie des urines et j ai trouvé trace d protéine et pH a 6 tous qui négatif mais hier quand j ai fait la chimie des urines j ai trouve des leucocytes . y a aussi des prurit au niveau de l apareil genetal svp aide moi


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    • La bandelette urinaire Le 9 octobre 2016 à 21:21 , par Michel

      Bonsoir, Noor.

      Je vais vous redire ce que j’ai expliqué de multiples fois dans les forums de ce site : la bandelette urinaire est un test de dépistage. Les tests de dépistage servent à détecter non pas les malades mais les bien-portants. Cela veut dire que quand la bandelette est normale on est assuré que tout va bien ; mais quand elle n’est pas normale on ne sait absolument pas (je résume) ce que cela veut dire ; on ne sait même pas si cela correspond à une maladie, et le plus souvent il n’y a rien du tout.

      En somme les tests de dépistage servent à détecter la population dans laquelle on peut affirmer qu’il n’y a pas de malades. Ils ne disent rien sur les autres.

      Donc, si votre bandelette était normale, on s’arrêterait là. Mais du moment qu’elle ne l’est pas, la seule chose à faire est de pratiquer une analyse en laboratoire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 4 août 2016 à 16:34 , par Mr JOUKOFF

    La bandelette urinaire. En 3 essais de bandelettes urinaires aucune couleur n apparaît elles reste plutôt blanc casse’ par rapport à l original qui est couleur coquille d œuf, par contre, a l eau, la bandelette devient bleue dois je m inquiéter ? J ai 82 ans dépasse’ et souffre d arthrose Merci. Mike


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    • La bandelette urinaire Le 4 août 2016 à 17:53 , par Michel

      Bonjour, Mike.

      Je ne peux pas répondre complètement à votre question si vous ne me dites pas de quel type de bandelette vous parlez. Il me faudrait savoir en effet quelle est la plage qui vous préoccupe. Celles qui peuvent virer au bleu sont les leucocytes, le pH, les protéines.

      Mais ce que je sais c’est que vous n’avez aucune raison de vous inquiéter.

      D’abord parce que dans vos urines il ne se passe rien, n’est-ce pas ? Ce qui fait virer la bandelette, c’est de la tremper dans l’eau, raison pour laquelle je suppose que la plage qui vire est celle du pH ; mais que l’eau soit un peu alcaline n’a absolument aucune importance. Je n’insiste pas, je ne sais pas quelle est la plage qui vire.

      Ensuite parce que la bandelette est un test de dépistage ; en d’autres termes elle ne sert qu’à détecter les gens qui vont bien. Quand une bandelette ne vire sur aucune de ses plages, on a la garantie presque absolue que le sujet va bien (sous ce rapport), et on n’a pas lieu de faire d’autres examens ; par contre quand elle vire on ne peut rien dire de particulier, et il faut faire d’autres examens. Ou pour le dire autrement dans la population chez qui la bandelette vire il y a des bien-portants et des malades ; dans la population chez qui la bandelette ne vire pas il n’y a que des bien-portants.

      Mais j’attends que vous me précisiez de quoi vous parlez.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 3 avril 2016 à 21:21 , par Julie

    Bonsoir,
    J ai une petite question j ai la maladie berger, je dois surveiller une fois par an albumine tension et créatinine.
    Il m arrive de faire des bandelettes à la maison les 3/4 du temps elles sont négatives en protéines par contre des fois elles se colorent un peu mais juste sur un côté du carré pas sur toute la surface. Cela signifie quoi ? Qu il y a des traces ? Avec mes remerciements


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    • La bandelette urinaire Le 4 avril 2016 à 07:33 , par Michel

      Bonjour, Julie.

      Je dois tout d’abord émettre une réserve : je ne suis pas spécialiste des maladies du rein, vous postez sur un site consacré à la fin de vie et à la gériatrie, ce qui n’est pas votre cas.

      Mais votre question appelle une réponse à mon sens assez simple : ça ne signifie rien.

      Il ne faut pas se lasser de répéter que la bandelette est un test de dépistage. Cela signifie qu’elle vise à détecter, non les sujets qui ont quelque chose, mais ceux qui n’ont rien : quand la bandelette ne présente aucune anomalie on est pratiquement certain que tout va bien, et qu’il n’y a pas lieu de chercher davantage. Cela permet d’éliminer les sujets normaux et de concentrer les recherches sur une population plus "riche" en anomalies. Quand la bandelette détecte quelque chose, il reste à interpréter ce quelque chose, ce qui se fait en recourant aux examens de laboratoire.

      Dans la situation dont vous parlez, il n’y a que deux manières de réfléchir :
      - Soit vous dites que l’anomalie n’est pas nette, et vous l’ignorez : ce que vous voyez ne correspond à aucune des plages que vos trouvez sur le flacon.
      - Soit vous dites que, tout de même, quelque chose ce n’est pas rien, et vous vérifiez en laboratoire. Vous constaterez alors rapidement qu’on ne trouve rien.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 17 septembre 2015 à 12:07

    Je ne comprend pas.
    La bandelette me montre leucocytes et nitrite dans les urines du matin, puis négatif durant toute la journée.
    Comment expliquez vous cela ?
    Metci d’avance pour vos éclaircissements .


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    • La bandelette urinaire Le 18 septembre 2015 à 20:57 , par Michel

      Bonsoir.

      Cette situation s’explique par deux points importants.

      Le premier est que le fonctionnement du rein n’est pas uniforme dans la journée ; il ne fait pas les mêmes choses la nuit et le jour. De plus, pendant la nuit, les urines stagnent dans la vessie, et leur composition n’est pas la même que celle de la journée.

