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La méthode Gineste-Marescotti

samedi 8 décembre 2007 par Michel

En quoi consiste la méthode Gineste-Marescotti ?

D’abord, prenons quelques précautions.

J’ai le privilège de connaître Yves Gineste depuis un peu plus de six ans ; j’ai eu l’occasion d’échanger, trop peu pour mon goût, avec lui ; j’ai suivi une formation à cette méthode en 2001. Je ne suis donc pas totalement au fait des dernières évolutions, mais j’ai le sentiment que ces éventuelles évolutions ne sont pas de nature à bouleverser l’opinion que je m’en étais faite.

S’agit-il d’une méthode entièrement nouvelle ? Il faudrait pour en juger être un bon connaisseur de l’histoire de la prise en soin. Tout ce que je peux dire est que je n’en suis pas sûr. Je me souviens que quand j’ai suivi la formation j’étais ébloui mais au fond pas surpris ; ce que j’apprenais n’était pas révolutionnaire, et mon sentiment était autre : tout ce que j’avais pressenti, tout ce que je pensais, c’était donc vrai, c’était réalisable et j’assistais, encore incrédule, à l’accomplissement de ce que je m’étais contenté de rêver. Je ne suis certainement pas le seul à avoir eu ces intuitions, de sorte qu’à mon sens Yves Gineste se situe plutôt à la fine pointe d’un mouvement de pensée dans lequel il a probablement beaucoup de prédécesseurs. Mais cette remarque ne vaut que pour les principes de base de la méthode. En ce qui concerne son développement et son application pratique, non seulement il a découvert, repéré, mis au point une foule d’innovations qui en font un inventeur de premier ordre, mais en outre il a eu le courage de mettre en application ce que, comme quelques-uns, je n’avais fait que supputer ; et pour avoir eu cette audace il occupe une place particulière dans le prendre soin.

D’ailleurs tout cela importe peu : ce qui demeure c’est que partout où les soignants ont accepté de se former à la méthode Gineste-Marescotti, c’est toute la prise en soin qui s’en est trouvée révolutionnée, et que cette révolution à ma connaissance n’a pas d’équivalent.

LA MÉTHODE GINESTE-MARESCOTTI :

La méthode Gineste-Marescotti se développe autour de deux situations de soins très classiques : la manutention des malades et la toilette. Ces deux situations occupent dans l’activité des professionnels de soin une place particulière : la manutention parce qu’elle constitue un acte dont la réalisation devient très vite délicate si on veut qu’il soit réalisé en sécurité pour le malade et le soignant ; la toilette parce que dans une journée de soignant elle représente une part très importante du travail ; les deux enfin parce qu’ils sont l’occasion d’un contact très intime avec le patient, ce qui fait qu’on parle volontiers à leur sujet d’actes relationnels ; la toilette notamment est volontiers présentée comme un temps relationnel privilégié [1]. Pour une bonne part la richesse de la méthode Gineste-Marescotti réside dans une reconsidération point par point des techniques relatives à ces deux types de situation. Et toujours pour une bonne part elle se présente tout simplement comme une formation à la toilette.

Mais pourquoi faire ?

Quiconque a pénétré un jour dans une institution gériatrique garde pour toujours dans son souvenir l’image de ces vieilles personnes démentes, grabataires, mutiques, recroquevillées, qui semblent ne plus réagir à rien. La toilette de ces patients est souvent très difficile tant leur hypertonie les replie sur elles-mêmes, et tant ils semblent s’opposer aux soins, qui dès lors ne peuvent se dérouler que dans une certaine violence. N’insistons pas sur cette description, les souvenirs qu’elle rappelle à tout soignant sont suffisants.

La base théorique de la méthode Gineste-Marescotti est le concept d’« humanitude ». Yves Gineste dit que tous les animaux se reconnaissent à des spécificités de comportement. Et il décrit six caractères propres à l’humain : le regard, la parole, le toucher, la verticalité, le vêtement, la socialisation. Il dit, ce qui au demeurant ne lui est pas propre, que le nouveau-né doit, pour devenir membre de la communauté humaine, être humanisé ; le processus d’humanisation se fait parce que sa mère lui parle, le touche, etc... il entre alors en « humanitude ». Et Yves Gineste remarque qu’il est possible de sortir de l’« humanitude » : c’est ce que faisaient les nazis aux déportés, c’est ce qui se passe aussi très souvent en gériatrie, quand on a affaire à un patient affaibli par la démence, quand on ne veille pas à maintenir opérationnels tous les canaux d’humanisation [2]. Ici encore, tout professionnel de la gériatrie se souvient de ces malades qu’on a laissés se grabatiser, qu’on n’habille plus, qu’on ne sort plus de leur chambre, et à qui on oublie de parler.

Dès qu’on admet ces points, qui tout de même sont difficilement contestables, la méthode Gineste-Marescotti devient d’une évidence désarmante : il s’agit de réaliser ce soin particulier qu’est la toilette en veillant à rouvrir tous ces canaux d’humanisation. Partir du principe que, démente ou non, la personne dont on va s’occuper est un humain absolu qu’il faut ramener en « humanitude » ; cela se fait en lui parlant, délibérément, en le baignant littéralement de paroles ; cela se fait en le touchant, délibérément, en gardant avec lui en toutes circonstances un contact physique ; cela se fait en veillant au cours de la toilette à aborder les zones du corps dans un ordre qui respecte à la fois les règles d’hygiène [3] et les fondamentaux de l’éthologie humaine ; cela se fait... Ne soyons pas naïfs : les techniques de la méthode Gineste-Marescotti sont le résultat d’un énorme travail d’observation et d’expérimentation, et elles supposent une approche d’une grande précision. Mais enfin cela s’apprend, et si l’application est précise, les principes, eux, sont relativement simples.

Dans ces conditions il se passe deux choses, symétriques et capitales. La première est que le malade est inondé de messages qui lui rappellent sa condition d’humain. La seconde est que le soignant se découvre une manière d’être dans le soin qui, parce qu’elle bannit toute violence, parce qu’elle est fondée sur la confiance en l’autre, sur la confiance en ses propres potentialités, et sur la confiance en ses propres émotions, parce donc qu’elle est tout cela lui permet de se sentir en harmonie avec sa vocation de soignant, et de retrouver (quand ce n’est pas trouver) le bonheur de soigner.

Ne nous attardons pas sur les détails. Ce qui se produit alors dans un grand nombre de cas est tout simplement prodigieux : ces humains se mettent à retrouver des comportements d’humains. On voit couramment de ces déments profonds, grabataires, mutiques, figés, se détendre, regarder, sourire, dire quelques mots, accepter de se remettre debout, de marcher... [4]

L’enjeu est colossal. Les gériatres savent que la maladie d’Alzheimer n’a pas de raison, sauf à la toute fin des dernières semaines d’évolution, de mettre les malades dans l’état où si souvent nous les voyons. Pour le dire en raccourci, neuf fois sur dix le dément grabataire est un grabataire immérité. Et même si, dans l’hôpital où j’exerçais à l’époque, le mouvement avait commencé avant la formation à la méthode Gineste-Marescotti, je témoigne qu’en appliquant des principes voisins nous étions parvenus à ramener à 10% le taux de grabataires, et à 0% celui des contentions. Je ne parlerai même pas des conséquences sur le bien-être des équipes.

LES OBJECTIONS À LA MÉTHODE :

Les techniques développées par Yves Gineste sont probablement incontestables. Sans doute peut-on les améliorer, sans doute verra-t-on que certaines sont à abandonner, sans doute en verra-t-on naître d’autres, mais il est peu probable que cela remette en cause les principes de la méthode, ni son architecture générale.

On adresse à la méthode Gineste-Marescotti de nombreux reproches. Il en est qui sont à examiner, il en est qui témoignent d’une ignorance totale de ce qui s’y passe ; il y a des critiques absurdes, d’autres qui sont malveillantes, d’autres enfin qui sont carrément diffamatoires. Le but ici n’est pas de les énumérer toutes mais d’en décrire quelques-unes parmi les plus significatives.

La distance thérapeutique :

On sait que dans la formation des soignants la mise à l’écart des émotions est un principe fondamental. Dans la méthode Gineste-Marescotti au contraire, la survenue des émotions est considérée comme saine, voire nécessaire, et elle est favorisée ; le postulat de base d’Yves Gineste est que l’émotion qui naît dans ces moments-là, si du moins la technique est correctement appliquée, ne saurait être pernicieuse, et qu’au contraire, surtout vis-à-vis du dément dont on sait combien il est sensible aux affects, cette émotion du soignant est un instrument de soin.

Je suis un peu plus réservé sur ce point. Je considère moi aussi que l’émotion n’a certainement pas à être déniée, et que le bon soignant n’est pas celui qui ne tient pas compte de ses émotions mais au contraire celui qui est capable de les éprouver et de les identifier ; et je répète volontiers que le soignant n’a pas des mains mais bien plutôt des bras. Dans ma pratique actuelle des soins palliatifs, je ne manque pas une occasion de faire place à mes émotions ; mais j’ajoute que je me sens comptable de ces émotions : j’ai le droit de prendre le malade dans mes bras, mais à la condition absolue de savoir que je l’ai fait et de pouvoir dire pourquoi. Les émotions des soignants sont fondamentalement bonnes, mais on s’exposerait sans doute à quelques mécomptes si on négligeait les singularités du contre-transfert. Tout cela dit, si l’opinion d’Yves Gineste est que la prudence vis-à-vis des émotions des soignants a fait plus de mal que les contre-transferts inconsidérés, je la partage [5].

Les soins équivoques :

Plus difficiles à admettre sont certaines insinuations, entendues ici ou là, qui tournent autour de l’idée que la méthode Gineste-Marescotti pourrait comporter des éléments douteux, à la limite de la gérontophilie. C’est ainsi que lorsqu’Yves Gineste préconise, pour les parties les moins intimes du corps, de procéder à la toilette à mains nues, certains s’offusquent comme s’il proposait on ne sait quel massage thaïlandais. Ces soupçons seraient simplement ridicules s’ils n’étaient pas aussi injustement blessants. Mais qu’en est-il ?

Du point de vue de l’hygiène la toilette à mains nues ne pose aucun problème : que l’on sache, c’est celle que chacun d’entre nous pratique sous sa douche, et le corps de l’autre n’a aucune raison d’être plus sale que le corps de soi. Mais, justement, il s’agit du corps de l’autre. Et cela pose problème. Certes ; mais que dirons-nous ? Le professionnel de soin, parce qu’il est professionnel, dispose d’un privilège particulier, en vertu duquel il a le droit de pratiquer des actes qui, effectués par tout autre, seraient considérés comme des coups et blessures ou des agressions sexuelles. De ce point de vue on se demande pourquoi la toilette à mains nues serait plus problématique que le toucher rectal, sous la seule réserve qu’elle ait fait la preuve de sa pertinence. Et, précisément, elle l’a faite. Quand il s’agit de sortir un dément grabataire de son terrible isolement, il me semble que le seul critère est celui de l’efficacité [6].

Cela dit la toilette à mains nues pose problème : je puis parfaitement décider d’y procéder, et me sentir à l’aise dans cette pratique, mais il reste que pour le malade elle peut correspondre à une anomalie : dans le monde du soin le malade n’est habituellement pas lavé ainsi, et le malade le sait. Tout est donc ici affaire, si on ose dire, de tact et de doigté [7].

Il reste que les fantasmes d’obscénités qui peuvent se lire ici où là ne font que refléter le désarroi de censeurs probablement mal à l’aise : les raisons qui y président sont paradoxalement les mêmes que celles qui, a contrario, dénient à la personne âgée toute sexualité.

Reste enfin à considérer la place prééminente faite à la tendresse. Le médecin de soins palliatifs que je suis ne peut que s’en féliciter, tant la tendresse est valorisée en fin de vie.

La notion d’« humanitude » :

On a vu que la méthode Gineste-Marescotti repose sur ce concept d’ « humanitude ». Ce concept a été développé par Yves Gineste et Jérôme Péllissier dans leur livre éponyme [8]. J’ai eu l’occasion d’assister à sa naissance, et je me sens donc en mesure d’en parler un peu.

Au départ le terme d’« humanitude » est emprunté à Albert Jacquard, même si depuis les auteurs ont pris leurs distances. Le mot désigne, comme je l’ai dit, le fait pour un humain d’être intégré à la communauté des humains, et cette intégration se fait par un certain nombre de signes par lesquels l’humain se reconnaît comme semblable aux autres humains, et reconnu par eux comme tel.

Mais pourquoi ne pas parler tout simplement de processus d’humanisation ? Pourquoi ne pas parler tout simplement d’« humanité » ? A cette question les auteurs répondaient en 2005 que le terme d’« humanité » leur paraissait trop connoté de thèmes de compassion, voire de charité. Je n’en suis pas certain, et au reste si je devais énumérer les qualifications de l’humain il me semble que le pouvoir de compassion ne serait pas un mauvais candidat. Toujours est-il qu’ils ont préféré créer un mot. Il est toujours dangereux de créer un mot, surtout si le concept qu’il est censé exprimer n’est pas à la hauteur de cette création ; quand on fait cela les mots se vengent, on verra plus loin que c’est en partie ce qui est en train de se produire.

Reprenons les six caractères qui, selon la théorie d’Yves Gineste, président à l’entrée en « humanitude » : le regard, le toucher, la parole, la verticalité, le vêtement, la socialisation. Tout le monde souscrit en première analyse. Cependant on voit vite quelques failles. Bornons-nous à en signaler deux.
- Considérons le vêtement : chacun sait qu’à tout le moins le vêtement n’occupe pas la même place dans toutes les cultures, et qu’il en est de nombreuses où il semble ne jouer aucun rôle dans le processus d’humanisation : le repas en commun serait plus pertinent. Je soupçonne que si le vêtement figure dans la liste, c’est parce que dans notre pratique de soignants nous voyons de nombreuses situations où la négligence dans l’habillement témoigne de la déshumanisation. Mais du coup on voit que la liste a été bâtie pour partie sur l’observation des mécanismes de l’humanisation, et pour partie sur celle des mécanismes de déshumanisation. Rien ne dit que ces listes doivent et puissent être équivalentes.
- Considérons la verticalité : on voit bien quelle est l’idée. Mais on peut facilement objecter que, précisément, l’humain est celui qui est capable de reconnaître comme humain un autre humain qui se trouve incapable de se lever. Ce qui fait que l’humain est humain, c’est qu’aucun de ces signes distinctifs de l’« humanitude » ne lui est réellement nécessaire.

Ce qui fonde la méthode Gineste-Marescotti, c’est le constat qu’en réutilisant certaines stimulations qui font partie intégrante du processus d’humanisation, on peut ramener certains malades dans la communauté humaine. Et ce constat est irréfutable. Mais cela ne signifie en rien que le processus d’humanisation soit alors correctement décrit. C’est même à mon sens totalement faux.

