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Les troubles psychiatriques du sujet âgé

mercredi 25 juillet 2007 par Michel

Rien n’est plus mal connu que la gérontopsychiatrie, et la première chose à faire est d’essayer de se repérer.

DÉMENCE ET FOLIE :

Ce n’est pas le lieu ici d’étudier la problématique générale de la démence. Disons seulement que, réflexion faite, ce n’était pas si simple : il y a des démences dégénératives, il y a des démences qui correspondent à d’indiscutables lésions cérébrales, mais il y a des situations où les choses sont beaucoup plus floues, et nous avons même évoqué la possibilité de démences psychogènes, de suicide psychique, de démence par démission. Par ailleurs nous avons dit aussi que la démence pose au fond deux problèmes : celui de la souffrance du malade d’une part, celui de la menace que le déficit cognitif fait peser ou non sur sa sécurité et celle de son entourage d’autre part.

Or la souffrance relève d’une prise en charge de type psychothérapeutique, et cela renvoie à la psychiatrie.

Quant à la sécurité du malade et des personnes, elle est depuis toujours à la base même de la prise en charge des malades mentaux. Rappelons juste quelques données :
- Pour les Stoïciens, la folie résulte toujours d’un manque de contrôle de l’esprit par lui-même : on est responsable de sa folie, et le sujet sain est celui qui observe les normes morales admises.
- Les insensés, les aliénés, les fous, sont ceux qui ne savent plus respecter les normes sociale (le fou du roi est celui qui ne les respecte pas non plus).
- Lorsqu’on crée les institutions psychiatriques au XVIIe siècle, c’est d’abord pour y entasser les asociaux, quelle que soit l’origine de cette asocialité : mendiants, prostituées, malades mentaux. C’est ainsi que Sade sera enfermé à la Bastille, et de là transféré à Charenton.
- La loi du 30 juin 1838 sur les internements psychiatriques avait été votée pour combler le vide créé par la suppression des lettres de cachet.
- Dans cette même loi, on précise que l’hospitalisation d’office est décidée quand le malade est « dangereux pour lui-même ou la sécurité des personnes ».

Alors, qu’est-ce qui fait la différence entre le fou et le dément ? Question d’autant plus cruciale que, par exemple, pendant longtemps le Code Pénal de 1810 précisait : « Il n’y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l’action, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister. » [1]. Et comme la notion de démence est au fil du temps devenue très restrictive, on a ainsi envoyé à la guillotine des malades mentaux notoires : ils étaient fous mais pas déments... Le Nouveau Code Pénal corrige cette anomalie : « N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. » [2].

On pourrait dire que dans la démence il y a toujours un trouble de la mémoire, alors que le malade mental n’a pas lieu d’en présenter un. Mais outre que le malade mental a volontiers des troubles mnésiques, on a vu que dans la démence fronto-temporale le trouble mnésique n’est pas au centre de la problématique. On pourrait dire aussi que le trouble du raisonnement et du jugement est nécessaire au diagnostic de démence. Mais tout délire suppose aussi un trouble du jugement...

La manière la plus simple de se tirer d’affaire est de procéder par élimination, en créant de toutes pièces la distinction qu’on veut discerner. Par définition, le dément n’est pas un malade mental. Autrement dit son trouble intellectuel ne s’explique pas par une pathologie psychiatrique telle qu’un état névrotique, une psychose ou une schizophrénie. Il ne s’explique pas non plus par un déficit intellectuel constitué dans l’enfance. Une fois qu’on a accepté ce qu’un tel clivage peut avoir d’artificiel, on peut commencer à distinguer des tableaux cliniques (Alzheimer, démence sous-corticale, démence fronto-temporale, démence vasculaire) qui stabilisent un peu le concept.

Bref il n’est pas si simple de distinguer le dément du fou, et les équipes soignantes sont souvent en difficulté sur ce point.

Parler de gérontopsychiatrie suppose qu’on explore trois directions.

LE VIEILLISSEMENT PSYCHIATRIQUE :

Les malades mentaux vieillissent, et avec l’âge les maladies mentales se transforment.

On considère habituellement que les pathologies mentales ont plutôt tendance à se stabiliser avec l’âge. Ce n’est pas absolument certain, et il se peut que les observations soient un peu hâtives.

Les névroses :

Il semble que la névrose hystérique évolue en effet vers une stabilisation, comme si l’hystérique était bien forcée d’admettre la perte de ses illusions. On sait toutefois qu’elle trouve parfois une issue dans le suicide.

La névrose phobique, la névrose d’angoisse ont tendance également à s’atténuer, mais cela se fait probablement au prix d’une chronicisation de l’angoisse. Cette chronicisation est d’autant plus difficile à apprécier et à gérer que les tranquillisants sont des molécules particulièrement dangereuses chez le sujet âgé. De ce fait il est probable que l’angoisse est sous-traitée chez le patient âgé.

Quant à la névrose obsessionnelle, c’est une grande pourvoyeuse de dépressions. C’est en fait le cas de toutes les névroses.

Les psychoses :

On a surtout étudié le délire paranoïaque. Il semble avoir tendance à s’améliorer avec le temps. Mais il faut ici distinguer le délire paranoïaque, qui s’atténue, et la personnalité paranoïaque, qui ne se modifie guère ; ces personnalités pathologiques, difficiles à gérer, constituent une lourde charge en maison de retraite.

La psychose maniaco-dépressive semble moins influencée par le vieillissement, ce qui peut poser problème compte tenu notamment des problèmes de tolérance posés par le lithium.

La dépression enfin demeure un problème à part entière. Même si on ne parle ici que de la dépression mélancolique, la plus grave, on sait qu’elle est sous-diagnostiquée chez le sujet âgé, et que le traitement en est plus difficile.

La schizophrénie :

Les schizophrènes vieillissent assez mal (suicides, toxicomanies, effets secondaires des neuroleptiques, pathologies infectieuses et endocriniennes). Ceux qui arrivent à un âge avancé voient en principe leurs symptômes s’améliorer ; il reste le plus souvent une indifférence, une incapacité à décider, un maniérisme, des stéréotypies. Par contre les troubles cognitifs qui existaient déjà chez le malade jeune ont tendance à s’aggraver.

La détérioration :

Mais toutes ces situations ont tendance à évoluer vers une détérioration intellectuelle : tout se passe comme si, à force de penser des choses erronées, le malade finissait par ne plus savoir penser. C’est la démence vésanique des anciens auteurs. La difficulté est ici de porter le diagnostic à bon escient : comme on l’a déjà dit, la démence la plus fréquente, y compris chez le malade mental, reste la démence de type Alzheimer.

L’hypochondrie :

L’hypochondrie est constituée par la conviction déraisonnable, voire délirante, d’être atteint d’une lésion organique imaginaire. Cette conviction engendre des symptômes, souvent sous forme de douleur. Des exemples classiques sont la glossodynie, dans laquelle le patient se considère comme atteint d’une lésion de la langue, mais aussi la proctalgie, dans laquelle le patient se plaint de douleurs anales pour lesquelles on ne retrouve aucun substrat organique.

Il n’est pas facile d’expliquer la différence entre hypochondrie, hystérie et somatisations ; cette différence ne se fait qu’en examinant la personnalité du malade, le symptôme n’occupant pas la même fonction dans chaque cas. Toujours est-il que si l’hypochondrie est très répandue, elle n’en constitue pas moins un piège redoutable en gériatrie : les signes et symptômes des maladies sont souvent discrets, voire déroutants, et l’erreur de diagnostic doit être une obsession.

L’hypochondrie tend à se stabiliser avec l’âge : on observe souvent des patients qui se croient atteints depuis des années d’une pathologie, souvent digestive, et qui en tirent des conséquences (notamment diététiques) plus ou moins fantaisistes. Ces croyances sont très souvent assises sur des conceptions médicales anciennes, fausses, mais qui faisaient l’objet d’un consensus culturel à l’époque (il suffit de considérer le nombre de cholécystectomies, ou d’hystérectomies, qui au temps de leur jeunesse ont été pratiquées sur les patientes âgées).

LES MALADIES PSYCHIATRIQUES AU STADE TARDIF :

Avec l’âge, on voit apparaître des pathologies particulières. Elle sont difficiles à classifier, d’une part parce que leur mécanisme n’est pas très bien connu, d’autre part parce que la généralisation par la psychiatrie américaine du DSM IV a fait éclater les classifications qui avaient cours en Europe, ce qui est cause d’un désordre important dans les conceptions qu’on se faisait jusque là de ces pathologies. Provisoirement nous proposons d’en rester à la vieille classification française, et d’aborder la question en partant des problématiques pratiques.

La question des hallucinations :

Les hallucinations sont fréquentes chez le sujet âgé. La reprise de quelques définitions permettra sans doute d’y voir un peu plus clair.

L’hallucination :

C’est le fait pour un patient de percevoir des messages sensoriels qui ne correspondent pas à une réalité : je regarde ma pelouse et je vois un dragon, alors qu’il n’y a rien.

L’hallucination peut être :
- Visuelle : c’est le cas des éléphants roses.
- Auditive : Jeanne d’Arc.
Mais chez le sujet âgé, elles sont souvent :
- Olfactives : c’est la cacosmie du vieillard, qui perçoit indûment des odeurs désagréables.
- Cénesthésiques : impression de frôlements, de touchers.
- Voire gustatives.

L’hallucination doit être distinguée de l’illusion, qui a, elle, un support objectif : je regarde ma pelouse, il y a un arbre et sa forme me fait croire que c’est un dragon. Plus simplement un bâton plongé dans l’eau apparaît brisé ; une acouphène peut ressembler à une chanson.

Naturellement la frontière entre hallucination et illusion est floue : une personne victime de nombreuses illusions sera plus facilement sujette à des hallucinations, et réciproquement.

Le délire :

C’est le fait pour un sujet d’interpréter incorrectement une perception sensorielle exacte : je regarde ma pelouse, je vois un arbre et j’en déduis que cet arbre est un espion qui a été placé là par un dragon.

La xénophobie est un processus délirant. Ce dernier exemple n’est pas qu’une plaisanterie : la grosse difficulté conceptuelle est de faire la part de l’erreur et celle du délire : la foi religieuse est-elle un délire ?

On distingue donc le délire de l’hallucination en se demandant quelle est la perception qui a engendré le discours erroné. Cette perception a pu être :
- Absente : c’était une hallucination ; naturellement une hallucination peut être interprétée de manière délirante.
- Mal enregistrée : il y a eu une illusion.
- Mal interprétée : il y a un délire.

Mais un malade qui éprouve des hallucinations est tout de même bien obligé de leur trouver une signification ; c’est pourquoi l’hallucination conduit souvent au délire.

La désorientation :

C’est uniquement le fait de ne pouvoir se repérer dans le temps ou dans l’espace.

A noter que l’espace ne change que si je le veux, alors que je ne peux empêcher le temps de changer. Il s’ensuit que la désorientation temporelle est plus fréquente et moins grave que la désorientation spatiale.

La confusion :

C’est un syndrome témoignant d’un mauvais fonctionnement global du cerveau. En général elle comporte agitation, inversion du rythme veille-sommeil, désorientation, hallucinations et délire.

On a souvent la chance d’observer un critère essentiel, la perplexité anxieuse : le sujet va mal et il le sait.

Elle témoigne le plus souvent d’un processus organique :
- Fièvre.
- Déshydratation.
- Fécalome, rétention urinaire.
- Affections intracrâniennes.
- Troubles hémodynamiques.
- Intoxications médicamenteuses.

Les deux exemples les plus classiques de confusion sont la fièvre (l’enfant qui a de la fièvre ne « délire » pas : il est confus) et le delirium tremens.

Autant dire que le fait de prononcer le mot de confusion sans déclencher une batterie d’examens médicaux et une faute grave.

Cela dit sans méconnaître l’existence de confusions psychogènes, sans méconnaître non plus le fait que la confusion mentale est extrêmement fréquente chez le dément : dans près de 50% des cas le sujet âgé qui fait un épisode confusionnel (post-opératoire par exemple) va présenter une démence dans les mois qui suivent. Ce n’est pas l’intervention qui a provoqué la démence, c’est la démence débutante qui a favorisé la confusion.

La personne âgée est souvent victime d’hallucinations.

Elle y est prédisposée du fait du vieillissement sensoriel : les pathologies de la vision perturbent la perception des images, les acouphènes sont fréquentes ; mais le plus spectaculaire est sans doute le vieillissement olfactif, grand pourvoyeur de perceptions aberrantes, le plus souvent désagréables. Face à un patient qui se plaint de ce genre de trouble il faut appliquer une méthode précise, qui vaut pour toute hallucination :
- Vérifier qu’il n’y a pas une explication naturelle : la sinusite chronique est une cause fréquente de mauvaises odeurs.
- Se demander si le malade adhère à son hallucination : le malade qui dit : « Il me semble sentir une odeur d’égout » n’est pas victime du même phénomène que celui qui dit : « Je sens une odeur d’égout ».
- Se demander si le malade sent désagréablement une odeur qui existe mais est peu intense ou peu désagréable (c’est la cacosmie du vieillard, qui perçoit indûment des odeurs désagréables), ou s’il sent une odeur là où il n’y a absolument rien (c’est alors une hallucination vraie).

Une source fréquente d’hallucinations est la désafférentation sensorielle : la baisse de l’acuité visuelle engendre facilement des hallucinations, survenant préférentiellement le soir, souvent très précises, toujours uniquement visuelles, en général bien critiquées par le patient. C’est le syndrome de Charles Bonnet, qui a des équivalents dans les autres systèmes sensoriels ; de même l’isolement, la perte de la vie sociale, peuvent entraîner des états hallucinatoires ; ces troubles sont de bon pronostic, et il ne faut pas les traiter (d’ailleurs on n’a pas à traiter les hallucinations, sauf si elles gênent le patient).

On a vu que certaines maladies cérébrales, et notamment la maladie de Parkinson, s’accompagnent volontiers d’hallucinations ; il faut seulement se rappeler dans ce cas que le traitement peut aussi être en cause. Dans les démences, et notamment l’Alzheimer, la perte de la capacité à analyser le réel favorise les états hallucinatoires.

Une forme commune d’hallucination chez le sujet âgé est le « délire des cloisons » : le patient éprouve la sensation que des images visuelles colorées (souvent assimilées à des flammes) traverse les murs ; ailleurs c’est un son, une odeur, qui viennent de la pièce voisine. C’est un état hallucinatoire, et si on parle de « délire » c’est simplement parce que l’idée que le phénomène pourrait traverser les cloisons est déjà une erreur d’interprétation : on a dit plus haut que l’hallucination entraîne facilement un délire dès qu’il s’agit de l’expliquer.

La psychose hallucinatoire chronique :

Il s’agit d’une pathologie relativement rare, qui survient préférentiellement chez la femme de 65-75 ans, et qui est composé uniquement d’hallucinations, le plus souvent olfactives, gustatives ou cénesthésiques. En dehors de ces manifestations hallucinatoires la patiente semble avoir des fonctions supérieures normales. Cependant, après une durée plus ou moins longue, le caractère étrange des sensations incite la patiente à rechercher des interprétations qui mènent très vite au délire. Actuellement on tend à considérer la psychose hallucinatoire chronique comme une forme tardive de schizophrénie (mais cette évolution intellectuelle se fait sous l’influence du DSM IV, problème dont on a parlé plus haut).

La question des délires :

Le délire est fréquent chez le sujet âgé.

D’une manière générale on doit prendre vis-à-vis des délires les mêmes précautions que vis-à-vis des hallucinations.
- Vérifier qu’il n’y a pas une explication naturelle : un sujet âgé qui se prétend volé est volé jusqu’à preuve du contraire.
- Se demander si le malade adhère à son délire : une chose est de se demander si on a été volé, une autre est de l’affirmer.
- Se demander si le malade a cru être volé parce qu’il n’a pas compris qu’il devait de l’argent, ou s’il le croit alors qu’il ne s’est rien passé du tout : une chose est de n’avoir pas compris, une autre est d’avoir inventé.

Mais tout cela dit le délire est fréquent. Citons d’abord quelques situations.
- La confusion mentale s’accompagne le plus souvent de délire, en raison de l’abolition du sens critique.
- De même les démences, pour les mêmes raisons ; le plus classique est le délire de vol, qui est très évocateur de l’Alzheimer : le malade voit son porte-monnaie, et il se souvient qu’il doit le mettre en lieu sûr. Il imagine donc une cachette, car il en a les moyens intellectuels. Puis il oublie cette cachette. Mais il n’oublie pas qu’il avait de l’argent, et qu’il devait le mettre en lieu sûr ; la conclusion qui s’impose à lui est qu’il avait raison de se méfier.
- Mais aussi les états hallucinatoires, comme on l’a expliqué.
- La maladie maniaque présente une forme délirante.
- Mais aussi la dépression : rappelons que la mélancolie est en soi un délire, dans lequel le malade croit qu’il est mauvais, indigne, dangereux (c’est une autre forme de mégalomanie : le mégalomane se croit l’homme le meilleur du monde, le mélancolique se croit le plus mauvais) ; les choses vont parfois jusqu’au syndrome de Cotard, dans lequel le patient croit avoir perdu un organe, une partie de son corps, quand il ne va pas jusqu’à dire : « Je suis mort », ou : « Je n’existe pas ». Rappelons que la mélancolie délirante reste l’une des rares indications impératives de la sismothérapie.
- Sans parler de la difficulté qu’il y a à distinguer le délire de l’erreur.

Il y a aussi quelques formes de délire qui sont particulières au sujet âgé.

Par exemple on rencontre :
- Des délires à deux : un couple (assez souvent deux soeurs), souffrant d’isolement, dont l’un des membres présente une psychose chronique tandis que l’autre, atteint d’un déficit intellectuel ou d’un handicap physique, adhère au délire du premier.
- Des délires en secteur : il existe un domaine, très limité, dans lequel le patient est atteint de délire (persécutif, érotique, mystique...), alors que dans le reste de sa pensée tout est normal. Ces délires sont très déroutants car on a toujours du mal à comprendre comment la même personne peut penser aussi bien dans tous les domaines sauf un, et aussi mal dans celui qui reste.
- Des délires de relation, fréquents notamment chez le dément : citons le syndrome de Capgras, dans lequel le patient a la conviction que son conjoint a été remplacé par un sosie, ou le "délire du compagnon tardif", dans lequel un soignant, voire un objet familier est investi comme un ami du passé.
- Des délires plus en rapport avec un trouble sensoriel : c’est le cas du syndrome d’Ekböm, délire dans lequel le patient se croit envahi de parasites, le plus souvent cutanés ; le prurit sénile, lié à la sécheresse cutanée, est un facteur favorisant évident.

LA CRISE DU VIEILLIR :

Mais il faut encore considérer un autre point. c’est que le vieillissement est une période de crise, de deuils, à laquelle il faut s’adapter. De ce fait, non seulement elle est particulièrement propice à la réactivation de pathologies psychiatriques anciennes ou stabilisées, non seulement elle est favorable à l’éclosion de pathologies nouvelles, mais encore on peut se demander si certains comportements que nous considérons comme pathologiques ne jouent pas en réalité un rôle protecteur. Des auteurs comme Ploton ou Maisondieu montrent que la démence peut être le dernier refuge d’un patient qui ne peut assumer son vieillissement ou sa mise à l’écart ; il en va de même, on le sait, de nombreux délires, et on a pu dire que la dépression correspondait parfois à un comportement de survie analogue à une hibernation psychique.

Mais alors, sommes-nous bien sûrs de savoir distinguer le normal du pathologique ?

Nous avions déjà noté qu’il n’est pas si simple d’expliquer en quoi le délire se distingue de l’erreur. On peut aller plus loin : au début du XXe siècle Sérieux et Capgras décrivaient la folie raisonnante, sans hallucinations, et donnaient comme exemples Rousseau et Strindberg (tous deux atteints de délire de persécution). On voit à quel point il peut être difficile de discriminer folie et lucidité parfaite... Dans un domaine légèrement différent, il est possible de considérer saint Paul comme un grand mystique, mais aussi comme un modèle de paranoïaque.

Qu’est-ce qui, chez nos personnes âgées, est normal ? Qu’est-ce qui est pathologique ? Trois exemples suffiront à donner une idée de l’étendue du problème.

Il est important de noter la grande fréquence de l’alcoolisme chez le sujet âgé. Cet alcoolisme, souvent méconnu, a toutes les apparences d’une réaction au vieillissement. Il faut certes le considérer comme un alcoolisme :
- A cause du risque de chutes.
- A cause du risque de complications somatiques : l’augmentation de la longévité fait que le sujet âgé aura le temps de les développer.
- Mais de toute manière parce que le refuge dans l’alcool signifie une grande souffrance.

Tout le monde a été au moins une fois confronté à ce problème des personnes âgées qui ont pris l’habitude de vivre dans des conditions d’hygiène parfois inquiétantes, au milieu d’une accumulation d’objets, voire d’immondices, et qui sont un jour envoyés aux Urgences les pompiers, à l’appel du maire ou des voisins. On regroupe maintenant ces situations sous l’appellation de syndrome de Diogène.

La question qui se pose est de savoir si ces personnes, qui ne demandent rien, doivent ou non être secourues, de quel droit on se mêle de leurs affaires, alors qu’elles semblent être parfaitement lucides et capables de choisir pour elles-mêmes ; dans ces conditions leur mode de vie relève de leur liberté ; le seul problème est qu’elles dérangent l’ordre social (et on retrouve là la vieille problématique du fou : est-il dérangé ou dérangeant ?).

De récentes études semblent établir qu’en réalité ces sujets présentent des troubles de la pensée et que ce sont des déments. C’est très possible. On ne peut tout de même s’empêcher de penser que ces études tombent à point nommé pour nous tirer d’embarras : rien ne nous serait plus difficile que d’admettre qu’on peut vivre hors de nos normes tout en étant sain d’esprit. On est tout de même fortement tenté de se demander si on n’a pas procédé en trois temps :
- On a tout d’abord décidé que ces sujets étaient malades.
- Puis on a nommé la maladie.
- Il ne restait plus qu’à savoir en quoi ils étaient malades. Les moyens pour ce faire ne nous manquent pas.

Un exemple peut-être plus pur encore est fourni par le syndrome du pélican.

Dans tous les parcs animaliers il y a un étang. Et dans cet étang, il y a des pélicans.

Si on observe ces pélicans, on voit qu’il y a divers groupes de pélicans. Il y a les pélicans qui se parlent, le pélican qui déambule, les pélicans qui se disputent... et il y a le pélican qui crie. Il y a toujours un pélican qui crie, et il n’y en a jamais deux.

De même, dans la grande salle de la maison de retraite, il y a les résidents qui se parlent, le résident qui déambule, les résidents qui se disputent... et il y a le résident qui crie. Il y a très souvent un résident qui crie, et il n’y en a presque jamais deux.

On peut tirer de cette observation deux conclusions.

D’abord, pourquoi en va-t-il ainsi ?

L’audition est le sens qui sert à se défendre (ceci est lié au fait qu’on ne voit que ce qui passe dans notre champ visuel, alors qu’on peut entendre ce qui se passe derrière nous). Le pélican qui crie est le guetteur. Sa fonction est de rassurer le groupe en lui signifiant qu’il est en sécurité : il crie pour montrer qu’on n’a pas besoin d’écouter. La preuve en est que quand il se tait c’est le signe qu’il faut écouter ; et alors tous les oiseaux s’envolent.

La vocalisation a une fonction rassurante. C’est vrai chez les pélicans, c’est vrai chez les bébés, c’est vrai dans les maisons de retraite. C’est pourquoi il est illusoire de chercher à faire taire un résident qui crie : d’abord parce qu’il n’est pas conscient de crier ; ensuite parce que s’il s’arrêtait de crier il y a toute chance pour qu’un autre résident prenne sa place.

Mais l’autre conclusion est encore plus implacable : pourquoi les résidents d’une maison de retraite retrouvent-ils ainsi des comportements animaux ?

Il se pourrait que ce soit parce que ce qu’elles vivent n’est pas très humain.

Tous les troubles ne sont pas psychiatriques.


Notes

[1Art. 64.

[2Art. 122-1.

228 Messages

  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé 23 ans Le 21 novembre à 03:50 , par Dascalu Renata

    Bonjour ,Mr Docteur, Permette moi de vous ecrir Ma situation Avec Mon fils Agee de 23 ans.Depuis bientot 2 ans et Demi,je ne sais pas qu est qui lui est arriver ,que il as plus tous ces facultai intelectuales.Il oublie,il est reagis pas quand Je lui
    dis que il dois Allee chercher du travail,il est desinteserser par la vie que dois il avoir un Jeune de 23 ans.Ces occupations c’est fair Le sport 3 heures par jours et c’est occuper de ce deux chats.Antierieurement il ia 3 ans il as Perdu un Bonne amie dans un accident ,parfois il consumer des tigaretes Avec des Copins. Acuellement est solitaire et il est plus motivee pour alle travailee au autre. Parfois quand Je lui parle j’ai l’impression que il est retarder mental.Que est il peux avoir ? Je n’arrive pas a Le convancre pour Allee consulter un specialist.Il me dis que tout va bien pour lui.Il fait 3 fois la douche par jours,il se lave les dents 2 heures.C’est ca ces journee.Que est que Je pourrais fair pour l’aider ?? Avant faisait la peinture ,jouer la guitar.Mercii et Cordialement


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé 23 ans Le 23 novembre à 23:13 , par Michel

      Bonsoir, Renata.

      Je ne peux rien vous dire. Vous postez sur un forum consacré aux troubles psychiatriques en gériatrie ; ceux-là j’ai appris à les connaître un peu. Mais je ne suis nullement psychiatre, et je ne peux absolument pas me prononcer sur le trouble psychiatrique d’un sujet jeune.

      Je n’ai qu’une certitude : le tableau que vous dressez est effectivement celui d’un jeune homme qui va mal. il peut s’agir de troubles bénins, mais tout de même ils durent, et il se peut aussi qu’on ait affaire à une pathologie psychiatrique plus compliquée.

      Il faut donc absolument qu’il soit examiné, et peut-être assez rapidement. Et même si c’est très dur, si vous ne trouvez aucune autre solution je crois qu’il pourrait valoir la peine d’utiliser une procédure de soins sous contrainte.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 août à 10:56 , par Florence

    Bonjour,
    Ma mère a 90 ans et est dans une maison de retraite depuis 8 mois. C’était sa décision car elle avait constaté qu’elle ne pouvait plus se débrouiller seule chez elle à cause d’angoisses et de confusion. La décision a été prise après un bilan complet en gérontologie.
    C’est une très bonne maison de retraite, elle était absolument ravie au début. Je ne peux que constater que le personnel est compétent et charmant, ma mère est bien stimulée, les activités sont nombreuses, la nourriture délicieuse, le cadre agréable.
    Cependant il y a 2 mois ma mère est retombée dans la dépression ( déjà un historique de TS ), l’anxiété s’est accentuée, et la paranoïa aussi. Après un changement de médicaments par le généraliste ma mère a fait une chute et a été hospitalisée en gériatrie une semaine. Il l’ont ensuite gardée en rééducation pour l’équilibre 3 semaines de plus.
    Tout son traitement a été changé et elle allait beaucoup mieux au niveau moral et anxiété.
    Elle était ravie de retourner "chez elle" dans sa chambre à la maison de retraite.
    Maintenant 1 mois plus tard, je trouve que tous les symptômes psychiatriques reviennent : tout le monde dit du mal de moi, ils sont rentrés dans ma chambre et ont tout enlevé / déplacé / caché.
    La gérontopsychiatre m’avait prévenu qu’ils ne pourraient pas supprimer totalement la parano.
    L’anxiété revient aussi et tous les comportements liés au manque et tendant à l’accumulation. "il n’y a plus de..., il faut acheter...". Ben si, il y en a 7 boites.
    Tout cela en boucle associé aux pertes de mots et de mémoire. Mon cousin l’a appelée, elle ne sait plus qu’elle a un neveu, elle oublié qu’elle avait eu un frère. Elle croit que mon ex mari est son petit fils.
    Le diagnostic d’Alzheimer n’a pas été posé mais pour moi c’est tout comme.
    Je ne critique ni l’hôpital, ni la maison de retraite. Je trouve que ma mère est, et a été bien prise en charge et soignée.
    Ma question porte sur comment réagir aux délires et demandes saugrenues récurrentes.
    La remise dans le réel semble inutile : quand j’aligne les 7 boites de mouchoirs en papier pour monter qu’il n’est pas nécessaire d’en acheter, la réponse est " Elles n’étaient pas là tout à l’heure ".
    Je ne sais pas non plus que répondre au délire paranoïaque. Mais même si je pouvais prouver qu’on n’a pas vidé les meubles de sa chambre hier juste pour l’embêter, ça ne servirait surement pas à grand chose.
    J’ai l’impression que c’est un puits sans fond de demandes que je ne peux pas combler car la vraie demande est probablement ailleurs. Son enfance pas facile, peu aimée, faim pendant la guerre etc... Maintenant c’est comme si j’étais assignée à combler tout ce vide.
    Elle est passée du "je" au "nous" comme si elle et moi c’était pareil. Elle me caresse la cuisse avec un air que je trouve lubrique, en disant "je me mets à la place d’un homme dont tu serais la chérie".
    Elle fait souvent des lapsus de confusion de génération, comme si j’étais sa mère, et réclame des soins intimes comme si je devais m’occuper d’elle avec la proximité physique que l’on a avec un bébé. Ce que je refuse.
    Tout cela m’est devenu insupportable et je répugne à aller la voir car il n’y a plus de communication possible et ces demandes infinies m’épuisent.
    J’ai besoin de conseils précis sur comment réagir aux symptômes.
    Je me fais aider par une psy mais les solutions semblent peu nombreuses car je suis fille unique et ne peux pas passer la main. Il me semble que je n’arrive pas à trouver la bonne distance qui permettrait que tout cela ne m’atteigne pas. Car objectivement je n’ai pas à me plaindre comparée à des gens qui ont un proche à domicile et en plus des soucis d’argent.
    La formation d’accompagnant Alzheimer, j’ai fait, le groupe de parole aussi. Là je suis en train d’essayer d’avoir un RV avec la psychiatre qu’elle a vu en gériatrie à l’hôpital, ce n’est pas facile.
    Si vous voulez élaguer mon message avant parution sur le forum, ce serait peut-être pas mal car je melivre vraiment beaucoup.
    Merci de tout le boulot que vous faites.
    Florence


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 août à 19:17 , par Michel

      Bonsoir, Florence.

      Difficile, votre situation. Car en fait pour adopter le comportement idéal il faudrait précisément ne pas être vous. Ce que vous demandez, c’est de trouver la bonne distance pour que cela ne vous atteigne pas. Et comment voulez-vous que cela ne vous atteigne pas ?

      La seule manière d’aborder ces situations est celle des professionnels ; je crois fermement que les aidants doivent, s’ils veulent survivre, se professionnaliser. C’est-à-dire non pas ne rien ressentir, mais savoir ce qu’ils ressentent, savoir l’écouter et savoir en tenir compte. Mais c’est aussi disposer de quelques clés pour éviter les pièges principaux.

      Votre mère délire. Je ne peux naturellement pas savoir si ce délire est isolé ou s’il accompagne une démence, mais ce n’est pas forcément très important. Ce que je sais c’est que :
      - Si vous acceptez son délire vous allez le renforcer.
      - Mais si vous le refusez en essayant de le critiquer, vous allez le renforcer parce que rapidement vous allez être vécue comme la complice des persécuteurs.
      Il est donc capital de ne jamais prendre position, et de botter en touche. Pas facile à faire, et surtout épuisant. Mais comme vous l’avez constaté il ne sert à rien de la mettre devant une évidence comme les boîtes de mouchoirs. Ou pour le dire autrement le délire, comme le rêve, est un discours, et elle délire parce qu’elle a quelque chose à dire qu’elle ne sait pas dire autrement. Il faudrait l’entendre, mais nous ne savons pas le faire (c’était l’écueil de l’antipsychiatrie). Mais vous voyez bien qu’en la mettant devant la réalité vous n’obtenez rien : elle a besoin de délirer, et elle trouve autre chose.

      Mais si vous voulez nous pourrons essayer de travailler sur des exemples précis ; à condition de ne pas perdre de vue que je parle d’une situation que je ne connais pas.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 août à 12:55 , par calmels

        Bonjour,
        Merci de votre réponse.
        les aidants doivent, s’ils veulent survivre, se professionnaliser
        Et comment on fait ça ? Je veux bien moi, me former, suivre des stages. Mais par où passe-t-on ? Dans la formation que j’avais suivie autour d’Alzheimer, il n’y avait que des gens avec un conjoint ou un parent atteint à domicile, et à part la connaissance de la maladie, ça ne m’a pas beaucoup aidée car je ne me reconnaissais pas dans ces situations.
        Pour ce qui est du délire, vous dites que le refuser ou le critiquer renforce le délire. Oui, c’est ce que j’ai constaté. J’ai bien enregistré "botter en touche". Comme quand on propose une partie de ballon à un tout petit qui hurle pour avoir une glace ? Oui, ça marche. "On va se promener au jardin, ou tu préfères aller au zoo ?" mais quand on revient ça repart en boucle.

        Vous dites qu’il faudrait pouvoir entendre ce qu’elle a à dire qu’elle exprime par son délire. Je crois avoir entendu ce qu’il y a derrière ces réclamations incessantes de ce qui "manque", et derrière "ils me veulent du mal" :
        Je vous dis dans le courriel précédent que j’ai l’impression d’avoir été assignée à combler le manque d’amour que ma mère a ressenti toute sa vie.
        Si j’ai bien entendu ce qu’il y derrière, qu’est-ce que j’en fais maintenant ? Étant donné que je ne peux pas lui donner, tout l’amour du monde, je vais acheter des mouchoirs en papier. Effectivement c’est ridicule.
        Me voilà bien à la place du soignant qui n’est pas là pour donner tout l’amour du monde, bien légitimement.
        En revanche de sa fille, il semble que l’on puisse tout exiger. Je n’ai pas tout à donner. Et pas envie de me mettre à sa place :
        Récemment le discours de ma mère a glissé du "je" au "nous".
        - "Ils disent des méchancetés sur nous." " On a changé toutes les chaussures de place. Et celles-ci est-ce qu’elles sont à nous ?"
        - "Je crois bien que ces chaussures noires sont à TOI. Et je suis sûre que les gens ici ne disent pas du mal de MOI. J’ai de bons rapports avec eux."
        - " Pour comprendre l’enfer que je vis il faudrait que tu passes au moins 2 jours sans arrêt avec moi, pour constater."
        - " Non, ça ne va pas être possible. C’est toi qui habite ici, pas moi. Il y a des babas au rhum comme dessert à midi, tu vas te régaler ! "
        Ça ne va pas, j’ai pris position ! Et même un jour je crois bien que je lui ai dit "Les méchancetés, elles sont dans ta tête." Pas du tout professionnel !
        Voilà, toutes les situations concrètes tournent autour de la demande d’achat de choses (articles de toilette, objets, sous vêtements) qui "manquent" alors qu’ils ne manquent pas, ou à la demande de contact avec moi, ou à la plainte concernant les "autres" méchants.
        En plus du fait que ça me bouleverse, il y a mon effort pour alléger sa souffrance, qui se heurte à un échec répété, me remettant sans cesse face à mon impuissance.

        Merci pour votre aide.
        Florence


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 août à 21:58 , par Michel

          Bonsoir, Florence.

          Comment on fait ça ?

          Comme on peut.

          Je crois qu’il faudrait mettre en place un coaching des aidants. Ce n’est pas tant de formation dont ils ont besoin que d’un accompagnement. Mais le temps que ça se mette en place votre problème sera résolu. La formation est peu utile, car je ne crois pas, vous l’avez d’ailleurs constaté, qu’on s’en sorte par un savoir théorique ; à part quelques clés de compréhension.

          Botter en touche n’est pas exactement détourner l’attention. Quand une dame me dit qu’il y a quelqu’un dans son salon, c’est éviter de lui dire : « Je vais lui demander de partir », mais éviter aussi de lui dire : « Il n’y a personne », mais plutôt essayer de dire : « Je n’ai rien vu ». Ou la réponse de Tolkien à son petit-fils : Il n’y a certainement plus de dragons en Angleterre aujourd’hui. Naomi Feil a presque raison de dire que le problème n’est pas de ramener le malade à la réalité mais de partager ce qui peut l’être de sa réalité ; je dis : presque, parce que je lui reproche de consentir des compromis avec le vrai, et que pour ma part je préfère qu’on l’évite ; quand on peut. À part quoi, détourner l’attention, ça peut servir.

          Il faudrait entendre le délire. Mais pour cela il faudrait le laisser se dérouler, et le problème est que le délire a tendance à s’auto-entretenir, ce qui fait que quand on le laisse évoluer on peut arriver à comprendre le discours sous-jacent, mais le temps qu’on y arrive il s’est pérennisé. Raison pour laquelle il faut parfois se résoudre, du moins chez le jeune, à le casser avec des neuroleptiques ; mais la rançon est qu’on a imposé silence au délire et à ce qui aurait dû être dit.

          Ce que vous ne pouvez éviter c’est que vous êtes partie intégrante du processus. Votre souffrance est inévitable, et le pire serait de la nier. Votre phrase me fascine, mais j’enfonce là une porte ouverte :

          Étant donné que je ne peux pas lui donner, tout l’amour du monde, je vais acheter des mouchoirs en papier. Effectivement c’est ridicule.

          Sauf que c’est tout sauf ridicule. Simplement triste : la seule consolation vraie donc vous disposez pour elle, c’est d’être là, et de lui essuyer les yeux.

          Non, vous n’avez pas tout à donner. Parce que vous ne pouvez pas ; parce qu’il y a d’autres personnes à qui vous devez donner ; mais aussi parce que ce serait rentrer dans son délire que de lui créer un monde où vous seriez totalement à sa disposition.

          À titre d’exercice :

          -"Je crois bien que ces chaussures noires sont à TOI. Et je suis sûre que les gens ici ne disent pas du mal de MOI. J’ai de bons rapports avec eux."

          Plus neutre serait :

          Je n’ai pas l’impression qu’il me manque des chaussures. Et je n’ai pas entendu les gens dire du mal de moi.

          Par contre j’aime beaucoup :

          - " Pour comprendre l’enfer que je vis il faudrait que tu passes au moins 2 jours sans arrêt avec moi, pour constater."
          - " Non, ça ne va pas être possible. C’est toi qui habite ici, pas moi. Il y a des babas au rhum comme dessert à midi, tu vas te régaler ! "

          Car vous ne prenez pas position : le réel auquel vous la ramenez ainsi n’est pas celui de vos opinions, c’est le réel réel. Vous lui signifiez même que vous entendez sa demande et que vous la validez, mais que vous ne pouvez la satisfaire, c’est différent.

          Voilà, toutes les situations concrètes tournent autour de la demande d’achat de choses (articles de toilette, objets, sous vêtements) qui "manquent" alors qu’ils ne manquent pas, ou à la demande de contact avec moi, ou à la plainte concernant les "autres" méchants.

          Et c’est difficile. Ce qu’il faudrait c’est accueillir la demande telle qu’elle est, ce qui n’implique pas que vous y répondiez. Que peut-on imaginer (car vous avez observé que je n’ai pas de réponse : je ne fais que réfléchir avec vous) ? Si on essayait : Je vois qu’il te reste du dentifrice ; je te promets que je t’en achèterai dès qu’il faudra, et que jamais tu n’en manqueras ? ce qui évite de dire : Tu n’en as pas besoin ; si, justement, elle a besoin que vous combliez son manque ; toute la question est qu’elle a besoin que vous lui achetiez du dentifrice, et qu’il ne faut pas que vous l’achetiez, non seulement parce qu’elle a du dentifrice mais bien plus parce qu’elle parle d’un autre manque, indicible et impossible à satisfaire, de sorte que quand son armoire sera remplie de tubes cela ne servira qu’à lui faire reporter son manque sur le savon.

          En plus du fait que ça me bouleverse, il y a mon effort pour alléger sa souffrance, qui se heurte à un échec répété, me remettant sans cesse face à mon impuissance.

          Ceci seulement :

          Cette souffrance qui vous est infligée est inévitable. Le pire serait de la nier, de faire comme si. D’ailleurs dans son tréfonds elle s’en apercevrait. Mais n’oublions pas que vous vivez une relation, étrange certes, douloureuse pour vous, sans doute ; mais dans laquelle, loin d’être impuissante, vous lui permettez de dire et d’être entendue. C’est pauvre, et ce n’est pas ce que vous voudriez vivre avec cet être si cher. Mais c’est énorme.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 août à 10:11 , par calmels

            Bonjour,
            La bienveillance et l’humanité, l’intelligence et le professionnalisme de vos réponses me laissent sans voix.
            Je passe à la phase travaux pratiques et vais apprendre par cœur :
            Je vois qu’il te reste du ...... ; je te promets que je t’en achèterai dès qu’il faudra, et que jamais tu n’en manqueras ?
            Je vais essayer de trouver les réponses constat type « Je n’ai rien vu » aux phases paranoïaques. Ou encore mieux utiliser comme base archétypale la magnifique réponse de Tolkien à son petit-fils : Il n’y a certainement plus de dragons en Angleterre aujourd’hui. .

            Je vous tiens au courant de la suite. Mille mercis pour le temps que vous passez sur ce site.
            Florence


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 août à 21:27 , par Michel

              Bonsoir, Florence.

              J’espère que tout cela pourra vous aider. N’en attendez tout de même pas trop : c’est très limité, et si ça se trouve c’est totalement inadapté à votre situation particulière. Mais cela peut vous ouvrir des voies.

              Continuons à réfléchir ensemble.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 septembre à 11:45 , par calmels

                Bonjour,
                J’ai testé tous vos conseils. Pour les choses qui "manquent" en permanence, votre suggestion de " je te promets que j’en achèterai en temps voulu mais là je vois qu’il y en a encore" a très bien fonctionné. Et nous sommes parties marcher au parc.
                Ma mère m’a raconté qu’elle avait renversé du café sur l’une de ses 2 robes de chambre, et qu’elle était fichue et trouée. J’ai dit que l’on regarderait ça et que je la mettrais d’abord au linge sale.
                - Non, non il faudra que tu la prennes, tu peux t’en servir le matin dans le jardin.
                -  ????!!!!! Non je ne ferai pas ça. Si elle est vraiment fichue, on la jettera.
                Arrivées à la chambre, les 2 robes de chambres à plat sur le lit : pas super propres retour lessive, mais ni grosse tache, ni trou. Je mets la plus sale au panier lessive. Panique à bord, déni, il faut retourner chercher celle qui est dans le panier pour re-chercher le trou et la tache. Constat. Panique.
                Il faudra demander à Nabila car elle, elle l’a vu le trou.
                Je n’ai pas su la consoler de cette immense détresse de prendre le réel en pleine figure.
                Autre plainte : il y a des gens/femmes/un groupe qui dit du mal de moi/nous pendant le repas. Ils sont dans mon dos.
                Ca ce n’est pas nouveau, ce qui est nouveau c’est que maintenant les voix lui donnent des ordres : il ne faut pas qu’elle se lève la nuit, ni tire la chasse, ni ouvre les volets avant 9h car elle dérange les autres.
                J’affirme qu’elle a le droit de faire ce qu’elle veut dans sa chambre car elle est seule et ne dérange personne. "Tu as le droit, tu peux, c’est permis...", et même que je vais demander à la directrice de lui redire le règlement. (C’est fait.)
                Même demande que l’autre jour :
                - Il faudrait que tu sois là pour constater.
                - Et si je viens déjeuner et que je constate que personne n’est méchant avec toi ?
                - Bien-sûr, si tu es là ils ne diront rien. Ils n’oseront pas. Il faudrait que je déménage ailleurs plus près de chez toi.
                - Pas possible, tu es très bien ici. Et on ne peut pas faire plus près de chez moi comme maison de retraite !
                - C’est vrai ici, tous les gens qui travaillent ici sont parfaits mais il y a ce "groupe" dans la salle à manger.
                Il n’y a pas de solution. Il vaudrait mieux que je meure.
                La demande est assez claire. Que je sois avec elle en permanence pour la protéger... de la mort.
                C’est vrai qu’il n’y a pas de solution, avais-je très envie de répondre.
                J’ai juste renchéri sur les points positifs.
                En revanche l’épisode robe de chambre me laisse perplexe. Il y aurait donc un trou et une tache. Mais je ne vais pas devenir le psychanalyste ma mère, et j’étais totalement désarmée dans cette situation.
                Est-ce que c’est l’objet transitionnel à l’envers ? Si je prenais chez moi la robe de chambre abimée, ça réparerait quelque chose, ça fonctionnerait comme un gris-gris protecteur ? Ou c’était juste un ’cadeau’ ! Me refiler son problème en quelque sorte. En tout cas la suggestion de la jeter a provoqué une réaction violente.
                Vous m’avais déjà beaucoup aidée à mettre un peu de distance, et je me suis sentie moins violemment atteinte que les autres fois.
                Florence


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                • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 7 septembre à 21:31 , par Michel

                  Bonsoir, Florence.

                  Pas du tout facile de vous répondre : vous n’avez pas envie de devenir la psychanalyste de votre mère, et vous avez totalement raison ; mais je ne suis pas davantage en position de le devenir, et si je peux vous donner quelques éléments théoriques je suis un peu à bout de ressources pour vous parler de cette situation que je ne connais pas. Je ne peux que commenter ce que vous me dites, c’est en somme le rôle du coryphée dans la tragédie grecque.

                  Il ne faut pas oublier que le délire est avant tout un discours, et que ce discours a besoin de se dire. Cela signifie que l’idée de trouver une solution, une attitude qui permettraient de couper l’herbe sous le pied du délire est totalement illusoire : à supposer que vous puissiez supprimer l’objet sur lequel votre mère délire elle n’aurait rien de plus pressé que d’en trouver un autre ; à la limite on se demande si ce ne serait pas contre-productif. C’est pourquoi la bonne attitude est probablement de tâcher de le contenir dans des « limites raisonnables », en faisant la part du feu.

                  Si j’applique cette théorie à l’affaire de la robe de chambre, je me dis que le plus simple est précisément de ne pas en faire une affaire : « Je peux te la prendre, si tu veux » ; cela ne vous oblige nullement à entrer dans son propos, dans son délire, mais permet de neutraliser la robe de chambre tout en l’autorisant à dire son désir que vous l’acceptiez. Quelle interprétation en donner ? Je ne sais pas. Mais j’attire votre attention sur deux points :
                  - Dans cette stratégie de pilotage à vue, cette interprétation n’a aucune importance. Vous en auriez besoin si vous décidiez, précisément, de devenir sa psychanalyste : cela vous servirait à élaborer votre attitude. Mais dans le cas présent cette interprétation ne vous aiderait en rien à organiser voter stratégie. À part quoi votre proposition : elle vous refile ses problèmes avec la robe de chambre, me convient tout à fait ; ce n’est pas la seule.
                  - Votre première réaction a été une réaction de refus. Ceci interroge votre propre ressenti. Il vaut la peine de vous demander pourquoi. À titre d’exemple (je dis bien : à titre d’exemple, car moi ce n’est pas vous) si j’avais dans une telle circonstance une telle réaction je prends le pari qu’elle témoignerait d’une répugnance dont je connais les origines.

