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L’auteur de ce site

samedi 20 août 2005 par Michel

Michel Cavey, né le 29 décembre 1948

- Docteur en médecine. Thèse Paris XII 1974.
- Psychanalyse (1977-1985).
- Diplôme Universitaire de soins palliatifs (Toulouse, 1992-1993).
- Capacité de gériatrie (Toulouse, 1994-1995) ; Spécialité de gériatrie (Paris, 2007).
- Diplôme Universitaire d’éthique médicale (Espace Éthique de l’AP-HP, Paris, 2007).
- Médecin des Hôpitaux.
- Fondateur de l’Association gersoise de soins palliatifs.

- Médecin généraliste en milieu semi-rural de 1975 à 1997.
- Médecin-Chef de l’hôpital saint Jean à Briare (1997-2003).
- Chef du service de soins de suite au Centre Hospitalier de Montargis (2003-2005).
- Responsable du réseau de soins palliatifs Oméga-Bry-sur-Marne (2005-2006).
- Praticien hospitalier à l’unité de soins palliatifs de Montfermeil.
- Médecin responsable de l’information médicale à Montfermeil.

Je ne représente que moi, et n’ai pas d’autre ambition que de partager quelques intuitions.

Les textes publiés le sont depuis 2005. Ils ne sont pas actualisés régulièrement ; quand ils le sont je le mentionne. Je demande donc au lecteur de prendre garde à leur date de publication.


90 Messages

  • Comment faire ? Le 17 juillet à 14:43 , par CARRIER CATHERINE

    Bonjour Dr Cavey,

    Je vous ai écris plusieurs fois pour ma mère qui après l’hopital psychiatrique est allée dans un 1er EHPAD puis un 2eme près de chez moi.
    Elle est maintenant en GIR 2.Ma question : comment garder "un" contact avec elle.Elle ne parle plus mais comprend quand même un peu encore....
    Je suis triste de ce manque de contact. Elle ne joue plus (cartes etc...)ne colorie plus .
    Le personnel me conseille de ne plus la sortir trop, celà la perturbe.En trouvant un EHPAD près de chez moi , c’est ce que je prévoyais de faire...l’emmener chez moi de temps en temps.
    Merci pour votre avis.
    Cordialement
    Catherine


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    • Comment faire ? Le 17 juillet à 15:51 , par Michel

      Bonjour, Catherine.

      Je vous dirais bien : suivez votre cœur. Mais il faut tout de même se méfier.

      Vous avez absolument raison de vouloir préserver toutes les occasions de contact qui se présentent. D’un autre côté les soignants ont raison de surveiller les perturbations consécutives aux sorties de votre mère. À condition de ne pas méconnaître que ces perturbations peuvent être le prix à payer pour qu’elle passe de bons moments ; c’est une affaire de bénéfice/risque, je ne sais pas ce qu’il en est. J’aurais tout de même tendance à dire que si c’est modéré il faut laisser faire.

      La grande question est de savoir qui souffre. Ce que vous dites c’est que vous êtes malheureuse de cette situation ; on le comprend sans peine. Mais alors :
      - Qu’est ce qui prouve que votre mère a besoin de ces contacts ? Je suis conscient du caractère provocateur de ma question, mais il faut la poser.
      - Qu’allez-vous faire pour réussir votre deuil de cette relation ?

      Une fois répondu à ces deux questions, alors, oui, suivez votre cœur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Citation de votre site Le 2 mars à 11:30 , par Jean-Pierre Gosset

    Bonjour Docteur, je vous signale avoir fait référence à la page "loi Clays Léonetti" de votre site, sur celui de René Poujol qui vient de mettre une page : http://www.renepoujol.fr/euthanasie-la-regression-democratique-en-marche/comment-page-1/#comment-62409


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    • Citation de votre site Le 2 mars à 14:19 , par Michel

      Bonjour, et merci de votre message. Si je tiens ferme que les textes qu’on publie sur le net cessent d’appartenir à leur auteur, je n’en suis pas moins touché de cette délicatesse par laquelle vous m’informez de votre citation.

      Il y a des choses passionnantes dans l’article et ses commentaires ; cela ne me donne toujours pas envie de repartir au combat : j’ai écrit en 2005 que la loi Léonetti I présentait le grave danger de faire le lit de la légalisation de l’euthanasie, la suite a confirmé mes craintes ; j’ai écrit en 2016 que depuis la loi Claeys-Léonetti la messe est dite, nous y voici.

      Mais je crois que le débat est mal posé. On s’obstine à ferrailler contre les militants de la mort pour tous au nom de principes éthiques ou moraux ; je crois que c’est beaucoup plus simple : ces gens mentent ; ou ils n’y connaissent rien, ce qui n’est pas très différent (pensez à Pasteur : "Si vous connaissez le sujet, où est votre conscience ? Et si vous ne le connaissez pas, de quoi vous mêlez-vous ?").

      Un exemple ? j’entendais Jégo sur Arte hier :
      - On meurt mal en France.
      - 350 000 patients relèvent des soins palliatifs.
      - En Belgique le taux d’euthanasies est de 1%.

      On meurt mal en France, ce n’est pas faux. Puis-je insinuer que tout de même on a fait çà et là quelques progrès ? Puis-je rappeler (dans ma carrière j’ai assisté à environ 1 200 décès) que la mort, quand on la laisse faire son boulot, travaille plutôt bien, et que dans l’écrasante majorité des cas le mourant n’a tout simplement besoin de rien ? Cela n’interdit pas de souhaiter que tous les mourants soient pris en charge, accompagnés, assistés. Cela n’interdit pas de vouloir que rien ne soit refusé à celui qui s’en va. Mais dire "On meurt mal en France" est une ânerie ; On est un imbécile.

      350 000 patients (64%) relèvent des soins palliatifs. C’est tout simplement idiot. Il y a environ 540000 décès en France, dont 90% se passent sans problème. 54 000 demandent qu’on s’emploie un peu, et cela suffit dans 90% des cas. Il y a donc 5400, allez je vous le fais à 11000, malades pour lesquels le décès en unité de soins palliatifs est indispensable. La capacité théorique des unités de soins palliatifs en France est du double. Il y a assez d’unités de soins palliatifs en France.
      - Mais elles sont mal réparties et il y a des déserts.
      - On leur attribue, et à juste titre, d’autres missions.
      - Et on peut souhaiter (je ne suis pas sûr) étendre les accompagnements à plus de malades.
      Ce qui pèche c’est que la culture palliative n’est pas assez répandue dans le corps soignant. C’est là affaire de moyens et de volonté. Oui, me dit-on, mais ce n’est pas fait. Il est certain que l’euthanasie c’est moins cher. Minable.

      En Belgique le taux d’euthanasies est de 1%. Donc en Belgique 99% des malades meurent bien (ou alors 64% des Belges sont masochistes). Je sais les efforts qui ont été faits en Belgique en matière de soins palliatifs ; mais si leurs résultats sont si miraculeux, l’urgence serait de nous en inspirer.

      Etc...

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Citation de votre site Le 2 mars à 18:13 , par Dom

        A titre personnel, je trouve toujours surprenant que ceux qui crient le plus fort contre l’acharnement thérapeutique soient souvent les premiers à réclamer une "réponse médicale" à tous leurs problèmes.

        Pour éclairer mon propos de façon cynique : quand un proche fait un AVC, il suffit de ne pas appeler le SAMU et de le laisser partir, cela éviterait de devoir le "suicider légalement" deux ans plus tard quand on ne supportera plus de le voir gisant sur son lit à l’état de légume... Ou, pour le dire autrement : si on en est maintenant à brandir un droit à mourir, n’est-ce pas parce que l’accès à la médecine et la science médicale elle-même ont fait de tels progrès dans les pays développés que l’on n’y laisse plus les gens mourir à leur heure ? (Je doute fort, à cet égard, que ce débat sur l’euthanasie ou le suicide assisté ait un sens quelconque pour les milliards d’habitants de la planète que continuent de décimer famines, épidémies et mortalité infantile...)


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        • Citation de votre site Le 2 mars à 18:41 , par Michel

          Bonjour, Dom.

          Je ne peux pas vous suivre sur cette voie, car si je reprends l’exemple que vous donnez il est certain que quand un proche fait un AVC il n’y a pas de moyen de prédire ce qu’il va récupérer. Force est donc de le soigner, voire de le réanimer. Et ce n’est que dans un second temps qu’on s’aperçoit qu’on aurait mieux fait de s’abstenir.

          Mais vous pointez bel et bien une question majeure. C’est que les progrès de la médecine ont rendu plus floue cette histoire de la mort « qui vient à son heure ». La mort n’a plus d’heure, et c’est très bien ainsi, car cela permet de faire vivre beaucoup de gens dans de bonnes conditions. Seulement, du coup, cela complique terriblement les choses.

          Par exemple, la mort est occultée parce qu’on meurt de plus en plus à l’hôpital. Mais… de qui se moque-t-on ? Ce n’est pas par peur de la mort qu’on envoie les gens mourir à l’hôpital. C’est parce que nos moyens sont devenus tels qu’il est très difficile, en situation d’urgence, de dire qu’on ne peut rien faire, et que le malade ne tirerait aucun bénéfice de l’hospitalisation. C’est pourquoi le passage par la case hôpital est bien souvent inévitable (je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas des progrès à faire en matière de discernement).

          Il n’en reste pas moins qu’on aurait moins de situations infernales si on faisait moins d’acharnement thérapeutique. À ceci près que la question de l’acharnement thérapeutique n’est pas la plus simple que je connaisse.

          Et que, comme vous le dites, replacée dans un contexte mondial... on a un peu honte.

          Avez-vous remarqué comme les militants de la mort pour tous nous bassinent avec la France qui est en retard sur le reste du monde ? L’euthanasie a été légalisée dans trois pays.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Citation de votre site Le 2 mars à 20:45 , par Dom

            Cher hôte,

            Je trouve important d’insister sur le fait que ce débat est un débat de riches qui crachent dans la soupe.

            Sans remonter très loin dans le temps (je pense à la génération de mes grands-parents), on n’appelait pas le toubib pour un oui pour un non, et on ne fonçait pas aux urgences au moindre bobo. Et oui, on gardait les vieux déments à la maison, on les posait au coin de la cheminée jusqu’à ce qu’ils s’éteignent tranquillement, entourés des trois générations suivantes, et oui, c’était vachement plus humain. (Ici, parenthèse : il y avait aussi le papy qui se prenait mystérieusement les pieds dans l’escalier et terminait mort en bas des marches, on le pleurait beaucoup. Il y avait aussi le bébé prématuré qui ne survivait pas sauf si la grand-mère décidait de le mettre dans la couveuse à poussins (ça a été le cas de ma mère), et la jeune mère qui se vidait de son sang dans le lit conjugal. Et - autre souvenir personnel - la cousine idiote qu’on parquait dans un coin en l’attachant sur sa chaise pour qu’elle n’en tombe pas.)

            Notre rapport à la médecine a changé, et toutes les situations décrites ci-dessus sont aujourd’hui considérées comme inacceptables. Je doute qu’il existe encore en France des parents qui veillent leur enfant à la maison en alternant douches tièdes et enveloppements humides (c’est ce qui est recommandé dans le "Livret de Famille" au chapitre "Soins des enfants" que j’ai retrouvé chez mes grands-parents, mariés en 1930) tandis qu’il escalade le thermomètre. Non, passé 39° de fièvre, ils se précipitent à l’hosto, où on leur prescrira des antibiotiques. Mourir ne fait plus partie des options possibles.

            Sauf que. La condition humaine étant ce qu’elle est, il faut quand même bien mourir un jour. Alors on invente une usine à gaz pour mourir quand même. Mais attention, hein ? Mourir dignement, mourir proprement, mourir sans douleur, mourir discrètement, mourir médicalement.

            Moi, quelque part, ça me révolte. Il me semble que les médecins ont d’autres immenses chantiers que la "mort confortable" de nantis qui réclament le droit à une mort douce voire "consentie", quand tant de leurs semblables se battent pour simplement survivre. Enfants gâtés, suivis, soignés, dorlotés, et ce quasi-gratuitement (qui, en France, a la moindre conscience de ce que représente, financièrement, les soins qu’on lui prodigue ? ) qui veulent toujours plus - en l’espèce, mourir à la carte, quand ils le décident.

            Ô simplets ! Souvenez-vous des papys qui décédaient mystérieusement en tombant dans l’escalier ! Que croyez-vous qu’il se passera quand on excipera de vos directives anticipées ? Ou que vous baverez dans votre fauteuil roulant depuis trop longtemps ? Ou qu’il faudra entamer votre "capital" pour payer l’EHPAD ?

            Colère, vraiment.


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            • Citation de votre site Le 3 mars à 16:56 , par Michel

              Là, je signe.

