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Qu’ils crèvent !

samedi 22 août 2009 par Michel

Ces dernières années nous avons eu le plan grand âge, le plan Alzheimer, le plan soins palliatifs, le plan...

Et l’annonce de millions et de millions d’euros.

Mais voilà : les temps sont durs. Qui le conteste ?

Il faut faire des choix, et j’en suis bien d’accord.

Le problème est que les choix que nous faisons nous jugent.

Je relaie ci-dessous deux pétitions.

La première concerne la réduction drastique des crédits alloués aux réseaux de soins palliatifs http://www.petitionduweb.com-. Je me bornerai à souligner que cette réduction, loin de ne concerner que la Bourgogne, est une décision nationale.

La seconde concerne le financement des maisons de retraite. J’en parlais dans mon article "menaces sur la gériatrie hospitalière". Qu’il suffise de dire que le massacre continue. Elle se signe sur mesopinions.com


17 Messages

  • Qu’ils crèvent ! Le 16 juin 2016 à 10:09 , par Isabelle Sautelet

    Pourriez vous m’indiquer s’il rentre dans les attributions des AMP de s’occuper des stomies dans le cadre de l’EHPAD ? Merci par avance pour votre réponse.


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    • Qu’ils crèvent ! Le 19 juin 2016 à 08:49 , par Michel

      Bonjour, Isabelle.

      Si les infirmières ont un décret de compétence qui énumère ce qu’elles sont autorisées à faire et ce qui leur est interdit, il n’en va pas de même des aides-soignantes et AMP, dont les textes qui les régissent ne méritent pas ce nom. Celles-ci agissent toujours par délégation de l’infirmière. Autrement dit c’est l’infirmière qui détermine ce qu’elle peut confier à ses collègues.

      Certains soins sont dits non délégables, ce qui signifie que l"infirmière doit les effectuer elle-même. Ce n’est pas le cas des soins de stomie.

      Ajoutons que cette distinction est passablement ridicule : ce qui compte est la compétence de la personne, pas son diplôme, et on aurait des surprises en confiant les soins de stomie à un médecin. Et on fera bien de méditer l’exemple des médicaments : la distribution de médicaments était un soin non délégable, ce qui faisait qu’à domicile l’aide-soignante ne pouvait pas préparer les piluliers, mais la voisine si.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Qu’ils crèvent ! Le 12 février 2016 à 20:35 , par lydie

    Merci,
    pour ces articles passionnants. J’ai enfin compris la différence de financement entre USLD et EHPAD ! Je suis infirmière en USLD SSR.
    J’ai commencé à travailler auprès des personnes âgées dans une maison de retraite privée, je n’avais aucun diplôme, j’étais "agent d’hôtellerie" faisant fonction, puis j’ai voulu me former : je suis devenue aide soignante, et travaillé en Centre hospitalier au Cours Séjour Gériatrique et enfin je suis devenue infirmière tout d abord dans une unité post urgence gériatrique (10 lits). Aujourd’hui je suis SSR USLD.
    On peut parler de manque de personnel dans chaque structure, de manque de fond....Par contre à chaque fois j’ai rencontré des équipes motivées, pleines d’humanité, des équipes qui ne comptent pas leurs heures, qui s’épuisent mais continuent à se battre pour le bien être de nos vieux. Des équipes qui ont de plus en plus de connaissances car de plus en plus de formation, pour la prise en charge de la dénutrition, de déshydratation, de la douleur, des escarres, du risque de chute...etc.
    Par contre je remarque que beaucoup de mes petites collègues de formation ne souhaitaient pas aller en gériatrie car les elles trouvaient la prise en charge trop lourde, trop de dépendance et du coup l’aide apportée est aussi très physique. L’importance du binôme ou du trinôme est primordial pour que les équipes "tiennent" !!! Mais quelle richesse dans ce partage !!!
    Les unités de soins gériatriques ont quand même plus de personnel pour une prise en charge plus efficace et rapide, quel dommage de constater que nous ne sommes que 4 pour 40, à faire manger, coucher, emmener aux toilettes, faire les soins d’hygiène en USLD, nous étions 3 pour 10 dans l’unité de soins aigus !.....
    Le manque de personnel est flagrant mais, même si cela est insuffisant, nous faisons de notre mieux !!!


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    • Qu’ils crèvent ! Le 15 février 2016 à 18:37 , par Michel

      Bonjour, Lydie.