                  Vous indiquez que « les voix lui donnent des ordres ». Vous devriez approfondir : il se peut fort bien qu’effectivement elle ait fait un peu de bruit la nuit, et qu’un agent de nuit l’ait rappelée à l’ordre : même les meilleurs font de telles erreurs (à supposer que c’en soit une). Mais si ce n’est pas le cas, il faut savoir qu’il existe des formes de délire qui comportent ce type d’hallucination auditive ; on appelle cela l’automatisme mental et c’est une forme (les psychiatres me pardonnent ce charabia !) d’organisation de certaines psychoses délirantes. C’est important car cela pourrait inciter à penser que tout de même elle se trouverait mieux avec un peu de neuroleptique ; enfin, je dis ça… il faut qu’un médecin le décide.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 septembre à 04:15 , par Frédérique

                    Bonsoir Docteur
                    Je suis, comme Florence, complètement désemparée par le comportement de ma mère, âgée de presque 80 ans.
                    Sa personnalité n’a jamais été simple, beaucoup de plaintes somatiques depuis toujours avec des maladies réelles et d’autres plus difficiles à objectiver… parlant sans s’arrêter dès qu’elle a un interlocuteur, dormant peu, désagréable voire insupportable avec sa famille, souvent perçue comme charmante par les personnes extérieures…
                    Des deuils, ses parents, évidemment, celui de ma soeur cadette, qui s’est suicidée à 35 ans,il y a 19 ans, puis la mort de mon père, d’un glioblastome en trois mois, il y a 4 ans
                    Elle vit seule à 600 km de moi, dans un village où elle connaît beaucoup de monde
                    Mes enfants et/ou moi avons passé quelques semaines près d’elle cet été et elle est de nouveau seule depuis… 1 semaine
                    Dernièrement en hyperthyroïdie, puis après prise d’iode radioactif , aujourd’hui en hypothyroïdie avec traitement par Lévotthyrox débuté hier.
                    Cela alors que Maman est hospitalisée pour une fracture du col du fémur depuis avant hier, elle a été opérée hier et présente depuis aujourd’hui un délire paranoïaque, me semble t-il
                    (Pas de morphine)

                    Et cela est parti d’un conversation entre soignants qu’elle aurait entendue, critiquant le fait qu’elle aurait dit des choses désagréables en remplissant le questionnaire de satisfaction lorsqu’elle était hospitalisée au même endroit l’an dernier pour une prothèse de genou

                    Elle suppose que toutes les bribes de conversation du personnel soignant qu’elle perçoit sont dirigées contre elle, pense que l’on va lui faire “une injection létale dans la nuit, ne veut pas manger ce qu’on lui apporte de peur que ce soit empoisonné, refuse de prendre les médicaments, souhaite signer une décharge pour que je la ramène chez elle, elle voulait que je reste dormir avec elle, …
                    Elle m’a laissé un message d’une voix sépulcrale cet après midi pour me demander de venir immédiatement, elle ne pouvait pas me parler
                    Lorsque je suis arrivée elle était très angoissée et en boucle, et avait noté sur son carnet d’adresse les choses entendues d’une écriture que je n’ai pas reconnue,
                    de plus je me suis rendue à son chevet hier matin avant l’opération, elle m’a assaillie d’une foule de demandes de tout ordre, à tel point que je n’ai pu tout mémoriser ! J’ai comme Florence eu conscience que cela devait masquer une angoisse de mort à la veille de cette intervention non programmée

                    Toutefois, depuis cet été, elle semble un peu plus parano qu’avant : quelqu’un lui aurait échangé son tuyau d’arrosage à son insu, elle perçoit des odeurs d’égout, régulièrement ; elle a même été surprise de se voir sur une photo avec des chaussures bleues qu’elle ne reconnaissait pas et pensait que le photographe avait retouché le cliché !
                    J’ai conscience que cela peut-être dû aux produits anesthésiants, mais dans la mesure où quelques éléments sont apparus avant l’intervention, cela peut-il être le signe de l’entrée dans une maladie neurodégénérative ou psychiatrique, précipitée par les médicaments ?

                    Je vais tenter d’appliquer les conseils que vous avez donnés à Florence en attendant de voir comment son état évolue afin de ne pas nourrir son délire

                    Merci de ce blog

                    Cordialement
                    Frédérique


                    Répondre à ce message

                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 septembre à 22:31 , par Michel

                      Bonsoir, Frédérique.

                      Je ne vais certainement pas me risquer à votre faire un diagnostic : vous donnez trois pistes et les trois sont exactes.

                      La première piste est celle de la confusion mentale post-anesthésique. C’est un grand classique, et normalement les choses rentrent dans l’ordre, à plus ou moins bref délai.

                      La seconde est celle d’une maladie neurodégénérative sous-jacente ; on sait malheureusement que les confusions liées à l’anesthésie sont beaucoup plus fréquentes chez le dément, ce qui fait que quand on les constate on s’attend toujours à de vilaines surprises.

                      La troisième est celle d’un trouble délirant plus ou moins préexistant. Cela se peut, et vient compliquer encore les choses. Mais cela ne fait peut-être que donner la forme de la confusion, et non pas véritablement la causer.

                      Toujours est-il que je nuancerais les conseils que je donnais à Florence : votre problème à vous est celui d’une pathologie aiguë et probablement réversible. Les préconisations que j’ai faites à Florence sont certes valables pour vous, mais l’essentiel est bien plutôt de rassurer votre mère, en sachant que, si j’ose parler ainsi, ce qui la perturbe ne se situe pas dans son cortex mais dans des structures cérébrales très archaïques, ce qui fait que son trouble doit s’analyser en termes de comportement animal. Autant dire que ce qui va fonctionner est bien plus, par exemple, le ton et le rythme de votre voix que le contenu de votre message.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 septembre à 09:12 , par Frédérique

                        Bonjour Docteur
                        et merci de votre réponse claire et concise
                        Effectivement, Maman ne semble dans ses moments de délire pas accessible à la raison
                        Quant à trouver le bon ton et le bon rythme de parole, c’est un apprentissage.

                        Dès le lendemain de son premier délire, elle a pu le critiquer, et tenter d’en effacer les traces (elle avait noté des choses dans un carnet qu’elle a ensuite biffées)
                        Mais après cette période d’accalmie, elle a recommencé, à deux reprises…
                        Vous parliez de structures archaïques en jeu, et cela se passe lorsque le soir arrive, la nuit activant les angoisses il me semble.

                        Quelle est la durée d"élimination des produits anesthésiants à votre avis ?
                        J’envisage de demander une évaluation par un gériatre lorsque ce délai sera passé, qu’en pensez-vous ?

                        Maman vit à 650 km de chez moi, et, égoïstement je l’avoue, j’appréhende la sortie de la clinique de rééducation…

                        Bien cordialement

                        Frédérique


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                        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 septembre à 12:17 , par Michel

                          Bonjour, Frédérique.

                          Ce que vous observez, notamment la variabilité des symptômes, la recrudescence nocturne, mais aussi le fait que la malade se rende compte que quelque chose est anormal et qu’elle puisse au besoin les critiquer elle-même, va tout à fait dans le sens d’une confusion post-anesthésique.

                          Il est difficile de dire quelle sera la durée de l’épisode ; non seulement parce que la vitesse d’élimination des drogues anesthésiques varie selon les individus, mais aussi parce que la confusion, une fois installée, évolue pour son propre compte, et que cela prend du temps. Mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir avant une quinzaine.

                          Il faudra faire un bilan cognitif. Personnellement je suis hostile à l’idée de le faire rapidement, car on ne saurait pas faire la différence entre ce qui revient aux stigmates de confusion et ce qui revient à une pathologie sous-jacente. Six mois me semblent un délai raisonnable, en se disant que si pendant ce temps une éventuelle pathologie démentielle évolue trop, il n’y aura pas de regret à avoir : dans ces formes d’évolution rapide il n’y a guère à attendre des traitements...

                          Bien à vous,

                          M.C.


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                          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 septembre à 13:07 , par Frédérique

                            Merci encore de votre analyse de la situation.
                            Je viens d’être appelée par le médecin du service où Maman est en rééducation, qu’elle voulait quitter ne se sentant pas en sécurité.
                            Il a pris en compte les éléments que je lui ai rapportés, a revu son dossier,
                            dans lequel figurait la nécessité d’un suivi en CMP (qu’elle a interrompu il y a quelque temps)
                            Il va lui prescrire un médicament pour tenter de la rendre plus sereine et l’a persuadée de rester jusqu’à ma venue, samedi.
                            J’espère ensuite la convaincre de rester jusqu’à la fin de la période de rééducation
                            Mais suis assez inquiète pour son retour au domicile

                            Bonne journée


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                            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 septembre à 06:58 , par Michel

                              Bonjour, Frédérique.

                              Je comprends votre situation et vos inquiétudes. Il vaudrait effectivement mieux que votre mère reste encore un peu en sécurité. Cela dit il n’est pas certain que si elle sort, et moyennant l’organisation d’une surveillance minimale, elle soit réellement en danger.

                              L’idée de la calmer par un médicament est à envisager : on peut s’y trouver amené, et cela peut permettre de tenir la situation. Je le dis avec un peu d’hésitation, car cela comporte un risque : si votre mère est dans cet état, et si (ce qui reste à prouver, je n’ai pas vu la situation) la cause en est l’anesthésie, alors le phénomène est dû à ce que son cerveau est en somme placé dans de mauvaises conditions de fonctionnement (avez-vous lu La confusion mentalehttp://michel.cavey-lemoine.net/spi... ?). Le risque est alors que le traitement rajoute un dysfonctionnement supplémentaire ; mais après tout si c’est le cas on le verra vite.

                              Bien à vous,

                              M.C.


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                  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 septembre à 11:27 , par calmels

                    Bonjour,
                    Merci de me donner plusieurs pistes intéressantes qu’il est plus ou moins possible d’aborder ici.
                    Effectivement j’ai creusé la ’réalité’ de son délire, et arrive à me décaler pour le voir différemment.
                    Ceci grâce à un petit événement : ma mère a perdu sa canne. Je propose que l’on fasse tout le tour de la maison de retraite à sa recherche. Ça n’a pas trainé : avec l’aide de la dame de service nous avons trouvé 4 cannes dans la chambre de la voisine ! Après avoir étiqueté sa canne à son nom, je me suis interrogée sur la part de réel dans le délire des voix qui disent du mal dans son dos. Il semble tout à fait possible que l’ambiance puisse être parfois celle de la cour de récré ; et je vois d’un autre œil certaines de ses plaintes. Par exemple "ah non, vous ne pouvez pas vous asseoir sur ce fauteuil, la place est prise." me paraît tout à coup plus que plausible. Je ne vais pas aller enquêter de près mais il me semble pouvoir changer d’écoute à partir de là. " Il y a des chipies partout. Essaie de faire comme si tu ne les entendais pas." sera peut-être ma prochaine ligne, plutôt que qu’ "arrête de voir des méchants partout."
                    Nous avons totalement oublié l’épisode de la robe de chambre. Passons à autre chose.
                    Cependant j’entends bien votre remarque sur la répugnance. Je l’ai déjà identifiée ainsi que son origine.
                    Aller plus loin ici serait trop personnel.
                    Pour ce qui est des neuroleptiques, elle est prend, et le problème est pour les médecins de trouver le bon équilibre entre le trop et ses effets négatifs et le trop peu.
                    Cordialement
                    Florence


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                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 septembre à 21:14 , par Michel

                      Bonsoir, Florence.

                      Vous avez tout à fait raison, et cela pose un problème intéressant. Car le délire se définit comme une interprétation irréaliste de ce qui se passe. Si je vois un tigre dans mon jardin, ce n’est pas un délire mais une hallucination : il n’y a pas de tigre. Si je regarde la pie qui est sur mon bouleau et que je dis qu’elle est là parce que qu’on l’a envoyée pour m’espionner, c’est un délire : il y a bel et bien une pie. Il se peut donc fort bien que votre mère ait réellement entendu quelques remarques ; le problème est dans les conclusions qu’elle en tire. Il fat donc faire la part des choses, et même garder un œil, car cela se produit nécessairement, sur d’éventuelles réactions inadaptées des professionnels. Et ce n’est pas commode : si votre mère fait du chahut la nuit leur rôle est de le lui faire remarquer, tout le problème est de savoir comment ils le font.

                      Sur la répugnance… vous avez raison : ce point une fois noté il n’y a pas lieu de s’y étendre ; je vous en parlais parce que je pensais aux miennes.

                      Quant aux neuroleptiques, c’est délicat, en effet. Il est rassurant de lire que les médecins sont soucieux de ne pas en faire trop ; mais le problème est que dans ces conditions un bon résultat pourra se révéler hors de portée. Nous verrons bien.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 27 août à 06:56 , par Mireille Goderniaux

    Bonjour,

    Mon compagnon âgé de 74 ans me critique quand je ne suis pas là, raconte des mensonges, se fait passer pour un malheureux, dit que je le déblatère, etc... Bref, me fait passer pour une mauvaise alors que c’est lui le mauvais.
    Il n’accepte aucune remarque, rentre dans des colères monstres et m’insulte mais uniquement devant la famille. Je ne peux pas lui dire de faire attention au verre qu’il est prêt à renverser, de retirer sa casquette à table, de ne pas se précipiter avant les autres sur les plats, etc...
    Il fait aussi des scandales, comme par exemple, piquer une colère parce qu’il n’est pas assis près de la fenêtre au restaurant.
    Il conduit très mal, mettant ma vie en danger et à force de disputes, j’ai pris la décision qu’il ne conduirait plus quand je suis dans l’auto.
    il cherche toujours à me mettre à bout pour sans doute pour montrer qu’il a raison, que je suis la mauvaise. Aussi, j’ai l’impression de vivre avec un jeune adolescent difficile qui n’est jamais content et que je traîne derrière moi comme un boulet.
    Tous ses défauts, il les reporte sur moi.
    Je ne sais pas à quel jeu il joue et je ne sais plus que faire. On vient de frôler la séparation.
    Je suis très triste car avant, il n’était pas comme ça.
    Merci de m’éclairer


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 27 août à 16:04 , par Michel

      Bonjour, Mireille.

      Je comprends votre tristesse. Mais je ne peux pas vous éclairer beaucoup, parce qu’il y a de nombreuses hypothèses à envisager. Deux choses en tout cas sont évidentes :
      - La première est que vous êtes en crise, ce qui réduit les chances de trouver une bonne solution.
      - La seconde est que votre compagnon ne joue aucun jeu. Il se comporte ainsi parce qu’il va mal.

      Mais de quoi s’agit-il ? C’est ce que je ne peux savoir.

      Ce que vous décrivez peut correspondre à l’état d’un sujet qui est en proie à une souffrance devant son vieillissement. Mais il peut aussi s’agit d’une dépression, d’un délire du sujet âgé, voire d’une démence, par exemple (mais pas seulement) fronto-temporale ; sans parler d’une foule de maladies physiques.

      Il y a donc urgence à poser un diagnostic, et je me doute bien que vous aurez toutes les peines du monde à l’emmener consulter. D’un autre côté il faut songer à vous protéger ; que se passerait-il si vous faisiez mine de mettre à exécution votre projet de séparation ? Je sais que vous n’en avez aucune envie mais... si cela provoquait un déclic ? C’est à envisager, si vous n’avez pas d’autre ressource...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Bonjour
    Mon père 77 ans souffre de problèmes de compréhension. Il a du mal à comprendre ce qu’on lui dit et se met alors souvent en colère.
    Il nous parle depuis quelques temps de ses problèmes rencontrés lorsqu’il était enfant avec sa mère et croit que sa femme (ma maman donc) agit comme sa maman. Il déforme la vérité. Par contre il oublie assez vite ce qu’il a fait ou dit lorsqu’il est en colère.
    Mais maman est une personne fragile et malade problème d’ostéoporose et dépressive aussi
    que me conseillez vous ?


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 août à 21:31 , par Michel

      Bonsoir.

      Il n’est pas possible de répondre à votre question : il manque beaucoup trop d’éléments, et il y a par conséquent beaucoup trop d’hypothèses à envisager. Ces hypothèses vont d’une simple surdité que votre père ne supporte pas à la démence profonde méconnue que le patient essaie de masquer avec l’énergie du désespoir. Je parlerais donc dans le vide si j’essayais de trop préciser les choses.

      La conséquence est que vous ne trouverez aucune solution sans diagnostic : les choses ne se présentent pas de la même façon selon que votre père souffre d’une crise liée à la conscience qu’il a de vieillir, et dont on peut espérer qu’un peu de patience, quelques précautions pour protéger votre mère, et éventuellement quelques recadrages (souffrir ne donne pas tous les droits) permettront de venir à bout sans trop de difficultés, ou que vous vous trouvez face à un processus démentiel nécessitant à bref délai une institutionnalisation parce que les choses vont vous échapper rapidement. Ou encore s’il présente un trouble dépressif il ya beaucoup à espérer d’un traitement assez simple.

      Toute la question est donc de le faire examiner, et j’imagine bien que vous aurez du mal à y parvenir.

      Pour votre mère il n’y a probablement rien à faire à ce stade : à court terme il n’y a aucun danger, et il y a beaucoup trop d’incertitudes sur le long terme.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Bonjour
        Comme vous dîtes si bien il a un gros problèmes de surdité. Mais il a essayé quelques prothèses auditives mais il ne les supporte pas. Ses colères ne sont pas du fait de sa vieillesse car ’il a toujours été assez virulent même plus jeune. Aujourd’hui il se parle beaucoup à lui même. Il marmonne quelques minutes et arrête.
        Il a rendez vous avec un spécialiste en octobre pour interpréter son scanner de la tête.

        Merci pour votre réponse


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 22 septembre à 22:38 , par Michel

          Bonsoir..

          Alors il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre.

          Deux détails cependant.

          Le premier est que je déteste qu’on survalorise les imageries dans les troubles intellectuels. Il n’y a aucune corrélation sérieuse entre les images qu’on découvre et les troubles qu’on cherche à expliquer ; ce n’est pas sérieux. L’imagerie ne sert pas à affirmer, ou même à suspecter une démence, elle sert à vérifier qu’il n’y a pas une autre cause sur laquelle on pourrait agir. Si on me faisait une IRM de la tête, le plus probable est qu’on en trouverait de belles.

          Le second est qu’il faut absolument réagir très vite contre les troubles auditifs. C’est dès le début qu’il faut appareiller, sinon il se passe ce que vous observez : plus on attend et plus il est difficile de s’adapter aux prothèses. Il faudrait essayer, cependant...

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 août à 21:45 , par Line

    Bonjour, Mon beau-père âgé de 84 ans fait des scènes de jalousie épouvantables à ma belle-mère. Il raconte à ses enfants qu’elle a des amants (les voisins incluant le conjoint de sa petite fille). Il est rendu au point d’aller frapper aux portes pour raconter des choses répugnantes (ex. lorsqu’elle voit un tel par la fenêtre, elle détache son soutien-gorge pour lui montrer ses seins ou elle se masturbe avec la télécommande du téléviseur, etc...) On suspecte de la violence mais elle ne veut rien dire. Comment peut-on avoir de l’aide pour qu’il soit évalué ? Merci !


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 août à 22:02 , par Michel

      Bonsoir, Line.

      Redoutable question, pour laquelle je n’ai que peu de réponses. J’en ai d’autant moins que je ne connais ni les habitudes ni la législation du Canada.

      Sur le plan médical, la question est assez simple : il s’agit d’un délire de jalousie, et la seule question est de savoir s’il y a ou non une démence dessous.

      Mais le problème est qu’il faut pour cela examiner le malade, et que nous savons très bien qu’il ne va jamais l’accepter. Si la situation est vraiment préoccupante il existe en France des procédures d’hospitalisation sous contrainte, mais cela n’a de sens que si on peut espérer normaliser les choses au point que le malade lui-même reconnaisse que cette hospitalisation lui a fait du bien. C’est assez illusoire.

      Ensuite, il faut traiter.

      Le seul traitement efficace des délires constitués est neuroleptique. Le problème est qu’il s’agit d’un sujet âgé, et que s’il présente en fait une démence le traitement sera mal supporté. Tout est donc affaire de rapport bénéfice/risque : on ne neuroleptise que la main forcée, soit parce que le malade souffre trop, soit parce que la situation est intenable dans son lieu de vie. Et cela bien sûr suppose qu’il prenne son traitement.

      Il faudrait au moins essayer d’avoir une idée de sa personnalité de base. S’il s’agit par exemple d’un sujet qui a toujours été paranoïaque, la cause est perdue d’avance : le paranoïaque n’est sensible à rien, et la seule mesure de bon sens est de mettre votre belle-mère à l’abri. Si par contre cette hypothèse est éliminée, il arrive tout de même assez fréquemment que les délirants se calment au moins un peu quand on leur indique que s’ils continuent comme ça ils vont se retrouver avec un divorce. Mais votre belle-mère ne voudra pas, bien sûr ; et c’est sa liberté.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 6 août à 21:24 , par BRANCHARD

    Bonsoir,

    Mon papa est âgé de 86 ans. Après plusieurs interventions chirurgicales, il perd malheureusement la VUE.
    Depuis plusieurs jours, il m’a confié qu’il voyait la moitié d’un visage à différents endroits ......
    De plus il m’a bien détaillé cette moitié de visage, toujours la même, (c’est un homme lui faisant penser à un personnage d’une autre époque ?
    Que cela veut bien dire.
    Merci de recevoir votre réponse.
    Cordialement, Martine BRANCHARD


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 7 août à 18:26 , par Michel

      Bonjour, Martine.

      Je ne peux pas vous répondre : il y a trop d’hypothèses, et trop de zones d’ombre. Telle que vous la décrivez la situation peut appeler de nombreuses explications.

      En particulier il serait utile de savoir de quelles interventions il s’est agi, et pourquoi votre père perd la vue. il faudrait aussi savoir ce qu’il pense de ce qu’il voit : la problématique n’est pas la même selon qu’il est ou qu’il n’est pas conscient de l’anomalie.

      Il se produit assez fréquemment, quand on perd l’usage d’un de ses sens, que des impressions parasites viennent occuper la place des sensations normales. Ceci est banal et bénin.

      Mais le plus sage serait de l’adresser à un service spécialisé, probablement en neurologie.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 juillet à 12:57 , par Pascale BURGER

    Bonjour M. Cavey,

    A la recherche de réponse suite à un incident survenu avec mon père (75 ans) hier, je viens de lire avec attention votre page d’information et souhaite soumettre l’incident en question à votre regard objectif.

    Voici ce qui s’est passé. Mardi soir je suis partie rejoindre mon père et ma mère (71ans) avec mon fils Jason de 17 ans pour aider à des travaux de réaménagement du cabanon de notre terrain de loisir. Mon père nous avait exposer son souhait de procéder à des travaux de réfection du sol le lundi précédent et j’ai accepté de l’aider avec mon fils durant 2 jours. Mardi ma mère m’informe par téléphone qu’elle sera avec nous aussi, mon père l’ayant persuadée de nous accompagner.
    Mercredi matin après le petit déjeuner nous entreprenons de l’aider et nous rendons rapidement compte que pour réaliser les travaux il faudra sortir tout le mobilier du cabanon dont un buffet très lourd et très grand non démontable. Portés par le désir de rendre service et de réussir les travaux entrepris, nous réussissons à sortir ce buffet, mon père à une extrémité avec une sangle autour du coup, mon fils et moi à l’autre. Avant cela, nous avions déjà installé un chapiteau de 2 mètres de haut et 8 mètres de longs tous les 4 et non sans problèmes. Tous les éléments sortis ont été entreposés à l’abri de ce chapiteau pour demeurer fonctionnel et à l’abri de la pluie. Après un repas et une sieste bien méritée, nous avons repris le travail, càd les travaux de réfection du sol : burrinage jusqu’à 18h puis diner puis fabrication de la chape de réagrage par seaux que mon père étalait sur le sol à la truelle. Voyant le temps avancer (21h) et mon père s’épuiser, j’ai pris sur moi de faire les mélange dans le seau jusqu’à 22H30 sans quoi on allait pas pourvoir finir.
    Le soir j’étais épuisée et au bord des larmes sans vraiment comprendre pourquoi. Le lendemain matin très fatiguée, j’ai partager mon sentiment à mes parents. Ma mère m’a confié qu’elle était elle même épuisée et nous avons tenté de raisonner mon père par rapport à la quantité de travail et aux priorités à revoir. N’arrivant pas à nous entendre, chacun a fait de rangements de son côté jusqu’à midi. Durant le repas de midi nous avons à nouveau entamé la discussion (ma mère et moi) sur la question de la suite des opérations, essayant de convenir d’un planning moins chargé. Ceci à déclenché ce que j’appellerai une crise hystérique ou colérique chez mon père, qui s’est mis à nous fustiger, nous accabler de toutes sortes de mauvaises intentions à son égard, de vouloir sa mort, d’être indifférent à sa volonté/besoin, d’être contre lui. Animer d’une sorte d’hystérie délirante, il s’est mis à débarrasser la table alors que nous étions entrain de manger, de ranger les outils dont il avait encore besoin, avoir un comportement anarchique tout en continuant à vociférer toutes sortes de choses (pas gentilles du tout), pour finir par soulever les meubles tous seuls en les trainant à l’intérieur au risque de se blesser ou de se tuer en nous rendant responsable de sa souffrance.
    Nous avons attendus qu’il se calme et nous sommes retranchées (ma mère et moi) sur d’autres activités de rangement, mon fils Jason revenu de promener le chien étant de suite aller aider mon père. Ma maman m’a alors partagé qu’elle subissait se type de réaction de plus en plus fréquement lorsqu’elle n’allait pas systématiquement dans son sens et qu’elle était épuisée par l’esprit d’entreprise incessant (et pas forcément cohérent) de mon père. Que mes frères (50 et 38 ans rechignent à venir aider à cause de ce type de comportement récurrent qui génère de fortes tensions). Elle dit aussi que lorsqu’il n’est pas dans une phase projet, il est dans une sorte d’état dépréssif (apathie et mal être), c’est pour ça qu’elle organise régulièrement des choses pour et avec lui. Je pense que le comportement de mon père relève d’une pathologie (mal être qui à évolué mais pas dans le bon sens). Sauriez-vous me dire, selon vous, à quoi nous avons à faire ? Je dois dire qu’en dehors de ces épisodes agressifs, c’est l’homme le plus gentil du monde, mais qu’il est aussi dépendant à l’alcool depuis sa jeunesse (consommation quotidienne identique).
    En vous remerciant par avance pour votre aide,
    Pascale Burger


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er août à 16:15 , par Michel

      Bonjour, Pascale.

      Je comprends sans peine que cette histoire vous ait désarçonnée. Surtout si vous n’aviez rien vu venir, ce qui peut arriver facilement si les épisodes sont rares.

      Mais si l’histoire se laisse assez aisément raconter il va être beaucoup plus difficile d’en trouver une explication.

      Je dis que l’histoire se laisse facilement raconter, mais je n’oublie pas que souvent ce qui compte le plus ce sont les détails, et que nous en manquons peut-être. En tout cas j’ai lu l’histoire d’un homme qui a engagé des travaux sans les anticiper, sans les préparer, et qui se trouve placé devant une tâche insurmontable, avec cette circonstance aggravante que cela se passe devant sa famille, et notamment sa fille et son petit-fils. Dans ce contexte sa réaction est en soi assez banale : c’est ce que j’appelle le coup du magnétoscope. Le coup du magnétoscope est la manière dont j’envoie balader mon jeune fils quand, alors que ça fait deux heures que je m’escrime à décrypter la notice, il jette un coup d’œil par-dessus mon épaule et me lance : « Tu devrais essayer le gros bouton à gauche ». La crise de votre père a toute chance de correspondre à une défense qu’il met en place pour tenter de noyer l’erreur qu’il a faite en se lançant inconsidérément dans cette affaire sans la préparer.

      Le problème est évidemment de trouver le mécanisme qui le conduit à se fourrer dans de telles situations. Et là je ne peux pas vous dire grand-chose, tant les hypothèses sont nombreuses. Par exemple il serait tout à fait possible qu’il soit atteint d’une démence (de type Alzheimer ou autre), qu’il sente les choses peu à peu lui échapper, qu’il se lance dans ses projets pour montrer (et se montrer) qu’il est encore capable d’en réaliser, et que du coup l’échec lui soit insupportable ; mais il est fréquent que l’alcoolisme chronique engendre des troubles du caractère ; tout comme il est fréquent que les déprimés aient de telles sautes d’humeur : le point commun de ces trois situations est que le malade a peur de perdre sa maîtrise du réel. D’autres hypothèses seraient à envisager. Mais je ne vois pas comment on peut en faire le tri sans un examen psychiatrique.

      La seule chose dont je suis sûr (et cela, plus sérieusement, peut constituer un indice de trouble intellectuel) c’est qu’il n’est pas normal d’avoir besoin d’une truelle pour étendre un mortier de ragréage : presque par définition, il est autolissant et doit couler tout seul.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Bonsoir Michel,

        Merci beaucoup pour votre réponse que je découvre avec joie aujourd’hui. Je vous rejoins sur le fait qu’il s’agit d’un mécanisme de défense (pourrait-on dire réaction de désespoir) à une situation qui lui a échappé malgré toute sa bonne volonté et intention de bien faire et effectivement d’autant plus embarrassante que ses proches en soient témoin mais aussi en ont souffert avec lui ...
        Je pense aussi que mon père souffre encore de son enfance (enfant non désiré par sa mère, toujours pas assez bon, pas celui qu’on voulait etc...) et qu’il a dû travailler dur pour ’mériter’ sa place ...
        Retraité vers 55 ans, les travaux dans sa résidence principale sont devenus son activité/légitimité alors que son épouse travaillait toujours. D’ailleurs il a fait des supers travaux (aidé de collègues).
        Il est fort possible qu’avançant en âge il sente ses forces diminuer et veuille se rassurer d’être toujours capable de ...
        Connaissant bien mon père et ses habitudes de vies, je pencherai plus pour l’hypothèse dépression + consommation d’alcool + tentative de contrôler l’incontrôlable. Je m’interroge encore au sujet sérieux du trouble intellectuel. Il est vrai qu’il a aussi parfois des troubles très ponctuels de la mémoire et n’est par moments pas très logique, alors qu’il était dans la conceptualisation de travaux d’irrigation, d’aménagement d’espaces verts et de structures types vérandas par le passé et qu’il dispose en parallèle d’une grande culture générale et de très bonnes connaissances en lois de la physique.
        Mais comment l’aider ? Comment apporter un regard bienveillant et rassurant dans une période peut-être angoissante pour lui tout en sachant dire non si l’entreprise parait incohérente sans qu’il se vexe ?
        Quels seraient des signes d’alarmes à ne pas rater s’il s’agissait de quelque chose de plus grave ? Et s’il fallait envisager une thérapie ou créer un espace de parole, comment aborder la question sans que cela soit perçu comme une menace ou une offense ?
        En vous remerciant encore mille fois pour votre temps, votre compréhension et votre sollicitude sur ses questions sensibles,
        Pascale Burger


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 11 août à 09:22 , par Michel

          Bonjour, Pascale.

          Je crois que votre hypothèse est effectivement la bonne ; mais nous ne pourrons guère aller plus loin ensemble, tant est grand le risque de se laisser aller à de la psychologie de comptoir : il faut voir la personne, et la voir avec un œil professionnel.

          Quant à votre marge de manœuvre, elle est particulièrement étroite. Car vous pensez bien que votre père est tout sauf idiot, et que si sa hantise est de ne pas perdre le contrôle de la situation rien ne lui sera plus insupportable que votre aide, surtout si vous essayez de la faire discrète. A la rigueur ce que vous pourriez essayer c’est de dériver ses challenges vers des choses plus adaptées (pas forcément plus simples) et à propos desquelles vous seriez clairement sa débitrice. Ou quand il se lance dans des travaux herculéens comme celui que vous venez de raconter, trouver le moyen de venir avec une équipe suffisamment fournie. C’est très limité.

          Tout aussi limitées sont vos chances de trouver des signes d’alerte. Je crains que vous n’en ayez pas d’autres que ceux que vous avez déjà, et le dépistage des troubles cognitifs débutants demande un regard exercé. Mais s’il a un traitement antidépresseur, c’est qu’il y a quelqu’un pour le prescrire. La question devient donc de savoir s’il y a par là un accès possible à une consultation spécialisée.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 août à 22:27 , par Pascale Burger

            Merci pour votre franchise et même si le temps nous dira ce qu’il en est et que mon champ d’action reste limité, le fait de pouvoir échanger sur ce blog m’a permis de mieux canaliser mes émotions, me faire une idée plus objective et m’a permis de retrouver une forme de paix.
            La vie demeure la vie, avec tout ce qu’elle a d’imprévu, d’incontournable mais aussi de beau et finalement de ’normal’ à chaque âge ...
            En vous souhaitant une bonne continuation,
            Très cordialement,
            Pascale Burger’


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 22 août à 19:22 , par Michel

              Bonsoir, Pascale.

              Malheureusement je n’ai que des illusions limitées sur l’efficacité de ce que je peux apporter au cours de ces échanges. J’interviens de loin, sans connaître la situation, sans connaître les personnes qui m’écrivent... Mon intuition est que ces contraintes, qui limitent lourdement mes moyens, sont précisément, et paradoxalement, ce qui permet une certaine efficacité.

              Je ne sais pas, non, si nous avons pu avancer sur le fond de votre problème ; mais si un peu de paix vous est revenue, peut-être ne pouvait-on pas raisonnablement en attendre plus.

              Bien à vous,

              M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 27 juillet à 16:46 , par Cathy Janssen

    Bonjour,
    Je suis auxiliaire de vie sociale et je m’occupe d’une dame âgée de 80 ans. Elle a perdu son mari il y a 6 mois et vit seule. Depuis quelques semaines elle voit des petites bêtes partout, elle me dit que se sont des tiques. Malheureusement il n’y a rien du tout que petites poussières ou miettes. Il lui arrive souvent de jeter des paquets entier d’aliment, genre chapelure, riz...car elle y voit des bêtes. Lui dire qu’il n’y a rien ne sert à rien, elle s’obstine. Son ophtalmologiste m’a précisé qu’il s’agissait d’une démence et d’en parler à son médecin traitant. Ce dernier ne semble pas y prêter attention, je voulais donc savoir la meilleure attitude à avoir face à ce genre "d’hallucinations".
    Cette dame ayant encore toutes ses capacités mentales malgré quelques oublis, doit-on lui expliquer ce qui lui arrive ?
    Merci pour vos commentaires,
    Cathy


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 juillet à 14:31 , par Michel

      Bonjour, Cathy.

      Je ne vais pas m’aventurer beaucoup, car il faudrait pouvoir faire un diagnostic psychiatrique précis, ce qui supposerait d’examiner la malade. Ce qui me vient à l’esprit c’est trois choses :
      - Je ne me précipiterais pas sur le diagnostic de démence. Certes il est d’autant plus tentant qu’à 80 ans les démences, notamment de type Alzheimer, sont courantes et peuvent occasionner des délires. Mais enfin s’il n’y a que le délire c’est un peu court.
      - Il existe un trouble nommé syndrome d’Ekböm, dans lequel le malade vit avec la conviction qu’il est infesté par des parasites. Ce n’est pas exactement la même chose, car il ne voit pas les parasites, il les sent sur lui.
      - Mais j’y pense parce que c’est un délire qui est fréquemment lié à une dépression ; or si vous me dites que votre patiente est en deuil récent, cela vaut la peine d’être creusé.

      C’est donc le psychiatre qui me semble l’interlocuteur privilégié. L’idéal serait qu’il existe près de chez vous un service de gériatrie qui puisse faire une étude complète.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 juillet à 13:05 , par ghita firdaouss

    Bonjour,

    Ma maman est âgée de 87 ans et s’est fait opérée il y a quatre pour une fracture du fémur. L’opération est réussie et elle retrouvée sa mobilité. Sauf qu’elle a toujours peur de tomber et de se fracturer. Donc, depuis on opération elle ne s’occupe de rien à la maison.
    Et depuis quelques mois maintenant elle refuse de sortir, elle se dispute souvent avec mon père prétextant qu’il s’est mal comporté avec elle durant leur vie de couple. Au moindre malaise, elle dit qu’elle va mourir et s’agite. Elle dit ne pas dormir toute la nuit alors que c’est le contraire. Elle passe une grande partie de la journée alitée disant qu’elle est fatiguée.
    Elle nous reproche de ne pas s’occuper d’elle alors que nous sommes avec elle à la maison. Elle veut que quelqu’un reste tout le temps avec elle dans la même pièce.
    Parfois, elle n’accepte pas d’être contredite... Elle ne veut pas que je sorte, que j’aille voir du monde et même quand elle veut que je fasse des courses, elle me reproche d’avoir tarder alors que je ne suis partie que pour une heure ou même moins.
    Que faire ? Comment qualifier son état ?

    Merci.
    Ghita


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 juillet à 23:30 , par Michel

      Bonsoir, Ghita.

      Pas facile, votre question. Car c’est une situation que malheureusement nous connaissons bien, et qui n’offre pas grande prise aux soins.

      Nous n’allons pas examiner deux hypothèses qu’il faut pourtant toujours garder à l’esprit :
      - La première est la démence, par exemple de type Alzheimer, passée jusqu’ici inaperçue parce que la malade arrivait à sauver les apparences, et qui se révèle à l’occasion d’une rupture de rythme. C’est très fréquent.
      - La seconde est la dépression. Je dirais même que dans une situation de ce type le traitement antidépresseur doit être essayé par principe, parce que c’est la seule manière d’y voir clair.

      Mais si ce n’est pas cela, alors nous avons affaire à un problème de régression psychomotrice. Il est, comme vous l’avez bien repéré, très lié à la peur de tomber, et il peut aller jusqu’à entretenir un trouble postural qui rend la marche impossible ; ce trouble est rééducable si on ne l’a pas laissé s’installer trop longtemps ; et il faut trouver le rééducateur qui connaît suffisamment bien ce problème. Mais de toute manière vous n’en êtes pas là, car actuellement vous prenez de plein fouet les conséquences psychologiques du trouble, et ce comportement infantile que vous décrivez si bien. C’est difficile parce que vous n’avez que trois options :
      - Trouver une ressource en matière de psychologue suffisamment compétent en psychogériatrie.
      - Employer en quelque sorte la force, en créant une situation où votre mère aura plus à perdre qu’à gagner à persister dans son comportement.
      - Céder, et en passer par où elle veut, en sachant que cela conduira à une aggravation de cette tyrannie...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 6 juillet à 14:12 , par Carine

    Bonjour, je viens de passer 3 mois chez mon père âgé de 88 ans qui est alité à cause d’une fracture de fémur, il doit se faire opérer mais il ne veut pas alors qu’il est en très bonne santé, donc il a décidé de finir ses jours au lit et se balader parfois dans une chaise roulante. Tout le monde autour de lui est aux petits soins, il a une chambre bien aménagée avec tv salle de bains privative très équipée, un infirmier qui viens le laver etc. Le problème est qu’il est devenu un vrai tyran, il a des propos très désagréables en vers nous et nous demande des choses incohérentes à longueur des journées, par exemple il nous dit de lui enlever ses sandales ou sa chaussure alors qu’il est sous les couvertures, il veut sa machine à raser qui est allée à la poubelle parce qu’elle ne marchait plus (et pas une autre) il veut se faire porter tout le temps pour aller aux wc alors qu’il n’a pas envie en nous disant que si non il est obligé de se lever et marcher jusqu’aux toilettes (alors qu’il ne peut pas marcher) et dès qu’on le laisse un peu seul pour aller faire des courses par exemple, on le retrouve sale les mains pleines de selles, la dernière fois il avait utilisé le ruban des rideaux pour s’essuyer et il arrache son attelle. Il affirme voir son chat qui est mort il y a un an, par la fenêtre en train de miauler et il ment sans arrêt, quand il voit son infirmier arriver il lui dit qu’il ne peut pas prendre sa douche parce qu’il est enrhumé, quand ma tente viens le voir il se plaint d’être toujours seul dans sa chambre et parfois il dit qu’il s’est baladé dans la maison toute la journée. Il est très cultivé et a toujours des conversations très intéressantes sur l’histoire et sujets divers mais il oublie ce qu’il a mangé par exemple. Un jour nous l’avons fait passer une demi journée dans une maison de retraite et il n’a pas aimé la nourriture ! Il décrit exactement ce qu’il a mangé ce jour là et il menace de porter plainte pour séquestration si on le laisse là bas... ma sœur ne sais plus quoi faire, elle est très fatiguée et stressée par son travail, elle n’a plus de vie de famille car même les weekends elle doit rester avec lui, elle me dit que ce comportement méchant et capricieux ne date pas d’aujourd’hui, que ça fait long temps qu’il est comme ça avec elle.
    Je voudrais savoir ce qu’il a comme maladie pour mieux le comprendre et pouvoir aider ma sœur aussi.

    Merci d’avance


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 6 juillet à 22:07 , par Michel

      Bonsoir, Carine.

      Sur le diagnostic, vous m’en demandez un peu trop. Il y a une foule d’hypothèses, et je ne vais pas me risquer à dire quoi que ce soit dans ces conditions à propos d’un malade que je n’ai pas vu. J’attire seulement votre attention sur le fait que la démence de type Alzheimer est très fréquente à cet âge, et qu’il ne faut pas en avoir une vision simpliste : ce n’est pas parce qu’il est capable de performances intellectuelles étonnantes qu’il n’y a pas de dégradation.

      Ce que je suis prêt à affirmer en revanche c’est que vous faites fausse route.

      De deux choses l’une en effet : ou bien il est capable de comprendre la situation, ou il ne l’est pas.

      S’il ne l’est pas, alors il est malade, que ce soit d’un trouble démentiel ou d’un trouble psychiatrique. Son comportement n’est pas adapté, il n’est pas en état de décider sainement pour lui-même, vous avez le droit, je dirais même le devoir, de le protéger en prenant des décisions adaptées. Lesquelles ? Vous devez bien vous douter que c’est là que les problèmes commencent, et que nous allons devoir y réfléchir un moment.

      S’il l’est, alors rien ne doit vous laissez accepter ce qui est en train de se passer. Il a une fracture opérable, il ne veut pas être opéré, soit ; c’est sa liberté. Mais alors il assume les conséquences, et sa liberté ne lui donne pas celle de vous réduire en esclavage. Cela me fait penser à ce patient qui voulait entrer en maison de retraite ; il avait une arthrose de hanche invalidante. Je lui ai expliqué que je voulais bien l’admettre mais que je n’étais pas disposé à mobiliser les moyens en personnel qu’imposait son état grabataire, et que je lui demandais de se faire opérer. Il s’est engagé. Bien entendu, une fois dans la maison il a refusé toute opération. J’étais d’avis de le mettre à la porte, on ne m’a pas suivi. Pardon, mais quand je pense à ce que la société paie pour permette à votre père de ne pas être opéré, je ne suis pas d’accord.

      Bref, je serais curieux de savoir ce qui se passe quand on lui met une bonne fois les choses au point. Facile à dire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 18 juin à 19:06 , par Charlotte

    Bonjour, je suis un peu perdue. Ma mère 67 ane à je pense oublié tous ses codes de compte internet carte bleue pendant un instant. S en est suivi qu elle a accusé tous les voisins d être rentrée chez elle changer ses mots de passes ainsi que la famille. Elle a eu également des crises de rire à n en plus finir, s est mise nue devant ses voisins. Elle explique ça par le fait que ses voisins la drogue. Elle a jeté toutes ses bouteilles et nourriture en pensant que la drogue était dedans. A accusé mes enfants de 3 et 5 ans de lui voler ses clés. Elle répète plusieurs fois qu elle va jeter la poubelle sans jamais le faire, de même pour les repas. Elle refuse d aller chez le médecin. Je ne sais pas comment réagir. Que pensez vous que ça puisse être ? Merci d’avance. Cordialement.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 juin à 08:27 , par Michel

      Bonjour, Charlotte.

      Il n’y a pas de réponse simple à votre question.

      Ce que vous décrivez, c’est la survenue, chez un sujet non âgé, d’un trouble du comportement brutal.

      Je ne méconnais pas qu’il existe des démences chez le sujet jeune. C’est même ainsi qu’on définit la maladie d’Alzheimer proprement dite. Il peut aussi y voir des troubles psychiatriques aigus. Mais la première chose à envisager, c’est la survenue d’un désordre organique aigu, lié à une pathologie curable ou fugace. Pour vous donner un exemple il existe un trouble qu’on nomme ictus amnésique, dans lequel le patient présente un trouble majeur du comportement pendant un ou deux jours, avec un retour à la normale et… aucune explication d’aucune sorte. Mais il peut aussi y avoir un trouble lié par exemple à un micro-accident vasculaire ; ou à une hypoglycémie profonde chez une diabétique méconnue : ou…

      Donc il faudrait absolument voir un médecin. Mais j’ai bien compris qu’elle ne veut pas, et toute la difficulté est là. Êtes-vous absolument sûre que vous ne pouvez pas négocier ce point ? Il est nécessaire de vérifier qu’il n’y a pas un trouble organique, non seulement parce que sa guérison pourrait guérir le délire, mais aussi parce que ce trouble présente ses propres dangers. Soit donc elle est accessible à ce raisonnement, et il est logique qu’elle accepte un bilan, soir elle n’y est pas accessible et il est légitime de la protéger d’elle-même en le lui imposant. Facile à dire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 juin à 13:15 , par seb

    mon père agé de 89 ans ne supporte plus d’être seul il hurle dès le réveil ne sachant plus où il est.
    Pourtant il y a encore 5 mois il parvenait à se gérer seul.
    Il ne manifeste pas d’incohérence dans ses gestes et raisonnements.
    Problème de perte de mémoire à court terme, difficile de se souvenir de ce qu’il a fait 15 minutes avant.
    et de se souvenir où il habite....merci de m’éclairer


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 juin à 07:56 , par Michel

      Bonjour.

      La réponse à votre question est malheureusement assez simple.

      Ce que vous décrivez, c’est un fléchissement intellectuel somme toute assez brutal chez un sujet très âgé. De deux choses l’une : ou vous avez raison, ou vous avez tort.

      Supposons que vous ayez raison. Il faut se demander pourquoi il y a ce fléchissement, avec trois orientations essentielles :
      - Un trouble organique : le cerveau de votre père fonctionne mal parce qu’il est placé dans de mauvaises conditions (oxygénation, glucose, fièvre, etc.). La liste des causes est relativement longue, mais tous les médecins la connaissent.
      - Un trouble psychiatrique, notamment un délire ; reconnaissons que cela n’y ressemble pas.
      - Un trouble réactionnel (réactivation d’un deuil ancien dans la perspective d’une fin de vie qui approche, anxiété aiguë, etc.
      Ces trois orientations demandent une investigation rigoureuse, éventuellement une hospitalisation pour être certain de ne rien oublier.

      Mais le plus probable est que vous avez tort. Vous croyez que ce fléchissement est récent, mais il n’en est rien. Je ne vais pas réécrire ici tout ce qui se trouve dans La démence ou l’art du camouflage. Qu’il me suffise de vous rappeler que la démence, même évoluée, est parfaitement compatible avec une vie d’apparence normale, et que les proches se laissent presque systématiquement piéger, découvrant le désastre comme un événement récent alors que les choses en fait se dégradent depuis longtemps.

