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Vieillissement et alimentation

Inédit

dimanche 16 octobre 2005 par Michel

VIEILLISSEMENT ET ALIMENTATION

Parler de gériatrie, c’est toujours plus ou moins envisager deux questions comme distinctes, comme si on avait affaire à deux disciplines.

Il y a tout d’abord l’ensemble de ce qu’on doit faire pour que le vieillissement se passe de la manière la plus harmonieuse possible. C’est là l’aspect préventif de la gériatrie, c’est la partie qui s’adresse aux « jeunes vieux », comme disent les anglo-saxons, c’est-à-dire la tranche des 65-80 ans.

Mais il y a aussi l’ensemble de ce qu’on doit faire pour soigner ceux qu’on appelle les « vieux vieux », les plus de 85 ans. Là les choses changent, car le vieillissement est fait, il est là, et le problème est moins de lutter contre les effets du vieillissement que de tâcher de s’y adapter.

Naturellement, cette distinction est tout à fait artificielle, et à mesure que la longévité progresse la frontière entre ces deux catégories de sujets se déplace : quand on a 90 ans il y a encore des actions à mener pour prévenir les effets du vieillissement.

Cette distinction va se retrouver dans un sujet comme l’alimentation : les préoccupations ne seront pas exactement les mêmes selon qu’on a 70 ou 90 ans, même si les choses tendent là aussi à évoluer.

LES BESOINS DU SUJET VIEILLISSANT

S’il est une idée reçue à détruire, c’est bien que les besoins du jeune vieux sont différents de ceux du jeune.

Les apports caloriques :

Tout le monde a tendance à dire que le sujet âgé a besoin de moins de calories que le sujet jeune. C’est globalement faux.

Dans les dépenses énergétiques de l’être humain, il y a trois catégories :
- 1. Il y a d’abord l’énergie nécessaire pour faire battre le cœur, respirer les poumons, digérer les aliments, maintenir la température. C’est le métabolisme de base, c’est une dépense inévitable ; il correspond à 70% de la dépense énergétique totale, et ce quel que soit l’âge. Un sujet âgé dépense 1 300 calories par jour pour son métabolisme de base.
- 2. Il y a ensuite l’énergie nécessaire pour renouveler les tissus (peau, foie, intestin, sang...) et les protéines ; le sujet âgé en dépense autant, sinon plus que le sujet jeune, soit 15% de la dépense totale.
- 3. Il y a enfin, et seulement enfin, l’énergie nécessaire pour le travail musculaire. Elle ne représente que 15% de la dépense totale chez le sujet normalement sédentaire.

C’est donc une erreur de croire que, se dépensant moins, le sujet âgé a moins de besoins énergétiques. L’essentiel de la dépense est obligatoire.

Naturellement ceci reste théorique : on aboutit à une dépense totale de 2 000 calories par jour, et toute personne âgée qui ne les consommerait pas se mettrait donc à dépérir. On voit bien que ce n’est pas le cas... Mais cela contribue tout de même à expliquer l’extraordinaire fréquence de la dénutrition en gériatrie.

Le vieillissement digestif :

Contrairement là aussi à l’idée reçue, le fait de vieillir ne modifie guère la fonction digestive. Les seuls organes à souffrir sont la bouche (et il faut l’entretenir) et l’estomac (et il faut le soigner). Mais dans l’ensemble il faut maintenir que les aptitudes digestives du sujet âgé sont les mêmes que celles du sujet jeune.

La nature des aliments :

La nature des aliments n’a aucune raison d’être différente en fonction de l’âge.
- Il faut des protéines, et leur origine n’a aucune importance : viande rouge ou blanche, poisson, œufs, légumes secs.
- Il faut des sucres lents (féculents).
- Il faut des légumes et des fruits.
Il faut de tout cela, et en mêmes quantités que chez le sujet jeune. Cela signifie des apports modérés en viande, et renforcés en légumes.

La prévention des carences :

Les carences peuvent affecter principalement deux grands systèmes de l’organisme.

Il y a tout d’abord le squelette : on sait que l’ostéoporose est une maladie grave, car elle occasionne des fractures qui sont source d’invalidités importantes, et même de décès : chez les "vieux vieux", 40% des fractures du col du fémur sont suivies d’un décès dans les six mois. La prise en charge de l’ostéoporose repose :
- Non pas sur les médicaments.
- Mais sur les produits laitiers.
- Sur le soleil.
- Et sur l’exercice physique.
Mais on sait aussi qu’en matière de risque ostéoporotique tout est pratiquement joué à la fin de l’adolescence ; ensuite on ne peut que retarder le déclin du stock calcique. Et on peut se demander s’il est vraiment réaliste de croire qu’en donnant du calcium à un sujet de 90 ans on a la moindre chance de lui éviter une fracture... Par contre on a toutes les chances de lui couper l’appétit, car la tolérance digestive du calcium est loin d’être exceptionnelle.