L’« humanitude » telle qu’elle est décrite par Yves Gineste est à l’humain ce que la vachitude serait à la vache : chez les vaches aussi il existe un certain nombre de stimulations par lesquelles la communauté des vaches intègre les veaux dans la communauté des bovins. Et il y a fort à parier que si la vache ne veillait pas à vachiser son veau celui-ci ne pourrait devenir un bovin. Mais ce que nous utilisons dans cette conception de l’« humanitude », c’est l’éthologie humaine ; c’est ce par quoi l’animal humain se perçoit comme un animal humain faisant partie de la communauté des animaux humains, et est perçu par elle de cette manière. Cette approche éthologique est particulièrement importante quand on a affaire à des malades déments, car l’observation courante montre qu’ils y sont extrêmement sensibles. Et l’apport irremplaçable de la méthode Gineste-Marescotti est de rappeler que rien ne peut se faire si on ne respecte pas des règles de communication et de prise en soins.

Mais je crois, moi, que l’humain est un animal particulier, qui se distingue de l’animal et qui le sait. Je crois que l’humain est l’animal qui décide qu’il est humain, pour reprendre l’idée de J.-C. Guillebaud [9]. S’il y avait une « humanitude », elle serait là, et non là où Yves Gineste la met. C’est pourquoi il est possible à un humain de reconnaître un humain dans le dément grabataire mutique. C’est pourquoi cet humain peut décider que l’autre est un humain, et qu’il peut décider de le réveiller à l’humanité en respectant les lois de l’éthologie. C’est parce qu’Yves Gineste décide que l’autre est un humain qu’il peut trouver les moyens de le réhumaniser. Cela ne retire rien à la validité pratique de la méthode. Par contre il s’agit d’une position philosophique totalement différente, et qui n’est certainement pas sans conséquences. En particulier si la méthode Gineste-Marescotti est incomparablement supérieure à toute autre pour prendre en charge le dément grabataire mutique, elle pourrait bien s’avérer nettement moins adaptée chez les autres patients, notamment ceux qui n’ont pas perdu le langage. Ce qui là est efficace dans l’approche préconisée par les formateurs de l’Institut Gineste-Marescotti, c’est probablement plutôt tout le travail latéral qui est fait sur les notions de tendresse et de maltraitance. Il est juste de dire que sur ces points aussi ils apportent énormément.

LES CALOMNIES :

Dans ces conditions, que dire des attaques, parfois virulentes, qui sont menées contre Yves Gineste, qu’on accuse pêle-mêle d’être rapace, obsédé sexuel, gourou de secte ?

Sur le fond, n’en disons rien : non seulement ce serait se salir, mais l’amitié que j’éprouve pour lui me décrédibilise. Mais comment se fait-il qu’il attire une telle haine ?

L’Institut Gineste-Marescotti est un établissement privé lucratif. Je ne sache pas qu’il soit le seul. Quand je l’ai fait venir dans mon établissement, le tarif m’a paru correct. Mais le fait est qu’il fonctionne, et plutôt bien, si j’en juge par les délais nécessaires pour obtenir une formation. Or Yves Gineste a un énorme défaut : il n’est pas professionnel du soin. Et j’imagine sans peine à quel point il doit être insupportable pour un formateur issu du monde du soin de se trouver confronté à ce supplice : voir toute sa pratique, tout ce à quoi il avait cru, tout ce qu’on lui avait enseigné, tout ce qui faisait ses valeurs, tout cela balayé par un énergumène venu on ne sait d’où. Dans ces conditions il faut à tout prix l’éliminer ; c’est visiblement ce que certains essaient de faire. Dans ce mouvement de violence, il y a de la jalousie, il y a sans doute la mobilisation de pulsions inconscientes libérées par ce que les propositions d’Yves Gineste ont de déstabilisant, il y a aussi, même si elle ne saurait excuser de tels comportements, beaucoup de souffrance.

Mais il doit aussi se trouver des professionnels honnêtes qui se méfient de lui. Il me semble que les fantasmes de dérive sectaire naissent de cette manière. Ils naissent parce que, tout de même, la chose est tellement incroyable que la méfiance est somme toute normale. Ils naissent aussi parce qu’on a trop vu de ces prétendus découvreurs de pratiques étranges qui se targuaient d’afficher des résultats surprenants. C’est vrai et je continue à penser (mais il le sait, je le lui ai souvent dit) qu’il il a tort de croire que ces résultats sont tellement spectaculaires qu’ils peuvent se passer de preuves : ils sont spectaculaires, mais il n’échappera pas à la nécessité de les faire valider. Ils naissent enfin parce que le concept d’« humanitude » ne me semble pas résister à une analyse un peu serrée, et que cela se voit. Or on se méfie, et souvent à juste titre, de ces techniques reposant sur des concepts mal étayés. Je l’ai dit plus haut : les mots se vengent. Dommage, car la méthode Gineste-Marescotti, elle, est une pure merveille.


Notes

[1Je persiste à penser qu’il y a là une anomalie dans la culture occidentale du soin : si l’objectif est d’avoir du temps relationnel, le mieux serait de s’asseoir et de bavarder ; et si c’est du toucher relationnel qu’il faut, il existe sûrement de meilleures occasions que la toilette

[2Surtout, n’allons pas plus loin dans cette voie : il s’est trouvé trop de trublions pour se permettre des comparaisons insultantes entre les maisons de retraite et les mouroirs de tous ordres ; rien n’est plus injuste.

[3Et il y aurait à dire sur la manière dont ces règles parfois sont enseignées.

[4Gardons raison : c’est largement du pas simulé ; mais simulé ou non le pas est bon à prendre, le malade est verticalisé, il recommence à habiter son environnement.

[5Par contre l’idée que cela puisse faire l’objet d’un enseignement pose des problèmes théoriques passionnants.

[6Et ce qui est mis en question par cette pratique, c’est simplement l’éviction du gant de toilette : Yves Gineste indique qu’il a comparé la toilette à mains nues et la toilette avec des gants de latex, sans trouver de différence significative. En ce qui me concerne, quand je suis amené à faire une toilette, je pratique à mains nues.

[7Le même problème s’est posé quand j’ai voulu participer aux toilettes : il m’a bien fallu tenir compte du fait que pour le malade il n’est pas normal d’être lavé par le médecin.

[8"Humanitude" d’Yves Gineste et Jérôme Pellissier, aux Editions Armand Colin.

[9Voir "Le principe d’humanité", Seuil éd.

51 Messages

  • La méthode Gineste-Marescotti Le 11 décembre 2012 à 19:35 , par Paul

    Cher Monsieur,

    pourriez vous m’aider ? Je prépare un mémoire de fin d’année (baccalauréat international) sur le lien à faire entre l’humaniture et la production d’endorphines. Existe-t-il des études qui pourraient prouver qu’en effet, le lien peut se faire ? Médecine traditionnelle et medecine parrallèle sont de plus en plus alliées pour certains traitements.
    Un immense merci d’avance


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 11 décembre 2012 à 22:52 , par Michel

      Bonsoir, Paul.

      Je ne peux malheureusement guère vous aider, car je n’ai aucune information à ce sujet.

      Je ne crois pas que des études aient été faites. La meilleure manière de vous renseigner serait de contacter l’Institut Gineste-Marescotti : si quelque chose existe, ils le savent.

      D’un point de vue théorique, la réponse est probablement assez simple : on ne serait pas étonné d’apprendre que toute prise en soin adaptée favorise la sécrétion d’endorphines. Certaines méthodes plus que d’autres ? C’est possible.

      Reste à savoir quel est, en dehors d’un effet antalgique, le rôle des endorphines, dont je crains qu’on ne leur prête des vertus qu’elles n’ont pas. Ce ne sera pas, d’ailleurs, la moindre de vos difficultés que de faire un point argumenté des connaissances à ce sujet, pour ma part j’en serais bien incapable.

      Mais je reste à votre disposition.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 21 novembre 2012 à 13:11 , par Lagneau

    Bonjour,
    à propos de vos réserves sur la notion d’ "humanitude", vous dites que les mots se vengent. Pourriez-vous expliquer, et donner des exemples ?
    Merci d’avance


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 21 novembre 2012 à 22:07 , par Michel

      Bonsoir.

      Votre question est lapidaire, la réponse ne le sera pas ; encore vais-je abréger, car je suis un peu pris par le temps. Mais il faudrait de très longs développements, pardonnez-moi de faire sommaire. Peut-être devrais-je me limiter à vous renvoyer à la formule de Camus : mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.

      Que les mots se vengent, c’est une banalité.

      Songez aux éléments de langage du monde politique. Prenez par exemple le mot de réforme. A tort ou à raison, c’est un mot qui a toujours été associé à la notion d’amélioration ; on réforme ce qui ne fonctionne pas, mais toujours pour le faire fonctionner mieux. Et voici que la droite (je suis sur mon site, j’ai bien le droit de dire ce que je veux...) s’est mise à utiliser ce mot pour qualifier une politique de régression sociale ; il m’importe peu ici de savoir si cette régression était ou non évitable, je crois que pour une part au moins elle ne l’était pas ; mais croyez-vous que si, au lieu de galvauder le mot de réformes, le pouvoir de l’époque avait osé parler de sacrifices, nous en serions là où nous en sommes ?

      Le problème, c’est que quand on change un mot on s’imagine systématiquement qu’on a changé la chose qu’il désigne ; et c’est cela qui est faux, et c’est ainsi que les mots se vengent. Considérez le monde du handicap. En France on tient beaucoup à ce que les aveugles soient des non-voyants, et les handicapés des personnes à mobilité réduite. Pardon,mais ce n’est pas ça qui construit les rampes d’accès ou qui installe les signalétiques sonores, ce n’est pas ça qui sortira la France des mauvais élèves de l’Europe. Par contre en édulcorant le mot on a diminué la visibilité du drame que reste le handicap, et sans doute a-t-on contribué à rendre moins urgente sa solution.

      La même chose arrive avec les concepts gériatriques.

      Dans le monde de l’"humanitude" on ne parle pas de démence ; c’est mal vu. Il faut parler de syndromes cognitivo-mnésiques. Et moi je parle de démence. Mon combat c’est pour qu’on change, non le mot qui la désigne mais le regard qu’on porte sur elle ; et on ne changera le regard que si on sait qu’on la regarde, ce qui suppose qu’on la reconnaisse. Or je ne compte plus les exemples concrets de professionnels totalement incapables d’analyser ce devant quoi ils se trouvaient, simplement parce qu’ils n’avaient pas compris à quelle situation ils avaient affaire ; c’est que l’idée de syndrome cognitivo-mnésique entretient l’idée que ce n’est pas la démence, qu’il y a donc un pronostic moins sombre, alors que ce n’est pas le propos. Autant il faut tenir ferme qu’il n’y a pas rien à faire quand on rencontre un dément, que c’est une personne avec qui il y a une relation, qu’il y a des capacités à mobiliser, etc., autant le refus de la nommer pour ce qu’elle est aboutit à des désastres récurrents.

      On commet un autre type d’erreur avec ce qu’on nomme les CAP. A l’origine l’acronyme désignait les "Comportements Agressifs Perturbateurs". Comme Yves Gineste trouvait (à juste titre d’ailleurs) que cette appellation avait un côté stigmatisant pour le malade, il a voulu trouver une formule qui explique mieux la réalité de ce qui se passe. Et comme ces malades ne sont agressifs que par réaction, comme ils ne sont perturbateurs que par nécessité, il a proposé de les appeler "Comportements d’Adaptation Psychologique". Ce qu’il n’a pas compris c’est à quoi sert de nommer. Et cela ne sert pas au malade, qui n’a que faire d’être nommé, mais au professionnel qui, lui, doit absolument savoir les repérer pour pouvoir adopter le bon comportement (et le bon comportement est celui qu’Yves préconise, il n’est pas le seul, d’ailleurs). Or ce qui permet le plus sûrement de repérer les CAP, c’est ce qu’ils suscitent en moi, et ce qu’ils suscitent en moi c’est le sentiment qu’ils m’agressent et qu’ils me perturbent. Faute d’une appellation adaptée, alors on perd, je le vois souvent, un part de son aptitude à reconnaître les CAP ; et c’est le malade qui en fait les frais.

      J’ai eu le privilège d’assister à la naissance du concept d’"humanitude" ; les auteurs du livre m’ont fait l’honneur de me le faire lire avant sa publication. Je leur en ai fait une critique serrée, et je parlais notamment du terme d’humanitude, dont je ne voyais pas la nécessité, quand celui d’humanité allait si bien. Ils m’ont répondu :
      - Qu’il fallait faire référence à la révolution intellectuelle qui a accompagné le mot de négritude, ce qui est une sottise quand on sait le sens que Césaire entendait donner à ce mot.
      - Que l’emploi du mot humanité risquait d’avoir trop de connotations judéo-chrétiennes. On retrouve là un anticléricalisme totalement immaîtrisé (et qui méconnaît complètement que si les religieuses se comportaient comme elles se comportaient, si par exemple elles spiritualisaient la douleur, c’était d’abord parce qu’elles n’avaient pas de morphine, et que dès qu’elles en ont eu elles en ont donné).

      Toujours est-il qu’on a fabriqué un mot, et que fabriquant un mot on s’est imaginé qu’on fabriquait une chose. Or, dans la "philosophie de l’humanitude", il n’y a rien. Ou plutôt non : il y a quelque chose, mais pas ce que ses promoteurs croient. Et c’est dommage parce que j’ai la conviction que si on s’en donnait la peine on y trouverait des idées particulièrement importantes pour notre civilisation.

      Et la vengeance des mots se manifeste dans ce que je vois de plus en plus souvent, et qui réalise ce sur quoi j’avais alerté Yves voici dix ans cette année. Tant qu’il faisait les formations lui-même, tout allait bien. Puis il a formé des formateurs, et cela se passait plutôt bien. Mais depuis que les formateurs ont formé des formateurs, on voit bien que l’esprit de la "métho" tend à se diluer, et on se demande parfois si on n’entre pas dans des dérives bizarres. Ce qui fait le lit de ces dérives, c’est qu’on utilise à tort et à travers des mots qu’on ne sait pas définir.

      Et cela me peine car cela risque à terme de compromettre l’avenir d’une méthode de prise en soins que je continue à considérer comme la meilleure que j’aie jamais connue.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • La méthode Gineste-Marescotti Le 22 novembre 2012 à 10:51 , par Lagneau

        Bonjour,
        Merci pour votre réponse. Si je résume, la "vengeance" du mot humanitude, ce serait d’envoyer les soignants non pas à la découverte de l’humanité des malades, mais sur la piste, hasardeuse et trompeuse, d’une représentation de leur humanité. Et en l’occurrence, cette représentation est bâtie sur un principe d’efficacité (trouver des points d’appui, d’accroche, d’attachement, pour communiquer avec des personnes souffrant de démence), mais pas sur l’expérience d’être humain quand on vit avec une démence ou avec un handicap.
        Si je vous suis, la méthode GM serait une technique, la meilleure qui soit actuellement, pour soigner une certaine catégorie de malades (les personnes âgées souffrant de troubles cognitifs), mais elle ne dit rien sur la signification de l’acte de soigner, d’où les méprises récurrentes au sujet de la "philosophie de l’humanitude".

