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L’escarre : le soin

Un petit texte pour la formation des soignants

dimanche 5 mars 2006 par Michel

PRISE EN CHARGE DES ESCARRES

INTRODUCTION :

Un protocole n’a de valeur que s’il est appliqué à la lettre. Cela suppose que la fiche d’évolution soit correctement remplie, notamment quant au diagnostic de stade. Aucune exception ne peut être faite au protocole sans un examen médical. Toute exception fait l’objet d’une justification écrite. [1]

A l’entrée l’échelle de Norton doit toujours être appliquée.

Les diagnostics de stade doivent toujours être renseignés à chaque soin. On cote comme indiqué ci-dessous ; aucun commentaire n’est admis. [2]

Les fiches d’évolution ne sont jamais insérées dans le dossier du malade. Elles restent dans le classeur. Elles ne servent qu’au traitement des escarres. Un autre modèle sera créé pour les autres plaies. [3]

LES ETAPES DE L’ESCARRE :

On décrit l’escarre avec deux éléments :

Le stade :

Il y a quatre stades :
- Stade I : peau intacte présentant une coloration anormale.
- Stade II : altération de l’épiderme (moins de 1 mm d’épaisseur).
- Stade III : destruction de toute la peau sans atteinte des tissus sous-jacents.
- Stade IV : atteinte des muscles, tendons, os, articulations. [4]

La nature des dégâts :

- A. La phlyctène.
- B. La nécrose sèche.
- C. La détersion.
- D. Le bourgeonnement.
- E. L’épidermisation. [5]

Une escarre se décrit donc : III B, ou II D, etc...

Il peut se faire que l’escarre présente plusieurs zones d’aspect différent. Dans ce cas on peut coter par exemple III B + III C, etc...

LES MATERIELS UTILISES :
- Sérum salé. [6]
- Pansement hydrocolloïde, sous forme de plaque ou de pâte. La gamme choisie comprendra différentes formes adaptées aux différents sièges.
- Pansement alginate.
- Tulle corticoïde.
- Hydrogel.
Aucun matériel ne peut être utilisé sans diagnostic de stade (voir fiche de soins).

LE SCHEMA THERAPEUTIQUE :

1 : A l’entrée :
Application de l’échelle de Norton (voir annexe) :
- Si total > 13, fin de la procédure.
- Si total < 13, étape 2.

2 : Risque d’escarre :
- Bilan nutritionnel comprenant pesée hebdomadaire et surveillance alimentaire.
- Interroger le médecin sur l’opportunité d’un bilan biologique : Albumine, lymphocytes, protides, NFS.
- Si la surveillance alimentaire montre des apports suffisants (3/4 de la ration normale) : compléments alimentaires.
- Si la surveillance montre des apports insuffisants, discuter une alimentation entérale.
- Mobilisations (voir fiche technique).
- Posturations (voir fiche technique), en ajoutant décharges, cerceau, matelas anti-escarres...
- Prévention d’escarres (voir fiche technique).
Si succès de ces mesures : étape 1.
Si échec de ces mesures, étape 3.

3 : Rougeur :
- Vérifier l’application de l’étape 2.
- Exclusion d’appui sur la zone atteinte, inspection deux fois par jour.
- Réviser la stratégie en cas de fin de vie, ou de localisations spéciales.
Si succès de ces mesures, étape 2.
Si échec de ces mesures, étape 4.

4 : Phlyctène (A) :
- Les phlyctènes ne sont pas percées, sauf si elles sont sous pression ou sanglantes ; en général elles ne sont pas découpées : tout doit être fait pour laisser la peau en place.
- Renforcement des précautions sur les autres sites.

5 : Nécrose (B) :
- Lavage de la plaie au sérum salé.
- Si et seulement si il y a une plaque de nécrose sèche, hydrogel ?
- Hydrocolloïde, à laisser en place le plus longtemps possible.
- Pas d’autre soin, sauf découpage au bistouri dès que possible.

6 : Détersion (C) :
- Lavage de la plaie au sérum salé ; séchage soigneux.
- Hydrocolloïde, à laisser en place le plus longtemps possible.
- Si l’hydrocolloïde ne peut rester plus de deux jours en place, on peut utiliser l’alginate.
- Pas de prélèvement bactériologique, sauf en cas de fièvre ou d’aggravation.
- Si l’escarre est infectée, on ne peut utiliser les pansements classiques. Une discussion est à tenir, et on reviendra à des pansements avec une pâte à l’eau.

7 : Bourgeonnement (D) et épidermisation (E) :
- Lavage de la plaie au sérum salé, séchage soigneux.
- Hydrocolloïde laissé en place jusqu’à décollage spontané.
- Le tulle corticoïde peut être utilisé en cas de bourgeonnement excessif, mais seulement sur 48 heures.

Cas particulier : l’escarre sacrée :
- En cas d’escarre sacrée, et si on peut assurer six changes par jour, on ne met pas de sonde urinaire ; bandelette tous les jours.
- Eventuellement, traitement systématique de toute diarrhée (voir prescriptions anticipées de lopéramide).

PRÉCISIONS SUR L’EMPLOI DES MATÉRIELS :

L’hydrocolloïde et l’alginate ne peuvent être posés sur une escarre infectée.
Ces pansements doivent rester en place jusqu’à leur décollement.
Ils ne sont jamais recouverts par un autre pansement.
Si on décide de passer d’un type de pansement à un autre, la décision n’est pas remise en cause avant 15 jours, sauf avis médical.
Le nettoyage de la plaie respecte les règles suivantes :
- Éviter la douleur, en posant systématiquement la question.
- Éviter de faire saigner (modifications de la microcirculation locale).
- Éviter de frotter à la compresse (abrasion de la couche cellulaire de régénération).
- En cas d’escarre profonde, penser à utiliser le jet d’une douche (chariot-douche).

Documents joints


Notes

[1Il a toujours été clair qu’un protocole correctement conçu prévoit ses propres exceptions. Cela signifie que le soignant a toujours la possibilité de ne pas appliquer la stratégie prévue par le protocole. Ce qui lui est demandé alors c’est :
- De s’en rendre compte.
- De le dire.
- De prendre un avis médical, car si on se trouve hors protocole c’est que la situation est inhabituelle.

[2Cette consigne vise à promouvoir une réflexion scientifique.
Pour décrire l’escarre le soignant dispose, comme on le verra, d’une liste fermée de termes. Il lui est donc interdit d’utiliser des termes comme : « creusante », ou « fibrineuse », pour ne rien dire de « plus belle », ou : « vilaine ». En somme il doit remplacer une expression par un chiffre, une notation analogique par une notation digitale. Ceci lui impose des choix, des prises de position, et il arrive souvent que la notation digitale soit moins précise que l’analogique. Mais c’est le prix à payer pour entrer dans une démarche scientifique.

[3Il s’ensuit que si le soignant utilise une fiche escarre c’est qu’il a décidé que la plaie qu’il voit est une escarre, et non un mal perforant plantaire, ou un ulcère artériel...

[4On reconnaît là la notation internationale.

[5Cette cotation est personnelle. Elle n’est pas validée.

[6Il s’agit là d’une concession : chacun sait que l’eau du robinet suffirait.

37 Messages

  • L’escarre : le soin Le 7 juillet 2013 à 15:45 , par fabienne

    bonjours je suis infirmière en chirurgie, je m occupe actuellement d’un patient ayant subit une fracture de la hanche arrivé dans le service jeudi, il est alité avec une traction 3kg.
    Il est donc tout le temps en décubitus dorsal, il est très opposant au soins :toilette, change, prévention d’escarre et mobilisation, il est atteint de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, pour la douleurs il est sous daphalgan codéiné et morphine ALD que je fais enn systématique avant les soins. Ce matin en fesant la toilette avec ma collègue nous avons remarqué la présence d’un plaque violacé importante au niveau sacré mais qui parait superficielle(pas de nécrose sèche) j’ ai donc appliqué un pst hydrocolloide, matelas antiescarre, et mis à plat.(a part pour les repas), ma collègue me disait qu ’ elle aurait utilisé un gel décapant mais cela me semblait un peu abrasif car c’est étendu mais très superficiel. Le patient sera pris au bloc demain, que me conseillez vous ???? Ai je prie la bonne désision ????


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    • L’escarre : le soin Le 13 juillet 2013 à 11:30 , par Michel

      Bonjour, Fabienne.

      Je crois que vous m’avez décrit une des pires situations qui puisse arriver en matière d’escarres.