      Le second est que la bandelette est un test de dépistage. Cela signifie qu’il n’a de valeur que s’il est négatif : une personne qui a une bandelette normale n’a certainement pas de problème urinaire. Si par contre la bandelette n’est pas normale, on ne peut en tirer aucune conclusion, du moins dans le cas général : s’il n’y a que cela, alors le plus probable est que vous allez très bien. La seule chose à faire est de réaliser une analyse en laboratoire qui, elle, vous en dira plus.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 9 juin 2015 à 20:07

    Besoin d’un conseil urgent
    Ma petite fille de 2 ans est malade depuis un moment et nous enchaînons les examens,vendredi dernier je soupçonnait une infection urinaire, mon pediatre étant ABS, j’ai fait une bandelette qui a montre des traces de protéines (tout le reste étant negatif) j’ai refais le test les jours suivant avec l’urine de sa couche du matin ainsi que le 1er pipi pot de la journée (samedi, dimanche et aujourd’hui mardi) a chaque fois le test couche est franchement positif et le test 1er pipi montre des traces.Dans la journée test negatif.Faut il que j’en parle a son pediatre ou des traces de protéines sont elle normal a son age ? J’ai peur de passer pour une hystérique d’avoir pris cette initiative...
    merci bcp de votre reponse, je tourne en rond...
    nadia


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    • La bandelette urinaire Le 9 juin 2015 à 21:02 , par Michel

      Bonsoir.

      Vous trouverez une réponse complète sur cette question dans mon message du 15 mai sur ce même forum. Je vais donc me limiter à vous donner la conclusion.

      La bandelette urinaire est un test de dépistage ; son rôle n’est pas de dire qui est malade, mais de dire qui ne l’est pas : quand la bandelette est normale il est inutile d’aller plus loin : la probabilité d’une maladie du rein est nulle.

      Mais quand il y a une anomalie, cela n’a pas grande signification. Cela signifie simplement qu’on fait partie de la population dans laquelle la probabilité de trouver des malades n’est pas nulle.

      Il suit de là que quand une bandelette n’est pas strictement négative, la seule chose à faire est de vérifier par des examens appropriés qu’il n’y a pas de problème. Si votre médecin ne vous prend pas au sérieux, c’est qu’il n’a pas compris ce qu’est un test de dépistage.

      Cela dit, entre vous et moi, vous faites tout ça pour rien : la présence de traces de protéines dans des urines de bébé est une banalité ; mais il serait illogique de ne pas poursuivre le raisonnement jusqu’au bout...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 20 mai 2015 à 18:07 , par lynda

    Bonjour,mes analyses urinaire montre que :
    Glucose : normal mais la référence normalement est négatif.
    est ce que sa veut dire que je suis diabitique.
    merci.


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    • La bandelette urinaire Le 20 mai 2015 à 21:00 , par Michel

      Bonsoir, Lynda.

      Je ne comprends pas ce que vous dites.

      Ce qui est normal, c’est de ne pas avoir de sucre dans les urines. "Normal" et "négatif" signifient donc exactement la même chose. Pourquoi faites-vous une différence ?

      Mais de toute manière une bandelette n’est qu’un test de dépistage. Et ce test serait bien insuffisant pour diagnostiquer un diabète.

      Non seulement donc, votre bandelette est normale, mais si elle ne l’était pas la seule chose à faire serait de prendre tranquillement le temps de refaire le test deux ou trois fois. Si une anomalie se révélait, alors seulement il faudrait en parler à un médecin.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 14 mai 2015 à 14:21 , par pierre67

    Bonjour monsieur Cavey,

    J’ai eu récemment une visite d’embauche à la médecine du travail.
    La bandelette urinaire indiquée "traces de sang" "traces de protéines".
    La médecine du travail m’a dit que c’était fréquent et de ne pas m’inquiéter.
    Il faisait chaud et j’ai joué au foot deux jours avant ce qui a pu jouer ?
    Pensez-vous vous aussi qu’il ne faut pas contrôler ces "traces de sang" ?

    Bien cordialement.


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    • La bandelette urinaire Le 15 mai 2015 à 14:34 , par Michel

      Bonjour, Pierre.

      Je peux vous faire une triple réponse.

      La première est la plus courte : votre médecin du travail a raison.

      La seconde est à peine plus complexe:il est banal, quand on a fait un effort physique peu de temps auparavant, de voir apparaître dans les urines des molécules qui réagissent à la bandelette comme le sang. Votre hypothèse est donc très vraisemblable.

      Mais allons plus loin : les tests doivent satisfaire deux qualités essentielles :
      - Ils doivent être sensibles, c’est à dire qu’ils doivent pouvoir détecter tous les sujets présentant une anomalie donnée.
      - Ils doivent être spécifiques, c’est-à-dire qu’ils doivent ne détecter que les sujets présentant cette anomalie.

      On démontre assez facilement qu’il n’est pas possible de créer un test qui soit à la fois 100% sensible et 100% spécifique. Pendant la dernière guerre, il y avait deux manières de bombarder. il y avait la manière américaine, qui consistait à envoyer des formations de 72 appareils qui lâchaient des bombes à haute altitude. Généralement l’objectif était détruit, mais il y avait d’énormes dégâts collatéraux. Et il y avait la manière anglaise, qui consistait à envoyer de nuit deux ou trois appareils qui lâchaient chacun une bombe de plusieurs tonnes. Il y avait peu de dégâts collatéraux, mais l’objectif n’était pas toujours détruit. Les bombardements américains était sensibles, les anglais étaient spécifiques.