      Vous mettez le doigt sur des choses très délicates, qu’il faut sans doute reprendre une par une.

      Ce qui pose problème dans les USLD par rapport aux EHAPD, ce n’est pas tellement le principe du financement ; au fond il n’est pas très différent. Le problème vient (et c’est le sens de la réforme qui nous a tant fait hurler, pour cause d’irréalisme et d’hypocrisie) que les USLD sont réservées à des gens qui sont d’abord malades et secondairement dépendants, et les EHPAD à des gens qui sont d’abord dépendants, et occasionnellement malades. Et cela ne marche pas parce que, figurez-vous, la principale raison pour laquelle les gens sont dépendants, c’est qu’ils sont malades… Cela ne marche pas non plus parce que les EHPAD sont de plus en plus amenés à recevoir ou à garder chez eux des personnes de plus en plus malades. Cela fait que la différence entre les résidents d’USLD et les résidents d’EHPAD tend à s’estomper, mais pas les moyens qu’on leur alloue. La solution choisie a été de durcir les conditions d’admission en USLD. C’est un non-sens doublé d’une hypocrisie parce qu’il fallait au contraire aligner les moyens des EHPAD sur ceux d’USLD. Je passe sous silence le fait qu’à ce compte il y a bon nombre de résidents qui, au gré de leur pathologie, voyageraient de l’un à l’autre… Quant à la question juridique, elle reste à ma connaissance entière : la personne en EHPAD est chez elle. Pour la personne en USLD, c’est beaucoup plus compliqué.

      Mais si les choses sont ainsi, c’est parce qu’on n’a plus les moyens de nos promesses. Et c’est vrai. J’en veux beaucoup aux éminents syndicalistes des directeurs d’EHPAD qui revendiquent à n’en plus finir des moyens que nous n’avons pas, sous le beau prétexte que ça crée de l’emploi, en oubliant de dire que c’est de l’emploi non financé, et que ce n’est pas en créant 100 000 postes de soignants qu’on enrichit un pays. Mais je reviendrai sur ce point.

      Vous avez une formulation très intéressante : vous parlez de votre affectation en SSR USLD. Cela signifie que vous vous partagez entre les deux services, car statutairement l’un et l’autre n’ont rien à voir (et n’ont absolument pas le même financement). Mais vous dites aussi par là que la différence entre le travail en SSR et celui en USLD n’est pas toujours évidente. Et c’est le cas, parce qu’on utilise fort mal le SSR. Le SSR doit accueillir des malades de qui on attend des progrès ; ils restent là tant que l’espoir demeure, ensuite il faut qu’ils partent. L’USLD accueille des malades dont on n’attend plus guère de progrès. Le problème est que les choses ne se passent pas ainsi, et que le SSR, parce que l’urgence est à désencombrer les lits de médecine, et aussi parce qu’on n’a pas suffisamment organisé les solutions d’aval, accueille un grand nombre de patients qui n’ont rien à y faire. Du coup il devient au moins partiellement l’antichambre de l’USLD, au grand détriment de ceux qui y sont à juste titre, car c’est là une des grandes raisons pour lesquelles vous peinez : les malades du SSR sont en moyenne beaucoup plus dépendants qu’ils ne devraient, mais ils sont là parce qu’on ne sait pas où les mettre : on a fermé beaucoup trop de lits d’USLD.

      Après, je n’ai qu’une mauvaise nouvelle : vous manquez de moyens, et cela va durer parce que nous ne pouvons pas financer davantage. Et je crois (j’arrive à l’âge pourtant où ça va me concerner) qu’il est urgent de réfléchir à deux voies :
      - La première est qu’il faut repenser l’organisation du travail. Par exemple je ne comprends pas qu’on s’obstine à faire toutes les toilettes le matin. Ou encore il y a des méthodes de prise en charge qui permettent d’optimiser la ressource.
      - La seconde est qu’il faut repenser les objectifs. Actuellement on vous demande de faire une prise en charge idéale, en comptant sur votre dévouement et votre croyance en la vague promesse que ce n’est qu’un cap à passer. Mais ce cap ne sera jamais passé, et il ne sert à rien de vous épuiser à tenir l’impossible. La seule option réaliste est donc de réduire la voilure et de limiter les ambitions. Le reste, c’est de l’illusion, et c’est vous qui la payez.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Qu’ils crèvent ! Le 5 juin 2011 à 17:31 , par cb

    bonjour,

    je voudrais correspondre avec LYSIANE. Pourrait-il me donner son adresse mail en privé ? C’est urgent