Il y a ensuite le sang. Et sur ce point les trois carences qui guettent le sujet âgé sont :
- La carence en fer, notamment parce qu’il a trop réduit ses apports en viande et en légumes secs. Rappelons simplement que la carence en fer est également fréquente chez le sujet jeune, et que toute sujet carencé en fer est jusqu’à preuve du contraire un sujet qui saigne.
- La carence en acide folique : cette vitamine est présente essentiellement dans les légumes et fruits frais. C’est une carence fréquente, facile à corriger, mais qui indique presque toujours que le sujet ne se ravitaille pas comme il le faudrait. C’est un signe d’alarme sociale.
- La carence en vitamine B12 ; elle est fréquente également, et peut correspondre à un défaut d’apport en protéines animales : mais le plus souvent elle correspond à une maladie méconnue (et un peu oubliée des médecins) : la maladie de Biermer.

LES RÉGIMES

La question des régimes est particulièrement importante pour comprendre de quelle manière il faut raisonner. Car les objectifs de régimes changent avec l’avance en âge.

Le diabète :

Le diabétique est tenu de prendre des précautions diététiques s’il veut gérer correctement sa maladie. Mais il faut rappeler que le régime diabétique est le régime normal ; ce qui se passe c’est qu’en Occident les humains ne savent plus manger normalement : notre alimentation habituelle est une succession d’écarts de régime, le diabétique, lui, n’a pas les moyens de les supporter.

D’autre part le régime du diabétique vise :
- À lui éviter des écarts glycémiques trop amples, mais ce n’est pas l’essentiel.
- À lui éviter les complications à long terme : le sucre est toxique, et des écarts glycémiques trop fréquents vont user prématurément l’organisme (vaisseaux, rein, et surtout les rétines).

La question du régime diabétique chez le sujet âgé se pose donc d’abord en termes d’espérance de vie : il faut vingt ans pour détruire une rétine, et avant d’importuner un sujet âgé avec son régime diabétique on doit se demander quelle est son espérance de vie. Mais il faut se le demander : si un insuffisant respiratoire sous oxygène n’a certainement plus le temps de devenir aveugle, un sujet de 80 ans en pleine forme pourrait bien avoir encore quinze ans devant lui.

Le cholestérol :

Ici la question est un peu différente, car le cholestérol n’est pas toxique de la même manière que le sucre. Alors que le diabète survient à n’importe que âge, les troubles liés au cholestérol se manifestent assez tôt dans la vie. En gros on peut dire deux choses :
- La personne âgée qui a un bon état vasculaire n’a certainement pas de problème de cholestérol, et n’en aura certainement jamais.
- La personne âgée qui a un mauvais état vasculaire n’a certainement plus rien à espérer d’un régime.
Le problème ne se pose donc que pour les sujets âgés qui traitent leur cholestérol depuis longtemps. Pour celles-là il faut comme pour les diabétiques raisonner en termes d’espérance de vie. Reste à calculer cette dernière de façon suffisamment généreuse, car la longévité s’accroît. Tout de même, un sujet qui à 80 ans n’a pas entendu parler de son cholestérol n’a aucune raison de le surveiller.

Le régime sans sel :

Ici par contre les choses sont beaucoup plus claires : il n’y a pratiquement plus d’indication du régime sans sel.

Comme pour le diabétique avec son régime, on peut dire que l’alimentation habituelle de l’occidental est trop chargée en sel, et que tous les humains devraient surveiller leurs apports dans ce domaine. Naturellement les cardiaques le doivent plus que les autres. Mais cela conduit à préconiser un régime peu salé, non un régime sans sel.

Le régime sans sel ne devrait être prescrit que par un cardiologue, pour une durée limitée, et sous stricte surveillance, car l’expérience montre que les carences en sel sont au moins aussi fréquentes (et dangereuses) que les surcharges.

Les régimes « digestifs » :

Sous cette rubrique, on évoquera toutes les précautions diététiques que les personnes vieillissantes prennent pour leur foie, leur vésicule, leurs intestins, etc.

La médecine n’a rien à dire sur ce type de comportements ; il n’y a aucun argument pour dire que tel ou tel aliment serait mal toléré par l’un ou l’autre des organes en question. En particulier la vésicule et le foie tolèrent absolument n’importe quelle alimentation. Quant aux organes creux (estomac ou intestin), la question est un peu plus délicate : personne ne peut nier que les haricots ont des effets sur l’intestin... Mais les avantages l’emportent tellement sur les inconvénients que de toute manière il faut recommander leur consommation.

Ce que nous ne savons pas mesurer, ce sont les multiples sources d’intolérance. Ce sont rarement des allergies vraies, mais ce peuvent être des réactions impliquant de manière complexe la réactivité des organes digestifs, avec naturellement une forte polarité psychologique ; et tout le monde connaît l’importance de la place normalement occupée par le psychisme dans l’alimentation.

Maigrir, grossir :

Il est important pour le sujet vieillissant d’avoir un poids adapté. L’obésité est facteur de risque à part entière.

Le problème est que la vieille personne obèse l’est depuis longtemps. Dans ces conditions les choses sont fixées, et il est totalement illusoire de chercher à obtenir un résultat. Tout au plus peut-on lui demander de ne pas grossir et, à la marge, peut-être, de perdre quelques kilos. Il n’y a aucune preuve scientifique que cela serve à quelque chose.