      Quand on fait du dépistage, on a intérêt à commencer par utiliser un test sensible, même s’il n’est pas spécifique. Ainsi le meilleur moyen de détecter un cancer du côlon est la coloscopie. Mais comme ce n’est pas un examen anodin il serait dangereux d’y soumettre systématiquement toute la population. On va donc commencer par appliquer un test de recherche de sang dans les selles. Quand on a du sang dans les selles, il y a une multiplicité d’explications, dont le cancer est la moins fréquente ; le test n’est donc pas du tout spécifique. Par contre il est exceptionnel qu’un cancer ne saigne pas ; pratiquement tous les sujets atteints de cancer du côlon sont positifs au test : c’est un test sensible. En somme il ne sert pas à détecter les sujets qui ont un cancer, il sert à détecter ceux qui ne l’ont certainement pas. C’est ce qu’on voulait : éliminer ceux pour qui il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, et qui sont l’immense majorité de la population. Et c’est dans la population qui a du sang dans les selles qu’on va chercher le cancer par coloscopie.

      La bandelette urinaire est un test de dépistage:il est donc sensible mais pas spécifique. Quand la bandelette est normale, on s’arrête là.

      Mais vous avez des traces de sang dans les urines. Il y a donc une anomalie ; et il faut aller plus loin. Le problème, c’est que cette anomalie a toute chance d’être banale et négligeable. Et comme il s’agit de traces, il est invraisemblable que cette anomalie soit une urgence. Comme il n’y a pas de moyen simple d’explorer cette situation, le conseil qui doit vous être donné est d’abord d’évaluer la situation, ce qui se fait très simplement en répétant deux ou trois fois le test. S’il est régulièrement positif, alors, oui, je crois qu’il serait logique d’en avoir le cœur net.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 11 mai 2015 à 14:16 , par huch

    Bonjour

    Je fais une vae AS et je voudrais savoir si je peux noter sur les transmissions cibles le résultat bandelette urinaire positive à leucocytes hématurie et nitrites ou est ce que mon rôle est juste positive et dire oralement à l ide svp merci de votre aide


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    • La bandelette urinaire Le 11 mai 2015 à 21:37 , par Michel

      Bonsoir, Huch.

      Je ne sais pas vous répondre précisément. Car je ne me suis jamais posé la question.

      Il y a pour moi une simple question de bon sens : toutes les informations sont importantes à noter, et si on décide de confier l’utilisation des bandelettes urinaires à l’aide-soignante, elle est évidemment habilitée à en noter le résultat ; je considère même que toutes les aides-soignantes doivent avoir un accès informatique personnel et ont le droit d’écrire dans le dossier du malade.

      Mais je ne sais pas ce que dit la réglementation. Et la question tourne autour du fait que l’aide-soignant agit par délégation de l’infirmière. Cela n’a aucune raison de la priver du droit de noter des informations, mais le problème est que cette notion de délégation est très floue, ce qui fait que tout va dépendre de l’interprétation des uns et des autres.

      Je crois que si on vous interroge sur ce point le plus raisonnable sera d’expliquer cela comme je viens de le faire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 15 janvier 2015 à 10:19 , par fabienne

    Bonjour,

    Une bandelette qui vire aux leucocytes et pas aux nitrites, en sachant qu’au mois de juillet on me découvre un streptocoque b au prélévement vaginal à cause de démangeaisons vaginal qui me reprennent parfois.
    Est ce normal que la bandelette vire ?
    Merci pour votre aide ?


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    • La bandelette urinaire Le 15 janvier 2015 à 16:27 , par Michel

      Bonjour, Fabienne.

      Il faut faire attention à une chose : les bandelettes sont dans l’ensemble des tests sensibles : chaque fois qu’il y a une anomalie, ils réagissent. Moralité : ils ne sont pas spécifiques : quand ils réagissent on n’est pas sûr qu’il y ait une anomalie.

      Quand il y a une infection, il y a en général des leucocytes dans les urines. Mais l’inverse n’est pas vrai : quand il y a des leucocytes il n’est pas du tout sûr qu’il s’agisse d’une infection. Et quand il y a des leucocytes ils font presque toujours virer la bandelette ; mais quand la bandelette vire il n’est pas du tout certain que ce soit à cause des leucocytes.

      Il faut donc réserver la bandelette à l’usage pour lequel elle est faite. Si la bandelette ne vire pas aux leucocytes, il est logique de penser qu’il n’y a rien. Si elle vire, on n’est guère plus avancé, mais on a des arguments pour dire qu’il faut faire une analyse plus complète qui, elle, dira ce qu’il en est.

      Naturellement, plus il y a d’anomalies plus la suspicion est forte. Ainsi les infections urinaires font souvent virer aux leucocytes, mais ce ne sont pas les seules. Par contre il n’y a guère que les infections qui font virer les nitrites, mais beaucoup d’infections ne les font pas virer. Si la bandelette vire aux nitrites et aux leucocytes, la probabilité d’infection augmente fortement.

      Pour ce qui vous concerne, donc la seule chose à faire est d’aller au laboratoire. C’est en comparant les résultats de la bandelette à ceux du laboratoire que vosu fabriquerez leurs propres règles du jeu.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 24 août 2014 à 20:31 , par fabienne

    bonsoir,
    suite à des demangeaisons vaginales et à un streptocoque b je fais souvent des bandelettes urinaires et il apparait qu’au bout 1/4 h des leucocytes mais pas dans les 120s.
    Est ce normal ?
    A quel temps le resultat est valable ?
    Merci de votre réponse


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    • La bandelette urinaire Le 25 août 2014 à 07:50 , par Michel

      Bonjour, Fabienne.