      Or regardons les faits. Vous en apportez quatre :
      - Il est désorienté, et désorienté dans l’espace ; c’est donc une désorientation grave.
      - Il présente un trouble mnésique majeur. C’est là qu’il faut se prononcer très vite : soit il s’agit d’un trouble de l’attention/concentration, qui s’insérerait dans le cadre d’une confusion mentale ; soit il s’agit d’une atteinte mnésique grave, et alors l’hypothèse à privilégier est celle d’une démence avancée.
      - Il a des troubles du comportement qui indiquent qu’il n’a pas d’autre moyen de réagir à la situation.
      - Enfin, et surtout, il y a votre formulation : il y a encore 5 mois il parvenait à se gérer seul. Vous n’avez pas écrit : Jusqu’ici il ne présentait aucun trouble intellectuel. Non : ce que vous écrivez, c’est qu’il y avait des dégâts, mais que somme toute il arrivait encore à se débrouiller à peu près. En somme vous avez depuis longtemps repéré que tout n’était pas parfait, mais on vous a dit : « c’est l’âge », ce qui est à la fois tout à fait vrai et dépourvu de sens. Oui, avec l’âge les troubles intellectuels se font plus fréquents ; ça ne les empêche pas d’être des troubles intellectuels ; c’est comme si on disait qu’il est normal de mourir à la fin de sa vie.

      Bref, je souhaite de tout cœur que votre père soit victime d’une pathologie aiguë curable qui va normaliser la situation pourvu qu’on s’en donne les moyens. Mais je n’y crois pas une seconde. En réalité ce qui éclate aujourd’hui c’est une situation ancienne, qui évolue depuis plus de trois ans, et que votre père n’a plus les moyens de dissimuler.

      La première chose à faire est de décider si on va explorer l’ensemble des possibilités. Si on veut le faire, on aura du mal à se passer d’une hospitalisation. Si on renonce à le faire, c’est qu’on valide l’hypothèse d’une démence qui se révèle brutalement. La question alors est celle de l’avenir : il peut devenir indispensable d’organiser une entrée en institution. Si on veut lutter contre les troubles du comportement tout en le maintenant à domicile, il va devenir indispensable de prescrire des sédatifs, voire des neuroleptiques, avec des effets très dommageables sur la performance intellectuelle.

      Mais peut-être pouvez-vous m’en dire plus ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 juin à 11:27 , par Elodie

    Bonjour et merci pour cet article. On se sent souvent désarmés et démunis face aux comportements de nos aînés et il est difficile de trouver des solutions.

    Ma grand-mère de 82 ans, est persuadée depuis maintenant 8 mois, que mon grand-père, avec qui elle est mariée depuis plus de 50 ans, l’a trompée avec la boulangère de 30 ans. Cette situation risible de prime abord n’en est malheureusement pas restée là et ma grand-mère invente maintenant constamment de nouvelles situations où mon grand-père a été infidèle. Elle qui était calme et gentille est devenue vulgaire et méchante, elle menace régulièrement mon grand-père, le harcèle, l’épie, l’insulte et j’en passe. Elle invente des évènements et modifie des situations existantes pour qu’elles corroborent son récit. Elle est obsédée par l’argent et souhaite que mon grand-père meurt rapidement pour qu’elle récupère sa retraite et l’héritage (ayant été femme au foyer toute sa vie, ils vivent sur les revenus et économies de mon grand-père).
    Nous avions espéré que la situation s’améliorerait mais ce n’est pas le cas, bien au contraire. Je suis persuadée qu’elle a des problèmes psychologique et/ou neurologique mais son médecin n’a pas donné suite à nos inquiétudes.
    Mon grand-père, à bout, nous a finalement laissé le prendre chez nous, pour l’instant de façon temporaire, en attendant une séparation financière (pas de divorce) qui le permettra ensuite de rejoindre une maison de retraite -c’est le souhait qu’il exprime à présent malgré son état clairement diminué-.

    Néanmoins, nous ne savons toujours pas quoi faire de plus pour ma grand-mère qui est donc isolée et refuse d’entendre le moindre argument. Malgré son comportement détestable, nous nous inquiétons et sommes totalement impuissants.

    Voir que nous ne sommes pas seuls est un piètre réconfort mais il existe. Courage à toutes les familles qui traversent des moments difficiles avec ces séniors que nous aimons tant.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 juin à 08:45 , par Michel

      Bonjour, Élodie.

      Ce sont en effet des situations très délicates.

      Ce que vous racontez s’appelle un délire. Mon conseil est toujours le même : il faut éviter de s’en occuper. La raison est qu’on ne peut pas le faire.
      - Le traitement médicamenteux fait appel aux neuroleptiques. Or je veux bien croire que les neuroleptiques agissent en empêchant le malade de penser des bêtises, mais pour l’essentiel ils agissent en l’empêchant de penser, et ce n’est pas ce qu’on souhaite à une vieille personne.
      - Quant à l’attitude à avoir, elle se résume à un impossible dilemme : soit vous allez dans le sens du délire, et vous le renforcez, soit vous allez contre et, devenant complice du coupable, vous le renforcez.

      Le problème, c’est quand le malade souffre de son délire (c’est le cas) ou quand il fait souffrir son entourage (c’est aussi le cas). Là, il faut trouver une autre stratégie.

      Il ne faut pas oublier que la première cause de délire à cet âge reste la démence ; la plus fréquente de ces démences (quelle que soit la situation par ailleurs) est la démence de type Alzheimer. Il faut donc commencer par cette hypothèse. Plus loin derrière, il y a les autres formes de démence, notamment fronto-temporale ou mixte. Je n’insiste pas parce qu’en matière de démence la médecine fonctionne comme d’habitude : quand elle ne sait pas quoi faire elle classe, et moins elle sait quoi faire plus les classements sont précis ; habituellement ces constructions s’effondrent comme des châteaux de cartes quand on trouve des traitements efficaces. Mais je sais qu’il faut faire un bilan cognitif ; et que vous aurez beaucoup de mal à en persuader votre grand-mère. C’est important parce que les dégâts prévisibles des neuroleptiques sont pires chez le dément. Cela ne signifie pas qu’on ne les prescrira pas, mais il faut le savoir.

      S’il n’y a pas de démence, alors il faut envisager, hypothèse la plus favorable, une dépression délirante, et ensuite un délire vrai, qu’il faudra se résigner à traiter.

      Ajoutons que pour le principe il faut vérifier qu’il n’y a pas dessous une pathologie physique : beaucoup de situations peuvent, de manière très inattendue, provoquer des délires. La liste est longue et je ne la détaille pas, d’autant que :
      - S’il y avait un trouble physique, en huit mois d’évolution on en aurait probablement vu quelque chose.
      - Dans ces situations de délire organique, on trouve très souvent une démence dessous, ce qui renvoie à la problématique précédente.
      Cela ne mérite qu’un scanner crânien, quelques investigations cardiologiques et un bilan sanguin un peu poussé. C’est dans ce type de situation très complexes que le gériatre trouve sa raison d’être.

      Je reste à votre disposition.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 juin à 19:47 , par CREPEY

    bonjour
    ma mère âgée de 88 ans présente une surdité à 80% de l’oreille gauche. Elle est appareillée. C’est une personne qui a vécu beaucoup de traumatismes. Depuis quelques mois, elle se plaint de céphalées, et surtout d’entendre des bruits insupportables du type ronflement de chaudière. Elle a passé une IRM qui ne semble rien révélé d’important une atrophie cérébrale certainement dûe à l’âge. Il n’y a qu’elle qui perçoit ses bruits , surtout le soir quand elle est seule. Elle va jusqu’à penser que quelqu’un l’espionne.
    Bref je ne sais comment la soulager et ni vers qui l’orienter. Elle a déjà vu un ORL qui a demandé l’IRM et qui ne donne pas suite.
    Pouvez vous m’éclairer ?
    vous remerciant.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 juin à 21:05 , par Michel

      bonjour
      ma mère âgée de 88 ans présente une surdité à 80% de l’oreille gauche. Elle est appareillée. C’est une personne qui a vécu beaucoup de traumatismes. Depuis quelques mois, elle se plaint de céphalées, et surtout d’entendre des bruits insupportables du type ronflement de chaudière. Elle a passé une IRM qui ne semble rien révélé d’important une atrophie cérébrale certainement dûe à l’âge. Il n’y a qu’elle qui perçoit ses bruits , surtout le soir quand elle est seule. Elle va jusqu’à penser que quelqu’un l’espionne.
      Bref je ne sais comment la soulager et ni vers qui l’orienter. Elle a déjà vu un ORL qui a demandé l’IRM et qui ne donne pas suite.
      Pouvez vous m’éclairer ?
      vous remerciant.

      Bonsoir, Brigitte.

      Le raisonnement est assez simple, mais les solutions ne le sont pas. Disons rapidement qu’il y a trois types d’hypothèses.

      La première hypothèse est que ce sont ses oreilles qui produisent les bruits. C’est malheureusement assez fréquent chez les personnes âgées, surtout si elles sont sourdes. Ces acouphènes sont très difficiles à éliminer, et quand il y a une solution c’est l’ORL qui la trouve (je suppose qu’on n’a pas oublié de vérifier l’état des prothèses auditives) ; franchement c’est de loin le plus probable.

      La seconde hypothèse est que c’est son cerveau qui produit les bruits. Cela peut arriver, par exemple dans certaines formes d’épilepsie. Je vous en parle, mais je n’y crois pas une seconde.

      La troisième hypothèse est qu’il s’agit d’hallucinations :
      - Elles peuvent rentrer dans le cadre de ce qu’on appelle une psychose hallucinatoire chronique ; mais outre que cette psychose est rare, les hallucinations auditives n’y sont pas au premier plan. Par ailleurs c’est une maladie qui souvent est bien tolérée, et qu’on a rarement besoin de traiter.
      - Elles peuvent rentrer dans le cadre d’une variante de ce qu’on appelle le syndrome de Charles Bonnet : le déficit sensoriel laisse en quelque sorte la place à une production hallucinatoire ; mais le syndrome de Charles Bonnet intéresse surtout les déficits visuels.
      - Mais on trouve aussi de tels phénomènes chez les personnes souffrant de solitude (après tout il s’agit d’un défaut de stimulation au même titre qu’un déficit sensoriel.

      Mais franchement, la première idée est tellement la plus probable...

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 juin à 21:07 , par Michel

      Bonsoir, Brigitte.

      Le raisonnement est assez simple, mais les solutions ne le sont pas. Disons rapidement qu’il y a trois types d’hypothèses.

      La première hypothèse est que ce sont ses oreilles qui produisent les bruits. C’est malheureusement assez fréquent chez les personnes âgées, surtout si elles sont sourdes. Ces acouphènes sont très difficiles à éliminer, et quand il y a une solution c’est l’ORL qui la trouve (je suppose qu’on n’a pas oublié de vérifier l’état des prothèses auditives) ; franchement c’est de loin le plus probable.

      La seconde hypothèse est que c’est son cerveau qui produit les bruits. Cela peut arriver, par exemple dans certaines formes d’épilepsie. Je vous en parle, mais je n’y crois pas une seconde.

      La troisième hypothèse est qu’il s’agit d’hallucinations :
      - Elles peuvent rentrer dans le cadre de ce qu’on appelle une psychose hallucinatoire chronique ; mais outre que cette psychose est rare, les hallucinations auditives n’y sont pas au premier plan. Par ailleurs c’est une maladie qui souvent est bien tolérée, et qu’on a rarement besoin de traiter.
      - Elles peuvent rentrer dans le cadre d’une variante de ce qu’on appelle le syndrome de Charles Bonnet : le déficit sensoriel laisse en quelque sorte la place à une production hallucinatoire ; mais le syndrome de Charles Bonnet intéresse surtout les déficits visuels.
      - Mais on trouve aussi de tels phénomènes chez les personnes souffrant de solitude (après tout il s’agit d’un défaut de stimulation au même titre qu’un déficit sensoriel.

      Mais franchement, la première idée est tellement la plus probable...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 mai à 14:34 , par christine

    Bonjour

    Je ne sais pas quoi faire pour mon mari âgé de 74 ans qui a depuis de nombreuses année des pertes de mémoire puis une baisse de l’attention qui devient dangereuse puisqu’il conduit et surtout ne veut pas me laisser le volant.
    Il peut prendre les ronds-points à l’envers, une rue en sens interdit, il passe au feu rouge et accrocher souvent la voiture en se garant.
    Il oublie de fermer toutes les portes, y compris celle du frigo et congélateur.
    Il commence à oublier le nom des objets.
    Il a des difficultés à remonter un objet.
    Surtout il devient agressif au point que notre entourage et amis s’en sont aperçus alors que s’était une personne calme et conciliante.

    Pour lui tout va bien et de toute façon "c’est de ma faute je le surveille tout le temps et je l’énerve". Il est sur la défensive en permanence cela devient très pesant pour nous deux.

    J’en ai parlé à notre médecin, il a vu un neurologue, passé un scanner et fait des test pour lui tout est bon. Vu de l’extérieur rien ne transparait, mais moi qui le côtoie chaque jour, je me rends compte que le problème empire et je ne sais pas qui consulter, je me sens impuissante et suis angoissée à la pensée qu’il puisse provoquer un accident grave.
    Si au moins je pouvait mettre un nom sur ce qui lui arrive car après le 1er examen tout est arrêté, notre médecin n’a pas beaucoup de réaction face au problème.

    Je vous remercie à l’avance de votre réponse


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 22 mai à 08:43 , par Michel

      Bonjour, Christine.

      Que vous dire ?

      Votre description fait beaucoup penser à un processus démentiel de type Alzheimer. Cette impression est loin de suffire pour faire le diagnostic, mais ce qui est certain c’est que l’hypothèse est là, et qu’il n’y a rien de plus urgent à faire que de la vérifier.

      Le scanner n’a rien montré, comme d’habitude.

      Le neurologue n’a rien vu :
      - Parce que ce sont les gériatres qui connaissent le mieux cette pathologie.
      - Parce qu’un dément, même évolué, est tout à fait capable de donner le change pendant le temps d’une consultation.
      - Parce qu’il a très bien vu, mais qu’il ne vous a pas donné le diagnostic, ou qu’il n’a pas su vous l’expliquer clairement.

      Je serais tout de même très surpris que votre médecin, si vous en rediscutez avec lui, ne vous aide pas. je le répète : la meilleure solution serait sans doute à rechercher du côté des gériatres ; il doit y en avoir un à l’hôpital de votre secteur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 mai à 16:59 , par Fleur

    Ma question rejoint celle de Delphine du 11 mai 2015.
    Ma mère âgée de 86 ans a la pathologie Parkinson à corps de Lewy qui évoluait assez lentement jusqu’au jour où l’Ehpad l’a séparée sans raison de son compagnon, une relation heureuse, apaisante et touchante depuis 10 mois. Elle fait donc une sérieuse dépression, réclame en permanence son compagnon et devient beaucoup plus opposante.
    L’Ehpad veut donc la placer en HP pour quelque temps. Cet HP ayant la fâcheuse réputation d’obéir aux volontés des Ehpads, nous redoutons que l’Ephad qui a déjà voulu la renvoyer n’en profite pour ne pas la reprendre( car moins facile à gérer qu’Alzheimer pcq toujours lucide) et la placer dans un ets pour pour personnes Alzheimer agitées, bruyantes, difficilement gérables, et refusées dans les unités fermées des Ehpads classiques. La gériatre du CHU a pourtant affirmé que cet ets n’était pas du tout adapté à ma mère. C’est le seul ets de ce type ds le dpt.
    Donc ma question est : le passage au HP peut-il avoir une influence sur le devenir de ma mère ? Faut-il refuser son hospitalisation ? Il est beaucoup plus difficile de trouver un Ehpad pour la pathologie de ma mère que pour les personnes atteintes d’Alzheimer.( voire quasi impossible)
    Merci de votre aide.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 mai à 16:57 , par Michel

      Bonjour, Fleur.

      Pas facile de peser le pour et le contre. Et encore moins de savoir ce qui est réaliste.

      L’EHPAD qui l’a en charge a pris deux décisions : la séparer de son ami, et la faire hospitaliser. Il me paraît important d’en connaître les raisons.

      Un résident (même sous tutelle) entretient librement les relations qu’elle souhaite (Code Civil, 459-2). Mais il peut se faire que de telles relations soient source de trouble, ou que le partenaire (ou plus souvent sa famille, d’ailleurs) ne soit pas aussi d’accord qu’il le semble (le cas classique est celui du patient dément qui débute une liaison dans l’EHPAD ; on ne peut que s’’en réjouir ; sauf quand il y a un conjoint). Mais s’il n’y a pas de raison de ce type, alors l’EHPAD ne peut s"’opposer à cette relation.

      La dépression, surtout chez le sujet âgé, est rarement un motif hospitalisation en psychiatrie. Si l’EHPAD a eu raison de prendre cette décision, c’est que la dépression est grave ou qu’il y a autre chose. C’est cela aussi qu’il faudrait élucider.

      Donc le problème pour vous est de savoir si l’établissement a fait les bons choix. Si ce n’était pas le cas ce serait une raison de ne pas regretter outre mesure le départ de votre mère ; quant à savoir si l’EHPAD va la reprendre, je dirais que vous n’avez pas le choix : ou il le fait ou il ne le fait pas (à ceci près que votre mère y a élu domicile, et que l’EHPAD ne peut rompre le contrat sans motif grave ; mais dans quelle ambiance la placeriez-vous si vous imposiez un retour non souhaité ?).

      Quant à savoir où elle irait, je n’en sais naturellement rien ; tout ce que je sais c’est que votre description des établissements réservés aux déments me semble un peu pessimiste. D’autre part vous aurez alors votre mot à dire. Enfin, si la seule solution est qu’elle retrouve son ami elle sera mal quel que soit l’établissement.

      Il me semble qu’il faudrait élucider l’histoire de cette liaison, et en particulier il faudrait en parler avec les proches de ce monsieur. Il faudrait aussi en parler aux psychiatres.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 avril à 11:10 , par JUD

    bonjour

    ma belle mère, qui va avoir 83 ans est en pleine souffrance... elle n a jamais été très solide "des nerfs".. je la connait depuis 20 ans environ et elle a tjrs eu des phases de "déprime". c’est le médecin de famille qui gère tout cela (tranxène).. et par période elle ramène toutes ces histoires du passé, qui je pense la mine de plus en plus. L an dernier, elle a commencé par dire qu on lui a pris ses lunettes pendant qu elle était au cimetière, que quelqu’un est rentré chez elle, et pendant qu elle dormait lui a pris le porte-monnaie qu elle avait mis sous le matelas... tout a tjrs été retrouvé. Puis elle nous a vu passer ds sa rue.. alors que nous étions à 70 km de chez elle etc..... Puis tout est redevenu "normal"... mais depuis fin janvier, elle raconte à tout le monde qu elle c est fait agressée par son frère et la belle mère de son fils ainé.. chaque fois qu elle en parle c était tjrs la semaine dernière... puis les agresseurs changent mais restent tjrs dans le même noyau familial, elle se sent persécutée par tout le monde, voit des gens qui passent et qui la nargue, dit etre persecutée téléphoniquement par des personnes, ne sait plus qu elle a deja raconté ces "aventures" et raconte a nouveau tout avec une nouvelle version... elle téléphone sans cesse en disant que mon mari doit passer car chez elle cela ne va plus... lorsqu il arrive, elle est assisse a table relis les feuilles ou elle a tout noté, et ne parle que ce cette agression.... elle dit qu elle n a pas besoin d aller voir un médecin car elle n est pas folle... et ce matin elle vient de dire à mon mari que lui aussi il est contre elle.. parcequ il lui a dit qu il fallait absolument qu elle passe chez le médecin pour faire un bilan.. nous ne savons plus quoi faire. L été dernier mon mari a téléphoné a son médecin traitant qui lui a dit : "que voulez vous que je fasse"... nous arrivons à notre propre limite et nous avons besoin d aide pour savoir que faire..
    merci de m avoir lu.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 27 avril à 08:08 , par Michel

      Bonjour, Anne.

      Ce que vous pouvez faire ? Bien peu de chose, je le crains.

      La lecture de cet article vous a donné l’essentiel de la réponse. Il y a des délires du sujet âgé ; mais il ne faut pas oublier que la démence, notamment de type Alzheimer, est une grande pourvoyeuse de ces délires. Je ne me risquerais pas à en dire davantage s’agissant d’une situation que je ne connais pas. Ne pas oublier non plus les formes délirantes de dépression. Et faire le tour systématiquement d’un certain nombre de pathologies organiques qui peuvent perturber le fonctionnement cérébral (je n’y crois guère).

      Le problème est de traiter. Et évidemment elle ne veut pas en entendre parler. Mais je dirais :
      - Que le médecin traitant semble avoir sa confiance. Il peut donc tenter un traitement plus ciblé sur les délires, et il arrive qu’on ait de beaux succès avec des traitements simples.
      - Mais que la question doit toujours être posée de savoir à quoi sert de traiter un délire, si la personne au fond n’en souffre pas et ne se met pas en danger.
      - Allons plus loin : le délire peut avoir un effet protecteur. Ainsi dans la démence, il m’est moins pénible de penser qu’on me vole que de penser que j’ai encore oublié où j’ai mis mon argent.

      C’est donc à un inventaire très pragmatique de la situation qu’il faut procéder, en vous préparant à accepter, en le dédramatisant, ce que cette situation peut avoir d’inhabituel, voire d’absurde.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 19 avril à 04:33 , par René Roux

    Bonjour,

    Ma mère vie seule dans la maison familiale depuis le décès de mon père il y a 2 ans. Il y a un an, elle s’est mise à parler avec une peinture représentant mon père. Au début, c’était la seule image qui provoquait ce genre de délire. Peu à peu, elle a essayé d’offrir de la nourriture a l’image. Elle lui parle, elle l’installe devant la télé, etc.

    Depuis peu, elle fait la même chose avec toutes les images représentants les membres de la famille (enfants, petits enfants, ses parents décédés, etc).

    Elle présentait des troubles de mémoire avant ces d’avoir ces comportements. Elle a aussi des problèmes de jugement.

    Par ailleurs, sa relation avec les images est plutôt joyeuse. Elle a l’impression d’avoir des visiteurs.

    Qu’en pensez-vous ?

    salutations,

    René


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 avril à 19:48 , par Michel

      Bonsoir, René.

      Ce que j’en pense ? Vous l’avez dans l’article que vous venez de lire.

      Il existe des délires du sujet âgé. La liste des hypothèses est relativement bien connue. Tout ce sur quoi j’insisterai c’est que si le délire ne gêne pas le malade, s’il ne se met pas en danger à cause de cela, alors je ne suis pas partisan de traiter.

      Cependant il faut toujours, face à un trouble du comportement du sujet âgé, vérifier un certain nombre de points d’ordre physique ; là aussi la liste est connue de tous les gériatres, et il faut être systématique.

      Par ailleurs on sent bien que vous vous demandez s’il n’y a pas un processus démentiel à l’œuvre. Et je ne peux que vous donner raison, même si les signes de dégradation intellectuelle peuvent provenir d’autre chose : les éventuels troubles physiques dont je vous parle peuvent les expliquer, et on ne peut pas attendre du malade qui délire qu’il ait tous ses moyens.

      Il n’y a donc pas d’autre issue que de faire un bilan en milieu gériatrique.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 mars à 21:40 , par Michel

    Bonsoir,
    J’ai découvert votre excellent site en faisant des recherche sur internet.
    Je vais expliquer ce qui inquiète beaucoup notre famille actuellement.
    Notre maman de 89 ans a fait un début d’AVC à la mi janvier. Quelques heures après rentrée à l’hôpital, elle allait bien, parlait, bougeait et voulait déjà sortir.
    Malheureusement, son état s’est dégradé pendant la nuit et, le lendemain, elle était paralysée du côté gauche ; ne pouvait plus déglutir ni parler. Elle a eu aussi des périodes de confusion sur les deux semaines suivantes.
    Après un très important travail de rééducation et beaucoup d’efforts, elle était quasiment revenue telle qu’on la connaissait avant son AVC.
    Elle devait rentrer il y a deux jours ; mais elle est restée à l’hôpital car son état s’est dégradé.
    Depuis une semaine, on la trouvait fatiguée et on avait l’impression qu’elle régressait tout doucement.
    Maintenant, son état se dégrade de jour en jour. Ce midi, elle était incapable de me dire le moindre mot audible et ne pouvait pas porter une petite cuillère à sa bouche.
    On a peur qu’elle déclenche un état de démence vasculaire.
    Les médecins n’ont rien vu au scanner et on attend maintenant qu’elle passe un électro cardiogramme.
    Nous allons maintenant être dans l’obligation de chercher une structure d’accueil.
    A votre avis, est-ce que cette dégénérescence va continuer ou pourra t-elle récupérer à nouveau ses moyens ?
    Je vous remercie pour votre réponse


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 25 mars à 08:12 , par Michel

      Bonjour, Michel.

      Pour vous répondre de manière pertinente il faudrait en savoir beaucoup plus.

      Visiblement elle a fait un accident vasculaire cérébral en deux temps : une sorte de syndrome de menace, accident réversible et de courte durée, suivi d’un autre, définitif celui-là.

      En théorie il aurait été possible de s’alerter du syndrome de menace et de prendre des mesures préventives ; à ceci près que pour cela il faut avoir le temps de faire calmement les examens nécessaires et de se retourner, ce d’autant plus qu’à 89 ans on ne va pas se précipiter sur ces mesures préventives, qui ne sont pas anodines.

      Bon. Tout est rentré dans l’ordre, mais depuis quelques jours son état se dégrade. Mais la question est alors d’essayer de se faire une idée de ce qui se passe. Et là nous ne savons rien. Je ne peux que vous énumérer quelques hypothèses, que délibérément je ne classe pas par ordre de pertinence :
      -  Elle n’allait pas si bien que ça, et vous prenez conscience, au moment où elle se prépare à sortir, que ce qui paraissait sans importance dans le cadre de l’hôpital ne va pas l’être quand elle sera à la maison.
      -  Elle présente une pathologie nouvelle qui, fortuitement, se déclare peu de temps avant la sortie.
      -  Elle récidive son accident vasculaire, là aussi fortuitement à peu de jours de sa sortie.
      -  Elle a peur de sortir.
      -  En réalité elle donnait l’illusion d’une belle amélioration, mais elle avait obtenu ce résultat au prix d’un effort désespéré qu’elle n’a plus les moyens de consentir.
      -  Etc. J’y ajouterais cette malédiction particulière à la gériatrie qui fait qu’on reçoit des malades dans des états catastrophiques, qu’on les sort de là, et que peu à peu on les voit se dégrader inexorablement, et mourir sous nous yeux sans qu’on ait la moindre idée de ce qui peut se passer. Erreurs de gestion de ma part ? Manque de lucidité ? C’est possible. Mais ces situations, j’en ai trop vécu pour ne pas me questionner.

      Du coup, je n’ai guère les moyens de vous en dire plus. Et vous comprenez sans peine que je n’ai aucun avis sur ce qui va se passer. Mais je sais quatre choses.

      La première est qu’on ne peut pas exclure que les choses aillent encore plus mal que vous ne pensez ; et on ne peut pas l’exclure parce qu’on ne sait pas ce qui se passe, et qu’on aura du mal à la savoir.

      La seconde est que rien ne permet de parler de démence vasculaire. Cela se peut, bien sûr, et notamment il se peut que sous le vernis d’un état psychique d’allure normale vous soyez passés à côté d’une dégradation intellectuelle. Mais actuellement vous avez affaire à une altération non spécifique de l’état général.

      La troisième est qu’il y a peu à attendre des examens projetés. Non qu’ils soient inutiles, mais ils sont assez peu rentables.

      La quatrième est que, dans ce contexte instable, il est très prématuré d’envisager une institutionnalisation. Il est certes utile de faire l’inventaire des structures disponibles, mais tant que vous n’aurez pas une idée du pronostic vous ne pourrez rien faire de pertinent.

      Je comprends que je vous tiens là un propos décevant ; mais...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er mars à 21:04 , par Marta Marin-Domine

    Bonjour,

    Mon père, 91 ans, allé bien, je dirais très bien même, en decembre. Je viens de lui faire une visite (février)-j’habite à l’étranger- et je l’ai trouvé très changé : plus mince, avec des trous de mémoire, parfois confondu, avec des idées répétitives, et des difficultés à comprendre questions qui étaient très simples pour lui.
    Il prend médication pour l’insufisance cardiaque.

    Debut janvier il a eu une très grande preocuppation et à dire de la personne qui prend soin de lui, à partir de ce moment là il a initié une chute animique et cognitive. Nous avons vu ensemble son medicin general il fait deux semaines. Il lui a fait passer le Minitest cognitif et il a evalué très haut, 31 sur 35, ce qui ne traduit pas, à mon avis, son état. Le medicin lui a donné citalopram, mais mon père a peur de ce medicament parce qu’il dit "ne vouloir pas se sentir aliené".

    Il est possible d’avoir avec lui des belles conversations, même savantes, comme toujours, mais on sent que dessous il y a quelque chose qui derape et qu’il fait un grand effort pour deguiser son état. En parallèle, des hallucinations -le jour après mon départ il a cru me voir dans le couloir de chez soi.

    Est-ce que je peux avoir votre opinion ? Je suis à 6000 km de mon père, et angoissée. Je me dis qu’il faudrait qu’il demenage en residence -il vit seul- mais il ne veut pas (disons pas encore).

    Bien à vous,
    Marta
    PS. Je trouve votre blog magnifique. Il m’a beaucoup aidé à accepter la complexité du viellir, et à me desangoisser un peu. Merci.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 6 mars à 11:42 , par Michel

      Bonjour, Marta.

      Je comprends sans peine votre inquiétude. Elle tient notamment, bien sûr, au fait que vous êtes, à cause de la distance, relativement impuissante.

      Je crois que vous avez deux types d’hypothèse à envisager.

      La première la plus favorable, est que votre père présente des épisodes de confusion mentale liés à une pathologie physique ; par exemple des poussées d’insuffisance cardiaque plu ou moins faciles à juguler. Dans ce cas il y a de bonnes chances pour qu’une adaptation du traitement (est-elle possible ? Se laissera-t-il faire ?) améliore grandement la situation.

      La seconde est que nous avons affaire à une démence méconnue. J’ai bien noté que tout allait bien en décembre, mais on a l’habitude : les patients déments sont tout à fait capables de donner le change pendant très longtemps, et les proches, surtout quand ils habitent loin, sont faciles à duper ; et quand les choses lâchent, elles donnent l’impression fausse de le faire d’un coup.

      Mais dans l’un et l’autre cas on a tout de même l’impression que votre père est devenu très fragile, et qu’il faut effectivement envisager une mise en sécurité. Cette mise en sécurité impose-t-elle l’institutionnalisation ? Il faut pour le savoir faire un inventaire complet de la situation. J’espère qu’un maintien à domicile sera possible, c’est loin d’être acquis.

      Où habite-t-il ?

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 7 mars à 15:04 , par noelle tari

      Je vous ai écrit concernant les troubles de ma belle mère de 84 ans

      le médecin lui a prescrit un comprimé pour la persécution mais elle ne le prendra pas car elle considère qu’elle n’a rien et donc pas besoin.

      A votre avis un médicament n’est peut être pas très bon pour elle.

      Elle reste persuadée que si il n’y avait pas ce voisin du dessus qui rentre chez elle la vole, lui démonte sa hote ect.. tout irait bien

      Dernièrement elle m’a dit il y avait quelqu’un sur mon lit qui fouillait ma robe de chambre et quand j’ai ouvert les yeux, il est parti mais cette fois ci dans la pénombre je l’ai vu et bien reconnu c’est lui, il faudrait que j’aille porter plainte. je précise qu’elle a une porte super blindée et que même les pompiers n’arriveraient pas à ouvrir.
      Dans ses moments de délires ses yeux changent ils sont perdus terrorisés noirs .
      Lorsque tout va bien, les gen,s pensesnt qu’elle fait peut ^tre la comédie, mais il n’en est rien, elle souffre et ses terreurs nocturnes la fatiguent.
      Par contre elle ne veut rien savoir, sa fille venue la voir de PARIS a éssaté de discuter avec elle rien n’y fait, c’est nous qui ne saont pas ce qu’elle vit

      Elle est venue déjeuner chez moi avec son sac de bijoux car on la vole, alors qu’elle cache et ne se rapelle pas ou ?

      Merci de me dire surtout ce que vous pensez sur un eventuel traitement qu elle ne veut pas prendre d’accrod mais est bien un traitement ?

      Le fait de la déménager, sa persecution se mettrait certainement au bout de quelques mois sur une autre personne ?
      Je trouve également qu’elle oublie beaucoup, j’ai pris un RDV pour UN IRM, je lui ai marque sur son calendrier, et bien elle me dit je ne suis pas au courant
      Par contre je suis très surprise elle ne se perd pas du tout lorsqu’elle prend le tram ?
      Il faut sans cesse répéter attention à vos rendez vous mais à l’extérieur elle se déplace sans problèmes
      Elle prend du propanolol mais il y a longtemps qu’elle a commencé à accuser les gens, son gendre et la valise , son neuveu, puis d’autres qui parlent d’elle la regardent ect ...

      Qu’en pensez vous ?
      noëlle


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 mars à 19:32 , par Michel

        Bonsoir, Noëlle.

        Effectivement votre situation est difficile. J’ai dit, et je le répète, qu’il ne faut pas se précipiter sur le traitement des troubles psychiatriques du sujet âgé. Mais ceci n’est vrai qu’à la condition que le malade n’en souffre pas. Quand il en souffre, on ne peut guère rester inactif.

        Après toute la question est de savoir si le traitement est bien toléré, et si, d’une manière ou d’une autre, il est plus utile que nuisible. Et si elle ne veut pas le prendre, il n’y a guère de moyen de la contraindre.

        Mais il faut ajouter que les choses sont parfois plus énigmatiques encore : le délire est aussi une parole, il peut, comme le rêve, permettre d’exprimer quelque chose qui doit être dit, mais sous une forme qui évite une partie de la souffrance. Bref le délire la fait souffrir, mais il se peut que cette souffrance lui permette d’en éviter une plus grande.

        De toute manière vous n’avez pas le choix.

        Deux points encore.

        Si elle déménageait, elle trouverait en peu de temps une autre raison de délirer.
        Elle ne se perd pas. Oui. Mais il ne faut pas oublier que la désorientation temporelle est plus précoce (et moins grave) que la désorientation spatiale. Ceci est lié au fait que le temps s’écoule que je le veuille ou non, alors que l’espace ne change que si je le décide. La désorientation temporelle, c’est ce qui vous arrive quand vous êtes en vacances. Et votre mère se repère dans l’espace, peut-être parce qu’elle n’a pas (pas encore ?) d’atteinte majeure, mais surtout parce qu’elle se repère dans les trajets qu’elle connaît. Si vous lui proposiez un voyage vers un lieu où elle n’est jamais allée il se pourrait bien que la musique soit différente.

        Bref cela ne nous permet toujours pas d’éliminer une démence, et tout repose sur un bilan intellectuel sans lequel on ne peut rien dire.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 février à 17:44 , par bianchi

    bonjour maman a 87 ans, elle est cohérente, elle nous semble avoir une bonne mémoire mais depuis plusieurs mois elle a des hallucinations. Elle a passé des prises de sang qui sont bonnes et un scanner qui n’a rien révélé
    Elle dit que par moment elle ne voit plus mon père mais la réincarnation de son beau père (le père de mon père) décédé depuis plus de 50 ans - mais toujours sous les traits de mon père. dans ces moments là ce n’est pas facile à gérer pour mon père car c’est tout juste si elle ne le frappe pas pour qu’il parte croyant que ce n’est pas lui

    Qu’en pensez vous
    merci


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 février à 19:16 , par Michel

      Bonsoir, Mapi.
      Il faut être prudent dans l’analyse de ce que vous rapportez.

      L’obsession, bien sûr, c’est la démence, notamment de type Alzheimer, dont la fréquence est grande dans cette tranche d’âge. On serait tenté de se rassurer sur ce que vous dites : elle est cohérente, elle nous semble avoir une bonne mémoire. Sauf que les proches se trompent souvent dans leur évaluation. Et malheureusement la perte de cette fonctionnalité très particulière qui nous rend capables de reconnaître un visage sans avoir recours à une analyse détaillée (songez que je suis souvent capable de vous reconnaître même quand je vous vois de dos) fait partie intégrante de la pathologie Alzheimer et apparentées.

      Mais il y a un détail : d’après ce que vous dites elle est consciente de l’anomalie. Cela permet de s’orienter vers des hallucinations isolées.

      Il vaudrait la peine de faire un examen psychiatrique : il arrive souvent que ces troubles répondent favorablement à un traitement simple, et encore plus souvent qu’ils ne s’aggravent pas, restant ce qu’ils sont.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 février à 21:15 , par Laure

    Bonsoir,
    Je vous écris pour vous parler de ma belle-mère (elle a 70 ans) dont l’ état se dégrade assez rapidement ces derniers temps. Elle est habituellement sous anticoagulant, elle a également une valve cardiaque. Depuis plusieurs mois elle a des grosses douleurs au dos. Au vu de son traitement habituel le médecin n’a pas voulu lui faire une infiltration et l’a fait hospitalisée pour voir comment traiter ses douleurs. Ils ont également pensé à des problèmes d’ostéoporose. À l’hôpital elle a été traitée avec du skenan. à la suite de ça elle a commencé à délirer, à raconter énormément de choses incroyables, à téléphoner à tout le monde pour tout et n’importe quoi et à délirer. ils sont partis du principe que le skenan en était la cause et qu’éventuellement ses reins n’arrivaient pas à l’évacuer. Le traitement a donc été stoppé mais depuis son état ne s’améliore pas. ils ont ensuite pensé à une hyperthyroïdie mais les résultats ne donne rien. elle va faire un scanner pour vérifier qu’il n’y a rien du côté neurologique mais le médecin de l’hôpital dit qu’il lui est déjà arrivé de rencontrer des personnes qui souffre de démence suite à la prise de morphine. qu’en pensez-vous ? est-ce que cela peut vraiment être une cause plausible ? Faut-il que l’on s’attende à ce que son état ne s’améliore jamais ?


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 18 février à 01:18 , par Michel

      Bonsoir, Laure.

      Si vous lisez les échanges du forum lié à cet article, il va vous sauter aux yeux que votre récit ressemble à celui de beaucoup de correspondants. C’est pourquoi ma réponse sera la même : je ne peux rien dire d’utile à propos d’une malade que je n’ai pas vue.

      Et comme je ne peux rien dire, je vais parler quand même.

      La morphine est évidemment une cause majeure de troubles psychiatriques, qu’il s’agisse d’hallucinations ou de délire. Mais dans ce cas il suffit d’arrêter le traitement pour que les choses rentrent dans l’ordre. Pourquoi cela ne se produit-il pas ? Je vois quatre explications possibles :
      - On n’a pas suffisamment attendu : l’insuffisance rénale est importante, et votre belle-mère n’a pas encore évacué toute sa morphine. Ce qui me surprend, c’est qu’à 70 ans elle n’est pas vieille, et si elle a une insuffisance rénale majeure il faudrait savoir d’où elle vient, et pourquoi elle serait jusqu’ici passée inaperçue.
      - Quand un trouble délirant se manifeste, même si on en supprime la cause, il peut continuer à évoluer pour son propre compte, de sorte qu’il faut du temps pour que les choses rentrent dans l’ordre.
      - Il y avait un soubassement psychiatrique ou dégénératif, que l’administration de morphine n’a fait que dévoiler. C’est l’histoire classique du malade qui est devenu dément à la suite d’une anesthésie : c’est toujours faux, le malade était déjà atteint avant, et l’anesthésie n’a été qu’un révélateur. Vous le saurez quand, à distance de l’événement (quelques mois) il sera possible de faire un bilan psychogériatrique.
      - Il n’y a aucun rapport, tout cela n’est que simple coïncidence, et il faut rechercher toutes les autres causes de trouble psychiatrique ; je vois que c’est ce que font les médecins qui s’occupent de votre belle-mère.

      Je crois donc qu’il y a un pourcentage important de chances pour que les choses rentrent dans l’ordre ; mais cela peut prendre plusieurs mois, et rien ne permet de dire qu’on ne va pas, à terme, découvrir des choses désagréables. Mais rien ne permet non plus de dire qu’on va en découvrir.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 4 février à 19:34 , par laura TRICOT

    bonsoir Monsieur,

    Suite à une dépression non soignée ma mère de 82 ans qui vient de déménager dans une résidence services présente des signes de démence sénile : paranoïa, agressivité, perte de repères, trous de mémoire, désorientation.
    Une amie neuropsy me conseille de demander à son médecin de l’envoyer vers une consultation mémoire.
    Comment lui amener cela afin qu’elle accepte ?
    Pourriez vous me donner les contacts sur Toulouse ? (j’habite Nantes)
    Tous vos conseils seront les bienvenues, merci d’avance !

    Laura Tricot


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 4 février à 22:02 , par Michel

      Bonsoir, Laura.

      Si votre mère ne veut pas se laisser conduire en consultation mémoire, il va être bien difficile de l’y amener, et à supposer que vous y arriviez, à obtenir d’elle qu’elle participe.

      Mais je me demande si c’est très important.

      Vous écrivez en effet : ma mère (...) présente des signes de démence sénile : paranoïa, agressivité, perte de repères, trous de mémoire, désorientation. Je ne sais pas qui a parlé de démence sénile, mais s’il a raison alors nous avons affaire à une forme déjà évoluée car le tableau est à peu près complet. Et dans ce cas il n’y a rien à attendre d’une consultation mémoire.

      Ce qui me semble plus important c’est de vérifier qu’il n’y a pas une autre explication, plus favorable. En vrac :
      - Vous me dites qu’elle vient de déménager. Ce ne serait pas la première qui présenterait un tableau pseudo-démentiel à la suite d’un tel changement.
      - Vous me parlez de dépression. Il peut être très difficile de distinguer une démence d’une dépression. Pour cette raison il est toujours prudent, avant de parler de démence, de faire un essai d’antidépresseur ; on a parfois de très belles surprises.
      - Il faut toujours faire le tour d’autres hypothèses (maladies cérébrales, cardiaques, endocriniennes, médicaments mal supportés, enfin, tous les classiques de la gériatrie).

      Donc, plutôt que de focaliser sur la démence, qui est malheureusement très probable mais à laquelle on ne fera rien, il vaut mieux faire un bila, gériatrique complet. Son médecin traitant peut programmer cela.

      Quant à trouver des gériatres sur Toulouse, rien de plus simple : l’école toulousaine de gériatrie, même si elle a perdu il y a maintenant une vingtaine d’années l’un de ses représentants les plus brillants (moi) est l’une des meilleures du monde. Vous aurez toute l’information nécessaire à http://www.chu-toulouse.fr/-gerontologie-clinique-et-medecine-

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 10 février à 09:56 , par noelle tari

      Ma belle mère agée de 84 ans présente des crises de persecutions.
      fixation sur le voisin du dessus il rentre chez elle, vol, fait du bruit, elle présente des crises de panique va chez les voisins demande à dormir chez eux.
      Cet état la fatigue beaucoup
      Nous nous sommes renseigner l’immeuble est très calme, les voisins ne font pas de bruits, nou y allon il n’y a pas de bruit, elle nous dit que lorsque l’on vient ils arrêtent.
      Par ailleurs elle cache tout ne retrouve plus ça dure plusieurs semaines puis elle retrouve.

      Entends des explosions ect ...

      Rien au scanner, elle va faire un electroencephalo.

      Je trouve que son état empire, avant c’était des crises 1 fois tous les 15 jours maintenant 1 à 2 fois la semaine
      le problème elle dérange les voisins mais si nous lui disons tous il n’y a rien elle se met en colère persuadée qu’elle a raison. que sa tête va bien que c’est moi qui va mal elle est méchante.

      Il faut que l’on parle très doucement quant on va la voir car on nous écoute

      Q’en pensez vous

      Merci

      Noelle


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 10 février à 18:24 , par Michel

        Bonjour, Noëlle.

        Je ne peux rien vous dire d’autre que des évidences. Car la seule chose à faire est de trouver le moyen de faire examiner votre belle-mère. Aucun diagnostic ne peut être fait en l’état.

        Ce qui est certain c’est que la pathologie la plus fréquente à cet âge est la démence de type Alzheimer, et que le tableau que vous décrivez est compatible avec cette hypothèse. Mais il ne faut pas exclure une autre pathologie psychiatrique : il peut y avoir des troubles délirants, plus faciles à traiter ; il y a des maladies hallucinatoires du sujet âgé, qui ont elles aussi un pronostic plus favorable. Et je vois qu’on envisage un électro-encéphalogramme, ce qui ne sert à rien dans les affections dont je vous parle, mais qui permettraient de dépister une épilepsie, qui dans de rares cas peut aussi donner ce genre de trouble.

        Mais cela suffit à vous expliquer que rien ne peut être dit sur votre seul récit : il faut un examen clinique bien fait.

        Pour ce qui vous concerne, vous avez très vite fait l’expérience de ce qui se passe quand on contredit ce genre de malade : si vous le faites vous êtes immédiatement classée parmi les ennemis potentiels ; et bien entendu il n’est pas davantage question d’aller dans le sens du délire. La seule solution est donc de botter en touche et de ne pas répondre sur le fond ; encore faut-il le faire très astucieusement, car les patients ne sont pas longtemps dupes. C’est donc très difficile.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 janvier à 22:18 , par SIHEM

    mon papa agé de 78ans, depuis 2an a subi un AVC, et depuis des pertes de memoire, hallucinations, je l emmene voir un neurologue le met sous ARICEPT 10mg ESCITALOPRAM 10mg et solian 200mg ; les choses ne s ameliorent pas du tout ; je l emmene voir un psychiatre, lui prescrit du risperdal 2mg 2fois/j du parkidyl 5mg 1 le matin de l’isoperidol 2mg 10 gouttes le matin 20 gouttes le soir et enfin largaktil 4% 10 gouttes le soir...... 1 jour et demi de prise de ce coktail mon papa est devenu quelqu’un d autre etat de confusion .... alors qu il etait normal tres censé croquant la vie ; juste des hallucinations qui l embeter .... et voila qu il sombre dans autre chose.... allant voir un autre psy le met sous risperdal, athymil et somazina... sachant que on papa a une hypertrophie de la prostate depuis 30an, subi tout les jours car ne dors presque pas a cause de vouloir uriner toute la nuit.... expliquant cela aux medecins en plus de problemes de vue et auditifs ca ne s arrange toujours pas et j ai l impression de le perdre chaque jour un peu plus.... on a essaye le somnifere, sachant que c est une personne qui n a jamais bu d’alcool ni fume, ni meme des drogue jamais somnifere ..... se leve quand meme le somnifere ne fait aucun effet ............. aidez moi svp a voir plus tres conscient que quelque chose ne va pas chez lui cherche une solution a tout prix merciiiii de me repondre svpppppppppppp ............. ; je suis disponible pour plus d information


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er février à 19:18 , par Michel

      Bonsoir, Sihem.

      Je dois vous redire, comme je le fais sans me lasser, que je ne peux pas m’avancer à parler inconsidérément d’un malade que je n’ai pas vu. Je ne peux que faire des hypothèses en me basant sur les indications que vous me donnez.

      Ce que je vois c’est que le neurologue a prescrit :
      - De l’Aricept : c’est un traitement spécifique de la maladie d’Alzheimer (je passe sur le fait qu’on l’a essayé dans d’autres types de maladie neurodégénérative, notamment les démences vasculaires).
      - De l’escitalopram : c’est un traitement spécifique de la dépression.
      - Du Solian : c’est un neuroleptique.