        Je mène des enquêtes dans les services d’aide et de soin à domicile, et certains ont essayé cette méthode. Les directions étaient contentes, elles avaient ainsi l’impression d’être à la pointe de ce qui se fait en matière de toilette et soins d’hygiène. Les intervenants l’étaient un peu moins, d’une part ils avaient l’impression de ne rien avoir appris de nouveau, d’autre part ils s’inquiétaient d’une remise en cause de la relation qu’ils avaient créée avec les personnes, et qui les amenait parfois à effectuer les soins d’une façon très différente. Par exemple, ils ont appris à limiter la toilette à pas grand chose, dans certaines situations où ils savent que la personne risque de se sentir agressée, ou tout simplement qu’elle n’aime pas ça. Du coup, l’hygiène en pâtit, mais c’est aussi une caractéristique du domicile : respecter le mode de vie des personnes. Et le fait est qu’il y a des gens qui vivent dans ce qui nous semble être des taudis, mais si on s’amuse à vouloir mettre leur logement aux normes de ce qui est pour nous la propreté, on va aux devants de graves difficultés. Même chose pour l’hygiène du corps. Tant que les personnes restent chez elles, ça va, mais quand elles sont hospitalisées, et que les équipes médicales découvrent que les personnes sont sales, alors qu’elles étaient prises en charge par un SSIAD, je vous laisse imaginer les conséquences terribles pour les services à domicile, à qui on reproche de ne pas être professionnel, ou pire, de ne pas traiter les personnes en humanité, alors que c’est précisément ce qu’ils essaient de faire.

        Sur cette question de l’humanité, j’en suis arrivé à me demander s’il ne faudrait pas l’aborder comme une fiction. Si on dit que l’humanité n’est pas une condition (à défendre), ni un principe (à appliquer), mais une fiction, alors ce qui compte c’est de lui permettre de s’accomplir. Fiction ne s’oppose pas à la réalité ; elle la rend possible, en lui donnant une ouverture, en lui reconnaissant une diversité de sens. Et ce serait l’existence de cette fiction qui explique pourquoi l’humanité doit être reconnue, en particulier chez les personnes qui n’ont pas la capacité à en exprimer le sens. Sous cet angle, les actes de soins, les aides apportées, apparaissent comme des façons de reconnaître l’humanité des personnes, mais à la différence de l’humanitude, sans que l’on sache ou que l’on présume sa consistance, son contenu, ce qu’elle comporte comme relations avec les autres, avec son environnement, avec soi, etc. Cette manière d’envisager l’humanité n’élimine pas la question technique dans les soins, mais ce n’est pas ce qui prime, car les soins deviennent d’abord la manifestation d’une éthique de la présence à l’autre. Vous me suivez, ou pas du tout ?
        Au plaisir de poursuivre cet échange avec vous,
        FG


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        • La méthode Gineste-Marescotti Le 22 novembre 2012 à 21:11 , par Michel

          Bonsoir.

          Décidément, vous avez juré de me prendre de court. Votre réponse est d’une richesse qui me désarme (et m’intimide), et je crains de ne pouvoir l’approfondir comme il faudrait.

          Il y a tout d’abord un danger à écarter, le même que celui qui me vaut tant de reproches quand je parle de la Validation de Naomi Feil : beaucoup de lecteurs m’accusent d’en dire du mal, alors que je ne cesse de répéter que cette technique devrait être enseignée à tous les professionnels. Mais le fait de reconnaître les mérites d’une approche ne doit pas interdire d’être lucide, et d’en voir les limites et les défauts. Cette incapacité à accepter que les choses puissent être nuancées est pour moi le plus sûr indice que quelque chose ne se passe pas bien ; et je ne crains pas d’ajouter que ce quelque chose est le même que celui qui est à la base du phénomène sectaire ; ou du moins je ne le craindrais pas si, précisément, Yves Gineste n’était pas, d’une manière aussi récurrente que stupide, accusé de se comporter en gourou. Bref, je dis et redis que la Validation doit être enseignée et connue ; et je dis et redis que rien de ce que nous pourrons échanger ne modifiera mon admiration pour le travail d’Yves.

          Mais vous résumez bien la situation : j’ai le sentiment que, au moins dans un certain nombre de cas, la "formation humanitude" aboutit à donner à la personne formée ce que vous appelez judicieusement une "représentation de l’humanité des malades".
          - C’est inévitable : je crois que cela résulte de la nécessaire érosion du concept à mesure que les formateurs forment des formateurs de formateurs de formateurs.
          - C’est particulièrement cruel : quiconque a vu Yves travailler sait quel infini respect il a pour les malades et leur liberté.
          - Mais cela résulte pour une part de la méthode pédagogique employée, qui recourt un peu trop à mon sens (peut-on faire autrement ?) à des changements d’attitude qui ont quelque chose de cosmétique et donnent volontiers l’illusion d’un changement en profondeur.
          - Cela résulte aussi d’erreurs de conception. Un simple exemple suffira. Quant il s’agit de décrire ce qui fait l’humanité de l’humain, il est dit que l’homme est l’animal qui se tient debout et qui marche. Et je vois bien pourquoi cela est dit, et je l’approuve. Mais les promoteurs de la "métho" n’ont pas suffisamment sondé la faille résultant du fait que, précisément, elle s’adresse volontiers à des malades qui ne se tiennent plus debout et qui ne marchent plus. Et cependant elle s’adresse à eux parce que ce sont des humains, et que l’humain est humain même quand il ne marche plus, preuve que ce n’est pas cela qui le définit.
          - Et cela résulte largement du fait qu’on a donné un nom à ce qui tient lieu de soubassement théorique de la "métho", lui donnant ainsi l’illusion d’une autonomie, qu’il faut ensuite justifier. Oui, les mots se vengent.

          Vous écrivez : Les intervenants (...) avaient l’impression de ne rien avoir appris de nouveau. C’est ce qui m’est arrivé : au fond, ce qu’Yves disait, je le savais déjà, mais je ne pensais pas que c’était possible. Et cela m’amène à reprendre deux questions qui me semblent fondamentales.
          - La première est que lorsqu’on applique la "métho" avec le degré d’exigence, de précision, de technicité qu’elle requiert, alors il y a quelque chose qui change, et il me semble qu’on fait quelque chose de nouveau : ce qui se passe est de l’ordre d’un saut qualitatif, et il faudrait trouver le moyen de penser ce saut.
          - La seconde est que la "métho" représente un ensemble de techniques ; ce n’est pas la seule, et même si c’est la meilleure, il y en a d’autres. Mais il y a autre chose qui est de l’ordre de l’enseignement d’un savoir-être. J’emploie ce mot à dessein, par pure méchanceté, car Yves déteste ce concept, et il hurlerait s’il apprenait que je l’utilise à son propos ; mais son hostilité vient du fait qu’il n’a pas compris ce qu’est le savoir-être (disons tout de suite à sa décharge que la plupart des gens qui en parlent ne l’ont pas compris non plus, et s’imaginent que savoir-être renvoie à un certain nombre d’attitudes qu’il faut apprendre, alors que cette expression signifie au contraire qu’il n’y a pas d’attitude et que savoir-être signifie simplement s’autoriser à être qui on est). Mais du coup cela pose une question épistémologique capitale : Yves enseigne, et je témoigne qu’il le fait, cette chose même qui est réputée ne pas pouvoir faire l’objet d’un enseignement. Quand je dis qu’il y a une "philosophie de l’humanitude" mais que ce n’est pas celle que ses promoteurs croient, c’est cela que j’ai en vue : Qu’est-ce qui se joue, philosophiquement, dans cette enseignabilité de l’inenseignable ? Je ne sais pas.

          Votre idée de l’humanité comme fiction me paraît particulièrement féconde (et elle prend le contre-pied de la "philosophie de l’humanitude", ce serait à creuser). Je me demande si elle ne recoupe pas ce que je dis à propos des soins palliatifs : parmi les fonctions des protagonistes, il y a celle de donneur de sens. Il est tout à fait possible que tout cela n’ait aucun sens, mais l’homme est l’animal qui donne du sens, tout comme il est celui qui fait exister. Et c’est un non-sens que de se figurer qu’il peut vivre sans assumer ce rôle.

          Vous ai-je bien compris ?

          Bien à vous,

          M.C.


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          • La méthode Gineste-Marescotti Le 23 novembre 2012 à 11:29 , par Lagneau

            Bonjour,

            L’expérience est toujours aussi surprenante que stimulante : il arrive parfois que l’on rencontre certaines personnes dont la pensée nous libère, et fait pousser des ailes à nos propres réflexions. Assurément, vous êtes de celles-là.

            Jusqu’à présent, je considérais moi aussi la question du "savoir-être" comme de la foutaise. Un réflexe critique primaire, j’imagine : qu’est-ce que c’est que cette volonté de dicter le comportement ? Qui peut, et au nom de quoi, obliger les hommes à être d’une certaine manière ? Doublé d’une critique politique : peut-on sérieusement penser que les problèmes liés à la prise en charge des personnes âgées vont se régler juste en adoptant la bonne manière de se comporter avec elles ? Qu’est-ce qu’il y aurait de plus injuste que de faire porter la responsabilité du problème sur le comportement individuel ? Bref, je voyais dans la notion de "savoir-être" une atteinte grave à la liberté et à la justice, tout l’inverse d’un savoir qui permettrait à l’homme de s’élever et de s’épanouir. Mais en vous lisant, je suis bien forcé de reconsidérer ma position.

            D’abord, parce que sans le vouloir, vous touchez du doigt une réalité que j’ai observée, et dont je n’ai sans doute pas suffisamment tiré les conséquences. A maintes reprises, en étudiant l’accompagnement à domicile des personnes malades d’Alzheimer, j’ai observé que les aides à domiciles avaient appris à anticiper les situations qui pouvaient déclencher certains troubles du comportement. Comment s’y prenaient-elles ? Par le tact, par l’esquive, par le mensonge, par l’humour, par la ruse : elles savent biaiser, éviter l’affrontement, éviter de mettre l’autre en échec, dissiper l’arrivée d’une angoisse. Tout cela, elles le font avec leur comportement, avec leur attitude, c’est leur moyen pour agir dans la relation, et bien souvent, elles font ça à merveille. Une fois, l’une d’elles, que je suivais pendant une semaine chez toutes les personnes qu’elle aide, m’a interpellé : "vous devez me trouver hypocrite en voyant que je suis une personne différente dans chaque maison où je vais ?". C’était exactement l’inverse, je ne faisais que constater à quel point ses réactions étaient d’une finesse et d’une justesse qui semblaient chaque fois appropriée à la situation.

            Mais je ne me suis pas réellement demandé comment elle parvenait à faire ça. J’en suis resté à l’idée qu’il s’agissait de quelque chose d’intuitif, qu’elle avait développé dans son expérience de travail. De façon beaucoup plus syndicale, j’avais surtout vu les énormes économies que la Sécu pourrait faire, en arrêtant de prescrire des anticholinestérasiques aux effets plus que douteux, et en finançant un peu plus les services d’aide à domicile, dont l’efficacité semblait aussi grande que leur incapacité à la décrire.

            Mais pourquoi certaines aides à domicile comme celle-là, ont tout compris sur la manière d’adapter son comportement en fonction des personnes, alors que d’autres ne semblent pas y parvenir ? Vous soulevez une question cruciale : comment est-ce que ce "savoir-être" peut s’enseigner ? La méthode GM y parvient, et c’est là tout son mystère.

            Je crois que vous avez parfaitement raison sur la définition à donner au savoir-être. Il ne s’agit pas de prescrire un type comportement, mais au contraire de libérer l’individu, le soignant en l’occurrence, dans sa capacité à se montrer lui-même, à réagir, à interagir, à laisser s’exprimer ses émotions, pour essayer de les comprendre, et d’apprendre à les suivre, en situation, comme un fil conducteur qui peut le mener à saisir cette humanité de l’autre. Comment une telle capacité peut-elle se manifester ? Simplement je crois : par la parole, par le regard, par le geste. La parole, en disant avec prudence ce que l’autre nous fait ressentir. Le regard, en observant de façon affûtée comment l’autre vit avec sa maladie, son handicap. Le geste, en agissant avec habileté pour faire passer les choses en douceur (voilà, je viens de vous résumer toute ma thèse !).

            Le saut qualitatif que produit la méthode GM, ne pourrait-il pas commencer à s’expliquer avec ces éléments ? Si en effet, la méthode mobilise (ou "potentialise") pleinement toutes ces capacités du soignant qui sont à la base de son savoir-être, elle ne lui apprend rien de nouveau car dans son expérience du travail, le soignant les a déjà éprouvé, mais elle lui permet, elle l’autorise, à s’en servir sciemment, et surtout elle lui démontre que ça marche, d’où son aspect un peu spectaculaire/miraculeux. La méthode n’a donc plus besoin de s’appuyer sur une philosophie de "l’humanitude", dont tout le monde perçoit vite qu’elle est un socle bancal, car il s’agit de reconnaître qu’elle n’est pas seulement une méthode, mais une philosophie en acte de l’humanité. Elle permet de faire advenir une humanité qui ne préexiste pas aux soins, car elle en est le résultat. Avec la méthode, les soignants découvrent ce que leur formation ne leur a pas dit ni enseignée, que leur travail consiste à édifier de l’humain (je m’enflamme un peu trop, peut-être), non pas en suivant un plan prédéterminé (du genre : une religion), mais en tissant du lien avec le fil de la personne (d’où le recours à la notion de fiction, pour penser la nature de l’humanité).

            Bon, j’avoue que je ne suis pas très sûr de pouvoir distingué dans ce qui précède ce qui relève de l’analyse ou d’une vision idéale du soin. Mais je compte sur votre regard affûté de soignant pour en relever les faiblesses, sur l’habileté de votre pensée pour prolonger l’ouvrage, et sur la prudence de votre parole pour me corriger en douceur.

            Au plaisir,
            FG


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            • La méthode Gineste-Marescotti Le 1er décembre 2012 à 18:13 , par Michel

              Bonsoir, Franck.

              J’ai enfin un peu de temps pour vous répondre. Je vais donc reprendre votre phrase.

              Jusqu’à présent, je considérais moi aussi la question du "savoir-être" comme de la foutaise. Un réflexe critique primaire, j’imagine : qu’est-ce que c’est que cette volonté de dicter le comportement ? Qui peut, et au nom de quoi, obliger les hommes à être d’une certaine manière ?

              Il faut reconnaître que vous avez été poussé dans cette voie par les innombrables errements auxquels cette notion a donné libre cours. Rappelons qu’au départ il s’agissait d’opérer une sorte de trisection dans la compétence des professionnels et de distinguer :
              - Le savoir, corpus de connaissances théoriques.
              - Le savoir-faire, qui correspond à la manière de mettre en œuvre ces connaissances théoriques.
              - Le savoir-être, qui essaie d’introduire une dimension supplémentaire, celle qui fait somme toute qu’on a affaire à un humain qui soigne un autre humain. De sorte que si le savoir et le savoir-faire sont indispensables ils ne suffisent pas.