      D’abord, regardons ce que nous savons du malade.

      Il s’agit d’un patient Alzheimer à un stade avancé. Quel âge a-t-il ? Quel était son degré d’autonomie antérieur ? Pourquoi ne l’a-t-on pas opéré d’emblée ? Quel était son comportement avant sa chute ? Pourquoi est-il tombé ?

      Vous me dites qu’il va passer au bloc. Je suppose que c’est pour traiter sa fracture. Il semble donc qu’on espère le remettre debout. Dans ce cas nous sommes en présence d’un patient qui avait jusque là une certaine autonomie, et qu’on envisage de guérir. Est-ce réaliste ? Je ne sais pas, mais toute la suite dépend de ce point.

      Pourquoi est-il agité ? Je vois quatre types de raisons :
      - Il l’est de façon permanente.
      - Il ne comprend pas ce qui lui arrive.
      - Il est tombé à cause d’un trouble intercurrent (infection, hypotension, trouble coronarien, fécalome enfin toute la liste des causes de chute chez le sujet âgé), et cette cause est elle-même source d’inconfort.
      - Ou, tout simplement, il a mal. Et il a certainement mal avec une fracture de hanche. C’est important parce que si c’est le cas alors le Dafalgan codéine a toute chance d’être un peu léger. Vous pourriez avoir une indication dans ce sens en observant si la morphine que vous lui administrez avant les soins le calme ou non (mais en n’oubliant pas que la morphine calme aussi les patients qui n’ont pas mal ; et en n’oubliant pas davantage que chez un dément bien désorienté on ne s’étonne pas qu’il s’agite quand on lui fait subir quelque chose d’aussi inanalysable qu’une traction continue ; rien que pour ces raisons l’indication opératoire me semble bonne : je consens que le chirurgien n’agira pas de gaieté de cœur, mais le choix est entre tuer le malade sur la table et le laisser mourir dans des conditions très difficiles ; autant dire une discussion bénéfice/risque qui serait tout sauf commode).

      A part ça vous ne me dites pas s’il mange, mais je crains de connaître la réponse. Bref, vous avez tout contre vous.

      Et l’escarre sacrée est déjà là. Elle est venue vite. Elle est encore stade I, du moins elle l’était quand vous avez écrit votre message. Elle évoluera, elle s’aggravera, elle s’étendra, c’est déjà dans les tuyaux. Je vous dis cela car rien n’est plus culpabilisant que de voir une escarre s’étendre malgré les soins. En réalité les dégâts de l’escarre sont toujours plus étendus que ce qu’on voit, et quand on voit une escarre sacrée de 5 cm de diamètre on est déjà assuré que quoi qu’on fasse elle sera de 7 à 8 cm.

      Sur le soin, je persiste à penser que tant qu’il y a de la peau on la laisse.

      Quand il y a une plaque de nécrose la question se pose de l’enlever. Personnellement j’ai toujours eu une attitude très prudente à ce sujet, d’ailleurs je ne suis pas sûr qu’on trouve dans la littérature d’arguments objectifs prouvant l’efficacité des décapages. Ma proposition est d’humidifier la plaque, et de retirer au bistouri ce qui s’en va. Tout dépend du pronostic : si le malade est en voie de guérison, on peut être un peu plus agressif ; s’il ne l’est pas (et je crains que ce ne soit le cas ici) on est vite limité par l’interdiction de faire mal.

      Se pose la question de l’Elase ou assimilés. La position officielle est qu’on ne doit pas les utiliser. Il est vrai que ce sont des produits qui vont décaper non seulement ce qui gêne le bourgeonnement mais aussi ce qui bourgeonne. Par ailleurs ils ont leur propre nocivité. Mais l’expérience me semble montrer que moyennant beaucoup de discernement et une remise en question permanente, on peut les utiliser.

      Mais le problème essentiel est de soulager la pression sur l’escarre.

      Vous avez mis un matelas. C’est une bonne chose si du moins il s’agit d’un matelas très performant. Les matelas anti-escarres sont efficaces en prévention, en traitement c’est une autre affaire.

      La seule option (mais elle ne peut guère s’utiliser qu’avec un matelas standard est de supprimer la pression sur le sacrum en fabriquant ce qu’on appelle un canoë.

      Ce serait bien plus simple si je pouvais vous faire un dessin, mais c’est impossible. Je vais donc essayer de vous décrire ce qu’il faut faire.

      La position canoë suppose que le patient ne soit pas trop recroquevillé.

      Prenez :
      - Deux traversins.
      - Un drap plié ou une grande alèse.
      - Plusieurs oreillers.
      - Une collègue.

      L’objectif est de faire que le malade repose sur les deux traversins posés longitudinalement.

      Votre collègue se place à la gauche de la malade ; elle met un genou sur le lit (pour éviter de se faire mal) ; elle saisit le malade par l’épaule et la hanche droites et l’attire à elle, jusqu’à ce que le patient soit strictement de profil ; il se trouve sur son flanc gauche. Évidemment, pas question de faire ça chez un malade non opéré, ou alors avec pas mal de morphine.

      Vous placez alors le drap : le milieu du drap est à la hauteur de l’épine dorsale ; une moitié du drap est en accordéon dans l’angle entre le lit et le corps du patient, l’autre moitié est sur son flanc droit ; puis vous calez le traversin en long : il part de l’épaule gauche du malade de descend le plus bas possible.

      Vous installez ensuite le second traversin sur le lit, de façon que quand le malade reviendra sur le dos il ait un traversin de chaque côté de son épine dorsale. Vous allez alors ramener le malade sur le dos.

      Si vous réussissez l’ensemble de cette manœuvre, vous voyez que le malade repose sur le drap, puis sur les traversins, qui dessinent une sorte de canoë. Il ne vous reste plus alors qu’à prendre les bords libres du drap et les enfoncer profondément sous les traversins : si vous ne le faisiez pas, ils auraient tôt fait de s’écarter. Mais de cette manière vous avez un dispositif autobloquant.

      Et avec les oreillers vous allez finir de caler votre malade : sous la nuque, car elle est dans le vide ; sous les mollets, car les traversins ne sont pas assez longs, etc.

      Voilà ; c’est simple, et c’est une des multiples trouvailles d’Yves Gineste.

      Essayez d’abord en prenant une troisième collègue comme cobaye. Vous constaterez que c’est une position très confortable, qui est la seule susceptible de mettre le sacrum en apesanteur, ce qui est la condition essentielle pour espérer guérir l’escarre.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 28 février 2011 à 23:55 , par larbi abdeldjebar

    bonsoir je suis un infirmier au sud de l’algerie j’ai ma charge un malade avec ecarre stade 4 par manque de moyen je ne sais pas vraiment quoi pour la cicatrisation d’un escarre profond merci pour votre aide et conseil


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    • L’escarre : le soin Le 1er mars 2011 à 22:20 , par Michel

      Bonsoir, Larbi.

      Comme je l’ai écrit, il me semble qu’il y a trois points à considérer.

      Le premier est celui du traitement local de l’escarre. C’est là-dessus que les efforts et les dépenses se concentrent et on a bien tort. Surtout dans la situation où vous vous trouvez, sans moyen financier, j’irais jusqu’à dire que le pansement n’a aucune importance. Et selon le mot célèbre du Pr Vilain, on ne met rien sur une escarre, et surtout pas le patient. En pratique ce qui importe c’est de laver l’escarre, et de le faire à l’eau du robinet, si possible sous la douche ; le jet de la douche assurera une détersion douce tout à fait efficace. Ensuite un pansement le plus simple possible, par exemple des compresses et une pâte à l’eau (tout le problème est de retirer les compresses pour refaire le pansement, car il ne faut surtout pas arracher les tissus. Le mieux est donc de doucher la plaie jusqu’à ce que les compresses tombent). Et si vous n’avez pas assez de compresses, ou pas de pâte à l’eau, vous auriez parfaitement le droit de ne pas faire de pansement du tout.

      Le second point est que le malade ne doit à aucun prix être couché sur son escarre.

      Le troisième point est qu’il faut comprendre comment l’escarre est venue, car c’est là que se joue l’avenir du malade :
      - Quelles sont ses possibilités de mobilisation ?
      - Quel est son état nutritionnel ? Peut-on l’améliorer ?
      - Y a-t-il eu une affection aiguë ? Est-elle guérie ?