      Je ne suis pas sûr de pouvoir vous éclairer. S’est est bien connu en effet que les bandelettes urinaires ne doivent pas être lues trop tôt, il y a moins d’éléments pour dire qu’il ne faut pas les lire trop tard.

      Tout de même, un délai d’apparition d’un quart d’heure, c’est inhabituel. Mais je crois qu’il y a une solution assez simple. Elle suppose qu’on se demande à quoi servent les bandelettes.

      Dans n’importe quel test, il faut envisager deux qualités : la sensibilité et la spécificité. Un test est sensible quand il détecte tous les malades. Un test est spécifique quand il ne détecte que les malades. Toute la difficulté est que nous ne savons pas fabriquer des tests qui soient à la fois sensibles et spécifiques :
      - Si vous exigez de la police qu’elle arrête tous les voleurs, alors il se produira inévitablement que, voulant bien faire, elle arrête aussi des gens innocents. Et si vous exigez d’elle qu’elle n’arrête que les voleurs, alors il se produira tout aussi inévitablement qu’elle laisse des voleurs en liberté.
      - Ou encore, si vous voulez que les réductions d’impôts profitent à tous les pauvres, il va se trouver des riches pour se faufiler dans le dispositif. Et si vous voulez âtre sûre qu’elles ne profiteront qu’aux pauvres, alors vous en laisserez sur le carreau.
      - On voit même assez vite grâce à ces exemples que plus un test est sensible moins il a de chances d’âtre spécifique, et inversement.

      La bandelette urinaire est un test sensible : la plage des leucocytes vire au violet dès qu’il y a des leucocytes vivants. Elle est nettement moins spécifique. Cela signifie qu’il faut en tirer des conclusions inverses de celles auxquelles vous pensez ; car puisque le test est sensible il signifie que quand il est négatif on peut affirmer qu’il n’y a rien. Par contre quand il est positif il y a quelque chose mais on ne sait pas quoi. La bandelette sert à économiser des analyses plus complètes : si elle est normale on ne va pas plus loin ; par contre si elle est positive il faut vérifier.

      Par rapport à la bandelette, l’analyse classique n’est pas tellement plus sensible : elle consiste (notamment) à observer les leucocytes au microscope, généralement de façon automatisée. Du coup elle verra ce que la bandelette ne voit pas : la présence de leucocytes qui ne sécréteraient pas les estérases détectées par la bandelette, mais il se produira que le système de lecture des leucocytes ne voit pas ce qu’il devrait voir, ou tombe sur une goutte d’urine où, fortuitement, il n’y a pas de leucocytes. Par contre elle est beaucoup plus spécifique : ce qu’elle voit ce sont les leucocytes eux-mêmes.

      Il en résulte que la stratégie de dépistage comprend obligatoirement deux temps :
      - On fait une bandelette pour éviter de faire inutilement un examen plus complet.
      - Et si la bandelette est positive, on va plus loin pour comprendre ce qu’il y a.

      Et c’est là que vous avez votre solution. Votre bandelette réagit, mais elle réagit hors délais. Vous ne pouvez donc pas vous rassurer, car vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a rien. Il vous suffit alors de procéder ainsi (et votre médecin sera d’accord, car il va vite comprendre l’intérêt de la démarche) ;
      - Faites-vous prescrire, à deux ou trois reprises, un examen classique.
      - Dans l’échantillon d’urines que vous allez porter au laboratoire, trempez votre bandelette et notez le résultat.
      - Voyez ce que dit le laboratoire.
      - Si le laboratoire confirme qu’il trouve des leucocytes (en quantité suffisante : l’urine normale peut contenir 10 000 leucocytes par ml ; c’est bien ce qui pose le problème de la spécificité, car quand la bandelette trouve des leucocytes il ne faut pas oublier que c’est normal ; donc quand elle en trouve on ne sait pas s’il y a une infection ; par contre quand elle n’en trouve pas on sait qu’il n’y a pas d’infection), alors vous pourrez penser que, même tardive, votre réaction est à considérer. Si par contre il n’en trouve pas, alors il vaudra mieux en revenir à l’attitude classique et ne considérer que les changements de couleur survenant au bout de 2 à 3 minutes.

      Mais j’insiste : de toute manière si la bandelette vire, vous n’êtes pas renseignée. Vous ne le serez que si vous arrivez à démontrer que dans votre cas chaque fois que la bandelette vire l’analyse complète trouve une infection, et que chaque fois qu’elle ne vire pas l’analyse complète est normale. C’est une opération statistique, qui exige donc un bon nombre (une dizaine) de vérifications, au terme de laquelle vous pourrez éventuellement vous dire que, décidément, la sensibilité et la spécificité des deux tests en ce qui vous concerne est équivalente.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 18 juillet 2011 à 02:01 , par gina

    Nous sommes en effets d’accord. Bien sur il serait toujours envisageable de retirer la sonde un peu plus tôt et d’effectuer des sondages évacuateurs si nécessaire. Mais malheureusement le retrait de la sonde est toujours prescrit à J24 par les mèdecins mais rien n’empêche d’entamer le dialogue sur ce sujet.
    Pour ce qui est du cathéter sus-pubien,il est très difficilement envisageable pour les patients de mon service car environs 60% sont sous anticoagulant de même pour les patients qui font une rétention urinaire moins de 48H après une thrombolyse, là aussi le cathéter n’est pas possible. Mais pour les autres pourquoi pas. Ce n’est, malheureusement pas moi, qui peut prendre la décision.

    En tout cas merci à vous pour cette discussion enrichissante.