    Merci

    CB


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  • Qu’ils crèvent ! Le 5 juin 2011 à 00:32 , par Lucie

    Bonsoir,
    Ma mère, 97 ans, est en EHPAD. Hospitalisée pour un AVC pendant trois semaines, elle est revenue il y a une quinzaine de jours avec des escarres talonnières. A l’hôpital, elle a été nourrie par sonde gastrique, puis elle a réussi à déglutir. Depuis, elle est nourrie avec des aliments en corolle, et boit de l’eau gèlifiée. C’est parfois difficile parce qu’elle s’endort, d’autant plus qu’on lui donne des antalgiques (type morphine) avant les soins escarres.
    A l’hôpital, on me disait que le pronostic vital, suite à l’AVC, était fortement engagé : or elle est toujours là. Je me rends quasiment tous les jours à l’EHPAD, pour la faire manger car je n’ai pas confiance. Ma mère est grabataire, les soins escarres sont difficiles et je sens vraiment que son cas ennuie le personnel soignant. Aujourd’hui, notre mèdecin traitant est passé la voir. L’infirmière m’a dit qu’elle ne "s’en sortait plus" avec le cas de ma mère et que le docteur m’entretiendra lundi pour que nous envisagions une chirurgie... Je ne pense pas qu’un chirurgien, compte tenu de son état grabataire accepte de s’occuper de ses talons , je crains qu’on la mette à l’hôpital, qu’on ne lui fasse rien et que l’HEPAD refuse de la reprendre. Il lui faut des pansements appropriés, mais son cas coûte trop cher en temps et argent. Je suis sûre qu’ils veulent qu’elle meure. Or elle mange, me reconnaît, et n’a pas l’air de souffrir quand on ne lui touche pas les pieds. A la Maison de Retraite "médicalisée" ils ne sont pas capables de s’en occuper sans la "shooter" à la morphine, ce qui provoque son endormissement et qu’elle n’arrive plus à manger, comme ça elle mourra encore plus vite... Je suis écoeurée. QU’EST-CE QUE JE PEUX FAIRE ? S’IL VOUS PLAIT


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    • Qu’ils crèvent ! Le 5 juin 2011 à 22:52 , par Michel

      Bonsoir, Lucie.

      Il m’est très difficile de vous répondre sans avoir vu la malade. Mais je me demande si c’est vraiment une réponse sur ce point qui vous serait le plus utile.

      Ce que vous dites, c’est qu’il s’agit d’une très vieille dame qui a fait récemment un problème de santé dramatique, dont elle sort avec des complications. Il y a au moins trois complications évidentes : les escarres, l’état grabataire et la dénutrition. Ajoutons-y le trouble de la déglutition, dont il serait étonnant qu’il ait complètement régressé, et qui est donc une source de fausses routes et d’infection pulmonaire.

      Dans ces conditions, le bon sens commandait que les médecins de l’hôpital vous disent que le pronostic vital était engagé ; et à cinq semaines de l’événement, il faut bien admettre qu’il l’est toujours, même si une amélioration ou une stabilisation peuvent être notées. Mais pour évaluer la situation il faudrait en savoir davantage, notamment sur le niveau des séquelles neurologiques et sur l’état antérieur. Il y a tout de même un point inquiétant dans ce que vous dites : « Or elle mange, me reconnaît ». Est-ce à dire sa vie de relation se limite à ça ? Ce serait alors l’indice qu’effectivement la situation est très dégradée. Il faudra s’en souvenir au moment de prendre des décisions.

      Par exemple c’est le cas pour la chirurgie des escarres. Qu’elle soit grabataire n’est pas une contre-indication : qui fait des escarres, sinon les grabataires ? Par contre il y a une autre question : compte tenu des autres éléments, peut-on espérer que la chirurgie suffirait à fermer les escarres ? Peut-on espérer les fermer ? Il y a là toute une analyse à mener, mais cela a dû être fait.

      Pour ce que vous observez, je crois qu’il y a beaucoup de malentendus. J’y insiste parce que, dans la détresse où vous êtes, ces malentendus sont inévitables, et que la seule chose à faire est de les connaître.