      Il a donc jugé qu’il avait affaire à un malade atteint d’une maladie de type Alzheimer, avec une dépression (réactionnelle à la maladie ou consécutive à son accident vasculaire), et des troubles du comportement suffisamment importants pour qu’on prenne le risque d’un neuroleptique.

      Les psychiatres successifs on confirmé cette hypothèse. Ils ne se sont pas prononcés sur l’Aricept, puisqu’il était déjà prescrit, mais ils ont continué à proposer antidépresseurs et neuroleptiques, avec des ordonnances assez complexes, qui m’incitent à penser qu’ils jugent la situation délicate.

      Mais alors le gériatre que je suis se trouve lui aussi en difficulté. Car dans mon expérience, si les troubles du comportement ne réagissent pas à des traitements neuroleptiques simples et à faibles doses, il est illusoire de penser qu’on aura le moindre résultat avec des traitements complexes ou puissants. Personnellement je n’ai jamais prescrit de neuroleptique à un malade souffrant de troubles cognitifs (même si, avec le recul, je pense que cette position était exagérée). Le problème, c’est que je peux vous dire ça, mais que cela ne vous donne aucune solution. C’est que je crains qu’il n’y en ait pas.

      Cette résistance au traitement est hélas assez caractéristique des formes avancées de maladie de type Alzheimer. Certes ce n’est pas une preuve, et il se peut que votre père ait à la fois une détérioration modérée et un trouble psychiatrique d’autre nature ; mais je n’y crois pas une seconde. Je crois plutôt que nous sommes face à un malade au stade de démence déjà avancée. J’ai bien lu que vous avez écrit : il était normal, très sensé, croquant la vie ; malheureusement ce sont des malades très intelligents, qui savent admirablement cacher leur trouble, de sorte que le plus probable est qu’en réalité il va mal depuis bien plus longtemps qu’il ne le laissait voir. C’est chaque fois comme ça.

      La seule chose que je proposerais, c’est de prendre un avis gériatrique :
      - Où en est-il du point de vue cognitif ? Le diagnostic peut-il être remis en cause ?
      - Aurait-on le bonheur de trouver que les troubles psychiatriques qu’on observe sont liés en réalité à un problème physique ? Tout peut se voir, depuis les problèmes d’oxygénation cérébrale (cardiaque, pulmonaire), endocriniens, médicamenteux, etc. Je n’y crois guère, mais cela pourrait valoir la peine.
      - Quelles sont les limites acceptables du risque neuroleptique ?

      Mais si cela n’aboutit pas, il faut bien que je vous fasse part de mon scepticisme sur les chances d’améliorer significativement la situation.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 22 février à 23:05 , par SIHEM

        je voudrais juste rajouter que mon papa a une hypertrophie de la prostate depuis 30 an ne dors presque pas la nuit depuit tout ce temps ; en plus d une infection urinaire au point qu aucun des edecins ne veut operé ..... et c est une chose qui l embete depuis tres longteps au point ou il demande qu on lui enleve... reponse des medecins "ils savent mieux que lui" ..... apres des tests le neurologue nous confirma que ce n est pas l alzeimer, je fais plein de test et beaucoup de choses avec lui (on joue au sudoku ensemble, des puzzle quand je le vois enerve et stresse....).... je le sors marcher au bord de la mer et quand il s’assoit avec des gens ... retrouve son humeur et discute avec ca le change il devient normal.... face aux Dr il parle de ces problemes sans genes et discute bien .... on arrive a la maison il commence a voir des trucs.... dort toute la journee et le soir c est les vas et vient entre sa chambre et les toilettes.... des obsessions cherche sans arret son portefeuille veut sortir a 3h du matin cherche son pantalon a 5h... ; et quand je le sors il est bien.... mon pere est ne en 1938 a une licence de droit quelqu un qui lisait beaucoup ; sa passion les mots croisés et les mots flaichés ; adoré le film et le cinema et la tout d un coup plus rien...... le jour ou j ai fais la connerie de l emmener chez un psy pour la premiere fois juste pour des hallucinations........... ; suite a des medocs lourds il l a destabilisé. le 23 mars 2016 je vais lui faire l EEG suite a la demande du neurologue et je vous dirais le resultat de son examen ............ ; on a pas cette specialite la geriatrie n existe pas chez nous en algerie (malheureusement) merciiiiiii de m avoir repondu et d’ecouter ma detresse. je ne sais plus quoi faire ; j ai juste envie que cette maladie n evolue pas ete perdra completement la tete . merci encore


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 26 février à 14:27 , par Michel

          Bonjour, Sihem.

          Je ne peux guère aller plus loin que ce que je vous ai dit : il faudrait avoir vu votre père.

          Je n’ajouterais que quelques commentaires :

          Sur la prostate, il faut sans doute être prudent. D’un côté, en France comme en Algérie, car c’est une affaire de liberté humaine et non de loi, la volonté du malade doit primer, et si votre père veut être opéré je ne suis pas sûr qu’on puisse le lui refuser. Mais d’un autre côté les médecins ont les moyens de prédire si l’intervention lui donner le résultat qu’il souhaite :il arrive souvent que les symptômes dont le malade se plaint n’aient en réalité aucun rapport avec la taille de la prostate ; surtout s’il est dans un état psychologique qui l’amène à avoir une préoccupation d’ordre obsessionnel.

          Sur l’Alzheimer, il faut aussi être prudent : c’est un diagnostic difficile, et je voudrais être sûr que les arguments du neurologue sont suffisants. Le plus souvent on ne peut pas éviter de laisser passer du temps avant de se prononcer. Et il ne suffit pas non plus de penser à tout ce qu’il est encore capable de faire : je n’oublierai jamais ce malade qui ne parlait plus, ne mangeait plus seul, qui avait perdu sa continence, mais qui, à la belote...

          Bref, j’attendrais encore avant de tirer des conclusions définitives.

          L’EEG n’apportera rien, sauf si par bonheur on tombe sur une épilepsie.

          Sur la gériatrie, je crois que les choses bougent en Algérie. La volonté existe en tout cas de la développer, essayez de vous renseigner.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Bonjour,
    cela fait 3 ans que maman 75ans est suivi pour alzheimer,patch exellon 9mg, mais la maladie à évoluer, on est passer par différents stades,perte de mémoire, agressivité verbale et physique, perte de l’espace et du temps, plus envie de sortir du tout, je suis venue vivre chez elle pour m’en occuper,elle ne gère plus rien du tout
    outre le fait de m’occuper des courses de faire les repas prendre les rdv médecins et l’y emmener et autres,gérer ses comptes bancaires faire ses lessives et j’en passe,elle cache tout , persuadée que je lui vole tout, ne se lave plus du tout, ne veut pas se changer.
    mais depuis une semaine environs elle fait des crises d’hystérie,s’imagine que mon oncle est rentré chez elle et lui a pris différentes choses, veut la mettre dehors, alors que c’est elle qui m’a poussé dehors la semaine dernière’ mais est persuadée que c’est lui qui l’a fait , elle vit dans sa réalité, que puis je faire, là le médecin est passé du séroplex 20 au laroxyl, mais ça ne change rien,elle est persuadée de ce qu’elle croit avoir vu,qui dois je voir en dehors de son neurologue et médecin traitent, à quoi dois je m’attendre bascule t elle dans la démence, cela relève t il du domaine psychiatrique ?*
    merci à vous par avance
    valérie toulon


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 27 janvier à 19:25 , par Michel

      Bonsoir, Valérie.

      Il faut être prudent avant de vous répondre, car il faudrait pour cela avoir une vision claire de la situation ; or je ne la connais pas, et il y a des pièges.

      Ce qui est probable, c’est que la maladie a évolué, et que nous sommes actuellement à un stade de démence confirmée. Dans ces conditions les troubles du comportement que vous décrivez sont assez classiques. Ils peuvent s’expliquer par de nombreux facteurs, mais pour l’essentiel je crois qu’ils correspondent à un effort (assez désespéré) du malade pour montrer qu’il est encore capable de réagir, de maîtriser sa vie, de voir qu’on le vole, etc. (Voyez sur ce pointhttp://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article10.

      Mais il ne faut pas aller trop vite : la maladie d’Alzheimer ne protège pas, bien au contraire, contre les délires d’autre nature ; il y a aussi des dépressions délirantes, il y a des troubles du comportement dont l’origine n’est pas psychiatrique, etc. Bref il me semble urgent de réévaluer la situation. Votre médecin vous orientera.

      Ajoutons une chose, qui n’est pas si facile à entendre. Ces troubles sont souvent le dernier combat que le malade mène pour sauver les apparences. Il s’ensuit que très souvent (pas toujours, certes) les patients parvenus à ce stade se trouvent mieux en institution, parce qu’ils n’ont plus à se battre. Il faut le savoir, il faut l’accepter : le maintien à domicile a ses limites, et il se peut qu’elles soient atteintes ici ; en tout cas il convient de se poser la question.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 janvier à 10:14 , par Alain

    bonjour, je reprends un fil de discussion pour plus de clarté

    ma mère est donc traitée à l’hôpital, pour de l’épilepsie avec du Lamotrigine 25 mg
    Pourtant ses hallucinations sont toujours présentes, peut-être un peu moins perturbantes pour elle.
    Elle va certainement retourner chez elle, et j’ai demandé quelles aides il fallait prévoir, étant donné qu’elle vit seule (je vis à 400km)
    L’interne du service gériatrie avait eu l’intention de la faire sortir, en me laissant seulement 3 jours pour organiser sa sortie, et sans me conseiller au sujet des aides à lui apporter.
    Ses arguments : besoin de place, patients plus lourdement handicapés que votre maman, manque d’argent dans les hôpitaux, bref, un certain manque d’humanité et de professionnalisme à mon goût, pour un médecin (jeune...30 ans)
    Si bien que j’ai contacté les services sociaux ... mais là encore, na manquent-ils pas sérieusement de moyens ?

    Bien à vous Alain


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 janvier à 18:35 , par Michel

      Bonsoir, Alain.

      Je ne peux que commenter quelques points.

      Si le diagnostic d’épilepsie est vraiment le bon, c’est une excellente nouvelle, et vous allez vous en tirer à bon compte. A la limite il n’y aurait pas lieu de prévoir une prise en charge plus lourde que celle dont elle bénéficiait jusque là. A condition que le diagnostic soit le bon.

      La position du service de gériatrie est correcte : le temps n’est plus où les services pouvaient garder les malades le temps de peaufiner un retour à domicile : en médecine aiguë on garde les malades le temps de leur sauver la vie, pas plus.

      Mais ce qui ne va pas, c’est qu’il appartient aux services de médecine aiguë gériatrique de se donner les moyens de procéder à des sorties rapides en sécurité ; c’est affaire de réseaux et d’organisation. Ce qui aurait pu/dû être fait, c’est simplement d’envoyer votre mère en soins de suite, ce qui aurait permis de vérifier que le traitement est suffisamment efficace, et de préparer tranquillement le retour à la maison.

      Quant à l’attitude du jeune gériatre, je ne la commenterai pas ; je partage seulement votre inquiétude sur ce point.

      Bref, si vous vous retrouvez seul à la manoeuvre, alors l’idée d’aides à domicile est intéressante, mais je me demande ce que vous allez pouvoir faire en trois jours en n’étant pas sur place.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 décembre 2015 à 18:08 , par fanny

    Bonjour , je m’adresse à vous car nous somme désespérés. Ma grand mère âgée de 84ans deviens " folle " ...
    Depuis quelques temps elle voit des choses ( des gens qui dansent dans son jardin par exemple ) , elle est persuadée quelqu’un lui vole ses cachets , que des gens vont détruire sa maison pour en faire un restaurant .... Elle devient agressive ...mais c’est phase parfois elle débloque complètement et le jour suivant tout va très bien ....on nous dit que c’est du à une glande ....mais laquelle , évidemment elle me veut pas aller à l’hôpital . Elle refuse toute aide et n’arrête pas de dire qu’’elle veut mourir ....quoi faire !? Nous avons peur qu’’il lui arrive quelque chose .
    Merci de votre aide
    Cordialement


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 décembre 2015 à 22:24 , par Michel

      Bonsoir, Fanny.

      Je ne peux rien vous dire : il y a trop d’hypothèses, vous en trouverez quelques-unes dans l’article, mais aussi dans les forums qui le suivent ; mais cela n’a pas d’importance, la seule chose à faire est de poser un diagnostic.

      Il faut donc demander conseil au service de gériatrie de l’hôpital le plus proche, avec une démarche en trois points :
      - De nombreuses pathologies physiques, souvent parfaitement curables, sont susceptibles de prendre un masque psychiatrique.
      - Toutes les démences peuvent s’accompagner de troubles psychiatriques.
      - Quand ces deux points sont éliminés, alors on peut voir les choses sous l’angle de la psychiatrie, mais pas avant.

      C’est urgent, mais pas nécessairement aussi urgent que vous le pensez. Vous avez probablement le temps de vous organiser.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 19 décembre 2015 à 16:53 , par Gilbert

    Bonjour,
    Je suis tombé un peu par hasard sur votre site qui m’a paru très intéressant et j’ai vu que vous aviez la gentillesse de répondre à de nombreuses préoccupations donc je me lance...
    Il s’agit en fait de ma mère de 78 ans qui m’inquiète depuis un certain temps.
    Depuis plusieurs mois, cela a commencé par des troubles du langage, elle a du mal à trouver ses mots, elle en oublie souvent certains et ses phrases sont souvent mal articulées, on a du mal à comprendre et donc il faut "traduire" et reformuler. SA logique me paraît aussi souvent déficiente et il faut s’adresser à elle en lui disant des choses pas trop compliquées à comprendre.
    Elle a de plus en plus de mal à trouver des repères dans le temps et par exemple, elle n’arrive plus à séquencer les opérations pour faire la cuisine : faire d’abord cuire quelque chose pendant 10 mns puis autre chose ensuite. Mon père doit prendre le relai.
    Elle a aussi des problèmes de mémoire. Lors d’un voyage chez la famille, elle ne se souvenait plus le lendemain où elle avait dormi.
    Et je viens d’apprendre récemment qu’elle subissait des hallucinations : elle voit des ombres de personnes autour d’elle qui l’angoissent terriblement et elle n’a pas reconnu mon père pendant plusieurs jours de suite. Elle n’osait pas lui demander qui il était, ce qu’elle a fait au bout d’un certain temps.
    Qu’en pensez vous ? Nous craignons la maladie d’Alzeimer. Mais nous ne savons pas vraiment à qui nous adresser : un neurologue ? Mon père est allé voir la généraliste qui lui a fait passer quelques tests de mémoire (a priori, cela ne s’est pas si mal passé !?) et qui lui a prescrit d’abord une IRM avant d’aller plus loin. Je viens sur votre site de découvrir que l’on peut aussi s’adresser à un gérontopsychiatre. J’avoue que je suis un peu perdu et que j’ai peur de "perdre" du temps et ne pas réagir assez vite à une maladie qui pourrait se dégrader rapidement...
    Merci d’avance pour votre réponse et vos conseils.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 décembre 2015 à 21:42 , par Michel

      Bonsoir, Gilbert.

      Je dis et répète qu’on ne peut pas faire de diagnostic par Internet.

      Mais si je rassemble les éléments que vous apportez, il faut bien admettre que tous les symptômes que vous décrivez entreraient parfaitement dans un tableau de maladie d’Alzheimer déjà évoluée. Vous avez donc raison de craindre.

      Ce qui vient nuancer ce jugement abrupt, c’est qu’il y a des pièges diagnostiques. C’est pourquoi il ne faut pas se précipiter comme je viens de le faire. Et prendre contact avec le service de gériatrie le plus proche, qui vous orientera vers la structure de dépistage adaptée.

      Je serais heureux d’avoir de vos nouvelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 11 décembre 2015 à 10:16 , par Alain

    bonjour,
    je viens sur ce forum pour essayer d’établir un diagnostic concernant ma mère qui a 88 ans. Elle vit seule depuis que mon père est décédé il y a 3 ans et tout allait à peu près bien jusqu’à ce qu’elle commence par avoir des hallucinations visuelles, que nous avons jugées bénignes avec le médecin, car se produisant au moment du coucher ou du lever. Du genre une personne qui apparaît et qui lui fait peu, la plupart du temps, ces hallucinations se produisaient au moment de la sieste. Et puis de puis un mois, un autre phénomène se produit, les personnes qu’elle regardent à la télé, s’invitent chez elle dans son salon. "Ils sont là, et des fois ils ne sont pas contents parce que moi, je n’ai pas payé ma place" m’a t elle dit un jour où elle regardait une émission de jeu. Depuis le phénomène est assez récurrent et lorsque je lui dis que ce sont des hallucinations, elle me dit qu’elle n’est quand même pas folle, qu’elle sait ce qu’elle voit.
    Voilà ce que je voudrais que vous m’expliquiez, j’habite assez loin de chez elle, et avant de prendre des décisions irréversibles, j’aimerai avoir votre opinion sur la question. Est il possible de la laisser encore seule chez elle. Par ailleurs, nous avons des discussions tout à fait normales, et elle se nourrit seule, s’occupe de sa maison seule.
    Merci de bien vouloir m’éclairer


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 décembre 2015 à 13:12 , par Michel

      Bonjour, Alain.

      La seule chose utile que je puisse vous dire est qu’un examen psychiatrique s’impose. Car les hypothèses à envisager sont nombreuses, et rien ne peut en être dit sans connaître précisément le cas.

      Il ne faut pas se débarrasser trop vite des hypothèses démentielles : non seulement la peu fréquente démence à corps de Lewy, qui se caractérise par des hallucinations souvent très élaborées ; mais aussi la démence de type Alzheimer, qui peut parfaitement s’accompagner d’hallucinations (on peut même imaginer que c’est une pathologie de ce type qui se dévoile avec retard maintenant que votre père n’est plus là pour compenser) ; parmi les troubles liés à cette maladie, il y a la perte de l’aptitude à analyser les images ; c’est ce qui fait notamment que le malade ne sait plus reconnaître les visages, et qu’il ne sait plus qui vous êtes (alors qu’il vous identifiera instantanément au téléphone, parce qu’il n’a pas perdu l’aptitude à reconnaître les voix) ; du coup il est fréquent qu’il ne fasse plus la différence entre un vrai visage et un visage télévisé (ou un visage dans le miroir).

      Sur le plan psychiatrique pur il y a, par exemple :
      - La psychose hallucinatoire chronique, assez spécifique du sujet âgé, et qui souvent est bien tolérée (mais les hallucinations sont rarement visuelles, ou purement visuelles). Tout le problème est qu’elle semble en souffrir.
      - Le délire des cloisons, dans lequel le malade voit (mais plus souvent des flammes ou des fumées) traverser les murs.
      - Le syndrome de Charles Bonnet, où les hallucinations sont liées au manque de stimulation visuelle (à cause de l’isolement ou d’une déficience sensorielle qui s’aggrave).
      - etc.

      Il est donc impératif de faire un diagnostic avant de se hasarder à répondre à votre question. Non seulement parce qu’un état hallucinatoire pur est souvent totalement isolé, permettant le maintien à domicile ; non seulement parce que d’autres hypothèses sont beaucoup moins favorables et vont imposer une institutionnalisation à bref délai ; mais encore parce que certains de ces états sont tout simplement curables, parfois assez facilement.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 décembre 2015 à 09:15 , par Alain

        Merci beaucoup de votre réponse,

        j’ai eu ma mère au téléphone hier soir et j’avoue être complètement dérouté. Une discussion tout à fait normale, on parle de tout et de rien, du temps, de la famille etc ... et puis tout d’un coup c’est elle qui me dit " Ce qui est embêtant c’est qu’ils viennent encore, mais ça ne va pas durer" et là elle me parlent des personnes de la télé qui viennent chez elle à midi et le soir. Je dois aller lui rendre une visite cette semaine pour voir comment ça se passe, comment me conseillez vous de réagir. J’avoue manquer de répartie devant la situation.

        merci


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 décembre 2015 à 16:07 , par Michel

          Bonjour, Alain.

          Je ne sais pas du tout comment les choses vont pouvoir se passer. Mais je me demande s’il ne vous faut pas appliquer les principes habituels.

          Sous toutes réserves, car les choses sont parfois très étranges, votre récit fait penser à ces situations assez fréquentes où le phénomène hallucinatoire est somme toute isolé : la patiente va bien dans toutes les composantes de la pensée sauf une, ce qui a fait décrire des « délires en secteur ». C’est même ce point qu’il faudrait élucider car c’est de lui dont dépend la nécessité ou non de traiter et le risque potentiel d’un maintien à domicile. Et c’est pourquoi il est si impératif d’obtenir un avis spécialisé.

          Votre attitude doit tenir compte d’une difficulté majeure : tout ce que vous direz pour éroder le processus hallucinatoire vous fait courir le risque d’être tenu pour complice des personnes qu’elle voit. Il vous faut donc absolument éviter de prendre position ; en parler le moins possible, botter en touche autant que nécessaire, et s’il faut en venir sur ce terrain la faire parler de ce qu’elle voit, de ce que cela lui évoque, etc. Et ne faire votre opinion que sur les conséquences objectives du trouble en termes de dangers. Sans oublier qu’il y aura des risques sur lesquels il vous faudra bien faire l’impasse. Mais je vous le redis : très souvent ils sont limités.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 décembre 2015 à 11:02 , par Alain

            Bonjour et merci de prendre du temps pour me repondre,

            Je vous reponds depuis le domicile de ma maman ou je passe quelques jours et je constate que tant que la television n est pas allumee (ce matin par exemple) ma mere est comme d habitude et nous parlons de tout et de rien sans aucunes allusions au phenomene. Par contre, hier, en presence de la tele allumee, ma mere osait a peine passer devant de peur de gener les personnes qui y travaillent. Des que quelqu un fait un signe aux telespectateur, elle pense que c est a elle que ca s adresse. Je lui ai suggere d eteindre, elle m a repondu, mais ou est ce qu ils vont aller. Un veritable delire, et puis des que la tele disparait de son champs de vision tout devient normal (enfin je pense ) Pour elle si le presentateur dit a demain, c est un rendez vous qu elle lui donne.
            Sinon je ne pense pas dans l etat de mes connaissances limitees en la matiere, qu il y ait urgence. Qu en pensez vous, je crois avoir entendu dire que ce phenomene etait assez courant, mais je ne sais pas lui donner un nom, et je voudraiis savoir comment est ce que cela peut evoluer
            Merci beaucoup


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 décembre 2015 à 13:03 , par Michel

              Bonjour, Alain.

              Vous avez très bien réagi.

              Ce que vous décrivez va tout à fait dans le sens d’un "délire en secteur", et c’est plutôt rassurant. Mais il reste deux points :
              - Le premier est la souffrance : si elle reste limitée, on peut s’autoriser à ne pas traiter.
              - Le second est plus gênant : ce symptôme se voit aussi en cas de démence, par exemple de type Alzheimer, et là le danger est autre. C’est ce qui me fait insister pour avoir un bilan.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 décembre 2015 à 21:26 , par Alain

                bonsoir et merci de vos réponses,

                j’ai quitté ma mère hier et je viens de l’avoir au téléphone. Je ne sais plus quoi penser. Elle m’a parlé pendant une demi heure comme si de rien n’était et puis à l’instant, ma nièce vient de m’appeler (elle habite à 10 km de chez ma mère). Ma mère lui a dit qu’elle en avait marre des personnes de la télé qui viennent chez elle sans arrêt, ils doivent avoir les clés de la maison, le soir il ne me laissent pas aller me coucher ....etc
                Par contre, quand elle parle avec une personne qui n’est pas au courant, rien ne transparait.
                C’est vraiment troublant, je sais qu’il faut faire un bilan. Pensez vous qu’il y a urgence ? comment lui présenter les choses dans la mesure où, à part son problème lié à la télé, tout le reste semble fonctionner.


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                • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 décembre 2015 à 22:19 , par Michel

                  Bonsoir, Alain.

                  Urgence ? Je ne crois pas. De toute manière vous n’avez pas le choix, et il faut bien courir le risque pendant un certain temps.

                  Quant à la façon de présenter les choses, je sais que ce n’est pas commode. La solution la plus simple serait que vous en parliez à son médecin traitant. S’il prend l’affaire au sérieux cela peut suffire : les diagnostics possibles sont nombreux, mais pas très difficiles à poser.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 décembre 2015 à 18:13 , par Alain

                    bonsoir,

                    le médecin doit passer la voir mercredi
                    Je me pose une question : imaginons qu’il n’y ait plus de télé chez elle. Est ce que son trouble se manifesterait autrement, et comment ?

                    merci


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                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 décembre 2015 à 22:08 , par Michel

                      Bonsoir.

                      Comment le savoir ?

                      D’abord cela aussi dépend de la pathologie sous-jacente. Par exemple en cas de trouble psychiatrique de telles stratégies sont souvent des échecs, car le délire a pour fonction de permettre l’évacuation d’une énergie psychique dangereuse. Si on bouche une issue, le malade en trouve une autre. Mais pour aller plus loin il faut un diagnostic...

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 décembre 2015 à 10:39 , par julie

                        Pardon je me suis trompé c est le suite de la maman d Alain que je souhaite connaitre ma mère a la même chose depuis 15 jrs est traité par modopar 125 3 x par jour et à augmenté ses doses il y a 3 semaines


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                      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 janvier à 11:27 , par Alain

                        je reprends le fil de la discussion au sujet de ma mère. Après avoir fait une chute chez elle, elle a du être hospitalisée et un bilan gériatrique a été fait. Au bout de 10 jours, on me dit qu’elle peut retourner chez elle, alors qu’elle voit des gens la nuit fouiller sa chambre, des portes qui s’ouvrent toute seul, j’en passe ....
                        Le médecin propose qu’elle réintègre sa maison (besoin de place) et me dit qu’elle avait fait une crise d’épilepsie et que ses problèmes étaient liés à ça. Un traitement lui a été administré.
                        Est ce que l’épilepsie explique tout ces phénomènes, personnes de la télé qui vivent chez elle, hallucinations.
                        Je me demande si ma mère peut vivre chez elle, même avec des visites journalières

                        merci


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                        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 janvier à 22:05 , par Michel

                          Bonsoir, Alain.

                          Je comprends votre désarroi. Et je suis assez perplexe.

                          Il est tout à fait vrai que l’épilepsie peut donner des hallucinations, et des hallucinations de ce type. Franchement ce n’est pas la première idée qui vient. Il faudrait donc savoir ce qui conduit le médecin à poser ce diagnostic : il doit pour cela avoir de solides raisons. A priori (mais c’est avec lui qu’il faudrait en parler), ces raisons peuvent être de trois ordres :
                          - L’examen de la situation donne des arguments très précis ; j’en doute un peu car je ne connais aucun signe qui soit réellement spécifique.
                          - On a assisté à une crise d’épilepsie typique ; mais si cela permettrait de dire que votre mère est épileptique, cela n’autoriserait pas à conclure qu’elle a des hallucinations à cause de cela.
                          - On a fait un essai de traitement qui s’est montré concluant. Mais je suppose qu’on vous l’aurait dit. Toujours est-il que si c’est le cas, alors le problème est résolu. En tout cas vous le saurez très vite.

                          Bien à vous,

                          M.C.


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                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 décembre 2015 à 11:44 , par julie

                      Bonjour je sais que je répète mais ma mère présente les même symptômes que la maman d Alain sauf qu’ elle q Parkinson ses doses ont augmentées depuis 1 mois elle prends du modopar 125 3 fois par jrs est ce du aux médicaments ? Elle croit que les personnes à la tv sont reel
                      Bien à vous


                      Répondre à ce message

                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 décembre 2015 à 14:01 , par julie

                      Bonjour
                      je suis désemparé ma mère a la maladie de parkinson elle est sous modopar et à augmenté ses doses y a 6 semaines et elle croit que les personnages de la tv st réel
                      Est ce l effet des medicaments


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                      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 décembre 2015 à 18:52 , par Michel

                        Bonsoir, Julie.

                        Je ne peux pas vraiment vous répondre.

                        Dans une situation comme celle que vous décrivez, les hallucinations peuvent provenir :
                        - De la maladie elle-même.
                        - Du traitement, même si c’est plus rare. La L-dopa est le plus souvent bien tolérée, mais il arrive qu’elle ait de nombreux effets indésirables, et la seule manière d’en avoir le cœur net est de jongler avec les doses. On ne le saura qu’en essayant.
                        - De tout autre chose, et il faut faire l’inventaire des causes de trouble psychiatriques chez le sujet âgé.

                        Je ne peux donc rien faire d’autre que de vous renvoyer à l’équipe médicale qui la suit.

                        Bien à vous,

                        M.C.


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                  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 janvier à 14:46 , par Alain

                    bonjour,

                    je complète mon message précédent. Le médecin de l’hôpital a diagnostiqué une épilepsie avec une prise de sang. Hors pour connaître le phénomène, mon fils en faisait étant jeune, je pensais que seul un EEG pouvait diagnostiquer surement une épilepsie.


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                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 janvier à 22:10 , par Michel

                      Vous avez largement raison : on ne voit guère de quelle prise de sang il pourrait s’agir, et je crois qu’il s’agit plutôt d’un malentendu. Ajoutons que l’électro-encéphalogramme n’est pas très performant non plus, car il n’est ni sensible ni spécifique. Le diagnostic d’épilepsie est essentiellement clinique.

                      Un mot par ailleurs : comme vous l’avez remarqué les messages se décalent au fur et à mesure des échanges. Je vous recommande donc de commencer le cas échéant un nouveau fil de discussion.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 décembre 2015 à 09:15 , par julie

              Bonjour j aimerai avoir la suite de l histoire de fanny ma mère a les mêmes symptômes mais à la maladie de -arkinson et à augmenté ses doses y a 6 semaines et les troubles apparaissent depuis 15 jrs


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 novembre 2015 à 00:44 , par pasquot

    maman a 88 ans. Cela fait environ 1 an elle nous a fait une broncho-pneumonie qui l’a fort affaiblie + plusieurs chutes entr’autre sur la tête sans gravité suivant scanner fait à l’époque. Par contre il lui a été diagnostiqué un début de sénilité de type Alzheimer. Elle est entrée en résidence de repos et de soins car il n’était plus possible de la maintenir à son domicile. Elle souffre d’arthrose aux articulations (jambes, mains,) et de ce fait a de gros soucis de mobilité + ces chutes à répétition, il a fallu se décider à la placer en maison de soins et de repos.

    Dernièrement, elle a du être hospitalisée car elle se bougeait de moins en moins, n’arrivant même plus à s’alimenter seule et ces derniers jours, on la trouvait dans son fauteuil, inerte, sans réactions, au point de ne plus savoir se tenir droite sur le fauteuil ou sur la chaise. De plus, elle nous racontait des faits qui n’avaient pas eu lieu. Quand on essayait de la mettre debout, on aurait dit qu’elle ne savait plus comment il fallait marcher ni se tenir à sa tribune.

    A l’hôpital, après scanner, PS, analyse d’urines, il a été diagnostiqué une déshydration et une infection urinaire. Elle est rentrée à la résidence mais, malgré une semaine de perfusions sous-cutanées pour la réhydrater + furadantine pour l’infection, cela ne va pas mieux du tout .. cela va même en empirant.

    Ma sœur et moi nous arrangeons pour être présentes au moment des repas de midi et du soir pour lui donner à manger car, seule, elle ne parvient plus à porter la fourchette ou la cuillère à sa bouche par manque de force mais surtout parce qu’elle ne trouve plus sa bouche. elle prend qq chose de fictif en main pour le mettre à sa bouche mais le met en dessous de sa bouche. Elle a attrapé sa serviette et voulait la manger etc etc. Elle a aussi un problème d’élocution et ne parvient plus à former des mots.

    Ma sœur et moi sommes inquiètent de voir sa dégradation. Un gériatre avait diagnostiquer un état de confusion de type Alzheimer mais en si peu de temps son état s’est aggravé et nous nous demandons vers qui nous diriger plus spécifiquement dans la région Charleroi-La Louvière.

    Le service gériatrie où maman avait été hospitalisée en son temps étant exempt d’humanité et de compétences, et, parce que je suis désespérée , je m’adresse à vous pour voir si vous pouvez nous éclairer sur son état et nous diriger vers les personnes à même de nous aider et de prendre en charge la pathologie de notre maman.

    Merci pour votre réponse


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 novembre 2015 à 07:42 , par Michel

      Bonjour, Franca.

      Je ne peux vous répondre qu’avec prudence. D’abord parce qu’il faudrait avoir vu la situation pour pouvoir en parler ; je n’ai donc à vous offrir que mes intuitions. Ensuite parce que vous habitez en Belgique, et que je ne connais pas l’organisation du système de soins chez vous : par exemple j’ai hésité quand vous avez parlé de maison de soins et de repos : de quoi s’agit-il ? d’un service de soins de suite, ce qui suppose qu’on a encore quelque espoir de la faire progresser ? Ou plutôt, comme je le crois, d’une maison de retraite ?

      Bref, je suis limité.

      La séquence que vous décrivez est classique : il s’agit d’une vieille personne, qui allait somme toute assez bien jusqu’à ce qu’un épisode aigu vienne décompenser la situation. c’est alors qu’on s’aperçoit que les choses sont beaucoup plus précaires qu’on ne pensait, notamment sur le plan cognitif. Si nous étions en France (mais je ne sais pas ce qu’il en est chez mes confrères belges, je reprendrais volontiers l’expression : début de sénilité de type Alzheimer :
      - Un début : dans la quasi totalité des cas que j’ai eus à connaître, ces soi-disant débuts correspondent à des formes avancées, et pas du tout débutantes. Ce qui donne l’impression d’un "début", c’est l’incroyable habileté de ces malades à cacher leur trouble. Et aussi la croyance de la part du médecin qu’en parlant ainsi il adoucit les choses pour les proches : certes il les adoucit, mais en brouillant le message.
      - De sénilité : voilà à quoi on arrive quand on s’obstine à ne pas vouloir appeler les choses par leur nom : on ne comprend plus de quoi on parle. Et ce sera ainsi tant qu’on maniera cet insupportable politically correct au nom duquel on parle de sénilité, de personnes désorientées, quand on ne nous sert pas des syndromes cognitivo-mnésiques. Il s’agit d’une démence. Ce que nous avons à faire, ce n’est pas de changer le nom de la démence, c’est de changer le regard que nous portons sur elle.
      - De type Alzheimer : je ne vais pas redire ce que j’ai mainte fois dit : il n’est pas prudent de parler d’"Alzheimer" à un âge avancé ; et surtout ce n’est pas utile. Ici au moins a-t-on parlé de "type Alzheimer", ce qui est correct.

      J’observe d’autre part que vous écrivez : il a fallu se décider à la placer en maison de soins et de repos. Cette formulation me laisse supposer que cette décision a été prise par les proches de la malade ; si c’est le cas, ces proches ont jugé qu’elle n’était plus en état de décider pour elle-même, ce qui suppose qu’ils partagent le point de vue des médecins sur sa détérioration intellectuelle.

      Si ce raisonnement (et je vous en redis la précarité : je parle de quelqu’un que je n’ai pas vu) est exact, alors :
      - Comme il est habituel, elle ne s’est pas remise complétement de l’épisode précédent.
      - Elle présente une nouvelle dégradation, qui peut être causée par une affection aiguë : l’infection urinaire est une bonne hypothèse, il y en a d’autres.
      - De deux choses l’une : ou on se donne les moyens de trouver cette affection aiguë ou on ne se les donne pas Le problème ici est qu’elle sort de l’hôpital, et qu’il n’y a pas de raison de penser que la démarche diagnostique n’a pas été menée correctement. Il pourrait être utile d’informer les médecins de cette évolution décevante, mais sans trop s’illusionner sur les possibilités.
      - Si tout se résume à une infection urinaire et une déshydratation, alors il y a bien peu à faire. Ne pas s’affoler trop vite, assurément, car comme le dit le médecin il arrive souvent que les déments présentent des confusions mentales quand ils font une maladie aiguë ; alors les choses rentrent dans l’ordre, même si c’est lent. Mais garder à l’esprit que, quelquefois, les choses ne s’arrangent pas et que tout se passe comme si le malade saisissait cette occasion d’abandonner le combat. On voit alors, et c’est très déstabilisant, des patients qui somme toute ne vont pas si mal, voire qui sont guéris, nous filer entre les doigts quoi qu’on fasse et sans explication.

      Bref la seule option est de la réhospitaliser ; encore cela suppose-t-il qu’on ait des raisons de penser que le travail n’a pas été mené à son terme lors de l’hospitalisation précédente.

      Mais je veux bien quelques précisions supplémentaires : il est trop difficile de parler ainsi sans savoir.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 octobre 2015 à 03:16 , par Lyssa

    Bonjour, Bonsoir

    Mes parents et moi vivions avec ma grand-mère de 87 ans. Il y a quelques années mon grand-père est décéder, elle a vécu sont deuil et tout allais bien. Mais je vous dirais depuis 2 ou 3 ans, elle demande toujours ou nous allons avec qui pourquoi. Lorsqu’on lui réponds pas, elle nous fais une grises mais fou. Elle se lance a terre, frappe sa tête les points nous lance des méchancetés. je ne sais pas trop se qui se passe mais sais un stress intense pour nous a la maison. Je suis au etude ainsi que mes deux frères et honnêtement nous ne sommes plus capable. Et nous ne voudrions pas laisser nos parents seule avec se problème qui se produit au moins 2 a 3 fois semaines.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 octobre 2015 à 21:27 , par Michel

      Bonsoir, Lyssa.

      Je ne pourrais vous répondre que si je pouvais examiner la situation en détail. Sur le peu que vous indiquez, il n’y a en effet aucun moyen de dire, par exemple, s’il s’agit d’un problème de démence ou si c’est un trouble psychiatrique.

      Toujours est-il que vous avez raison : on ne peut pas laisser votre entourage dans cette situation. Il est donc indispensable de prendre contact avec un psychiatre, et de préférence un gérontopsychiatre. Normalement l’hôpital le plus proche devrait pouvoir vous orienter.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 28 août 2015 à 22:13 , par vivi

    J’ai oublié de spécifier également qu’elle a perdu sur 4 ans sa mère, sa nièce, et sa sœur cadette.
    Et ces décès successifs l’ont beaucoup affectée.

    Merci pour votre aide.

    Cordialement.

    Vivi


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 28 août 2015 à 22:07 , par vivi

    Bonjour,

    Je suis tombée sur votre site et j’aimerai beaucoup avoir votre avis car nous vivons depuis plusieurs années déjà une situation difficile avec notre maman âgée de 75 ans.
    Nous vivons en Belgique.
    Notre maman vivait auparavant dans un appartement près de chez nous (elle y a vécu 2 ans) . Quelque mois après son emménagement, elle a commencé à porter des accusations sur sa propriétaire et son compagnon.
    Elle les accusaient de rentrer chez elle, elle disait qu’il lui volait des objets tels que bas nylon, tubes de crème pour les jambes, médicaments, produits de nettoyage, combiné de téléphone ---
    Elle disait qu’ils la harcelaient, faisait du bruit exprès, volait son courant, son gaz, son eau et electricité (alors qu’elle avait des compteurs séparés)
    Cela a très vite tourné au cauchemar car elle a commencé à afficher des lettres sur sa fenêtre accusant ces personnes, les maltraitant,... elle mettait aussi des mots insultants dans leur boite aux lettres, leur envoyait des sms pour les accuser de vol,
    Elle racontait son histoire partout dans les commerces, chez les voisins.
    J’avais beaucoup de mal à croire ma mère car j’ai eu divers contact avec la propriétaire qui m’a assurée qu’elle n’avait jamais commis tous les méfaits dont ma mère l’accusait.

    Elle les accusait également de la traiter de putain partout. Ce mot revient très souvent dans son vocabulaire.
    Cette dame m’a vraiment semblée bouleversée par toute cette histoire. Elle n’en pouvait plus et menaçait de porter plainte.
    Moi j’étais à bout et je ne savais plus comment gérer cette situation.
    Nous avons alors changé son barillet mais cela n’a rien fait, elle mettait des crochets sur ses clefs de portes intérieures pour se barricader.
    Nous avons donc décidé de la déménager et elle retournée habiter dans sa région d’enfance près de chez mon frère.
    Les premiers mois se sont très bien passés. Suite à une dispute avec ma belle sœur assez violente verbalement (c’est ce que je pense en tous cas) elle a recommencé les mêmes histoires avec la locataire qui habite au-dessus de chez elle.
    La dame soit disant ne lui a pas dit bonjour et n’a pas pris le bol de soupe que ma mère avait mis dans l’escalier pour elle ( la dame nous a dit qu’elle ne l’avait pas vue ni elle ni le bol de soupe)
    Elle a également accusé la dame de l’avoir traitée de putain.
    Notre mère porte de nouveau des accusations de vol (chou rouge, seau en plastique, pince à épiler...,
    elle a mis une lettre sur la fenêtre, des lettres chez les voisins, ...

    Mon frère et moi, du fait que les mêmes évènements se reproduisent, avons essayé de lui faire comprendre qu’elle a un problème, qu’il serait bien qu’elle consulte son médecin ou un psychologue.
    Elle ne l’a pas du tout accepté. Elle dit qu’elle n’est pas malade ni folle, qu’elle va très bien (elle a passé un irm ainsi qu’un scanner suite à une suspicion d’avc et on n’a rien vu)
    Elle commence à porter des accusations sur nous en disant qu’on veut se débarrasser d’elle pour lui prendre son argent, que l’on devrait avoir honte, ...et j’en passe. Elle nous envoie des mail pour nous faire tout un tas de reproches. Ses souvenirs se mélangent, elle mélange les évènements les uns avec les autres, elle revient sans cesse sur des évènement négatifs qui se sont produits dans le passé.
    Mon frère a parlé à son médecin traitant et du coup elle ne veut plus y aller et elle a pris cela comme une trahison.
    Je tiens à signaler, qu’elle avait déjà accusé une précédente propriétaire de rentrer chez elle et de lui voler des affaires.
    Nous ne savons plus comment réagir, nous sommes à bout de nerf et sommes pour le moment en rupture de dialogue avec elle. (hormis les mail et lettres qu’elle nous envoie)
    Du coup elle se retrouve toute seule et j’ai beaucoup de mal à vivre avec ça. Elle doit être hospitalisée dans 3 jours pour un problème de vessie et à l’idée quelle va se retrouver seule, cela me bouleverse.
    Elle nous dit qu’elle pleure beaucoup à cause de nous.
    Bref la situation devient totalement invivable et pour elle et pour nous.
    Que pouvons nous faire de plus, nous ne pouvons pas la forcer à se soigner et nous ne pouvons pas continuer comme ça mon frère et moi, pour ce qui me concerne, je vais finir par en devenir malade.
    Nous avons l’impression d’être dans une impasse. Nous aimons beaucoup notre maman et nous aimerions qu’elle aille mieux.
    Pouvez-vous nous conseiller ? J’espère vraiment que vous pourrez nous répondre et vous en remercie d’avance.
    Cordialement

    Vivi.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 août 2015 à 18:16 , par Michel

      Bonjour, Vinciane.

      Je ne vais certainement pas me hasarder à faire un diagnostic : je ne me lasserai jamais de répéter que si la médecine pouvait se faire sur Internet, c’est que les choses seraient vraiment très simples.

      Et je vous renverrais bien à un échange de la fin juin sur le forum de ce même article. Vous y trouverez des éléments de discussion sur la démence, la dépression, les autres délires.

      Mais quelque hypothèse que l’on fasse, il n’en reste pas moins que votre mère :
      - Est en souffrance.
      - Se met en danger, non seulement parce qu’elle risque de provoquer un jour des réactions inappropriées de son voisinage, mais aussi parce qu’elle risque de créer une situation intenable qui lui portera préjudice.

      Or il semble évident qu’elle a perdu le contact avec la réalité.

      Je ne sais pas quelles sont les dispositions judiciaires en Belgique, mais en France il y aurait les moyens de prendre la main et de la traiter contre sa volonté. Et comme il y a les moyens il y a le devoir, car on ne peut guère la laisser dans cette situation.

      Je comprends sans peine que vous soyez en difficulté face à une telle option. Comment votre relation va-t-elle survivre à ce coup de force ? Mais je crois que vous devez considérer trois points :
      - S’il s’agit d’un délire (ou d’une dépression délirante), on observe presque toujours que, le délire guéri, le malade fait la part des choses.
      - Quelle que soit la réaction de votre mère, la seule chose qui vous importe est de faire ce qui est bien pour elle ; et ce qui est bien pour elle c’est de la soigner.
      - Quand on vit avec quelqu’un qui délire, il arrive toujours un moment où l’entourage se trouve comme contaminé et perd lui-même le sens des réalités. C’est ce qui est en train de se produire : vous perdez de vue que la situation ne peut durer ainsi.

      En pratique, il est heureux qu’une hospitalisation incidente soit programmée. Peut-être y aura-t-il là une occasion à saisir. Mais sinon (et si la loi belge le permet), il ne vous restera qu’à employer la force.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 août 2015 à 19:45 , par Vinciane

        Bonsoir,

        Je vous remercie vivement pour votre réponse.

        J’en arrive à douter de moi et comme vous le dite, j’en arrive à perdre le sens de la réalité et je me sens vraiment désemparée.

        Je lui ai écrit pour essayer de lui faire comprendre qu’il devenait urgent qu’elle se fasse soigner.

        Mais malheureusement le mail que je lui ai envoyé a été très mal interprété.

        Pour l’heure, le dialogue est rompu.

        Mon frère et moi devons nous voir pour essayer de trouver une solution.

        Merci pour vos éclaircissements.

        Cordialement.

        Vinciane.


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er septembre 2015 à 21:11 , par Michel

          Bonsoir, Vinciane.

          Je comprends que vous soyez désemparée : c’est qu’il n’existe que de mauvaises solutions, et ce n’est jamais confortable de devoir chercher ce qui fera le moins mal.

          Votre mail a été mal reçu. C’était inévitable ; j’ajouterais seulement qu’il n’y avait rien à en attendre : le mail ne permet presque jamais de traiter ce type de situation. Mais ne vous inquiétez pas : c’était une tentative inutile, pas une tentative dangereuse, et la rupture qui s’en est suivie aurait eu lieu de toute façon.

          Et cela ne change rien à ce qui vous reste à envisager : la seule chose qui puisse aider votre mère est d’être soignée, si nécessaire contre son gré. Il ne faut donc pas espérer obtenir son accord : ce serait supposer le problème résolu...

          bien à vous,

          M.C.


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 septembre 2015 à 20:12 , par Vinciane

          Bonsoir,

          J’ai encore une petite question.
          Mon mari est allé discuter avec elle et elle lui a dit qu’elle voulait bien envisager d’aller voir un spécialiste mais nous devons prendre rendez-vous nous même et la conduire.
          Comme elle va être hospitalisée prochainement, il serait peut-être bien que je rentre en contact avec un médecin consultant dans le même hôpital pour lui expliquer la situation mais je ne sais pas vers quel service me diriger.
          Dois-je aller trouver un neurologue, un psychiatre ou éventuellement un gériatre ?

          Merci d’avance pour vos précieux conseils.

          Cordialement.

          V.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 septembre 2015 à 22:31 , par Michel

            Bonsoir, Vinciane.

            Voici une excellente nouvelle. Elle ne peut s’expliquer que si la malade, bien plus lucide qu’on ne pense, sur sa situation, a enfin consenti à baisser la garde.