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    • La bandelette urinaire Le 18 juillet 2011 à 19:39 , par Michel

      Merci à vous, au contraire. Il est réconfortant de constater en effet qu’au fond il n’y a pas de mystère, et que si on réfléchit on finit par tomber d’accord.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 17 juillet 2011 à 02:19 , par gina

    Autant pour moi, je ne vous ai pas donné tous les éléments et je me suis mal exprimée. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que la simple colonisation, n’est pas une raison suffisante pour retirer la sonde. Mais cela reste une porte d’entrée aux infections, donc plus vite nous la retirons mieux c’est. Je voulais dire que nous retirons les sondes à J24 afin de diminuer le risque d’une colonisation "pathogène" et non de la colonisation "bénigne"dont nous parlions. j’avoue avoir un peu dévié du sujet initial et de m’être emmêlée les pinceaux. J’ai bien compris que la prolifération bactérienne dont vous me parliez va, presque toujours, au bout d’un mois, induire une présence de leucocytes à la bandelette urinaire mais que cette présence de leucocytes ne doit pas à elle seule conduire à une interprétation d’infection urinaire notamment en l’absence de tout signes cliniques. Maintenant pourquoi J24 ?. C’est là que je ne vous ai pas tout dit, il n’y a pas que le risque infectieux qui rentre en ligne de compte et je ne voulait pas donner autant de détails mais soit. Il est estimé qu’il fallait un minimum de 24 jours pour que le patients, ayant subi un AVC et souffrant de rétention urinaire, ait repris une activité détrusorienne normale. (c’est un minimum, certains patients n’auront pas retrouvé une activité mictionnelle normale mais ils ne sont pas nombreux) . Donc si je résume on essaye de vraiment la laisser au minimum donc J24 : afin de diminuer le risque d’une infection urinaire, de réévaluer les troubles sphinctériens et surtout d’autonomiser le patient. Et si la rétention persiste et bien malheureusement on sonde à nouveau. Non heureusement pas de cathéter sus-pubien, c’est vraiment le dernier recours, lorsque le patient est insondable, d’autant plus que la plupart de mes patients sont sous anticoagulant.


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    • La bandelette urinaire Le 17 juillet 2011 à 11:49 , par Michel

      Comme cela nous sommes d’accord. Et nous arrivons donc à la conclusion, pour reprendre la question de départ, que la bandelette est (allez : le plus souvent) perturbée chez le malade sondé.

      Je n’aurais que deux remarques :
      - Puisqu’on s’accorde à dire que le risque infectieux n’est pas lié à l’acte de poser une sonde mais au fait de la porter (c’est ce qui fonde les autosondages), pensez-vous qu’on pourrait envisager de faire des retraits de sonde plus tôt qu’à J24 ? On ne laisserait ainsi que les sondes strictement nécessaires.
      - A tort ou à raison il me semble qu’en gériatrie tout au moins, quand on a le choix entre une sonde à demeure et un cathéter sus-pubien, il vaut mieux privilégier ce dernier.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 16 juillet 2011 à 18:19 , par Michel

    Nous sommes donc globalement d’accord, Gina.

    Je dis : "globalement", car il y a tout de même un point sur lequel j’accroche.

    Vous écrivez : "dans mon service une sonde urinaire est retirée à J24 précisément à cause de cette prolifération bactérienne.". Cela me pose une triple question :
    - La première est que, selon les études qui disent (ce n’est pas moi qui les ai faites) que chaque jour 3% des sondes sont colonisées, à J24 vous avez 72% de colonisation (un peu moins si vous prenez des précautions d’asepsie qui auront elles aussi leurs inconvénients). Il n’est donc pas très logique de choisir cette durée.
    - La seconde est que nous nous sommes mal compris : ce que je dis, et je ne suis pas seul à le dire, c’est qu’à un mois 100% des sondes sont colonisées, et que ça n’a aucune importance. Ce n’est donc pas une raison pour retirer la sonde.
    - La troisième est qu’on pose une sonde parce que le malade est en rétention d’urine (je persiste à penser que les autres indications sont confidentielles) ; Et on l’enlève dès qu’on peut faire autrement. Dans ces conditions, pourquoi J24 ? Si le malade n’est plus en rétention, pourquoi est-il resté sondé ? S’il est toujours en rétention, que faites-vous ? Un cath sus-pubien ? Pourquoi à J24 ?

    C’est sur ces questions que j’aimerais beaucoup vous lire.

    Bien à vous,

    M.C.


    Répondre à ce message

  • La bandelette urinaire Le 16 juillet 2011 à 17:37 , par gina

    Merci pour la rapidité de votre réponse. En effet je prends en charge des patients en phase aiguë de leur pathologie. Il est vrai que souvent j’ai pu détecter des hématurie microscopiques et généralement nous n’en tenons pas compte, comme vous le dites c’est un geste invasif. Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites que 100% sont colonisés au bout d’un mois quoique difficilement vérifiable car dans mon service une sonde urinaire est retirée à J24 précisément à cause de cette prolifération bactérienne. Je reste donc dans l’optique qu’il n’y aura pas de lien de cause à effet entre bandelette perturbée et sondage (hormis l’hématurie éventuelle) si la sonde a été posée dans de bonnes conditions d’asepsie et que l’on respecte le retrait de la sonde à J24. En tout cas je suis bien d’accord avec vous sur le fait qu’une bandelette perturbée ne peut à elle seule donner un diagnostic surtout si elle n’est pas accompagnée de signes cliniques. Je vous remercie encore d’avoir pris la peine de préciser votre réflexion.