      Car si les causes de l’escarre persistent, ou si on ne peut pas améliorer l’état général du malade, alors vous n’avez aucun moyen de le guérir.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 13 décembre 2010 à 19:39 , par Barbara

    Bonsoir
    Suite a une intervention du rachis, j’etais donc positionnée sur le ventre pendant 7 heures sur la table d’opération. Mon menton n’a pas été assez protégé... Je me réveille avec un escarre au menton, ce qui n’a pas du tout inquiété le chirurgien.
    Je n’ai été soigné que 4 jours apres l’intervention !
    Actuellement en centre de convalescence on me met du DUODEPM hygrogel 15g avec un comfeel.
    Les infirmières ont commencé à retirer de la fibrine, mais au bout de trois semaines, cela reste toujours "moche".
    Est-ce suffisant ? Vais-je garder une cicatrice ?
    Merci de votre réponse.


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    • L’escarre : le soin Le 13 décembre 2010 à 23:22 , par Michel

      Bonsoir, Barbara.

      Je vous répondrais mieux si je voyais la situation.

      Mais à première vue, si vous n’avez pas d’autre problème de santé que votre trouble vertébral, alors une escarre, surtout placée sur une zone qui n’est pas une zone de pression, ne peut que guérir. A quel rythme ? C’est une autre affaire. Mais elle va guérir.

      Y aura-t-il une cicatrice ? Cela se peut. Mais ce n’est nullement obligatoire, et s’il y en avait une les possibilités de réparation à cet endroit sont très grandes.

      Je ne m’inquiéterais donc pas outre mesure pour l’avenir. Même s’il y a de quoi être très contrarié de cet incident.

      Bien à vous,

      M.C.

      Bonsoir Suite a une intervention du rachis, j’etais donc positionnée sur le ventre pendant 7 heures sur la table d’opération. Mon menton n’a pas été assez protégé... Je me réveille avec un escarre au menton, ce qui n’a pas du tout inquiété le chirurgien. Je n’ai été soigné que 4 jours apres l’intervention ! Actuellement en centre de convalescence on me met du DUODEPM hygrogel 15g avec un comfeel. Les infirmières ont commencé à retirer de la fibrine, mais au bout de trois semaines, cela reste toujours "moche". Est-ce suffisant ? Vais-je garder une cicatrice ? Merci de votre réponse.


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  • L’escarre : le soin Le 2 novembre 2010 à 23:54 , par aline

    j’aimais mon mari plus que tout et aujourd’hui je peine a y faire face car jamais je n’oublierais ces médecins là jamais je n’oublierais leurs paroles il ne savent pas a qu’elle point ils peuvent blésséemais peut-etre qu’un jour se seras eux a ma place et peut -etre que eux non plus ne comprendront pas au revoir et merci a vous


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    • L’escarre : le soin Le 3 novembre 2010 à 22:37 , par Michel

      Merci de votre confiance, Aline.

      L’amour que vous portez à votre mari se lisait dans tout vos messages. Je ne crois pas que les lecteurs de ce forum l’oublieront.

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 2 novembre 2010 à 21:12 , par aline

    c’est encore moi:ce que je voudrais savoir :mon mari est arriver au centre hospitalier avec a son admition un score de glagow a 15 et après l’opération et son retour son score de glasgow était de 10(E4,V1,M5)avait-il un cerveau a ne plus rien comprendre (anévrisme cérébrale)


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    • L’escarre : le soin Le 2 novembre 2010 à 22:11 , par Michel

      Bonsoir, Aline.

      On ne peut pas répondre précisément à votre question.

      Très grossièrement, le score de Glasgow est un outil qui sert à évaluer la profondeur des comas ; c’est assez sommaire. Tout ce qu’on peut dire c’est qu’à 10 on a déjà des troubles de la conscience importants. Mais cela signifie pas qu’on n’a plus de conscience du tout. Difficile de savoir dans ces conditions ce que votre mari pouvait connaître de sa situation.

      Il faut cependant ajouter que s’il a été opéré d’un anévrysme cérébral (et non aortique comme je l’ai cru), cela signifie qu’il a fait une hémorragie intracrânienne qui a ajouté ses propres perturbations à celles du coma. Donc il y a lieu de penser que ses possibilités de se rendre compte de la situation étaient très limitées.

      Du coup on comprend mieux ce qui s’est passé. Attention : comprendre n’est pas excuser.

      L’équipe qui l’a eu en charge a considéré que la cause était perdue. Plus je vous lis et plus je pense que j’aurais probablement fait le même pronostic.

      Après, la question est de savoir ce qu’on fait. Et il y a deux choses importantes.

      La première, c’est que quand on a en charge un malade en fin de vie, il faut redoubler de soins : pas question de tolérer le moindre inconfort ; j’ai coutume de dire que quand l’équipe dit : "On ne fait plus rien", cela signifie qu’elle va avoir encore plus de travail. Cela suppose :
      - Un savoir faire que tout le monde n’a pas.
      - Un temps que tout le monde n’a pas.
      - Un état d’esprit que tout le monde n’a pas.

      Ce que vous décrivez fait penser que l’équipe qui a soigné votre mari n’avait pas, ou pas assez, ces trois éléments. Mais sans doute ils ont fait comme ils ont pu, comme ils ont su ; et ils ne savaient pas. Et il faut ajouter aussitôt que le jugement qu’on peut avoir est fortement perturbé par la souffrance de l’entourage : même si l’équipe fait de son mieux, même si elle arrive à réduire considérablement les inconforts du malade, le peu qui reste est bien souvent insupportable pour ceux qui l’aiment. Et comment pourrait-il en aller autrement ?

      La seconde chose est que dans ce genre de situation il est impératif d’avoir avec l’entourage une communication impeccable. Et on retrouve là les mêmes difficultés : savoir-faire, disponibilité, état d’esprit.

      Ne vous méprenez pas : j’ai des souvenirs avec lesquels je ne suis pas à l’aise. Je ne vais donc pas donner des leçons à qui que ce soit. Tout ce que je peux dire c’est que votre observation sur l’équipe est probablement très juste. Je veux dire par là qu’effectivement si les médecins ont fait ce métier, ce n’est pas pour regarder la mort mais pour lui tourner le dos ; la peur de la mort est très fréquente dans cette profession, et cela induit des réactions aberrantes, comme celles que vous avez notées. Je le répète : ce qui est certain dans ce que vous racontez, c’est que la communication a été un échec. Il arrive que cet échec soit inévitable, et j’ai mon lot de critiques qui m’ont été adressées et que je persiste à trouver injustes ; mais si j’ai encouru ces critiques, c’est que je n’ai pas su trouver la bonne solution ; peut-être n’y en avait-il pas. Mais quelles qu’en soient les raisons un échec est un échec.

      Et quand vous soupçonnez chez tel ou tel médecin une peur d’être déstabilisé, je crois sans peine que vous voyez juste. Mais que dire de plus ? Deux choses sans doute :
      - La première est qu’il faut garder à l’esprit que les médecins maladroits, les médecins en souffrance sont plus nombreux que les médecins méchants ou négligents. Il faut avoir pitié des médecins.
      - Mais la seconde est que le but de la médecine n’est pas de soigner les médecins.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 2 novembre 2010 à 19:28 , par aline

    monsieur michel tout d’abord merci pour les réponse mais a part cette histoire de blouse moi je n’est rien dit c’est leurs comportement qui me choque meme si la personne on sait qu’elle va mourir pourquoi l’orsque l’on pose une question on vous répond (on priviligie les jeunes il se retape plus vite )pour moi ces médecins ne devrais pas etre médecin pour moi se sont des médecin assis que sur leurs connaissance avec la peur qu’on leurs amène qu’elques choses de nouveau et que sa les déstabilises encore merci aline


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  • L’escarre : le soin Le 1er novembre 2010 à 08:49 , par aline

    mais avait-il le droit de me répondre de tel choses un médecin a osée me dire que si je portait plainte que mon mari et moi allions nous les mettre a dos )que c’était des soins de confort que d’autre attende la place on ma convoque pour me dire ce quil avait je le savait déja par l’autre hopital et l’orsque je voulais posée des question (on ne vas pas ouvrir un bureau qui est fermer a clées car ce médecin avait toujours la clée dans poche ou on n’a pas le temps et il était assis dans un fautieul dans le couloir manque d’eau bocal ocygene demandée a 13h remis q’ua 19h20 alors langue comme calloux jai remédié a cela et revenu c’est revenu normal si il avait fait sous lui avait-il le droit de venir pour les soins repartir et ne pas le nettoyer me rire au nez quand je les fait savoir -pas de toilette j’uste rasée avec mousse rester dans les oreilles dans le nez nourriture et médicament sur la tablette plein soleil tout les jours je pense que je génait merci de m’avoir permit de parler de cela car je vit avec tout cela et n’est qu"une idées ne plus ouvrir les yeux sur cela il a du souffrir de cela car je l’ai vue pleurde leurs comportement a coté une demamdais aboire mais personne venait morte aussi mais c’est leurs parole contre la notre est-il normal d’etre traiter de carialle par un médecin etranger moi qui a aucune souche etrangère merci de donner de votre temps a des gens dans un grand d’ésarrois


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    • L’escarre : le soin Le 1er novembre 2010 à 19:43 , par Michel

      Bonsoir, Aline.