            Il faut sauter sur l’occasion, et préparer l’hospitalisation en ce sens. Le plus efficace sera de voir un gériatre, et ce pour deux raisons au moins :
            - La principale pathologie à dépister est la démence de type Alzheimer, et ce sont les gériatres qui en voient le plus.
            - Il ne faut pas oublier tous les autres pièges, et c’est le gériatre qui les connaît. Il sera toujours temps de changer d’optique en fonction des résultats.

            Bien à vous,

            M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 août 2015 à 14:35 , par veronique

    Bonjour,
    je travaille pour une personne âgée de 94 ans (nous sommes 3 à l’encadrer jour et nuit par roulement de 3 nuits 4 jours, pour éviter trop de changement ) Journée intense car Mme C. vie la plupart du temps dans les années 1940/45, elle ne prend aucun traitement sa santé est bonne que des petits soucis banales en considérant son âge , elle marche bien , mais fait beaucoup de crise d’angoisse obsessionnelle lié à la guerre , sous forme de délire : qu’on est venu l’arrêter, elle ou sa famille , des angoisses tels qu’elle est submergée par la terreur ...(évidemment en lien avec son riche vécu). Des délires de persécution et de vole, des angoisses liés au réapprovisionnement (avec une question quasi permanente d’une peur de manquer d’alimentation)
    pendant des heures être en répétition.
    Elle perd parfois la notion du matin et du soir .
    Elle ne fait pas de distinction photographique des gens qu’ils l’entourent, nous sommes comme une et seule personne.
    Seule change la façon dont on se présente , elle s’adapte donne le change , avec un verbe très assurée marquée par une intelligence vive .... toutefois comme un monologue , elle peut parler toute la journée sans avoir aucun intérêt à écouter.
    Il est extrêmement difficile de la sortir de ses terreurs , cependant en vous lisant j’ai pu lire que rentrer dans son histoire peu être une erreur dans le sens ou on rentre dans le jeu de l’acceptation et donc d’un renforcement ...
    elle est parfois dans un présent , je dirai un présent flottant ou elle demande l’actualisation de sa vie immédiate , où suis je , qui suis je , ai je les moyens , qui est en vie , si elle le demande je vous cite c’est qu’elle est apte à entendre la réponse mais la laisse dans une mélancolie inquiétante.
    Dans les autres cas , il est évident qu’elle ne veut pas entendre ou entre dans une colère noir .
    Ainsi dans une journée je peux être sa patronne, sa sœur, une amie , son mari , la bonniche , le médecin ,la fille qui c’est incrustée est doit dégager etc ...
    Je pense que Mme C serait très malheureuse dans un institut ou maison spécialisée , déjà parce qu elle a besoin d’être rassurée par une présence constante "fusionnel" et rassurante. Toutes les trois nous faisons au mieux (avec une réelle bienveillance) pour "gérer" les crises et tenter d’adoucir au mieux sa vie ;

    cependant je me demande si nous pouvons faire mieux , car c est un combat presque constant qu’elle mène
    faut il insister pour l’ancrer dans la réalité ....
    si un traitement existe est il nécessaire ... une amélioration peu elle être envisagée à son âge avancé ?

    enfin l’ avis d’un professionnel ...
    Merci beaucoup
    veronique


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 4 août 2015 à 10:55 , par Michel

      Bonjour, Véronique.

      Mais… que voulez-vous que je vous dise ? Votre analyse est parfaite. Et votre position est excellente. Pour en savoir plus il faudrait être sur place et connaître la situation. Et encore : je me demande si l’outil qui vous manque ne serait pas plutôt le groupe de parole.

      Sous d’immenses réserves, tant les pièges sont nombreux, je dirais que cette dame présente probablement un tableau de démence sénile de type Alzheimer assez évolué. Il n’y a donc rien à attendre des traitements anticholinestérasiques (dont je maintiens qu’ils doivent au moins être essayés dans les formes pus légères), à ceci près que j’ai cru obtenir quelques effets intéressants, non sur la performance intellectuelle, mais sur les troubles du comportement. Par contre il y a lieu d’envisager un traitement antidépresseur, car l’un n’empêche pas l’autre, voire un essai prudent de neuroleptique si les délires sont par trop angoissants. Mais ne rêvons pas.

      Pour le coup, ce qui vous aiderait le plus est sans doute, et avec les réserves que j’ai dites dans l’article que j’y consacre, la série de techniques développées par Naomi Feil, voyez par exemple Validation mode d’emploi.

      Deux points pour finir :
      - Je n’insisterais sur rien, et notamment pas sur l’ancrage dans la réalité. Tout dépend de ce qu’elle est prêt à entendre à ce moment précis, c’est elle qui vous guide, non l’inverse.
      - Comme vous le rappelez, le malade qui pose une question est en état d’entendre la réponse, sinon il ne prend pas le risque. Mais ce principe ne doit s’appliquer au dément qu’avec prudence ; et sans jamais oublier que dire « il est en état d’entendre la réponse » ne signifie en rien que la réponse va le faire sauter de joie : il se peut même que la réponse lui fasse très mal ; tout ce que je dis c’est qu’en posant la question il a exercé sa liberté, et que la liberté implique la liberté de se faire mal.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 juillet 2015 à 20:02 , par LAURENT

    Bonjour Michel juste un mot pour vous donner des nouvelles de ma mère de 90 ans qui habite Melun et qui présente de sérieux troubles de la mémoire, après avoir fait trois chutes cette année dont une grave en mai ayant nécessité l’intervention des pompiers. Elle est sous traitement anxiolytique ( 3 xanax par jour + 1 escitalopram ) , avec des infirmiers qui lui apportent les médicaments trois fois par jour et une aide ménagère tous les jours, ce qui l’a un peu aidée.Je devais la conduire à paris voir un gériatre de l’hôpital Broca à Paris le 17 juillet dernier, elle était d’accord pour y aller mais le matin même grosse crise de délire, elle ne voulait plus se lever, disait qu’elle était trop mal pour faire le voyage, j’ai tout essayé pour la convaincre mais elle résistait et m’a même mordu ! J’ai appelé son médecin, puis le Samu pour tenter de l’y conduire en urgence en ambulance mais le médecin du SAMU m’a dit qu’un diagnostic de gériatre ne changerait pas grand chose question prise en charge. Elle n’y est donc pas allée. Depuis, elle alterne les moments de calme avec des crises d’angoisse, déclenchées par le fait que les infirmiers ne sont pas toujours à l’heure pour lui apporter ses médicaments. Elle ne comprend pas non plus pourquoi on les lui a retirés ( le médecin l’avait demandé car n’ayant pas le sens du temps elle pouvait en prendre trop ) et est toujours en train de les chercher. Elle ne se souvient parfois pas du passage de l’infirmier quand c’est tôt le matin et dit qu’on l’a oubliée. Son médecin traitant n’a pas insisté pour lui faire reprendre un rdv chez le gériatre pour le moment. Sinon, elle n’est pas plus mal et sa mémoire coince essentiellement sur ces histoires de médicaments et de visites d’infirmiers. Je crains que les crises d’angoisse reviennent de manière cyclique. Pensez vous qu’il faille changer le traitement ? Son médecin je pense attendait l’avis du gériatre et du coup ne sait plus trop quoi faire...et moi non plus...merci pour votre attention...Laurent


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 28 juillet 2015 à 18:06 , par Michel

      Bonjour, Laurent.

      Difficile, votre situation. J’en reviendrais bien à ce que je vous avais dit au début : soit vous prenez la main en demandant une tutelle, soit vous acceptez un risque calculé et vous laissez faire.

      Je me demande si vous ne pourriez pas tester de lui acheter un pilulier dans lequel vous mettriez les médicaments les moins importants en lui en laissant la gestion. Vous pourriez avoir une bonne surprise. N’oubliez pas que le dément ne perd pas vraiment la tête, et que quand on le laisse s’organiser il est capable de performances étonnantes. Le modèle, c’est l’histoire de mon père : quand je me suis marié il est venu en voiture sur plus de 200 km sans aucune difficulté. Par contre il s’est perdu entre la mairie et la salle du mariage, il y avait cinq cents mètres et nous étions en cortège. Simplement parce que le premier trajet, il l’avait préparé, alors que pour le second il a été pris au dépourvu.

      Je n’attendrais pas trop des médicaments : ces troubles psychiques sont puissants, et ils ne cèdent vraiment qu’au prix de doses qui commencent à devenir délétères pour ces cerveaux fragilisés.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 juillet 2015 à 13:12 , par Laurent

        Bonjour Michel
        Concernant le pilulier, elle en a un que les infirmiers lui amènent mais il lui est déjà arrivé de l’égarer ou de prendre plusieurs fois une dose, ce qui a poussé les infirmiers à le lui retirer pour lui apporter eux mêmes les doses trois fois par jour. Cette situation, plus sécurisante pour moi, la plonge en fait souvent dans le stress. Elle est toujours persuadée qu’ils ont oublié de passer une fois dans la journée, ou qu’ils ont oublié les médicaments alors que l’infirmier les lui fait avaler devant elle.
        Pour le moment je prends un risque calculé et je laisse faire. Je vais réessayer de tenter la consultation chez le gériatre d’ici quelques jours. L’histoire de votre père est amusante, mais il était déjà capable de conduire ce qui n’est plus le cas de ma maman depuis longtemps...Je me dis que la situation est déjà bien meilleure depuis qu’elle a une aide ménagère tous les jours et les visites des infirmiers. Certains jours elle est parfaitement normale, à un point étonnant, et puis à d"autres, de nouveau perdue, ne se rappelant pas le nom de sa nouvelle aide ménagère ou étant persuadée qu’elle n’est venue qu’une fois dans la semaine alors qu’elle est passée quatre fois.. on verra bien merci encore pour vos conseils
        Laurent


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 4 août 2015 à 09:57 , par Michel

          Oui, je crois que votre position est raisonnable. D’ailleurs vous n’avez guère le choix : ou bien votre mère reste chez elle, ou bien elle va en institution. Pour elle, l’institutionnalisation est un risque majeur devant lequel il y a lieu de renâcler. Ne se pose "que" la question de la sécurité des autres. Et c’est difficile car si on nuirait à autrui en lui faisant courir un risque inconsidéré on lui en ferait courir un autre en adoptant une attitude sécuritaire.

          Je préfère dire que quand je prends le volant je dois assumer le risque de rencontrer un sanglier, un poivrot ou un vieux dément. D’ailleurs sur mes routes de vacances j’ai vu des panneaux me disant que la vitesse concerne 20% des accidents mortels, l’alcool 50%, le téléphone 10%. Je n’ai jamais lu les données sur la démence. Alors on se calme...

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 juillet 2015 à 09:13 , par petitkon

    grace à internet, on trouve beaucoup d’information.

    merci à vous.

    ( meme si je n’ai pas encore trouvé le syndrome de ma grand mere, peut etre une ou deux pistes sur votre blog. )


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 25 juin 2015 à 19:01 , par MONNIER

    Bonjour,

    Je suis tombée sur votre site un peu par hasard et je profite de l’occasion pour vous exposer le cas de mon mari qui souffre de problèmes psychiatriques et qui ne veut pas du tout d’aide afin de s’en sortir.

    Mon mari a été diagnostiqué dépressif par son medecin traitant et a eu un traitement pendant des années.
    Tout a commencé à la naissance notre fille où il alterne des périodes de rejet, à des périodes de stabilité.
    Ensuite, petit à petit, il est devenu violent psychologiquement et n’hésitait pas à faire du mal à notre fille (ex : la pincer discrètement dans le dos, cogner discrètement son genou contre la table etc.). Sur mon insistance, il a eu quelques séances de consultations chez un psychiatre qui a laissé échapper qu’il le trouvait ’’un peu pervers’’. En cherchant un peu sur internet, je puis dire que mon mari fait partie de ceux que l’on appelle les pervers narcissiques j’ai d’ailleurs acheté un livre à ce sujet et ai un peu compris le fonctionnement de ces personnes souffrant de ce trouble. Bien sûr tout le monde me conseille de partir. Pour moi, mon mari a une profonde souffrance psychique qui l’amène à avoir des troubles du comportement. A ce que j’ai compris, il doit souffrir d’une pathologie qui se situe entre la névrose et la folie ce qui l’amène à ces troubles de personnalité. Partout, il est dit qu’il ne faut pas espérer une guérison de cette pathologie mais moi, je reste persuadée qu’il doit avoir une solution, un remède, cela fait 11 ans qu’on est marié et j’ai vu mon mari passer d’un état normal à un état de grande souffrance au point de devenir le monstre qu’il est aujourd’hui.
    Avez vous des conseils à me donner ? Pensez vous qu’il y a un remède à ce genre de pathologie ? Je n’ose pas croire qu’on ne puisse rien faire pour lui. Je me dis qu’on soigne bien les fous, les déments et pourquoi pas une telle pathologie ?

    Je vous remercie d’avance de votre aide (car j’en ai besoin), de vos conseils.

    Meilleures salutations.

    P. M


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 26 juin 2015 à 16:31 , par Michel

      Bonjour, Pulchérie.

      Je suis très embarrassé pour vous répondre car je n’ai pas de compétence particulière sur un tel sujet : vous postez sur un forum consacré aux troubles psychiatriques du sujet âgé, et ce n’est pas ce dont vous voulez parler.

      Je crois qu’il faudrait d’abord savoir de quoi on parle. Le médecin traitant a parlé de dépression. Avait-il raison ? Quels étaient ses critères de diagnostic ? Que pense-t-il de la situation actuelle. Quant au psychiatre, je doute qu’il ait prononcé le mot de perversion à la légère, mais il faudrait savoir s’il a pensé à un pervers stricto sensu ou s’il a simplement noté des traits de caractère ; il y a un monde entre les deux ; tout comme la personnalité hystérique (ou paranoïaque) est une banalité qui ne débouche que très rarement sur une névrose hystérique constituée (ou un délire paranoïaque). C’est d’autant plus important que les psychiatres ne sont pas plus que nous à l’aise avec les pervers : je vous recommande la savoureuse lecture de l’article (très bien fait) de Wikipédiasur la question.

      Après, que dire ?

      Vous avez raison de penser que le comportement de votre mari témoigne d’une souffrance. D’ailleurs c’est le cas de tous les troubles mentaux (on songe à Socrate expliquant que si le méchant savait ce qu’il perd à être méchant, il cesserait immédiatement). Mais malheureusement vous n’êtes pas réaliste en pensant qu’il y a forcément une solution. Il y a des troubles psychiatriques qui sont des impasses, avec des malades qui ne donnent aucune prise. C’est le cas de la perversion.

      C’est pourquoi je suis troublé par cette histoire de dépression. Je n’ai jamais entendu dire que c‘était un mode de début habituel de ce type de trouble. D’où l’importance de reconsidérer le diagnostic, avec peut-être une bonne surprise.

      Si ce n’est pas le cas, alors il faut songer à vous. Quand votre maison brûle, si vous vous précipitez dedans pour sauver votre belle-mère, ça fera deux morts au lieu d’un.

      Ce qui se passe, c’est que vous l’aimez, ce mari. Mais je me dis qu’on ne fait pas un couple avec un qui en aime un autre ; et la question est donc de savoir si lui vous aime. Si c’est le cas, alors est-il prêt à assumer le risque de vous voir partir ? Et cela vous donne-t-il un moyen de l’amener à se questionner ? Si c’est vraiment un pervers, cela ne marchera pas ; mais dans ce cas il faut vous mettre en sécurité. Et plus encore, il faut mettre votre fille en sécurité. Par exemple je dirais que si votre mari commet des actes qui après tout relèvent du Code Pénal il fat absolument que votre fille entende que la famille n’est pas une zone de non-droit et que vous, sa mère, vous lui garantissez son intégrité physique et mentale. C’est à cause de cette obligation qu’il faut bien envisager une séparation si rien d’autre n’est possible.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 juin 2015 à 23:16 , par Isabelle

    Bonjour, j’aimerais vous demander conseil quant à l’attitude actuelle de ma belle-mère (79 ans) suite au décès récent de mon beau-père. La situation familiale étant très complexe depuis très longtemps, je me concentrerai sur un seul point. Il faut cependant que je vous donne un peu de contexte. Le mariage de mes beaux-parents qui ont eu ensemble quatre enfants dont le dernier handicapé mental s’est conclu par un échec et une séparation très dure (sans divorce prononcé cependant) il y a 20 ans, mon beau-père allant vivre alors avec une conjointe qu’il fréquentait avant son mariage. Après la mort de celle-ci, une certaine relation s’est rétablie entre mon beau-père très âgé et ma belle-mère ainsi que mon beau-frère handicapé lui rendant visite, ce, jusqu’au décès de celui-ci. Depuis le décès, l’attitude de ma belle-mère est, de mon point de vue, hystérique. Ce n’est pas nouveau, je l’ai toujours vue déclencher des crises violentes sur de multiples sujets. Tout en étant dévouée corps et âme, elle a la main-mise absolue sur les vies de son fils handicapé (heureusement il travaille dans un atelier protégé) ainsi que sur celle d’un autre de ses quatre fils, vivant près de chez elle. Ce dernier (52 ans) n’a jamais fait de choix pour lui-même ou si peu. Ces dernières années, toute discussion concernant l’avenir de mon beau-frère handicapé (45 ans) avortait systématiquement, tout ce qui concernait l’entretien de sa maison dont elle ne peut plus s’occuper correctement aussi par exemple. Ce qui a conduit, par découragement, à l’éloignement de deux de ses fils (dont mon conjoint et son frère aîné), les visites et les appels s’espaçant. Or depuis l’ouverture du testament de mon beau-père et la constatation qu’il lui enlevait expressément tout droit sur sa succession personnelle (finalement le rejet jusqu’au bout malgré le rapprochement sans doute feint des dernières années), ma belle-mère est persuadée que les deux fils qui l’ont toujours confrontée le plus à la réalité, veulent l’évincer de sa maison, qu’ils complotent entre eux, etc. Nos conversations téléphoniques ou via skype (mon conjoint et moi habitons au Québec, mon beau-frère avec qui nous nous entendons le mieux habite dans une autre région de France que la sienne) dégénèrent systématiquement, elles sont insupportables et épuisantes, les accusations pleuvent. Est-ce le délire ? Associe-t-elle les deux fils qui ne sont pas sous sa coupe au rejet de mon beau-père ? Tout conseil serait bienvenu.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé - autre cas Le 24 juin 2015 à 16:01 , par ZNAIDI

    Bonjour,

    ma grand mère à 87 ans. nous avons tous remarqué un changement de son comportement depuis le deces de mon grand pere il y a 10 ans.
    en 2005, elle se portait bien n’avai aucun souci de santé, ne serait-ce que son diabète, cholesterol et ses troubles gastriques, elle etait en deuil certes. et elle vivait seule (elle vit encore seule et ne souhaite aucune compagnie d’ailleurs !).

    après quelques temps, elle a commencé à nous raconter ses problèmes avec une personne de la famille : elle disait qu’elle faisait tout pour la rendre folle, elle la volait, elle lui jettait des sotrs .... au départ, on l’a cru, mais on s’est vite rendu compte qu’elle inventait ces histoires, elle meme aller dire que cette personne louait des personnes pour l’espionner, pour jeter la poubelle devant chez elle, pour amener des chats faire pipi devant chez elle, .... des histoires à dormir debout. a coté de toutes ces histoires elle n’avait aucun probleme de mémoire : elle prenait ses médicaments bien comme il le faut et au moment qu’il faut, elle se rappellat de tous ce qui s’est passé dans son passé, elle nous racontait beaucoup de chose de son enfance et de sa vie avec grand pere.

    on a essayé de l’emmener voir un psy, mais en vain : non seulement elle n’a pas voulu voir le psy (c’est hors de question elle n’est pas folle) mais elle n’a voulu voir aucun autre medecin pendant un bon bout de temps. on a meme essayé de lui faire croire qu’elle allait voir un cardio pour controler ses battement de coeur, pour l’emmener voir un psy, mais le psy a refusé de voir ma grand mere et se faire passer par un cardio.

    après quelques temps, elle a eu un petit souci de santé : problemes gastriques, elle a eu peur , et elle n’a pas voulu rester seule, elle est venue squater chez nous pour qq jours. en general, elle refuse la compagnie de qui que ce soit chez elle et elle refuse aussi de venir squater chez l’une de ses filles. mais cette fois-ci elle a accepté. cet etat s’est reproduit à maintes reprises, mais on a compris par la suite qu’elle commence a avoir peur de rester seule. mais ca reste des periodes momentanées ; quanq elle se sent mieux, elle fait tout pour rentrer chez elle, elle peut donner toutes les raisons et les pretextes pour ne plus rester avec nous.

    cet etat a bien duré, et la la situation a degeneré : elle crois qu’on l’espionne et qu’on veut la tuer. elle croit meme que tous ceux qui passent à la télé viennent lui rendre visite, qu’il la voit bien et commence à discuter avec eux. il y a maintenant quelques jour, mon oncle nous a appelé pour nous dire que grand mere ne va pas bien du tt et qu’elle va devenir folle si elle reste chez elle. une fois chez elle pour la recuperer, elle a commencé a pleurer et raconter des histoires, elle est sortie en courant en regardant par ci et par la pour voir si la personne qui veut la tuer ne la suivait pas. elle a finalement vu un psy (en croyant que c’est un cardio) qui a di k’elle est en depression aigue. il lui a prescrit des analyses et des medicament a prendre.

    moi personnellement, je veux bien croire qu’il s’agit de depression aigue, mais qu’est ce qui explique ces hallucinations dans ce cas ? son cas est bien plus developpée q’u’une depression ! aussi, je voudrais savoir s’il s’agit d’un début d’alzeihmer , ou si c’est une forme d’alzeihmer, sachant que sa soeur en était atteinte et a décédé cette année.

    j’ai oublié de noter que ça lui arrive souvent de mettre ses objets quelques part et d’oublier ou est ce qu’elle les a mis. et commence dans ce cas à dire que c’est une personne qui est venu les lui prendre pour la rendre folle.

    je vous remercie pour votre réponse.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé - autre cas Le 25 juin 2015 à 23:01 , par Michel

      Bonsoir, Chaimae.

      Ce que je vais vous dire, je le dis sous toutes réserves : face à de tels problèmes il faut absolument voir la personne, la voir longuement, la revoir, avant de se faire une idée ; encore cette idée ne sera-t-elle que provisoire, tant les choses sont difficiles.

      La première chose que je remarque c’est le lien que vous faites entre le décès de votre grand-père et ce que vous observez. Cela peut se voir, mais la relation de cause à effet n’a rien d’évident : on sera tenté d’y penser si les troubles ont débuté peu de temps après le décès (même s’il y a des cas où le délai est plus long). Mais si au contraire les choses ont commencé au bout d’un an ou deux, il vaut mieux penser qu’il n’y a pas de rapport.

      Ensuite, ce que vous décrivez est un délire. Ces délires sont relativement fréquents, ils apparaissent souvent de manière assez inopinée chez le sujet âgé. Ils ont, si j’ose dire, l’avantage d’en rester là : ce sont des délires de vol, de persécution, ils sont épuisants pour l’entourage mais l’expérience montre que le malade vit plutôt bien avec. Cela dit les pathologies de type Alzheimer sont souvent en cause dans ces délires, ce qui fait qu’on doit évoquer ce diagnostic.

      Vous notez qu’elle n’a aucun trouble de mémoire. Je vous crois sans peine, mais je dois attirer votre attention sur le fait que l’étude de la mémoire ne va pas du tout de soi, et que c’est la raison pour laquelle on fait des tests très élaborés pour savoir ce qu’il en est vraiment. C’est que la mémoire est une fonction très complexe, dont les diverses composantes se dégradent à un rythme très variable. D’autre part les malades sont très doués pour cacher leur trouble, et tout dépend des circonstances ; par exemple elle prend ses médicaments sans faute et sans oubli. Oui ; mais souvent, même à un stade de démence avérée, le malade est capable de performances étonnantes du moment qu’il a le temps de s’organiser ; c’est quand il est pris au dépourvu qu’on voit qu’il y a un problème.

      De même, sa mémoire ancienne est préservée. Oui ; mais d’une part la mémoire ancienne souffre moins que la mémoire récente, et d’autre part dans les souvenirs qu’elle évoque il y en a un bon nombre pour lesquels elle est le seul témoin, ce qui fait que vous ne risquez pas de la contredire.

      Par contre ce que vous rapportez sur les affaires qu’elle perd est tout à fait caractéristique d’un trouble important de la mémoire.

      Les formes familiales d’Alzheimer sont rares (5% environ) et concernent surtout la maladie du sujet jeune ; par contre il faut bien se dire qu’à 85 ans environ 35% de la population est atteinte, ce qui signifie qu’il est inévitable de trouver plusieurs cas dans la même famille.

      Bref, sur les éléments que vous me donnez je me garderai bien de hasarder le moindre diagnostic : le délire de l’écran télé est un grand classique ; mais il peut aussi survenir du fait que le malade perd cette fonction particulière qui vous permet de reconnaître les visages et d’analyser en bloc une image. Rien de cela n’est probant.

      L’idée de la dépression est en effet à considérer, surtout si elle est émise par un psychiatre ; je vous dis ça parce qu’on a tendance à utiliser le terme de dépression un peu n’importe comment, mais pas les psychiatres. Or il existe des formes délirantes de dépression. De toute manière c’est la meilleure carte à jouer, d’autant qu’il est souvent très difficile de faire la différence entre une démence et une dépression, ce qui fait qu’on a l’habitude de faire presque systématiquement un essai d’antidépresseur, qui réserve souvent de bonnes surprises. Ajoutons que si vraiment c’est une maladie de type Alzheimer qui l’a mise dans cet état, c’est que nous n’en sommes vraiment plus au début de la maladie, et qu’on n’a plus grand-chose à perdre.

      La sagesse est donc de suivre le conseil du psychiatre et de faire un essai de traitement, mettons sur deux mois. Passé ce délai il faudra retourner le voir et faire le point.a

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 juin 2015 à 11:13 , par Laurent

    Bonjour,
    Merci d’abord pour votre site. C’est l’état actuel de ma mère qui m’y a conduit et je le trouve très éclairant. Ma mère a 90 ans et vit seule dans son appartement depuis la mort de mon père il y a quarante ans. Je vis à 60 kilomètres d’elle et ne peut être présent tous les jours. Elle a toujours été en bonne santé, avec toute sa tête jusqu’à il y a environ deux ans. Depuis l’année dernière, elle a commencé à présenter des troubles de la mémoire, jamais très graves ( elle ne sait jamais quel jour on est ). Depuis cette année, ces troubles se sont aggravés, et elle a commencé à faire des chutes, l’une à l’extérieur et l’une chez elle en pleine nuit, ce qui a déclenché l’intervention des pompiers, lesquels pour entrer ont été obligés de casser une porte de son appartement, ce qui l’a beaucoup traumatisée. Par chance, elle ne s’est rien cassé. Comme elle était en dénutrition ( elle n’a pas d’appétit, dine d’un yaourt ) elle s’affaiblissait, si bien que j’ai fait appel à une auxiliaire de vie qui vient lui préparer ses repas, faire son ménage et ses courses, 6h par semaine environ. J’ai également fait installer la télé-assistance chez elle et un bracelet pouvant lui permettre d’appeler de l’aide en cas de chute. J’ai malheureusement découvert qu’elle l’enlevait le soir. Je l’ai emmenée voir un médecin qui lui a prescrit des analyses de sang et de cardiologie, mais elle n’a voulu en faire aucun et a déchiré les ordonnances. Elle est en train de réaliser qu’elle est en perte d’autonomie et le vit très mal, ce qui déclenche chez elle une profonde dépression et un rejet des médecins. Je voudrais l’emmener consulter un gériatre mais dans la ville où elle habite ( Melun ) il faut huit mois pour avoir un rendez vous. J’envisage également le placement en maison de retraite mais elle le refuse pour l’instant. Je voulais au moins la faire admettre en hopital pour lui faire faire des examens, mais son médecin me dit que ça n’était pas possible à Melun. Dois-je la diriger sur Paris où j’habite ? Je ne sais plus vraiment quoi faire vu qu’elle est en période de déni. Quand elle accepte son état et envisage de se prêter aux examens, elle change d’avis le lendemain et devient violente. Elle me reconnait sans problème, se souvient de sa date de naissance et de celles de ses proches mais a perdu la notion du temps. Elle croit avoir fait une chute il y a un an alors que c’était le mois dernier etc...passe ses journées entre son lit et son fauteuil, a toujours froid, a des troubles de l’équilibre. La garder chez elle seule me semble de plus en plus difficile. Que me conseillez vous de faire vu qu’elle nie pour le moment avoir un autre problème que celui de son âge. Comment l’amener à accepter la consultation gériatrique et l’examen cérébral ? Merci.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 juin 2015 à 22:46 , par Michel

      Bonsoir, Laurent.

      Votre situation est malheureusement assez classique.

      Commençons par nous débarrasser d’un problème : le diagnostic. Il est évident qu’on va se poser la question d’une maladie de type Alzheimer. Je ne reviens pas sur mes réticences devant l’utilisation inconsidérée de ce terme, en particulier chez le sujet très âgé ; laissons cela. La question est de savoir ce qui attend votre mère sur le plan intellectuel. Et le raisonnement se fait en trois temps :
      1°) : Éliminer une origine extracérébrale au trouble, comme un problème circulatoire, endocrinien, etc.
      2°) : Éliminer une pathologie cérébrale d’autre nature, et principalement une dépression.
      3°) : Cela fait, rassembler les éléments en faveur d’une altération intellectuelle.

      Le fait que les troubles remontent à deux ans ne doit pas vous rassurer à bon compte : ces malades sont souvent très habiles pour sauver les apparences, et le moment où vous avez commencé à repérer les difficultés correspond non pas à leur début mais au moment où elle n’a plus été en capacité de vous les cacher. Et le fait de ne plus connaître la date n’est pas lié à la mémoire mais à une autre fonction, celle de l’orientation.

      Il faudrait donc faire le bilan de cette situation ; il faudrait aussi faire un bilan de chute, et vérifier l’état nutritionnel ; tout cela vous l’aviez compris.

      Elle aussi. Car c’est bien parce qu’elle a compris ce qui se passe qu’elle se débat contre l’idée de se faire examiner. C’est une chance qu’elle ait accepté une aide à domicile, il est fréquent qu’ils refusent, pour ne pas avoir de témoins de ce qu’ils vivent en réalité.

      Et la question est donc de savoir ce qu’il faut faire. Il y a deux points contradictoires, dont il ne faut oublier aucun.

      Le premier est que nous parlons d’une citoyenne française, qui est libre de ses décisions et de ses choix, y compris des risques qu’elle prend. Non seulement c’est là un principe éthique essentiel, mais personne ne peut dire si quelque part elle n’a pas raison : il est souvent dangereux de mettre les gens en sécurité, et tout comme les barrières de lit font plus de dégâts que les chutes, tous les gériatres ont leur lot de vieilles personnes qui sont mortes trois jours après leur entrée dans la maison de retraite où on les avait fait entrer parce que leur maintien à domicile devenait dangereux.

      Le second est que nous avons affaire à une personne dont nous ne savons pas si elle est en état de décider pour elle-même. Certes, même les déments doivent être considérés comme des humains libres ; certes même son affaiblissement intellectuel ne lui supprime pas toutes ses capacités, notamment intuitives et affectives, mais enfin il n’y a guère de sens à revendiquer la liberté d’une personne qui n’est plus intellectuellement en état de l’assumer.

      Ce que vous souhaitez à juste titre c’est que votre mère soit examinée. Cela peut se faire assez facilement à Melun ; je ne sais pas quelles sont les ressources locales, mais je vois qu’il y a à l’hôpital un service de médecine gériatrique, qui a tout à fait les moyens d’agir, et dont je serais surpris qu’il ait des délais d’intervention aussi importants : tous les gériatres savent qu’une vieille personne qui va mal n’attend pas six mois un rendez-vous. Si ce service n’avait pas de procédure de prise en charge en urgence ou en semi-urgence, c’est qu’il aurait un problème d’organisation, et la question d’une prise en charge, par exemple sur Paris, serait posée.

      Vous pouvez vous mettre en colère et exiger qu’elle aille au rendez-vous que vous aurez pris. Cela marche souvent.

      Vous pouvez aussi jouer sur une corde plus sensible et lui représenter combien elle vous rassurerait en voyant un spécialiste.

      Vous pouvez aussi vous dire que, les choses étant ce qu’elles sont, on peut assumer le risque d’une chute, étant entendu que la prochaine chute entraînera l’hospitalisation.

      Mais avant de prendre une mesure de contrainte (ce qui au reste supposerait une mise sous protection judiciaire) je crois qu’il serait prudent de vérifier que vous n’avez plus rien à perdre.

      Je sais bien que ma réponse est très partielle. Mais c’est que d’un côté vous avez raison d’être inquiet, de l’autre il ne faut pas que cette inquiétude vous incite à des actions précipitées : le mieux est l’ennemi du bien.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 juillet 2015 à 12:05 , par Laurent

        Merci bcp Michel pour votre réponse très précise et argumentée.
        Après un épisode un peu délirant lundi dernier, qui venait après une dénutrition ( l’aide ménagère ne vient pas le week end et elle n’avait rien mangé ), ma mère a vu un médecin qui lui a donné un traitement pour l’angoisse, elle s’est remise à manger et pour l’instant semble aller mieux, est consciente que quelque chose ne va pas chez elle et accepte de se faire prendre en charge par un infirmier qui la visite deux fois par jour. Melun a un centre gériatrique débordé et le délai d’attente de six mois est malheureusement réel. j’ai pris rendez vous pour le 17 juillet chez un gériatre de l’hôpital Broca à Paris. Elle est toujours très perturbée dès qu’elle reçoit une lettre qui l’angoisse ( facture, lettre recommandée ) et j’ai le projet de me faire envoyer à moi tout son courrier, et de demander à sa banque d’avoir la main sur ses comptes car elle ne peut plus gérer ses affaires. Son généraliste pour le moment envisage le trouble neurologique mais croit ses épisodes délirants surtout le fruit de l’angoisse, de la dénutrition et de la dépression. On verra bien...merci encore pour votre site


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 juillet 2015 à 20:59 , par Michel

          Bonsoir, Laurent.

          Je suis heureux de voir que les choses se mettent en place, somme toute assez simplement. Bien sûr il aurait été plus simple que la prise en charge se fasse sur Melun, mais si ce n’est pas possible il fallait bien trouver une autre solution, et Broca en est une bonne.

          Il n’est pas possible de prédire sur quoi vous allez tomber. Bien sûr la pathologie dégénérative de type Alzheimer est l’obsession, notamment à cause de sa fréquence. Mais votre médecin a totalement raison de garder toutes les hypothèses ouvertes. J’ajoute qu’il faut vous attendre à les y garder longtemps, car il n’est pas si fréquent qu’on arrive à poser un diagnostic certain à la première consultation. Mais le point extrêmement positif est que votre mère, mine de rien, semble accepter la démarche.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 juillet 2015 à 12:19 , par Laurent

            Pour la consultation gériatrique c’est en fait la consultation mémoire qui demande beaucoup d’attente. Là sur Melun on me propose une évaluation gériatrique avec un gériatre donc, mais pas une consultation mémoire, le 10 juillet. Le rendez vous que j’ai pris à Broca pour le 17 juillet est aussi avec un gériatre mais il s’agit là d’une consultation mémoire.
            Que me conseillez vous Michel ? Garder le rendez vous à Paris à Broca ( même en sachant que c’est un long voyage en voiture pour elle de Melun vu la chaleur ces temps ci ) ou opter pour la consultation à Melun une semaine plus tôt le 10 ?
            Merci encore pour vos conseils
            Laurent


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 juillet 2015 à 21:18 , par Michel

              Bonsoir, Laurent.

              Je ne sais pas très bien quoi dire, car je n’ai pas de vision claire de la manière dont chacun s’organise.

              Mais en première approche, je dirais que la consultation de Broca ne peut pas être une consultation mémoire au sens d’une investigation poussée. Il est donc probable qu’elle n’ira pas beaucoup plus loin que celle que vous auriez à Melun : l’une et l’autre vont déboucher sur la nécessité d’un bilan neuropsychologique. Et je suppose que les plannings de Broca sont aussi saturés que ceux de Melun ; il y a même des chances pour que le médecin de Melun, s’il voit que la situation est inquiétante, ait plus de facilité que celui de Broca pour hâter le bilan.

              J’opterais donc pour Melun.

              Mais si vous avez un contact avec le gériatre de Broca, le plus simple pourrait être de lui poser la question ?

              Bien à vous,

              M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 17:04 , par zora

    ma mere agee de 90 ans atteinte de demence grave grave elle ne dort pas du tout de jour comme de nuit on ne sait plus quoi faire malgres le traitement qu elle prend de l ATARAX en comprimes des gouttes LARGACTIL ET DES COMPRIMES ATYIMIL mais avec tout ca rien ne va elle continue toujours a se voir dans la peau de quelqu un d autre avec ses crises de cris ses des cris qui peuvent durer 3a4 Heures non stop. aidez nous SVP a trouver une solution.MOI PERSONNELLEMENT ELLE ME PREND POUR SA MAMAN.merci de nous aider


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 19:25 , par Michel

      Bonsoir, Zohra.

      L’agitation et les troubles du sommeil graves chez le dément profond sont très difficiles à prendre en charge. Et la première chose que je vous demanderais, c’est si votre mère est à domicile ; car il arrive très souvent de dans ces cas aucune solution ne puisse se trouver, et qu’il faille se résigner à une entrée en institution, à défaut de quoi la famille court le risque de s’effondrer. Tout n’est pas possible.

      Ensuite, il faut éviter le piège de passer à côté d’une explication : le dément qui s’agite peut le faire parce qu’il a mal, parce qu’il a une autre source d’inconfort, parce qu’il ne supporte pas un nouveau traitement. Je suppose que tout cela a été envisagé.

      Après il y a les traitements.

      Le Largactil est un neuroleptique sédatif ; c’est donc un bon choix ; on peut augmenter la dose (une fois pris en compte le risque de chute) ; on peut aussi faire le tour de tous les autres neuroleptiques : il arrive que, de manière totalement irrationnelle, tel médicament marche mieux que tel autre. Il en va de même de l’Athymil, qui est un antidépresseur sédatif ; il y en a d’autres et rien ne permet de prévoir si un autre médicament ne va pas être plus efficace.

      L’Atarax est souvent utilisé, parce qu’il est très peu toxique. Personnellement je le juge décevant.

      Vous ne me parlez pas de tranquillisants ; il est vrai qu’ils ont fort mauvaise réputation chez le dément, et qu’on préfère les éviter. Mais s’il n’y avait pas d’autre issue, je crois qu’on pourrait les proposer, parce que si on ne fait pas la situation va dégénérer à cause de votre propre fatigue. Ajoutons que si le tranquillisants ont certainement un effet négatif sur les fonctions intellectuelles du dément il faut considérer que l’agitation et l’insomnie en ont un également.

      Mais tout cela dit, je ne suis pas très optimiste sur vos chances de succès à domicile. Surtout, pensez à vous, et protégez-vous. Votre rôle de fille est moins d’assumer personnellement cette charge que de veiller à ce que votre mère soit bien soignée ; si vous pouvez le faire vous-même, c’est parfait ; si vous ne pouvez pas, et si vous avez fait tout ce que vous pouviez raisonnablement, alors vous avez rempli votre devoir. C’est pourquoi j’ai clairement écrit dans mes propres directives anticipées que pour ce qui me concerne je ne souhaite pas que ma famille me maintienne à domicile au-delà du raisonnable

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 14:52 , par Dominique

    Bonjour,
    Je suis tombé sur votre site, en cherchant de quoi souffre ma mère qui a 70 ans. voila plus de 3 ans que ma mère n’arrive plus à se souvenir des événements passés. Cependant elle se rappelle des événements de plus de 30 ans. Aussi parfois elle accuse son entourage de vol, elle range tous (habit, ustensile, sachets plastiques, boite de conserve vide) dans son placard. Il arrive qu’elle ne connaisse plus ses propres enfants. elle parle seule le plus souvent et prétend que l’on veut tuer un de ses enfants ou elle même. Elle se met à pleurer toute seule.
    Par ce mail je cherche à savoir ce dont souffre ma mère et comment guérir de cette maladie.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 18:08 , par Michel

      Bonjour, Dominique.

      La première chose qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’on ne peut pas faire de diagnostic sur Internet. Si c’était possible cela signifierait que la médecine est quelque chose de simple, et si la médecine était quelque chose de simple vous ne seriez pas dans cette difficulté. Un médecin qui, vous lisant, vous répondrait qu’il sait ce qui se passe ne ferait que montrer son incompétence et son manque absolu de sérieux.

      Par contre ce qui semble évident c’est que votre mère présente des signes de troubles cognitifs, et qu’il faut en faire le bilan. Ce bilan se fait en consultation de neuropsychologie. Ce bilan est indispensable parce que l’énoncé que vous faites des troubles est compatible avec de multiples hypothèses et que c’est toujours comme ça. Par exemple un trouble de mémoire prédominant sur les faits récents (car dès qu’on creuse un peu on ne tarde pas à repérer que la mémoire ancienne n’est pas si bien préservée qu’on le croyait), un trouble de la reconnaissance des visages, une tendance persécutive, tout cela est compatible avec une dépression ; mais c’est tout aussi compatible avec une maladie de type Alzheimer, et la différence peut être si difficile à faire qu’on en est souvent réduit à faire des tests thérapeutiques pour y voir clair. Et je ne vous parle pas des autres possibilités diagnostiques.

      Il n’y a donc rien d’autre à faire que de consulter. Le plus simple est de vous adresser à l’hôpital de votre secteur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Alzheimer Le 6 juin 2015 à 00:13 , par ROCHE

    Bonsoir,
    Ma mère est dans un EPHAD depuis 2 ans et demi à cause de la maladie Alzheimer, mon père ne pouvant plus la garder à la maison. Mon père vient de décéder. Nous, la famille, avons décidé de ne pas la prévenir au moment de son inhumation. Maintenant, l’équipe médicale nous propose de lui dire que Papa est mort, pour qu’elle puisse commencer son deuil. Mais nous ne sommes pas convaincus de cette nécessité. A aucun moment, elle nous a demandé que devient Papa, depuis son départ. Pour vous décrire son état, je suis le seul à être reconnu par elle, mais je suis quelque fois son papa, son mari ou son fils.
    Nous pensons qu’en lui disant le décès de Papa, elle va mémoriser cette disparition pendant peut-être 5 minutes, puis qu’elle ne va plus s’en rappeler. Donc l’argument "faire son deuil", je n’y crois pas pour elle.
    Par contre, nous avons peur du stress que cette nouvelle va déclencher sur son "inconscient". Nous avons peur que cela lui crée une souffrance dont elle ne connaitra pas l’origine.
    L’équipe médicale de l’établissement nous a dit que depuis la disparition de Papa, son état s’est dégradé, comme si elle avait "lu" quelques signes dans notre comportement.
    En premier lieu, nous n’avons pas constaté, nous, la famille, de dégradation. Et même s’il y a dégradation (c’est fort possible n’étant pas en permanence avec elle comme l’est l’équipe médicale), la dégradation de son état peut être due à autre chose, à un autre élément que la disparition de Papa, par exemple l’évolution de sa maladie (elle a 92 ans).
    Je voudrais avoir votre sentiment sur notre position.
    Doit-on lui dire que Papa est décédé si elle ne le demande pas ?
    Si elle demande où est papa à l’équipe médicale une fois de temps en temps, faut-il le lui dire ?
    Je pense en revanche que si cela devient une question répétitive, il faut lui dire.

    Merci de votre réponse.

    Alain Roche.


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    • Alzheimer Le 7 juin 2015 à 11:54 , par Michel

      Bonjour, Alain.

      Vous posez une question très difficile, et vous la posez fort bien. A quoi bon en effet, puisqu’au bout de cinq minutes elle aura oublié ce qu’on lui a dit ? A quoi bon, puisque l’élaboration d’un deuil suppose le temps, et que ce temps ne peut produire son effet que s’il y a de la mémoire ?

      Si je n’étais pas aussi indécrottablement paresseux, j’écrirais un article sur ce thème, car il set absolument incontournable. Je m’aperçois, écrivant ceci, que j’en dois un autre sur la sexualité du dément, et que c’est au fond la même question : qu’est-ce qu’une sexualité qui ne s’ancre pas dans la durée ? Mais d’un autre côté il nous faut bien tenir compte du fait que, précisément, la démence introduit une perturbation du rapport à la durée, de sorte qu’une sexualité qui n’aurait pas de sens (je vais vite) chez le commun des mortels peut en avoir un chez lui.

      Bon. Laissons cela. Il me semble qu’il y a quatre points à considérer.

      Le premier est que le deuil, comme on vient de le dire, suppose une élaboration qui elle-même suppose la mémoire. Si donc on lui annonce le décès de son mari elle va l’oublier et tout sera perpétuellement à refaire.

      Mais le second est que, comme l’équipe l’a noté, elle semble avoir mystérieusement réagi à la disparition de votre père ; en fait ce n’est pas tellement mystérieux : ces malades perdent la mémoire, c’est vrai, mais la mémoire est un ensemble très complexe de mécanismes qui ne de dégradent pas au même rythme ; il y a même des raisons de penser qu’il existe une mémoire affective qui, elle, ne se dégrade pas, ou très peu (je n’ignore pas combien il nous plaît de penser cela), de sorte que l’hypothèse de l’équipe serait probablement la mienne. Il faut avoir vu la manière dont, dans une chambre à deux lits, une démente grabataire et mutique est capable de faire, pendant vingt-quatre heures, le deuil de sa voisine, qui était tout aussi grabataire et mutique, pour se dire qu’il y a là des profondeurs dont nous n’avons même pas idée. En d’autres termes, si vous ne dites rien, vous ne savez pas quelle ambiguïté, quelle distorsion, quelle souffrance vous introduisez.

      Le troisième est purement idéologique ; ou plutôt il s’appuie sur une notion à laquelle je tiens beaucoup : ce dont il est question ici, ce n’est pas d’une malade démente, c’est d’une communauté humaine dont elle fait partie avec vous et avec l’équipe soignante. Et je suis très attaché à l’idée que c’est cette communauté qu’il faut prendre en charge, d’où il résulte que, même si la patiente n’en est pas réellement consciente, la manière dont nous pensons le problème, la manière dont nous le vivons est éthiquement fondamentale. La question de l’euthanasie ne se pose pas autrement : considérons le malade en fin de vie qu’on a décidé d’endormir, et dont on présume qu’on ne le réveillera pas d’ici son décès. Franchement, pour lui, qu’on le laisse dormir en attendant la fin ou qu’on lui pousse une bonne grosse seringue de potassium pour déclencher l’arrêt cardiaque, ça ne fait pas une grosse différence. Sans doute ; mais si ça ne fait pas de différence pour lui, ça en fait une pour moi ; il y a un monde entre l’acte par lequel je l’endors en espérant que je ne vais pas le surdoser indûment, et l’acte par lequel je l’endors en espérant bien que je vais le surdoser ni vu ni connu. Et je n’ai pas envie de vivre dans un monde où ce que je fais pour l’autre, même quand il ne le sait pas, n’a aucune importance.

      Le quatrième découle du troisième. Si nous perdons de vue que votre mère est une femme, une épouse et une citoyenne, et qu’à ce titre elle a droit à entendre que son mari est mort, nous nous arrogeons un pouvoir que nous usurpons. Et cela ne peut pas ne pas retentir sur le reste de notre prise en charge.