Quant à vouloir faire grossir un sujet maigre, il ne faut même pas y songer.

LE SUJET TRÈS ÂGÉ

On vient de dire que la distinction entre « jeune vieux » et « vieux vieux » est à prendre avec précaution. Mais il reste que les objectifs, et surtout les dangers, évoluent avec l’âge.

Un principe peut être donné pour commencer : le comportement alimentaire du vieillard de 85 ans a beau être en infraction complète avec les lois de l’alimentation, il l’a conduit à l’âge qu’il a. Et il y a un certain ridicule à voir les cuisiniers des maisons de retraite s’acharner à respecter des principes diététiques, surtout quand le résultat est que les résidents ne mangent pas leur repas, tout simplement parce que la cuisine n’est pas à leur goût. La principale qualité diététique d’un aliment est d’être mangé.

On a dit plus haut que, tout de même, un diabétique ne doit pas être laissé sans aucune surveillance, y compris à un âge avancé. On a dit que l’attitude à avoir vis-à-vis du cholestérol doit être discutée au cas par cas.

Mais tout ceci est à mettre en balance avec un danger bien plus immédiat et dangereux : la dénutrition.

Les chiffres sont terrifiants : 50% des malades hospitalisés arrivent avec une dénutrition, et cette dénutrition s’aggrave en cours de séjour.

Diagnostic de la dénutrition :

Il y a de nombreux tests et moyens de mesurer la dénutrition ; cette inflation de tests répond au désir de mieux cerner le problème. En pratique les choses sont infiniment plus simples, et on peut se contenter de deux marqueurs essentiels :
- La perte de poids ; encore faut-il que le sujet soit pesé.
- Le taux d’albumine du sang ; encore faut-il penser à le suivre. On pourrait donner comme règle que passé 80 ans un dosage annuel est une bonne précaution.

Mécanisme de la dénutrition :

L’équilibre alimentaire est un équilibre entre des apports et des dépenses. On peut donc avoir des dénutritions par manque d’apports, des dénutritions par excès de dépenses, des états mixtes.

Le défaut d’apports :

Il est lié à tout ce qui fait que la personne ne mange pas :
- La douleur : non seulement une douleur des épaules, qui interdit mécaniquement de manger,
- Mais toute douleur coupe l’appétit.
- La bouche : une bouche sèche, une bouche infectée entravent l’alimentation.
- La constipation, l’infection urinaire entraînent des troubles digestifs.
- Les troubles cardiorespiratoires entravent l’alimentation, notamment parce qu’on ne peut pas à la fois respirer et manger.
- Les médicaments sont en cause dans une majorité de cas, et toute perte d’appétit doit faire reconsidérer l’ordonnance : en gériatrie on est souvent contraint de faire des choix, et de ne pas traiter toutes les maladies.
- La dépression est souvent en cause. On en rapprochera l’isolement social.
- Mais de nombreuses maladies retentissent sur l’appétit, et notamment les cancers.
- La démence pose des problèmes particuliers : le dément ne mange pas parce qu’il ne sait plus manger, mais il arrive aussi qu’il ne comprenne plus la sensation de faim.

Il est devenu plus rare de voir une personne âgée se dénutrir parce qu’elle n’a pas les moyens d’acheter de quoi manger : on peut se nourrir très efficacement sans dépenser beaucoup. Par contre ce qui peut être plus difficile c’est la situation des personnes souffrant d’un handicap et qui n’ont plus les moyens physiques de faire leur cuisine.

Les excès de dépenses :

Beaucoup de maladies entraînent une surconsommation d’énergie, et surtout de protéines. Le mécanisme le plus important est l’inflammation, présente dans de nombreuses situations, qu’il s’agisse de rhumatismes, d’infections ou de cancers. La dénutrition est alors très rapide, d’autant que souvent ces maladies entraînent un trouble de l’appétit. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on est souvent amené, lors d’une hospitalisation, à imposer une alimentation par sonde gastrique au malade, ce qui peut l’aider à passer un cap et à survivre à une affection parfaitement curable mais qui l’aurait tué en l’absence de renutrition. Il ne s’agit en rien là d’un acharnement thérapeutique, à condition toutefois que la renutrition soit de courte durée.

La prise en charge de la dénutrition :

La dénutrition est un facteur majeur de prolongation des séjours hospitaliers, d’institutionnalisation, de mortalité. Autant dire que toutes les autres considérations doivent s’effacer devant ce risque.

Lorsque le malade dépense plus qu’il ne reçoit, il puise dans ses réserves. Les réserves les plus faciles à mobiliser sont ses propres protéines, avec un risque rapidement catastrophique lié :
- À la fonte musculaire.
- À la fragilisation des tissus.
- Aux déficits immunitaires.

L’idéal serait évidemment de le réalimenter avec des protéines. Mais à défaut il est indispensable de lui donner des calories, n’importe lesquelles : au moins il cessera d’utiliser ses propres protéines. Il faut donc qu’il mange.