      Le médecin avait-il le droit de vous dire que

      si je portais plainte que mon mari et moi allions nous les mettre a dos ?

      Non, bien sûr. Mais ce qui est important à noter c’est que vos relations à ce moment-là étaient déjà très dégradées. Et quand on en arrive à des relations de cette sorte, il n’y a plus grand-chose à espérer. Il faut tout faire pour éviter ces conflits, et c’est là un problème qui se pose à tous les établissements hospitaliers ; il faut savoir que c’est très difficile.

      On vous a dit par ailleurs que les soins prodigués à votre mari étaient des soins de confort ; cela signifie que pour l’équipe qui s’en est occupé, la situation était désespérée. Force est de reconnaître que la suite a confirmé ce pronostic, avec cependant deux réserves :
      - Quand on décide d’abandonner le combat, il ne faut pas s’attendre à le gagner ; et c’est tout le problème de la lutte contre l’acharnement thérapeutique.
      - Même si l’équipe a eu raison de décider qu’il ne fallait pas s’acharner, cela ne veut pas dire qu’elle a prodigué des soins palliatifs de qualité. Mais sur ce point, naturellement, je ne peux rien savoir.

      Le reste de votre mail décrit des manques dans la prise en charge. Il faudrait pouvoir les replacer dans leur contexte ; mais ce que je dirais c’est que d’une part vous avez raison de vous en trouver scandalisée, mais d’autre part il arrive que ces reproches doivent être nuancés. Je me souviens d’un scandale qui m’avait été fait par une famille qui avait trouvé sa parente nue sur son lit. Je comprends sans peine qu’elle ait été choquée ; mais comment lui faire comprendre que c’était la quatrième fois de l’après-midi que l’équipe la rhabillait, et qu’une soignante était sortie de la chambre à peine dix minutes avant ? Beaucoup de conflits viennent de ce que les soignants ont les apparences contre eux, alors qu’ils ont donné des soins consciencieux.

      Mais je vous accorde sans peine qu’il y a de mauvais hôpitaux, et de mauvaises équipes.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 31 octobre 2010 à 20:38 , par ALINE

    suite a votre reponse mon mari est revenu de cet anevrime il me reconnaissait se dandinait dans sont fautieul bien sur il avait des sequelles comprenait entendait suite a la klebziella urinaire j’ai fait faire en fevrier une analyse qui etait négative et encentre hospitalier jusqua sa sortie au domicile il mon dit qu’il etait ecore infecté ce qui etait faut et mon médecin lui a fait nétoyer les escares mon médecin c’est ce quil se passe dans cette hopital notre hopital n’a pas une bonne réputation mon mari a ete très mal soigné la chanbre 5jour sans etre faite pour un isolement hélas il est décédé 12 03 2010 SEPTICEMIE


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    • L’escarre : le soin Le 31 octobre 2010 à 23:17 , par Michel

      Bonsoir, Aline.

      Ce que vous dites dans ce second message clarifie hélas beaucoup la situation.

      Car si je vous lis bien, à la suite de l’intervention votre mari présentait de graves séquelles motrices. Vous ne m’avez pas dit clairement de quel anévrysme il s’agissait, mais je suppose que c’était un anévrysme de l’aorte, et quand ils sont opérés en phase de rupture, c’est une intervention très lourde.

      Toujours est-il qu’il s’est retrouvé confiné au fauteuil, et avec très probablement des troubles généraux importants : vous écrivez : il me reconnaissait se dandinait dans sont fauteuil bien sur il avait des séquelles comprenait entendait, ce qui me pousse à croire, par exemple, qu’il avait de gros problèmes de parole.

      Dans ces conditions on comprend mieux que les médecins aient été pessimistes. Qu’ils aient eu raison est une autre affaire, que les soins aient été adaptés n’est pas certain. Mais ce qui l’est c’est qu’ils avaient des motifs de croire que la rééducation était illusoire, et que les escarres ne se fermeraient pas.

      En ce qui concerne l’infection urinaire, il est fréquent que les résultats d’analyse en soient variables. En principe les laboratoires hospitaliers disposent d’équipements et de moyens qui leur permettent des analyses plus approfondies qu’en ville ; mais surtout, il y a une règle absolue dans ces questions : si votre analyse trouve une bactérie, vous savez qu’elle y est (ce qui ne veut pas dire qu’il faut la traiter) ; si par contre vous ne trouvez rien, cela ne prouve absolument pas qu’il n’y a rien ; donc, quand une analyse trouve une bactérie alors qu’une autre ne trouve rien, c’est la première qui a raison.

      Votre médecin a jugé qu’il fallait ôter la nécrose des escarres. Il avait des arguments pour cela, et il a donc bien fait. Malheureusement cela n’a pas suffi à modifier l’évolution, parce que la situation générale était sans doute trop compromise.

      Reste la question de la septicémie. Dans une situation comme celle que vous décrivez il est impossible de dire à quoi elle a été due : il y a au moins trois hypothèses :
      - Une généralisation de l’infection urinaire, ce qui tendrait à prouver qu’elle existait bel et bien.
      - Une contamination du sang par les germes des escarres. C’est malheureusement possible, et on sait que c’est le risque qu’on doit accepter quand on décide de les nettoyer.
      - Une autre origine, et chez le patient grabataire les causes ne manquent pas.

      Dans ces conditions je ne trouve aucun argument pour dire que l’un ou l’autre a pris de mauvaises décisions. Ce qui en revanche demeure c’est que vos relations avec l’équipe hospitalière n’ont pas été bonnes, et que cela a dû engendrer pour vous beaucoup d’angoisse et de souffrance. C’est dommage, et les professionnels ont encore bien du chemin à parcourir pour éviter ces souffrances inutiles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 31 octobre 2010 à 16:29 , par aline

    svp peut-on laisser la nécrose d’un éscare sans l’enlever et laisser des éscares stade 4 sans protection froter après des draps et le lendemain me dire on lui a bandés les pieds car il les frotes sur le draps et je voyais mon mari souffrir lorsque il bougeais les pieds sur les draps alors qu’on venait de me dire que c’était une porte aux bactéries svp peut-etre pouvez vous me répondre a une autre question mon mari avait 73ans et dans un hospital suite a une rupture d’anevrisme dans le premier pour l’opération tout s’est bien passée mais après retour dans l’hopital du domicile des horreur envers mon mari de la part des médecin il avait besoin de kiné la réponse pourquoi de la kiné (on le remue tout les matin en lui fesant sa toilette) il avait besoin de réeducation la réponse toujours de (il n’y a que dans le sud de la france que l’on prend les vieillards) un jour il fait une sub occlusion sa lui ressortait par la bouche j’ai appelé l’infirmière qui n’est pas venu alors comme sa s’emplifiait j’ai été la cherché elle m’a rit au nez est venue et me dit lorsque l’on a des petits griefs avec la famille c’est le malade qui paye(pour une histoire de blouse) car il avait attrapé une pneumonia a staphylocoque pulmonaire et klebziella urinaire je leurs est demandé de se mettre d’accord car je devais en porté une et le l’endemain je ne devais pas en porté etc...


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    • L’escarre : le soin Le 31 octobre 2010 à 20:05 , par Michel

      Bonsoir, Aline.

      Ce qui ressort de votre message, c’est surtout une grande détresse, qui me semble provenir d’un malentendu : la question centrale est de savoir quelle idée on se fait de l’état de votre mari, du pronostic de sa ou ses affections, et donc de ce qu’il convient réellement de faire. Il y a visiblement un problème de communication, et des explications qui ne vous ont pas été données.

      Dans ce cas vous ne devez pas oublier que ces explications vous sont dues. Et si vous êtes en conflit avec l’équipe soignante, il est nécessaire de le trancher. Et la première question serait d’avoir l’opinion de votre mari. Qu’en dit-il lui-même ? Car s’il est capable de dire quelque chose sur la situation, alors ce qu’il dit et désire s’impose à tout le monde.