      Par exemple vous n’avez pas confiance dans la manière dont votre mère est nourrie. Si vous entendez par là que les équipes n’ont certainement pas le temps de nourrir votre mère comme il le faudrait, je prends le pari que c’est exact. J’ajoute que même en prenant le temps il est rare qu’on puisse faire absorber à ces malades un apport calorique réaliste (il en va de même pour l’eau gélifiée, quand on songe au nombre de pots qui seraient nécessaires). Mais d’une part il serait injuste d’en vouloir à l’équipe, d’autre part le fait même que ce soit vous qui donniez ce temps, cette patience et ces gestes à votre mère, cela a pour elle et pour vous une valeur infinie.

      Le cas de votre mère « ennuie le personnel soignant ». Je crois qu’il m’ennuierait tout autant. Ce sont des malades très difficiles à prendre en charge, et pour lesquels il est toujours compliqué de savoir ce qu’il est juste de faire et quelles sont les limites de l’acharnement thérapeutique. Si vous ajoutez à cela que les soins sont source d’un inconfort très culpabilisant pour l’équipe, il est facile de comprendre que le personnel soit ennuyé. Mais il n’est pas ennuyé : il est désemparé, et probablement en grande souffrance.

      Vous craignez qu’elle n’aille à l’hôpital. Et vous avez raison. Mais il faut bien admettre qu’une prise en charge aussi lourde n’est guère du ressort d’un EHPAD : ce sont des malades qui relèvent d’un long séjour, et qu’il faut saluer le courage de l’équipe de n’avoir pas refusé. Il faut bien admettre aussi que la question de l’hospitalisation soulève celle du projet : quelle idée se fait-on du pronostic ? L’hospitalisation serait-elle une manœuvre d’acharnement thérapeutique, ou le refus d’hospitalisation au contraire serait-il une perte de chance ?

      Je ne crois pas une seconde qu’il existe un EHPAD où on regarde au coût des pansements d’escarre ; d’ailleurs si c’était le cas il serait assez simple de se les procurer en ville. Le temps, c’est une autre histoire, mais là aussi j’ai des doutes. Et si par extraordinaire vous aviez affaire à un tel établissement, la seule mesure à prendre serait d’en retirer votre mère le plus rapidement possible.

      Par contre ce qui est certain c’est que les soins d’escarre peuvent être très douloureux, même si ce n’est pas toujours le cas. Et à titre personnel je refuserais de faire des soins d’escarre à un malade qui ne serait pas soulagé de ses douleurs. La morphine est donc une obligation, quelles qu’en soient les conséquences, à moins que, jugeant que ces escarres ne pourront jamais se fermer, on ne décide de limiter les soins.

      Tout cela pour vous dire que, sur les éléments que vous donnez, l’équipe semble se conduire comme une équipe méritant votre confiance. Par contre il est vraisemblable qu’elle n’a pas les moyens de donner à votre mère tout ce qu’il faudrait, mais ceci est dû au fait que sa place n’est pas réellement dans un EHPAD, et qu’elle s’y trouve parce qu’il n’y a pas d’autre solution. Et il est vraisemblable que cette équipe vit très mal cette situation.

      J’espère que les choses pourront se stabiliser ; je vous le souhaite de tout coeur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • recherche d’un medecin gériatre urgent !!! Le 8 novembre 2009 à 00:19 , par Sarah

    Bonjour,
    Je suis à la recherche d’un médecin gériatre sur l’est parisien (bagnolet, montreuil, les lilas) qui se déplace à domicile.
    Merci pour votre aide, c’est urgent !!
    Cordialement,


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    • recherche d’un medecin gériatre urgent !!! Le 8 novembre 2009 à 12:15 , par Michel

      Bonjour.

      Je doute que vous trouviez, d’autant que le 93 n’est pas le département le mieux loti dans ce domaine.

      Vous pourriez essayer de vous renseigner auprès d’un CLIC

      Bien à vous,

      M.C.


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    • recherche d’un medecin gériatre urgent !!! Le 21 novembre 2011 à 13:24 , par Alexia

      Je vous conseil de vous rapprocher de reseau-agep.org.
      L’AGEP, Association Gériatrique de l’Est Parisien, financée par le Fonds d’Intervention pour la Qualité et la Coordination des Soins (FIQCS), est une plateforme de coordination médico-psycho-sociale en direction des personnes âgées. Site de rencontre


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      • recherche d’un medecin gériatre urgent !!! Le 22 novembre 2011 à 18:32 , par Michel

        Bonsoir, Alexia, et merci de cette réponse.