              Une réserve cependant : je crois que si les choses sont devenues très compliquées, c’est aussi parce que nous avons réellement reculé les limites de l’indécidable, et que cela reste une bonne chose. Mais je vous rejoins sur tout le reste.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Citation de votre site Le 3 mars à 21:10 , par Dom

                Comprenez-moi : mon propos n’est pas du tout d’entonner le grand lamento du "c’était mieux avant" - je sais trop moi-même ce que je dois aux progrès de la médecine, entre le chirurgien spécialiste de la main qui a sauvé l’articulation de mon pouce droit accidenté, alors que je fais un métier manuel, et la naissance de mon premier fils qui a été... difficile, disons (je n’ai pas oublié la remarque de l’obstétricien : "la semaine où vous avez accouché, dans mon service, trois mères et trois bébés ont survécu alors que les unes et/ou les autres y seraient probablement restés il y a 50 ans").

                Ce que je veux exprimer, c’est la surprise, et aussi la colère, devant la façon dont notre société semble avoir oublié, si vite, à quel point "vivre est dangereux", et combien la mort est toujours à l’affût. Je ressens la revendication du droit à choisir l’instant et les circonstances de sa mort comme une folle arrogance, totalement oublieuse du fait que ce choix, en réalité, ne nous appartient pas, pas plus que le fait de naître. C’est tellement vrai que tous ces gens si désireux de légiférer sur l’euthanasie ou le "suicide assisté" se placent systématiquement dans l’hypothèse où la décision devra être prise lorsque l’individu concerné ne sera plus en état d’agir lui-même... autrement dit quand la décision de mourir ne lui appartiendra plus.

                Un truc de môme, d’enfant-roi à qui on n’a jamais rien refusé, qui me rappelle le temps où mon second fils, quand on lui demandait ce qu’il voudrait faire plus tard, répondait : "maître du monde". C’est exactement ça : "je veux être maître de ma mort". Et d’ailleurs j’y ai droit. Comme j’ai le droit de ne pas mourir quand je ne le veux pas (sinon j’attaque le toubib ou l’hosto pour erreur médicale).

                Bon, l’avenir sourit aux audacieux, dit-on, mais mon fils n’est pas devenu maître du monde. Peut-être qu’il est né trop tôt, et qu’il n’était pas le seul. Et peut-être qu’un jour, on sera tous immortels, mais seulement si on veut.

                Pfffff.


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                • Citation de votre site Le 4 mars à 10:31 , par Michel

                  Bonjour, Dom.

                  Ne craignez pas : je crois que je vous ai très bien comprise, et que je suis très largement d’accord : ce qui importe c’est que nous n’avons pas pris la mesure des conséquences de la puissance que nous avons acquise.

                  On ne peut plus accepter de dire qu’on n’arrête pas le progrès ; ni de dire que, du moment que quelque chose est faisable il y aura toujours quelqu’un pour le faire et que la seule chose à faire est de se soumettre à cette loi. Cette loi ne vaut pas plus cher que les "lois du marché", et pour ma part j’avais cru comprendre que l’homme était doté d’un cerveau. Le constat est que le progrès nous échappe, et qu’on ne peut pas prétendre maîtriser le monde si on maîtrise pas les outils par lesquels on prétend le maîtriser. Le grand absent de notre vocabulaire contemporain est le mot sagesse.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 6 mai 2017 à 11:23 , par Carrier C

    Bonjour Dr Cavey,

    En effet , je crois qu’elle a compris qu’elle ne rentrera pas chez elle, elle ne le demande plus.
    J’ai trouvé un établissement près de chez moi avec un jardin thérapeutique.
    Le médecin m’a dit que le traitement pourra être modifié si besoin.
    Voilà !
    Merci encore pour votre réponse et votre forum .
    Cordialement
    Catherine


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    • L’auteur de ce site Le 8 mai 2017 à 20:44 , par Michel

      Bonsoir, Catherine.

      Je suis heureux que vous ayez pu trouver une solution qui vous paraisse plus convenable que la précédente.

      Évidement ce la ne permettra peut-être pas de tout résoudre ; en particulier nous ne savons toujours pas (et nous ne pourrions pas le savoir) si la maison de retraite dans laquelle elle se trouvait précédemment n’avait pas raison d’agir comme elle le faisait : vous serez bientôt fixée sur ce point. Quoi qu’il en soit ce changement valait la peine d’être tenté.

      Ne vous investissez pas au-delà de ce que vous pouvez.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 5 avril 2017 à 18:23 , par Sophie

    Bonjour,
    Merci tout d’abord pour ce site, pour vos textes et pour les réponses que vous apportez aux messages qui vous sont adressés. Ils m’ont permis de mieux comprendre la situation de mon frère aîné, actuellement hospitalisé dans une unité de soins palliatifs. Âgé de 50 ans, paraplégique depuis l’âge de 25 ans suite à une blessure balistique, il a toujours éprouvé d’atroces douleurs dans les jambes depuis la survenue de cette blessure et a subi près de trente interventions chirurgicales au fil des ans. Mais il a aussi eu trois merveilleuses filles avec son épouse au cours de cette période. Ces dernières années, il a développé un diabète qu’il refusait de soigner, épuisé par plus de deux décennies d’insomnies et de combat contre la douleur. Il y a presque un mois, il a eu (selon les explications données par l’équipe médicale) un caillot dans une jambe, qui a entraîné une ischémie. Arrivé tardivement aux urgences, dans un hôpital situé à 800 km de chez lui, il a été amputé d’une jambe à mi-cuisse (il avait l’année dernière déjà subi sur l’autre jambe l’amputation de deux orteils). Le traitement antibiotique mis en place n’a ensuite pas permis de maîtriser la gangrène. Nous n’avons jamais réussi à rencontrer le chirurgien qui avait procédé à l’amputation, une partie de l’équipe ignorait qu’il était paraplégique (il est arrivé en brancard à l’hôpital, sans son fauteuil), et sa femme et ses filles ont passé des après-midis entiers dans sa chambre, à 800 km de chez elles, sans voir un seul soignant… Globalement, la prise en charge, dès lors qu’elle débordait du plan purement médical, a été assez catastrophique, et les annonces faites avec une brutalité inouïe. Rapidement, l’équipe du service de réanimation de l’hôpital nous a informés qu’il n’y avait « plus rien » à faire et qu’une anesthésie générale serait effectuée dès que son état se dégraderait, sans que cette décision nous soit davantage expliquée. Mon frère, arrivé inconscient à l’hôpital, a été très choqué par la découverte de sa jambe amputée. Il s’est mis à « délirer » (si on considère que l’évocation horrifiée de scènes de guerre par quelqu’un les ayant vécues relève du délire…) et a été mis sous contention (j’ai demandé à ce qu’un psychiatre vienne le voir mais un médecin m’a répondu textuellement que « ce n’était pas le moment [pour mon frère] de commencer une psychanalyse ». Je ne suis toujours pas revenue de tant d’idiotie). Une fois calmé (par du Nozinan), mon frère a pu prendre connaissance de la situation, en parler calmement, passer du temps avec sa femme et chacune de ses filles, préparer son départ en somme. Enfin, à notre grand soulagement, il a été transféré près de chez lui dans le service de soins palliatifs dans lequel il est maintenant depuis deux semaines. Je voulais dire ici à quel point les unités de soins palliatifs sont précieuses, tant pour les malades que pour leur entourage. J’ai enfin senti que mon frère était respecté en tant que personne, sans jugement à l’emporte-pièce sur son parcours de vie, et sans discrimination ni de classe ni raciale (mais c’est une autre histoire, désespérante et banale). Ceci dit, j’avoue que j’ai du mal à comprendre ce qui se passe maintenant. Mon frère est désormais inconscient la plupart du temps, n’ouvre que rarement les yeux, ne semble plus nous reconnaître, et ne s’alimente plus. L’alimentation et l’hydratation artificielles ont été arrêtées par l’équipe médicale mais on nous a dit qu’il avait encore une « petite » hydratation sous-cutanée. Et c’est ce dernier point que je ne comprends pas. Son agonie semble se prolonger au-delà de ce qui est supportable pour son épouse et pour ses filles, et sans qu’il parvienne à être encore dans une relation avec elles. Quels sont les éléments qui peuvent justifier le maintien d’une telle hydratation, fût-elle « petite » ? Est-ce que cela ne revient pas à prolonger l’agonie de mon frère ? Si vous pouviez m’aider à y voir plus clair sur ce point, je vous en serais très reconnaissante, et je vous remercie quoi qu’il en soit une nouvelle fois d’offrir cet espace aux familles des patients en fin de vie.
    Bien à vous,
    Sophie


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    • L’auteur de ce site Le 6 avril 2017 à 21:10 , par Michel

      Bonsoir, Sophie.

      Il y aurait beaucoup à dire sur l’histoire que vous racontez, qui est peu banale et très triste. Il y aurait notamment à dire sur les réactions des professionnels de santé. Nous le ferons si vous voulez.

      Ce soir je vais me limiter à votre question sur l’hydratation. C’est un grand classique, et la réponse doit être nuancée.

      Il y a la réalité objective : pour ma part je crois qu’en fin de fin de vie l’hydratation n’a pas tellement sa place, notamment parce que le confort des malades est plutôt meilleur quand on consent une légère déshydratation ; la sensation de soif est bien maîtrisée par les soins de bouche, et le plus souvent il vaut mieux s’en passer. D’un autre côté ce n’est pas une perfusion de faible volume qui va ralentir la marche vers le décès. Bref, l’hydratation n’est ici ni utile ni nuisible. Mais il faut discuter, car nous avons affaire à un sujet jeune, atteint d’un trouble dont l’évolution à court terme n’est pas évidente, de sorte qu’il peut y avoir de solides raisons pour préférer maintenir une hydratation.

      Ensuite il y a la réalité symbolique (j’emploie ce terme à dessein) ; et là il faut bien reconnaître que les choses sont beaucoup plus compliquées : il est souvent difficile à des professionnels d’accepter de ne rien faire du tout, et l’hydratation est un acte magique qui leur permet de lutter contre la détresse de leur impuissance. A contrario cette hydratation est vécue comme une mesure d’acharnement thérapeutique alors qu’elle serait bien incapable d’influer sur la durée de vie.

      Je vous suggérerais donc de ne pas vous en inquiéter : outre qu’il peut y avoir des raisons légitimes de maintenir cette perfusion, je crois qu’elle n’a pas d’autre importance que symbolique.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’auteur de ce site Le 7 avril 2017 à 15:34 , par Sophie

        Bonjour,

        Merci mille fois de ces éléments, qui m’aident effectivement à mieux comprendre. Le maintien de cette "petite" hydratation, bien qu’inutile sur le plan médical, entretient malheureusement l’espoir de son épouse et de ses filles. Tant qu’il y a de l’eau, j’imagine que l’impression subsiste qu’il y a de l’espérance (de vie). Mais je comprends que du point de vue des soignants, ne rien faire soit difficile, même quand il n’y a effectivement rien à faire (ce qui n’est vraiment qu’une façon de parler car la toilette quotidienne de mon frère requiert la présence de 5 soignants durant 2 heures).

        Quant aux réactions des soignants du service de réanimation, je crois qu’elles montrent hélas le manque de formation d’une partie des personnels qui, concentrés sur le médical, oublient de quoi il s’agit réellement - de souffrance, de perte, d’adieux - et combien les mots comptent, comme la délicatesse avec laquelle les utiliser.

        Hier, la psychologue du service de soins palliatifs a, elle, mis des mots justes sur le parcours que nous avons vécu lors de cette hospitalisation. Elle a qualifié les annonces qui nous ont été faites de "barbares", et a parlé d’une institution hospitalière qui nous a "violentés". L’entendre formuler les choses ainsi nous a un peu apaisés.

        Il n’en reste pas moins vrai qu’au fil des ans, j’ai vu de la part du personnel médical les manifestations ouvertement méprisantes vis-à-vis de mon frère devenir plus fréquentes, plus assumées, plus explicites. J’ai même eu droit dernièrement de la part d’une interne à un "On est en France, ici !" qui me laisse encore songeuse. Pour le dire clairement, mon frère a une "tête" d’Algérien, ce qu’il est à moitié. Victime d’un conflit parental, il a grandi loin de nous dans les montagnes de Kabylie, où son père l’avait envoyé, et en a gardé des dents de pauvre. Ma mère a elle une tête de bourgeoise française, et j’ai une tête d’intello parisienne, avec mes dents bien alignées par des années d’orthodontie. Les médecins n’y comprennent rien quand ils nous voient arriver. Quand ma mère en venait à dire "je suis la maman", elle s’est entendu répondre je ne sais combien de fois "la maman de qui ?" alors même que nous étions dans la chambre de mon frère. Voilà, le racisme, ce n’est pas seulement le pilier de bar qui déblatère sur les immigrés, et qui pour déplorable qu’il soit n’en est pas moins inoffensif tant qu’il ne vote pas, ce sont aussi parfois des infirmières et des médecins qui ignorent tout de la complexité du monde, des familles, et pour finir de leurs propres patients.