Pour ces raisons, on n’a plus que faire des régimes. Il n’y a aucun sens à imposer au malade un bon équilibre de son diabète si c’est pour qu’il se dénutrisse. De même le régime sans sel entraîne des dégoûts alimentaires, et la dénutrition est aussi dangereuse pour le cœur que les excès de sel. Cela n’autorise pas à faire n’importe quoi, mais impose de réviser toutes les contraintes diététiques et de n’accepter que celles qui n’induisent pas de dénutrition.

Tous les moyens sont bons pour lutter contre la dénutrition. Citons quelques rubriques.
- L’ordonnance : elle doit être courte, même si cet objectif est loin d’être facile à atteindre. Non seulement le nombre de comprimés peut suffire à dissuader le malade de manger, mais de nombreux médicaments ont une action directe sur l’appétit ou la sécrétion de salive.
- Le confort : non seulement la douleur, ou les troubles respiratoires, ôtent l’envie de manger, mais il faut que l’alimentation soit techniquement possible : il faut pouvoir lever son bras, saisir son verre, il faut voir son assiette...
- Le tube digestif : il doit être en bon état ; en particulier les gastrites, les ulcères, la constipation, sont des sources très fréquentes de trouble de l’appétit.
- La bouche : elle doit être propre et humide. La propreté est souvent l’affaire du dentiste, et un énorme effort doit être fait en matière de prothèses. Quant à l’humidité elle est souvent compromise par les médicaments, ou les radiothérapies. Ailleurs il s’agira d’une déshydratation, mais on est là alors dans l’urgence médicale.
- L’organisation des repas. Tous les moyens sont bons pour que la personne mange. En particulier on observe souvent qu’elle ne peut manger que de petites quantités, ou que le petit déjeuner est mieux prix que les autres repas. Il y a intérêt alors à ne pas s’acharner à vouloir lui faire prendre des repas normaux : mieux vaut multiplier les petites prises, ou même proposer quatre petits déjeuners par jour. Seul le résultat compte.
- Il faut adapter la cuisine aux goûts de la personne. On remarque bien souvent que celle-ci préfère les mets sucrés ; ce n’est pas une bonne chose, mais il vaut infiniment mieux le sucré que rien du tout.
- Pour cette même raison il ne faut pas hésiter à utiliser les charcuteries, ou les graisses ; de même si l’alcool a des vertus apéritives, il faut l’autoriser : le risque de déclencher un alcoolisme n’est pas très élevé, et de toute manière il doit être comparé au risque de la dénutrition.
- Il faut se souvenir que le goût est une fonction qui vieillit ; la personne âgée perçoit moins bien les saveurs, et il ne faut pas hésiter à utiliser les épices.
- On sait, mais on oublie trop, que manger ne sert pas qu’à manger. C’est un instant de plaisir et de socialité.
- Enfin, comme on l’a dit, le médecin aura avantage, chaque fois que c’est possible, à lutter contre l’inflammation.

Les compléments alimentaires :

La question des compléments alimentaires est à considérer avec beaucoup de précautions.

En théorie c’est assez simple : les compléments sont des compléments. Leur but est de permettre à un sujet qui mange normalement mais subit une agression d’y faire face ; ou alors à un sujet qui ne mange pas tout à fait assez d’arriver à un apport suffisant.

Mais il ne sert à rien de donner des compléments à un sujet qui ne mange rien : il mourra de toute manière. L’autre erreur est de les donner à quelqu’un qui mange très peu : les compléments prendront la place de ses repas.

D’autre part les compléments ne sont pas des produits magiques : leur formule a été étudiée, ils comportent notamment une quantité notable de protéines et d’oligo-éléments, mais cela n’a aucun intérêt compte tenu de la vraie question qui est posée, et qui est l’apport calorique. De ce point de vue le rapport qualité/prix de ces produits est incomparablement plus mauvais qu’une banale crème anglaise...


20 Messages

  • Vieillissement et alimentation Le 6 juillet à 14:50 , par cagin

    mon époux a été hospitalisé en gériatrie pour hydroencéphalie non traitée pour le moment irm apronfondi d’ici 15 jours pour déterminer s’il s’agit d’obstruction ou d’usure depuis plusieurs semaines il absorbe 700 cal par jour 400 le matin 150lemidi et le soir- un potage sans biscotte un produit laitier:morceau de fromage , yaourt nature et une compote ou un fruit il est diabétique bien stabilise 6 je lui apporte des fruits et des gateaux sans sucres ajoutées ai-je raison le médecin ne devrait-il- pas s’inquiéter
    il fait de la reéducation car il ne marche plus depuis un an suite aux vertiges provoqués par l’hydroencephalie je ne sais pas combien de temps il peut tenir il a 79 ans et ses parents ont tous vécu plus de 95 ans je précise qu’"il n’a pas de perfusion il va à la selle tous les2 ou3jours sans médicament et à l’hopital il a un sachet de normacol tous les 2 jours or je pense qu’il ne peux pas aller + à la selle avec le peu d’aliments absorbés qu’en pensez vous merci


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    • Vieillissement et alimentation Le 7 juillet à 18:15 , par Michel

      Bonjour, Françoise.