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  • La bandelette urinaire Le 16 juillet 2011 à 01:17 , par gina

    Bonjour je suis infirmière depuis 2 ans, j’aurais voulu savoir ce que vous entendez par : la bandelette d’un malade sondé est toujours anormale.
    Cela m’intéresse car ,travaillant en service de neurologie vasculaire, je fait beaucoup de bandelettes urinaires sur des patients sondé du fait de rétention et je n’est pas constaté un lien de causalité entre sonde et bandelette urinaire anormale, pouvez vous m’éclairer ?


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    • La bandelette urinaire Le 16 juillet 2011 à 11:20 , par Michel

      Bonjour, Gina.

      Ce que j’entends par là est assez simple : le fait de placer une sonde urinaire revient à introduire un corps étranger dans l’urètre et la vessie. Et cela induit de manière quasi automatique des perturbations sur la signification desquelles il faut s’interroger.

      Par exemple il est bien rare que la présence d’une sonde ne s’accompagne pas de quelques traces de sang ; ou encore, on considère habituellement que chaque jour 3% des sondes urinaires induisent une colonisation bactérienne, ce qui fait que 100% sont colonisées au bout d’un mois.

      Et ces perturbations ne doivent pas être prises en compte ; une sonde urinaire n’est infectée que quand il y a des signes généraux ou locaux qui viennent indiquer qu’on sort de la simple colonisation.

      Votre question indique simplement deux choses :
      - Que, peut-être, vous travaillez dans un service qui prend en charge les malades dans leur phase initiale ; ils n’ont pas le temps de coloniser leur sonde ; mais cela viendra.
      - Qu’en médecine il est toujours imprudent de dire : "toujours". Mais cela ne retire rien à mon propos : chez le malade sondé, les perturbations de la bandelette ne suffisent pas à conduire le raisonnement thérapeutique. Tout au plus peut-on dire que si la bandelette est normale on a l’assurance que la situation l’est...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 10 mars 2011 à 02:10

    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre :) entre temps j’ai contacté la néphrologue en charge du dossier de mon garcon qui m’a confirmé que je doit vérifier seulement les protéines...qu’il n’y ai pas d’augmentation.
    Et j’ai remarqué que mon garcon ne boit pas suffisament dans une journée, ce qui expliquerai la densité urinaire et il mange énormément mais pauvre en sel, gras et sucre...p-e est ce la raison du ph a 8.
    Merci encore !
    Brigitte :)


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    • La bandelette urinaire Le 11 mars 2011 à 06:31 , par Michel

      Bonjour, Brigitte.

      Je suis heureux que la néphrologue ait pu vous rassurer.

      Sur les remarques que vous faites :

      mon garçon ne boit pas suffisamment dans une journée, ce qui expliquerait la densité urinaire

      Non : ce serait le contraire. Si le fait qu’il boive trop peu avait des conséquences, ce serait en provoquant une hausse de la densité urinaire, car son rein concentrerait les urines pour garder l’eau ; le syndrome néphrotique explique souvent la densité urinaire basse ; mais si cela avait des conséquences, ce serait une déshydratation dont la première manifestation est... la soif. Donc tout va bien.

      et il mange énormément mais pauvre en sel, gras et sucre... peut-être est-ce la raison du ph a 8.

      J’en doute. Mais la formation du pH est tellement complexe qu’il vaut mieux ne pas chercher d’explication dans ce contexte.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 7 mars 2011 à 19:56 , par brigitte

    Bonjour, mon garcon de 3 ans vien tout juste de sortir d’une hospitalisation de 8 jour (diagnostiqué syndrome néphrotique). La néphrologue a omis de me montrer comment fonctionne les bandelette urinaire. Je viens de faire un test et la densité est a 1.010 et le ph a 8. Pour ce qui est du reste négatif ou normal (sauf protéine qui est normalement présent avec le syndome néphrotique). Doit-je aller consulter en clinique pour une infection ou étant donné qu’il n’y a pas de corps cétonique cela me confirme qu’il n’y aurai pas d’infection. Et pour la densité quand est ce que je m’inquiete pour l’état de son rein ? Merci a l’avance
    Brigitte


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    • La bandelette urinaire Le 7 mars 2011 à 22:14 , par Michel

      Bonsoir, Brigitte.

      Je vais tâcher de vous répondre, bien que cela fasse un bon moment que je ne me suis pas occupé d’un garçon de trois ans ; d’habitude on fait démarrer le champ de la gériatrie un peu plus tard.

      Le syndrome néphrotique n’est plus une maladie grave, mais c’est une situation qui réclame un traitement soigneux. C’est pourquoi il me semble important que vous n’hésitiez pas à reconsulter la néphrologue en cas d’anomalie.

      Comme vous le soulignez, la présence de protéines est inévitable dans cette situation. il faut simplement en surveiller la diminution progressive, et cette diminution peut prendre du temps.

      Vous trouvez une densité urinaire relativement basse, c’est également lié au syndrome néphrotique, et cela va s’arranger ; notez simplement que ce paramètre est très dépendant des apports en eau.

      Le pH est alcalin, mais là aussi il n’y a pas grandes conclusions à en tirer car c’est une donnée très influencée par l’alimentation.

      Donc sur les données que vous apportez il n’y a aucun signe d’inquiétude.

      Le reste de l’analyse est normal ; notez simplement que la présence de corps cétoniques n’indiquerait en rien une infection urinaire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 20 mai 2010 à 15:33 , par Marion

    bonjour
    voilà deux jours que j’ai effectuée une bandelette urinaire. Elle y révélée des traces de protéines ainsi qu’une densité à son maximum.
    Pourquoi puis-je avoir des protéines dans les urines ?
    Au même moment ma glycémie etait de 0,88g.
    Est-ce que la densité est modifiée par le fait que je n’avais pas uriné depuis 6h30 (du matin) et qu’il était à ce moment là 12h ?
    merci beaucoup


    Répondre à ce message

    • La bandelette urinaire Le 20 mai 2010 à 21:04 , par Michel

      Bonsoir, Marion.