        Je perds mon grand frère et suis infiniment triste. C’est normal. Mais cette tristesse s’accompagne d’un sentiment d’injustice et d’impuissance face à ce venin qui entre chaque jour un peu plus dans les têtes. Et ça, j’avoue, je m’en serais volontiers passée pour me concentrer exclusivement sur la séparation qui vient, sur ce qu’elle achève et sur ce qu’elle va exiger.

        Voilà, je ne cherche pas forcément à ce que ce témoignage soit publié sur votre site, car il déborde largement du sujet de la fin de vie, mais je voulais vous en faire part car je ne sais pas quoi en faire d’autre.

        Bien à vous et avec encore tous mes remerciements pour la réponse que vous m’avez apportée,

        Sophie


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    • L’auteur de ce site Le 9 avril 2017 à 19:05 , par Sophie

      Bonjour,
      Juste un mot pour vous dire que mon frère est mort ce matin. Sa respiration s’est alentie puis s’est arrêtée, sans qu’il semble souffrir.
      A nous maintenant d’apprendre à vivre avec son absence.
      Merci encore du réconfort que vous m’avez apporté.
      Bien à vous,
      Sophie


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      • L’auteur de ce site Le 11 avril 2017 à 09:49 , par Michel

        Bonjour, Sophie.

        Tout est donc fini ; et si je comprends bien la fin a été plutôt paisible. Reste, comme vous dites, à affronter le long et pénible temps du deuil.

        Je vais juste, à titre peut-être de conclusion, noter quelques détails.

        Le maintien de cette "petite" hydratation, bien qu’inutile sur le plan médical, entretient malheureusement l’espoir de son épouse et de ses filles.

        Oui, mais il ne faut pas le regretter : nous sommes dans le monde des symboles, et dans le monde des symboles les choses sont toujours mélangées, ambiguës, réversibles.

        Prenons l’exemple de l’eau. L’eau est ce avec quoi on se lave, et c’est donc un symbole de pureté. Mais elle est aussi ce avec quoi on arrose, et c’est donc un symbole de fécondité. L’eau renvoie donc au thème de la virgo parturitura, la vierge qui doit enfanter, symbole non point chrétien mais romain (dans la crypte de la cathédrale de Chartres, bâtie sur le site d’un temple romain, on peut encore voir un puits), et laisse percevoir que le thème connexe de la sexualité est également très ambigu : la sexualité est sacrée, au sens où quelque usage qu’on en fasse elle dit toujours quelque chose, ce qui a pour conséquence qu’on n’en fait pas exactement ce qu’on veut ; Aphrodite n’est pas seulement la Vénus de Botticelli, elle est aussi, et bien plutôt, une déesse beaucoup plus ancienne, peut-être la plus importantes du panthéon grec.

        Pour en revenir à la perfusion, le plus probable est que personne n’était dupe. Dire son espoir est une chose, y croire réellement en est une autre, et il arrive souvent que pour supporter l’insupportable on ait recours à cette vieille ruse consistant à dire le contraire de ce qu’on sait parfaitement être la réalité : au reste quand vous recevez une nouvelle étonnante votre première réaction n’est-elle pas : C’est pas vrai ?

        Hier, la psychologue du service de soins palliatifs a, elle, mis des mots justes sur le parcours que nous avons vécu lors de cette hospitalisation. Elle a qualifié les annonces qui nous ont été faites de "barbares", et a parlé d’une institution hospitalière qui nous a "violentés". L’entendre formuler les choses ainsi nous a un peu apaisés.

        Et je ne vais certainement pas vous dire que c’est faux. Toutefois j’insiste : il ne faut pas aller trop vite. Il m’a été personnellement reproché d’être brutal, et même de manquer d’humanité. Je n’éprouve aucune difficulté à reconnaître qu’on n’est pas toujours très bon, et qu’il a dû m’arriver de ne pas me rendre compte de ce que je disais, et surtout à qui je le disais. Mais il arrive aussi qu’on accuse de brutalité celui qui annonce la mauvaise nouvelle parce qu’il est trop difficile de regarder la mauvaise nouvelle en face : si je peux dire que le médecin qui m’annonce mon cancer a été maladroit, c’est que pour une part la gravité de la situation pouvait être relativisée ; pourtant, quelle que soit la manière dont on me l’annonce, mon cancer n’est ni plus ni moins grave.

        Il y a donc des maladroits, des imbéciles, des sales types. Et la manière dont on annonce les choses n’est pas indifférente. Mais il faut être prudent dans son jugement, et s’en tenir aux mots mêmes qui ont été dits (et dont l’expérience quotidienne montre qu’ils ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été entendus…). Ajoutons que les psychologues sont souvent approximatifs dans le regard qu’ils portent sur les médecins, mais c’est un autre débat.

        J’ai même eu droit dernièrement de la part d’une interne à un "On est en France, ici !" qui me laisse encore songeuse.

        Malheureusement vous ne me surprenez pas, et je crois que ma profession ne se distingue pas beaucoup du reste de la population en ce qui concerne le racisme. Mais comme je n’ai rien à dire sur ce point il faut bien que je m’étende un peu.

        Nous parlons du mourir. Et cela implique une approche culturelle qui pose parfois des problèmes inattendus. Par exemple il y a des cultures dans lesquelles le deuil doit se manifester par des cris : tout se passe comme si la déploration devait atteindre un certain seuil d’intensité sonore pour produire son effet. Cela n’offrirait aucune difficulté si la scène ne se passait pas dans une unité de soins palliatifs où les autres patients ont besoin de tout ce qu’on veut sauf de ces décibels. Ou encore je n’ai jamais réussi à faire comprendre à mon équipe que les évanouissements qui au moment du décès se produisaient chez certaines proches du défunt ne devaient en aucun cas déclencher une prise en charge médicale ; non qu’il s’agisse d’une simulation, non que ce soit "du cinéma" : mais il faut respecter ce mode d’expression de la souffrance.

        Il arrive que, déroutés par une problématique à laquelle ils n’avaient jamais pensé, certains médecins adoptent un comportement qui confine au racisme, alors que c’est un tout autre malaise qui se dit là.

        Bien à vous,

        M.C.


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      • L’auteur de ce site Le 11 avril 2017 à 21:47 , par adu

        Bonsoir Sophie
        C est tres triste vraiment
        Je vous souhaite bon courage
        Annick


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  • L’auteur de ce site Le 10 mars 2017 à 21:12 , par Carrier Catherine

    Bonsoir

    Je vais prendre le temps de voir comment cette situation évolue , aussi bien pour elle que pour moi .
    Ma mère habitait à 1 km de chez moi et même si son état faisait qu’elle ne me parlait plus beaucoup, je pense (j’en suis certaine !) que la savoir près de moi me "rassurait." A moi de suivre mon chemin également....
    Encore merci pour votre réconfort.
    Catherine


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    • L’auteur de ce site Le 27 avril 2017 à 23:34

      Bonsoir Dr Cavey,

      Cela fait maintenant 2 mois que ma mère est en maison de retraite et son état s’est beaucoup dégradé.Elle ne parle plus , a du mal à marcher.Elle est en unité "protégée" et ne sort pas sauf quand moi j’y vais.
      A l’hôpital psychiatrique, elle trottait toute la journée , jouait aux dominos avec les autres patients.
      Alors je m’interroge ! Ai je fait le bon choix ? Elle m’a demandé à être dans un appartement plus petit quand je lui ai dit qu’elle ne rentrerait pas chez elle, qu’elle était malade.Je lui ai demandé si elle voulait avoir un jardin car une maison de retraite a un jardin thérapeutique, ou une kitchenette c’est le cas d’une autre, mais toutes sont avec des unités protégées.Elle m’a dit" un jardin ".Ma mère aime se promener, elle aime le soleil, et là , il ne lui reste que la liberté de dormir sur sa chaise !!
      J’ai trouvé plusieurs maisons de retraite près de chez moi. Le médecin qui a reçu ma mère en visite de pré admission, l’a trouvé très ralentie également.
      Est ce la cause des neuroleptiques sur le long terme, apparemment son traitement est léger ?
      Certes ma mère ne peut plus rester seule chez elle mais pas au point d’être "emprisonnée" comme çà ! Je me rends compte que la plupart des maisons de retraite n’ont pas de jardin mais des codes à toutes les portes....
      N’y en a t il pas où les résidents peuvent déambuler à leur guise , comme celle ou vous étiez ?
      A t elle compris qu’elle ne rentrerait pas chez elle , et préfère t elle se laisser aller ? Ma fille qui la vue hier a été choquée.Les infirmières me disent qu’elle est autonome. l’EHPAD est il le bon endroit pour elle ?
      Je ne suis plus sûre du choix de la structure à trouver..
      Merci pour votre conseil.
      Cordialement
      Catherine


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      • L’auteur de ce site Le 1er mai 2017 à 12:18 , par Michel

        Bonsoir, Catherine.

        Il ne m’est pas possible de vous répondre, car il y a trop d’hypothèses.

        Votre mère est entrée en maison de retraite. Il arrive très souvent que les patients comme elle s’effondrent, du moins en apparence. En réalité c’est autre chose qui se passe : ils se maintenaient à domicile au prix d’efforts désespérés pour sauver les apparences ; quand ils entrent en institution ils peuvent enfin lâcher prise ; ils donnent alors l’impression de perdre tout leur potentiel cognitif, mais c’est faux : ils cessent de se cacher, ils se montrent tels qu’ils sont et en contrepartie leur souffrance tend à s’apaiser.

        Alors que dire ?

        Il se peut qu’elle soit surdosée en neuroleptiques. Mais je doute un peu qu’on lui en donne plus que ce qu’elle prenait à l’hôpital psychiatrique. En tout cas il n’est guère plausible de penser à un effet à long terme du traitement : l’effet sédatif existe au début et tend à s’estomper.

        Il se peut aussi que la maison de retraite ne soit pas adaptée ; mais le plus probable est qu’elle a décidé de poser le sac, et que le déclin que vous observez serait le même dans n’importe quel établissement. Je n’en tirerais donc aucun argument pour chercher une autre maison de retraite. Par contre si vous pouvez en trouver une plus près de chez vous, cela peut avoir un sens.

        Existe-t-il des établissements où les résidents peuvent déambuler en liberté ? Je ne crois pas. On a beaucoup travaillé sur ce thème, et il me semble qu’il faut distinguer :
        - La question de la sécurité : les temps changent, et je ne sais pas s’il existe encore des endroits où on pose en règle que le respect de la liberté est un absolu, même au prix d’un risque dont l’acceptation par tous (malade, famille, soignants) serait la condition sine qua non d’une admission dans l’établissement. J’ajoute que si la loi française interdit de créer des unités sécurisées (les seuls lieux d’enfermement autorisés sont les prisons et les hôpitaux psychiatriques), cette même loi risquerait de punir sévèrement les établissements qui appliqueraient ce principe à la lettre...
        - La question de l’environnement adapté ; cela suppose une architecture particulière dont le principal inconvénient est d’être coûteuse et délicate ; et ceci pour un résultat aléatoire : je me suis toujours méfié des techniques d’évitement, comme celle par laquelle on masque les portes de façon que le dément ne puisse pas les trouver, sans se demander ce que ça peut lui faire de se retrouver dans un lieu où il n’y a pas de portes.

        Il est tout à fait possible qu’elle ait décidé que la suite ne l’intéresse pas. Mais il faut rester très pragmatique : la question est de savoir si une autre solution est possible. En fait elle n’a pas le choix, et si la seule solution est l’institution et que cette solution ne lui convient pas, il reste à assumer les conséquences de ce refus, quelque tragiques qu’elles puissent être.

        Enfin je note que les soignantes la trouvent moins mal que vous. Ceci est à considérer : en effet il se peut qu’elles aient tort, mais il se peut aussi qu’elles aient raison. Je veux dire par là que vous devez tenir compte du sentiment de culpabilité qui vous habite, et qui est inévitablement inhérent à votre décision de la mettre en maison de retraite. Ce sentiment n’est pas lié à la réalité : la réaliste est que vous ne pouviez guère faire autrement, sauf à vous sacrifier injustement ; il est lié au deuil, et c’est un puissant outil de progression, qu’il vous faut accepter et vivre, tout en veillant à ne pas en être dupe.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 10 mars 2017 à 10:21 , par Carrier Catherine

    Bonjour

    Je n’avais pas lu votre 2ème message.
    Vous dites : "On trouve souvent qu’ils s’effondrent intellectuellement mais ce n’est pas le cas : ils se montrent seulement tels qu’ils sont. Par contre ils sont infiniment plus sereins. C’est ce que vous avez vu."
    J’espère que maman est sereine et que je vais le constater avec le temps.
    Le fait qu’elle soit loin me stresse .Tout le monde me dit de me reposer maintenant et de n’y aller qu’une fois la semaine.
    Dans un de vos écrit vous dites que l’on peut changer de maison de retraite, faut il attendre ou pas .Je ne veux surtout pas la déstabiliser plus.
    Ou à moi de faire tout un travail sur moi quant à la distance ?
    Merci


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    • L’auteur de ce site Le 10 mars 2017 à 12:51 , par Michel

      Bonjour, Catherine.