        J’espère que depuis notre correspondante a réussi à résoudre son problème... Toutefois il vaut mieux effectivement lui transmettre cette adresse. J’attire cependant votre attention sur le fait que la vocation du FIQS est plus spécialisée que cela.

        Bien à vous,


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  • Qu’ils crèvent ! Le 8 octobre 2009 à 17:13 , par Lysiane

    Bonjour, je suis AMP et travaille dans un EHPAD. J’aime ma profession mais la gueurre continuelle avec la hiérarchie pour obtenir quelques moyens afin que nos mémoires vivantes ou ce qu’ils en restent profitent encore d’un droit de vie sociale et culturelle m’épuise !
    Vous ne parlez que de soins en termes purs et durs mais je vous assure que "d’autres soins" ne relevant pas de la médecine permettent à une personne âgée de bien vieillir. Seulement les moyens tardent à arriver alors effectivement on en arrive à penser que la seule solution est qu’ils ne s’éternisent pas trop.
    Les articles de votre site sont passionnant mais renseignez-vous sur le rôle des AMP et parlez-en. NOus avons vraiment besion d’être reconnue comme utiles en gériatrie. d’ailleurs j’ai fais la formation humanitude qui concorde parfaitement à notre fonction : celle d’être dans l’être et non dans le faire. Merci de me lire et de me répondre.


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    • Qu’ils crèvent ! Le 10 octobre 2009 à 11:11 , par Michel

      Bonjour, Lysiane.

      Je ne comprends pas très bien votre message.

      Vous ne parlez que de soins en termes purs et durs mais je vous assure que "d’autres soins" ne relevant pas de la médecine permettent à une personne âgée de bien vieillir.

      Du coup, je suis allé relire mon article, ainsi que ceux auxquels il renvoie. Je ne trouve rien qui fasse allusion à des "soins en termes purs et durs" : par exemple quiconque connaît un peu le mouvement des soins palliatifs sait qu’il s’est largement construit (cf. notamment l’importance qu’il attache à la notion de caring) en réaction à ces "soins purs et durs" ; et la même remarque vaut pour les rédacteurs de la pétition sur les USLD ; quant à ma position personnelle, si votre opinion s’est forgée après la lecture de mes articles, c’est que décidément je me suis fort mal exprimé.

      Seulement les moyens tardent à arriver alors effectivement on en arrive à penser que la seule solution est qu’ils ne s’éternisent pas trop.

      C’est tout l’objet de la pétition. J’imagine bien que donc vous l’avez signée.

      Les articles de votre site sont passionnants mais renseignez-vous sur le rôle des AMP et parlez-en.

      Je crois que vous faites erreur.

      J’ai travaillé avec des AMP dès 2002, et j’ai même eu l’occasion d’intervenir près d’elles en formation, je crois que c’était en 2003. Autant dire que c’est une profession que je connais.

      Mais il ne me viendrait pas à l’esprit de dissocier leur action de celle des autres membres de l’équipe soignante. Le pire qu’on pourrait faire serait de les placer dans une sorte de position tierce, à côté des infirmiers d’une part, des aides-soignants d’autre part. Auprès du malade ou de la personne âgée, c’est le croisement des regards, les différences de culture, et non la spécificité des rôles, qui garantit la fécondité. C’est quelque chose de très subtil, mais dont les résultats sont extraordinaires dans les équipes qui marchent.

      j’ai fais la formation humanitude qui concorde parfaitement à notre fonction : celle d’être dans l’être et non dans le faire.

      Et c’est bien cela qui m’inquiète.

      Car si la formation "humanitude" a abouti à vous faire croire qu’il y a une opposition entre l’être et le faire, c’est que le formateur a radicalement manqué son but. A quoi servirait d’être si on ne faisait pas ? Ce n’est pas faute de pouvoir être que nos anciens sont en maison de retraite, c’est faute de pouvoir faire.

      Et si la formation d’AMP a abouti à vous faire croire que sur le terrain c’est l’aide-soignante qui s’occupe de faire et l’AMP qui s’occupe de l’être, alors le formateur a là aussi manqué son but. La grande originalité de la création d’AMP, c’est qu’AMP et aides-soignantes font le même métier, mais pas du même point de vue, et c’est par cette synergie que l’une et l’autre s’apportent ce qu’elles ont de plus précieux. Le système dérape dès lors qu’on présume une hiérarchie, qu’elle soit d’autorité ou de savoir, entre les deux.