              Il va de soi que si par savoir être on entendait savoir adopter une manière d’être, alors on parlerait d’un savoir-faire. Le projet du savoir-être est donc de savoir s’autoriser à être, ce qui n’a de sens que s’il s’agit de s’autoriser à être qui on est. Mais ceci pose de multiples questions. Retenons-en deux :
              - La première est que dans un monde aussi normé que le monde du soin, une telle proposition ne peut que détonner ; et dans les enseignements on en vient bien vite à la perversion de vouloir enseigner la bonne façon d’être. C’est ce qui n’a pas manqué de se produire, et avec une telle régularité qu’on en vient à ne plus voir que cela.
              - La seconde est que l’idée même de savoir-être implique de savoir recevoir ses propres émotions. Et nous savons qu’il y a là une limite, et que le soignant est trop souvent en danger de se laisser submerger par ses émotions, ce qui aboutit à des catastrophes récurrentes (l’histoire de Saint-Astier en est un exemple criant, mais il y en a une foule d’autres). La proposition d’Yves Gineste est de dire que les émotions peuvent être pour le soignant un outil de travail. Il a raison, à condition de ne pas oublier que si les émotions sont des outils elles sont aussi des pièges, et que c’est trop préjuger de l’équilibre psychologique des soignants que de se figurer que leur ressenti est toujours parfaitement adapté. Si le projet est d’abolir la distance thérapeutique, alors il s’agit d’un leurre. Là aussi le problème gît simplement dans la caricature : si la distance thérapeutique est ce par quoi je refuse de m’approcher du malade, alors c’est une calamité ; si c’est ce par quoi je conserve les moyens de toujours pouvoir rendre compte de ce que je fais, et de toujours pouvoir me rendre compte de ce que je ressens, tout comme le psychanalyste est tenu de toujours s’observer en train d’observer, alors c’est une nécessité ; allons plus loin : un devoir. Je ne compte plus les situations où s’est imposé à moi de prendre la vieille dame dans mes bras ; les problèmes commencent quand je ne sais pas dire pourquoi je l’ai fait.

              Mais une fois qu’on a dit cela on n’est pas, peut-être, aussi avancé qu’on le pense.

              Car si je reprends les propos de votre intervenante à domicile, je dirais que ce qu’elle manie à merveille relève essentiellement d’un savoir-faire : elle a appris (souvent à ses dépens) que dans telle situation il faut se comporter de telle manière. Le savoir-être, je le trouverais dans le fait qu’elle a parfaitement conscience de ce qu’elle fait, ce qui suppose :
              - Qu’elle assume la suspicion d’hypocrisie.
              - Qu’elle a gardé suffisamment de distance thérapeutique pour garder conscience de ses attitudes.
              - Et peut-être (savoir-être) qu’elle se sent parfaitement elle-même en assumant ce rôle.

              Dans la « philosophie de l’humanitude », il y a l’idée que l’homme est un animal qui, quand il a affaire à des humains, adopte précisément cette attitude. Ce n’est pas faux, mais c’est un peu vite dit, et cela demanderait d’entrer dans les détails. Ce que j’aurais aimé, mais je n’ai pas eu de réponse, c’était creuser ce point, notamment parce que les pré-dits de la « philosophie » me semblent manquer de solidité.

              Tout comme j’aurais aimé creuser la question de l’enseignement. Car même sans refaire tout le débat sur la possibilité d’une science psychologique, le problème que je vous signalais plus haut n’a pas disparu. Yves le complique indûment en menant la guerre contre la notion de savoir-être alors que ce qu’il combat n’en est que la caricature, et qu’en réalité lui-même ne promeut rien d’autre qu’un savoir-être bien compris. Mais une fois ce point éliminé, on se trouve face à une difficulté : c’est que, du moins pour ce que j’en ai vu, Yves fournit là aussi des outils. Et s’il fournit des outils, alors on se trouve bien plus près qu’on ne pense d’un savoir-faire. Les questions théoriques sont donc :
              - Si c’est réellement de l’ordre du savoir-faire, alors doit-on avancer l’hypothèse que les relations humaines sont toujours de l’ordre du savoir-faire, de la technique, du dressage d’animaux, ce qui mènerait vers Bartabbas ? C’est de la plus haute importance quand on voit tout ce que les techniques de la « métho » doivent à l’éthologie.
              - Si ce n’est pas le cas, comment peut-on faire le départ entre les deux ?
              - Et surtout, qu’est-ce qui fait l’objet de l’enseignement ? Car si finalement l’enseignement ne porte que sur un savoir-faire, alors je comprends. Mais s’il s’agit d’enseigner un savoir-être, alors on enseigne ce qui est réputé inenseignable, et il s’agit d’une révolution épistémologique majeure. C’est ce qui me fait dire qu’il y a réellement une « philosophie de l’humanitude », mais qu’elle n’est pas celle que croient ses auteurs.

              Je vais sans doute un peu vite, mais c’est de cette manière que je lis votre phrase : Elle permet de faire advenir une humanité qui ne préexiste pas aux soins, car elle en est le résultat. Disant cela vous faites un pas important vers la « philosophie de l’humanitude » : en gros il n’y aurait pas d’humains, il n’y aurait que des humanisés, humanisés par la relation ; et l’enjeu de la prise en soins, spécialement chez le dément, c’est de le ramener, ou de le maintenir, en « humanitude ». Simplement je ne suis pas sûr d’avoir envie que mon humanité se réduise à ça, alors que votre phrase, elle, me semble ouvrir sur d’autres perspectives, car elle me laisse entrevoir que l’humanité ne serait pas une qualité qui telle une colombe planerait sur le malade mais quelque chose qui se passerait entre le soignant et lui ; cela me convient mieux.

              Bien à vous,

              M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 10 août 2012 à 01:23 , par patrick

    Bonsoir ! bon,ben ...tout cela est plus clair à present ! Je suis aide-soinsnant depuis une quinzaine d’années .Pour moi ,j’ai la conviction que cette methode emploie beaucoup trop de vocabulaire expliquatif et trop de justifications à base de pourcentage ,farfelus quelque fois ,sans bases souvent.....En fait et pour synthetiser ,Mr et mme Gineste et Marescotti nous informe qu’ il faudrait effectuer nos soins avec douceur ,empathie et avec du relationnel .QUELLE invention formidable ,comment personne n’y avait pensé ? mon dieu alleluilla !!!!!! J’ose malheureusement faire tomber de leur pied d’estale ,ces geniaux inventeurs .Dans mon etablissement ,on utilise les mots suivants ,L’AMOUR DE SON METIER ,je vous assure que quand on le possede tout devient simple ! Je n’ai pas trouvé de tels mots dans leurs ecrits.Aurais je moi aussi inventer une nouvelle methode ??? Je m’autoproclame formateur en "amourologie relationnel empathique " .................Cordialement


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 16 août 2012 à 21:34 , par Michel

      Bonsoir, Patrick.

      Ce que vous écrivez est très triste.

      Comme vous le soulignez, j’ai quelques réserves envers la méthode Gineste-Marescotti. Pour autant je ne la réduis pas à ce que vous en décrivez, et je continue à penser qu’elle contient un grand nombre d’éléments qu’il est indispensable de connaître quand on est professionnel du soin. La richesse de cette méthode tient :
      - Dans ses aspects techniques, qui à ma connaissance ne sont développés, surtout à ce point, que par elle.
      - Dans le fondement théorique que ces techniques supposent ; le problème est que ce fondement théorique n’est certainement pas celui que ses auteurs pensent. Il reste à comprendre.

      Mais ce qui est le plus triste, c’est que votre opinion correspond à celle de plusieurs de mes correspondants. Et je crois en connaître la raison. C’est qu’à mesure que la méthode accroît son audience, elle nécessite la constitution de structures, avec des formateurs et des formateurs de formateurs. Et il se passe ce que j’ai toujours redouté : le message se dilue, on en est à la troisième génération de formateurs, et il est probable que certains d’entre eux n’ont pas le niveau requis. Sans doute est-ce de cela dont vous avez été victime.

      C’est très dommage, car la "métho" en elle-même vaut beaucoup mieux que cela.

      Vous devriez essayer de reconsidérer votre position.

      Bien à vous.

      M.C.


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 17 septembre 2012 à 23:31 , par trombine8

      Bonsoir ; je suis surprise de la méchanceté de certaines personnes qui jugent sans savoir ; c’est justement pour l’amour et le respect des soignés que cette méthode a été mise au point ; il ne suffit pas d’aimer son métier pour que tout soit inné et cette méthode permet d’avoir les clefs pour effectuer des soins avec sérénité par une approche appropriée face à des personnes désorientées et aux réactions violentes ; faites la formation et vous verrez la différence.
      M. Gineste de par sa profession, ses observations et l’appel au secours des soignants qu’il cotoyait, a su partager son expérience et faire évoluer la formation d’aide-soignant ; un grand merci à ce monsieur et à sa femme.


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      • La méthode Gineste-Marescotti Le 18 septembre 2012 à 19:34 , par Michel

        Bonsoir, et merci de ce message.

        D’un côté je comprends votre réaction, de l’autre je crois que vous ne voyez pas la difficulté.

        Car vous écrivez : je suis surprise de la méchanceté de certaines personnes qui jugent sans savoir ; (...) faites la formation et vous verrez la différence.. Or votre message se trouve précisément dans un fil de forum initié par un correspondant qui, me semble-t-il, ne juge pas sans savoir : il a suivi la formation, et même si je ne sais pas quel est son parcours c’est visiblement un professionnel de santé.

        Puisque vous utilisez ce forum, je pense bien que vous avez lu mes articles sur ce sujet. Vous savez donc que je connais bien la "métho", que je la pratique, et qu’Yves Gineste est mon ami. Il n’en reste pas moins que la pire chose qui pourrait arriver à cette technique serait de se voir transformée en une sorte de pratique magique sur laquelle il serait interdit de réfléchir.

        Or les faits sont que je reçois des messages, et qu’une forte proportion de ces messages me vient de soignants qui ont suivi la formation et en ont été déçus. Il y a là une question ; j’ajoute que c’est ce sur quoi j’alertais Yves voici plus de dix ans.

        Ce qui ne m’empêche pas de recommander la généralisation de cette méthode.

        Au fond le problème est le même que pour la Validation. J’ai beau dire et répéter que tout soignant devrait la connaître et la mettre en œuvre, je reçois régulièrement des messages me reprochant de n’être par totalement enthousiasmé ; en somme il est interdit de poser sur certaines choses un regard un peu objectif. Que voulez-vous faire contre cela ?

        Bien à vous,

        M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 4 octobre 2011 à 16:42

    comment s’initier simplement a cette méthode ?
    Merci de me donner quelques bases ?
    Bravo pour votre site.
    Gilles


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 12 avril 2011 à 09:32 , par christiane

    Je me suis tout à fait reconnu dans votre philosophie envers le SOIN étant aide soignante de nuit depuis 1998 en maison de retraite médicalisée,dont le rôle d’AMP vient tout juste de faire son entrer et qui m’attirait beaucoup pour repartir en service de jour.

    Mais voilà j’ai découverte cette méthode GINESTE-MARESCOTTI et elle me correspond mieux.Sans le savoir je la pratique en nuit,sachant que mon projet est de faire une formation AMP,pensez vous que je ne fasse fausse route.

    Amicalement,merci


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 13 avril 2011 à 14:12 , par Michel

      Bonjour, Christiane.

      Votre remarque et très intéressante à creuser.

      D’un côté vous dites : "Sans le savoir je la pratique" ; Je me suis fait la même remarque quand j’ai découvert la "métho" : au fond elle ne m’apprenait rien, sauf précisément que c’était possible. La "métho", c’est d’abord une option forte, mais nous sommes nombreux à avoir la même ; c’est ensuite une série de points techniques très précis et d’une efficacité sans pareille.

      Mais de l’autre vous dites : "j’ai découvert cette méthode GINESTE-MARESCOTTI et elle me correspond mieux." Et là je suis un peu plus inquiet. Justement à cause de ce qui précède : il n’y a pratiquement aucune différence entre les positions que je développe et celles de la "philosophie de l’humanitude". D’où vient dans ces conditions que vous vous sentiez mieux avec l’une qu’avec l’autre ?

      Il ne faudrait pas que ce soit à cause de ce que je conteste dans cette "philosophie de l’humanitude" : l’idée qu’il s’agirait, précisément, d’une philosophie. Là commence le leurre, et on sait bien de quel prix on finit toujours par les payer, ces leurres.

      N’importe : cette précaution prise, qui vous impose seulement de rester très réaliste et de conserver tout votre esprit critique, poursuivez votre approfondissement de la "métho" ; et si votre projet est de devenir AMP, je ne peux que vous approuver, c’est une excellente approche.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 12 novembre 2010 à 12:41 , par Damien

    Bonjour

    Je suis aide soignant depuis maintenant 10 ans. J’ai travaillé exclusivement dans le secteur de la gériatrie. Actuellement, je suis dans un E.H.P.A.D de 80 résidents dont 20 souffrent de troubles cognitifs.

    La notion d’Humanitude est une phylosophie que l’on à tous, en soi.Cette notion est développée lors des formations en instituts de formations en soins infirmiers qui nous permettent de se rappeler de ces notions afin de pouvoir les offrir à nos patients, chaque jour , selon nos états d’âmes.

    La méthode d’Humanitude de Yves et Gineste refère à la notion que nous avons tous, en soi, mais nous y expose en profondeur afin de mieux comprendre les réactions, parfois brutales de nos résidents en souffrance.Elle apporte une désinstitutionnalisation et un soins PERSONNEL.

    J’ai été sensibilisé par une formation interne à la "métho" et vais bientôt être formé au programme de formation de référent afin de pouvoir assurer la continuité au sein de l’établissement dans lequel j’éxerce. J’ai hate, nous verrons ce qu’il en découle...

    Naturellement, je vous tiens au courant.

    Damien


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 12 novembre 2010 à 18:47 , par Michel

      Bonjour, Damien.

      Ce que vous dites me semble parfait. C’est bien ainsi qu’il faut positionner la "métho". Rien de plus, rien de moins. Les problèmes commencent quand on ne voit pas tout ce qu’elle apporte, et aussi quand on croit voir ce qu’elle n’apporte pas.

      Je vais juste rectifier un point : les créateurs de la méthode ne sont pas Yves et Gineste, mais Yves Gineste et Rosette Marescotti. Permettez-moi d’ajouter que votre méprise a ceci de bon qu’elle devrait suffire à clouer le bec à ceux qui se figurent qu’Yves Gineste est un mégalomane qui voudrait voir son nom affiché partout.

      Je vous souhaite beaucoup de courage dans ce que vous entreprenez.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 20 septembre 2010 à 21:16 , par soso

    Alors pour ma part j’adhère absolument à tout votre exposé et m’applique également à utiliser la notion d’humanisation et humanité plutot qu’humanitude ; ou tout simplement prise en charge globale(terme plus adapté, me semble t il, et plus proche de la notion du soin).

    je travaille dans une EHPAD où l’humanitude est le fil conducteur du fonctionnement de l’établissement. et je peux vous dire que c’est inapplicable tel quel par manque de moyens, de temps et aussi parce qu’il y a des soignants qui ne peuvent pas s’impliquer d’avantage qu’une sincère empathie "classique"(problèmes personnels, déficits des relations etc...)
    l’humanitude décrite et tellement décortiquée n’est en fait que le regroupement et la description de toutes les règles de bon sens que l’on connait, que l’on utilise dans un idéal du soin...il me semble qu’il suffirait de permettre aux infirmiers, aides soignants etc de pour une fois prendre le temps de faire ce qu’ils font tous les jours pour s’apercevoir qu’ils ont des ressources inouies et sans limites. Et qu’ils font leur travail du mieux qu’ils peuvent, avec ce qu’on leur donne (en temps et matériel)Ils n’ont pas besoin d’un descriptif pour savoir comment tourner une personner, l’aider à marcher, l’entourer d’empathie etc....ils font ce travail pour pouvoir exprimer out ce qu’ils ont à donner à l’autre(pour ma part c’est ainsi)

    Cette philosophie du soin est bien présente partout seulement il s’agit de PRENDRE LE TEMPS, c’est ainsi que je la résume. et il y a des endroits ou l’on n’a pas attendu Mr et mme Gineste et Marescotti pour modifier un peu l’organisation des prises en charge et les adaptées un peu plus à chacun.

