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Le verdict de Périgueux

Actualité publiée le jeudi 15 mars 2007

Le docteur Tramois a été condamnée à un an de prison avec sursis.

Je remarque tout d’abord que ce verdict confirme ce que j’ai déjà écrit : il n’y a aucun exemple de professionnel de santé condamné en France à une peine effective pour un fait d’euthanasie simple. La fameuse nécessité de sécuriser l’activité des médecins, dont on nous rebat les oreilles, est une affabulation pure et simple.

Mais je remarque aussi que ce verdict est le plus sévère jamais prononcé depuis trente ans.
- J’ai déjà dit, mais je le redis encore, que le docteur Tramois mérite le soutien et l’estime de tous. Nous devons faire ce que nous pouvons pour partager un peu de la peine qui doit être la sienne ce soir.
- Mais il ne fait pour moi aucun doute que la justice n’aurait pas éprouvé le besoin de rappeler le droit si l’affaire n’avait pas été à ce point médiatisée. Ce que le docteur Tramois paie, ce n’est pas un geste de désarroi effectué il y a trois ans et qui, ne méritant qu’un rappel aux bonnes pratiques palliatives, n’aurait jamais dû la conduire aux Assises ; non, ce qu’elle paie c’est d’avoir été conseillée n’importe comment. Les partisans de l’euthanasie l’ont ainsi envoyée au massacre sans le moindre égard pour les risques qu’ils lui faisaient prendre. Ils n’ont pas eu davantage le souci des protagonistes de l’affaire de Mantes-la-Jolie : que sont devenus les soignants du service de pneumologie ? Qu’est devenue Chrisitne Malèvre ? Ils n’ont pas eu davantage le souci des protagonistes de l’affaire de Berck : Marie Humbert a dit comment elle avait été manipulée par l’ADMD ; on ne se demande pas comment vivent les soignants qui entouraient Vincent Humbert.

Ce soir, j’ai la rage. Mais pas parce que le jury a condamné le docteur Tramois. J’ai la rage parce que des gens qui se targuent d’agir par générosité, par altruisme, par amour de l’humanité, n’ont pas hésité à la sacrifier comme un vulgaire pion sur un échiquier. Les gens qui ont fait cela n’ont pas de coeur.

2 Messages

  • > Le verdict de Périgueux Le 25 mars 2007 à 23:29 , par Gérard Lenne

    A la fin de cette note, vous portez des accusations graves contre l’ADMD, ce qui me trouble beaucoup (étant moi-même adhérent à cette association). Aurait-on "manipulé" Mme Humbert, aurait-on considéré le Dr.Tramois comme "un pion" ? Il serait bon que vous en disiez davantage car cela semble paradoxal. N’accusait-on pas également, lors du procès de Bobigny en 1972, les militants anti-avortement d’avoir instrumentalisé Michèle C., la mère de la jeune Marie-Claire ? Et une telle démarche n’est-elle pas parfois inévitable pour faire aboutir une cause ? Je n’en juge pas ici, je dis simplement que je reste perplexe devant de telles accusations.


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    • > Le verdict de Périgueux Le 27 mars 2007 à 07:22 , par Michel

      Bonsoir.

      Pour ce qui est de Marie Humbert, je me réfère simplement à l’interview qu’elle a donnée dans le "Parisien aujourd’hui en France" du 6 mars 2007, page 15. Ses propres mots sont : "Je me suis rendu compte que j’avais été manipulée pour défendre une cause qui me dépassait" ; elle parlait de l’ADMD ; je suis un peu surchargé mais je peux vous scanner l’article complet.

      Pour le Dr Tramois, je confesse n’avoir pas de tels arguments, et je présenterai mes excuses à qui me persuadera que jamais l’ADMD n’est intervenue dans cette affaire (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne cite pas l’ADMD sur ce point). Tout ce que je crois, c’est que le Dr Tramois aurait eu un non-lieu ou un acquittement si elle avait pris une position un peu moins militante. Mais là aussi je suis prêt à retirer ce que je dis.

      Quant au coeur...

      Le plus grand sujet de fierté de toute ma carrière est ce courrier d’un militant de l’ADMD. Son père était mort dans mon service (je n’étais pas en soins palliatifs à cette époque, mais dans un hôpital local à peu près aussi bien équipé que celui de Saint Astier), et mon correspondant me disait que si tous les décès se passaient comme celui de son père il n’aurait plus qu’à renoncer à son engagement. Et tous les militants que j’ai rencontrés sont des gens de bien.

      Mais vous souvenez-vous de cette émission animée par Michel Field, où on recevait Christine Malèvre et où l’ADMD prenait fait et cause pour la nouvelle pasionaria qu’elle venait de se trouver ?

      Quand ces gens seront capables de me montrer la lettre d’excuses qu’ils auraient dû adresser aux soignants du service de pneumologie de Mantes-la-Jolie, alors, là encore, je retirerai ce que j’ai écrit.

      Bien à vous,

      M.C.


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