      Et j’ajoute une intuition qui me travaille depuis longtemps. C’est celle du rôle propre.

      Quand on parle du rôle propre de l’infirmière, de trois choses l’une :
      - Ou on se paie de mots : c’est le cas général.
      - Ou on a en vue une série d’actes médeicaux que, tout de même, l’infirmière est bien assez intelligente pour faire, et c’est le comble du mépris.
      - Ou on postule qu’il y a des choses que l’infirmière, parce qu’elle est infirmière, parce qu’elle n’est pas médecin, sait alors que le médecin ne peut les savoir. Il n’y a de rôle propre que s’il y a un savoir propre ; et ce savori propre n’est pas lié au fait que l’infirmière serait davantage sur le terrain, j’y était moi-même sans cesse ; il est lié à une différence de point de vue.

      Comment cela est-il possible ?

      Je crois que ce qu’Yves Gineste m’a appris, il me l’a appris parce qu’il n’est pas médecin. Son métier de base, c’est professeur d’éducation physique. De ce fait, ce sur quoi il travaille c’est sur le sujet en mouvement ; alors que le médecin ne peut travailler que sur le sujet qui ne bouge pas. C’est parce qu’il y a des choses que je sais et qu’Yves Gineste ne saura jamais qu’il y a des choses qu’il sait et que je ne saurai jamais.

      De même, je persiste à penser, même si je n’en sais pas plus, qu’il existe un savoir propre infirmier, qui est le seul fondement possible de son rôle propre ; le reste n’est que foutaise, et si ce savoir propre n’existe pas, alors il n’y a pas de rôle propre, il n’y a pas de diagnostic infirmier, etc. Et je crois fermement que pour les mêmes raisons il existe, même s’il reste à mettre au jour, un savoir propre aide-soignant et un savoir propre AMP, fondements respectifs de leur rôle propre.

      Mais penser que la différence entre les deux est que l’une s’occupe de faire et l’autre d’être, cela me semblerait inapproprié.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Qu’ils crèvent ! Le 22 avril 2012 à 23:56 , par laeti

        Bonjour

        Je trouve qu’effectivement la complémentarité du regard de l’AS et celui de l’AMP apporte une "plus value" à la prise en charge du résident en EHPAD. Seulement, étant donné les moyens dont disposent ces établissements, il est effectivement difficile de réellement positionner ces deux professionnels et malheureusement, les AMP deviennent des AS.
        Toutefois, j’ai pu remarquer que le référentiel métier de l’AMP est flou.
        "l’AMP est à la frontière de l’éducatif et du soin",
        il n’y a pas plus imprécis. De même, pour leur référentiel d’activité, il est noté que :
        " l’AMP, sous la responsabilité de l’IDE, effectue certains soins".
        J’ai cherché ce que voulais dire ce "certains soins", et je n’ai trouvé aucun texte le précisant. Est ce que cela fait référence à l’ensemble des actes relevant du rôle propre de l’IDE (exemple : prise de TA, changement de poche de stomie) ou le domaine est-il plus restreint ?
        Voila mon intérogations qui me posent problème.
        Je réalise un mémoire sur les AMP (car persuadée du plus apportée à la prise en charge)et je suis cadre dans un EHPAD. Alors, je vous demande si vous avez plus de précisions à m’apporter sur ce sujet.
        Merci beaucoup
        Laeti


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        • Qu’ils crèvent ! Le 26 avril 2012 à 20:05 , par Michel

          Bonsoir, Laetitia.

          C’est une question, en effet. Et je n’ai pas plus que vous de réponse claire. Cela m’est d’autant plus difficile que la profession d’AMP est relativement récente, et que j’ai pratiquement assisté à sa naissance.

          Du coup, la position que j’avais prise à l’époque avait été de proposer qu’aides-soignantes et AMP fassent exactement la même chose. Je me disais que l’innovation viendrait du fait que, précisément, elles feraient la même chose mais pas du même point de vue, pas avec la même formation.

          Je n’ai pas eu le temps de savoir si mon idée était bonne ; mais je me demande si je ne continue pas à penser la même chose...