    Je trouve en outre très dommage d’apprendre que l’institut qui défend cette théorie soit à but lucratif, ça temporise un peu le coté "don de soi"...!!!

    Un bon soignant se remet éternellement en question ; et avec le temps, l’expérience, les échecs et succès, met au point des méthodes de soins qui sont justes et adaptées autant que l’humanitude.
    Tout ce qui est trop encadré, classifié, rigide finit toujours par mourir au fond d’un tiroir parce que nos besoins évoluent, que l’etre humain est fait de telle manière qu’il y aura toujours des cas particuliers.

    voici donc le fond de ma pensée et aussi ma grande déception lorsque j’ai vu cette methode "révolutionnaire" appliquée à des personnes agées que l’on enferme dans des rituels de toilette et de déambulation....


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 21 septembre 2010 à 22:15 , par Michel

      Bonsoir, Solveig.

      Votre désenchantement ne me surprend pas, malheureusement. Non seulement il ne faut pas faire de la "philosophie de l’humanitude" plus que ce qu’elle n’est, mais je me demande si la pratique elle-même n’est pas en train de se diluer, comme on pouvait le craindre, depuis que les formateurs sont ceux qui ont été formés par les formateurs qui ont été formés par le promoteur de la méthode.

      Cela dit nous devons essayer de rester justes. D’abord parce que tout cela va dans le très bon sens. Mais aussi parce que, si on la ramène à ce qu’elle est vraiment, en la désencombrant quelque peu, la "métho" recèle des trésors de technique et d’approche qui à ma connaissance n’appartiennent qu’à elle ; tout le problème est de garder un niveau d’exigence suffisant. C’est pourquoi elle me semble garder toute sa place, non comme une méthode à part mais comme la meilleure, peut-être, de toutes.

      Mais je ne me lasserai pas de le répéter : en ce qui me concerne, ce qui m’a le plus bouleversé, ce n’est pas ce que j’y ai appris ; c’est de toucher du doigt la preuve, que je n’avais jamais eue jusque là, de l’exactitude de mes intuitions : ainsi, tout ce que je pressentais, tout ce que je n’avais pas osé formuler, c’était vrai. En ce sens la "métho" ne m’a rien appris ; pourtant elle m’a donné un élan décisif.

      Reste la critique, souvent entendue, de l’entreprise commerciale. Vous avez raison, c’est dissonant. Mais... Freud vivait bien de sa pratique, n’est-ce pas ? Et Lacan ? Et Naomi Feil ? J’affirme ici que, jusque, en tout cas, la dernière fois que j’ai eu à les connaître, les pratiques commerciales de CEC-formation étaient d’une honnêteté scrupuleuse ; depuis, je ne sais pas mais je ne vois pas pourquoi cela aurait changé. Après, certes, il faut vivre. Je n’ai rien à y objecter...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 16 juin 2010 à 07:22 , par Michel

    Bonjour, Nathalie, et merci de vos deux messages.

    Je les trouve tellement vrais et apaisants.

    Quelle que soit l’idée qu’on se fait de la "philosophie de l’humanitude", il est évident que tout cela va dans le même sens : celui d’une prise en charge qui respecte l’autre, et qui le reconnaît comme maître de son destin.

    Il reste sans doute à examiner les franges : par exemple quand je me veux maître de mon destin, cela n’a-t-il pas des limites ? Mais peu importe : quand nous en serons aux franges, cela voudra dire que nous aurons fait tant de progrès...

    Bien à vous,

    M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 15 juin 2010 à 13:51 , par Nathalie

    Bonjour

    Je suis actuellement aide soignante dans une maison de retraite de 64 lits. Nous allons doucement vers une prise en charge des résidents très personnalisée avec projet de vie mis en place et le respect de leur rythme de vie autant que l’on peut le faire !

    Pas simple avec beaucoup de travail et peu de personnel mais on fait avec non ?

    Je pense sincèrement que le principal est d’apporter une marche à l’édifice en travaillant dans l’humanitude ou presque tous les jours. Petit à petit, même si on a pas encore eu la formation GM et bien peu importe, à nous d’essayer de respecter leur philosophie au quotidien . Par exemple pourquoi ne pas laisser dormir une personne et lui réchauffer son petit dej ? je le fais même si cela implique une organisation différente chaque jour !

    L’institution nous oblige à respecter des règles de vie mais on peut aussi y être humain !

    Je ne pourrais pas exercer ce métier sinon... et vous savez quoi ? peu importe que tous mes résidents soient prets a descendre manger à 12H30 au lieu de 12 si on a passé tous ensemble des bons moments non ? une organisation ne doit pas être figée !!!

    On se doit de s’adapter aux personnes un point c’est tout ... a nous de défendre cela tous les jours et surtout de faire passer le message à nous futures collègues !

    Je suis heureuse si j’ai eu un bel échange...

    Cordialement
    Nathalie


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 19 mars 2010 à 19:14 , par YB

    les formateurs :de + en + nombreux et de - en - compétents aux vues de l’immense dégradation de la formation ;mais bon,de + en + de personnes formées ,même mal ,ça rapporte ....
    c’est du vécu:les 1eres formations faites par le patron ont étés unanimement plébiscitées ; les dernieres ,faites par des pseudo formateurs(de 4eme ou 5eme niveaux)ont étés très mal perçues.

    l’idée générale qui en ressort c’est :si vous ne faites pas comme nous ,vous êtes des nuls:cool non ?!

    résultat:les premiers qui ont étés formés sont très (voir trop ) encrés dans cette méthode tandis que les derniers sont très critiques envers la celle-ci----résultat ,une tension perceptible au sein de l’établissement(EHPAD) ;il faut dire que les premiers sont très refractaire a la moindre critique liée a la méthode.

    pour finir ,j’aimerai dire a ces formateurs qu’on ne travaille pas dans le monde merveilleux des BISOUNOURS et que faire une toilette en 45min est impossible lorsqu’il y en a 72 a faire en 5h et avec 6 personnels soignants ....mais ça ce n’est pas leur problème dixit la formatrice que j’ai eu !!!!!

    a part cela ,en général la méthode a du bon sur le principe mais reste très éloignée de la réalité du terrain ;je crois aussi qu’il faut arreter de nous montrer en exemple le canada dont le système de santé n’a aucun rapport avec le notre(ratio soignant-soignés )

    YB


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 20 mars 2010 à 11:06 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      Que vous répondre ?

      Vous n’êtes pas le premier à faire cette observation. Et je suis bien forcé d’admettre qu’elle recoupe mes craintes les plus anciennes : dès 2003 je disais à Yves Gineste que c’était là le principal danger qu’il courait. Il ne m’a pas cru.

      Avez-vous raison ? Avons-nous raison ? Les choses en sont-elles déjà à ce point ? Il y a des moments où je le crois.

      Mais il demeure que si pour moi la notion d’"humanitude" ne vaut pas bien cher, la "métho", elle, est un outil d’une puissance exceptionnelle. Peut-être faut-il, au-delà de la compétence de tel ou tel formateur, s’acharner à retrouver la substance de la formation, peut-être ne s’agit-il que d’une crise de croissance.

      Il y a pour moi un autre point, que j’aurais voulu creuser, mais je n’en ai ni le temps ni les capacités.

      Nous avons tous appris qu’une technique ne mérite son nom que dans la mesure où elle est indépendante de celui qui la met en œuvre ; sinon elle n’est qu’un savoir-faire (ce qui n’est pas si mal).

      Or ce que soutient Yves, c’est que pour une bonne part la "métho" est la théorisation de l’intervention de l’homme en tant qu’il est, non pas un homme, mais cet homme.

      C’est bien ce qui me fascine : car s’il a raison, alors il mettrait à bas un grand nombre de nos certitudes, en technologie, en pédagogie, en psychologie... Et malgré toutes mes réserves théoriques je ne suis pas prêt à dire qu’il a tort.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 16 janvier 2010 à 11:06 , par SERRES

    POURRIEZ VS M ADRESSER LA LISTE DES MAISONS DE RETRAITE UTILISANT VOTRE METHODE
    EN VS REMERCIANT


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 18 octobre 2009 à 12:21 , par claude

    chaque soignant a au fond de lui une part du prendre soin (sinon il n’aurait pas choisi d’être là)

    La méthode GM a cette simplicité de valider et de conforter les soignants dans ce qu’il font déjà( peut être maladroitement.)

    En cela la méthode redonne du sens à l’essence même du soin

    Après 4 jours de formation 11 professionnels de mon établissement sont convaincus du bien fondé et de la dynamique de la méthode car incontestablement elle débouche sur des résultats probants.

    claude cadre supérieur de santé en ehpad


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 18 octobre 2009 à 12:50 , par Michel

      Bonjour, Claude.

      En effet : vous avez tout dit.

      Quand on a fait toutes les critiques nécessaires, il demeure que la "métho" est un extraodrinaire outil de progression pour les soignants. Allons plus loin : je ne suis pas un spécialiste de ces questions mais je ne connais pas de méthode sui soit aussi performante.

      Après il y a les risques de dérive, de méconnaissance de certaines problématiques. Mais le problème à mes yeux est le même que pour la "Validation" de Naomi Feil : il y a des choses qui me dérangent profondément ; n’empêche que si tout le monde était formé à la "Validation", on vivrait incomparablement mieux dans les maisons de retraite.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 20 mars 2009 à 18:46 , par marine44

    Je suis aide soignante, depuis 2 ans et demi. Depuis octobre 2008, je travaille dans un service de soins long séjour (depuis peu service SMTI => Soins Médicaux Techniques Importants).
    Dés mon arrivée, dans ce service, je me suis sentie mal à l’aise, voire j’ose dire que j’ai été choquée, en voyant les façons de faire de certaines collègues.
    Pour moi, (je sais que je suis jeune et que je ne connais pas encore gd chose de la vie, mais...)je trouve parfois inadmissible les conditions de vie de nos "anciens" ds ce genre de structures (oserai-je vous les décrire !).
    Je pense que arrivé là, ces personnes ont le droit aux respects de tous, même si parfois ils sont "perdus".

    Je ne connaissais pas, la méthode de Gineste et Marescotti, mais je pense sans avoir reçu la formation, qui fait parler tant de monde apparement, avoir qqs notions que j’utilise.

    Ma première question, est de savoir comment pouvons-nous pratiquer cette méthode en ayant 4 aide soignants pour 40 résidents !?
    C’est triste à dire mais je ne me sens pas capable de vive cette situation pendant longtemps. Cette situation, nous allons la vivre ac mes collègues à partir du 30 mars 2009, mais je me demande, et ceci est ma deuxième question, comment peut-on "prendre soin" des résidents en ayant 15 mn au maxi à leur accorder pour leur toilette ?

    En tant que soignant, je pense que j’aurai du mal, à vivre ces conditions de travail et ces conditions de vie pour les résidents.

    Pour finir, j’aimerais vous demander, où peut-on suivre cette formation ? comment et où est-il possible de faire un stage pour connaître La Méthode du Grand Gineste (petit clin d’oeil à tous les gens qui parle de secte pour nommé cette méthode !)

    Pour moi un soignant, doit-être capable chaque jour, de se remettre en question et d’être capable de pouvoir apprendre des choses de tous humains, soignant ou non pour évoluer.

    Merci beaucoup, pour votre article, qui je pense permet de se poser beaucoup de questions sur les pratiques professionnelles que l’on peut avoir chaque jour ! Et en espérant, bien sûr avoir de vos nouvelles !


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 21 mars 2009 à 16:03 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre commentaire.

      Effectivement, vous avez constaté vous-même que la "métho" dans son principe n’est que le magnifique aboutissement de choses auxquelles vous aviez déjà pensé.

      Mais vous constatez aussi qu’il y a un énorme facteur limitant : la meilleure méthode du monde ne peut pas augmenter le nombre de soignants.

      Et là il y a du bon et du mauvais.

      Le bon, c’est que la "métho" permet d’optimiser le travail, et de faire mieux avec ce qu’on a. Même si les conditions sont très mauvaises on peut faire moins mal, et surtout on peut in fine gagner du temps, ce qui permet de résoudre une (petite) partie du problème.

      Le mauvais c’est d’une part que tout cela est très frustrant (c’est le cas chaque fois qu’on n’a pas les moyens de pratiquer ce qu’on a appris) ; d’autre part que la "métho" fait l’objet d’une entreprise de récupération sur le thème "Il y a assez de moyens mais les gens ne savent pas travailler". Yves est conscient de cette entreprise, je me demande s’il est conscient du rapport de forces.

      En ce qui vous concerne en tout cas, vous annoncez un ratio de quatre aides-soignantes pour 40 résidents. J’ai connu cela, j’ai travaillé pour une équipe où il y avait 5 aides soignantes pour 53 résidents. C’était très dur, mais nous étions arrivés à faire un peu moins mal qu’avant.

      Je crois que la méthode Gineste-Marescotti s’adresse à des équipes, et pas tellement à des individualités. Merci de m’envoyer (en privé) votre adresse mail, je vais essayer de voir s’il est possible de vous aider.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 5 mars 2009 à 19:27 , par ISABELLE

    JE SUIS STAGIERE AMP ACTUELLEMENT EN MAS NOTRE FORMATRICE NOUS AVAIS PARLE DE LA METHODE GM DONT JE SUIS ALLER CHERCHER PLUS D’INFO SUR LE NET IL S’AVERE QU’AUJOURD’HUI QUE JE SUIS ENTRAIN DE L’APPLIQUE AVEC UNE PERSONNE AYANT DES TROUBLES DE COMPORTEMENTS QUI REFUSEE QUE JE L’ACCOMPAGNE A LA TOILETTE SE MORDER HABITUELLEMENT LES STAGIERES N’AVAIENT PAS LE DROIT DE L’ACCOMPAGNER ET BIEN FIGUREZ VOUS QUE J’AI REUSSI A LUI FAIRE FAIRE SA TOILETTE SANS QU’ELLE SE MORDE CELA M’A PRIS UNE HEURE LA PREMIERE FOIS MAIS C’EST TERMINE PAR UN ENORME CALIN DE LA PART DE CETTE RESIDENTE SOUS LA STUPEFACTION DU PERSONNEL .CETTE ETABLISSEMENT EST PROGRAMME POUR LA FORMATION EN 2011 ET J’AIMERAI EVIDEMMENT POUVOIR UN JOUR BENEFICIER DE CETTE FORMATION OU UN STAGE .CORDIALEMENT YVES GINESTE


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 6 mars 2009 à 21:51 , par Michel

      Bonsoir, Isabelle.