      Vous avez raison, il faut du temps. Et vous faites bien de suivre les conseils de votre entourage, il faut penser
      à vous.

      Sur le changement de maison de retraite, c’est toujours possible, en effet, et toujours délicat. Je ne sais pas s’il faut attendre ou non, il faut pour cela examiner la situation elle-même. Je me demanderais plutôt pourquoi vous voulez le faire. Je sais, vous me l’avez dit : elle est loin de vous. Mais paradoxalement il faut se demander si c’est une si mauvaise chose que ça. Votre mère est sur son chemin, qui n’est pas le vôtre ; il n’est pas si sûr que cela qu’elle ait besoin de visites fréquentes (que, et légitimement, vous en ayez envie, est un autre problème).

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 5 mars 2017 à 23:35 , par Carrier Catherine

    Bonsoir

    J’arrive par hasard sur ce site car je cherche du réconfort.
    J’ai dû faire hospitaliser ma mère qui est atteinte de démence sénile paranoïaque à l’HP. Elle ne voulait rien savoir auparavant :pas d’infirmière , auxiliaire de vie, aucune aide.
    J’ai essayé de faire ce que j’ai pu au mieux ou moins mal pendant 3 ans .Je l’ai mise sous tutelle, l’ai laissé chez elle car c’est ce qu’elle voulait.Petit à petit son état s’est dégradée, elle traversait la rue sans regarder, mangeait tout le temps, ne s’habillait plus, criait , se disputait avec sa mère DCD bien sûr .J’avais des appels des voisins car elle vivait la nuit , tapait dans les murs....Enfin nous avons trouvé une auxiliaire de vie qu’elle a accepté.Puis mon frère est venue vivre chez elle (mis à la porte de chez lui), cela a tout fait basculer.
    A l’HP, on m’a conseillé de mettre ma mère en EHPAD malgré le fait qu’elle ne veuille pas , elle a une anosognosie totale.
    C’est ce que j’ai fait , depuis mercredi dernier.J’y suis allée samedi et là l’ai trouvé avec tout les résidents sur une chaise et cela a été un choc terrible, pourtant je suis infirmière , mais j’ai l’impression de la trahir , de l’abandonner, d’autant que c’est à 60 kms de chez moi.Je me suis que je suis allée trop vite, j’ai eu peur de ne plus pouvoir supporter une sortie à domicile à nouveau ingérable.
    J’avais aussi trouvé une famille d’accueil agrée.Qu’en pensez vous ? Faut il que j’accepte l’irrémédiable ? Merci


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    • L’auteur de ce site Le 6 mars 2017 à 11:33 , par Michel

      Bonjour, Catherine.

      Vous avez raison : ce que vous cherchez c’est du réconfort.

      Car que pouviez-vous faire ?

      Diagnostiquer plus vite l’état de démence ? Oui, bien sûr. Mais on sait bien ce qu’il en est, et pourquoi on n’y parvient que très rarement. Et puis, ce qui est fait est fait.

      Voua avez assumé la situation pendant plusieurs années ; vous avez réussi à négocier l’arrivée d’intervenants. Je ne sais pas ce qui s’est passé ave votre frère, mais vous n’y pouviez rien. Vous avez pris une mesure de tutelle, c’est bien.

      Vous l’avez fait entrer en institution. Le moment sans doute était venu. Certes, elle ne veut pas ; mais j’ai dit ailleurs combien la loi est hypocrite sur ce point : elle prescrit en effet que c’est la personne protégée qui choisit son lieu de résidence, faisant mine d’oublier que si elle était en état de choisir son lieu de résidence elle n’aurait pas besoin d’être protégée.

      Et n’oubliez pas que son refus d’être prise en charge ne l’empêche pas d’y consentir en réalité. Son comportement agressif, son refus d’être aidée, tout cela témoigne au contraire du fait qu’elle essaie de réagir, et de masquer des défaillances qu’elle connaît mieux que personne. L’anosognosie du dément n’existe pas. Cela fait qu’au fond d’elle-même elle vous sait gré de ce que vous faites.

      Alors, au fond, la seule question qui reste est celle de l’accueil familial. C’est en effet une excellente idée, qu’il aurait fallu examiner. Mais voilà : l’EHPAD a été choisi, et il me semble difficile de revenir dessus, sans compter que les troubles du comportement ne seraient pas forcément faciles à gérer en accueil familial.

      Vous avez donc très bien fait tout ce qu’il fallait faire. D’où la pointe de malice avec laquelle je reçois votre question : Faut il que j’accepte l’irrémédiable ? Et… que voudriez-vous faire d’autre ?

      Ce qui vous arrive c’est que vous vous sentez coupable. Je comprends cela, mais rassurez-vous, ce sentiment fait partie du programme, voyez par exemple http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article107.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’auteur de ce site Le 6 mars 2017 à 21:00 , par Carrier Catherine

        Bonsoir

        Merci pour votre réponse réconfortante et rassurante en effet !
        Nous sommes aujourd’hui allés voir ma mère en famille :petits enfants , arrière petits enfants.
        Le personnel m’a , nous a rassuré. Maman est très propre , sent bon et il y a des petites animations matins et après midis.Elle était contente de nous voir même si elle a dit qu’elle serait mieux chez elle !
        Bien cordialement et merci pour ce forum....
        Catherine


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        • L’auteur de ce site Le 6 mars 2017 à 21:44 , par Michel

          Bonsoir, Catherine.

          Voilà. Tout est dit.

          Vous observez même quelque chose de très important : ces malades dépensent une énergie folle pour assurer comme ils peuvent leur quotidien et masquer leur défaillance. Quand ils entrent en maison de retraite, ils posent le sac. On trouve souvent qu’ils s’effondrent intellectuellement mais ce n’est pas le cas : ils se montrent seulement tels qu’ils sont. Par contre ils sont infiniment plus sereins. C’est ce que vous avez vu.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 14 décembre 2016 à 12:33 , par pascal

    bonjour je suis médecin généraliste du congo
    nous voulons nous lancer dans une organisation de prise en charge des personnes agées
    juste de vous un conseil vu que la gériatrie et les soins palliatifs sont un domaine qui est négligé


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    • L’auteur de ce site Le 14 décembre 2016 à 22:14 , par Michel

      Bonjour, Pascal.

      Je ne peux rien vous conseiller.

      Car vous habitez au Congo (lequel ?). Le pire que je pourrais faire serait de vous donner des repères qui valent pour la France, dans un univers économique, social, anthropologique, culturel qui n’a rien à voir. Je laisse de côté le fait qu’il n’y aurait pour vous aucune urgence à reproduire les erreurs que nous avons faites.

      Il nous faudrait donc trouver le moyen de réfléchir plus profondément. Je suppose que vous avez déjà un projet, dont nous pourrions parler. Vous trouverez une adresse mail de contact sur la page d’accueil. Mais même cela sera limité : je crois que la seule manière de vous dire quelque chose de pertinent serait que je vienne voir sur place, ce qui n’est pas forcément simple...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Aider personne qui refuse Le 22 juillet 2016 à 09:25 , par Poezie

    Bonjour, Suis confronté à une situation pour laquelle je ne trouve pas de solution ’acceptable’ ethiquement, socialement, et humainement parlant. Mon père, espèce d’original qui a toujours vécu plus ou moins hors société en autonomie sans confort ni commodités, approche ses 88 ans sans avoir vu un medecin depuis 70 ans.Il vivote dans une bicoque avec ses chiens au milieu ’un bois qui lui appartient, à 1000 km de chez moi. Un proche me reproche de ne pas m’en occuper. Il est vrai qu’il vit dans un état insalubre, selon nos critères modernes d’hygiène. Lorsque je passe le voir, son refus est catégorique : NON À L’EHPAD, Non au médecin, Non aus services soicaux, non à l’hygiène. ..Il veut bien qu’on vienne le voir mais on peut pas toucher un grain de poussière. Comment l’aider contre sa volonté ? Comment respecter ses droits et souhaits s’ils sont si différents des normes ? Je tourne en rond, culpabilise, et le regard des autres pèse aussi...suis accusé de non assistance à mon père. Comment le contraindre à se laver ? À changer de mode de vie ?


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    • Aider personne qui refuse Le 24 juillet 2016 à 08:40 , par Michel

      Bonjour, Poezie.

      Votre question est exemplaire.

      Je sais bien qu’en général elle ne se pose pas : Dans la réalité quand on approche ce type de personnes il est rare qu’on ne détecte pas une détérioration intellectuelle, ou une forme plus ou moins complète de ce qu’on appelle le "syndrome de Diogène" (même si je ne suis pas sûr que le fait d’avoir décrit ce syndrome nous rende beaucoup plus savants ni efficaces, mais c’est un autre sujet). Mais je sais aussi que c’est ce qui nous arrange : trouver une situation pathologique qui nous donne raison et nous autorise, voire nous impose, l’action qui va nous permettre de revenir à la norme.

      Le problème est bien là où vous le mettez : il y a des gens qui ne souhaitent pas suivre la norme sociale. La société se tire alors d’affaire en décrétant que ce sont des malades ; et elle le peut, puisque c’est elle qui définit ce qu’est une maladie. Elle peut donc parfaitement prétendre, et elle l’a fait, que l’homosexualité est une maladie ; ou que (les soviétiques l’ont fait) que la contestation de l’ordre relevait de la schizophrénie asymptomatique ; ou que si vous n’aimez pas la soupe à la citrouille c’est à cause de votre petite enfance.

      Et qu’en est-il de la liberté dans tout ça ?

      Sauf à prouver que votre père n’est plus en état de décider pour lui-même, il faut lui concéder le droit de vivre comme il l’entend. Il y a des risques ? Lesquels ? Pour qui ? Si ce sont des risques pour son entourage, je comprends qu’on intervienne. Si ce sont des risques pour lui, je lis bien qu’on craint que son mode de vie compromette sa longévité ; pardon, mais à l’âge auquel il est parvenu, je crois que ça se saurait.

      Et comme tout le monde est mal à l’aise, on dégaine l’argument ultime : c’est votre faute.

      On comprend aisément pourquoi : ce que notre société ne peut accepter c’est qu’il y ait des problèmes sans solution (exemple : s’il y a eu un massacre à Nice c’est forcément qu’il y a eu des négligences) ; au moins en vous culpabilisant on résout cette partie du problème : il y avait une solution mais vous ne l’avez pas mise en œuvre.

      Bref, vous avez probablement (cette réserve uniquement à cause du fait que je ne sais pas ce qu’il en est de son état intellectuel) raison de ne pas intervenir. D’ailleurs, juridiquement, vous n’avez aucun moyen de le faire. Le Maire peut prendre une mesure d’ordre public ; à condition qu’il y ait matière, mais c’est son problème et ça le force à prendre position. Ou alors vous ne pouvez intervenir qu’à la condition d’obtenir une mesure de tutelle, ce qui :
      - Aurait le mérite de démontrer si oui ou non votre père est en état de décider pour lui-même.
      - Aurait toute chance de casser votre relation.
      - Ferait courir le danger majeur, si on imposait à votre père une "normalisation" de sa situation, qu’il ne l’accepte pas et se laisse mourir d’une manière ou d’une autre.

      Je sais bien que disant cela je ne vous donne pas de solution. Mais, justement, ce que je dis c’est qu’il n’y en a pas, et que la seule chose à faire est de respecter sa liberté.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Question recherche association de tutelle Le 28 juin 2016 à 13:46 , par Fabien

    Bonjour Mr Cavey

    J’ai lu avec attention vos articles.

    Je viens de rencontrer un vieux monsieur sympathique de 92 ans dans un parc.

    Nous avons beaucoup discuté, en résumé il recherche une tutelle pour lui et sa femme :
    pouvez vous me conseiller une association "sérieuse" en île de France à lui communiquer ?

    je vous remercie pour lui
    Fabien


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    • Question recherche association de tutelle Le 28 juin 2016 à 20:15 , par Michel

      Bonsoir, Fabien.

      Sur le papier la réponse est très simple : il suffit de consulter http://www.fnat.fr/la_federation/associations_membres.html.

      Mais en pratique, et même si la personne protégée a son mot à dire dans la désignation du tuteur, cette désignation est prononcée par le Juge ; c’est donc avec lui qu’il faudra discuter.