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Qu’ils crèvent ! Le 3 septembre 2009 à 19:20 , par Claude

    Bonjour,
    Ma mère (96 ans) a un hémathome à la tête depuis 3 semaines, suite à une chute dûe à la déshydratation et à de l’anémie. Depuis plusieurs jours il est imposible de l’alimenter autrement que par sérum sous-cutané. La maison de retraite où elle se trouve (Cht. de Fontenelle à 77600 Chanteloup en Brie), ne fait pas les intraveineuses dont elle aurait besoin pour être nourrie. Seule l’hôpital de Lagny sur Marne lui en a fait à deux reprises en deux semaines lorsqu’elle a été transportée aux Urgences. Mais l’hôpital ne veux pas, ne peut pas la garder. J’ai téléphoné à la maison de retraite de Lizy sur Ourcq (Les jardins de Cybelle), où elle était il y a un an et demie, et eux m’ont dit qu’ils pratiquaient les intraveineuses (pour nourrir), mais seulement la journée car la nuit ils n’ont pas d’infirmière de garde. La transférer là-bas me paraît trop compliqué, car son état est agravé par sa leucémie (abondance de globules blancs), pour laquelle on doit lui donner des médicaments depuis plusieurs années.

    Je vais chercher sur Internet une éventuelle solution.
    Merci d’avance pour toute explication que vous pourriez me donner.


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    • Qu’ils crèvent ! Le 4 septembre 2009 à 21:13 , par Michel

      Bonsoir, Claude.

      Vous me demandez un avis sur une patiente que je n’ai pas vue. Cela n’est pas possible.

      Tout ce que je peux faire, c’est vous donner un point de vue théorique. Et ce qui est le plus évident, c’est que ce point de vue théorique ne va pas être très optimiste.

      Si on fait l’inventaire de la situation, on se dit que nous sommes en présence d’une dame très âgée, qui présente une leucémie, probablement assez peu agressive mais tout de même une leucémie. A cause de cette leucémie, à moins que ce ne soit en raison d’une pathologie supplémentaire, elle a présenté un épisode de déshydratation suffisamment sévère pour la faire tomber. D’où une hémorragie, probablement de type hématome sous-dural subaigu, dont on sait qu’il peut souvent régresser sans opération. C’est donc d’une malade très précaire dont il s’agit.

      Et la question est celle de son alimentation. Si je comprends bien son état est si dégradé qu’elle ne peut recevoir d’alimentation orale. Disons-le tout net : sur ces éléments la première idée qui vient est que l’avenir est très compromis. Dans ces conditions, et si rien ne change, il faut se demander ce qu’il est réaliste de faire.

      En sous-cutané, rien. 1 litre de perfusion sucrée ne peut apporter que 10% des apports nécessaires.

      En intraveineux, on peut utiliser des produits qui apportent un nombre significatif de calories. Mais il faut :
      - De très grosses veines ; il est illusoire d’espérer administrer les volumes dont on a besoin dans une veine des membres, d’autant que les produits d’alimentation artificielle sont irritants pour les veines.
      - Un système cardio-vasculaire, hépatique, rénal, capable d’absorber les quantités de liquide qu’on devra administrer, et qui sont de l’ordre de 3 litres par jour.
      - Une surveillance très étroite, car il s’agit de traitements dangereux.

      En d’autres termes une alimentation intraveineuse dans un tel contexte impose l’hospitalisation.

      Or votre mère n’a pas été gardée à l’hôpital. Je connais suffisamment l’hôpital de Lagny pour savoir que la culture gériatrique y est excellente, et pour penser que la décision de faire sortir votre mère a été mûrement pesée. Si elle a été prise, c’est donc en considérant que la probabilité de rendre service à votre mère en lui administrant une alimentation artificielle était quasi nulle, alors que la probabilité de lui causer du tort ou des souffrances était, elle très grande. Autrement dit les médecins ont pensé qu’ils étaient arrivés aux frontières de l’acharnement thérapeutique.

      La seule chose à faire est alors de la renvoyer dans sa maison de retraite, en se disant qu’on pourrait toujours lui donner une hydratation, et en comptant sur la nature qui, parfois, et sans que nous sachions bien expliquer comment, obtient des résultats inespérés.

      Mais j’ai bien peur qu’il ne soit sage de penser que l’avenir est sombre.

      Et en tout cas je doute fort que vous trouviez une maison de retraite qui accepte de conduire une alimentation intraveineuse ; j’ajoute que si vous la trouviez, il vous faudrait être très prudente : on serait là aux limites de l’irresponsabilité.

      Mais je souhaite de tout cœur me tromper.

      Bien à vous,

      M.C.


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