      La réponse à votre question ne va pas de soi. Il me semble qu’elle est régie par deux principes.

      Le premier est que la situation dure depuis déjà longtemps : vous parlez d’hydrocéphalie, sans doute à pression normale, mais votre récit ne permet pas de dire si le diagnostic a été évoqué depuis un an, ou si c’est une hypothèse récente. C’est important, car à ce stade on ne peut pas savoir si la chose est prouvée ou si on est encore en recherche. Si on arrive à démontrer qu’il s’agit bien de cela, alors il y a des choses assez simples à faire pour améliorer l’état du patient ; on peut en faire d’autres, plus compliquées mais pas forcément hors de portée, pour donner une solution définitive. Le problème est que votre mari a perdu la marche depuis un an et qu’il n’est pas du tout certain qu’il puisse la retrouver.

      Le second est qu’il mange peu, depuis plusieurs semaines, ce qui fait beaucoup mais pas tant que cela, et que s’il mange peu il mange encore : 700 calories par jour, ce n’est pas assez mais ce n’est pas rien. On dit, je dis, que les besoins nutritionnels de la personne âgée ne sont pas très différents de ceux de l’adulte plus jeune. Pour cette raison je ne suis tranquille qu’avec 1 800 à 2 000 calories par jour. Mais je sais aussi bien qu’un autre qu’il y a des gens qui vivent très bien avec infiniment moins, d’ailleurs je ne suis pas sûr d’être moi-même au-dessus de 1 500. La seule manière d’y voir clair est de faire le point de la situation en étudiant les marqueurs biologiques de dénutrition, ce qui est très simple.

      D’autre part si vous êtes à 700 calories il peut y avoir un intérêt à proposer des compléments alimentaires. D’une manière générale je trouve que ces compléments n’ont pas beaucoup d’intérêt, mais dans ce cas particulier ils pourraient permettre d’atteindre 1 000 calories, ce qui ne serait pas si mal.

      En ce qui concerne le diabète, je ne m’en inquiéterais pas outre mesure : s’il faut choisir entre le risque du diabète et celui de la dénutrition, je n’hésiterais pas une seconde et je lutterais contre la dénutrition, même s’il faut ajouter des sucres ; il sera facile de vérifier que les glycémies ne montent pas exagérément.

      Les médecins devraient-ils s’inquiéter ? Il faudrait déjà pouvoir affirmer qu’ils ne s’inquiètent pas… Mais, surtout, que feraient-ils ? Il serait sans doute très inconsidéré de proposer une alimentation artificielle ; il n’est utile de s’inquiéter que quand on a quelque chose à proposer.

      Quant au transit intestinal, il n’y a rien à en dire. Les relations entre la quantité d’aliments ingérés et la fréquence ou le volume des selles sont très variables, et on a souvent des surprises. Mais de toute manière il n’y a aucun inconvénient à n’avoir que deux selles par semaine, je ne m’en occuperais donc tout simplement pas.

      Mais je sais bien que votre question essentielle porte sur l’avenir. Malheureusement sur ce point rien ne peut être dit, notamment parce que nous ne savons pas ce qu’il en est de l’état nutritionnel. S’il n’y a pas de dénutrition importante, alors le pronostic vital n’est pas engagé du tout. Par contre il serait très imprudent de penser que la longévité d’une personne donnée dépend avant tout de facteurs génétiques ; du coup le fait que ses parents ont vécu très vieux ne permet absolument pas de dire quoi que ce soit.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et hemorragie intestinale Le 11 juillet 2017 à 20:39 , par Gaillard Marie

    Bonjour
    Ma mère âgée de 91 ans a une hémorragie intestinale et son hémogglobine est à 6.9.
    Je sais bien qu’elle est en fin de vie mais pourriez vous me dire si elle va encore endurer cela longtemps.

    Je vous remercie bien.


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    • Vieillissement et hemorragie intestinale Le 11 juillet 2017 à 21:17 , par Michel

      Bonsoir, Marie.

      Bien sûr que non, je ne peux pas vous le dire.

      Si c’est une hémorragie intestinale isolée, il suffit de la transfuser pour que les choses rentrent dans l’ordre.

      Si elle n’est pas isolée, alors il faut en connaître la cause et voir s’il est possible d’agir dessus. Cela va dépendre de cette cause, bien sûr, mais aussi de l’état général de la malade, par exemple de son aptitude à supporter une intervention chirurgicale si celle-ci était nécessaire.

      On ne peut donc rien dire avec si peu d’éléments. Mais que vous disent les médecins ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et alimentation Le 15 mars 2017 à 02:46 , par mikounette

    Bonjour, ma mère a 78 ans, elle est en fin de vie suite à une récidive de cancer des ovaires ; le péritoine est pris et donc la fonction digestive aussi. elle reste alitée désormais avec de la morphine et du midaprazolam - Comme ma mère était déshydratée on a baissé ses calories à 550 pour laisser de la place à l’hydratation ;
    combien de temps une personne peut-elle vivre avec 550 calories d’après-vous ? Cela me semble peu


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    • Vieillissement et alimentation Le 15 mars 2017 à 07:34 , par Michel

      Bonjour, Marika.