      Votre mail dit tout ce qu’il y a à dire.

      Il dit la puissance de la "métho" : effectivement, elle permet de réaliser le genre de prouesses que vous avez réussie. Elle permet d’ailleurs bien plus.

      Il dit aussi ce qui fait le fond de mon questionnement : car si j’ai bien lu vous n’avez pas reçu de formation ; vous avez simplement essayé de glaner quelques données ici et là ; et cela vous a suffi. Là est mon questionnement : la "métho" ne contient que peu de données nouvelles. Ce n’est pas une révolution intellectuelle, c’est l’aboutissement de toute un mouvement de recherche.

      Ce qui est nouveau, ce n’est pas la méthode ; c’est la rigueur, le systématisme, la réflexion éthique permanente ; c’est cela qui en fait un outil aussi puissant.

      L’apport d’Yves Gineste est triple.
      - Il y a, car tout de même il ne faudrait pas l’oublier, une foule d’innovations techniques, pratiques, qui améliorent considérablement la prise en soin. Si en somme les principes sont connus d’assez longue date, leur mise en oeuvre est totalement repensée.
      - Il y a son extraordinaire exigence d’honnêteté intellectuelle, qui fait partie intégrante de la "métho" ; et je me demande depuis plusieurs années si cela n’opère pas une sorte de saut qualitatif.
      - Enfin il y a cela même qu’on lui reproche : son activisme. C’est ce qui le fait soupçonner de mercantilisme ; non seulement cette accusation est ridicule pour quiconque le connaît (non seulement il n’a pas besoin de ça, d’ailleurs), mais encore il restera tout de même bien celui qui a fait bouger les lignes. Rien que cela devrait tout de même faire taire les critiques.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 14 octobre 2008 à 11:09 , par Dr Laurent MARTIN

    bonjour, comment ne pas réagir à cette discussion ?

    je suis tombé "par hasard" sur le site de Gineste-Marescotti il y a 4 ou 5ans, et j’ai été d’emblée "attiré" par leurs écrits.

    J’ai eu la chance en 2006 de suivre une formation de 3 jours sur lyon avec Yves Gineste et Rosette Marescotti, formation pour des médecins uniquement.

    J’ai ressenti à l’issue de de cette formation le même sentiment que Michel CAVEY : ce que je pensais intuitivement "marcherait" donc ?

    J’ai ausi ressenti, et c’était un sentiment partagé par tous les médecins présents avec qui j’avais discuté "on apprend rien, mais on réapprend tout".
    Rien n’est révolutionnaire, mais ça fait du bien de pouvoir se réinterroger sur nos pratiques, et prendre conscience de choses évidentes mais que l’on ne voyaient plus.

    je voudrais revenir en particulier sur un message du forum, dans lequel un intervenant accusait la méthode de nous culpabiliser si nous ne l’appliquions pas.

    Je ne sais pas si cette personne a assisté à une formation, mais, c’est en tout cas le souvenir que j’en ai, tout était fait justement pour nous déculpabiliser, et Gineste et Marescotti ont insisté à plusieurs reprises la dessus.

    A aucun moment ils n’nont prétendu détenir LA vérité, ils étaient capables de reconnaitre leurs propres erreurs, et des comportements qui étaient les leur avant d’avoir élaboré leur méthode.

    A aucun moment ils n’ont dit que sans cette formation, on ne pouvait pas être un "bon soignant" -

    bref, ...

    A l’issue de cette formation, j’avais confirmé mes premières impressions, vu des films bouleversants, mais finalement, les bonnes ames légerement parano pourraient penser que j’avais été manipulé et les films truqués ?

    Ceux qui critiquent sont-ils allés vérfier eux même ?

    Moi je l’ai fait, et j’ai passé une semaine au mois de Juin à Tonneins, pour vérifier si le concept fonctionnait "dans la vraie vie".

    Même si l’équipe du Dr Bonnevay ne se revendique aucunement comme des "experts" de la méthode, et même si ils utilisent d’autres approches relationnelles, je peux affirmer que le concept fonctionne !

    Et j’ai passé une semaine merveilleusement libératrice, loin de chez moi et du regard des autres, à faire des toilettes avec une infirmière ou un aide-soignant, et à apprendre des techniques simples.

    J’avais le texte, il ne me manquait plus que la musique...et ce séjour à permis de mettre en musique ce que j’avais en moi...

    ça marche, et c’est tout -

    d’autres approches peuvent marcher, sans doute.

    Nombreux sont ceux qui utilisent sans le savoir une approche relationelle proche de celle de Gineste, OK, et alors, ce n’est pas un problème ?

    Nouvelle question pour moi : Est-ce que ce qui marchait à Tonneins marcherait chez moi ?

    Dès mon retour, travaux pratique avec une toilette réalisée sur un patient difficile- Dès le premier essai, et malgré toute notre inexpérience, le résultat a été impressionnant : patient détendu, pas de cris, pas d’agressivité....

    Que faut-il de plus aux détracteurs de la méthode ?

    J’avoue ne pas bien comprendre ; je sens une hostilité "de principe", mais moi, je m’en fiche pas mal de savoir comment on appelle la méthode et qui en est à l’origine, ce qui m’importe, c’est qu’elle me rend service, qu’elle me fait plaisir et qu’elle m’aide à transmettre à mes équipes des notions auxquelles je crois.

    Et ça ne m’empêche pas d’aller chercher ailleurs d’autres approches, je ne suis pas adepte de la pensée unique...

    Gineste fait de l’argent avec sa méthode ?

    Et alors ?

    ou est le problème ?

    La question qu’il faut poser est : sa méthode est-elle honnête ? rend t-elle service ?

    Tant mieux pour lui si il peut vivre de son concept ...

    non, vraiment , je ne comprends pas l’extrémisme de certaines positions.

    Notre métier nous force tous les jours à nous remettre en questions (en tout cas je vous le souhaite) , et nous devons êtres humbles devant nos résultats dans certaines situations, nous devons apprendre à mieux connaitres nos patients et à mieux nous connaitre nous même, la méthode peut être un moyen comme un autre.

    Je ne vous aucun inconvénient à ce que cela ne "parle pas" à certains.

    Il sauront peut être parvenir au même résultat par d’autres moyens , tant mieux.

    Mais je crois que le procès en sorcellerie est totalement ridicule.

    je pense faire mon métier honnêtement.

    Je ne crois pas être soumis à une engrenage sectaire.

    je ne pense pas "humanitude" du matin au soir.

    Mais j’ai un outil dans ma besace qui m’est bien utile, mais qui n’est qu’un outil.

    Endfin, personne n’est obligé de partager mon analyse...

    cordialement à tous


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 15 octobre 2008 à 21:26 , par Michel

      Bonsoir, Laurent, et merci de ce message.

      Je crois que vous avez tout dit.

      Presque , en tout cas : je suis moi aussi un très chaud partisan de cette méthode, mais je garde quelques questions théoriques, par exemple sur la notion de distance thérapeutique, et plus généralement sur le concept d’"humanitude" ; ce ne sont pas seulement des points spéculatifs, je crois qu’il y a des implications, éventuellement lourde, plus lourdes en tout cas que ne le croit Yves Gineste.

      Mais ceci mis à part, comme vous avez raison !


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 8 octobre 2008 à 22:38 , par Michel

    il y a 2 minutes Administrateur Michel 73 articles

    Bonsoir, Gisèle.

    "J’ai 58 ans. Je suis aide soignante. Je tiens à vous dire que la notion de souffrance du soignant, je l’ai connue. J’ai été également "cataloguée" et remise à ma place parce que je "mettais le doigt" sur le non respect de la personne âgée et sur ce qui selon moi était de la maltraitance."

    Et je n’ai certes pas besoin que vous m’en disiez davantage : ce dont vous témoignez, c’est tellement fréquent, tellement quotidien ! Il ne fait pas bon questionner les pratiques établies, surtout quand l’équipe, flairant qu’elle n’est pas, peut-être, aussi bien qu’elle le dit, se crispe dès qu’on détonne un tout petit peu.

    "La main qui caresse, les mots doux à l’oreille, les sourires et les regards complices, je les ai toujours naturellement donnés, spontanément sans même y penser. Quand on travaille avec un cœur sous la blouse, comment ne pas donner l’amour qui va avec ? J’ai pourtant travaillé dans certains établissements où la notion d "affect" était proscrite et où il fallait aimer en cachette."

    Vous savez, cette question est très difficile. Au vrai elle n’a pas de solution ; et je reste très réticent devant celle proposée par Yves.

    Il y a une première chose qui est certaine : on a enseigné dans les instituts de formation que le bon soignant est celui qui n’a pas d’affects. Pour accomplir un bon geste technique, il faut ne pas trembler, il faut ne rien ressentir. Cet idéal du "soignant blindé" est une ânerie monumentale, basée sur des fantasmes absurdes : comme si l’affectif allait perturber le technique !

    D’ailleurs les choses ne se passent nullement ainsi. Je parle d’expérience : je déteste la chirurgie, mais quand c’est nécessaire je manie le bistouri et les aiguilles pas plus mal qu’un autre ; je me souviens d’avoir été en stage en chirurgie de la face : entre les accidents, les tumeurs et le coups de fusil, le spectacle était assez difficile à supporter ; mais du moment que j’étais au travail, rien ne me faisait peur. Pourtant après quarante ans de métier j’ai toujours un peu de difficulté à regarder faire une piqûre. Si c’est moi qui fais le geste, je fais tout ce qu’on veut. Mais si je regarde un autre...

    Ceci pour vous dire que même dans ce que notre métier a de plus technique l’affectif ne joue pas comme on l’imagine.

    Seulement, voilà. Les psychologues, et plus encore les psychanalystes, nous ont appris depuis longtemps que l’affectivité est dangereuse. Dangereuse pour celui qui la reçoit, dangereuse pour celui qui la donne. Avec une affectivité débridée on fait de superbes catastrophes. Et Yves a grand tort de croire que cela ne pose pas problème.

    Je crois comme lui que le soignant est un professionnel, ce qui veut dire qu’il emploie des outils. Comme le dit Yves, son affectivité est un outil, un outil qui lui sert à soigner mais aussi à percevoir. Autant dire qu’il n’est pas question de la nier ou de la mettre de côté.

    Mais comme il est un professionnel, le soignant ne doit utiliser que des outils qu’il maîtrise. Or l’affectivité, ce n’est pas quelque chose qui se maîtrise.

    Et c’est pourquoi je dis que le problème est difficile.

    Car le soignant doit absolument garder le contrôle de la situation ; cela veut dire (et là je m’oppose totalement à ce qui est dit dans la "métho") garder une distance thérapeutique ; lorsqu’il laisse parler son affectivité il doit à tout moment pouvoir en rendre compte, ce qui veut dire que sa spontanéité a toujours des élastiques : il doit toujours, disons, se regarder en train de ressentir.

    Et ça, c’est très difficile ; les psychanalystes mettent des années à l’apprendre. Et si on ne prend pas ces précautions, alors on va griller des malades et des soignants. Les risques d’un mauvais usage de la "métho" sont réels.

    "Je viens de voir ce reportage à la télé. J’aurais tant aimé rencontrer Yves Gineste. J’espère que sa méthodologie sera largement promulguée et mise en pratique pour le bien être des personnes âgées et des soignants qui les prennent en charge chaque jour et chaque nuit."

    Et je milite moi aussi pour cela. A condition de ne pas oublier le début de votre intervention : en fait, tout ça, vous le saviez déjà, n’est-ce pas ? Ce qui manque, ce n’est pas le concept, c’est la précision de sa mise en pratique. C’est tout ; et c’est énorme.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 6 octobre 2008 à 01:33 , par aide soignante du 49

    J’ai 58 ans . Je suis aide soignante . Je tiens à vous dire que la notion de souffrance du soignant, je l’ai connue . J’ai été également " cataloguée" et remise à ma place parce que je " mettais le doigt sur le non respect de la personne âgée et sur ce que selon moi était de la maltraitance . La main qui caresse, les mots doux à l’oreille, les sourires et les regards complices, je les ai toujours naturellement donnés, spontanément sans même y penser . Quand on travaille avec un coeur sous la blouse, comment ne pas donner l’amour qui va avec ?
    J’ai pourtant travaillé dans certains établissements où la notion d " affecte " était proscrite et où il fallait aimer en cachette .
    Je viens de voir ce reportage à la télé . J’aurais tant aimé rencontrer Yves Gineste . J’espère que sa méthodologie sera largement promulguée et mise en pratique pour le bien être des personnes âgées et des soignants qui les prennent en charge chaque jour et chaque nuit .


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 28 juillet 2008 à 12:36 , par joel villa

    Je pense que nous sommes bien en phase sur le sujet.
    Si il faut bien respecter l’ego de Mr Gineste, j’insiste à nouveau sur le fait qu’il faut respecter en amont l’ego de ceux qui se dévouent aujourd’hui sans connaître sa méthode mais qui l’appliquent sans le savoir.
    D’autre part, il est bien évident que nous sommes dans une cinématique sectaire. Il suffit de voir sa virulence quand on aborde le sujet sous cet angle. Et ceux qui ont suivi la formation sont plus virulents que lui et de loin. Je m’étais hasardé à formuler une remarque sur le site gérialistoù l’on trouve beaucoup de convertis et bien mal m’en a pris : on ne touche pas à une îcone, Monsieur !!!
    Un peu d’humilité ne fait jamais de mal pourtant même quand on se sent porté par les ailes du pouvoir.
    C’est cela aussi qui est plus que dérangeant. Je serai cependant prêt à faire amende honorable si lors de la formation à l’humanitude dans mon établissement j’entends le formateur dire "lève toi et marche" à un Résident qui n’a plus marché depuis longtemps et si je vois ce dernier se diriger seul vers notre bac à poissons pour se mettre à marcher sur l’eau. Que faire d’autre que de l’ironie dans un tel contexte.
    J’apprécie beaucoup votre site que je visite régulièrement pour sa simplicité, son humanisme, et son naturel.


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 28 juillet 2008 à 19:50 , par Michel

      Bonsoir.

      "Je pense que nous sommes bien en phase sur le sujet."

      Je crois moi aussi que nous nous comprenons l’un l’autre ; mais nous ne sommes pas tout à fait en phase. Mettez ça sur le compte de l’amitié indéfectible que j’éprouve pour Yves Gineste. Mais... je ne crois pas.

      "Si il faut bien respecter l’ego de Mr Gineste, j’insiste à nouveau sur le fait qu’il faut respecter en amont l’ego de ceux qui se dévouent"

      Là, je suis rassuré.

      Car si j’ai bien compris vous avez commandé une formation. Vous aurez donc sans doute l’occasion de rencontrer Yves ; cela suffira à vous faire changer d’avis. J’ai rarement vu formateur aussi respectueux, justement, des élèves qu’il forme. Je crois que le respect est le maître mot de sa "métho" : respect du malade, respect du soignant ; l’un des aspects essentiels de l’"humanitude", c’est le respect : l’"humanitude" c’est ce par quoi les humains se reconnaissent comme humains, et ils ne peuvent le faire que dans le respect.