      J’ai eu un soir à décider si nous devions ou non informer une dame qui était dans notre service que son mari était en train de mourir à l’étage au-dessous. J’ai fini par prendre la dame sous le bras et la descendre en réanimation au chevet de son mari, malgré les réticences de tout le monde. Là nous nous sommes pris ce que je considère comme la plus belle déclaration d’amour que j’aie jamais entendue. Une fois revenue dans sa chambre elle avait tout oublié. Mais le service de réa était en larmes, et rien que pour cela je crois que c’est une des rares choses de ma vie dont j’aie le droit d’être fier.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 mai 2015 à 21:42 , par Catherine

    Bonjour, j’ai trouvé votre site en cherchant une réponse au sujet de ma mère 96 ans. Ma mère est rentrée à l’hôpital pour une séries d’examens. Elle souffre en permanence depuis six mois de douleurs abdominales incontrôlables malgré les antispasmodiques prescrits par son médecin traitant. Après une échographie aux résultats tout à fait normaux, on lui a passé une coloscopie, sans rien déceler, donc les médecins hospitaliers et un gastroentérologue ont poursuivi leurs investigations par un scanner qui confirmait les précédents examens, tout est parfaitement normal. Hors ma mère continue de se plaindre de douleurs intenses abdominales, elle n’a plus d’appétit a des nausées, son bilan sanguin est ok . On lui a trouvé une infection urinaire, que l’on a traitée par antibiotiques et qui n’est plus présente, Mais
    Ma mère souffre encore et encore, dernièrement s’est ajouté des hallucinations : des personnes qui passent dans sa chambre et qui sont laides et hideuses et difformes, des yeux bleus qui la surveillent, des infirmières qui sont minuscules et qui deviennent immenses pour s’enfuir par le plafond...
    Et aussi des voix, mais elle ne comprend pas ce qu’elle entend. Elle est actuellement en maison de soins de suite, car elle est faible sur ses jambes, je doute qu’elle puisse retrouver sa forme, ces douleurs qui n’ont aucune causes pathologiques, ces hallucinations, peuvent elle être le début d’une démence sénile ? Merci


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 mai 2015 à 12:21 , par Michel

      Bonjour, Catherine.

      Je ne peux rien vous dire de précis sur cette question, qui semble très difficile.

      Sur les douleurs, tout d’abord. Il faut savoir que le tube digestif n’est pas facile à explorer, parce qu’ils donnent peu de troubles biologiques, que les examens radiologiques sont très souvent normaux, et que les signes fonctionnels (douleurs, nausées...) restent souvent sans explication précise. On sait par ailleurs que l’abdomen est le siège de nombreuses projections de troubles psychologiques, ce qui fait que la stratégie d’exploration est souvent très délicate à envisager : va-t-on réellement imposer des examens compliqués et peu informatifs, surtout chez une très vieille dame, quand on sait que dans la moitié des cas il n’y a rien à découvrir ? Bref, s’il est un domaine dans lequel l’expression "tout est normal" doit être remplacée par l’expression : "je ne vois rien", c’est bien la gastro-entérologie. Donc nous restons avec notre question : douleurs d’origine physique ou douleurs d’origine psychique ?

      Pour aggraver la situation, quand une douleur persiste un peu longtemps, elle finit toujours par avoir une composante psychogène qui l’entretient.

      Sur les hallucinations, maintenant. Il y a au moins quatre directions à explorer.

      1°) : Comme d’habitude en gériatrie : l’explication peut-elle se trouver dans un médicament récemment introduit ?
      2°) : S’agit-il d’une réaction liée à la douleur persistante ?
      3°) : S’agit-il d’un délire du sujet âgé ?
      4°) : S’agit-il de la manifestation d’une démence passée inaperçue ?

      Rien ne peut en être dit sans une exploration neuropsychologique approfondie. Il faut donc qu’un gériatre intervienne.

      Cela dit, je trouve toujours un peu vain de parler de démence chez les très vieilles personnes. Il arrive un âge où l’acte de penser lui-même tend à devenir un effort, et un effort que la personne peut juger futile. On peut alors voir se produire des manifestations étranges, éventuellement une perte de contact avec le réel qui favorise les délires ou les hallucinations. C’est un peu par paresse intellectuelle qu’on pose des diagnostics de démence qui me semblent abusifs. Mais ce la n’aide en rien à trouver une réponse, bien sûr.

      En tout cas je crois qu’il importe de faire un bilan neuropsychologique, au moins pour essayer de comprendre ces hallucinations.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 mai 2015 à 23:14 , par Catherine

        Je vous remercie pour votre réponse, son médecin traitant n’était pas au départ d’accord pour faire des examens vu son âge et vu aussi que si on découvrait par exemple un cancer, on n’aurait pas pu la traiter pour, vu son état de fragilité, mais ma mère a insisté et même, elle s’est faite accompagner par une de ses "amie" chez un autre médecin pour avoir un autre avis !!! Heureusement nous habitons un petit village où tout le monde se connait, donc le contact entre les deux médecins a été fait rapidement. Après une échographie simple sans préparation pour rassurer ma mère et où les médecins n’ont rien vu de particulier, les douleurs ont cessé pendant deux semaines, pour repartir de plus belle, avec une perte d’appétit importante et de poids. je me sentais vraiment démunie et impuissante devant sa douleur qu’elle qualifiait d’horrible. Son médecin traitant a donc décidé de la faire hospitaliser pour poursuivre les examens dans un cadre sécurisé. Où tout est apparu dans la normalité. A l’heure où je vous écris elle souffre toujours autant et dit qu’elle va mourir, Je vais voir avec l’équipe soignante, si elle peut rencontrer un neuropsychiatre en gériatrie, merci encore pour votre analyse et conseils, cordialement


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 mai 2015 à 12:42 , par Michel

          Bonjour, Catherine.

          Votre médecin traitant avait raison : on ne va pas imposer des examens complexes ou dangereux à une très vieille dame si c’est pour tomber sur un diagnostic contre lequel on ne pourra rien faire. Mais alors la conséquence est qu’il faut absolument trouver une solution contre ces douleurs, quelle qu’en soit la cause. Et ce n’est pas du tout facile. Cela peut conduire à des stratégies elles-mêmes risquées, comme des doses importantes de morphine ou des sédatifs ; mais que faire d’autre ?

          C’est une raison supplémentaire pour prendre un avis gériatrique, voire celui d’une équipe de soins palliatifs.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 25 mai 2015 à 19:41 , par Catherine

            Bonsoir Docteur, je vous écris pour vous donner des nouvelles de ma maman, les douleurs abdominales ont disparues, par contre elle a à présent depuis quatre jours une infection pulmonaire, que les médecins traitent avec des antibiotiques, d’abord en perfusion IV avec l’hydratation puisqu’elle ne buvait ni ne mangeait plus ,puis sa veine a éclaté et maintenant elle est hydratée en sous cutané et ses antibiotiques sont pris par voie orale...S’ajoute à cela une insuffisance rénale (avec des reins petits et des kystes corticaux) ainsi que des douleurs intenses dans la nuque.

            Elle s’est améliorée au niveau de la toux et de la respiration, mais reste très fatiguée, ses chevilles sont énormes et elle a toujours ses hallucinations :
            elle voit des trous noirs sur mon visage et de l’eau qui coule sur mon chemisier,
            Sur le mur par contre il y a un cow boy avec une grande barbe, mais elle n’est pas effrayée, on dirait même que ces personnages lui tiennent compagnie
            Elle dort beaucoup et quand elle se réveille elle cherche ses poches qui n’existent pas puisqu’elle est en chemise de nuit, ferait -elle ce que l’on nomme des rêves éveillés ?

            Le médecin qui la suit dans ce service est un gériatre, il m’a dit que les hallucinations étaient dues à la déshydratation, car elle ne s’alimente pratiquement plus et boit infiniment peu aussi.
            J’ai demandé si ma mère était en fin de vie on m’a répondu que non. j’ai peur que la suite ne soit que souffrance, Merci pour votre aide précieuse dans ces moments difficiles.
            Cordialement


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 25 mai 2015 à 21:07 , par Michel

              Bonsoir, Catherine.

              Il est très important que les douleurs aient disparu, car cela nous donne du temps, et permet d’éviter de recourir à des traitements trop agressifs. Mais peut-on aller plus loin dans la prévision ? Je ne crois pas.

              - Il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure au sujet de l’infection respiratoire : cela devrait s’arranger.
              - Les difficultés d’abord veineux ne sont pas très gênantes : la voie sous-cutanée marche très bien.
              - L’insuffisance rénale demande à être quantifiée : ce n’est certainement pas une bonne nouvelle, mais il faudrait qu’elle soit vraiment très grave pour avoir une incidence sur son espérance de vie.
              - Les œdèmes des chevilles me dérangent un peu plus car ils tendent à prouver que la réhydratation atteint ses limites : l’eau qu’on lui apporte va se stocker dans le tissu sous-cutané, au lieu de rester dans le compartiment vasculaire. Ceci peut être lié à de multiples causes, mais incite à penser qu’on pourrait se trouver devant une de ces situations où le malade, sans qu’on y puisse rien, est à la fois en déshydratation et en surcharge hydrique.
              - Les hallucinations peuvent très bien être causées par la déshydratation. C’est cependant difficile à affirmer. Mais vous apportez un élément très important : elles ne la dérangent pas. Dans ces conditions il est impératif de ne pas les traiter.

              Il est donc urgent d’attendre, en se satisfaisant de voir qu’à défaut de s’améliorer les choses s’apaisent.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 mai 2015 à 15:17 , par Catherine

                Bonjour Docteur, merci pour votre réponse, il va nous falloir beaucoup de patience je crois bien, je vous parlais de sa fonction rénale, celle ci s’est dégradée ces jours ci, la clairance rénale est à 9, ma mère est très très fatiguée, elle dort tout le temps, ne mange plus, ne boit plus ou infiniment peu, ses jambes ont encore enflé, aujourd’hui on doit lui faire une prise de sans pour vérifier sa fonction rénale, si celle ci ne s’est pas améliorée, le médecin du service nous a demandé (à mon frère et à moi même) si nous étions d’accord pour la dialyser. Que pouvions nous répondre ? Nous avons dit que nous étions d’accord, mais je crains que ce soit très lourd à supporter pour ma maman de 96 ans et pourtant il nous est impossible de refuser, quel choix difficile on nous impose !
                Au moment même où je vous écris, mon frère vient de m’appeler, elle rentre d’urgence en néphrologie
                Merci pour votre écoute et soutien.


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                • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 31 mai 2015 à 21:51 , par Michel

                  Bonsoir, Catherine.

                  Je comprends votre désarroi ; il y a quelque chose de terrifiant dans cette situation. Comment prendre une décision de dialyse ?

                  Il y a une chose qu’il faut tenir ferme : ce n’est pas parce qu’on a 96 ans qu’on n’est pas éligible à une dialyse ou une réanimation. La vie est la vie, et il est éthiquement inacceptable de refuser un soin, même coûteux, à une personne sous prétexte qu’elle est très vieille. A moins que la personne elle-même n’en ait disposé autrement : dans les directives anticipées que j’ai rédigées pour moi, il est expressément précisé que je veux qu’on tienne compte, dans les soins qui me seront prodigués, du coût de ces soins.

                  Mais par ailleurs il faut se demander quel bénéfice la malade va tirer de la dialyse ; non seulement parce que c’est un soin lourd, mais encore parce qu’il faut que votre mère en ressente une grande amélioration sur le plan général, sur son autonomie, sur son état psychique. Si la dialyse n’a pour but que de permettre la continuation de la vie sans que celle-ci soit de qualité, alors il faudra se poser la question en termes d’acharnement thérapeutique.

                  Il est donc raisonnable de tenter quelques séances de dialyse. Mais à condition de vérifier que le résultat justifie la poursuite de ce traitement.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 2 juin 2015 à 00:07 , par Catherine

                    Bonsoir Docteur, je dois tourner une page, la dialyse a été refusée pour ma Maman au motif que cela sera trop lourd à supporter pour elle et sans bénéfices, décision prise par le médecin néphrologue de l’hôpital.
                    Elle va entrer dans un service de soins de fin de vie où on pourra gérer ses douleurs, j’espère que son départ sera paisible et qu’elle fera de beaux rêves, ma Maman faisait souvent de beaux rêves, le dernier qu’elle m’a raconté, elle cueillait des brassées de fleurs dans son jardin.
                    Je vous remercie pour votre soutien, je vais penser à rédiger des directives anticipées pour que mes enfants, n’aient pas de décisions difficiles à prendre et ainsi alléger leur peine.

                    Cordialement


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                    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 2 juin 2015 à 12:39 , par Michel

                      Bonjour, Catherine.

                      Ainsi, la dialyse a été récusée. Je peux maintenant vous dire que toute autre décision m’aurait beaucoup inquiété.

                      Les médecins qui sont en charge de cette situation manifestent donc une grande sagesse et un grand courage. Cela doit nous inciter à penser qu’ils veilleront à assurer le confort de votre mère.

                      Vous faites bien de rédiger des directives anticipées. Faites-le avec réalisme : les directives anticipées ne peuvent être contraignantes que si elles sont suffisamment précises, et on ne peut les faire précises que si on a une idée de ce qui va nous arriver. C’est donc totalement illusoire. Ce qu’il faut faire c’est donner des lignes directrices, des éléments d’appréciation. Par exemple je pourrais écrire : je ne crois pas qu’il soit raisonnable de dialyser une personne de 90 ans, sauf de manière provisoire ; et je ne souhaite pas l’être si je me trouve en état de démence.

                      Je reste à votre écoute.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 16:56 , par Catherine

                        Bonjour Docteur, Merci pour vos conseils, je vous donne quelques nouvelles de ma maman.
                        Son état s’est aggravé avec des jours difficiles de demi conscience et de sommeil profond, toutefois elle nous reconnaissait tous. Mes enfants ont pu hier lui faire la bise et elle les a même grondé en leur disant :
                        "La prochaine fois ne restez pas aussi longtemps sans venir me voir" ensuite elle m’a demandé :
                        "mais qu’est ce qu’il en pense le docteur de mon état ?" je lui ai répondu qu’il fallait qu’elle se repose et qu’il verrait ensuite pour son retour chez elle"
                        Ce jour elle a vomi et eu de la diarrhée, le personnel soignant, n’a pas réussi à lui faire avaler son doliprane, aussi demain le médecin va lui poser un patch de morphine léger, car elle est douloureuse surtout quand on la manipule et a de nombreuses contractions brèves dans les bras.
                        Peut être que la morphine va précipiter son départ, mais au moins elle ne souffrira pas.
                        Ce que je prenais au départ de nos échanges pour de la démence sénile était de la confusion due à son état rénal.
                        Cordialement


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                        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 juin 2015 à 18:45 , par Michel

                          Bonsoir, Catherine.

                          Mon site a un défaut, mais je ne sais pas le corriger : quand on répond à un message de forum la réponse apparaît décalée vers la droite par rapport au message précédent. Au bout de quelques mails, on n’y comprend plus rien. Si donc nous devons continuer à échanger je vous recommande d’ouvrir un nouveau fil de discussion.

                          Je suis soulagé de voir que les choses s’améliorent du point de vue de la vigilance, si cela rend possible, comme vous le rapportez, une relation plus féconde. Je sais bien que cela ne changera pas le pronostic, mais cela permet de trouver plus facilement du sens à ce qui est en train de se passer.

                          Ne craignez pas que la morphine accélère l’évolution : si elle est utilisée avec discernement, cela n’a pas lieu de se produire. Et si c’était le cas, il est plus important de soulager ses douleurs que de préserver sa durée de vie. C’est d’ailleurs ce que le médecin a pensé : on n’aime pas utiliser les patchs de morphine chez l’insuffisant rénal parce qu’il y a une accumulation de morphine dans la peau, ce qui fait qu’en cas de surdosage il ne suffit pas de retirer le patch pour faire cesser le surdosage. Il a fait ce choix parce que :
                          - Le risque n’est pas très important.
                          - Il n’y a pas d’autre choix.
                          - En cas de surdosage, on a des antidotes, dont l’emploi chez l’insuffisant rénal n’est pas simple mais reste tout à fait possible.

                          Soyez prudente sur ce que vous direz à votre mère. Je ne suis pas du tout certain qu’il faille lui expliquer son état, sauf si elle le demande. Je dis cela notamment parce que, tout de même, ses facultés de jugement et de raisonnement doivent être un peu altérées en ce moment. Mais si vous lui mentez elle ne manquera pas de le pressentir, or elle a absolument besoin de pouvoir compter sur vous. Par ailleurs il faut considérer le problème éthique : dissimulant à l’autre ce qui est vraiment en train de se passer, je le prive de la possibilité d’y réagir, et de dire ou faire ce qu’elle peut avoir envie de dire ou de faire ; or sa vie lui appartient.

                          Le plus souvent les choses se passent dans un compromis dont on aurait grand tort de critiquer l’hypocrisie, personne n’étant dupe et tout le monde faisant semblant de ne pas comprendre que l’autre fait semblant de ne pas comprendre. Et c’est très bien ainsi : le malade qui n’est pas prêt à entendre la vérité ne se hasarde pas à poser la question ; s’il la pose, c’est qu’il peut assumer la réponse (que cette réponse ne lui fasse pas forcément plaisir est une autre question : c’est son chemin). Il faut donc se contenter de ne pas mentir ; ça marche.

                          Bien à vous,

                          M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 11 mai 2015 à 17:45 , par Delphine

    Bonjour,
    J’ai un peu cherché sur votre site (très bien fait par ailleurs, et auquel j’ai malheureusement eu recours déjà par le passé) des renseignements sur les cas de violence de personnes agées mais j’avoue ne pas avoir trouvé ou avoir su bien chercher.
    Dans mon cas, ma grand-mère de 96 ans est en maison de retraite depuis 7 ans maintenant et, physiquement, tout va bien (autant que son âge le permette), elle est même très vigoureuse et forte (ce qui pose d’ailleurs un problème supplémentaire, comme vous le comprendrez en lisant la suite).
    Néanmoins, elle est de plus en plus agressive et depuis quelques années en proie à ce que j’appelerais des phases de "délires scatologiques". Bref, elle ne laisse plus personne l’approcher et agresse régulièrement les autres pensionnaires ou le personnel de la maison. Dernièrement, elle a été très violente envers une personne de la maison de retraite et ils ne savent plus comment la calmer, même avec les médicaments qu’ils sont autorisés à lui donner. Au final, ils vont la transférer dans un département de "psychiatrie gériatrique", je ne savais même pas que ça existait ! Ceci pour 3 semaines et en chambre individuelle car elle risquerait d’attaquer tout personne partageant sa chambre.
    Ma mère s’occupe de ma grand mère depuis de nombreuses années et notre contexte familial est particulièrement difficile. Je suis inquiète pour ma mère, pas pour ma grand mère, je l’avoue honnètement, je n’ai plus aucun lien affectif avec ma grand-mère depuis longtemps. Mais ma mère est très vulnérable et j’ai peur qu’on lui fasse encore subir des horreurs.
    Je cherche ainsi à savoir et comprendre ce qui peut se passer à présent. Vont-ils essayer de trouver des médicaments plus forts pour la calmer ? Si oui, peuvent-ils ensuite la renvoyer dans sa maison de retraite ? Et si cela ne marche pas ? S’il est impossible de la renvoyer dans sa maison de retraite car elle serait trop dangereuse, que peut-on faire ?
    Merci de votre aide


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 avril 2015 à 23:44 , par khad

    Bonjour,

    ma mere ère a toujours été un peu suspicieuse mais dernièrement et surtout après la mort de mon père, elle se méfie de tout le monde. Elle ferme les placard à clé puis la porte de la chambre et malgré tout il lui arrive de suspecter ma belle sœur et mon frère qui vivent avec elle de lui voler des choses. Elle devient agressive, injuste et n écoute aucun argument. A longueur de journée elle se plaint que quelqu un lui a piqué les couverts, qu il manque la moitié des verres.....
    quand on lui parle d aller voir un médecin, elle nous répond qu on coït qu le est folle et qu on veut la droguer. Je ne sais plus quoi faire. Tout le monde souffre de cette situation. Des qu on se retrouve ensemble, c est toujours tendu.
    que doit- on faire ?
    merci


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 mai 2015 à 12:37 , par Michel

      Bonjour, et merci de ce message.

      Très difficile de vous aider. C’est une situation assez fréquente, et beaucoup de vieilles personnes sont ainsi en proie à des délires de vol. Cela peut faire partie d’une démence de type Alzheimer (quand j’oublie où j’ai mis les choses, il m’est moins pénible de me dire qu’on me les a volées que de me dire que je perds la mémoire), mais pas nécessairement. Et c’est souvent, comme vous le soulignez, la simple mais insupportable aggravation d’une tendance de fond.

      Mais que faire ?

      Peut-on songer à la traiter discrètement sans le lui dire ? J’ai tendance à dire non pour trois raisons :
      - C’et éthiquement très difficile à soutenir. Pas impossible toutefois si on considère que sans ce traitement la situation va exploser et que c’est la malade qui en fera les frais. Ce qui est interdit c’est de traiter un malade contre son consentement dans le seul but de se simplifier la vie ; c’est tout le problème des somnifères donnés aux bébés.
      - Surtout, ça ne marche jamais.
      - Et si jamais elle s’aperçoit de quelque chose, vous allez vous retrouver dans une situation infernale.

      Il faut donc considérer deux points.

      Le premier, c’est elle : quand un malade délire, la question est de savoir s’il en souffre, ou s’il se met en danger. Si ce n’est pas le cas, alors il n’est pas du tout certain qu’on ait avantage à le traiter ; il faut savoir laisser les gens délirer quand cela n’a pas de conséquence dommageable.

      Le second, c’est vous. Votre famille. Je demanderai d’abord si elle vit chez votre frère ou si c’est lui qui vit chez elle. Car il n’y a aucune raison pour que vous supportiez cette situation. Et de deux choses l’une :
      - Soit elle n’est pas en état de penser de manière droite et cohérente, et la question qui se pose est de savoir s’il faut la traiter contre son gré ; mais alors cela se fait, non à son insu, mais par contrainte.
      - Soit elle l’est, et alors il y a moyen d’exiger d’elle qu’elle garde son délire pour elle ; si par exemple elle est hébergée chez son fils, celui-ci peut (je dirais : doit) déclencher un affrontement et lui imposer des règles de conduite. Facile à dire. Et cela suppose qu’on ait préalablement éliminé une pathologie de type Alzheimer. Je crois tout de même que, surtout si en réalité elle est socialement dépendante de ses enfants, il y a moyen de la contraindre à se faire examiner.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 2 avril 2015 à 22:47 , par cochin

    Bonsoir,
    Tout d’abord un grand merci pour vos articles, si bien écrits, limpides et précis et tellement important à lire, vous avez sauvé ma nuit ! Et je souhaiterais approfondir par rapport à ma situation familiale, c’est important, est-ce qu’il serait possible de vous consulter en cabinet à Paris ?
    En vous remerciant encore.
    Clt


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  • confusion post-opératoire qui persiste Le 24 février 2015 à 13:30 , par Francoise

    Bonjour,
    Depuis un mois et trois semaines, je perds tout espoir. je cherche partout des réponses sur internet et votre site m’a interpellée.
    Mon père, 82 ans, s’est fait opérer le 5 janvier d’un triple pontage coronarien. Avant son opération, il était complètement sain d’esprit : très intelligent, encore capable de faire ses paiements bancaires sur ordinateur,de se connecter à skype, de conduire, de résoudre des problèmes techniques dans sa maison (il venait de réparer sa chaudière), de passer mes commandes sans que je doive le lui rappeler deux fois, etc... Le premier jour après son opération, tout était normal et puis complications. Il a dû être intubé quelques jours et avoir un électro choc. Sa tension était basse et son coeur présentait de l’arythmie. Ayant fumé toute sa vie, ses poumons ne prenaient pas non plus correctement le relais. Par la suite, il y a encore eu quelques complications (bactéries, plaies au sternum qui s’est rouverte et est maintenant stabilisée mais pas encore refermée, etc... - donc sous antibiotiques depuis trois semaines, d’abord intraveineux et maintenant par la bouche, machine VAC pendant quelques jours) mais les fonctions vitales, prises de sang, tension etc... sont maintenant bonnes (pour son âge). il est resté 3 semaines au soins intensifs et est maintenant dans une chambre entre ses 4 murs. Mais depuis lors, il est confus ! Il reconnaît les proches (même ceux qu’il ne voit qu’une ou deux fois par an), il me reconnait au téléphone (j’habite à 10.000 km de la Belgique et lui téléphone tous les jours), il a pû dire au médecin où j’habitais et où il habitait (en tout cas il y a de cela 3 semaines) MAIS il se croit en avion, il dit qu’il doit installer l’eau chaude dans la chambre d’hôpital, il doit réparer la tv, il a réparé l’embrayage de sa voiture le jour précédent (il faisait encore ses entretiens voiture lui-même), il semble avoir oublié que ma mère est décédée il y a un an, il dit avoir mangé je ne sais quel repas alors que ce n’est pas vrai, il ne demande aucune nouvelle de ses petits enfants, etc... De plus, il ne parle que lorsqu’on lui pose des questions et le reste du temps dort ou regarde dans le vide, i l ne prend aucun plaisir à recevoir des visites . Lui qui était très (voire trop) bavard, très actif !
    Il y a quelques jours, il a demandé pour écrire, il a écrit sa date de naissance, ainsi que la ville où il habite et son code postal, je crois sans faute d’orthographe (mais presque illisible). Une autre fois il m’a dit "à mercredi soir", car avant son opération nous communiquions par skype tous les mercredi soir.
    Au départ, nous nous disions que c’était dû à l’anesthésian et que cela allait revenir, mais aucune amélioration au bout d’un mois et trois semaines. J’ai même l’impression que ça empire et de plus parfois on le comprend très mal. Les médecins nous disent maintenant qu’il faut ’espérer", quand il sera dans un environnement plus familier et que ses plaies seront refermées, peut-être que...
    Un scanner cérébral a été effectué le 19 janvier, on n’y a rien vu d’aigu... J’avais demandé à le faire re-voir par un neurologue, mais ils ont peur de le perturber, idem pour la logopède.
    je rentre en Europe dans deux jours, je ne sais pas comment je vais pouvoir y faire face, ni comment me comporter avec lui... Mon frère va le voir chaque jour. Peut-être que mon retour va provoquer un "déclic"... je n’en suis pas certaine, je l’espère simplement.
    merci d’avance de vos conseils.
    Françoise


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    • confusion post-opératoire qui persiste Le 24 février 2015 à 22:51 , par Michel

      Bonsoir, Françoise.

      Je n’ai malheureusement rien de plus à vous dire.

      Il peut très bien s’agir d’une confusion post-anesthésique. Mais :
      - Il y a eu un intervalle libre où il était bien.
      - Ces confusions peuvent durer, mais six semaines ça commence à faire beaucoup.
      - Il y a au moins une autre explication.

      Et cette explication n’est pas très agréable : il y a eu un épisode de bas débit cérébral, avec défaut d’irrigation et donc d’oxygénation. On doit donc envisager l’hypothèse qu’il y a eu des dégâts cérébraux. Ce sont des dégâts cellulaires que tous les scanners du monde seront toujours incapables de montrer.

      Et on n’oubliera pas non plus ce grand classique qu’est le médicament mal toléré.

      Mais enfin, l’hypothèse la plus vraisemblable n’est pas celle que je préfère. Non que dans ce cas les choses soient irrémédiablement compromises : il peut très bien y avoir une amélioration à la longue, surtout s’il revient dans son environnement. la difficulté est que nous ne pouvons rien garantir ni prévoir.

      Les médecins ont donc raison : il faut attendre, savoir que le plus souvent les choses s’améliorent voire se normalisent, mais que rien ne peut influer sur l’évolution. Sauf de le choyer comme vous allez le faire.
      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 18 février 2015 à 21:58 , par leila

    Bonjour a tous

    Je voulais vous parler de mon père 73 ans divorcé il y a 6 ans a dû prendre un appart seul il avait souvent la visite de ma soeur mes neveux et lui aussi leur rendait visite ainsi que moi jusqu’au jour ou je me suis marié et rejoint mon mari a Marseille . je suis très proche de mon père .le problème a démarré dés qu’il vivait seul il disait que sa voisine parlé sur lui et l’observer par des trou quelle a fait au mur et quand je venait chez lui il me dit chut ne parle pas elle t’écoute il disait elle dit il va trop au toilette ou il fait des chose sous la douche ou que regarde a la tele mais rien de tous cela il a déménagé de Paris et est venu a Marseille en pensant que ça allé passer mais c était pareil je lui est encore changé dappart pareil il parle toujours de ces voisins l’observe et l’écoute je sais pas quoi faire je suis triste il écrit tous ce qui ce passe et pense même que la police l’observe je voudrai enfin que mon père profite de sa retraite et soit heureux qu’il rencontre une femme qu’il soit heureux


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 21 février 2015 à 15:54 , par Michel

      Bonjour, Leila.

      Ce n’est pas facile, mais ce n’est pas forcément très compliqué non plus.

      Ce que vous décrivez est un délire tout à fait typique, fondé sur une base hallucinatoire. On connaît chez le sujet âgé une psychose hallucinatoire chronique, on connaît aussi un délire des cloisons, dans lequel le sujet voit passer des choses à travers les murs, etc. La seule question que je me poserais est de savoir si c’est un délire du sujet âgé ou si votre père a toujours plus ou moins déliré, mais que quand il était plus jeune il arrivait à contrôler la situation, ce qui fait que le délire passait inaperçu.

      Peu importe : c’est l’affaire du psychiatre, et il faut avant tout essayer de calmer le délire. Il y a de très bons médicaments pour cela.

      Mais vous, personnellement, vous ne pouvez rien faire. Votre rôle se limite à l’aider à se faire soigner. Souvent les choses s’arrangent.

      Après il y a une autre question : ce délire est-il l’annonce d’une détérioration intellectuelle ? Cela se peut, mais j’avoue qu’à vous lire ce n’est pas la première idée qui me vient, et je ne m’en préoccuperais pas particulièrement.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 février 2015 à 17:42 , par blondin

    bonjour,
    mon père âgé de 90ans vit en foyer logement avec ma mère âgée de 88ans ; depuis un an, troubles de mémoires ( mémoire immédiate essentiellement et sentiment d’être volé la nuit). début janvier, fracture du col du fémur, opération PTH, et depuis, il est à l’hôpital en gériatrie et effectue sa rééducation. la rééducation de la jambe s’effectue normalement, les pertes de mémoire et maintenant les hallucinations visuelles sont maintenant bien présentes.
    par ailleurs, ils est extrêmement malheureux car il se remémore sans arrêt une histoire douloureuse vieille de 50ans (séparation ponctuelle) qui l’a profondément marquée et qui est terminé depuis 50 ans .
    existe-t-il des moyens aujourd’hui qui lui permettrait de vivre plus sereinement ???
    cordialement
    g


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 février 2015 à 22:12 , par Michel

      Bonsoir, et merci de ce message.

      Le problème est de comprendre ce qui se passe. Or il existe un certain nombre de points sur lesquels nous manquons cruellement d’informations. Je vais donc reprendre votre mail point par point.

      depuis un an, troubles de mémoire : Je suis bien forcé de vous dire que c’est malheureusement une situation assez classique ; et que de deux choses l’une :
      - Soit les troubles ont commencé il y a un an, et il faut essayer de comprendre ce qui a pu les déclencher.
      - Soit, comme c’est le cas général, les troubles sont beaucoup plus anciens, et simplement cela fait un an que vous vous en apercevez, parce que jusque là le malade avait encore les moyens de vous les cacher. Mais il y a une détérioration intellectuelle en marche, et depuis un bon moment.

      Quelle détérioration ? Cela m’importe peu car la réponse à cette question ne donne guère de moyens d’agir. Je dirais simplement que je n’aime pas parler d’Alzheimer chez une personne de 90 ans ; je trouve cela un peu facile.

      et sentiment d’être volé la nuit  : en d’autres termes nous avons affaire à un délire de vol ; c’est assez banal dans ce type de situation, mais seul un psychiatre pourrait assurer qu’il ne s’agit pas d’un autre trouble.

      fracture du col du fémur, opération PTH, et depuis, il est à l’hôpital en gériatrie et effectue sa rééducation. la rééducation de la jambe s’effectue normalement, ce qui est un point assez rassurant : le malade a gardé suffisamment de capacités pour suivre le programme de rééducation, et rien ne permet de craindre que le succès ne sera pas au rendez-vous.

      les pertes de mémoire et maintenant les hallucinations visuelles sont maintenant bien présentes : Aggravation classique, et le plus souvent transitoire. Il serait intéressant de savoir s’il a été agité au réveil de l’anesthésie : cela va souvent de pair chez ce type de malade. L’anesthésie n’a pas aggravé la situation, elle l’a simplement révélée. Dans ce cas il suffit d’attendre, je n’ai jamais vu que cela ne rentre pas dans l’ordre.

      par ailleurs, ils est extrêmement malheureux car il se remémore sans arrêt une histoire douloureuse vieille de 50 ans (séparation ponctuelle) qui l’a profondément marquée et qui est terminé depuis 50 ans : Si j’ai raison de penser que le processus de détérioration intellectuelle est avancé, alors ces résurgences d’un passé sur lequel le malade se bloque sont assez fréquentes. Il serait intéressant de faire intervenir un psychologue. Même si là encore le plus probable est que tout cela va s’estomper.

      existe-t-il des moyens aujourd’hui qui lui permettrait de vivre plus sereinement ??? : Je vous répondrais mieux si j’avais vu la situation. Mais je me poserais la question autrement : où en est-il de sa rééducation ? Car la première chose à faire du point de vue psychologique est de le renvoyer chez lui. Or les rééducations pour prothèse de hanche n’ont pas à être fignolées, et même le plus souvent elles n’ont pas à être entreprises. Cela fait que, probablement, les inconvénients de la rééducation sont ici plus importants que les avantages. C’est cela qu’il faudrait considérer.

      Mais je ne l’ai pas vu…

      Bien à vous,

      M.C.


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  • personnalité paranoïaque/personnes âgées Le 28 janvier 2015 à 00:51 , par lucie marchand

    Je crois que ma mère de 80 ans souffre de troubles de personnalité paranoïaque. Cela ne va pas en s’améliorant en vieillissant. Ce sont surtout des vols ou des empoisonnements. De mémoire, j’avais environ 10 ans lorsque qu’elle a accusé son beau-frère de lui avoir volé 10$ sans la moindre preuve. Résultat, 10 ans sans parler à sa soeur. Cela a pris encore environ un autre 15 ans avant qu’elle accuse de vol d’un poêlon cette même personne, même si moi je lui ai dit que je devrais témoigner contre elle en cours...résultat, aucun membre de sa famille ne lui adresse la parole depuis ce temps. À l’âge d’environ 65 ans, elle a eu un copain qui a essayé de l’empoisonner, à 75 ans un voisin de la violer, etc. Récemment, elle a accusé une de mes soeurs de vol et l’autre de l’avoir empoisonnée. Elle va en Floride seule l’hiver, et souvent on nous appelle pour nous dire que ma mère accuse de vol un voisin et une fois même sa co-locataire m’a appeler pour me dire qu’elle voulait la tuer (bien sûr, je l’ai appelé pour lui dire de mesurer ses paroles car c’est elle qui irait en prison sinon). Elle a accepté de passer un mini-test d’alzheimer chez son médecin et l’a réussi haut la main. Je vais avec elle chez son médecin et elle lui raconte certaines histoires invraisemblables (avec un fin heureuse, comme se guérir elle-même) mais mon médecin dit qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Car elle est en pleine forme et complètement autonome.

    Alors que faire ? Si on la confronte (ce que l’on fait lorsqu’il s’agit de choses graves, comme tuer quelqu’un), elle s’enrage, devient méchante et crie que l’on est tous contre elle. Comme cela la situation s’aggrave d’années en années, nous nous demandons si nous devons la confronter à l’ensemble des situations erronées afin de la faire soigner. Mais ce que j’ai lu et vu (j’ai eu un employé avec ce problème et je peux vous dire qu’il n’a pas été autonome pour un grand bout et que sa paranoia est quand même revenue même s’il était jeune), alors je me dis c’est comme si j’envoyais ma mère à la potence...Elle joue encore au golf et au poker si elle a des amis pour le faire (car elle a de la facilité à socialiser mais de la difficulté à les conserver). Elle a donc une belle qualité de vie, si on oublie que par période elle se sent persécuter par son entourage.

    Il faut dire que mère est tombée veuve très jeune (42 ans) avec 4 enfants à sa charge et pas beaucoup de moyens financiers. Elle était très brillante, travaillante, sportive, dynamique, sociable et leader ; elle a fait tous les métiers avec brio (couturières, a démarré sa propre entreprise, conductrice d’autobus, etc.) pour gagner sa vie et celles des siens. Autrement dit, elle était une fonceuse et n’a jamais été du genre à se laisser piller sur les pieds quand elle était jeune et elle est encore comme cela. Je crois aussi que le fait qu’elle ne soit plus aussi active qu’avant lui nuit puisque ce n’est pas une intellectuelle (n’aime pas beaucoup lire) et que toute sa vie a été un feu roulant. Mais c’est un cercle vicieux, elle fait le vide autour d’elle inconsciemment.

    Enfin, voici mes questions :
    doit-on la confronter à l’ensemble de la situation ? ou faire du cas par cas comme présentement ? et si elle ne veut pas rencontrer un spécialiste (gérontopsychiatre, je crois) car elle nie toujours ? Doit-on l’obliger ? Comment ? Si on lui fait prendre des drogues neuroleptiques à son âge, va-t-elle perdre son autonomie ? Y a-t-il des drogues plus douces ? Si on ne fait rien, qu’on laisse les choses allées, est-ce, légalement, on peut revenir contre ses filles de n’avoir rien fait s’il arrivait quelque chose de grave à quelqu’un ?

    Merci de l’attention que vous porterez à ma demande


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    • personnalité paranoïaque/personnes âgées Le 28 janvier 2015 à 19:45 , par Michel

      Bonsoir, Lucie.

      Je crois que je ne vais pas pouvoir vous aider beaucoup.

      Je ne vais pas pouvoir à cause de ce que vous avez écrit au début : il s’agit d’une pathologie ancienne, qui relève de la psychiatrie, j’allais dire ordinaire. Il est fréquent de voir les vieilles personnes présenter des délires, souvent à thème de vol ; mais là nous avons affaire à un trouble qui est installé depuis longtemps. La seule chose qui soit un peu rassurante, c’est que si, précisément, le délire a été compatible avec une vie somme toute normale pendant une cinquantaine d’années, c’est qu’il n’est pas très violent, et qu’il est assez stable.

      Quant à faire un diagnostic précis, je ne m’y risquerais pas : il y a trop de pièges, et on ne peut rien dire sans avoir examiné la malade.

      Vous ne pouvez pas vous permettre de critiquer ce qu’elle dit.Tout simplement parce qu’elle ne tardera pas à comprendre que si vous insistez pour lui faire croire qu’elle se trompe c’est parce que vous êtes la complice de ceux qui lui veulent du mal. Et bien entendu si au contraire vous décidiez de jouer le jeu du délire vous n’aboutirez à rien d’autre qu’à le renforcer tout autant. Votre seule carte est donc de rester neutre, et de tout faire pour conserver le lien.

      Pouvez-vous la contraindre à voir un psychiatre ? Je ne sais pas. Si elle se mettait en danger, ou si sa qualité de vie devenait trop mauvaise, il le faudrait assurément. Mais si ce n’est pas le cas, je crois qu’il faut être prudent ; d’ailleurs le psychiatre n’en tirerait sans doute rien, à supposer qu’il accepte de recevoir quelqu’un qui ne veut pas venir. Pour vous donner un élément de comparaison, de ce côté-ci de la mare nous pouvons soigner les gens sans leur consentement à condition qu’ils soient "dangereux pour eux-mêmes ou la sécurité des personnes". Sinon nous n’en avons aucun droit.

      La neuroleptiser ? Oui, mais pas sans avoir fait un diagnostic ; et pas si sa vie est satisfaisante : les neuroleptiques ont leur légitimité si les malades souffrent. Par contre si on décide qu’il faut en donner, et à condition de le faire avec discernement, il n’y a pas lieu de craindre qu’ils nuisent à sa performance intellectuelle.

      Quant à ce que vous risquez pour vous-même, je dirais : rien. Je ne sais pas quelle est la législation au Canada. Si cela m’arrivait dans ma famille et en France, je crois que je réunirais ma fratrie, que je tiendrais un conseil de famille, et qu’ensemble nous rédigerions un document expliquant la situation et les raisons que nous avons de ne rien faire. Car on ne voit guère qui d’autre qu’un membre de la famille pourrait venir vous chercher des noises. Et de ce point de vue un simple relevé de conclusions devrait suffire.

      Je serais heureux d’âtre tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er janvier 2015 à 19:56 , par patricia

    Bonjour,
    Ma mère âgée de presque 80 ans m inquiète de plus en plus , elle se plaint en boucle de perdre la tête,la mémoire de devenir colle d avoir trop de chose dans la tête. Elle dit qu’ elle est bien quand elle dort sinon elle voit des choses en noir , la mort.....je pense qu’ elle a des angoisses de mort d autant qu’ elle a toujours été hypocondriaque ....Mais que faire ??
    Merci pour votre aide .....


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er janvier 2015 à 22:54 , par Michel

      Bonsoir, Patricia.

      Dans un premier temps, ce qu’il faut faire est très simple : il faut la conduire à une consultation gériatrique.

      Car elle se plaint de perdre la tête. Il faut donc commencer par vérifier ce point. Tout simplement parce que les malades qui perdent la tête sont les premiers à s’en apercevoir, et que si, dans le cas général, les vieilles personnes qui pensent qu’elles perdent la tête ne la perdent pas plus que vous ou moi, il arrive qu’elles aient raison.

      Mais d’autre part la consultation débouchera sur une évaluation neuropsychologique. Cela permettra de dépister une angoisse majeure si elle est là ; on rechercher également une dépression, qui pourrait parfaitement expliquer ce que vous rapportez. Et s’il ne s’agit que d’hypochondrie, cela se détectera aussi.

      Il vous faut donc absolument obtenir un diagnostic. Le reste viendra après.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • délire de VOL Le 17 novembre 2014 à 10:33 , par avézard

    Bonjour, mon mari en plus de ses pertes de mémoire accuse mon beau-frère de lui avoir volé des outils, il est incapable de dire de quels outils il s’agit ! bien sûr il n’en n’est rien ! bien sûr je suis malheureuse car je ne peux plus recevoir ma soeur et mon beau-frère chez moi ! je voudrais savoir quelle attitude je dois prendre quand il a une crise, dois-je défendre mon beau-frère, dois-je me taire et ignorer ses dires ? est-il possible qu’il oublie ce délire et redevienne "normal" ? je dois ajouter qu’il s’en est pris à moi aussi et qu’il m’a accusée de voleuse et de menteuse ! je lui aurais pris de l’argent pour le donner à "mon fils" qui est aussi le sien ! ceci est évidemment totalement faux ! il a l’air d’avoir oublié car il ne m’en parle plus mais il n’oublie pas le cas de ma soeur ! aidez-moi, que dois-je faire ? quelle attitude prendre ? Merci.


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    • délire de VOL Le 17 novembre 2014 à 16:50 , par Michel

      Bonjour, et merci de ce message.

      Je ne peux pas savoir quelle est réellement la situation : il faudrait pour cela avoir examiné votre mari. Mais la première chose à faire serait de savoir à quelle pathologie sous-jacente nous avons affaire. Vous me parlez de pertes de mémoire. Cela évoque d’emblée, naturellement, une maladie de type Alzheimer. Y a-t-il eu un bilan de ce point de vue ? Que vous a-t-on dit ? Cela montre en tout cas qu’il est important de mettre des noms sur les maladies, raison pour laquelle je dis que notre problème n’est pas de savoir quel nom il faut mettre sur les choses mais de se demander quel regard nous portons sur elle ; c’est le regard qu’il faut changer, non la terminologie.

      Toujours est-il que le mécanisme de ces délires dans la démence de type Alzheimer est très simple : on m’a donné un document ; je sais qu’il est très important, et j’ai peur qu’on me le vole ; je vais donc le mettre en lieu sûr ; et je choisis pour cela un lieu improbable. Quelque temps après je me souviens de ce document, je sais que j’avais décidé de le cacher,mais j’ai oublié où je l’ai mis. Du coup j’en tire la seule conclusion possible : j’avais raison de me méfier, on me l’a volé. De plus, en pensant qu’on m’a volé, je me dispense de me demander si ce n’est pas ma mémoire qui est en cause.

      Naturellement il peut chez le sujet âgé y avoir d’autres causes de délire. Le mécanisme n’en est pas forcément différent.

      Mais cela ne résout en rien votre problème. Car la difficulté reste celle de tout délire : si vous allez dans le sens du délire vous le renforcez.Mais si vous le critiquez vous ne tarderez pas à être suspectée de complicité avec le voleur, et par là aussi vous renforcez le délire. La seule issue est donc de ne pas prendre position, ce qui est épuisant, frustrant, et ne change pas la situation de votre beau-frère.

      Y a-t-il une chance que les choses s’arrangent ? Si on a affaire à une pathologie de type Alzheimer, elle ne peut que s’aggraver. Par contre le délire, lui, passe souvent spontanément. La seule question qui se pose est de savoir s’il faut traiter, ce qui se fait avec des neuroleptiques ; mais cela demande une décision médicale parfois très subtile.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • délire de VOL Le 9 février 2015 à 12:31 , par avézard

        Bonjour, mon mari est diagnostiqué "démence", il est traité avec Lamictal 25 et 50, il est plus calme mais reste dans son délire de VOL ; il présente un syndrome démentiel déjà au stade sévère dont le diagnostic différentiel est particulièrement délicat (aphasie progressive primaire ou maladie d’Alzheimer ?).il a présenté des troubles du comportement massifs avec hétéro-agressivité. Il a été traité avec Risperdal, abandonné car trop dangereux. Ce qui me préoccupe toujours c’est que son délire de VOL persiste, comment faire ?


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        • délire de VOL Le 9 février 2015 à 17:13 , par Michel

          Bonsoir, et merci de ce message.

          Mais je vais sans doute vous décevoir : il y a bien peu de chose à faire.

          Les délires de vol sont fréquents chez le dément, et pour de nombreuses raisons. Il faut d’ailleurs considérer que ces délires on un effet protecteur : quad je perds un objet il m’est plus avantageux de croire qu’on me l’a volé que d’admettre que je ne sais plus ce que je fais.

          En principe il vaut mieux laisser les déments délirer, parce que le remède au délire est pire que le mal. Mais ceci suppose qu’on ait résolu deux questions :
          - Souffre-t-il ? En général, non ; ou moins qu’on ne pense. Mais si c’est le cas, alors il faut traiter ; il n’y a pas que le Risperdal, et s’il est vrai qu’il peut être dangereux c’est un risque qu’il faut envisager.
          - Cette situation est-elle tolérable par l’entourage ? Et il faut exiger une réponse sur ce point. Certes, je l’ai écrit ailleurs : c’est le malade qui compte, et on ne va pas se mettre à le soigner pour que l’entourage ait la paix. Mais si l’entourage craque, c’est tout de même bien le malade qui va en souffrir le plus.
          Il y a donc des compromis à trouver.