      Je comprends que vous vous posiez cette question mais... ce n’est pas le problème.

      Votre mère est en fin de vie, en effet. Tout le montre. Ce que vous indiquez c’est que les choses en sont au point qu’on a débuté une sédation. Si votre description est exacte, alors il faut s’attendre à un décès à très bref délai.

      Dans ces conditions le niveau des apports caloriques n’a plus aucune importance. D’ailleurs on n’a pas baissé ses apports caloriques : on les a supprimés. Les 550 calories dont vous parlez correspondent à ce qui est apporté par des perfusions de glucose, et la fonction de ces perfusions n’est pas de nourrir mais d’hydrater. Personnellement en de telles circonstances je perfusais plutôt du sérum salé, qui n’apporte aucune calorie mais qui me semblait plus efficace en termes d’hydratation (du moins quand je ne supprimais pas l’hydratation, mais c’est une autre question).

      Ce n’est pas l’apport de calories qui va décider du temps qui lui reste à vivre. C’est l’évolution du cancer, et de ce point de vue les choses sont au bout.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et alimentation Le 14 décembre 2016 à 17:46 , par piednoir

    colangite sclerosante, rectocolique hemorragique , que dois je manger pour grossir ?


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    • Vieillissement et alimentation Le 14 décembre 2016 à 22:30 , par Michel

      Bonjour, Claude.

      Je suis bien mal placé pour répondre à votre question : vous postez sur un site dédié à la fin de vie et à la gériatrie. Or vous n’êtes pas en fin de vie, et votre problème relève bien plus de la gastro-entérologie. Je n’ai donc aucune compétence pour vous répondre.

      L’idée que j’ai, mais encore une fois je n’y connais rien, c’est qu’on ne parle pas beaucoup de mesures diététiques dans ces maladies. Naturellement il y a des choses de bon sens, comme de ne pas surcharger l’intestin avec des aliments qu’il tolère plus ou moins bien. On sait aussi qu’il existe quelques cas où ces maladies s’accompagnent d’une intolérance au gluten, qu’il faut donc dépister : si (et seulement si) cette intolérance est prouvée, il y a des mesures à prendre. Mais tout cela est très limité.

      Non : parlez-en à votre gastro-entérologue.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Hospitalisation et denutrition Le 31 juillet 2016 à 17:12 , par jacqueline

    Bonjour
    mon pere est hospitalisé depuis 8 semaines, d’abord en réanimation pour insuffisance respiratoire et cardiaque, donc intube pendant 6 semaines et nourri par sonde nasale. Il est maintenant en geriatrie et attend une gastrotomie. Il n’a plus que la peau sur les os, denutrition évidente et médecins qui ne prévoient qu’une poche d’alimentation de 500ml par jour et hydratation intraveineuse. Nous avons alerte le service sur cette grave insuffisance alimentaire mais rien. Qu en pensez vous ?
    jacqueline


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    • Hospitalisation et denutrition Le 2 août 2016 à 19:32 , par Michel

      Bonsoir, Jacqueline.

      En effet, c’est étrange. Mais il y a probablement une explication.

      Car d’un côté 500 kCal par jour représentent en effet une quantité très insuffisante ; de l’autre si les médecins ont décidé de poser une gastrostomie, c’est qu’ils sont optimistes sur le long terme : on ne décide pas ce geste (par ailleurs pas très agressif) quand on se trouve dans une situation de fin de vie. Et on ne le décide pas si on n’est pas déterminé à pratiquer une renutrition efficace.

      Il ne faut pas perdre de vue que l’alimentation par sonde naso-gastrique n’est pas très performante, et que les quantités de calories qu’on peut passer par ce moyen sont assez limitées. On peut faire nettement mieux avec la gastrostomie. Je suppose que tout cela va se décanter assez vite. Si ce n’était pas le cas, alors il faudrait effectivement questionner les médecins sur la stratégie.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et alimentation Le 2 mars 2016 à 14:19 , par jean luc gozlan

    bonjour docteur mon pere est dans une maison de retraite légerement diabetique suite a une courte hospitalisations a l hopital pour controle glycemie et auparavant son docteur lui a administré en plus de son insuline de la metformine 850 mg des lors il s est arreter de se nourrir brusquement. es ce la cause on ne sait pas. toujours est il on l a mis sous perfusion d eau et rien d autre il est retourné comme cela a la maison de retraite sans autre traitement et il n avale toujours rien de rien je vous en prie docteur pouvez vous me conseillez .il a 87 ans son docteur dit qu il est en fin de vie et donc on laisse es ce vraiment la solution de ne pas agir, ?
    merci d avance

    jean luc


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    • Vieillissement et alimentation Le 6 mars 2016 à 11:54 , par Michel

      Bonjour, Jean-Luc.

      Vous me mettez en grande difficulté.

      Si votre père est en fin de vie, alors il faut effectivement se borner à une hydratation ; à supposer même que celle-ci soit nécessaire.

      Mais s’il n’est pas en fin de vie ?