      Ce préalable est important, car tout mon problème ensuite est de savoir si et dans quelle mesure cette difficulté de communication avec l’équipe pèse sur l’idée que vous vous faites de la situation. Cependant je vais essayer de vous répondre point par point.

      La question de l’escarre tout d’abord. Si on pense que l’escarre peut guérir (parce que l’état général du malade est bon, parce qu’il recommence à marcher, parce qu’on n’a pas de souci nutritionnel), alors il faut être très agressif, et bien sûr il faut enlever la nécrose. Et le plus efficace est de la retirer au bistouri, ou s’il le faut au cours d’une intervention chirurgicale en règle. Cela suppose des soins très techniques, une très bonne prise en charge de la douleur, bref, cela ne se fait guère en dehors des services très spécialisés.

      Mais si on pense que l’escarre de toute manière ne guérira pas, alors il faut laisser la nécrose en place : l’enlever ne servirait à rien, et on imposerait au malade des douleurs inutiles.

      Après, le problème des escarres talonnières est qu’il est très difficile de trouver un pansement correct : les pansements d’escarre ne doivent pas être recouverts pas un autre pansement, sinon ils perdent une bonne part de leur efficacité ; mais si on ne les recouvre pas ils ne tiennent pas. Il faut donc se lancer dans des bricolages plus ou moins compliqués pour concilier ces deux impératifs opposés. En tout cas laisser des escarres frotter sur des draps est évidemment une solution de désespoir, qu’on peut accepter si on a essayé tout le reste, et uniquement dans un contexte assumé de soins palliatifs.

      Naturellement il y a la question des bactéries ; et si on laisse une escarre frotter sur les draps, le risque d’infection est augmenté. Mais je ne suis pas certain que ce soit là le problème essentiel : si on n’arrive pas à mettre un pansement correct (et il peut se faire que ce soit impossible), alors l’évolution de l’escarre sera très mauvaise, et le risque infectieux ne représentera qu’une petite partie des ennuis.

      Je me demande s’il ne s’est pas passé autre chose.

      Les soignants ont mis un pansement. Mais, comme je vous l’ai dit, cela n’a pas tenu ; alors vous avez vu votre mari sans pansement ; cela ne veut pas dire que les soignants n’en avaient pas mis un. Et le lendemain ils ont adopté un pansement plus solide.

      La question de la rééducation est encore plus difficile. Ce que les médecins vous disent c’est qu’ils ne croient pas que votre mari puisse bénéficier d’une rééducation, soit parce qu’il est atteint d’une maladie trop sérieuse, soit parce qu’il est actuellement trop faible. Il arrive très souvent que l’entourage du malade se fasse des illusions sur ses possibilités de rééducation. Mais il peut arriver aussi que les médecins sous-estiment les capacités du malade.

      Ce qui m’inquiète c’est que pour avoir des escarres talonnières stade IV il faut que votre mari soit dans un état général assez mauvais, ce qui rend sceptique sur son aptitude à remarcher. La question que j’aimerais vous poser là est de savoir si on a fait un bilan gériatrique approfondi. En tout cas les réponses qu’on vous a faites sont absurdes : le fait de le remuer tous les matins qui va lui servir de kiné, et il n’y a pas que dans le sud qu’on rééduque les gens. Il faut donc qu’on vous dise clairement qu’on a fait une évaluation de ses possibilités motrices et qu’on a conclu qu’il ne tirerait aucun bénéfice d’une rééducation : malheureusement cela se produit souvent.

      La question de la subocclusion est moins grave, car ce sont des choses qui se règlent assez facilement. Mais ce que vous racontez témoigne d’une grave dégradation de vos relations avec l’équipe, et cela est toujours très difficile à vivre pour tout le monde.

      C’est pourquoi il me semble qu’il faudrait d’abord assainir cette relation. Il y a des malentendus, des méfiances de part et d’autre, c’est inconfortable et dangereux. Normalement il y a un médecin conciliateur dans l’hôpital, il faudrait aller le voir, qu’il vous aide à rencontrer l’équipe soignante dans une autre position ; et qu’on vous explique mieux pourquoi la stratégie est ce qu’elle est.

      Mais il n’est guère possible de vous en dire plus, car d’un côté vous avez raison de vous demander si votre mari bénéficie de tous les soins auxquels il peut prétendre, soit que l’équipe fasse preuve de négligence (on sait bien que cela se produit), soit qu’elle fasse une erreur d’analyse (cela se produit aussi) ; d’un autre côté il est très possible que l’état de votre mari soit pire que vous ne pensez, et que l’équipe ait raison de ne pas adopter une attitude inutilement agressive.

      C’est pourquoi il me semble indispensable de recourir à un arbitre.

      Merci de me donner de vos nouvelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 18 septembre 2010 à 18:31 , par michele bauché

    bonjour,michele.ma maman a la maladie de parkinson .elle est dans un foyer depuis 4 ans,elle a perdu 16 kgs en un an ,nous sa famille allons tres souvent la faire manger mais quand elle reste seule au foyer elle ne mange pas regulierement car trop endormie .elle a souvent des rougeurs qui apparaissent sur le coude ou talon et en ce moment c est sur le cote du pied , c"est rouge vif et au centre violacé ,j ai peur que ça creuse et que ça se tranforme en escarre,je l"ai signalé à l équipe plusieurs fois mais rien n" est mis en place ,je masse ses pieds et ses jambes avec du dexeril ,pouvez vous me dire ce que je peux faire de plus.merci pour votre réponse.


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    • L’escarre : le soin Le 20 septembre 2010 à 08:07 , par Michel

      Bonjour, Michèle.

      Ce que vous décrivez est assez classique, et je ne suis pas sûr que vous ayez beaucoup de moyens d’action. Vous avez en effet affaire à une patiente grabataire et dénutrie. Dans ces conditions les circonstances sont réunies, et ce qui doit arriver arrivera.

      En particulier il est douteux que vous puissiez lutter contre la dénutrition en la faisant manger chaque fois que vous venez : il faudrait être là toute la journée. Quant aux massages de la peau, il semble assez avéré qu’ils ne servent à rien.

      Faut-il donc se désespérer ?

      Je vous conseillerai certainement de rester raisonnablement pessimiste. Mais il me semble que la première chose à faire serait de rencontrer le médecin coordinateur. En effet :
      - Elle a perdu 16 kgs en un an : Cela n’est pas passé inaperçu. Comment est le bilan nutritionnel ?
      - Quand elle reste seule au foyer elle ne mange pas régulièrement : Comment l’équipe s’est-elle organisée pour la faire manger quand même ? Que lui donne-t-on à manger quand elle se réveille ?
      - Car trop endormie. Et pourquoi ? Qu’y a-t-il dans l’ordonnance ? Comment dort-elle la nuit ? Y a-t-il un moyen d’augmenter sa vigilance le jour ?
      - Etc.

      Ce qui arrive sur sa peau est effectivement une menace d’escarre. Mais il faut comprendre que l’escarre peut survenir en très peu d’heures, ce qui fait que les mesures de prévention locale restent tout de même un peu illusoires. Ici également il vous faut discuter : l’équipe peut avoir raison de ne rien mettre en place, mais il faut qu’elle vous explique pourquoi. Car si elle ne sait pas vous l’expliquer, cela peut signifier qu’elle n’y a pas réfléchi.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 18 mai 2010 à 23:28 , par c’ca

    bonjour le patient atteint d’un escarre sacrée (taille environs 2cm diametre,1cm profondeur) peut il etre mis en position assise ?


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    • L’escarre : le soin Le 19 mai 2010 à 07:11 , par Michel

      Bonjour, Héloïse.

      En soi il n’y a guère de raison pour ne pas le faire. Le problème de la position du malade est uniquement qu’il faut éviter d’augmenter la pression sur l’escarre ; et de ce point de vue, si vous n’asseyez pas le malade vous allez le laisser couché sur le dos ; certes la pression sera un peu moins forte, mais guère, et dans l’un et l’autre cas il y a des solutions de décharge.

      Naturellement vous pouvez aussi décider d’utiliser un de ces matelas très performants qui diminuent beaucoup la pression ; mais :
      - Je ne sais pas où en sont les études récentes, mais jusqu’à il y a peu il était clair que si ces matelas diminuent le risque d’escarre, ils n’apportent pas grand-chose sur une escarre constituée.
      - Encore faut-il un de ces matelas à 2 000 euros pièce.
      - Le pronostic de l’escarre c’est avant tout la capacité du malade à se nourrir et à reprendre une autonomie. Et ce n’est pas au fond d’un lit qu’il le fera.