          Je dirais qu’une équipe soignante qui préfère donner du Lamictal plutôt que de se précipiter sur les neuroleptiques est une équipe qui connaît son métier ; je serais donc tenté de lui faire confiance. Mais cela ne doit pas vous empêcher de demander une solution qui soit moins épuisante pour vous.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • délire de VOL Le 16 février 2015 à 11:42 , par avézard

            Bonjour, si je comprends bien, il n’y a pas d’espoir pour que mon mari oublie son délire, je crains qu’il faudra que la maladie s’aggrave pour qu’il l’oublie ! lorsqu’il ne sera plus en mesure de reconnaître ma soeur et mon beau-frère ? cette situation me désespère ! de plus il ne supporte plus que je m’absente, je suis partie une demie-journée justement pour voir ma famille, je lui ai dit que j’allais aux magasins, quand je suis rentrée ça a été catastrophique, il hurlait que je l’avais laissé seul trop longtemps (5heures !) à la fin il sanglottait comme un bébé ! je ne sais plus quoi faire, j’ai besoin de me changer les idées de temps en temps mais comment ? Merci de me répondre et de m’aider à trouver des solutions.


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            • délire de VOL Le 16 février 2015 à 19:43 , par Michel

              Bonsoir.

              En effet, la situation est difficile. Et les choix sont restreints.

              Le délire peut parfaitement passer tout seul, ou au moins s’estomper ; c’est même le plus fréquent. Mais c’est hors de notre contrôle ; et cela se produit souvent par le biais d’une aggravation de la démence, ce qui risque de ne pas vous aider beaucoup.

              Ce que je me dis, c’est que l’indication d’un traitement neuroleptique doit se discuter, pour deux raisons :
              - La première est que ce délire est inconfortable pour le malade.
              - La seconde est que son bien-être dépend du vôtre, et que si vous ne parvenez plus à assumer cette situation c’est lui qui va en faire les frais. Il faut donc que la situation tienne.

              Pour ces deux raisons, il est licite d’envisager un traitement. Et d’y insister, car les risques sont tout de même modérés, et qu’ils sont à comparer au risque de ne rien faire.

              Ajoutons qu’il est interdit de se sacrifier, même pour celui qu’on aime : on s’y épuise et on n’est même pas efficace. Les troubles psychiatriques sont une des grandes causes d’institutionnalisation. Mais nous n’en sommes absolument pas là, et il y a beaucoup à espérer du traitement.

              Bien à vous,

              M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 novembre 2014 à 00:27 , par Danielle

    Bonsoir,
    je viens faire appel à vous et aimerai avoir votre opinion concernant mon père agé de 84 ans. Il souffre d’insuffisance cardiaque depuis 2001 et suite à la pose de son deuxième pace-maker, il a eu une grande confusion mentale post-opératoire...Tout est entré rentré dans l’orde mais depuis, il perd de plus en plus la mémoire, cache ses clés et les perd...Il a du mal à dormir et déambule sans cesse et dans sa confusion, il ne sait plus où est son lit. Il y a quelques semaines, ils ont arrêté son somnifère pour lui prescrire 0,25 mg de Xanax le soir. Il a dû être hospitalisé car ses jambes ne le portaient plus(insuffisance cardiaque et veineuse). Il a fait une scène à la clinique en accusant les infirmières de vouloir l’empoisonner. Il a arraché la perfusion et voulait rentrer chez lui. Le lendemain, le neurologue est venu et a arrêté le Xanax pour lui prescrire du Risdone à 2 mg par jour. Ils ont aussi fait un scanner qui a démontré un infarctus cérébral ancien, beaucoup de petites veines obstruées et un cerveau atrophié. Je me suis renseigné sur le web au sujet du risdone et il semble contre indiqué chezle sujet agé car il provoquerait des avc ou des morts subites...Qu’en pensez-vous ?
    Merci de votre réponse !
    Danielle


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 novembre 2014 à 13:45 , par Michel

      Bonjour, Danielle.

      J’ai bien peur que ma réponse ne vous plaise pas.

      La confusion mentale est un état fréquent chez le sujet âgé, et elle admet de multiples causes. Pour cette raison, la première chose à faire quand on se trouve en présence d’une confusion est de chercher une explication physique. On a trop souvent tendance à se figurer que ce syndrome, dont les signes sont essentiellement mentaux, admet d’abord des explications psychologiques. En soins palliatifs notamment cette erreur est très répandue, et elle aboutit souvent à des décisions qui nuisent au malade.

      Votre père a donc présenté une confusion mentale post-opératoire. C’est malheureusement un grand classique, et la cause de cette confusion se trouve entre une intolérance aux anesthésiques, et un événement survenu pendant l’opération (baisse de tension avec défaut d’irrigation cérébrale, etc). Cette confusion peut être spectaculaire, elle peut durer, mais dans la quasi totalité des cas elle est réversible.

      Ce qui ne va pas vous plaire, c’est que le principal facteur favorisant des confusions mentales post-opératoires chez le sujet âgé est la démence de type Alzheimer.

      Comme je ne connais pas votre père, je vais vous parler du mien. Car c’est ce qui s’est produit. Après une intervention somme toute bénigne il a développé une confusion qui a duré une bonne quinzaine de jours, après quoi tout s’est normalisé. Mais je me tenais sur mes gardes, et j’ai laissé passer quelques mois, après quoi je l’a adressé en consultation de neuropsychologie. La réponse a été sans aucune équivoque. Ce n’est pas l’anesthésie qui a détérioré son cerveau : j’avais déjà quelques doutes avant l’intervention. Simplement, la perte de performance intellectuelle a facilité le dérapage confusionnel au cours de cette période indécise du réveil anesthésique. Et la démence est devenue de plus en plus manifeste, en partie parce que c’était là son évolution naturelle, en partie parce qu’il n’est pas si facile au dément de retrouver ses repères une fois qu’il les a perdus.

      Si je réfléchis à ce que vous me dites je ne vois que trois explications possibles.

      La première est que, contrairement à ce que vous pensez, le syndrome confusionnel n’est pas terminé, soit parce qu’il dure, soit parce que sa cause n’est pas celle que vous croyez et qu’elle est toujours active. Franchement je n’y crois pas une seconde.

      La deuxième est qu’il développe un délire d’autre nature, délire qui, par hasard, vient se souder à un épisode confusionnel. Je n’y crois pas davantage.

      La troisième est que la confusion mentale a dévoilé une démence, par exemple de type Alzheimer.
      - 50% des confusions mentales du sujet âgé surviennent chez des déments.
      - Le comportement de votre père est tout à fait caractéristique.
      - Le... comportement du neurologue l’est tout autant : il a retiré le Xanax parce qu’il sait que ces molécules sont nocives chez le dément, et il a préféré un neuroleptique. Et il a choisi une de ces molécules de dernière génération, ce qui est l’option habituellement retenue. On a fait un scanner, ce qui est obligatoire, même si les altérations que vous décrivez n’ont aucune importance pratique.

      Je crois que vous n’avez que trois choses à faire.

      1°) : Demander au neurologue de vous confirmer que j’ai bien compris son intuition (mais il aurait raison de vous répondre qu’on ne fait pas un diagnostic d’Alzheimer comme ça, et qu’il faut laisser passer quelques mois).

      2°) : Étudier les possibilités de traitement. Je crois comprendre que vous vivez au Canada, et je ne sais pas quelles sont les habitudes des médecins là-bas. Mais personnellement :
      - Je ferais un essai de traitement spécifique. On reproche à ces traitements d’être inefficaces, et on n’a pas tort. Mais j’essaierais quand même, d’une part parce qu’il existe de rares cas où l’efficacité est là, d’autre part parce qu’il me semble que ces traitements, même quand ils n’améliorent pas la performance intellectuelle, sont assez souvent actifs sur les troubles du comportement.
      - Je discuterais le neuroleptique. Personnellement je n’en prescrivais pas, mais je ne suis pas sûr d’avoir eu raison ; notamment il y a des cas où c’est la seule manière d’apaiser le malade, dont il ne faut pas oublier qu’assez souvent ces troubles du comportement le font souffrir. Mais si un neuroleptique est nécessaire, la Risdone en vaut un autre ; je ne suis pas sûr qu’il soit plus efficace, il paraît qu’il est mieux toléré ; quant aux effets indésirables qui ont été décrits, ils existent, mais leur fréquence n’est pas suffisante pour faire hésiter sur la prescription, quand elle est bien pensée ; ou alors il faut renoncer à tous les médicaments.

      3°) : Je tirerais les conséquences nécessaires en termes de prise en charge, de protection judiciaire, etc.

      Mais peut-être (je l’espère de tout cœur) le neurologue va-t-il vous donner une explication beaucoup plus rassurante. Je serais heureux de la lire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 8 octobre 2014 à 11:09 , par Danièle

    Bonjour,
    Je me suis énormément investie pour le bien-être de ma belle-maman qui, au début de mon mariage (il y a 40 ans), ne m’acceptait pas bien. Je n’étais pas assez bien pour son fils... Je ne me suis jamais fâchée pour ses remarques, certaine que ma patience porterait ses fruits et qu’un jour elle m’aimerait.
    Depuis quelques années, elle m’appréciait beaucoup, car je m’occupais très régulièrement d’elle et que mon mari et moi l’invitions chaque dimanche.

    Un jour, je passe chez elle pour lui apporter un peu de lecture et un bon dessert, et elle me demande : "Où as-tu mis ce papier ?... je le cherche depuis deux jours, il était posé sur cette table et il n’y est plus et je n’en dors plus !"

    Je lui demande de quel papier il s’agit et elle me répond : "Tu le sais très bien !"

    Je la questionne sur le contenu de ce papier et elle finit par me dire que j’ai préparé un papier disant : Je soussignée (son nom) autorise ma belle-fille (mon nom) à prélever de l’argent sur mon compte en banque !!!
    Je lui dis que jamais je n’ai préparé un tel papier et elle m’affirme que oui et ajoute qu’elle a déjà donné procuration à son fils et à sa fille et que je ne suis que sa belle-fille et qu’elle refuse de me donner procuration sur son compte.

    Je lui réponds que je n’ai pas besoin de procuration et que je n’en veux pas et que je n’ai jamais écrit ce papier. Elle martèle qu’elle n’a pas rêvé, qu’elle n’est pas folle, que ce papier existe, que je l’avais préparé pour le lui faire signer, etc...

    Je lui jure qu’il n’en est rien, je lui dis à quel point je suis triste qu’elle m’accuse de malhonnêteté, mais rien n’y fait, elle est sûre d’avoir raison.

    Je ressors de chez elle en pleurant. Je suis anéantie par cette accusation tellement injuste.
    Rentrée chez moi, je raconte cette scène à mon mari qui me répond : "Ne t’en fais pas, elle dit n’importe quoi !"

    J’appelle ma belle-soeur et lui raconte ce qui vient de m’arriver et elle me répond qu’elle ne veut pas s’en mêler et que si sa mère parle d’un papier, c’est que ce papier doit exister...

    Je me sens très seule et ne sais pas comment gérer ça.

    Quatre mois ont passé, mon mari s’énerve à chaque fois qu’il voit sa mère parce qu’elle ne lui dit que du mal de moi. Lui et nos filles savent très bien que je suis honnête. Nos filles n’ont plus tellement envie de la voir ou de l’appeler parce qu’elle essaye à chaque fois de les convaincre que je suis une voleuse et une menteuse...

    J’ai encore essayé de parler à ma belle-soeur pour lui demander de se joindre à son frère pour parler au médecin de leur mère mais elle ne me répond pas...

    J’ai eu deux fois ma belle-mère au téléphone. Elle m’accusait (et elle continue à chaque contact qu’elle a avec un membre de ma famille ou mon mari) d’interdire à mon mari et à mes filles de lui parler et m’accusait de souffler à l’oreille de mon mari tout ce qu’il doit lui dire au téléphone !!!) Je suis restée patiente et polie mais elle a fini par me raccrocher au nez.
    La deuxième fois, elle était calme et polie et elle m’a dit qu’elle aimerait bien que je passe la voir pour qu’on puisse se reparler avant qu’elle meure. Je lui ai répondu que je suis d’accord. Le lendemain, elle a recommencé à raconter ces histoire à mon mari et maintenant elle s’en prend aussi à l’une de mes filles (celle qui s’est elle aussi beaucoup occupée d’elle et qui me ressemble).

    Qu’en pensez-vous et que dois-je adopter comme attitude ?... J’encourage mon mari à l’inviter de temps en temps mais il me répond que ça ne sert à rien alors il va la voir chez elle, seul. Elle a 88 ans et vit depuis un mois dans un appartement protégé...

    Merci de bien vouloir me répondre...

    Danièle


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 11 octobre 2014 à 16:48 , par Michel

      Bonjour, Danièle.

      Ce qui vous arrive est effectivement très pénible. Malheureusement c’est aussi assez classique.

      Trois hypothèses me viennent à l’esprit. Je vous supplie de considérer que ce sont des hypothèses, et que je ferais mieux de ne pas parler de quelqu’un que je n’ai pas vu.

      La première est très peu probable : votre belle-mère va bien, elle agit par pure méchanceté.

      La seconde n’est guère probable non plus : il s’agit d’un délire du sujet âgé. Le diagnostic n’est pas facile, et nécessite le recours au psychiatre.

      L’hypothèse que je privilégierais est celle d’une démence de type Alzheimer passée inaperçue. Votre mari essaie de vous rassurer en disant que sa mère « dit n’importe quoi », mais il se pourrait qu’il ne croie pas si bien dire.

      Le mécanisme de ces troubles est très simple : j’ai chez moi quelque chose de précieux ; je sais que je dois éviter qu’on ne me le vole. Je vais donc le mettre en lieu sûr, en un lieu où personne n’ira le chercher. Le problème c’est que j’oublie où je l’ai mis. Je ne le retrouve donc plus, mais je me souviens qu’il y avait quelque chose de précieux, et qu’on risquait de me le voler. J’avais donc bien raison de me méfier. Ne reste plus qu’à désigner le voleur, ce qui est un jeu d’enfant.

      Ici il se passe peut-être quelque chose de semblable : votre belle-mère perd la mémoire, elle se souvient mieux du passé éloigné que de passé proche, et il fut un temps où elle ne vous aimait pas.

      Il n’y a guère de solution. Vous pourriez aller à la banque avec elle et mettre les choses au clair, mais cela ne durerait pas. Je crois que le plus simple est de vous protéger. Considérez par ailleurs que l’avantage de cette crise pour votre belle-mère est qu’elle crée une situation où elle vous efface complètement, et elle récupère son fils pour elle seule. Je doute qu’il soit possible de lutter contre un mécanisme aussi puissant.

      Vous faites bien ce que vous faites. Essayez de rester en paix avec vous-mêmes et avec vos proches ; ceux qui comptent.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 30 octobre 2014 à 00:22 , par Mallet

      Bonjour,
      Mon beau-père, âgé de 85 ans, est persuadé depuis environ 6 mois qu’il a un troisième fils. Il nous a montré à plusieurs reprises le livret de famille en nous demandant pourquoi ce fils n’y était pas noté. Il lui a donné le même prénom que son deuxième fils en ajoutant " le jeune". Le médecin lui a fait passer un scanner : résultat normal. Il doit passer une IRM la semaine prochaine. Il a tenté de ne plus en parler pour rassurer sa femme et ses enfants mais ces dernières semaines, il est comme submergé et le cherche partout. Le plus terrible , c’est sa souffrance. Pensez-vous que c’est une maladie mentale qui débute ou une grosse dépression ?
      Merci de prendre le temps de me répondre


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 1er novembre 2014 à 18:49 , par Michel

        Bonsoir, Michelle.

        Ce sera malheureusement vite fait : je ne peux rien vous dire, car toutes les hypothèses sont ouvertes.
        - Émergence d’un délire chez un sujet âgé, comme chez n’importe qui.
        - Manifestation tardive d’une psychose passée inaperçue.
        - Délire dans le cadre d’une démence, de type Alzheimer ou autre.
        - Sans oublier les causes physiques, médicamenteuses...

        Il y a simplement une hypothèse qu’il vous faut envisager malgré tout : vous ne seriez pas la première famille où on découvrirait ainsi un secret longtemps gardé. Ce n’est certainement pas le plus probable, mais pour le principe je conserverais cette hypothèse en tête ; sans compter que même chez les malades qui délirent il arrive souvent que le délire ait une base réelle...

        Après il y a ce qu’il faut faire.

        Personnellement je pense qu’il faut laisser délirer les vieilles personnes qui délirent. Mais il y a deux restrictions majeures :
        - Il ne faut pas que le délire les mette en danger.
        - Il ne faut pas que le malade souffre de son délire.

        Donc, je crois que dans la situation dont vous me parlez j’aurais tendance à traiter.

        Bien à vous,

        M.C.


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 novembre 2014 à 19:16 , par Mallet

          Bonsoir,
          Merci de votre réponse. Ainsi, toutes les hypothèses sont envisageables.L’IRM est, à priori, normale. Le médecin de mon beau-père lui a pris RV dans une unité gériatrique pour le mois de mars prochain, lui assurant qu’il avait un problème de mémoire. Ses fils souhaitent qu’il consulte un psychiatre mais renseignements pris, l’unité en question n’en a pas.Je pense que ses enfants devraient parler avec le médecin traitant : Peut-être a-t-il un diagnostic qu’il a " édulcoré" auprès de mon beau-père ? En ce qui me concerne, je vais continuer à écouter ce dernier, c’est le moins que je puisse faire pour lui.
          En vous remerciant encore d’avoir pris le temps de me donner des pistes.
          Michelle


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 octobre 2014 à 00:05 , par T-L

    Bonjour,

    J’aimerai avoir votre avis sur l’état mental de ma grand-mère.

    Âgée de 86 ans, elle à commencé a avoir des hallucinations occasionnelles après son opération du cœur il y a plusieurs années. Elle voyait des personnages de temps en temps chez elle surtout le soir ou le matin.

    Mais depuis cet été, la situation c’est tés vite aggravée. Elle voit des gens jour et nuit chez elle. Elle se persuade que c’est la réalité. Elle se sent très persécutée en pensant que ces gens l’a vole, profite de sa maison, lui veule du mal etc... Chez elle tout disparaît : elle cache et déplace tout constamment, oublie ses cachettes, et affirme que ce sont ces gens qui l’a vole. Elle est hyper active, passe sa journée à surveiller ces gens en leur parlant, elle dort très peu. Impossible de l’a raisonnée en lui disant que ces personnes ne sont pas réelles et n’existe pas.

    Elle a des réaction inquiétantes : un soir, prise de panique par toutes ces visions, elle à sonner chez les voisins en leur demandant de garder son argent ( très grosse somme d’argent en liquide) car je cite : "les hommes et femmes qui sont chez elle, lui ont dit qu’ils allaient lui prendre cet argent". Heureusement les voisins honnêtes, m’ont averti et rendue cet argent. Vous comprendrez donc que l’a laissée seule devient vraiment inquiétant.

    Le médecin nous à dit qu’elle souffrait de démences, un scanner et rendez-vous avec psychiatre et neurologue sont prévus prochainement.

    Pouvez-vous m’expliquez et m’éclairer sur différents points :
    Qu’est-ce qui provoque ces visions nuit et jour, comment cela s’explique-t-il ?
    Comment expliquez qu’elle déplace et cache tout, sans se souvenir de ses actes.
    Des traitements sont-ils efficaces ? Quelle peut être la suite ?

    Je suis très inquiète de cette dégradation si rapide... Je vous remercie de votre avis afin de m’éclairer sur ce sujet.

    Bien à vous

    T-L


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 octobre 2014 à 19:53 , par Michel

      Bonsoir.

      Vous posez une question difficile, car il y a quatre points à considérer.
      - Les hallucinations ne sont pas un symptôme habituel de la démence de type Alzheimer, mais elles peuvent se voir, favorisées qu’elles sont par la perte des capacités à reconnaître les objets et images, et à comprendre le réel.
      - Mais, surtout quand il s’agit d’hallucinations systématisées (non pas des images indéfinies, mais des humains ou des animaux), elles font davantage penser à d’autres types de démences, notamment sous- corticales.
      - Et il peut s’agir plutôt d’hallucinations rentrant dans le cadre d’une maladie psychiatrique. Il existe notamment une psychose hallucinatoire chronique, mais dans laquelle les hallucinations ne sont pas systématisées : ce sont des bruits, des odeurs...
      - Et naturellement il n’y a aucune raison pour que ces trois mécanismes ne se mélangent pas : la maladie d’Alzheimer ne protège pas contre les psychoses, et inversement.

      Autant dire que le diagnostic relève vraiment du gérontopsychiatre.

      Pour moi, la règle est de ne pas traiter ces hallucinations, tant qu’elles ne gênent pas le sujet. Mais ici il semble que ce soit le cas ; il vaudrait donc mieux intervenir. Le problème est qu’il faudra faire appel à des neuroleptiques, ce qui n’est pas très sain pour le malade atteint de démence. Mais il faut considérer d’autre part que si les neuroleptiques sont délétères pour la performance intellectuelle du malade, l’anxiété liée aux hallucinations est au moins aussi nuisible. Il faut donc les prescrire, toujours avec prudence, toujours provisoirement, et toujours avec le pied bien calé sur le frein...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Bonsoir,
    j’ai besoin de votre aide. Ma mère a 74 ans. Elle est alcoolique et refuse de l’admettre. Elle a depuis plusieurs années, des discours délirants, toujours en lien avec le démon, des esprits qui vivent chez elle et elle doit les aider a traverser dans l’au delà. Elle dit qu’elle peut faire des miracles, comme guérir les gens. Lorsqu’elle nous parle de tout cela, elle n’est pas nécessairement en état d’ébriété. C’est difficile de lui parler car si nous la confrontons et lui disons que ce n’est pas réel, elle se fâche. J’ai tenté de l’aider en l’accompagnant chez son médecin, avec son accord mais ce dernier ne savait pas qu’elle était alcoolique et je ne pense pas qu’elle lui dit pour les idées délirantes qu’elle vit. Elle fait venir des prêtres a la maison, elle appelle des voyants et des personnes pour purifier sa maison. Elle a parfois des hallucinations, comme exemple, elle dit que parfois, de la poudre blanche tombe de ses cheveux ou bien, elle dit qu’elle se fait violer par le démon ou que dans son cerveau, ça lui brûle et qu’elle ressent des fourmillements. Le médecin a dit qu’un ancien IRM aurait démontré que son cerveau était un peu atrophié.
    Je sais qu’elle prend des médicaments mais elle ne veut pas me dire lesquels. Elle m’a déjà parlé d’ativan et d’elavil...
    je ne sais plus quoi faire, elle est malheureuse car quand elle nous raconte cela, elle pleure. Elle dit qu’elle ne se souvient pas de beaucoup d’activités qu’elle fait car elle dit que c’est le démon qui prend possession de son corps. Elle oublie parfois des noms, ou bien elle nous redit quelque chose à plus d’une reprise.

    C’est une femme qui s’occupe beaucoup à la maison, elle cuisine, coud etc. Elle n’écoute jamais la télé, elle ne sort que pour faire ses achats. Sa mère est décédée et ils ont pensé qu’elle faisait de l’Alzheimer car elle oubliait tout mais il n’y a pas eu d’autopsie pour confirmer. Elle avait 86 ans.
    elle vit avec mon père qui semble ne pas savoir quoi faire de tout ca. Il lui aurait dit qu’elle devrait se faire soigner mais il ne pose aucune action.
    je l’ai vu aujourd’hui et elle m’a dit que tout était terminé, que sa maison est purifiée et qu’elle n’aura plus la visite du démon.....jusqu’à ce que cela recommence...ça ne dure jamais longtemps...

    merci de m’avoir lu et j’espère que vous pourrez m’aider.


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    • Bonjour, Gini.

      Je vais tâcher de vous éclairer, mais vous devrez garder à l’esprit que nous parlons de choses très délicates, et que si on pouvait faire de la médecine par Internet ce serait un métier bien simple.

      Il faut d’abord savoir que les délires peuvent avoir de multiples origines. Lé démence fournit d’excellentes occasions de délirer ; inversement le fait d’avoir une maladie psychiatrique ne protège en rien contre la survenue de démences. Il en va de même de l’alcoolisme : il y a des délires provoqués notamment par la détérioration cérébrale liée à l’alcool, mais l’alcool ne protège ni contre les maladies psychiatrique ni contre les démences.

      Tout cela dit, il faut bien reconnaître que le tableau que vous décrivez évoque fortement une psychose délirante chronique organisée. Autrement dit une maladie mentale, et probablement assez ancienne. Un argument de plus se trouve dans le fait qu’elle semble assumer parfaitement la vie quotidienne. Mais je vous dis cela avec d’expresses réserves, tant les pièges sont nombreux dans ce type de pathologie.

      Dans ces conditions la seule manière d’y voir clair est de s’en remettre à un psychiatre, et si possible un psychiatre connaissant les spécificités de la psychiatrie du sujet âgé. Sans méconnaître que ces psychoses évoluées réagissent souvent assez peu au traitement. Mais le point capital est tout de même de faire l’inventaire de la situation, et d’essayer de comprendre de quoi on parle exactement, sans se contenter d’approximations, (comme celles qu’après tout je suis en train de faire). A supposer, bien sûr, qu’elle accepte de s’y prêter...

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Merci beaucoup pour votre réponse. Effectivement, si les diagnostics étaient si faciles à poser...ça nous faciliteraient la tâche ! Ma mère dit qu’elle a déjà vu un psychiatre et qu’il croyait à ses histoires alors, je ne crois pas qu’elle voudra en consulter un autre, malheureusement.
        Comment devrait-on agir face à ce comportement ? Doit-on faire comme si tout cela était vrai ? La contredire en la ramenant dans la réalité ? Lui dire que nous ne la croyons pas ? J’essaie de faire le deuil de ma mère tel que je l’ai connu mais ce n’est pas facile. J’aimerais tellement qu’elle redevienne celle qu’elle était... :(
        Peut-etre qu’en sachant comment agir avec elle, cela m’aidera à accepter sa maladie. Merci encore une fois.


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        • Bonsoir, Gini.

          Non, ce n’est pas facile en effet.

          Du point de vue de votre positionnement, je crois qu’il y a une règle absolue : botter en touche. Car si vous approuvez le délire vous le renforcez, et si vous le contestez vous allez vous retrouver suspectée de complicité avec les personnages vus dans les hallucinations, renforçant par là le délire. il faut donc éviter de vous prononcer.

          Tout ce que vous pouvez faire c’est observer la situation et voir si votre mère en souffre, ou si elle réagit par des comportements la mettant en danger. Si c’est le cas, alors il vous faudra envisager un traitement sous contrainte, en demandant une hospitalisation psychiatrique. Je sais combien c’est dur, mais il ne faut pas oublier que, s’ils guérissent, les malades délirants savent reconnaître que, décidément, ça n’allait pas, et que les proches ont bien fait d’intervenir.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Bonjour, je voulais vous faire un retour sur la situation avec ma mère...

            nous avons réussi à la convaincre qu’elle devait avoir un ajustement de sa médication car ce qu’elle faisait n’avait plus aucun sens...elle disait que des femmes entraient dans sa maison et mettait de la poudre pour l’empoisonner...mon père a dû changer la serrure de la,porte de la maison...elle entendait des voix qui étaient menaçantes pour mon père...bref...psychose fût le diagnostic. Ce ne fût pas facile car quand le psychiatre lui a dit qu’il voulait l’hospitaliser, elle s’est enfuit...elle a finit par collaborer et être traitée.
            Le psychiatre a confirmé la psychose mais a aussi émis un diagnostic de schizophrénie tardive...elle est présentement sous Invega, en injection. Elle a reçu sa première dose hier et elle dit qu’elle n’a pas aimé. Elle a de la douleur au bras, un ecchymose...elle veut changer pour de la médication en comprimés. Elle est sortie de l’hôpital hier et elle revoit son médecin dans une semaine. Elle aura un suivi avec une équipe de santé mentale qui ira la visiter a domicile.

            Je suis contente qu’elle aille mieux mais je sais que la partie n’est pas gagnée et que je devrai l’avoir à l’oeil.
            que pensez- vous de l’invega ? Et est-ce que la schizophrénie tardive se traite bien ?

            Merci de votre écoute !
            Gini


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            • Bonjour, Gini.

              Je crois que vous avez bien avancé.

              Que va-t-il se passer maintenant ? Je ne sais pas. Mais on peut espérer effectivement beaucoup de cette prise en charge.

              Le diagnostic de schizophrénie tardive n’est pas facile, et demande du recul. Cependant il est très plausible effectivement. Dans ce cas il faut savoir que la schizophrénie est une des maladies mentales dont le traitement a fait le plus de progrès ; il y a donc lieu d’être optimiste, même dans le cas d’une schizophrénie tardive.

              Je ne pense rien de l’Invega, que je n’ai jamais utilisé. A voir la molécule, elle ne constitue pas une innovation particulière, ce doit être une butyrophénone de seconde génération, elle doit être efficace est bien tolérée, mais ni plus ni moins que les autres.

              Bien à vous,

              M.C.


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    • Bonjour, Gini.

      Je vais tâcher de vous éclairer, mais vous devrez garder à l’esprit que nous parlons de choses très délicates, et que si on pouvait faire de la médecine par Internet ce serait un métier bien simple.

      Il faut d’abord savoir que les délires peuvent avoir de multiples origines. Lé démence fournit d’excellentes occasions de délirer ; inversement le fait d’avoir une maladie psychiatrique ne protège en rien contre la survenue de démences. Il en va de même de l’alcoolisme : il y a des délires provoqués notamment par la détérioration cérébrale liée à l’alcool, mais l’alcool ne protège ni contre les maladies psychiatrique ni contre les démences.

      Tout cela dit, il faut bien reconnaître que le tableau que vous décrivez évoque fortement une psychose délirante chronique organisée. Autrement dit une maladie mentale, et probablement assez ancienne. Un argument de plus se trouve dans le fait qu’elle semble assumer parfaitement la vie quotidienne. Mais je vous dis cela avec d’expresses réserves, tant les pièges sont nombreux dans ce type de pathologie.

      Dans ces conditions la seule manière d’y voir clair est de s’en remettre à un psychiatre, et si possible un psychiatre connaissant les spécificités de la psychiatrie du sujet âgé. Sans méconnaître que ces psychoses évoluées réagissent souvent assez peu au traitement. Mais le point capital est tout de même de faire l’inventaire de la situation, et d’essayer de comprendre de quoi on parle exactement, sans se contenter d’approximations, (comme celles qu’après tout je suis en train de faire). A supposer, bien sûr, qu’elle accepte de s’y prêter...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 7 octobre 2013 à 20:31 , par lilia

    Bonsoir Docteur,

    C’est un homme âgé d’environ 77 ans, agriculteur, chez qui nous intervenons avec mes collègues AVS, elles, le matin pendant une heure, et moi seulement une fois par mois, à raison d’une heure pendant le weekend pour l’aide à la toilette depuis un an. Il y a une prise en charge d’APA mais nous ne connaissons pas la pathologie.
    Je connais la famille.
    Pour son épouse et une de mes collègues, "il n’a rien", il ne veut faire aucun effort, c’est un "fainéant" !
    Il pèse moins de 50 kg pour 1m75 environ, refuse de manger (anorexie), passe la journée au lit, se déplace avec des cannes anglaises uniquement dans la maison et pratiquement plus. "Il ne veut pas marcher".
    Cet homme a toujours eu un caractère colérique, violent, autoritaire avec son épouse et ses enfants. Tout passait par lui et tout le monde en a souffert.
    Il a eu deux prothèses de hanche il y a environ dix ans et petit-à-petit son état physique s’est dégradé. On aurait dit un vieillard, on lui donnait dix ans de plus.
    Se sont ajoutés des troubles de la vision. J’ai remarqué des clignements d’yeux, des mimiques...
    Il se trouve que son médecin est aussi le mien. Je lui ai demandé ce qu’il avait, elle m’a parlé de démence vasculaire, me disant que n’importe quel docteur pouvait voir qu’il présentait une démence, que les examens ne serviraient à rien. Qu’il avait un très mauvais caractère ! Il est d’ailleurs agressif avec elle et avec certains médecins qu’il "n’aime pas". Elle lui dit qu’il faut qu’il bouge, qu’il arrête de se laisser aller, "le secoue".
    Il a également subi dans l’été une intervention à l’aorte (Il dit qu’il avait "des fils de fer", oui "des fils de fer", partout !
    Il présente un comportement a-social, et, à plusieurs reprises, a été incontinent anal en plein repas de famille. Son épouse pense qu’il l’a fait exprès.
    Démence fronto-temporale ?
    Le remplaçant de son médecin l’a fait hospitaliser au mois de septembre pour des examens, dans le Service de Gériatrie de l’Hôpital local. Il y est resté un mois. Diagnostic : très grosse dépression m’a dit l’épouse.
    Mais j’apprends qu’il est sous Séroplex depuis plusieurs années.-
    Vous dire encore que les parents étaient des immigrés italiens, qu’il a perdu un de ses frères âgé de 20 ans en 1940 à la Guerre, que le corps n’a pas été rapatrié et que la mère est devenue alcoolique. Il y avait six enfants. Il serait le seul à avoir ce caractère (pathologique ?)
    Voilà, j’aurais aimé avoir votre avis, Docteur, parce que la situation est confuse et que le "il n’a rien" me préoccupe. Néanmoins, je pense avoir une idée de la situation.

    Merci pour votre réponse.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 octobre 2013 à 18:06 , par Michel

      Bonsoir, Lilia.

      Je vais vous répondre comme d’habitude : rien n’est plus dangereux que de faire de la médecine sur Internet. Et vous concevrez sans peine que si la situation est difficile pour vous qui connaissez le malade, elle l’est encore plus pour moi qui ne l’ai jamais vu.

      Ceci posé, je ferais tout de même quatre remarques.
      - La fainéantise n’est pas quelque chose qui vient sur le tard. Pour savoir si nous avons affaire à un paresseux, il suffit de se demander à quoi il a passé sa vie. Et si son caractère a changé, il faut se demander pourquoi.
      - Dire qu’"il n’a rien", c’est ne rien comprendre à ce qu’est une maladie. Il a quelque chose puisqu’il va mal. Il a quelque chose puisque son comportement n’est plus adapté. Ce qui est vrai c’est que nous ne savons pas ce qu’il a, c’est que nous ne trouvons dans son corps aucune explication à son état.
      - Je comprends qu’on discute entre démence et dépression. C’est très difficile, et j’aurais tendance à faire confiance aux gériatres : le diagnostic de démence est une telle solution de facilité que s’ils parlent de dépression il faut privilégier cette hypothèse.
      - Par contre, et au risque de faire hurler 80% de mes confrères, j’affirme et je maintiens que les vieux antidépresseurs sont incomparablement plus efficaces que les nouveaux, surtout dans ce genre de situation. Leur problème est leur mauvaise tolérance dans un grand nombre de cas ; mais si on est vraiment très ennuyé, il est légitime de les essayer : si on a la chance de ne pas avoir de souci de tolérance, ce peut être une excellente solution ; il est dommage qu’elle fasse si peur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 décembre 2012 à 22:35 , par Jean Pierre

    Bonjour,
    Ma mère a 78 ans. Nous avons tous remarqué chez elle depuis quelques années des troubles de la mémoire, parfois importants mais sans incidence véritable sur sa vie sociale.
    Très handicapée depuis son enfance par un scoliose elle consulte régulièrement pour soulager ses douleurs dorsales.
    Depuis 8 à 10 jours, elle a subitement été victimes d’hallucinations. Elle voir dans la maison, dans la voiture, des pantins en cartons représentants des jeunes filles maquillées à l’extrême. Ces visions sont accompagnées de délires. "elle vient de changer de robe pour que je ne la reconnaisse pas" "elle s’est mis une cagoule sur la tête afin que la police croit qu’on l’a kidnappée" "je vais appeler la mairie car je pense que c’est une manoeuvre pour écouter ce qui se passe chez moi"....
    Mon père plus agé et malade n’en peut plus.
    Nous avons noté que ces hallucinations sont survenues au même moment qu’un traitement pour la douleur de CELEBREX et ACUPAN en piqûres.
    L’infirmière inquiète a elle même diminué les doses, puis son médecin, alerté par téléphone, lui a dit de tout arrêter.
    Nous sommes inquiets. Elle a bien sûr des moments de répit plus ou moins longs. Le repas que nous avons pris ensemble samedi a été calme. Mais dès la fin, les hallucinations sont revenues.
    Nous avons surtout peur que le phénomène ne soit pas réversible et qu’elle ne retrouve pas sa conscience. Le traitement peut-il être la cause du problème. Après quelques recherches sur internet, on découvre que ces médicaments ne sont pas sans danger. Celebrex est interdit au Canada.
    Merci pour votre aide. J’oubliais, ma mère vois un neurologue demain soir. J’espère qu’il pourra nous rassurer...
    Jean Pierre


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 décembre 2012 à 19:03 , par Michel

      Bonsoir, Jean-Pierre.

      Je vous réponds rapidement, trop sans doute.

      Mais de toute manière la seule chose à faire est de parier sur un effet des médicaments : c’est le plus logique, le plus simple, le plus efficace et le moins dangereux. Si vous vouliez faire autre chose, alors il faudrait l’hospitaliser, ce qui aurait d’autres effets plus ou moins indésirables ; je ne dis pas qu’il ne faudra pas s’y résigner, mais le meilleur pari est celui de l’effet indésirable.

      Les molécules du type Celebrex sont connues pour pouvoir provoquer des hallucinations. Ce n’est pas une raison pour les rejeter : tout traitement est toujours plus ou moins risqué, mais ce qui compte c’est le rapport bénéfice/risque.

      De la même façon l’Acupan peut provoquer des hallucinations, surtout en cas d’insuffisance rénale, laquelle insuffisance rénale peut toujours être aggravée par les anti-inflammatoires.

      Si c’est possible, je proposerais donc de supprimer ces traitements (c’est fait) et de ne pas ajouter de médicaments qui lutteraient contre les hallucinations : ils ont leurs risques propres et le plus probable est que vous n’en aurez pas besoin. Faites un bilan sanguin (le ridicule serait par exemple, chez une malade qui prend des anti-inflammatoires parce qu’elle a des problèmes rhumatologiques, de passer à côté d’un trouble du calcium...), et attendez de pied ferme (facile à dire). Si les choses ne rentrent pas dans l’ordre (comptez une semaine), il sera toujours temps de penser à des hypothèses plus inquiétantes.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 août 2012 à 15:16 , par chiara

    bonjour,
    je vous avais écrit il y a un peu plus d’un an, concernant ma pauvre maman qui se mourait lentement d’une PSP.Mon père, lui, a fait un avc fin 2010 qui l’a laissé très amoindri, puis vient d’en refaire un, plus "léger" il y a 15 jours. Depuis son premier avc mon père a beaucoup changé dans son caractère, son comportement.Il est très fatigué, dépressif, aigri. Il refuse de sortir avec ses amis, passe ses journées dans son fauteuil avec (ou sans) la télé. Il n’a que 72 ans mais on pourrait lui en donner 20 de plus. Il a des difficultés de compréhension et de concentration, mais n’est pas du tout gaga...Il refuse tout club du 3ème âge où il pourrait rencontrer des gens (de toute façon depuis son avc, les gens en général ne trouvent pas grâce à ses yeux). Bref, il s’isole socialement et est de moins en moins autonome, ce qu’il n’accepte pas du tout, surtout après avoir vécu ce qu’on a vécu avec maman. je le comprends mais que c’est dur pour moi. J’ai du mal à trouver un équilibre entre : "papa tu es adulte et responsable, je te laisse faire", et "papa, tu ne peux plus faire ci, tu ne dois plus faire ça". D’ailleurs des fois quand je suis trop directive, il m’envoie bouler. Mais je suis super inquiète à son sujet car les choses ne pourront pas durer éternellement comme ça ! depuis son dernier avc il ne conduit plus du tout (pour le moment en tout les cas), je lui fais ses courses, lui ai mis en place le portage des repas à domicile, le visite quasiment tout les jours, m’occupe de plus en plus de ses papiers. Mais que c’est triste, tout les jours que dieu fasse, de le voir au meme endroit dans son fauteuil quand je le visite ! je suis fatiguée et inquiète, et ne sais quoi faire.et je culpabilise de le savoir seul ainsi (mise à part l’aide à domicile qui vient 2h le matin) toute la journée.Et de plus, ma mère me manque tellement....


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 août 2012 à 21:21 , par Michel

      Bonsoir, Jo-Anne.

      Je ne retrouve pas votre précédent message, mais je m’aperçois que le forum de cet article est dans un grand désordre. Je ne sais pas ce qui s’est passé, et je n’ai pas les connaissances informatiques pour corriger cela.

      Votre question est terriblement difficile, et je ne pourrai vous donner que des pistes. En effet quand un malade se met à avoir des troubles du caractère, il y a de multiples explications qui, d’ailleurs ne s’excluent absolument pas. Et j’aurais plus vite fait en vous disant qu’il faut (mais votre père l’acceptera-t-il ?) faire intervenir un psychologue, et un particulièrement chevronné, pour essayer de démêler tout cela.

      Un sujet qui fait un AVC, puis un second, a toutes les raisons du monde de se trouver déprimé. Et la dépression peut prendre des formes très diverses, dont l’agressivité. La dépression peut évidemment se trouver redoublée quand il y a un deuil, même ancien.

      Mais par ailleurs le fait même d’avoir un trouble vasculaire cérébral ne manque pas d’avoir un retentissement sur l’ensemble du cerveau, et de perturber le fragile système des médiateurs chimiques ; autre raison d’avoir un trouble de l’humeur, voire une dépression.

      Je suis moins sûr que vous de l’absence de tout trouble intellectuel : il n’y a aucune raison pour que les accidents vasculaires épargnent totalement les aires impliquées dans la cognition, et il y a souvent une détérioration, partielle, stable entre les accidents, qui passe inaperçue quand on ne la recherche pas systématiquement. Et la réaction fréquente des malades (outre qu’elle accroît les phénomènes que j’ai déjà décrits) est de mettre l’entourage à distance, simplement pour qu’il ne s’en aperçoive pas trop.

      Le fait de se sentir dépendant, le spectacle des autres qui sont en bonne santé crée un malaise qui peut prendre la forme d’une jalousie, d’une rancune.

      Il y a aussi des phénomènes de régression psychomotrice qui font que, comme vous le pressentez, le malade renonce à utiliser toutes ses potentialités.

      Il y a…

      Tous ces mécanismes se conjuguent en proportions variables pour produire le tableau que vous décrivez. C’est pourquoi il est si difficile de faire le tri, et c’est pourquoi le recours à un professionnel (et un bon) serait indispensable. Je ne parle même pas de l’influence de votre propre deuil.

      Provisoirement, ce que vous pouvez faire est précisément d’osciller comme vous le faites entre : "papa tu es adulte et responsable, je te laisse faire", et "papa, tu ne peux plus faire ci, tu ne dois plus faire ça". Votre cœur vous trompe certainement bien moins que tout autre organe, et la seule chose que vous ne devez pas faire est de manifester une indifférence. Retenez trois points :
      - Vous ne serez utile à votre père que dans la mesure où vous ne serez pas trop épuisée : vous devez donner tout ce que vous avez, encore faut-il que vous l’ayez.
      - Être malade ne donne pas le droit de vous/se manquer de respect.
      - La bientraitance arrive facilement à la condescendance.

      Voilà. Je sais bien que ma réponse est pauvre, mais je ne peux aller plus loin : il faut voir le cas.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 3 septembre 2012 à 13:42 , par chiara

        merci pour votre réponse,
        je sais que mon père a des troubles cognitifs depuis son avc en 2010, il y a des choses qu’il ne comprend plus ou mal, qu’il ne peut plus faire, mais peu à peu à force de persuasion, en douceur, il a fini par me confier la gestion de certains de ses papiers, par exemple. Il me consulte de plus en plus dès qu’il doit prendre une décision. Vous avez très bien saisi le problème, et il est en effet multiple. Mon père a toutes les raisons d’être dépressif après ce qu’il a enduré pendant le maladie de ma mère, puis son deuil. Il a toutes les raisons d’être dépressif et fatigué après son avc. Mais le problème est qu’il nie son état de santé la plupart du temps, pour me protéger (qu’il croit !) et aussi parce qu’il n’accepte pas sa perte d’autonomie progressive.Bref...c’est difficile de lui faire comprendre qu’il a besoin d’aide sans qu’il se rebiffe, et moi, étant anxieuse, voulant tout avoir sous contrôle, j’avoue des fois ne pas avoir la bonne méthode. Enfin !! désolée d’encombrer votre site ! il y a tellement de gens malheureux sur cette terre, mes "petits" problèmes pourraient paraître bien dérisoires à certains ! ;)) . Ainsi va la vie et il faut l’accepter, je dois manquer de maturité et de phylosophie....


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        • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 5 septembre 2012 à 21:01 , par Michel

          Bonsoir, Chiara (ou Jo-Anne, je ne sais plus très bien).

          Non, ce ne sont pas vos "petits problèmes". Ce sont des difficultés essentielles, et vous avez bien raison de les partager.

          Ce que vos expliquez c’est l’immense difficulté de la prise en charge des vieilles personnes : il faut les aider, les autonomiser, les respecter, et en même temps en prendre soin, ce qui est largement contradictoire. Entre la bientraitance et la condescendance, la marge n’est pas si grande qu’on le pense.

          C’est pourquoi au contraire il est si essentiel de partager votre expérience ; il n’y a guère de savoir constitué dans ce domaine, et c’est par le partage de ce qu’ils vivent que les aidants peuvent arriver à le construire.

          Tout ce que je crois, c’est que vous faites bien mieux que vous ne pensez.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 28 septembre 2012 à 14:03 , par chiara

            bonjour,
            il faut que je parle à quelqu’un là je me sens pas bien. Je reviens de chez mon père, j’étais allée lui préparer ses médicaments et l’ai trouvé confus, mauvaise diction, titubant....d’abord je suspecte les médocs, puis encore un avc...mais non, il s’est remis à boire....je le mets devant l’évidence, il nie et ment comme un arracheur de dents.Il avait pourtant promis sur la tombe de ma mère qu’il ne recommencerait pas, mais voilà....ça sera la xième promesse rompue de s’arreter de boire.Je suis en colère et tellement triste ! On a tellement souffert de l’alcoolisme à la maison ! maman, et papa....maman s’en était sortie.mais papa lui, continue. mais vu son état général, il se met en danger ! etça, ça me met en boule.
            je ne sais pas quoi faire...là je suis partie de chez lui en colère et super contrariée, mais aussi tellement inquiète. ça ne s’arretera donc jamais ?


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            • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 2 octobre 2012 à 21:05 , par Michel

              Bonsoir, Chiara.

              J’ai bien du mal à trouver une réponse acceptable.

              Car je ne vois pas du tout ce que vous pouvez faire ou dire face à une telle situation.

              Vous me racontiez il y a quelques semaines que vous étiez en difficulté pour trouver un juste milieu entre deux obligations : celle de respecter la liberté de votre père et celle d’intervenir pour le protéger, éventuellement de lui-même.

              Mais maintenant vous introduisez une nouvelle donnée, celle de l’alcoolisme ; et d’un alcoolisme ancien.