      En second lieu, je crois qu’il vous faut être prudent, car la situation que vous venez de rencontrer est une rareté. Bien peu de gens demandent une mise sous tutelle, et on pourrait presque dire qu’une personne qui est capable de se rendre compte qu’elle a besoin d’être mise sous tutelle n’en a précisément pas besoin. Et la question qui se pose dans cette situation est de savoir pourquoi ces personnes font une telle demande : il faut qu’ils soient dans une solitude terrible ; ou, ce qui est encore pire, qu’ils sentent le besoin d’être protégés de leurs proches.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • question au sujet d’une escarre Le 16 mai 2016 à 19:18 , par Balland

    Bonjour Docteur,

    Puis-je vous appeler à l’aide ?mon mari qui est enfauteuil depuis 50 ans,il a 74 ans,n’a jamais fait d’escarre,car beaucoup d’hygiène,de sport de faire mille chosess"essayer d’être normal",et là,depuis 2 mois il a eu des phlyctènes
    pas
    de traitement,on ne sait pas d’où ça vient !et, une bulle sur la malléole=une escarre,ce qui nous contrarie beaucoup,d’autant que depuis le 16 avril,les infirmières qui viennent chaque jour,désinfectent nettoient ôtetn la fibrine !!Ceci ne nous convient pas !le médecin généraliste doit venir après demain,on aimerait stopper 1mois sans changement !!!
    ces nettoyages qui ne mènent à rien sinon,nous rendre bien malheureux !
    Nous avons vu une émission avec Michel Cimiez et là,le professeur Ollivier Laccouraye disait qu’il fallait laver l’escarre sécher et mettre du miel
    Revamil,mais le médecin ne voudra pas !Qu’en pensez vous ?
    c’est un appel au secours !!S’il vous était possible de nous guider,
    Merci Docteur de ce que vous pourriez éventuellement nous aider !
    Cordialement
    Nicole Balland


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    • question au sujet d’une escarre Le 17 mai 2016 à 20:43 , par Michel

      Bonjour, Nicole.

      Hélas, non, vous ne pouvez pas m’appeler à l’aide.

      Car on ne peut pas dire grand-chose sur une escarre qu’on n’a pas vue.

      Tout ce que je peux vous donner, c’est quelques idées en vrac.

      Il y a déjà une étrangeté : pourquoi cette escarre est-elle survenue ? Il y a tout de même une raison, et si je comprendrait très bien qu’on ne trouve pas cette raison il faut tout de même être sûr qu’on a bien cherché. Accessoirement il faudrait être certain qu’on parle bien d’une escarre, et il y a des pièges.

      Mais d’autre part votre mari est handicapé depuis longtemps. Le plus probable est qu’il bénéficie d’un suivi spécialisé. Que disent les professionnels ?

      Une fois cela dit, je me peux que vous répéter ce que j’ai écrit dans mes deux articles :
      - Une escarre évolue lentement. Vous me dites que cela fait deux mois que c’est commencé, il ne faut pas vous attendre à une guérison rapide ; le fait qu’elle ne se referme pas est donc tout à fait normal.
      - Ce qui fait le pronostic de l’escarre, ce n’est pas ce qu’on met dessus, c’est la guérison de sa cause quand elle existe, et l’amélioration de l’état général (notamment circulatoire et nutritionnel) quand c’est nécessaire. Je ne sais pas ce qui a été engagé sur ces points.

      Dans le cas général, moins on touche à une escarre mieux elle guérit. Or je vois que les soignants ont adopté une stratégie très agressive. Il faudrait donc avant tout savoir pourquoi.
      - L’escarre est désinfectée régulièrement. Il doit donc y avoir une difficulté particulière ; en effet une escarre est toujours le siège d’une prolifération bactérienne intense, et cette prolifération est bénéfique, car ce sont ces bactéries qui assurent le nettoyage de la plaie. Pour cette raison on n’aime pas désinfecter les escarres. Le problème ne se pose que quand on a affaire à un déséquilibre de cette flore bénéfique, et qu’il faut se débarrasser d’une bactérie prédominante et pathogène. Et dans ce cas, chaque fois qu’on le peut il faut mettre en place un traitement antibiotique par voie générale. Donc nous sommes devant une escarre très particulière, infectée d’une façon très particulière pour qu’il soit nécessaire d’appliquer un traitement anti-infectieux local.
      - Il en va de même du nettoyage de la fibrine. Personnellement je ne la retirais jamais, je laissais faire : les pansements modernes m’ont toujours résolu le problème. Mais il arrive que cela ne suffise pas. C’est toujours un inconvénient, car quand l’escarre commence à cicatriser elle le fait en engendrant une très fine et très fragile couche de cellules, qu’on décape régulièrement quand on essaie d’enlever la fibrine. On ne décape donc les escarres que quand on ne peut pas faire autrement.
      - La meilleure base de pansement est l’hydrocolloïde, qu’on applique sur l’escarre et qu’on laisse le plus longtemps possible.un hydrocolloïde qu’on est obligé de changer tous les jours est un hydrocolloïde qui ne marche pas ; dans ce cas il faut utiliser d’autres pansements, je ne détaille pas. Ce que je sais c’est que le fait que le pansement doive être refait tous les jours n’est pas une bonne nouvelle.

      Tout cela me fait penser que nous avons affaire à une situation très particulière.

      Je n’ai jamais eu besoin d’utiliser le miel : il y a beaucoup plus simple.

      Mais pour aller plus loin il faut voir la situation.Le site le plus complet est http://www.escarre-perse.com/escarres/. Mais vous y trouverez à peu près la même chose que ce que je vous dis : tous ceux qui connaissent la question disent la même chose...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • REFERENCEMENT SITE INTERNET Le 18 janvier 2016 à 17:17 , par basileu tatiana

    Bonjour

    Bravo pour votre site que j’ai trouvé passionnant. Moi même gériatre et web master du site du collège de gérontologie de la guadeloupe, j’ai cité votre site comme référence ici :

    http://cogegua.net/2016/01/18/pepites-du-web/

    ET la :

    http://cogegua.net/category/liens-utiles/

    Bien à vous ,
    Tatiana


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  • L’auteur de ce site Le 6 janvier 2016 à 11:44 , par lise-marie

    Cher Docteur Cavey,

    Je vous adresse mes remerciements pour votre réponse rapide et éclairante.

    Je vais suivre vos conseils.

    Bien à vous

    Lise-Marie


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  • L’auteur de ce site Le 2 janvier 2016 à 12:07 , par lise-marie

    Bonjour Docteur Cavey,

    J’ai 50ans, je suis médecin pneumologue hospitalière, fille unique, et j’accompagne actuellement maman qui , a 82 ans , quitte cette vie suite à un mélanome oculaire multi-métastasé. J’apprécie énormément vos écrits sur la fin de vie et l’accompagnement particulier à cette période. J’y trouve un réconfort certain et des conseils pratiques fort utiles.

    Je souhaite toutefois votre avis concernant l’attitude que je dois avoir avec mon père, 88 ans , diagnostiqué Alzheimer (je n’y crois pas vraiment vu la longue durée et le manque d’évolutivité des symptômes) il y a 14 ans.
    Il a toujours vécu avec maman et a toujours suivi les instructions de cette dernière à la lettre mais sans jamais prendre aucune initiative en 52 ans de mariage. Il ne sait pas cuisiner et oublie pas mal de chose. J’ai essayé plusieurs fois d’aborder avec lui l’état de santé de maman mais il change immédiatement de conversation, je n’ai donc pas insisté. J’imagine qu’il est dans le déni. J’ai pensé qu’il pourrait venir vivre avec nous ( mon mari et mes trois enfants sont d’accord), avec une aide que je prendrais à domicile puisque nous sommes absents en journée.
    D’un autre côté, il me semble que ne plus être dans sa maison ne sera pas nécessairement une bonne chose pour lui ; je précise que nous habitons à 130 km de chez mes parents.

    Qu’en pensez-vous ?

    D’ores et déjà je vous remercie pour l’humanité et l’attention à l’autre que révèlent vos textes, et je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux.

    Lise-Marie


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    • L’auteur de ce site Le 4 janvier 2016 à 22:30 , par Michel

      Bonsoir, Lise-Marie.

      Pas facile de vous donner un conseil : vous qui êtes sur place, vous en savez bien plus que moi. Je ne peux donc que vous parler d’un point de vue très général.

      Voyons d’abord le diagnostic. Je suis moi aussi un peu agacé de voir la maladie d’Alzheimer mise à toutes les sauces sans le moindre discernement. Et je fais partie des quelques dinosaures qui persistent à distinguer entre la maladie d’Alzheimer, qui frappe le sujet jeune, et la démence de type Alzheimer, qui atteint le sujet âgé. Or si la distinction est importante, c’est parce qu’elle conditionne assez largement le pronostic, et peut-être le traitement. Ici nous avons affaire à un trouble qui évolue depuis quinze ans, cela me fait beaucoup à moi aussi.

      Mais cela change-t-il les choses ? Je n’en suis pas sûr. D’abord parce que la démence de type Alzheimer est d’une extraordinaire fréquence à 88 ans, de sorte que si le diagnostic était faux il y a quinze ans, il devient le plus probable maintenant. Ensuite parce que la question qui vous est posée est celle de la dépendance de votre père, et que même si ses fonctions intellectuelles étaient normales il faudrait se demander s’il est en état d’assumer une vie seul.

      (Sur ce qu’il convient de faire à propos de l’état de votre mère, je crois que le mieux est en effet de ne pas insister, car l’explication se trouve très probablement dans le déni (les déments m’ont toujours paru très lucides sur les questions de vie et de mort.)

      Bref, en ce qui concerne la décision à prendre, je crois que vous voyez bien les inconvénients qu’il y a à sortir votre père d’une maison où il a ses habitudes. Mais il ne faut pas oublier qu’il a ses habitudes dans une vie conjugale fusionnelle, de sorte qu’il n’a pas nécessairement envie d’y vivre seul. D’autre part nous avons quelques raisons de redouter qu’il n’ait pas les moyens de le faire. Il est donc réaliste d’envisager une autre solution. Ce peut être de le prendre chez vous, en effet. Mais je vous recommanderais alors de refaire un bilan cognitif : la prise en charge au quotidien d’un malade dément est une lourde charge, et plus d’un couple s’y est brisé. Il sera donc prudent de disposer d’une solution de secours.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Influence du tutoiement Le 16 décembre 2015 à 19:27 , par Margot

    Bonjour,
    Je suis actuellement étudiante en 3ème année et je trouve votre article très intéressant. La question du tutoiement m’a beaucoup questionné durant ma pratique. J’ai compris l’ambivalence de l’utilisation du tutoiement (acte de soin ou simplement mal utilisé). Cependant je me demandais, en quoi il va influencer la relation soignant-soigné ? J’ai encore du mal à répondre à cette notion d’influence.

    Je vous remercie par avance,
    Margot


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    • Influence du tutoiement Le 17 décembre 2015 à 13:13 , par Michel

      Bonjour, Margot.

      C’est toute la question.

      Ce qui ne me va pas, c’est que dans la majorité des cas le tutoiement est la marque d’un positionnement irréfléchi. Une fois que le tutoiement a été décidé dans le cadre d’un projet de soins, il peut se faire qu’il reste inadéquat, mais au moins l’équipe s’est posé la question. Quand le tutoiement est resté à la fantaisie du soignant, le risque est grand que l’ensemble de la prise en charge soit inadapté. En somme ce n’est pas le tutoiement qui est dangereux, mais l’attitude générale du soignant. C’est d’ailleurs ainsi que les soignants se défendent : "Oh, mais ça ne change rien". Si, justement : le tutoiement ne change rien ; la familiarité qu’il implique change tout.

      J’ai ce souvenir terrible d’une démente que nous avons dû prendre en charge et qui était une ancienne collègue de l’équipe. J’étais d’avis que nous refusions de la prendre, mais l’équipe me l’a imposé. Du coup la situation était intenable : j’ai posé comme condition que nous ne la tutoyions pas, pour forcer à une prise de distance thérapeutique ; mais c’était dramatique parce que la patiente, elle, ne comprenait pas pourquoi elle n’était pas tutoyée. Nous nous en sommes sortis, mais réflexion faite je regrette ce refus de tutoiement.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 22 octobre 2015 à 11:58 , par martine perbet

    Michel

    Merci pour ce blog. On se sent un peu moins seul. J’ai l’expérience de beaucoup d’autres personnes qui s’expriment ici, j’ai mis ma mère en Ehpad pres de chez moi il y a 4 mois exactement (89 ans gir2). Ma mère est à un stade avancé de la maladie (memoire remise a zero toutes les minutes, désorientation spatio-temporelle, agnosie...) mais c’est une personne sociable, agréable (elle a conservé sa personnalité), elle est en bonne forme physique (elle marche, monte les escaliers), elle mange seule (avec un peu d’aide) et elle n’est pas incontinente. Le tout fait d’elle une personne à part dans l’Ehpad car les MA (je ne parle pas de ceux qui sont au cantou) y sont réduits à l’état de potiches.