      C’est pourquoi je préférerais qu’il soit assis.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 19 avril 2010 à 10:13 , par dali

    ma maman a eu un avc et est atteinte de la maladie d’alzheimer je la garde a la maison mais récemment j’ai pu constater qu’elle avait des marques d’appui de couleur rouge au niveau du sacrum malgré que je la lattéralise et que je la fais un peu marcher (elle est atteinte d’arthrose très sévère) que pouvez vous me conseiller au niveau des soins. merci


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    • L’escarre : le soin Le 22 avril 2010 à 08:19 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      La réponse est très simple à écrire, plus difficile à mettre en œuvre.

      Une escarre se forme toujours parce qu’il y a une compression des tissus entre un os et un plan dur ; c’est si vrai qu’on n’a pas le droit de parler d’escarre si on ne sait pas dire entre quel os et quel plan dur la plaie s’est formée.

      Dans le cas de votre mère, la question urgente est donc de savoir quelle est la cause de ces rougeurs. Qu’est-ce qui appuie ? et comment peut-on s’arranger pour qu’il y ait moins de pression ? Si vous pouvez faire cela, vous pourrez ramener le risque à ce qu’il était avant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 8 avril 2010 à 00:09 , par gaddini chantal

    Bonsoir,
    Ma mère à 86 ans, elle n’est pas vraiment dépendante, mais une infirmité au bras gauche l’empèche de changer de position et elle dort constamment sur le dos. Le reste du temps elle est assise.

    Elle a toujours eu une très bonne hygiène et malgrés les couche culotte qu’elle porte la nuit n’a jamais eu d’escarre.

    Il y a cinq semaines alors que je venais d’être hospitalisée quinze jours je la retrouve avec un escarre de la taille dun petit pois.

    je n’ai pas compris que les infirmières venant matin et soir pour lui faire sa toilette le matin et pour la coucher le soir avec un toilette du soir aient pû les choses en arriver à ce stade....

    Ma préocuppation aujourd’hui c’est que depuis cinq semaines les choses n’ont pas évolué. CA N’a pas empiré du moins en apparence mais il n’y a pas d’évolution dans le d’un éventuel bourgeonnement.

    La première semaine du traitement l’une des infimière à domicile avait prescrit un hydrocollîde (duoderm sacrum) qui était effectivement surdimennsionné par rapport à la taille de l’escarre. Celle -ci prenant sa semaine de congés l’infirmière qui prend la relève ne parvient pas à utiliser le pansement enduisant le fessier de biafine ce qui a eu pour effet de rendre le pansement non adhérent la plaie se retrouvant ainsi sans protection.

    Me sentant très inquiète je me rends au centre de gérontologie pour demander conseil et l’on me suggère "alevyn adhésive" avec de l’entrasite gel".

    On suit ce protocole pendant une semaine en atendant d’avoir un rendez-vous avec un dermatologue qui nous indique le protocole suivant suite aux résultats d’analyse d’un prélèvement qui révélaient : (nombreuses hématies,nombreuses colonie de streptocoques du groupe D,nombreuses colonie d’escheridia coli)
    NETTOYAGE DE LA PLAIE A LA BETADINE, PUIS BETADINE CREME SUR LA PLAIE,PENSEMENT "ALLEVYN ADHESIVE" à renouveler tous les jours pendant quinze jours.

    Au bout de dix jours la première infirmière qui reprenait son tour pour une semaine me dit vouloir interrompre le protocole car la plaie présentait toujours de la fibrine et décide d’appliquer du purillon non seulement sur la plaie, mais en abondance sur toute la zone recouverte par le pansement.
    Pongée dans l’inquiétude je rappelle le dermato qui me dit que pour ce genre de problème il a l’habitude de voir les gens au bout d’un mois et demi d’autant qu’il doit partir en vacance ET DEMANDE A CE QUE L’INFIRMIERE LE RAPPELLE.
    Je ne sais pas ce qui s’est dit exactement l’infirmière avait l’air de dire qu’il l’avait dénigré et lui avait demandé de gratter la fibrine pendant dix jour après application d’une crème anesthésiante ce qu’elle s’est refusée à faire disant que ma mère ne supporterait pas et me disant que c’était à lui de le faire.
    Je décide donc d’aller voir un autre dermato dans la même petite ville où nous habitons et celui-ci m’avoue être désorienté parce_-qu’il n’a pas l’habitude de traiter ça et qu’il n’est pas équipé pour ça mais me prescrit malgrès tout le pansement dernier cri d’URGO "CELLOSTAR" utilisé en fait en phase de bourgennement oud’épidermisation.

    Ne sachant plus à quel saint me vouer j’ai pris contact renommé chez-nous avec un "spécialiste de la cicatrisation" après qu’il m’ait été dit que c’était le seul cente où celà se pratiquait.

    Le rendez-vous n’étant que pour la fin du mois j’ai fait des recherches sur internet pour savoir s’il n’y avait pas des endroits spécialisés dans le domaine et j’ai trouvé le SITE PERSE énumérant les centre anti-escarres dans les différentes régions. J’ai pû obtenir un rendez-vous pour demain. J’ose espèrer que le médecin qui nous recevra sera en mesure de nous aider car les infirmières sont dépassées et je suis très fatiguée suite à un hémoragie cérébrale que j’ai eu il y a quelques mois.
    Si ce n’était pas le cas est-ce que vous pourriez nous aider s’il vous plait ?

    La difficulté semble venir du fait que la qui doit faireun demi centimètre de largeur tout à fait ronde d’une profondeur de 2 millimètres ne permet pas le contact direct du pensement avec la fibrine et on ne parvient pas à l’éliminer.
    Ce soir l’infirmière me disait de voir avec le méde cin si on peut utiliser éventuelement une mèche, mais j’ai vu qu’il existait des poudres et des pâtes est-ce que ceci ne pourrait pas nous aider ? j’ai fait des photos que je dois envoyer à un laboratoire je peux éventuellement vous les envoyer.
    Je vous remercie de l’attention que vous pourrez porteà notre cas.
    Chantal Gaddini


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    • L’escarre : le soin Le 11 avril 2010 à 20:52 , par Michel

      Bonjour, Chantal.

      Il est beaucoup trop dangereux de faire des diagnostics sur des malades qu’on n’a pas vus. Je vais donc me borner à vous répondre d’un point de vue purement théorique.

      Ma mère a 86 ans, elle n’est pas vraiment dépendante,

      Hum… Qu’entendez-vous par là ? Voyons cela :

      mais une infirmité au bras gauche l’empêche de changer de position et elle dort constamment sur le dos. Le reste du temps elle est assise.

      Elle est donc, dans la pratique, confinée au lit-fauteuil. C’est une dépendance lourde. Ce qui serait important, c’est de savoir si elle marche : une infirmité au bras n’empêche pas de marcher, une fois qu’on a réussi à se mettre debout. Sinon c’est qu’il y a autre chose.

      Elle a toujours eu une très bonne hygiène et malgré les couche culotte qu’elle porte la nuit n’a jamais eu d’escarre.

      Pourquoi a-t-elle des couches ? Ce peut être par nécessité, par exemple parce qu’elle ne peut plus se lever seule et qu’elle trouve plus pratique d’avoir des changes. Mais alors cela veut dire qu’elle n’a vraiment plus aucune mobilité. Sinon, s’il y a d’autres causes à son incontinence, c’est une raison supplémentaire de penser que sa dépendance est lourde.

      Il y a cinq semaines alors que je venais d’être hospitalisée quinze jours je la retrouve avec une escarre de la taille d’un petit pois.

      je n’ai pas compris que les infirmières venant matin et soir pour lui faire sa toilette le matin et pour la coucher le soir avec un toilette du soir aient pu laisser les choses en arriver à ce stade....

      Il est toujours possible que se produise un défaut de surveillance. Mais ce n’est nullement nécessaire ; il s’agit de malades qui sont dans une situation très instable, on ne sait pas exactement ce qui fait que la situation se décompense, et une escarre peut se produire en quelques heures. C’est toujours une surprise ; ajoutons que quand l’escarre apparaît les dégâts sur la peau sont toujours plus étendus que ce qu’on voit, ce qui fait qu’elle ne peut pas ne pas s’étendre ; cela ne signifie pas qu’elle s’aggrave, mais simplement qu’elle se révèle.