              Que peut-on espérer de réaliste ? Vous êtes devant un sujet âgé diminué, au plan physique comme au plan psychique. Qui plus est il se trouve en dépression. Et il a des antécédents d’alcoolisme anciens et chargés.

              L’alcoolisme du sujet âgé existe ; il n’est pas facile à prendre en charge, il est volontiers important. La seule consolation est qu’ils ont, compte tenu précisément de leur âge, moins le temps de développer des complications.

              Les sujets déprimés ont fréquemment recours à l’alcool, tant il est vrai qu’on boit pour oublier. Et il est légitime de se poser la question : nous avons envie qu’ils cessent de boire, mais qu’avons-nous à proposer ?

              Enfin il s’agit d’un sujet qui a une pratique ancienne de l’alcool. Je ne crois pas une seconde qu’il puisse modifier ses compromis existentiels à ce stade de sa vie ; à moins qu’un psychologue compétent en gériatrie ne puisse intervenir, et encore : les succès sont rares.

              Je crains donc fort que vous ne puissiez rien faire.

              La seule chose qui puisse vous aider est pratiquement hors de portée : vous souffrez de cette situation, et je le comprends bien, surtout si tout un passé dramatique resurgit pour vous à cette occasion. Mais peut-être avez vous encore assez de force et de lucidité pour vous demander quel est le risque encouru : risque des complications de l’alcoolisme (je crois que c’est limité) ; risque d’un accident domestique, d’une chute... (c’est plus délicat, mais tout de même peu probable, et surtout je ne vois pas très bien ce que vous pouvez mettre en place pour l’éviter).

              Si donc vous pouviez, mettant de côté toutes les émotions qui vous submergent, ne considérer que le risque objectif pour votre père, vous pourriez arriver à concevoir que le risque de la situation n’est pas si important qu’on pourrait le penser.

              Mais il reste, bien entendu, le pire : arriver à vivre avec cette image dégradée de votre père, et avec ce sentiment de trahison qui fait tant souffrir tous les proches d’alcooliques. Je me rends bien compte que ces paroles vous aident fort peu.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 9 octobre 2012 à 10:38

                Bonjour Michel,
                Tout d’abord merci pour votre message qui m’a quand même fait du bien....J’ai parlé (pour la xième fois) avec mon père de ce problème. Pour la Niéme fois il s’est excusé et m’a promis que ça ne se reproduirait plus....10 jours plus tard je retrouve par hasard une bouteille d’alcool dans un placard où elle n’a rien à y faire....J’ai décidé de faire l’autruche cette fois-ci....Je sais que je ne peux pas grand chose pour lui s’il ne veut pas admettre et se soigner, mais je sais aussi qu’il lutte avec plus ou moins de succès tous les jours contre la tentation qu’est l’alcool, et en grande partie à cause de moi. Avant, il buvait lors de fêtes, puis we entiers, puis à cause de la mort de mon frère, puis à cause de ma mère, toutes les occasions étaient bonnes finalement : quand on est joyeux, quand on est triste, etc....Ce qui me dépasse c’est que quand ma mère était accroc à l’alcool, il a (et avec lui, moi et mon frère) beaucoup souffert de cette situation. Mais apparamment ça ne sert pas de leçon. Nous verrons bien ! je suis un peu fatiguée de tout cela.Merci encore pour votre soutien et bonne journée


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                • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 20 octobre 2012 à 12:19 , par Michel

                  Bonjour, Chiara, et pardonnez ce retard à vous répondre, je n’arrive plus à suivre.

                  Malheureusement, je ne peux guère ajouter à ce que je vous ai déjà écrit : vous n’avez aucune solution. La prise en charge de ce problème ne peut être que psychologique, et cela suppose que votre père s’y prête ; ce n’est pas le cas.

                  Je crois que votre position est la seule bonne : considérer qu’il exerce sa liberté, constater que le risque médical n’est pas forcément énorme chez une vieille personne qui n’a plus le temps de de détruire avec l’alcool, et pour autant manifester votre réprobation : le pire serait de lui mettre en scène que cela ne vous intéresse plus.

                  Je vous souhaite tout le courage dont vous allez avoir besoin.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 2 août 2011 à 09:55 , par Michel

    Bonjour, Hassiba.

    Ce que vous vivez est très cruel, et j’imagine bien que cela vous laisse démunie.

    Vous donnez trop peu d’informations pour qu’on puisse évaluer la situation. Par exemple le scanner n’a aucune importance : le seul intérêt du scanner dans ce type de situation est de vérifier qu’on n’a pas affaire à une pathologie type tumeur, hématome ou infection, et la présence d’une atrophie corticale n’a aucun intérêt. Mais en second lieu vous faites remonter les troubles à un an. Nous savons tous que le plus souvent on se trompe, et qu’en réalité la baisse de mémoire a été beaucoup plus progressive, beaucoup plus sournoise, et qu’elle a débuté plusieurs années auparavant. Mais si ce n’est pas le cas, si vraiment le trouble mnésique est récent, alors il faut être très prudent et se souvenir qu’on ne peut guère affirmer un diagnostic en cette matière tant qu’on n’a pas vu l’évolution.

    L’agressivité peut s’expliquer de diverses manières : par exemple elle peut correspondre à un désir de cacher un trouble mental dont le malade n’est que trop conscient et dont il redoute qu’on se rende compte ; il préfère alors passer pour un mauvais coucheur plutôt que d’avouer ses défaillances. Du coup il se peut que son ressentiment à votre égard s’explique justement parce qu’il ne veut pas que vous vous aperceviez de ses défaillances ; ou parce que, de manière totalement irraisonnée, il vous reproche de ne pas l’avoir protégé contre la maladie ; ou parce qu’il voit s’effondrer le bonheur que vous goûtiez ensemble ; il se peut aussi que, le trouble intellectuel étant devenu bien plus profond que vous ne pensez, il ne sache plus que vous n’habitez pas avec lui (ma propre mère, qui pourtant est réputée indemne de toute pathologie de type Alzheimer, est devenue incapable de se souvenir qu’il y a 700 kilomètres entre elle et moi) ; cela expliquerait qu’il se comporte comme si la moindre de vos absences était une trahison ; il se peut encore qu’il garde à l’esprit le souvenir d’une vieille dispute…

    Toujours est-il qu’il n’y a rien à faire ; rien d’autre que le laisser dans ce qu’il veut, en vous disant que s’il a les moyens intellectuels de penser ce qu’il pense il faut lui en laisser la liberté, et que s’il ne les a pas il faut savoir que ce n’est pas réellement son sentiment qu’il exprime. Et ne rien lui retirer de votre amour, même si c’est très pénible et injuste.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 juin 2011 à 23:22 , par dolie

    Bonjour,
    Merci pour tout ce que je viens de lire, très interressant, mais ne répondant pas précisemment à mon problème.
    Ma mère a 90ans et on va dire familièrement : toute sa tète ! elle vie seule dans son appartement et s’occupe de sa cuisine mais ne sort jamais seul, depuis la mort de mon père. Elle est très dynamique et se tient toujours au courant des actualités par la TV. Le gros problème ce sont des moments d’hystérie (dont elle ne se rend pas du tout compte).
    Si on lui dit de suite qu’elle s’est mise en colère ou pourquoi elle crit : ce n’est pas elle mais les gens à qui on ne peut plus parler maintenant ! Il arrive qu’elle parte dans une furie sans limite de paroles et de faciesse d’agressivité. Si la colère arrive en voiture elle peut aussi bien vous tapper ou ouvrir la porte de la voiture en roulant etc .... Poussé à bout un jour où elle agressait ainsi mon mari en voiture je l’ai gifflé !! (je m’en veux encore mais aucun mot ne la calmait).
    J’ai d’autres ex mais je pense que je suis trop longue..
    Que pensez vous de cela... SVP


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 juin 2011 à 15:25 , par Michel

      Bonjour, Dolie.

      Je ne saurais trop vous recommander de prendre ma réponse avec prudence : il s’agit d’une situation que je n’ai pas vue.

      Il m’est donc impossible de faire un diagnostic. Or la question principale est de savoir si nous avons affaire à un trouble psychiatrique pur ou si, contrairement à ce que vous pensez, votre mère n’a plus "toute sa tête" ; il faut savoir que la madie d’Alzheimer par exemple peut évoluer très longtemps da façon totalement inapparente, et il est banal de voir des malades arriver au stade de démence très évoluée alors que la famille ne s’est aperçue de rien.

      Mais sur ce point nous ne pouvons rien dire, faute d’éléments d’observation. Il n’y a qu’un indice :

      mais ne sort jamais seul, depuis la mort de mon père.

      Il se peut fort bien qu’en réalité elle ait perdu une partie de ses capacités d’orientation spatiale, et que depuis plus longtemps que vous ne pensez elle ne puisse plus sortir seule. Mais ce n’est là qu’une hypothèse.

      Passons. Le malade à qui on demande pourquoi il crie et qui répond "Je ne crie pas" évoque plutôt un trouble psychiatrique. Mais il n’y a pas beaucoup de solutions, car les seules drogues utilisables sont les neuroleptiques, avec tout de même des effets importants sur l’ensemble des fonctions intellectuelles. Peut-être faudra-t-il s’y résigner. Quant aux approches psychologiques, elles demandent un grand savoir-faire et des thérapeutes exercés, qu’on ne trouve pas facilement.

      Reste à parler de votre réaction de violence.

      Je comprends que vous en éprouviez une grande culpabilité. Mais il faut savoir vous pardonner à vous-même : on ne peut pas tout assumer sans défaillance, et je ne suis pas fier de tous mes gestes ; ce qui compte c’est que vous en tiriez les conséquences, et que vous appreniez à fuir la situation quand vous sentez qu’elle risque de vous échapper. Encore cela ne vous protègera-t-il pas forcément de tout. Mais surtout restez fière de ce que vous faites.

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 juin 2011 à 15:25 , par Michel

      Bonjour, Dolie.

      Je ne saurais trop vous recommander de prendre ma réponse avec prudence : il s’agit d’une situation que je n’ai pas vue.

      Il m’est donc impossible de faire un diagnostic. Or la question principale est de savoir si nous avons affaire à un trouble psychiatrique pur ou si, contrairement à ce que vous pensez, votre mère n’a plus "toute sa tête" ; il faut savoir que la madie d’Alzheimer par exemple peut évoluer très longtemps da façon totalement inapparente, et il est banal de voir des malades arriver au stade de démence très évoluée alors que la famille ne s’est aperçue de rien.

      Mais sur ce point nous ne pouvons rien dire, faute d’éléments d’observation. Il n’y a qu’un indice :

      mais ne sort jamais seul, depuis la mort de mon père.

      Il se peut fort bien qu’en réalité elle ait perdu une partie de ses capacités d’orientation spatiale, et que depuis plus longtemps que vous ne pensez elle ne puisse plus sortir seule. Mais ce n’est là qu’une hypothèse.

      Passons. Le malade à qui on demande pourquoi il crie et qui répond "Je ne crie pas" évoque plutôt un trouble psychiatrique. Mais il n’y a pas beaucoup de solutions, car les seules drogues utilisables sont les neuroleptiques, avec tout de même des effets importants sur l’ensemble des fonctions intellectuelles. Peut-être faudra-t-il s’y résigner. Quant aux approches psychologiques, elles demandent un grand savoir-faire et des thérapeutes exercés, qu’on ne trouve pas facilement.

      Reste à parler de votre réaction de violence.

      Je comprends que vous en éprouviez une grande culpabilité. Mais il faut savoir vous pardonner à vous-même : on ne peut pas tout assumer sans défaillance, et je ne suis pas fier de tous mes gestes ; ce qui compte c’est que vous en tiriez les conséquences, et que vous appreniez à fuir la situation quand vous sentez qu’elle risque de vous échapper. Encore cela ne vous protègera-t-il pas forcément de tout. Mais surtout restez fière de ce que vous faites.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 4 mars 2011 à 15:08 , par Nanou

    Bonjour, peut-on faire entrer l’animation dans une Institution médicalisée pour personnes âgées (80% d’alzheimeir) et si oui, quel types d’animation ?
    Je vous remercie
    Nanou art-thérapeute


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 9 février 2011 à 21:22

    Bonjour,

    j’ai lu avec beaucoup d’intérêt les pistes que vous donnez sur les personnes âgées.

    Ma mère, 86 ans, souffre de troubles sur lesquels on a mis à peu près tous les noms : paranoïa, hallucinations, démence, Alzheimer ...

    je vais essayer de vous décrire seulement ses troubles, surtout les plus dérangeants.

    d’abord, ça a commencé avec la télévision. tout dépend de ce qui passe à la télé, si les gens rient, alors ils rient d’elles, s’ils crient ou sont énervés, alors ils lui crient dessus, ils sont après elle, et s’ils discutent simplement, alors ils parlent d’elle, en mal bien sûr.
    elle a fini par fuir la télé, donc l’éteindre.
    Mais quelque fois, quand il y a du monde avec elle, elle regarde la télé comme si de rien n’était, ça peut durer tout l’après midi, elle regarde même avec plaisir. Mais soudain, sans cause visible, elle commence à s’agiter et nous demande de l’éteindre en nous disant :"ces gens impolis, qui se permettent de venir chez nous ! est ce que nous on va les "emmerder" chez eux ? !!! (j’ai mis "emmerder" entre guillemets car je ne voulais pas être grossière, c’est le terme qu’elle utilise vraiment)

    après d’autres troubles sont apparus : il y a des gens dans sa chambre, elle nous demande de les faire sortir. elle dit que sa soeur est en bas, qu’il faut aller la chercher (sa soeur n’habite même pas dans le même pays qu’elle)
    dernièrement c’était moi, des gens (imaginaires) lui ont dit j’étais en bas de l’immeuble et que des gens m’empêchent de monter ( je n’y étais pas bien sûr, je n’habite pas la même ville que ma mère) elle était dans un état d’extrême détresse, elle voulait sortir par la balcon pour venir m’aider (elle habite au 5ème étage) il a fallu me téléphoner, que je lui parle, je lui explique que je ne suis pas en bas de chez elle. elle s’est calmée.
    parfois, elle se met à pleurer, toujours en détresse, à appeler :"au secours, aidez moi, mon fils est mort". Bien sûr son fils n’est pas mort.

    à côté de cela, il lui arrive de confondre les relations parentale, moi je suis sa soeur, mon neveu est son fils, sa soeur est sa fille etc.

    ses troubles se sont réellement aggravés depuis quelques mois. sinon depuis le décès de mon père en 2005, elle a été en état de choc, et ne s’en est pas vraiment remise. les troubles de mémoires avaient alors déjà commencé. il faut répéter X fois la même chose, on n’a pas fini de parler, elle a déjà oublié ce qu’on disait. et on est toujours en train de chercher une chose ou une qu’elle ne sait plus où elle a mis.

    à ce jour, elle vit dans son appartement, avec mon neveu, son petit fils qu’elle a élevé, il travaille il rentre que le soir. son fils habite dans le même immeuble il vient la voir aussi tous les soirs. elle a une auxiliaire de vie qui vient le matin de 9h à 11h30 les lundi, mercredi et vendredi.

    mon frère a dû mettre des cadenas à toutes les fenêtres car il arrive à ma mère de vouloir sortir par les fenêtres.

    un de nos plus gros problème, c’est nous sommes d’origine étrangère, ma mère ne parle pas français. nous ne pouvons donc pas la mettre en maison de retraire, ni la faire aider par des associations ou autres.
    nous travaillons tous, personne ne peut rester avec elle 24/24. elle passe donc le plus clair de son temps enfermée chez elle, seule, entre 4 murs, sans regarder la télé (j’en ai parlé plus haut) sans aucune autre occupation.
    Elle me fait penser à un prisonnier qu’on a envoyé au trou. je me dis il y a de quoi perdre la tête.

    ceux qui sont avec elle, n’en peuvent plus. moi je n’y suis pas, mais je suis épuisée et maintenant déprimée à penser à elle, à sa souffrance et sa solitude. Nous sommes seuls face aux troubles de ma mère, même si nous faisons de notre mieux, mais nous l’abandonnons quand même à son sort en l’enfermant toute seule chez elle. on a beau se dire qu’on n’a pas le choix, on a besoin de travailler, mais ça ronge quand même.

    nous ne savons pas quoi faire. ma mère ne voit que son généraliste, elle n’a pas encore vu de spécialiste, on ne sait pas chez quel spécialiste l’emmener.

    je vous prie de m’excuser d’avoir été trop longue.

    en vous remerciant.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 11 février 2011 à 07:04 , par Michel

      Bonjour, Capricorne.

      Votre histoire est tout à fais caractéristique des difficultés auxquelles on peut se heurter. Le problème pour moi est que, comme vous le notez, ce que vous décrivez permet d’envisager de nombreuses hypothèses diagnostiques.

      Il est certain en effet que votre mère présente des hallucinations visuelles et auditives, mais aussi un délire. Par ailleurs il y a un trouble de la mémoire. Mais s’il est banal d’observer des hallucinations ou des délires dans les troubles démentiels (et notamment dans certains types de démence), il est tout aussi banal, notamment par le biais de troubles de la concentration, d’observer une baisse des possibilités mnésiques chez le malade délirant.

      Les choses sont encore plus compliquées du fait que les personnes d’origine étrangère peuvent présenter des troubles psychiatriques particuliers, liés à la perte de leurs repères culturels et au traumatisme que demeure une immigration pas forcément facile, surtout quand on est âgé.

      La seule solution est donc de mesurer. Tout le problème est de savoir si cela est du ressort du gériatre ou du psychiatre ; ou si vous allez avoir la chance de trouver un médecin, il y en a, qui fait les deux.

      Par contre il faut agir :
      - D’abord parce que vous n’allez pas tenir indéfiniment ainsi.
      - Ensuite parce que votre mère va se mettre en danger (sans parler des voisins).
      - Enfin parce que ces hallucinations inquiétantes doivent la faire souffrir.

      Comment agir ? Cela peut être difficile, car souvent le malade le refuse. Mais je suis surpris que votre situation, même éventuellement irrégulière, vous retire toute possibilité d’accès aux soins. Je crois que vous devriez tout de même faire une démarche auprès des services sociaux la mairie pour trouver des informations. Et je ne connais pas de texte (il est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de me poser la question) qui réserve les maisons de retraite aux personnes de nationalité française.

      Je serais heureux d’âtre tenu au courant de la suite.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 17 décembre 2010 à 21:34 , par Thouvenot Jocelyne

    Merci de toutes les explications données sur les personnes âgées sur ce forum, j’y retrouve quelques caractéristiques concernant la pathologie de ma mère qui a dû être placée en maison de retraite, elle a 86 ans suite à une dégénerescense de toutes les fonctions, actuellement elle n’arrête pas de me demander où se trouve ses papiers qui se trouvaient dans une boîte verte, pour la rassurer je lui ai apporté la fameuse boîte sans papiers importants et lui ai expliqué que j’avais tous les papiers chez moi puisque je m’occupais de la gestion de ses dossiers, elle me téléphone toutes les heures pour me demander tjs la même chose, je ne sais plus quoi faire, elle semble rassurée sur le coup et continue peu de temps après à me reposer les mêmes questions, pourriez vous me donner une explication sur cette pathologie, par ailleurs elle a une conversation cohérente mais oublie très vite les conversations ou les visites qu’elle a eues quelque instants auparavant,merci beaucoup,car je suis très démunie de la voir ainsi, Jocelyne.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 19 décembre 2010 à 18:36 , par Michel

      Bonsoir, Jocelyne.

      Il est toujours périlleux de donner un avis sur une situation qu’on ne connaît pas, ou sur une personne qu’on n’a pas vue.

      Mais ce que vous me racontez est assez caractéristique d’une dame qui n’a plus les moyens de mémoriser ce qui lui arrive. La raison pour laquelle elle vous pose toujours la même question est qu’elle n’enregistre pas votre réponse. Et vous n’avez pas d’autre solution que de la rassurer en lui redisant comme vous le faites qu’elle n’a pas lieu de s’inquiéter.

      Mais vous n’avez pas de solution pour lui sortir cette question de la tête. Tout au plus pourriez-vous essayer de la faire parler de cette boîte verte, de ces papiers, voir si quelque chose d’affectif s’y rattache, que vous pourriez désamorcer. Mais c’est très limité, et pas souvent efficace.

      Soit dit en passant c’est l’un des problèmes posés par la "Validation" de Naomi Feil. Elle propose ce type de démarche, et vous pourriez trouver des indications dans ses écrits. Ce qui me dérange c’est que quand on fait cela on e vient vite à manipuler des techniques de psychothérapie, et cela ne s’improvise pas. On ne pourrait pas à la fois dire, comme le propose N. Feil, qu’il est possible d’aider le malade à résoudre des difficultés anciennes, et soutenir que c’est sans danger.

      Donc vous risquez de n’avoir pas d’autre arme que la patience...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 octobre 2010 à 00:22 , par Clojustine

    Bonjour,
    Ma mère, 80 ans, a été diagnostiquée comme ayant de sérieux troubles psychologiques lors d’un bilan complet dans un service de geriâtrie J’étais seule avec elle lorsque le diagnostic lui a été signifié. Depuis, tout en niant toute réalité de ce qui a été considéré comme clair et net, elle s’emploie à m’accuser de tous les maux de la terre (mensonges, vols etc...) Mes enfants ont tendance à la croire elle, plutôt que moi, et je suis en conséquence dans une situation dramatique et actuellement impossible à résoudre (C’est ma parole contre la sienne - qui bien sûr ne vaut pas grand-chose étant donné ce que les médecins ont découvert sur son état mental...)
    Comment puis-je me défendre en faisant état du peu de vraisemblance de ses propos ??? Comment puis-je réussir à prouver mon innocence et ses calomnies de plus en plus graves ??? Merci de votre réponse, j’avoue être totalement perdue face à cette situation qui éloigne de plus en plus mes enfants de moi - et qui me fait souffrir au-delà de tout, alors que je ne suis bien sûr coupable de RIEN...


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 octobre 2010 à 23:19 , par Michel

      Bonsoir, Justine.

      Je serais plus à l’aise si je savais de quoi nous parlons. En effet la réponse sera différente selon qu’à propos de votre mère on parle :
      - D’une démence de type Alzheimer.
      - D’une autre démence, notamment fronto-temporale.
      - D’un délire aigu.
      - D’un trouble du caractère du sujet âgé.

      Il faudrait aussi savoir comment elle était avant. Et quelles sont vos relations avec vos enfants.

      Mais si nous faisons abstraction de tout cela ; que pouvons-nous dire malgré tout ?

      - Que les malades sont souvent très habiles pour faire entrer leurs proches dans leur délire.
      - Que chez le dément le mécanisme de ces délires de vol est assez simple : je sais que j’ai de l’argent ; je me souviens que l’argent est quelque chose qui se vole ; donc je vais le cacher. Mais j’oublie que je l’ai caché, donc je ne le retrouve plus. Et puisque je ne le retrouve plus, c’est qu’on me l’a volé, j’avais raison de me méfier. D’autre part il m’est moins coûteux de penser que vous me l’avez volé que d’admettre que je l’ai perdu ; la principale raison de la colère chez le dément c’est qu’il préfère passer pour un mauvais coucheur que pour quelqu’un qui perd le contrôle de sa vie.

      Quoi qu’il en soit, vous ne pouvez pas vous en sortir.

      Vous n’avez que trois pistes, mais celles-là vous les avez.
      - Retourner voir le gériatre et lui expliquer ce qui vous arrive. Si c’est un gériatre digne de ce nom il prendra contact avec vos enfants et leur expliquera la situation.
      - Ne pas vous laisser faire par vos enfants. D’abord parce qu’ils n’ont pas le droit de douter de vous. Ensuite parce qu’ils ont toute liberté d’aller se rendre compte par eux-mêmes en passant une semaine chez leur grand-mère. Un bon angle d’attaque est de refuser de vous occuper de la gestion des finances de votre mère tant que la confiance n’est pas revenue.
      - Ne jamais perdre de vue que tout cela n’est que manifestation de souffrance. Il est normal qu’une mère qui perd le contrôle d’elle-même s’en prenne à sa fille ; et il est normal que des petits-enfants éludent la souffrance que leur causerait la vue de leur grand-mère démente, même si pour cela il faut s’en prendre à leur mère. Car le pire est d’admettre que les choses sont comme elles sont et qu’on n’y peut rien ; il leur est moins dur de penser que c’est votre faute. Certes, cela n’en mérite pas moins quelques gifles. Mais ne leur en tenez pas trop rigueur, on se défend comme on peut.

      En tout cas, ne luttez pas, vous perdrez. Non, décidément, le mieux est de revoir le
      gériatre.

      J’attends de vos nouvelles.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 février 2010 à 21:06 , par Jeanne

    Bonsoir,
    je viens de découvrir votre site que je trouve clair et enfin d’une grande simplicité pour faire comprendre au lambda de base comme moi les difficultés de comprehension du milieu médical ! Merci.
    Mon pére est âgé de 82 ans et il a fait un AVC il y a 9 ans et il est resté hamiplégique côté droit. Il est chez lui avec ma mère dans une maison adaptée afin qu’il puisse être le plus possible autonome. L’infirmière et le kiné viennent tout les jours.
    Depuis une dizaine de jours, il a eu à 4 reprises des hallucinations (une petite fille est à côté de lui, une personne est restée assise sur son lit toute la nuit, un drap pend devant ses yeux, etc... ) Le plus c’est qu’aprés coup il est conscient d’avoir vu tout ça et se demande pourquoi. Le généraliste est venu le voir et nous dit de ne pas bougé pour l’instant et d’être vigilants. Cela me parait peu et aucun examen n’est envisagé.
    Qu’en pensez-vous ? S’agit-il d’un début de démence ou est-ce des micro attaques qui perturbent encore la fonction cérébrale.
    Merci pour votre réponse.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 28 février 2010 à 07:10 , par Michel

      Bonjour, Jeanne.

      Ces troubles psychiatriques du sujet âgé sont particulièrement difficiles à étudier. Je ne vais donc pas me risquer à vous donner une réponse sur une situation que je n’ai pas vue.

      Il y a deux choses qui me semblent essentielles en termes de diagnostic :

      La première est que votre père sait qu’il voit des choses anormales. Cela tend à indiquer qu’il a des hallucinations mais qu’il ne délire pas : le délirant est celui qui tire de mauvaises conclusions des informations qu’il reçoit. Il existe une foule de situations psychiatriques qui donnent à la fois des hallucinations de des délires, d’ailleurs le sujet qui en est à se fabriquer de fausses sensations n’a souvent pas d’autre solution que de se fabriquer de fausses interprétations.

      Notamment, si votre père a des hallucinations et le dit, cela nous ôte un argument pour penser qu’il va vers une démence ; cela reste possible, mais il vaut mieux essayer de rechercher d’autres explications (notamment les hallucinations sont fréquentes dans les démences de type Alzheimer, mais à un stade où on n’est plus à se poser la question du diagnostic).

      Alors quelles autres explications ? Pas facile. En voici quelques-unes :
      - Une maladie psychiatrique tardive : il y a notamment ce qu’on appelait naguère la psychose hallucinatoire chronique ; mais en principe le malade n’y critique pas ses hallucinations ;
      - Une récidive d’AVC : pourquoi pas ? le processus peut parfaitement toucher une zone sensorielle.
      - Une épilepsie ; mais on voit mal le sujet s’en souvenir.
      - Un médicament, comme toujours en gériatrie.
      - Cette pathologie particulière qui atteint le sujet souffrant de déficit sensoriel (visuel ou auditif) et qu’on appelle le syndrome de Charles Bonnet ; il est fait d’hallucinations isolées survenant chez un sujet en parfaite santé mentale.
      - Mais aussi une foule d’autres situations.

      La seconde est que votre médecin a raison : dix jours c’est très peu, et il ne sert à rien de vouloir traiter des hallucinations dont votre père, par ailleurs, ne se dit pas spécialement gêné. A condition toutefois d’avoir éliminé les causes sur lesquelles on pourrait agir, notamment les médicaments (je suppose qu’en ce qui concerne l’AVC, tout ce qu’on peut faire, c’est à dire pas tellement de choses, est déjà en place).

      Je serais heureux d’être tenu au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 novembre 2009 à 22:42 , par aurelia

    Bonjour je me demandais si vous pouriez me répondre à une question, à savoir qu’elle est réellement la définitions d’une dégénérécence du cerveau ? car des médecins on il y a moin d’un an posé ce diagnostic à mon grand-pére.
    Merci d’avance de votre réponse.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 24 novembre 2009 à 22:48 , par Michel

      Bonsoir, Aurélia.

      J’aurai vite fait :

      Il n’y a pas de définition. Parler de dégénérescence du cerveau n’a absolument aucun sens.

      Si votre grand-père a quelque chose, il faut l’appeler par son nom. C’est une maladie de type Alzheimer, et cela se prouve et se mesure. Ou c’est un problème d’une autre nature, mais il faut dire lequel.

      Bref, je en tiendrais aucun compte de ce qui vous a été dit. Par contre j’irais volontiers voir un gériatre pour vérifier qu’il n’y a rien de sérieux du point de vue cérébral.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 16 mai 2009 à 18:40 , par Michel

    Bonjour, Denise.

    Je ne vais vous répondre que des généralités : l’un des problèmes de la démence c’est que les choses y sont toujours nouvelles et singulières, et le pire qu’on pourrait faire serait de prendre une position sur un malade qu’on n’a pas vu.

    Parlons d’abord des hallucinations. Elles sont fréquentes dans toutes les démences, un peu comme si le fait de perdre l’accès à la réalité habituelle facilitait l’émergence de troubles de la perception du monde (j’utilise, un peu délibérément, des termes qui feraient sauter au plafond n’importe quel spécialiste). Il vous est sans doute arrivé, un jour de grande fatigue, de trouver à votre environnement habituel quelque chose d’étrange. Chez le dément cela peut aller, cela va souvent jusqu’à des états hallucinatoires. Je passe sur le fait que les hallucinations sont plus fréquentes dans certains types de maladie. Je passerai moins volontiers sur le fait que les hallucinations sont aussi l’un des éléments de la confusion mentale, trouble particulier et réversible du cerveau, de survenue brutale, et qui impose au médecin de faire un minimum de vérifications car il y a souvent une bonne grosse cause organique facile à régler (fièvre, déshydratation, médicament, douleur...). Attention : je ne suis pas en train de remettre en cause le diagnostic de démence. Je dis que la confusion mentale peut se surajouter à la démence (surtout à la démence, car il s’agit de cerveaux fragiles), et que si la survenue d’hallucinations n’est guère surprenante chez de tels malades, il convient de faire par principe quelques vérifications.

    Ceci rappelé, il ne faut pas craindre de traiter les hallucinations : elles réagissent souvent très bien à un traitement neuroleptique modéré.

    Mais faut-il le faire ? Pour répondre, il faut considérer deux questions ;

    1°) : Le malade en souffre-t-il ? C’est souvent le cas, car les hallucinations sont angoissantes. Si le malade souffre, il faut être attentif : j’entends bien qu’il y a des moyens de limiter cette souffrance (C’est un des points sur lesquels Naomi Feil dit des choses intéressantes, même si je ne partage pas tout), mais il faut que ce soit efficace rapidement : pendant ce temps-là le malade trinque.

    2°) : En souffrez-vous ? C’est à l’évidence le cas. Et cela il ne faut pas le négliger non plus. Parce que si les choses deviennent trop lourdes à porter, si vous craquez, votre père aura tout perdu.

    Il vous faut donc faire le point, essayer de dédramatiser, évaluer la souffrance de votre père, en parler ; mais si à la fin des fins les choses sont trop difficiles, alors vous aurez peut-être à traiter votre père, même s’il vit bien ses hallucinations ; faisant cela c’est vous que vous soignerez, mais il faut tenir...

    Bien à vous,

    M.C.


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 15 mai 2009 à 23:00 , par denise

    mon père a eu un AVC il y a quelques années désorientation, troubles de mémoire diagnostic démence sénile atteintes de l’œil droit ; le 11 décembre dernier, ma mère est morte ( 87 ans) et mon père (83 ans) s’est retrouvé seul avec des passages d’infirmiers ; mes 2 sœurs et moi même passons à raison d’une fois ou 2 par semaines . malgré les difficultés rencontrées, mon père ne semblait pas vraiment souffrir avec un très léger traitement mais il y a 3 semaines il a commencé à chercher ma mère,à me chercher enfant dans l’armoire,nous ne savons pas comment l’accompagner il craint les hôpitaux comme la peste néanmoins ses hallucinations nous perturbent et nous souhaiterions l’aider sans le contraindre merci de nous donner un conseil


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  • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 18 février 2009 à 05:12 , par aleisha

    Bonjour,
    Je souhaiterais savoir si le terme "trouble du raisonnement" est synonyme du terme "trouble de la pensée".
    Quelle est la différence ?

    Je vous remercie d’avance pour votre réponse.


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    • Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 19 février 2009 à 22:58 , par Michel

      Bonsoir, Aleisha.

      Je vais essayer de vous répondre simplement. Mais il vous faut garder à l’esprit que votre question est d’une immense difficulté.

      Elle est difficile parce que la pensée est une fonction incroyablement complexe, qui associe de multiples fonctions. Il est probable que le raisonnement est une de ces fonctions, très importante, mais pas la seule ; et je ne sais pas si on peut affirmer qu’il s’agit réellement d’une fonction autonome (quand je dis : "Je ne sais pas", je dis simplement que je ne me suis jamais posé la question).

      Le plus simple peut-être pour expliquer ce qu’est le raisonnement est de l’opposer (c’est un exemple classique) au jugement.

      Voyons cela. Nous sommes le matin, et je dois m’habiller. J’ai rendez-vous avec un personnage important.

      Alors la première étape est la collecte des données : Je vais voir un personnage important, je sais que dans ces circonstances la manière dont je serai vêtu peut avoir une influence sur le résultat de l’entrevue.

      La seconde étape et celle du raisonnement :
      - Si je ne mets pas de cravate, je risque de passer pour quelqu’un de négligé.
      - Si je mets une cravate je vais être mal à l’aise car je déteste les cravates.

      La troisième étape est celle du jugement : je préfère réussir mon entrevue (ou : je préfère être à mon aise).

      On voit que je prends toujours ma décision en fonction d’un jugement ; le raisonnement est ce qui aide à la décision, rien d’autre. Même la pensée scientifique est dans ce cas : certes elle s’appuie sur des raisonnements, mais à la base il y a un jugement implicite : je décide de m’en tenir aux résultats du raisonnement. Sans compter toutes les fois où le raisonnement me dit ce qui va se passer, mais ne me dit pas ce que je dois choisir.

      Le paranoïaque n’a pas de trouble du raisonnement : une fois admis que si je me suis gratté la tempe avec mon stylo, c’est que j’envoie un message codé, il n’a plus qu’à appliquer toutes les ressources du raisonnement pour aboutir à la conclusion que je suis chargé de l’espionner parce que je lui veux du mal. Par contre il a un trouble du jugement : il oublie que les gens qui se grattent la tempe sont tout simplement des gens qui ont envie de se gratter.

      Donc le raisonnement est l’une des bases de la pensée. Mais ce n’est pas la seule, et il ne la résume pas. D’ailleurs on sait que les enfants pensent bien avant de savoir raisonner.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 janvier 2008 à 21:44 , par Michel

    Bonsoir, Jane.

    Votre description résume une grande partie de ce qu’on peut dire sur l’accompagnement du malade dément et les dangers de certaines prises en charge.

    Mais il faut faire quelques réserves :
    - Il y a un grand nombre de malades qui se mettent à aller mieux quand ils entrent en institution.
    - Le maintien à domicile n’est pas simple, et même si j’ai personnellement eu horreur de donner des neuroleptiques aux malades déments il n’est pas toujours possible de s’en passer. Je me demande même, rétrospectivement, si je n’en ai pas parfois donné trop peu : la souffrance psychique du malade demande parfois un peu de chimie.
    - Vous avez raison de demander qu’on se mette à la place du malade. A condition de ne pas oublier non plus de se mettre à la place des aidants, qui vivent un enfer.

    Par ailleurs vous commentez de cette manière un article sur "Les troubles psychiatriques du sujet âgé". Dans mon esprit cela excluait la démence, qui n’est pas à proprement parler un trouble psychiatrique. IL est important que nous gardions cela à l’esprit.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 23 janvier 2008 à 17:12 , par jane

    c’est l’histoire d’une fratrie de 3 (2dames de 75 et 90 et 1monsieur de 80 ans) qui ont sombré dans la démence à la même période
    ils habitaient très loin les uns des autres et leur prise en charge a été bien différente
    leurs fins de vie ont été bien différentes :

    la plus jeune vivait avec son mari du même âge, qui lui faisait sans cesse des reproches sur sa façon de manger salement, sur son incontinence et l’odeur qui en découlait, sur sa façon de s’exprimer qu’il ne comprenait pas
    il était exédé mais acceptait peu d’aide, elle pleurait sans cesse et tombait presque tous les jours
    jusqu’au jour où l’époux a décidé qu’il n’avait plus la force de la relever lorsqu’elle tombait et l’a placé dans une maison de retraite
    il a choisi la plus cher pour moins culpabiliser...
    elle se rebellait contre le personnel, griffait ou frappait et continuait à pleurer
    elle est morte de complication pulmonaire suite à des fausses routes dans un service de réanimation

    la deuxieme a vécu 7 ans chez sa fille
    elle participait à la vie de la maison : on lui donnait des legumes ou des fruits à peler pour la cuisine, du linge à plier
    elle bénéficiait de l’aide de gardes malades qu’elle considérait comme des amies et d’infirmières à domicile qui la respectait et l’écoutait
    puis elle a présenté des periodes d’hallucinations épuisantes pour sa fille
    puis une hémiplégie et pendant les derniers mois la fille se levait toutes les 3h pourchanger sa mère de position et la masser, évitant ainsi les escarres
    elle s’est éteinte doucement et sereine entourée des siens

    le frère vivait avec sa femme handicapée
    il déambulait et se dirigeait toujours vers la porte
    il est devenu agressif et maltraitant envers sa femme car il ne comprenait pas que la porte soit fermée à clef
    le medecin a prescrit un traitement neuroleptique
    il ne pouvait plus tenir debout et a développé des escarres
    la prise en charge n’étant plus possible à domicile, il a été hospitalisé jusqu’à son décès

    ne cherchez pas de morale à cette histoire
    simplement en tant que soignant ou accompagnant, il serait bon de se mettre à la place de la personne démente et se demander si on serait capable de supporter la situation qu’on lui impose


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    • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 25 mars 2015 à 12:34 , par mick

      Je viens de découvrir votre site et j’y retrouve des situations qui correspondent à ce que je vis avec ma mère (86 ans). Vous donnez l’exemple de la fratrie et de l’exemple où la personne agée se retrouve en maison de retraite et où sa fin de vie fait froid dans le dos. J’ai les larmes aux yeux en vous écrivant car ma culpabilité est vive d’avoir eu recours à ce moyen pour trouver le calme à la maison. Ma mère vivait chez moi depuis 7 ans
      et petit à petit son état à dégénéré. Elle a un lymphome d’abord traité par chimio et elle a refusé ensuite tout traitement cela fait 10 ans maintenant et elle est simplement suivie pour voir l’évolution, lente à priori !
      Il lui arrivait de croire que j’étais a coté d’elle dans la journée alors que j’étais au travail. Elle se réveillait la nuit et me demandait où était la petite ! Je lui demandait "qu’elle petite" ? - tu sais bien, elle était avec moi et elle n’est plus là !
      Je lui faisait comprendre qu’elle avait rêvé, qu’il n’y a pas de petite chez nous etc...
      Elle refusait de plus en plus de sortir et resté prostrée sur le canapé.
      Mon mari essayait de la stimuler un peu en lui proposant de faire des chose mais elle ne lisait plus, la télé ne l’interressait pas et les voisins n’étaient pas intérressant.
      Nous avons déménagé il y a un an maintenant et nous avons basculé dans une période où elle voulait partir, retourner chez elle (bien sûr elle n’a pas de chez elle) et elle est devenue très agressive avec moi qui l’empêchait, à ces yeux, de faire ce qu’elle avait envie de faire. J’ajouterai que progressivement elle a était incapable de se diriger seule dans la rue. Nous avions peur d’une fugue. Mon mari a subit un lourd traitement pour son cancer et moi je travaillais . J’ai demandais de l’aide pour avoir quelqu’un qui puisse venir quelques heures, au conseil général, mais ma mère faisant sa toilette toute seule cela m’a été refusé.
      Entre temps, nous avons consulté un gériatre qui a conclu après une série de test à une démence.
      J’ai commencé à perdre pied, dans ma vie, dans mon travail rien n’allait plus. Une chose revenait sans cesse : elle voulait partir de la maison et vivre seule et tranquille ! Impossible bien sûr d’envisager cela. La seule solution etant la résidence pour personne agée. Prendre cette décision m’a conduite à une dépression sévère et j’ai quitté mon emploi car incapable d’assumer. Depuis bientôt un an, je vais voir ma Mère tous les après midi. Il y a des hauts et des bas... en ce moment ce serait plutôt la reprise de ces hallucinations (la petite fille est revenu, mon père décédé avec elle toute la matinée etc....) Elle est en période où elle ne veut pas participer et reste dans sa chambre. Elle me dit souvent "heureusement que tu es là"
      Moi, je suis absolument triste de la voir là bas. Je n’arrive pas à espacer mes visites et pourtant mon mari à besoin de moi aussi. Le psychiatre que j’ai vu pendant quelque temps ne m’a absolument pas aidé.
      Pour moi, je pense qu’il n’y avait pas d’alternative à la maison de retraite mais j’ai l’impression d’avoir abandonné ma mère et je ne me le pardonne pas.
      Merci de m’avoir lu


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      • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 29 mars 2015 à 20:17 , par Michel

        Bonsoir, Mick.

        Que vous dire que je n’aie déjà écrit ?

        Mais c’est qu’il ne suffit pas d’écrire les choses pour résoudre les problèmes. Il ne suffit pas de savoir que ce que vous vivez, c’est ce que tout le monde vit quand il lui arrive ce qui vous arrive. Et j’aurai beau vous expliquer l’origine et les ressorts de votre culpabilité, vous ne vous sentirez pas moins coupable pour autant. C’est que la pensée, la logique, le savoir ne peuvent rien contre les sentiments. De même on a envie de vous secouer en vous disant que vous avez tout sacrifié pour votre mère, que vous êtes allée au-delà de vos forces, que vous avez non seulement fait tout ce que vous pouviez mais que vous avez fait plus que vous n’auriez dû (pour un peu on vous dirait que vous devriez avoir honte de vous sentir coupable) : mais cela non plus ne servirait à rien.

        Ce qui peut vous aider c’est de garder en tête que ce sentiment de culpabilité est lié à un processus de deuil. Deuil de votre mère en bonne santé, et c’est inévitable ; deuil aussi, il ne faut pas le perdre de vue car il est plus sournois, de cette relation à la fois magnifique et effrayante qui a fait votre quotidien pendant toutes ces années.

        Or tout deuil engendre toujours une culpabilité. C’est un sentiment très pénible, mais c’est aussi un sentiment normal, qui fait partie de la pédagogie du deuil. Et cette culpabilité liée au deuil n’a pas coutume de durer plus de quelques mois.

        Il vous faut donc :
        - Patienter : c’est une étape du processus qui vous conduit à la guérison.
        - En parler autour de vous : vous ne tarderez pas à voir que toutes les personnes en deuil passent par là.
        - Apprendre à accueillir ce sentiment avec un minimum d’ironie : la culpabilité liée au deuil est comme ces gnomes des contes de fées : agressifs, désagréables, mais pas méchants.

        Je serai heureux d’avoir de vos nouvelles.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 12 octobre 2007 à 19:58

    Votre article m’a beaucoup émue. J’ai tellement ressenti la manière dont mes parents ont été traités. Je ne sais pourquoi je continue à lire de tels articles, car cela me fait souffrir et je devrais aller de l’avant.

    Mais voici : Vous dites qu’il est plus facile de dire que les personnes qui vivent hors normes sont démentes que de dire qu’elles sont saines d’esprit et qu’elles vivent comme elles le veulent.
    Ma belle soeur qui est docteur généraliste a décrété (et convaincu) bon nombre de membres de la famille que ma mère avait Alzheimer parce qu’elle oubliait certaines choses. Elle a aussi décrété que mon père avait un début d’Alzheimer parce qu’il ne savait plus dans quel ordre manger ses mets à table. Il mangeait son yaourt après sa compote !!!. Ma mère n’était pas normale car elle était passionnée de jardin. Ma belle soeur disait qu’elle aurait dû aller sur la Cote d’Azur comme tous les retraités ! Leur maison n’était pas rutilante comme chez elle, donc ma mère perdait les pédales. Oui, je reconnais que mes parents avaient besoin d’aide mais elle a empiré la situation et fait courir des bruits malsains juste pour se débarrasser d’eux, car ils devenaient gênants. Tout le monde l’a croyait car elle est médecin. Bref, j’ai trouvé votre article très logique et celui d’un penseur. Il faut penser pour comprendre les vieux. L’avidité et la course de la vie rend creux et rusé.


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    • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 13 octobre 2007 à 12:22 , par Michel

      Merci de votre appréciation, qui me touche beaucoup.

      Il nous faut toutefois rester très vigilants : car la démence est une maladie extrêmement sournoise, et il est toujours très difficile de faire la part, dans le comportement du sujet âgé, de ce qui relève de sa liberté, de ce qui relève du fait qu’il ne sait plus vivre autrement, et de ce qui relève du fait qu’il a besoin de sauver les apparences.

      En lisant ce que vous écrivez, je me dis qu’il y a trois possibilités :
      - Vos parents n’étaient absolument pas déments, et ont été en somme les victimes, non nécessairement de la rapacité mais de la paresse intellectuelle de certains proches.
      - Vos parents étaient effectivement déments, mais il arrivaient encore assez bien à se débrouiller et les signes de leur défaillance intellectuelle vous faisaient trop mal pour que vous puissiez rester clairvoyante.
      - Vos parents n’étaient pas déments, mais ils ont très vite arrêté d’utiliser leur cerveau quand on les a traités comme des déments. Lisez sur ce point La nuit tous les vieux sont gris, de J. Péllissier : à mon avis l’auteur exagère fortement, mais ce qu’il dit n’en est pas moins réel.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • > Les troubles psychiatriques du sujet âgé Le 14 octobre 2007 à 13:22

        Merci de votre réponse.
        En ce qui concerne mes parents, les points 2 et 3 sont les bons.
        Ma mère était le point 2.
        Mon père le point 3 par la suite quand le tuteur les a mis à l’hôpital. Il se laissait mourir.
        J’ai lu votre article sur le deuil, qui fait part du déni, puis de la colère et enfin de l’acceptation.
        Je ne crois pas avoir dénié, je voulais qu’on les hospitalise chez eux car comme vous le dites, ils refusaient d’aller en maison de retraite. Si c’était impossible, leur trouver une maison de retraite proche de leur domiicile, moderne, équipée, et avec assez de personnel. Ce qui n’est pas le cas d’un hôpital.
        J’ai beaucoup souffert mais plutôt à cause de l’endroit où ils ont été parqués, dans un hôpital en province à 500km de chez eux. Donc, ils étaient isolés.
        Les tuteurs ont accepté peut-être par paresse intellectuelle, mais aussi pour économiser sur l’héritage.
        Je lirai sans doute le livre que vous me conseillez de lire si je le trouve où j’habite. J’habite l’Angleterre.
        Bien à vous.


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