    Dès son entrée j’ai eu le sentiment que le but de l’équipe soignante pilotée par la cadre-infirmiere était de ramener ma mère au statut MA lambda pour faciliter sa gestion. Le medecin referent de ma mere est celui de l’établissement, sa ligne de conduite est, me semble-t-il, de minimiser les risques strictement medicaux mais de rationner les prestations autres (orthophonie, kiné...). C’est ainsi que ma mere n’a pas eu droit au kine alors que lorsqu’elle était suivie en neuro à Lyon elle avait une prescription de 2 séances par semaine : pas besoin de se muscler puisque l’objectif est d’asseoir toute la journée 20 personnes dans 30 m2 ! De fait le confinement est le moyen de garde.

    Moyennant le fait que je viens voir ma mère tous les jours (ou une dame de compagnie) pour la promener, l’adaptation semblait se faire à peu pres correctement , mais se révele un autre probleme : la nuit ma mere se leve, fait ses besoins un peu partout dans sa chambre et souvent elle chute. Je n’arrive pas à comprendre ce que je peux légitimement attendre de l’établissement pour faire face à cette situation. Les solutions esquissées par l’établissement sont : somnifere (alors qu’elle est actuellement en hypotension statique) et grenouillere integrale (alors qu’elle est continente). Il y a (en théorie) trois rondes de nuit, est-il vraiment anormal de demander à ce qu’elle soit aidée à aller sur les toilettes pendant ces rondes ? Bon, merci de votre aide !

    Martine


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    • L’auteur de ce site Le 23 octobre 2015 à 21:43 , par Michel

      Bonsoir, Martine.

      Votre récit est caractéristique. Malheureusement.

      Ce que vous pointez est un mécanisme très important, et dont on méconnaît la puissance. C’est que la médecine est tout entière basée sur des statistiques : c’est à force de regarder des malades présentant des symptômes que nous avons appris à les classer, à émettre l’hypothèse de maladies qui en seraient la cause, et à prédire les évolutions ou les traitements. Sans cet effort de classification, la médecine ne peut rien. Et du coup il arrive que, non contents d’essayer de faire rentrer les maladies dans des cases, nous essayions d’y faire rentrer les malades.

      Cet effort de classification est aussi un excellent remède contre l’angoisse, car si nous ne pouvons rien faire dans telle ou telle situation, c’est déjà une consolation que de pouvoir la prédire. Rien n’est plus dérangeant que le malade qui ne rentre pas dans les clous.

      Et il est également indispensable pour planifier le travail : puisque la productivité est devenue un élément essentiel (inadmissible ? Oui, sans doute ; pas entièrement toutefois) du travail des soignants, il vaut mieux que le boulon qu’on doit serrer en temps limité ne soit pas trop rétif.

      Tout cela concourt à une standardisation du soin, mais aussi du malade. Source féconde de maltraitances en tous genre.

      Ceci expliqué, que dire, et que faire ?

      Sur les séances de kiné, franchement on peut les oublier : ce ne sont pas deux séances par semaine qui vont lui faire quoi que ce soit. Il faut beaucoup plus, et pour cela il faut un projet. Je doute que ce soit pertinent. De même l’orthophonie, dont je ne vois pas trop l’utilité à un stade évolué de la maladie.

      Mais la question essentielle est celle de la continence nocturne. Vous avez totalement raison : il faut absolument préserver cette continence, et cela implique que l’équipe de nuit puisse s’organiser pour conduire votre mère aux toilettes quand c’est nécessaire. A condition que ses levers ne soient pas trop anarchiques, car on ne peut pas demander à l’équipe de multiplier les passages, et il n’est pas très sain de réveiller une malade pour la conduire aux toilettes. Il faut donc négocier un plan d’action.

      L’ennui, c’est que si j’ai bien compris vous avez essayé et que vous vous êtes heurtée à un refus. Je n’hésite pas à considérer que cette situation est une maltraitance, malheureusement bien ordinaire. A moins que les choses ne soient beaucoup plus compliquées que vous ne pensez, et qu’il y ait une réelle difficulté à mettre en place cette stratégie de bon sens. Vous ne pouvez le savoir qu’en décidant de passer une ou deux nuits avec elle ; je ne sais pas si c’est possible, mais cela vous permettra d’en avoir le coeur net et de montrer à l’équipe que vous savez payer de votre personne.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 23 mai 2015 à 00:18 , par Armelle

    Bonjour Michel
    des nouvelles de ma mère : 2 mois dans son ehpad et un effondrement de sa santé : en 10 jours elle ne marchait plus et ne mangeait plus seule : un syndrome parkinsonien. J’ai réussi sans l’aide des soignants de l’ehpad qui ne reagissaient pas a la faire hospitaliser dans une clinique gerontopsychiatrique.Le diagnostic n’est pas établi. Les médecins pensaient à une iatrogène due à l’antipsychotique. Puis aujourd’hui avec ldopa son état s’est amélioré. Ils sont toutefois dubitatif sur un parkinson fulgurant ( 15 jours de dégradation). Irm négatif en attente de datscan.Elle est toujours dépressive et anxieuse : elle est sous norset.. Elle va mieux : elle remarche..qu’en pensez vous ?


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    • L’auteur de ce site Le 24 mai 2015 à 18:16 , par Michel

      Bonsoir, Armelle.

      Ce que j’en pense ?

      Rien, hélas. Vous m’emmenez dans des zones où il faut avoir vu la malade pour en dire quoi que ce soit.

      D’un simple point de vue théorique il est certain qu’un Parkinson réent et brutal fait surtout penser à un accident médicamenteux. Et le Norset n’est pas le dernier coupable potentiel. mais c’est une excellent médicament, et je comprendrais très bien qu’on ne veuille pas y renoncer. Ne reste plus alors qu’à ajouter de la L-dopa.

      Attendons.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 15 mars 2015 à 19:42 , par Armelle

    Cher Michel,
    Ma mère est rentrée en Ehpad près de chez moi depuis 1 mois.j’ai organisé son installation : ma visite tous les jours durant 3 semaines. Et maintenant je passe 2 fois par semaine. J’étais épuisée après ces 3 semaines de ses injonctions et plaintes diverses. Je n’étais pas " préparée" aux décalages entre le discours commercial de l’ephad et la réalité. A leur défense, l’ehap vient d’ouvrir et les équipes ne sont pas encore entièrement constituées... Il n’empêche que ma mère n’est toujours pas évaluée alors que la facture m’informe d’un Gir2...enfin un médecin traitant qui est venu au bout de 3 semaines. Je ne souhaite pas intervenir dans son suivi mais je veux juste une chose qu’elle voit un psychiatre, car elle est très déprimée (?)... Et est opposante à tout... Aujourd’hui, une chute, hier, elle était "aveugle" ,avant hier ,il lui fallait un podologue.. Elle réclame des médecins tous les jours. Le médecin coordinateur qui n’est présent qu’une heure pas semaine me semble bien "cool". je souhaite que l’on reevalue son traitement psychiatrique : c’est primordiale pour moi, car j’aurais la conscience tranquille d’avoir été au bout du bout..
    Merci Michel de m’éclairer, je me sens bien seule.
    Armelle


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    • L’auteur de ce site Le 16 mars 2015 à 19:02 , par Michel

      Bonsoir, Armelle.

      Je crois que vous avez pris de bonnes décisions.

      Mais je continue à penser que votre rôle doit rester limité. Visiblement votre mère développe toute une série de symptômes qui ne sont qu’une manière de dire sa difficulté à s’adapter à la situation. C’est difficile, pour elle comme pour vous, mais vous n’y pouvez rien ; et s’il y a un médecin qui semble décidé à prendre les choses en mains, il vaut mieux le laisser faire.

      Vous avez, je crois, deux points à surveiller.

      Le premier est la qualité de la prise en charge dans l’EHPAD. Il faut leur accorder crédit et accepter qu’ils mettent du temps à s’organiser. Mais les EHPAD, surtout dans le privé, sont des entreprises commerciales, leurs difficultés d’organisation sont les leurs, et la patience doit avoir des limites. S’il ne s’agit que du retard à l’évaluer, c’est peu important ; mais gare au reste.

      Le second est votre désir de voir un psychiatre entrer dans le jeu. C’est en effet une bonne question, et si je comprends qu’un médecin traitant préfère s’en passez il faudra qu’il montre que sa prise en charge justifie cette réticence. Sinon il vaut la peine de le questionner sur ce point.

      Courage !

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 15 février 2015 à 16:04 , par Armelle

    Cher Michel,
    je tiens à vous informer de l’évolution de la santé de ma mère : je suis parvenue à lui faire admettre d’être placé en ephad près de chez moi en île de France. Elle est très opposante, comme toujours, ne souhaitant que déjouer les décisions médicales et les miennes... J’avais qu’une peur : qu’elle ne se "fabrique " une nouvelle pathologie ... Ce qu’elle a fait, finalement, puisque refusant de mettre son corset qui la faisait, disait-elle " atrocement souffrir", les équipes médicales du Ssr ont abandonné. La visite de contrôle de son neuro-chirurgien a conclu a une aggravation du tassement de sa vertèbre opérée et prescrivant le port de ce fameux corset. Elle arrive en ehpad avec des prescriptions médicales a mettre en place : je suis un peu débordée : cardiologue pour son traitement de son embolie pulmonaire, réévaluation de son traitement psychiatrique, de son traitement de l’ostéoporose et rhumatologique...la responsabilité qui m’incombe est lourde, comme si je devais réussir la ou les médecins ont échoué. A votre avis, existe il un réseau en île de France qui peux m’aider a coordonner sa prise en charge ?


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    • L’auteur de ce site Le 15 février 2015 à 22:53 , par Michel

      Bonsoir, Armelle.

      Et si vous décidiez... de ne pas vous en mêler du tout ?

      Je m’explique.

      Les enjeux médicaux ne sont pas aussi importants que vous le pensez.
      - A moins qu’il n’y ait eu de gros dégâts, le cardiologue n’est nullement nécessaire pour suivre une embolie pulmonaire.
      - Je n’ai jamais cru une seconde qu’on puisse, avec tous les traitements de la Création, reconstituer du capital osseux à une vieille dame qui a déjà fait un tassement vertébral. Il faut donc me prouver qu’on a besoin d’un rhumatologue.
      - Reste le psy.

      Vous êtes par définition la plus mal placée pour gérer ces difficultés, parce que les implications affectives sont trop fortes, pour vous mais aussi pour votre mère.

      En d’autres termes il y a trois intervenants pertinents :
      - Le médecin traitant s’il existe ; sinon il faut envisager d’en choisir un.
      - Le médecin coordinateur de l’EHPAD.
      - Le gériatre de l’hôpital le plus proche.

      Il y a peu à attendre des réseaux parce que rares sont ceux qui interviennent en EHPAD, mais aussi parce que ce n’est pas vraiment une problématique de réseau. Le meilleur endroit pour vous renseigner est http://www.fregif.org/.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’auteur de ce site Le 15 février 2015 à 23:13 , par Armelle

        Bonsoir Michel,
        Et bien sur vous avez ( encore) raison ! Je me suis laissée influencer par le médecin du Ssr qui souhaite ( pourquoi ?) la voir se rétablir et m’a listé les rendez-vous médicaux qu’il fallait organiser. Évidemment,je suis facile à convaincre : si elle portait son corset elle redeviendrait comme avant : autonome et vivant chez elle. Je pense que la piste à suivre, c’est la prise en charge psychiatrique.
        bien à vous
        Armelle


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        • L’auteur de ce site Le 16 février 2015 à 09:03 , par Michel

          Bonjour, Armelle.

          Oui, en gros, c’est cela.

          Je dis : en gros, parce que s’il fallait aller dans les détails ce serait sans doute un peu plus compliqué.

          Mais cette histoire de corset est extraordinaire :
          - Le médecin du SSR dit que si votre mère portait un corset tout irait bien. Donc que son travail est terminé.
          - Et que si la malade ne va pas mieux c’est sa faute.
          - Et que si vous ne parvenez pas à la persuader c’est votre faute.

          Réaction typique de désarroi. Je ne le critique pas, ça m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour.

          Un corset, c’est d’abord quelque chose de très inconfortable. C’est ensuite quelque chose qui, comme la canne ou le sonotone, met en scène que la dégradation est irréversible.