      Ma préoccupation aujourd’hui c’est que depuis cinq semaines les choses n’ont pas évolué. Ça n’a pas empiré du moins en apparence mais il n’y a pas d’évolution dans le sens d’un éventuel bourgeonnement.

      Et il n’y a aucune raison pour que cela s’améliore si on n’a aucun moyen de lutter contre les mécanismes qui ont provoqué la survenue de l’escarre (voyez sur ce point « l’escarre : une maladie générale »). Or je ne sais pas ce qui, dans le cas de votre mère, est améliorable et ce qui ne l’est pas ; mais les soins locaux seront d’une efficacité très limitée si le reste n’est pas améliorable.

      La première semaine du traitement l’une des infirmières à domicile avait prescrit un hydrocolloïde (duoderm sacrum) qui était effectivement surdimensionné par rapport à la taille de l’escarre.

      Quel était le problème ? le fait que le pansement soit grand n’a aucune influence sur l’évolution ; la seule difficulté viendrait d’un pansement trop petit.

      Celle-ci prenant sa semaine de congés l’infirmière qui prend la relève ne parvient pas à utiliser le pansement enduisant le fessier de biafine ce qui a eu pour effet de rendre le pansement non adhérent la plaie se retrouvant ainsi sans protection.

      En effet : c’est Biafine ou hydrocolloïde, mais certainement pas les deux ensemble.

      Me sentant très inquiète je me rends au centre de gérontologie pour demander conseil et l’on me suggère "Alevyn adhésive" avec de l’Intrasite gel".

      C’est une bonne idée, mais qui n’a ni plus ni moins d’intérêt que la première.

      On suit ce protocole pendant une semaine en attendant d’avoir un rendez-vous avec un dermatologue qui nous indique le protocole suivant suite aux résultats d’analyse d’un prélèvement qui révélaient : (nombreuses hématies, nombreuses colonies de streptocoques du groupe D, nombreuses colonie d’escherichia coli).

      C’est une situation habituelle, et ces germes sont ceux qu’on trouve sur n’importe quelle escarre.

      NETTOYAGE DE LA PLAIE A LA BETADINE, PUIS BETADINE CREME SUR LA PLAIE, PANSEMENT "ALLEVYN ADHESIVE" à renouveler tous les jours pendant quinze jours.

      Je l’ai écrit : en principe il ne faut pas désinfecter les escarres, car ce sont les germes qui en assurent le nettoyage. On n’agit que sur les escarres notoirement infectées, et personnellement je préfère toujours dans ce cas utiliser des antibiotiques par voie générale. Je ne peux donc vous répondre sur ce point, car si le dermatologue a conseillé cette stratégie, c’est qu’il a vu des choses que, et pour cause, je n’ai pas vues.

      Au bout de dix jours la première infirmière qui reprenait son tour pour une semaine me dit vouloir interrompre le protocole car la plaie présentait toujours de la fibrine et décide d’appliquer du Purilon non seulement sur la plaie, mais en abondance sur toute la zone recouverte par le pansement. Plongée dans l’inquiétude je rappelle le dermato qui me dit que pour ce genre de problème il a l’habitude de voir les gens au bout d’un mois et demi d’autant qu’il doit partir en vacances ET DEMANDE A CE QUE INFIRMIÈRE LE RAPPELLE.

      Ce que le dermatologue vous rappelle ici, c’est qu’il ne sert à rien sur une escarre de vouloir aller vite ; six semaines sont malheureusement un délai habituel, et le pire qu’on peut faire est de changer de stratégie trop souvent.

      Je ne sais pas ce qui s’est dit exactement l’infirmière avait l’air de dire qu’il l’avait dénigré et lui avait demandé de gratter la fibrine pendant dix jour après application d’une crème anesthésiante, ce qu’elle s’est refusée à faire disant que ma mère ne supporterait pas et me disant que c’était à lui de le faire.

      Oui et non. Si la crème anesthésiante est bien appliquée la douleur sera très faible. Par contre il y a un risque d’allergie ; par ailleurs j’ai toujours détesté gratter les escarres, d’une part parce que c’est peu efficace, d’autre part parce que ces manœuvres augmentent le risque de passage des bactéries dans le sang.

      Je décide donc d’aller voir un autre dermato dans la même petite ville où nous habitons et celui-ci m’avoue être désorienté parce qu’il n’a pas l’habitude de traiter ça et qu’il n’est pas équipé pour ça mais me prescrit malgré tout le pansement dernier cri d’URGO "CELLOSTAR" utilisé en fait en phase de bourgeonnement ou d’épidermisation.

      Je ne suis pas du tout sûr que ce soit une affaire de traitement. Sur ce que vous me dites, je n’ai pas d’argument pour penser qu’il y a mieux que l’hydrocolloïde de départ.

      Ne sachant plus à quel saint me vouer j’ai pris contact renommé chez-nous avec un "spécialiste de la cicatrisation" après qu’il m’ait été dit que c’était le seul centre où cela se pratiquait.

      Le rendez-vous n’étant que pour la fin du mois j’ai fait des recherches sur internet pour savoir s’il n’y avait pas des endroits spécialisés dans le domaine et j’ai trouvé le SITE PERSE énumérant les centres anti-escarres dans les différentes régions. J’ai pu obtenir un rendez-vous pour demain. J’ose espérer que le médecin qui nous recevra sera en mesure de nous aider car les infirmières sont dépassées et je suis très fatiguée suite à une hémorragie cérébrale que j’ai eue il y a quelques mois. Si ce n’était pas le cas est-ce que vous pourriez nous aider s’il vous plait ?

      Il n’est pas grave d’attendre un mois sur une situation qui, certes, ne s’améliore pas, mais semble stabilisée : la cicatrisation d’une escarre est toujours très longue, et ne dépend guère de ses dimensions.

      La difficulté semble venir du fait que la plaie qui doit faire un demi-centimètre de largeur tout à fait ronde d’une profondeur de 2 millimètres ne permet pas le contact direct du pansement avec la fibrine et on ne parvient pas à l’éliminer.

      Ceci est très surprenant : car cette escarre est petite et peu profonde. Il est étrange qu’une plaie aussi superficielle pose autant de problèmes ; êtes-vous sûre de vos mensurations ?

      Ce soir l’infirmière me disait de voir avec le médecin si on peut utiliser éventuellement une mèche, mais j’ai vu qu’il existait des poudres et des pâtes est-ce que ceci ne pourrait pas nous aider ?

      Non ; ce n’est pas une affaire de produits. Je me demande si les pansements ne sont pas changés trop souvent ; il est impératif de les laisser en place jusqu’à ce qu’ils se décollent tout seuls ; un bon signe d’efficacité est le fait que, quand on retire le pansement, il sent horriblement mauvais.

      J’ai fait des photos que je dois envoyer à un laboratoire je peux éventuellement vous les envoyer.

      Pourquoi pas ? Mais ceci ne vaudra jamais l’examen que le médecin fait au lit du malade.

      Je vous remercie de l’attention que vous pourrez porter à notre cas. Chantal Gaddini

      Je reste à votre disposition, bien sûr. Mais il est vraiment très imprudent d’essayer de faire des diagnostics à distance. Ce que je vous dis n’a donc qu’une valeur très limitée.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 24 mars 2010 à 09:48 , par hassina

    bonjour monsieur Michel c’est moi hassina qui t’as envoyer la lettre du 22/03/2010, merci pour votre réponce.j’ai oublier de vous dire que mon père est paralysé depuis 5mois a cause d’une pique de tension en plus il a la maladie de parkinson de puis 15ans qui prend toujour son traitement pour elle.
    *son état nutritionnel : il prend des bouillons de légume, le jus de fruit et le yaourt tous les jours mais avec des petits quantité ;
    *il bouge pas parce qu’il est paralysé


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    • L’escarre : le soin Le 24 mars 2010 à 20:37 , par Michel

      Bonsoir, Hassina.

      Vous me donnez là de bien mauvaises nouvelles ; mais je dois vous avouer que je m’y attendais.

      Il s’agit donc d’escarres déjà anciennes, chez un patient qui a des problèmes neurologiques. Ces problèmes limitent ses possibilités de mouvement, et induisent des troubles de la sensibilité, mais aussi des troubles vasculaires, qui gênent la cicatrisation et favorisent au contraire la constitution de nouvelles escarres.

      Quant aux apports nutritionnels, ils sont de toute évidence très faibles : ils ne suffiraient pas à nourrir une personne non malade, et nous avons ici affaire à un patient dont les besoins caloriques sont augmentés, au contraire, par la présence des escarres.