      "aujourd’hui sans connaître sa méthode mais qui l’appliquent sans le savoir."

      A condition que ce soit possible, ce qui suppose résolu le problème que je pose en disant que je suis capable d’appliquer tant bien que mal la "métho" alors que je me contrefiche de la "philosophie de l’humanitude".

      "D’autre part, il est bien évident que nous sommes dans une cinématique sectaire."

      Non, ce n’est pas si simple. Yves est très sensible à cette question et il s’en méfie. Je défie quiconque de trouver dans sa pratique personnelle le moindre embryon de pratique sectaire.

      "Il suffit de voir sa virulence quand on aborde le sujet sous cet angle."

      Vous savez, c’est à cause de remarques comme la vôtre que j’ai hésité avant de publier son intervention : je craignais, justement, qu’elle ne soit mal interprétée. Son texte est le texte d’un homme qui en a assez de se faire injustement décrier.

      "Et ceux qui ont suivi la formation sont plus virulents que lui et de loin."

      Je ne sais que vous répondre. Je connais personnellement quelques professionnels qu’il a formés ; ceux-là ne sont pas virulents ; mais j’ai eu l’occasion d’écrire à Yves qu’il pourrait avoir du mal, un jour, à maîtriser ses épigones ; et ces épigones, je ne les connais pas, je ne peux en parler davantage.

      "Je m’étais hasardé à formuler une remarque sur le site gérialist où l’on trouve beaucoup de convertis et bien mal m’en a pris : on ne touche pas à une îcone, Monsieur !!!"

      Je suis sur Gerialist depuis plusieurs années, et je ne me souviens pas de cet épisode. Mais je sais bien qu’il y en a eu, et il est exact que cette liste comprend beaucoup de professionnels qui savent ce qu’ils doivent à des gens comme Yves, et qui sortent facilement les griffes. Tout de même, cela ne fait pas une secte.

      "Un peu d’humilité ne fait jamais de mal pourtant même quand on se sent porté par les ailes du pouvoir. C’est cela aussi qui est plus que dérangeant."

      Je vous le répète : rencontrez l’homme, cela suffira. Après, l’humilité ce n’est pas si commode quand on est dans la position qui est la sienne.

      "Je serai cependant prêt à faire amende honorable si lors de la formation à l’humanitude dans mon établissement j’entends le formateur dire "lève toi et marche" à un Résident qui n’a plus marché depuis longtemps et si je vois ce dernier se diriger seul vers notre bac à poissons pour se mettre à marcher sur l’eau."

      Et vous prenez là un risque démesuré : je ne suis pas près d’oublier le jour où il l’a fait sous mes yeux (bon, c’était du pas simulé, d’accord ; tout de même, on ne me la fait pas ; mais sur le coup... Et puis il n’en reste pas moins que de ce jour là nous avions recommencé à lever ce patient).

      "Que faire d’autre que de l’ironie dans un tel contexte."

      J’ai confiance : nous reparlerons de tout cela, si vous le voulez, quand vous aurez vu de vos yeux cette formation.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 24 juillet 2008 à 14:00 , par joel villa

    Le seul vrai défaut de cette méthode est que chacun imagine que l’on vient d’inventer quelque chose. De nombreux soignants la pratiquent de manière "naturelle". Ce qui est dommage aujourd’hui c’est de considérer que tout établissement qui n’a pas suivi la formation agréée est fautif et maltraitant. Et de jeter l’anathème sur celui-ci. C’est là que le bât blesse.
    En paticulier au niveau des soignants dont le savoir et la compétence non labellisés IGM n’est pas reconnue. Et de les culpabiliser.
    Si on va plus loin, je suis catastrophé en tant que directeur d’EHPAD public d’obtenir des crédits si j’organise cette formation. Que l’on travaille bien ou mal aujourd’hui n’est pas important. On s’en fout. L’essentiel est : est-ce que IGM est venu faire une formation chez vous ? Devinez ce que j’ai fait ? J’ai programmé une semaine en 2008, 1 en 2009 et 1 en 2010. Et avec mon équipe, nous deviendrons des gens bien comme il faut !!!
    Et longue vie à IGM.


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 25 juillet 2008 à 22:43 , par Michel

      Bonsoir.

      Vous m’ennuyez beaucoup.

      Car votre message contient à peu près le fond de mon débat avec Yves Gineste.

      Je le répète : quand j’ai suivi sa formation, j’ai été à la fois ébloui et incrédule : ce que je voyais, c’était ce à quoi j’avais toujours pensé, mais porté à un point de perfection que je n’imaginais pas. En somme Yves m’a tout appris, mais fondamentalement il ne m’a rien appris. Ajoutons pour faire simple qu’il ne manque pas une occasion de répéter qu’on ne l’a pas attendu pour travailler correctement, et qu’il y a une foule de soignants qui n’ont pas besoin de lui.

      On peut essayer d’illustrer le propos par un travail sur le concept d’"humanitude". Je n’aime pas cette idée, parce que je la trouve totalement vide de sens. D’ailleurs quand j’ai suivi la formation en 2001 YVes reprenait la définition donnée par Jacquard. Albert Jacquard a toutes les qualités du monde sauf une : la rigueur conceptuelle. Quand Yves a écrit "Humanitude" il a pris ses distances avec cette définition, et je sais (pour avoir participé à la discussion à l’époque), que J. Péllissier avait exploré plutôt du côté du concept de négritude ; mais ça ne fonctionnait pas.

      Ce qu’Yves a toujours dit, c’est que la notion d’"humanitude" a, du point de vue pédagogique, des vertus irremplaçables ; et comme il est pragmatique, il prend ce qui marche ; quand il expose le concept, tout le monde comprend où on va.

      Je le crois sans peine sur ce point. mais je crois aussi qu’il est dangereux de procéder ainsi ; je crois qu’il ne serait pas soupçonné de dérive sectaire s’il ne se laissait pas aller à ce type de facilités. Je crois aussi qu’on ne peut pas fonder une oeuvre sur une coquille vide.

      Cela dit, plus le temps passe et plus je sens qu’il tient à son concept et qu’il le trouve riche de contenu.

      Je continue à n’y pas croire. Il a toujours soutenu qu’on ne peut appliquer sa "métho" si on n’adhère pas à la "philosophie de l’humanitude". Pourtant pour m’avoir vu à l’oeuvre je sais qu’il pense que je l’applique somme toute pas trop mal, alors que, justement, je ne crois pas un mot de cette histoire d"humanitude".

      Mais il m’objecte alors que si sa théorie est fausse on ne comprend pas comment sa pratique est si extraordinaire. Et je reste depuis plusieurs années avec deux idées :
      - Il se peut que la "métho" soit effectivement révolutionnaire ; dans ce cas elle repose sur un soubassement théorique nouveau, mais ce soubassement reste à découvrir.
      - Il se peut que la "métho" ne soit que la fine pointe d’un ensemble de pratiques partagées, comme vous le ressentez, par de nombreux professionnels du soin. Reste à se demander si quand on la porte à ce degré d’excellence on ne réalise pas une sorte de saut qualitatif qui débouche sur "autre chose".

      Dans l’un et l’autre cas il faudrait avoir les moyens de philosopher réellement sur cette étrange affaire.

      Et puis il reste, comme vous dites, que le succès de la "métho" fait une ombre injuste à tous ces soignants qui travaillent si bien. Mais c’est ainsi : combien d’artistes ou de sportifs de grande qualité qui se sont retrouvés dans l’ombre parce qu’il y avait un phénomène qui raflait tous les titres ?

      Je crois que la seule chose à dire est que tout cela va dans le bon sens. Certes il y en a un qui tient la vedette. Mais après tout il le mérite, et c’est quelqu’un de bien plus humble qu’on ne le prétend.

      Ce qui ne l’empêche pas d’avoir son ego. Et alors ? J’ai bien le mien...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 30 juin 2008 à 10:10 , par Marie-Paule

    Je fais un mémoire de DIU soins palliatifs et accompagnement sur la voix du soignant quand il s’adresse au patient. En faisant mes recherches, je suis "tombée" sur la méthode GM...que je ne connaissais pas (je travaille comme infirmière à l’unité de soins palliatifs de Besançon). J’ai donc voulu en savoir plus et suis allée en stage en Suisse, dans un home pour personnes âgées, dont la plupart sont désorientées. Les soignants ont été formés à la méthode GM, bénéficient d’une formation sur la voix de façon régulière, ont été formés à la communication non violente...Résultat : les résidents sont debout, déambulent à leur guise, les soignants ont le sourire, chantent, parle
    nt et touchent d’une façon très douce...mais tout cela n’est pas forcé. Il y a là une bienveillance, une sollicitude, une intention dans le "prendre soin" (moi, j’aime bien cette expression), naturelles et exemplaires ! Je précise que je suis habituellement dotée d’un sens critique et d’une observation plutôt exacerbée.


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 2 juillet 2008 à 21:51 , par Michel

      Bonsoir, et merci de votre message.

      Je crois que vous avez tout dit : il suffit d’observer ce qui se passe quand on applique la méthode Gineste-Marescotti pour constater que ses résultats sont exemplaires. J’en suis même à me demander si Yves Gineste n’est pas suspecté de tenir une secte simplement parce... qu’il fait des miracles. Mais si je dis ça il va m’en vouloir.

      Non, ce ne sont pas des miracles. Il démontre simplement ce qui se passe quand on prend les malades pour des humains. Soit dit en passant nous ne cherchons pas autre chose en soins palliatifs.

      La difficulté pour moi (mais en est-ce réellement une ?) c’est qu’elle n’est pas dans son essence aussi révolutionnaire qu’on pourrait le croire. Je me souviens très nettement de ce que j’ai pensé quand il est venu dans mon hôpital, c’était en 2001, pour une session de formation. J’étais bouleversé : car ce que je voyais faire, c’était ce que j’avais toujours pensé. Ainsi c’était vrai, j’avais raison ; mais jamais je n’avais osé le mettre en pratique avec ce radicalisme ; ni avec cette précision. Et naturellement je n’obtenais pas les mêmes résultats.

      Si je critique Yves, c’est au fond sur ce point : il dit que la méthode ne peut être appliquée si on ne partage pas la "philosophie de l’humanitude" ; et pourtant je l’applique, alors que cette "humanitude" ne m’intéresse pas.

      Mais je suis à cent lieues de l’extraordinaire compétence d’Yves. Et il se peut après tout que lorsqu’on pousse les choses au point où il les pousse, on accomplisse à un moment un saut qualitatif. Il se peut qu’il y ait une sorte de rupture.

      Peu importe peut-être : l’urgence est au développement de cette méthode.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 8 juin 2008 à 00:26 , par Yves Gineste

    Bonjour Michel, bonjour à tous,

    Je ne suis pas d’accord avec bien des critiques de Michel Cavey, mais je me battrais s’il le fallait pour qu’il puisse les formuler, car se sont des critiques sévères mais extrêmement constructives et honnêtes.

    Mais que répondre à des calomnies ?
    Je ne sais pas quoi dire, tellement ces propos sont à des années-lumière de notre fonctionnement, de nos personnalités.

    Alors, peut être, faut-il rappeler simplement cela :

    Les soignants se portent mieux avec nos approches : Nous avons eu jusqu’à 72 % d’arrêt maladie en moins au Québec, 55% en France. Ce sont des faits publiés par les établissements eux-mêmes. L’asstsas, l’organisme dont la mission est de s’occuper de la santé des soignants du Québec implante la métho partout là-bas, pour cette raison.

    A l’Hôpital de Ballainvilliers : 100% de turn over de 2000 à 2004, 0% de 2004 à 2007, depuis l’implantation de la métho (JT France2).

    Mais aussi, des résultats avec les patients :
    - Étude ANFH Limousin 1997 : 60% de grabataires en moins, avec l’implantation de la manutention relationnelle
    - La majorité des éphad qui implantent la méthode : entre 20 et 60 points de gir moyen pondéré en moins au bout de 1 an.
    - Recherche scientifique Successfull Aging, organisme indépendant de recherche, Juin 2008, portant sur 130 patients en dta, choisis uniquement pour les difficultés au cours des soins (cris hurlements, coups, morsures, griffure etc) : 83 % de pacification complète des conduites dites "agressives" des adultes âgés atteints de la maladie d’Alzheimer au cours de soins de base, en appliquant notre approche. Conduites qui sont simplement l’expression d’une souffrance immense.
    Et dans quasiment tous les établissements formés : disparition totale des soins forcés au cours des bains, douches, toilettes, repas etc.
    - Baisse de troubles du comportement tellement importante que des centres publient jusqu’à 9 fois moins de médicaments pour les patients auparavant agités (Ballainvilliers), coût médicaments = 2euros11 par jour et personne dans l’unité long séjour de Tonneins (3 fois moins que dans le long séjour voisin).

    Et j’apprends donc que je travaille en toge, dans un château, que les gens formés deviennent des initiés.., que j’achète les gens qui disent du bien de nous, que je dirige une secte, et maintenant que je suis scientologue. Probablement.
    De source sure, car ON leur a dit ...

    Et s’il y a aussi 400 établissements en attente de formation (au prix légèrement en dessous de la moyenne nationale), alors que nous n’avons ni commercial, ni même une plaquette publicitaire, zéro centime en pub, c’est parce que eux, ils ne savent pas tous ce que vous savez, n’ont pas conscience de l’arnaque, qu’ils sont achetés, sous emprise, ou que les cadres, les directeurs, les médecins qui demandent les formations sont simplement benêts ?
    Que l’humanitude et la métho soit au programme du DU de soins relationnels l’université de psycho de Lyon,
    Que 2 universités créent un nouveau DU "Méthodologie des soins Gineste-Marescotti, dite humanitude", dans le cadre d’un DU Diplôme Inter-universitaire de Thérapie Relationnelle Psychogériatrique, c’est peut être simplement pour participer à ruiner la santé des soignants et celle des malades, et à enrichir le commerce d’un privé (non universitaire de surcroit).

    Sur le reste, je suis fatigué, je l’avoue, d’expliquer à des personnes qui ne connaissent ni notre travail, ni notre expérience, ni nous-mêmes qu’elles se trompent. Parce que je ne suis pas sûr qu’elles se trompent, mais que leurs propos relèvent de sentiments troubles que je préfère ignorer.

    Et si c’est le droit de chacun de penser que notre travail ne vaut rien, ce n’est le droit de personne colporter des bruits insultants et des mensonges.
    Et peut-être plus triste encore, bien que la critique de Michel Cavey sur nos concepts reste affûtée , le fait de parler de nous en termes positifs dans bien des domaines va le faire entrer dans le cercle des "initiés, des "sous emprise", voire des vendus. Parce que quelques soient les preuves, l’importance des témoignages des centaines d’établissements, des évaluations des milliers de stagiaires très satisfaits à plus de 95%, des évaluations des missions parlementaires ou autres, nous sommes pour certains dans le domaine des émotions primaires de rejet, et le cognitif est bien faible face à cela.