          C’est pourquoi il ne faut pas vous en mêler. Il faut un professionnel pour décider ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Et vous, si vous entrez en jeu, vous allez être la proie de tous les sacs de nœuds affectifs de cette histoire, et Dieu sait s’il y en a.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 21 novembre 2014 à 13:13 , par Anne

    Bonjour Michel,

    je viens de découvrir votre site et je suis très touchée de trouver dans son contenu (je n’ai lu que quelques articles pour le moment) un écho familier. C’est un peu comme si je rencontrais la mise en mots claire et distanciée de mon expérience intérieure . Je suis psychologue et formatrice, les hasards de la vie et mes propres choix m’ont amenés à exercer principalement auprès de personnes âgées, (souffrant ou non de démence : service de gérontopsychiatrie, EHPAD, "unités Alzheimer", interventions diverses via France Alzheimer...). Votre regard, posé et mesuré, me redonne envie de réfléchir, moi qui en avait abandonné l’idée ! Il est vrai que je m’étais laissée aller à "l’à quoi bonisme" à force de me cogner la tête aux murs de verre institutionnels, ceux qui empêchent d’avancer sans être clairement visibles. Merci de partager vos réflexions et d’alimenter un débat ouvert avec rigueur et honnêteté. Au plaisir de vous lire.


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    • L’auteur de ce site Le 22 novembre 2014 à 09:21 , par Michel

      Bonjour, Anne.

      Au vrai je n’ai qu’une chose à dire : venez.

      Voici quelques mois, je projetais de fermer ce site. Je suis maintenant retraité, je crois qu’il est bon que les retraités se taisent quand ils ne sont plus en prise avec le terrain. De surcroît j’ai d’autres investissements qui n’ont rien à voir, et je n’aime pas passer trop de temps sur Internet.

      Ce qui m’a fait renoncer à renoncer, c’est l’explosion du trafic et l’importance de ce qui se joue sur les forums. Je pense d’ailleurs qu’une des choses à explorer serait celle-ci : que signifie ce qui s’y échange ? S’agit-il, au moins parfois, d’une forme de soutien psychologique ? Si oui, n’est-ce pas un risque inconsidéré ? Et à quelles conditions est-il légitime de m’y hasarder ? etc.

      Toujours est-il que si vous avez envie de de trouver une place dans la construction de ce site, je trouverais cela passionnant. Mes idées, ce sont mes idées, certaines sont plutôt pas mal, mais enfin il ne faut pas s’illusionner. Si par contre il était possible de créer un espace collaboratif où tous les déjantés de notre acabit pourraient échanger leurs neurones, cela prendrait une autre tournure.

      Si vous avez de l ’écrit, envoyez m’en. Si je sens que nous visons des choses compatibles...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Relancer la diffusion du livre " l’euthanasie " Le 6 novembre 2014 à 13:04 , par Doucet

    Bonjour,
    Bien d’accord avec votre dévelopement sur la G P A ; - Merci -

    Autre chose ;
    Il faudrait sortir ce livre "l’euthanasie " des tiroirs de l’Harmattan et le faire revenir dans les rayons des principales librairies .
    - inadmissible de devoir attendre plusieurs semaines pour se le procurer ( selon la F N A C paris les Halles ce
    mois de juillet ) -.
    Le sujet est toujours d’actualité et il est préférable de savoir de quoi l’on parle , ce livre très "éclairant" sur la complexité du problème pose les vraies questions . Il serait opportun,à mon avis, de le diffuser largement - voir même en livre de poche- comme le fait Christophe André en général 2 ans après la sortie d’un ouvrage . Au risque d’y ajouter un additif résumant les modifications de la loi 2005 ,et peut-être une interview de relance dans un hebdomadaire ....

    Pardonnez-moi si je m’éloigne du réalisable je n’ai aucune idée de ce que cela représenterai en investissement temps ,finances, implication personnelle etc...
    J’insiste cependant ; dommage de laisser végéter et s’éteindre un tel labeur dans le contexe actuel .

    A vous de voir !
    Michelle Doucet


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    • Relancer la diffusion du livre " l’euthanasie " Le 9 novembre 2014 à 21:17 , par Michel

      Bonsoir, Michelle, et merci de votre confiance.

      Malheureusement, il est très difficile de ressortir un livre quand sa première diffusion a été trop confidentielle.

      Peut-être cela est-il moins grave que vous ne pensez. Mon objectif en l’écrivant était de montrer qu’en dépit de ce qu’on nous met en scène la problématique de l’euthanasie est quelque chose de simple, toutes les complications relevant de l’argutie bien plus que de la réalité. Mais je ne suis pas sûr que ce soit entendable. Pour le reste, mais c’était l’obligatoire rançon de ce qui précède, les analyses ne sont pas assez approfondies.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • rester alité ou pas ?...... Le 5 novembre 2014 à 15:41 , par LAPOINTE PATRICK

    Bonjour DOCTEUR ,

    Mon épouse( 63 ans ) est polyhandicapée , vit en institution( MAS )depuis 7 années et souffre d une dégénérescence du cervelet...mais conserve la faculté de reconnaissance des personnes....et une relative bonne relation avec les soignants !

    Elle souffre d un escarre fessier( qui ne guérit pas ) depuis maintenant décembre 2013 date de son opération.

    Je suis inquiet car le médecin ( qui est nouveau dans le service) a décidé ( depuis un mois ) de maintenir mon épouse au lit en permanence ( hormis mes 2 visites hebdomadaires ) !

    J’ aurai souhaité profité de votre expérience afin d avoir votre avis médical sur l ’équilibre de vouloir guérir cet escarre en la maintenant alité et priver ma femme de toute relation sociale...ou de choisir une autre solution en insistant auprès du médecin qui semble lui meme douter de l efficacité de cette décision !

    Auparavant, mon epouse etait levée tous les jours et participée aux differentes animations poctuelles et je crains qu elle ne devienne complétement grabataire !

    Merci pour votre aide.

    Bien a vous

    P.L


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    • rester alité ou pas ?...... Le 6 novembre 2014 à 23:00 , par Michel

      Bonsoir, Patrick.

      J’hésite à vous répondre, car il manque beaucoup d’éléments, le plus important étant l’âge de votre épouse. Si elle est en MAS il est probable qu’il s’agit de quelqu’un de jeune, et la prise en charge des malades jeunes a des particularités sur lesquelles je ne suis pas très compétent.

      Cette réserve faite, il y a des points qui me semblent assez probables.

      Le premier est qu’une escarre qui ne guérit pas au bout d’un an n’a aucune raison de le faire plus tard. Soit donc elle est mal prise en charge (cela se produit, mais ce n’est tout de même pas le plus probable), soit elle ne guérira pas parce qu’elle est trop avancée chez une malade trop précaire.

      Le second est que si le médecin veut la maintenir au lit, ce n’est certainement pas pour améliorer l’escarre. A moins qu’il ne considère, ce qui ne serait pas faux, que la mise au fauteuil n’est pas favorable à la guérison des escarres sacrées, et qu’il ait investi dans un lit pourvu d’un matelas anti-escarres de dernière génération. Si donc il tient à ce qu’elle reste couchée, c’est pour une autre raison, et il faut lui demander quelle elle est. Ne connaissant pas la situation je ne peux pas faire d’hypothèse sur ce point.

      Mais vous avez raison de souligner tous les inconvénients de ce maintien au lit, qui donc ne se justifie que s’il est strictement indispensable. Et le risque est majeur, en effet, de en plus pouvoir la relever.

      SI l’enjeu est la fermeture de l’escarre, il est capital que soient pris en compte au moins les trois points suivants :
      - Quelle stratégie nutritionnelle a-t-on mise en place.
      - Quelles décisions a-t-on prises sur la continence (Je suis très opposé aux sondes urinaires) ?
      - A-t-on envisagé de traiter l’escarre par le système VAC ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Ethique- Morale - Déontologie Le 3 novembre 2014 à 22:13 , par Doucet

    Bonsoir,
    Malgré votre chapitre dans " l’Euthananasie ", je m’embrouille encore avec ces trois valeurs .
    Peut-être pourrez-vous clarifier à partir de l’exemple de la G P A que je vais modifier dans un 2ème temps pour la circonstance :
    1° La G P A est du ressort de l’éthique, non de la morale puisqu’il n’y a pas de dommage causé .Le contrat est clair,la mère porteuse rend un service, la mère adoptive apporte une rétribution, il n’y a pas de préjudice .
    Est-ce bien cela qu’il faut comprendre ?

    2° Si j’ajoute un 3ème élément : le nouveau-né qui subit le traumatisme d’un abandon programmé depuis sa conception. Il y a pour lui préjudice , il devra se construire sur la base de ce handicap qu’est l’abandon .
    Pourrait-on dire alors que la G P A relève de la morale ?

    3° Dans l’un et l’autre cas ( l’un ou l’autre ) , le professionnel qui interviendrait dans cette ..." transaction "
    rencontrerait-il un problème déontologique ?

    Merci de votre éclairage .

    Michelle Doucet


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    • Ethique- Morale - Déontologie Le 4 novembre 2014 à 22:29 , par Michel

      Bonsoir, Michelle.

      Oui, je crois que vous voyez bien ce que je veux dire.

      Mais il ne faut pas méconnaître que les choses sont probablement beaucoup plus complexes. Il faut noter :
      - En premier lieu, que cette distinction que je fais entre éthique et morale n’est pas, c’est le moins qu’on puisse dire, universellement acceptée.
      - En second lieu, que je n’en suis pas dupe moi-même : c’est artificiellement que j’ai grossi la différence entre éthique et morale ; c’est que je reste fasciné par cet exemple de l’ami qui refuse de lancer le bracelet à la mer.
      - En troisième lieu qu’il n’est pas du tout certain qu’il existe des actes de la même nature que ce cas d’école.

      Tout cela dit, il faut encore agir avec prudence. Vous écrivez :

      1° La GPA est du ressort de l’éthique, non de la morale puisqu’il n’y a pas de dommage causé .Le contrat est clair,la mère porteuse rend un service, la mère adoptive apporte une rétribution, il n’y a pas de préjudice.
      Est-ce bien cela qu’il faut comprendre ?

      Oui, si on se limite à cet aspect. Entre les contractants il n’y a pas de dommage causé, donc pas de faute morale au sens où je l’entends. Par contre il y a un problème éthique : que signifie le fait de payer pour un enfant ? J’ajoute que ce problème n’est pas forcément insurmontable.

      Mais il y a deux problèmes qui me semblent moraux :
      - On ne peut pas faire comme si on ignorait qu’un nombre significatif de mères porteuses accepte ce job parce qu’elles en ont absolument besoin. Rien ne m’horripile plus que ces beaux esprits (au nombre desquels on trouve étrangement des femmes) qui défendent la prostitution sous le prétexte que certaines prostituées pratiquent cette activité en toute liberté et par un choix personnel assumé ; comme si le problème n’était pas qu’il s’agit là d’un infime minorité.
      - Mais surtout, comme vous l’écrivez plus loin, parce qu’il y a un enfant, et que les conséquences de la GPA sur cet enfant sont traitées par dessus la jambe. Je trouve révoltant de constater que ce sont les mêmes qui nous submergent de ces calembredaines sur l’enfant avec qui on peut communiquer in utero, à qui on fait écouter du Mozart parce que c’est bon pour son développement cérébral, j’en connais même qui lui parlent anglais pour qu’il ait de l’avance en maternelle, et qui nous assurent sans broncher que, mais non, mais non, changer de mère c’est pas un problème. Moi, je n’ai pas d’idée là-dessus, mais ce que je sais c’est qu’on ne peut pas dire tout et son contraire. Du coup la GPA pose un problème moral vis-à-vis, non des adultes, mais des enfants. Et elle relève de la morale.

      La déontologie, c’est beaucoup plus compliqué parce que c’est un mot fourre-tout, et en somme assez mal défini. Pour simplifier, je dirais qu’un problème est déontologique quand il n’est ni d’ordre moral ni d’ordre éthique. Ici le médecin qui se prêterait à une GPA commettrait une faute morale parce que la GPA est un faute morale. Ce n’est donc pas une affaire de déontologie.

      Le secret professionnel des médecins est le plus souvent un problème déontologique :
      - Si je vais raconter dans la presse que tel ou tel de mes patients a telle ou telle maladie alors que je sais que ce patient ne veut pas que cela se sache, c’est une faute morale.
      - Si je fais la même chose à un patient décédé (et qui n’a plus de famille), c’est une faute éthique (cas du bracelet jeté à la mer).
      - Mais si je fais la même chose alors que mon patient est d’accord, il n’y a ni faute morale ni faute éthique. Mais il y a une faute déontologique parce que le secret professionnel est pour le médecin un tabou et qu’en aucune circonstance je ne suis autorisé à la violer.
      Encore est-ce très partiel, car on pourrait me rétorquer que dans ces conditions le respect absolu du secret a une valeur d’ordre éthique...