      Je serais tenté de vous répondre simplement :
      - Des traces de protéines dans les urines n’ont habituellement aucune importance.
      - La densité urinaire est d’abord influencée par les apports en eau. De plus quand le rein est malade il commence par perdre sa capacité à concentrer les urines : si la densité urinaire est élevée cela prouve en tout cas que votre rein n’a pas perdu son pouvoir de concentration.

      Donc ce que vous avez vu n’a aucune signification.

      Mais il y a tout de même quelque chose qui me tracasse : Pourquoi avez-vous fait une glycémie ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 8 mai 2010 à 17:39 , par guy

    ma femme a une descente de la vessie,quelle manipulation chirugical faittons pour maintenir tout les organes en place ?


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    • La bandelette urinaire Le 9 mai 2010 à 16:02 , par Michel

      Bonjour, Guy.

      Il est impossible de répondre à votre question. Les solutions chirurgicales dépendent uniquement des constatations faites lors de l’examen. Seul, donc, le chirurgien peut vous expliquer ce qu’il compte faire et pourquoi il compte le faire.

      Ce qu’on doit noter par contre c’est qu’il s’agit là d’une chirurgie qui a bien évolué, et donc les résultats sont devenus remarquables.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 13 avril 2010 à 12:34 , par Samar

    Mon test donne : nitrites + et tt est negatif meme les leucocytes. Etant enceinte de 7 mois , est ce que c dangereux ? c du a koi ??infection urinaire ??? je m inquiete en attendant le resultat de mon ECBU
    MErci bien


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    • La bandelette urinaire Le 13 avril 2010 à 21:43 , par Michel

      Bonsoir, Samar.

      Vous n’avez de toute manière aucune raison de vous inquiéter.

      Ces résultats de bandelette sont loin de suffire à prouver qu’il y a une infection, surtout en cas de grossesse où les perturbations des bandelettes sont assez habituelles.

      Et si jamais on trouve une infection urinaire, bien banale au cours d’une grossesse, elles sont très faciles à traiter avec un traitement simple.

      Ne vous faites donc pas de souci, et attendez tranquillement la suite.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • cherche information Le 21 décembre 2009 à 13:04 , par rima

    bonjour
    tout d’abord je tiens à vous remercier d’avoir pris la peine de me répondre mais je voudrais apporter quelques précisions : 1- en venant sur ce site je ne recherchais nullement un diagnostique mais juste une orientation pour éviter de passer à coté de quelques chose de grave juste par manque d’information ! 2- pour les bilans ils sont récents ils datent de quelques jours.Celui de 2008 j’en ai parlé car c’est le premier à avoir révéler des anomalies .3- en ce qui concerne le diabéto,sans vouloir le dénigrer il se trouve justement qu’il n’a pas attirer notre attention sur l’hématurie révélée deux fois par les bilans périodiques, ce qui fait que nous pensions que c’était anodin ! 4- actuellement mon mari est suivi par un nephro qui dit "qu’il n’ya pas le feu" mais il faut rester attentifs surveiller la symptomatique donc en utilisant les bandelettes urinaires je n’ai pas su interpréter les résultats de la densité urinaire quelle est la coloration qui doit m’alerter ! il ya effectivement une notice mais elle illisible et est rédigée en arabe !désolée d’avoir pris de votre temps et de l’espace mais nous habitons au fin fond des montagnes du nord de l’afrique et l’information FIABLE n’est pas disponible au coin la rue !mille merci


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    • cherche information Le 23 décembre 2009 à 09:58 , par Michel

      Bonjour, Rima.

      Comme cela, je comprends mieux.

      Mais je vais devoir rester très théorique.

      Sur la densité urinaire, je ne crois pas que ce soit un paramètre à surveiller : si elle doit bouger, elle le fera après l’hématurie et la microalbuminurie. D’autre part chez le sujet normal elle est très dépendante des apports en eau, ce qui fait qu’on ne peut s’en servir pour surveiller une situation. A votre place je l’oublierais ; et en particulier il est impossible de définir un seuil qui devrait vous alerter.

      Sur le diabétologue : je comprends qu’il ait accordé plus d’importance à la microalbuminurie (mais il s’agit par définition de taux d’albumine que la bandelette ne sait pas détecter) qu’à l’hématurie. Aurait-il du s’inquiéter ? N’a-t-il pas su se faire comprendre ? Peu importe : le néphrologue saura compenser cela.

      La seule question qui me semble se poser serait de savoir si la fonction rénale de votre mari, s’il est avéré qu’elle soit en danger, ne serait pas mieux protégée par un traitement par insuline. C’est une question à envisager, d’autant que le traitement par insuline apporte un confort incomparable en termes de sécurité et d’état général.

      Mais cela ne dit pas qu’il faut le faire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • sos urgent cherche conseil Le 17 décembre 2009 à 22:33 , par rima

    bonjour pouvez vous m’orienter svp
    voici les résultats du bilan de mon mari (46ans 1m82 85kg) du 10/10/2008 :
    glycémie à jeun : 0.98g/l ,hémoglobine glyquée 7.24
    triglycérides 2.86g/l cholesterol total:2.57g/L
    sang dansles urine :+ le diabéto l’a mis sous glucophage(3cp/j) fénofibrate(1cp/j) aspégic(1sachet/j)
    depuis son bilan gluc lipid est bon mais l’hématurie microscopique est toujours là sans aucun autre symptomes ! Voici les examens effectués
    colonoscopie normale( car anémie ferriprive hémoglobine:11.7 suite à la prise de celebrex durant 3 mois associé à l’aspirine),écho abdominale normale ECBU(abscence d’infection urinaire,nombreuses cellules épithéliales, globules rouges, nombreux cristaux ca++) électrophorèse (protides totaux:72g/l ratio:1.73) compte d’addis : GB:18514 Gr:7392) MICROALBUMINURIE:77mg/24h on est désorienté svp à qui doit on s’adresser mille merciiiiiiiii( avant cette date ses bilans étaient normaux)


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    • sos urgent cherche conseil Le 19 décembre 2009 à 09:19 , par Michel

      Bonjour, Rima.