      S’il n’est pas en fin de vie, alors il faut savoir sur quels arguments on a posé ce pronostic. Il se peut qu’on ait trouvé quelque chose, mais alors il suffit qu’on vous le dise. Mais il se peut aussi qu’on n’ait rien trouvé du tout : il est très fréquent en gériatrie qu’on se trouve face à une vieille personne qui est manifestement en train de mourir alors même qu’on n’a aucune idée de la raison pour laquelle elle meurt. Seulement vous pensez bien que, faute d’avoir vu la situation, je ne peux pas vous en dire plus.

      Il arrive que la metformine induise des pertes d’appétit ; de toute manière si le malade est en fin de vie la logique pousse à la supprimer et à ne traiter que par insuline (à supposer qu’on la maintienne, mais c’est un autre sujet). Il serait utile également de regarder toutes les prescriptions, non seulement parce que certaines peuvent être anorexigènes, mais parce qu’en fin de vie elles ne sont pas nécessairement utiles. Il faudrait aussi éliminer, grand classique, une mycose buccale.

      Mais tout cela, ce sont des évidences, et je suppose bien que cela a été fait.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et alimentation Le 29 juin 2012 à 14:06 , par lolo

    Bonjour, Que faire quand on a une personne âgée en fin de vie qui ne mange plus toute seule et qui refuse d’ouvrir la bouche ? Le médecin a mis en place un protocole perfusion pour l’hydratation (perf par catheter) et des crèmes hp (3 par jrs) et 2 mois après la personne s’est retrouvée au urgence pour suspicion d’occlusion et un fécalome , car vomissement de selles !!! Je suis demunie et voudrait une fin vie pour cette personne bien plus agreablement . Merci pour votre réponse.


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    • Vieillissement et alimentation Le 30 juin 2012 à 14:36 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message.

      Pour une fois je vais pouvoir vous donner une réponse simple.

      Que devez-vous faire ?

      Rien, surtout rien.

      Cette dame est en fin de vie ; enfin c’est ce que vous dites, et j’ai tout lieu de supposer que vous avez raison. Dans ces conditions la seule chose qui compte est d’assurer son confort.

      Elle refus d’ouvrir la bouche. Et la première hypothèse est qu’elle ne veut pas manger, notamment parce qu’elle considère (de manière lucide et argumentée, ou de manière plus confuse) que son heure est venue. Si on a un doute, on peut évoquer le fait que, peut-être, elle n’ouvre pas la bouche parce que cela lui fait mal ; on parie alors sur une mycose buccale et on peut tenter une perfusion (le plus souvent une seule suffit) de traitement spécifique. Mais je n’y crois guère.

      Essayer de lui faire ouvrir la bouche, essaye de la nourrir par contrainte,tout cela sera une souffrance, cela posera la question du respect de sa volonté, et surtout cela sera complètement inefficace.

      Trois crèmes par jour représentent des apports négligeables. Si elle les aime, qu’elle les prenne, mais si c’est un combat il ne faut pas la déranger avec cela. La seule raison qu’on aurait de le faire serait qu’elle ait faim, et dans la quasi totalité de ces situations les malades n’ont pas faim. Il en va de même de l’hydratation : a-t-elle soif ? pouvez-vous démontrer qu’en la perfusant vous améliorez l’état de sa bouche et vous sortez du cercle vicieux ? Non, n’est-ce pas ?

      Donc il ne faut rien faire ; rien d’autre que la laisser partir tout doucement.

      Se pose ensuite la question du fécalome. C’est plus difficile car le fécalome est source d’inconfort, et le traitement du fécalome aussi :
      - Soit on donne des laxatifs, mais il faut que le malade ouvre la bouche.
      - Soit on fait des lavements, et cela le dérange.
      Il y a quelques solutions avec des traitements injectables. Là je ne peux pas aller plus loin car il faut connaître le cas, et c’est un problème très technique. Je vous dis cela simplement pour que vous sachiez qu’il y a des moyens.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Vieillissement et alimentation Le 19 février 2011 à 23:11 , par charlotte45

    mon père qui a 93ans vient de faire des analyses et il a un taux d’urée élevé,je pensais que s’il mangait moins de viande et s’il buvait de l’eau ça pouvait s’arrangermais il est allé voir un prof de medecine urologue à 250 e la visite qui lui a dit qu’il pouvait manger de tout,pas la peine de boire seulement manger sans sel résultats son taux d’urée a encore augmenté il avait 90 et il a 130 que faut-il faire ? on lui a dit que ses reins étaient en état correcte compte tenue de son age,jusqu’à présent il était en bonne santé,il aime bcp la viande j’ai lu que les oignons ,les poireaux et l’artichaud étaient bons pour faire baisser le taux d’urée ?


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    • Vieillissement et alimentation Le 23 février 2011 à 18:35 , par Michel

      Bonsoir, Charlotte.

      Le taux d’urée sanguine est un marqueur d’insuffisance rénale. Mais il n’est absolument pas suffisant pour faire un diagnostic : il faut considérer de nombreux autres points, et le plus probable est qu’en effet la fonction rénale de votre père est restée acceptable. Votre médecin traitant, au vu d’analyses simples, vous renseignera bien mieux que je ne pourrais le faire.