    Bien à vous
    Yves Gineste

    Pour Jean :
    Je suis directeur de ma boite, je ne sais pas comment on peut appeler cela autrement, c’est ce qu’il y a sur ma feuille de paye, et directeur des formations des 10 Instituts en France. Parce que je les mets au point, les organise, et les dirige.
    Le titre d’expert m’a été donné au Canada par des organismes totalement indépendants de nous (Centre de consultion et de formation en Psycho gériatrie de Montréal, et Asstsas, Association pour la santé et la sécurité des travailleurs des secteurs sanitaires et social, organisme paritaire état-syndicats). C’est leur coutume, je suppose, en tout cas c’est ce qui figure leurs tablettes administratives, en fait "conseiller-expert" pour être plus juste.
    Pour le Du de gérontopsy Rosette Marescotti, (moi je n’en ai pas), il s’agit de celui de Limoges, en 3 ans, il donne accès au master. Elle pourrait donc apparemment revendiquer ce "titre", mais justement ne le fait pas et voilà ce que vous pouvez trouver sur nos présentations et curriculum sur nos sites :"Professeurs d’EPS jusqu’en 1979, DU de Psycho-gérontologie (Rosette)". Et rien de plus. Et nous n’avons jamais revendiqué autre chose.
    Au Portugal, à l’université de Coïmbra, on me donne le titre de "Doctoré", ou Dotore, et j’ai beau leur expliquer systématiquement que je n’ai pas de diplôme , rien à faire, cela leur fait plaisir !
    Moi, je suis ex prof de gym, ex maitre nageur, ex moniteur de plongée, et j’ai été boulanger , livreur et docker :-)
    Et depuis 30 ans dans les soins. Je me suis personnellement occupé des soins de plus de 25000 patients, systématiquement les plus difficiles. C’est sans doute pourquoi on nous donnent ce titre d’expert.
    Auriez vous des idées pour nos qualifications dans notre métier, qui ne puissent être soumises à aucune critique ? Si oui, je prends avec plaisir. Vraiment.
    re bien à vous
    Yves


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  • La méthode Gineste-Marescotti Le 7 juin 2008 à 11:04 , par Jean

    En ce qui concerne l’IGM, je trouve leur travail très intéressant. Si ils n’ont rien inventé, on ne peut pas leur retirer leurs capacités à remettre en forme pour des soignants des concepts simples et opérationnels. Juste un regret (mais il faut bien vivre), une approche commerciale avec des titres qu’ils se sont données eux même (certes à partir de leur travail)et un directeur par çi et un expert par là tout au sein de leur organisation. Sans parler du titre de psychogérontologue .... un simple Diplome Universitaire ... pas un doctorat, pas psychologue, pas médecin...
    Sinon, cela n’empêche pas la compétence (j’en connais des très peu compétents comme dans tous les métiers !!!!) mais ne soyons pas dupe non plus
    J’espère avoir été honnête dans mon commentaire. Sinon n’hésitez pas à réagir

    Jean


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    • La méthode Gineste-Marescotti Le 7 juin 2008 à 13:35 , par Michel

      Bonjour, Jean.

      Merci de votre commentaire, que je trouve excellent.

      Ayant la chance de connaître Yves Gineste, j’ajouterais simplement trois points :
      - Le premier est qu’il revendique son approche commerciale : il se trouve qu’il vit de son enseignement, il ne s’en cache pas (je n’ai pas ce sentiment face à certains gourous qui pourtant ont presque pignon sur rue). Tout ce que je sais pour avoir été son client, c’est qu’il exerce son commerce avec une probité qu’on ne rencontre guère dans le milieu.
      - Le second est cette histoire de titres. Il y a là quelque chose qui me fait penser à un besoin de reconnaissance de la part d’un milieu professionnel où, justement, les titres ont une telle importance.
      - Mais le dernier est précisément là,et il me fascine : la méthode Gineste-Marescotti est effectivement un savoir, et un savoir qui ne rentre dans aucune case. C’est une lacune de l’esprit humain qu’il vient combler. Quel est le statut de ce savoir, et comment se fait-il qu’on puisse l’enseigner ?

      Prenons la question du savoir-être. Yves déteste le concept de savoir-être. Ce que j’ai appris, moi, c’est que savoir-être signifie savoir s’autoriser à être qui on est, savoir se contenter d’être devant le malade. En ce sens je maintiens (contre Yves) que sa méthode est exactement un savoir-être. S’il déteste cette idée, c’est parce que la notion de savoir-être a été dévoyée par des incapables qui ont cru qu’il s’agissait d’enseigner aux autres ce qu’ils doivent être. Dans cette acception, il a raison ; dans l’acception originelle il a tort. Mais Yves est un pragmatique, et il constate qu’on ne peut rien faire de bon d’une notion qui a été à ce point pervertie.

      Reste la question : comment diable peut-on former au savoir-être ? Les implications pédagogiques et philosophiques de cette question sont incalculables. Tout ce que je sais, c’est qu’il le fait.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > La méthode Gineste-Marescotti Le 11 février 2008 à 08:44 , par Desbois

    La méthode G-M apparaît comme un moyen supplémentaire de remettre en cause l’expérience des hospitaliers, par des méthodes empruntées à d’autres en plus, je ne sais pas encore si une secte (probablement rattachée à la Scientologie) est derrière mais la façade est plus une affaire commerciale qu’autre chose, et, les copyrights sur des termes comme "La philosophie de l’humanitude" sont assez probants...
    On est loin de Coluche, ou de l’Abbé Pierre, mais plus près du marché (...)...
    Il serait temps de s’intéresser aux vrais travaux réalisés par des professionnels scrupuleux (Docteur Mias etc) et prendre en considération de le mot humanitude a été utilisé pour la première fois, en Suisse, en 1980 par Klolfenstein.
    L’humanitude doit faire place à l’humanité, l’humanité n’est pas une espèce, l’espèce est humaine avant tout (utilisons les mots correctement).
    Ceci écrit, le "prendre soin" quel terme ridicule, c’est vraiment à l’image de la société actuelle. Un peu plus de compassion, un peu moins de protocoles, et, les soignants plus responsables ne s’en porteront que mieux, et, si les soignants ont des moyens suffisants ils sont capables d’assurer un travail exemplaire, ils sont formés dans ce but à ma connaissance.
    Alors la méthode GM est ce qu’elle est, le temps permettra de démontrer certaines choses, pour le moment laissons venir...Alors cette "méthode", secte, opportunisme affairiste ou supercherie ce ne sera pas à moi d’en conclure, mais sa place au sein du milieu hospitalier apparaît de plus en plus comme un dérivé des soins de confort par le toucher principalement , compte tenu des connaissances des soignants nous pourrions penser à une dérive des soins de confort.

    La souffrance revêt différentes formes pour ceux qui sont en fin de vie, ils ont le droit à la paix, le droit d’être respectés, de ne pas subir, en fait d’être soignés comme il se doit mais pour ce faire l’établissement doit avoir le personnel en nombre et les spécialistes nécessaires (agents hospitaliers, aides-soignantes, infirmières, kinésithérapeutes, psychologues etc) l’hôpital n’est pas un théâtre.

    Desbois Laure


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    • > La méthode Gineste-Marescotti Le 11 février 2008 à 21:07 , par Michel

      Bonsoir.

      Je reçois votre message, et je vais essayer de vous répondre.

      Il ne vous a pas échappé que mon article est une tentative pour dire sur la méthode Gineste-Marescotti des choses à peu près objectives, et pour en faire une critique raisonnée. Dans ces conditions il faut bien que je vous dise que je me sens d’emblée en difficulté : la position que vous adoptez reprend à peu près toutes les critiques que j’ai essayé de nuancer, de sorte que si vous conservez cette position après avoir lu mon texte c’est que je suis un piètre avocat. Mais au fait, cette opinion que vous avez, vous vous l’êtes forgée, n’est-ce pas ? Comment en êtes-vous venue à cette série de conclusions ? J’entends : quelle est votre pratique personnelle de la méthode Gineste-Marescotti ?

      "La méthode G-M apparaît comme un moyen supplémentaire de remettre en cause l’expérience des hospitaliers,"

      Je parle de cela. Ne perdons pas de vue que je suis moi-même hospitalier depuis dix ans. Non seulement cette méthode n’a rien remis en cause, car ce que j’y ai vu n’a fait que confirmer mes intuitions personnelles, mais encore si elle l’avait fait je lui en saurais gré, tant j’ai vu d’inepties se perpétuer à l’hôpital.

      Ce que, peut-être, vous pointez, c’est le fait que la méthode se construit en réaction à un certain type de comportement hospitalier, joint au fait qu’Yves Gineste n’est pas issu du monde soignant. Il y a là quelque chose d’agaçant, et dans la critique que j’ai adressée en privé aus rédacteurs d’"Humanitude" j’attirais leur attention sur le fait que leur regard sur ce point est parfois simpliste (tout comme est simpliste leur approche de l’action des religieuses).

      "par des méthodes empruntées à d’autres en plus,"

      J’ai écrit dans mon article que, loin de tracer un chemin original, Yves Gineste se situe plutôt à la pointe d’une évolution qui a commencé avant lui. Cela il le sait, et il le dit. Reste que son apport propre est immense.

      "je ne sais pas encore si une secte (probablement rattachée à la Scientologie) est derrière"

      Je ne crois pas une seconde qu’Yves Gineste soit dans un mouvement sectaire ; mais ce qui me surprend c’est la précision que vous apportez : quels sont vos arguments pour parler de la scientologie ?

      "mais la façade est plus une affaire commerciale qu’autre chose, et, les copyrights sur des termes comme "La philosophie de l’humanitude" sont assez probants..."

      Non, ce n’est pas probant.

      Il y a deux points à considérer.

      Le premier est qu’Yves Gineste est un acteur privé qui vit de son travail. Il le sait, le dit, le revendique. Tout ce que je peux affirmer c’est que quand j’ai dû acheter sa formation elle était bon marché, et bien qu’il m’ait mis en liste d’attente pendant un an il a été particulièrement accommodant, j’allais écrire : généreux. Mais il est clairement dans le secteur lucratif.

      Le second est cette histoire de copyright. A ma connaissance il n’en tire pas un sou, mais il a pris cette précaution pour éviter le galvaudage des concepts. Pour vous donner un exemple il me disait combien Cyrulnik regrette de ne pas avoir fait breveter le terme "résilience", et il est probable que Morin aurait fait la même chose pour "politique de civilisation" s’il avait pu prévoir...

      "Il serait temps de s’intéresser aux vrais travaux réalisés par des professionnels scrupuleux (Docteur Mias etc)"

      Certes. Il se trouve que Lucien Mias et Yves Gineste se connaissent, que je les connais tous deux et que je me tiens à votre disposition pour transmettre votre mail à Lucien Mias. Il vous dira lui-même ce qu’il pense de tout cela, je crois que son opinion n’est guère éloignée de la mienne.

      "et prendre en considération de le mot humanitude a été utilisé pour la première fois, en Suisse, en 1980 par Klolfenstein."

      Yves Gineste est le premier à dire que Klopfenstein est le premier utilisateur du mot. Pour ce que j’en sais, la ressemblance s’arrête d’ailleurs là, tant l’acception du mot chez Klopfenstein est éloignée de ce qu’elle est chez Yves Gineste.

      "L’humanitude doit faire place à l’humanité, l’humanité n’est pas une espèce, l’espèce est humaine avant tout (utilisons les mots correctement)."

      C’est la principale objection que je fais au concept. Mais dans "Humanitude" les auteurs s’expliquent sur le choix du vocable ; je ne suis pas d’accord avec eux, mais il ne faut sans doute pas accorder à ce point plus de valeur qu’il n’en a.

      "Ceci écrit, le "prendre soin" quel terme ridicule, c’est vraiment à l’image de la société actuelle."

      Cela, je ne crois pas. Prendre soin, dans un lieu comme celui où je travaille, c’est la chose la plus importante qui soit au monde.

      "Un peu plus de compassion, un peu moins de protocoles, et, les soignants plus responsables ne s’en porteront que mieux, et, si les soignants ont des moyens suffisants ils sont capables d’assurer un travail exemplaire, ils sont formés dans ce but à ma connaissance."

      Savez-vous ce que disent les chiffres ?

      Ils disent que le taux de maltraitance est à peu près proportionnel au ratio en personnel. Autrement dit : nous manquons de personnel, je suis bien placé pour en parler. Mais si on se contente d’augmenter les effectifs on ne résout rien, au contraire. Tout se joue dans la formation. Et j’ai pu obtenir des résultats probants avec des effectifs squelettiques. Il faut tout à la fois se battre pour obtenir l’effort financier indispensable et savoir que cela n’est que la base sur laquelle on construira un prendre soin de qualité.

      "Alors la méthode GM est ce qu’elle est, le temps permettra de démontrer certaines choses, pour le moment laissons venir...Alors cette "méthode", secte, opportunisme affairiste ou supercherie ce ne sera pas à moi d’en conclure, mais sa place au sein du milieu hospitalier apparaît de plus en plus comme un dérivé des soins de confort par le toucher principalement , compte tenu des connaissances des soignants nous pourrions penser à une dérive des soins de confort."

      Comment le savez-vous ?

      Je vous le redis : la méthode Gineste-Marescotti n’est à mes yeux que la plus belle d’une série de méthodes. Elle n’est pas, ne prétend pas être, une création de novo. Mais c’est la plus belle. Simplement.

      "La souffrance revêt différentes formes pour ceux qui sont en fin de vie, ils ont le droit à la paix, le droit d’être respectés, de ne pas subir, en fait d’être soignés comme il se doit mais pour ce faire l’établissement doit avoir le personnel en nombre et les spécialistes nécessaires (agents hospitaliers, aides-soignantes, infirmières, kinésithérapeutes, psychologues etc) l’hôpital n’est pas un théâtre."

      En effet. Je crois que ce n’est pas non plus le propos d’Yves Gineste.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • > La méthode Gineste-Marescotti Le 12 février 2008 à 11:36

        « Mais dans "Humanitude" les auteurs s’expliquent sur le choix du vocable ; je ne suis pas d’accord avec eux, mais il ne faut sans doute pas accorder à ce point plus de valeur qu’il n’en a. »

        Oui ... mais Le « J’Accuse » d’Emile Zola aurait- il touché aussi fortement les consciences si ce texte était paru sous son titre initialement prévu : Lettre à Monsieur Félix Faure Président de la République ?

        Je ne pense pas.

        Sophie


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        • > La méthode Gineste-Marescotti Le 12 février 2008 à 21:11 , par Michel

          Bonsoir.

          Sans doute. Et je crois qu’il ne faut pas accorder à ce point moins de valeur qu’il n’en a. Je crois même que cela explique une partie des calomnies qui pleuvent sur cette méthode. Mais une fois cela dit, il reste à lui rendre justice, n’est-ce pas ?

          Bien à vous,

          M.C.


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          • > La méthode Gineste-Marescotti Le 13 février 2008 à 12:27

            "Mais une fois cela dit, il reste à lui rendre justice, n’est-ce pas ?"

            Alors face aux calomnies si je devais choisir un argument de votre brillante plaidoirie, je retiendrais celui- ci :

            « La Méthode Gineste- Marescotti ? ... Elle est une pure merveille... La plus belle des méthodes. Simplement. »

            Sophie


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