      Il m’arrive souvent de rappeler qu’on ne fait pas de médecine sur Internet. Vous ne pouvez pas à la fois dire que votre situation est compliquée et croire qu’elle pourrait être élucidée par quelqu’un qui ne vous a jamais vue.

      Tout ce que je peux dire, c’est trois choses :

      - Sur les bandelettes : que vous n’avez peut-être pas compris comment cela fonctionne : sur l’étiquette du flacon vous avez des lignes avec des carrés de couleur ; il y a une ligne "densité urinaire" qui vous donnera la valeur correspondant à la couleur de la plage correspondante sur votre bandelette. Votre pharmacien vous le montrera.

      - Les analyses de votre mari sont vieilles d’un an ; il n’y a rien d’autre à faire que les recommencer.

      - "le diabéto"

      C’est la réponse à votre question : dans ce que vous écrivez il n’y a aucun argument pour penser que votre mari est mal soigné. C’est donc à votre diabétologue qu’il faut demander des conseils. Il vous expliquera la situation.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 17 décembre 2009 à 21:50 , par rima

    bonjour que signifie sur les bandelettes réactives une coloration jaune pour la densité spécifique des urines sachant que je présente une hématurie microscopique et une microalbuminurie de 77mg/24h merci


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  • La bandelette urinaire Le 4 février 2009 à 22:09 , par dalifa

    Bonjour,
    Merci pour ce beau rayon de soleil dans un ciel brumeux !
    Que pensez vous des sondages forcés pratiqués dans les ehpad. Est-ce un acte de maltraitance ?


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    • La bandelette urinaire Le 8 février 2009 à 19:47 , par Michel

      Bonsoir, Dalifa.

      Votre question a l’air simple. Je ne suis pas sûr que ma réponse le soit.

      J’ai presque envie de répondre tout simplement que, bien entendu, un sondage forcé est une maltraitance.

      Mais même cela, il faut le nuancer.

      Ce que j’affirme c’est que le sondage n’est jamais un acte anodin.
      - C’est agressif.
      - C’est une entrave majeure aux déplacements.
      - C’est une blessure narcissique.
      - C’est un risque majeur d’infection et de dénutrition.

      C’est pourquoi le sondage, notamment pour incontinence, doit toujours être mûrement pesé, et comparé aux étonnantes possibilités des nouvelles protections. Rappelons que les escarres, notamment sacrées, sont pratiquement une contre-indication au sondage urinaire. Rappelons qu’avant de poser une sonde il faut toujours se demander comment on va faire pour l’enlever. Rappelons enfin qu’en soins palliatifs le sondage pour incontinence ne se conçoit que si le malade se plaint, ce qui peut être le cas notamment si les mobilisations sont douloureuses sans qu’on puisse améliorer cette douleur. Bref qu’il s’agit de situations d’exception.

      Mais il y a aussi le sondage pour rétention d’urine. Ici la sonde est obligatoire, et doit être posée en urgence. Ce qui ne dispense nullement de se demander pourquoi elle a été nécessaire, et donc ce qu’on fera pour l’ôter. Cela signifie qu’il y a des situations où il va bien falloir poser de force une sonde au dément.

      Si donc vous entendez par "sondage forcé" une situation de rétention d’urine où il s’agit de sauver le malade sans qu’on puisse discuter avec lui, alors il ne s’agit pas de maltraitance. C’est simplement la seule solution.

      Si par contre vous avez en vue toutes ces sondes qu’on a posées sans réfléchir, ou toutes celles qu’on a gardées alors qu’il suffisait de les ôter pour s’apercevoir qu’elles étaient inutiles, alors oui, là vous avez cent fois raison.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La bandelette urinaire Le 20 janvier 2009 à 19:27 , par shikita

    Votre avis SVP

    A midi :

    GLU Négatif

    BIL Négatif

    CET Négatif

    DENSITE 1.005

    PH = 5.0

    PRO Négatif

    URO 0.2 mg/dl

    NIT Négatif

    SNG env 25GR/µl

    LEU env 500GB/µl

    Ce soir à 18H00

    GLU Négatif

    BIL Négatif

    CET Négatif

    DENSITE 1.010

    PH = 7.0

    PRO Négatif

    URO 0.2 mg/dl

    NIT Négatif

    SNG Traces

    LEU env 125GB/µl

    Brûlures post mictions et va mieux quand je bois...

    MERCI pour votre aide


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    • La bandelette urinaire Le 20 janvier 2009 à 19:42 , par Michel

      Bonsoir.

      Vous me montrez deux résultats de bandelette, qui mettent en évidence la présence de leucocytes. C’est souvent sans signification.

      Mais si vous avez des symptômes, le plus prudent est de vérifier par un examen en laboratoire. Consultez votre médecin, il vous guidera bien plus efficacement que je ne pourrais le faire.

      Bien à vous,

      M.C.


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Gériatrie, soins palliatifs - Michel Cavey (Michel Cavey)
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