      Mais à supposer qu’il y ait une insuffisance rénale, il faudrait considérer trois points :
      - Cette insuffisance rénale a-t-elle le temps de devenir grave ? à 93 ans, c’est très peu probable, et il suffit probablement de limiter une hypertension artérielle (si elle est importante), de contrôler un diabète (s’il est majeur), et de faire le ménage dans l’ordonnance.
      - Un régime va-t-il améliorer la situation ? Et la réponse est non : l’urée sanguine est un marqueur, pas un danger ; et le problème n’est pas de la faire baisser mais d’améliorer l’insuffisance rénale. Si vous agissez sur l’urée, vous faites exactement comme quand vous arrosez votre jardin et que votre tuyau a une fuite : vous pouvez diminuer la fuite en baissant le robinet ; mais du coup vous n’arriverez plus à arroser votre jardin. Donc on préférerait que le taux d’urée soit bas, mais il ne sert à rien de le faire baisser.
      - Avant l’aggravation de son insuffisance rénale, votre père court deux dangers majeurs : le premier est de se dénutrir parce qu’il ne mangerait pas assez ; le second serait de finir sa vie privé des plaisirs auxquels il a droit. Pour cette raison il serait bien plus nuisible qu’utile de lui imposer quelque régime que ce soit.

      Par contre je serais plus nuancé sur l’eau : même s’il serait naïf de croire qu’on peut rincer les reins, il est sans doute important que votre père boive assez. Mais 1,5 l par jour doit suffire, comme pour tout le monde.

      Il y a des légumes qui sont réputés faire baisser le taux d’urée. Je ne connais pas d’études qui le prouvent ; cela peut s’essayer, à la condition absolue cependant que votre père ait envie d’en manger.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • > Vieillissement et alimentation Le 9 janvier 2007 à 09:51

    je reagit suite a la lecture de votre article il est presque complet mais si je peut me permettrre si on ecoute attentivement les recommandation des geriatreS
    TOUT REGIME CHEZ LA PERSONNE AGEE EST DANGEREUX..
    exemple le regime diabetique
    il est deconseillé ..les geriatre prefere qu il mange normalement sans privation et si les chiffres glycemique augmente il suffit de renforcer le traitement
    les degats provoqués par le diabete(micro et macroangiopathie)sont deja grandement avancé ..qu’ espere t on en incluant un regime ?


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    • > Vieillissement et alimentation Le 9 janvier 2007 à 19:27 , par Michel

      Bonsoir.

      Je crois que les choses ne sont pas si simples.

      D’abord, il faut se souvenir que le régime diabétique n’est rien d’autre que le régime normal ; le problème du diabétique est simplement qu’il doit éviter l’alimentation anarchique qui est la nôtre. On y ajoute simplement une vigilance sur les sucres rapides pris seuls. Le régime diabétique est donc un régime très large (tout comme le régime sans sel doit se borner le plus souvent à limiter la débauche de sel de notre alimentation usuelle).

      L’objectif diabétologique chez le sujet âgé est moins ambitieux que chez le jeune, c’est évident. Il n’est pas nul pour autant, car l’espérance de vie des sujets âgés augmente.

      Quant à rectifier les écarts de régime par une majoration du traitement, c’est faisable, mais nettement plus risqué qu’une diététique adaptée.

      La règle est donc un peu plus complexe que vous ne voudriez :
      - Chez le sujet âgé il faut être laxiste sur les régimes. Dans l’institution dont je m’occupais la mise au régime était un acte exceptionnel et limité dans le temps.
      - Cependant on ne peut pas exclure tout régime.
      - Quant au régime diabétique, il consiste simplement à manger comme tout le monde devrait manger, et ce à tout âge...

      Bien à vous.


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      • > Vieillissement et alimentation Le 18 décembre 2007 à 16:21 , par dr philippe c

        En tant que médecin, je suis gené.
        Une personne agee a domicile qui voit son médecin pour des conseils est libre de choisir de ne pas respecter le régime et d’assumer son choix.
        La même personne en MDR est ’forcée’ de respecter son régime diabétique par ce qu’il est inscrit sur un planning (et mange a table avec des personnes non au régime) alors qu’elle est non incapable majeure.
        On se positionner ? Personnellement je m’estime maltraitant si je ne respecte pas le choix du patient de ne pas respecter mon conseil. Je marque juste sur le dossier : patient conseillé, refuse la stratégie.


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        • > Vieillissement et alimentation Le 19 décembre 2007 à 00:05 , par Michel

          Bonsoir.

          Pour moi vous avez totalement raison d’être gêné. Le problème se pose exactement comme vous le dites et le déni de la liberté des personnes en maison de retraite est un scandale majeur.

          Soyons honnêtes : dans les débuts de ma pratique gériatrique, je commettais les mêmes erreurs que les autres. Mais il n’en est que plus important de voir que, comme vous, de plus en plus de professionnels se posent les bonnes questions.

          Sur ce thème j’ai beaucoup appris de Marguerite Mérette, infirmière québécoise. Une merveilleuse amie.

          Bien à vous,

          M.C.


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