      Tant que les choses seront ainsi, il ne faut donc pas espérer une amélioration. Tout ce qu’on peut dire c’est que si on ne règle pas au moins le problème nutritionnel il faut s’abstenir de toute approche thérapeutique agressive : elle ne servira qu’à le faire souffrir. Le problème est que je ne vois pas très bien comment on peut le nourrir sans lui imposer d’autres souffrances.

      Permettez-moi de rester à votre écoute, même si j’ai bien peur de ne pas servir à grand-chose.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 22 mars 2010 à 16:11 , par hassina

    bonsoir,mon père âgé de 75ans, il a des escarres de stade4,jusqu’à maintenant il a fait 2 opérations pour eux. le problème si qu’a chaque fois qu’il fait une opération d’un côté, l’autre côté fait un autre escarre et on a été obligé le lui faire dormir a plat ventre mais maintenant il fait 1 à 3 foie par jour des apnées.Que puis je faire face à cette situation pour être sure pour le bien être de mon père que le protocole qui devrait être suivi l’est bien ?


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    • L’escarre : le soin Le 22 mars 2010 à 23:06 , par Michel

      Bonsoir, Hassina.

      Vous posez là un problème bien triste.

      Pour vous répondre précisément il faudrait mieux connaître la situation. Dans l’absolu j’aurais tendance à dire tout de même que la question est plus que jamais de savoir quel est l’état général du malade :
      - Quel est son état nutritionnel ?
      - Quelles sont ses possibilités de mouvement ?
      - Quel est son état circulatoire ?

      Car vous avez très bien constaté que la chirurgie n’a servi à rien : si les causes qui ont engendré les escarres sont toujours présentes, alors l’échec est inévitable : l’escarre n’est pas une maladie locale qu’on pourrait opérer, cela ne peut marcher que si le malade s’améliore par ailleurs.

      Il faut donc qu’il soit nourri. Du moins si on le peut ; mais si on ne peut pas, alors il ne faut se faire aucune illusion.

      Il faut que les soins soient simples ; en particulier il faut se contraindre à ne pas changer de stratégie trop souvent.

      Et il faut que la douleur soit parfaitement calmée.

      Mais même si tout cela est fait, il faudra malheureusement aussi de la chance.

      Ce serait un honneur pour moi que d’être tenu au courant ;

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 19 novembre 2009 à 00:42 , par Elodie

    Bonsoir, je suis aide-soignante depuis l’année dernière et j’ai décidé de démarrer ma carrière en intérim. La plupart des missions qui me sont proposées s’effectuent en maison de retraite et j’ai donc eu l’occasion de travailler dans une quinzaine d’établissements différents. A l’exception de deux ou trois j’ai malheureusement pu constater que devant la surcharge de travail, les aides-soignant(e)s effectuent les soins d’escarre stade I, II et parfois III (ou plutôt devrais-je dire les changements de pansement de type comfeel ou autre marque et même quelquefois utilisation d’éosine). La raison est la même et s’observe à deux niveaux : la surcharge de travail des infirmiers qui peine à assurer les soins planifiés et se trouvent débordés lorsqu’on leur demande de venir changer un pansement souillé ou décollé qui à été changé la veille par exemple ; et notre surcharge de travail qui nous pousse à ne pas vouloir perdre de temps "très précieux" à attendre que l’infirmier arrive et qu’il effectue le soin afin qu’on puisse finir notre prise en charge. C’est vraiment un calvaire pour tout le monde et surtout pour les patients car c’est dans ces établissements que l’on trouve le plus grand nombre d’escarres proportionnellement aux nombres de résidents ( c’est un cercle vicieux). A cela s’ajoute évidemment le manque de prévention (effleurage mais aussi changements de position) pour la même raison : le manque de temps et parfois même de matériel. J’ai évidemment posé le problème plusieurs fois mais aucune solution n’est apparemment envisageable et je me sens un peu impuissante de part mon statut d’intérimaire. N’étant évidemment pas formée pour ce type de soin et ne pouvant avoir accès à une telle formation j’aimerais savoir si je pouvez trouver sur internet des renseignements fiables concernant les différents type de pansements... afin de ne pas faire n’importe quoi lorsqu’il n’y pas de pansement (modèle) mais qu’il y a phlyctène par exemple. Car les aides-soignant(e)s font "à leur sauce" mais avec une certaine expérience que je ne possède pas et j’aimerais minimiser au maximum cette aberration. Merci par avance pour tout conseil.


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    • L’escarre : le soin Le 19 novembre 2009 à 21:59 , par Michel

      Bonsoir, Elodie.

      Vous êtes dans une situation doublement délicate : tout le monde est bien content que les aides-soignantes fassent le travail des infirmières, mais à condition qu’elles n’essaient pas de les remettre en question. Et votre statut d’intérimaire redouble la difficulté, car quoi que vous fassiez vous ne serez jamais "de la maison", ce qui ruine par avance votre légitimité.

      Du coup vous avez bien peu de possibilités, surtout dans un domaine comme l’escarre, où les habitudes sont si tenaces qu’il faut bien se demander quels symboles il y a derrière. Terrain très dangereux, donc.

      Ce que vous pourriez faire, c’est, comme vous le proposez, approfondir vos connaissances ; la meilleure ressource du net est sans doute le site de l’association PERSE. S’il ne vous suffit pas, nous chercherons ailleurs.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’escarre : le soin Le 12 octobre 2009 à 21:20 , par gordana

    Bonjour,

    Ma mère agée de 77 et malade de la maladie d’Alzheimer sepuis 2000, est actuellement hospitalisée dans un service USLD. elle a depuis maintenant plus de deux semaines un escarre maintenant au stade 2. Je n’arrive pas à savoir quel est le protocole de soins suivi, ni qui la soigne pour l’escarre, infirmier ou AS ? J’ai beau posé des quesstions je n’arrive pas à avoir des réponses exactes : in ne sait pas, il n’y a rien sur le cahier de transmission et l’infirmier n’a pas accès au dossier informatique car il n’a pas le code, la cadre de soins n’est pas là parce que sa fille est malade etc...
    Que puis je faire face à cette situation pour être sure pour le bien être de ma mère que le protocole qui devrait être suivi l’est bien ?
    Gordana


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    • L’escarre : le soin Le 18 octobre 2009 à 12:18 , par Michel

      Bonjour, Gordana.

      Le problème que vous posez est moins celui de l’escarre que celui de la communication.

      Il y a une chose qui me surprend : c’est qu’on vous parle d’une escarre stade II.

      Cela me surprend parce qu’il existe encore beaucoup d’endroits où on ne se préoccupe pas de définir le stade des escarres. Si vous êtes dans un lieu où on a suffisamment de rigueur pour le faire, il y a toute chance pour que la prise en soin soit bonne.

      La question de savoir qui soigne l’escarre n’a aucune importance : il s’agit d’un soin infirmier, et il n’est pas habituel de voir l’infirmière déléguer ce type de soin à l’aide-soignante. Si c’est le cas, alors soit vous êtes dans un lieu où on fait n’importe quoi, et comme je vous l’ai dit cela m’étonnerait, soit au contraire vous avez affaire à une équipe tellement impliquée dans la prise en charge de l’escarre que tout le monde est formé. Moi, ce qui m’intéresserait, ce serait de savoir à quel rythme le médecin voit la plaie.

      Quant à la communication, je crois que le plus simple est de demander un rendez-vous avec le médecin ou avec le cadre infirmier. Ce rendez-vous une fois demandé est un droit, et des explications vous sont dues, même si, car je crains que ce ne soit le cas, vous n’avez pas été désignée comme personne de confiance ; je vous rappelle cependant que dans le cas de malade sous tutelle le tuteur est réputé investi de ce rôle.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > L’escarre : le soin Le 12 février 2008 à 13:03

    bravo pour ce texte il va à l’essentiel avec une approche hautement pédagogique


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    • > L’escarre : le soin Le 12 février 2008 à 21:19 , par Michel

      Bonsoir, et merci de cet encouragement. C’est toujours un peu troublant : on ne sait jamais ce que vaut son propre travail.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > L’escarre : le soin Le 21 septembre 2006 à 14:52 , par NANJOD Christian

    j’ai apprécié votre façon d’apporder le sujet. la pertinence et la simplicité de la présentation.
    votre approche conforte mon analyse et ma pratique de soignant.
    Bravo pour votre site.


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