      Bien à vous,


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  • besoin de conseils Le 18 octobre 2013 à 12:02 , par delplanque brigitte

    Bonjour docteur,
    Je suis actuellement infirmière dans un lycée, mais j’ai travaillé en libérale pendant 15 ans, essentiellement avec des personnes agées dont la plus part finissaient leur vie à domicile et beaucoup d’autres, dans des "mouroirs" qui n’étaient pas dignes de porter le nom de "maison de retraite". Pendant toutes ces années j’ai accompagné ces personnes jusqu’au bout, leur apportant un peu de présence, de réconfort et beaucoup de soins de nursing et médicaux. Avec le recul je me dis qu’il fallait beaucoup de patience et d’amour pour affronter tout ça. J’avoue que ces moments me donnaient autant de plaisir et de joie qu’à toutes ces personnes âgées, voir plus, car beaucoup étaient grabataires et souvent en fin de vie, donc guère capables de se rendre compte du travail accompli. Mais moi de les voir propres et soignées, j’avais l’impression d’avoir accompli autre chose qu’un "gagne pain". Je viens de lire vos réponses à tous ces témoignages et j’avoue que j’ai versé quelques larmes en vous lisant. C’est tellement rare de nos jours d’avoir de la sincérité, de trouver quelqu’un qui saura dire les mots justes pour réconforter les proches et les rassurer. C’est quelque chose qui est très rare dans le milieu médical. La médecine fait des progrès question humanité, c’est vrai, mais la sincèrité dans les mots y est bien souvent absente. Je tenais à vous l’exprimer. Aujourd’hui, c’est mon tour, je me retrouve en face d’un syndrôme de glissement qui concerne maman âgée de 83 ans et qui n’a aucun problème de santé physique, responsable de cet état si ce n’est une HTA et une hyperthyroïdie mal traitées depuis des années qui s’est transformée en hypothyroïdie. Mais elle souffre de surdité profonde qui n’est plus appareillable ( on communique avec une ardoise depuis des années ) et de DMLA qui l’oblige à lire les grosses lettres avec des loupes puissantes. Progressivement elle s’est renfermée dans une "bulle", tout en étant quand même très active, dynamique, toujours à l’écoute des autres, portant jean’s et hauts talons ! En l’espace de quelques jours et suite à notre départ en vacances ma soeur et moi en août, elle s’est laissée aller, ne se levait plus, ne se lavait plus, ne parlait plus que par chuchotements de quelques mots inaudibles, cramponnée à un crucifix et à une statuette d’eau bénite à réciter des prières, pour calmer des douleurs abdominales insupportables selon elle. Scanners, IRM, coloscopie, échographie, tout a été fait et elle n’a rien. Mais elle a fini par faire une phlébite et aujourd’hui se retrouve à l’hopital dans un service de gériatrie avec des grabataires. Elle refuse de nous parler, ne mange plus, jette la nourriture dans les toilettes, a perdu 15 kgs, ne dit pas bonjour, reste les yeux dans le vague, toujours cramponnée à cette statuette comme à une "maman sécurisante", cachée derrière de grosses lunettes noires pour ne plus rien "voir" d’un passé émotionnel trop lourd à supporter. Elle n’exprime aucun sentiment, aucun désir, si ce n’est celui de partir au paradis. J’ai beau lui dire que c’est son ventre qui parle pour exprimer ses émotions, rien n’y fait. Et à cet âge un suivi psychologique risque fort de ne rien lui apporter vu ses problèmes de vision et d’audition, mais elle est toutefois sous antidépresseur. Quoi faire pour la sortir de cet état ? Quelle position faut il adopter ? Nous ne rentrons pas dans son "jeu", au contraire on aurait plûtôt tendance à la stimuler, pour l’obliger à quitter ce lit. Mais c’est peine perdue. L’équipe de soins s’occupe bien d’elle, mais depuis 1 mois elle n’a toujours pas rencontré de psychologue et c’est une stimulation 24h sur 24 qu’il lui faudrait. Faut il la faire rentrer à la maison, nous ne savons plus quoi faire. Moi qui ai vécu tout cela pendant des années en travaillant, pour ma propre mère, je suis perdue et complètement inefficace. Merci pour votre aide. Brigitte


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    • besoin de conseils Le 3 novembre 2013 à 19:18 , par Michel

      Bonjour, Brigitte.

      Je me sens très démuni pour vous répondre, car la situation que vous racontez est une des plus difficiles qui soient.

      Je noterai tout d’abord le renfermement progressif de votre mère sur elle-même. Cela me fait penser à des états relativement classiques Par exemple on sait que chez les personnes âgées présentant un déficit visuel on peut voir survenir des hallucinations, qui sont décrites sous le nom de syndrome de Charles Bonnet, et qui entraînent souvent des troubles du comportement parce que le malade tout simplement n’ose pas en parler. Mais plus simplement le fait de ne plus pouvoir accéder au monde extérieur conduit aisément à s’en désintéresser. Ce qui est étrange c’est que votre mère ait tout de même continué d’apporter tant de soin à son apparence extérieure il y a une sorte de contradiction entre ce que vous écrivez : elle s’est renfermée dans une "bulle", et dans la même phrase : toujours à l’écoute des autres, qu’il faudrait explorer. Évidemment on pense à un déni, mais il faut se farder d’une psychologisation trop simpliste.

      Quand vous êtes parties en vacances (il le fallait bien) quelque chose s’est passé. N’allez pas culpabiliser trop vite : si les choses se sont passées ainsi, c’est que la crise menaçait. Toujours est-il qu’elle s’est réfugiée dans une rechercher religieuse ; cela lui ressemblait-il ? Vous n’en parlez pas, il faudrait voir cela de plus près : une chose est de se mettre à prier parce qu’on l’a toujours fait, une autre est de s’y mettre de manière complètement inopinée, ce qui pourrait correspondre à un délire méconnu.

      Toujours est-il qu’elle a parlé de douleurs, et qu’on l’a explorée. C’est important, car pour qu’on ait pu le faire il faut qu’elle ait été d’accord, ce qui suppose un minimum de désir de vivre. Par contre il ne faut pas conclure : elle n’a rien ; car elle a mal, et la question est de savoir comment on calme cette douleur ; il y a des douleurs psychogènes, mais outre que cela reste à démontrer, ce sont des douleurs. Restons donc à dire : on n’a rien trouvé.

      Maintenant la scène change, et nous avons des troubles de l’alimentation :
      - Parce que manger lui fait mal ?
      - Parce qu’elle présente un délire d’empoisonnement ?
      - Parce qu’il y a un traitement qui lui ôte l’appétit ?
      - Parce qu’elle présente une pathologie anorexiante méconnue ?
      - Parce qu’elle ne veut plus vivre ?
      - Parce qu’elle ne veut plus vivre à cause de ces douleurs ?
      Et le problème est effectivement urgent, à cause de l’amaigrissement.

      Une fois éliminées les questions liées à un trouble médicamenteux et à une pathologie physique, alors je me demande si le premier intervenant à trouver, plus que la psychologue, n’est pas le psychiatre. Il faut éliminer un délire, une dépression, et bien sûr une forme méconnue de démence de type Alzheimer, qui reste l’une des hypothèses les plus fréquentes.

      Dans l’attente, je ne crois pas que vous parviendrez à quoi que ce soit en la stimulant : c’est ce qu’elle ne veut pas. Et il est toujours très difficile de trouver le bon positionnement : il faut arriver à lui faire entendre que vous êtes là, que vous l’accompagnez, que vous n’êtes pas d’accord avec son refus de continuer mais qu’en aucun cas vous ne l’abandonnerez : face au malade qui ne veut pas manger, on ne peut ni le forcer ni s’en désintéresser ; il existe une voie étroite qui permet de dire que vous aimeriez beaucoup qu’elle mange mais que si c’est son choix vous ne pouvez que l’accepter. C’est très difficile. Tout comme est difficile de se garder de deux dangers : - - La révolte qui vous pousse à dire : "elle n’a rien", alors que vous savez mieux que quiconque qu’il faut bien que votre mère ait quelque chose pour se rendre ainsi méconnaissable.
      - La culpabilité qui vous pousse à vous dire inefficace alors que je me demande qui ferait mieux que vous.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 7 août 2013 à 12:57 , par Domi

    Bonjour,
    Je viens de découvrir votre site avec énormément d’intérêt ; merci de consacrer une partie de votre temps à partager.

    Ma mère est dans un EHPAD et actuellement je rencontre des soucis avec son médecin qui ne veut pas communiquer avec moi - depuis des années.
    Je n’habite pas sur place ce qui rend les choses encore plus difficiles.

    J’ai lu l’article sur la tutelle et les majeurs à protéger -> et je me retrouve dans une situation inverse = je suis la tutrice de ma mère (pour la protéger justement) et c’est son médecin qui me semble abusif, par la négligence qu’il lui accorde ou les soins inadaptés (pls fois certains médecins urgentistes qui étaient totalement neutres, mais avaient les traitements en cours sous les yeux me l’ont confirmé)
    => une question : j’aimerai donc protéger ma mère de ce médecin abusif et en changer mais je ne sais pas comment m’y prendre ?!!

    Si vous avez des éclairages sur le sujet, vs qui êtes gériatre, c’est avec plaisir que je les lirai !
    Mille mercis d’avance


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    • L’auteur de ce site Le 18 août 2013 à 19:44 , par Michel

      Bonjour, Dominique.

      Pour une fois, la réponse à votre question me semble très simple.

      Vous êtes tutrice ; la nouvelle loi a enfin pris clairement position sur la question tutelle aux biens/tutelle aux personnes. A mon sens la seule lecture possible de cette loi est de considérer que si le Juge n’a pas pris soin de statuer autrement, le tuteur désigné est en charge à la fois des biens et de la personne ; vous êtes donc tutrice à la personne.

      De ce fait, il vous appartient de désigner le médecin traitant. La seule difficulté qui pourrait se rencontrer serait si votre mère était extrêmement attachée à son médecin actuel.

      Comment faire ? Il suffit de choisir un nouveau médecin. Cela fait, vous demanderez par un simple courrier à l’ancien médecin de communiquer le dossier au nouveau. En cas de difficulté l’Ordre des Médecins suffira.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 4 décembre 2012 à 22:24 , par Y.Coulon

    Bonsoir docteur,

    C’est avec beaucoup d’ntérêt que j’ai parcouru votre site, sans toutefois trouver la réponse à mon questionnement. Depuis Le 30 juin dernier j’accompagne mon frère âgé de 63 ans victime d’une anoxie cérébrale qui le prive de toute autonomie et induit son placement dans une établissement de soins longue durée.

    Je suis en conflit avec le centre de rééducation fonctionnelle où il est actuellement hospitalisé ce dernier se proposant de l’expédier dans un établissement hospitalier situé à près de 100 km de son ancien domicile et de celui de sa famille alors que des établissements semblables existent dans notre ville.

    A quelle autorité puis- je m’adresser et quelle démarche dois-je entreprendre pour éviter un tel placement ?

    Merci d’avance d’une éventuelle réponse.
    Y.Coulon


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    • L’auteur de ce site Le 5 décembre 2012 à 19:22 , par Michel

      Bonsoir, Yvette.

      Je vous répondrais de deux manières.

      La première est qu’il faut se méfier : les gens ne sont n i méchants ni idiots, et s’ils ont proposé de transférer votre frère si loin, la première idée à avoir est qu’ils ont peut-être de bonnes raisons ; en d’autres termes, il se peut qu’ils ne partagent pas votre point de vue quand vous dites que des établissements équivalents existent à proximité : sur ce que vous me dites il est possible par exemple que votre frère présente un état végétatif chronique, et les centres capables de prendre en charge une telle situation sont très rares (allons plus loin : si c’est le cas, alors il n’y a certainement pas, à proximité, des établissements semblables : on est déjà bien heureux quand il y en a un. La première chose à faire est donc de leur demander leurs arguments. en cas de difficulté, le Médecin Conciliateur de l’établissement pourra vous aider.

      Car une fois ce point éclairci, les choses sont très simples : il n’appartient nullement à un médecin de décider du lieu d’hospitalisation du malade. Le médecin propose, il argumente, il plaide, mais la loi du 4 mars 2002 est formelle. Ce qui complique le débat ici c’est que, probablement le malade n’a pas trop les moyens de faire connaître sa décision ; et que probablement il n’a pas désigné de personne de confiance. Pour autant votre opinion doit absolument être considérée comme un élément important, et je vois mal une équipe médicale passer outre, d’autant qu’elle prendrait alors un risque judiciaire non négligeable.

      D’ailleurs il y a encore un autre élément : l’Assurance-Maladie applique avec une certaine rigueur la règle de l’établissement le plus proche, de sorte que s’il existe vraiment à proximité une structure équivalente, elle a toute chance de refuser la prise en charge dans une autre.

      Mais le plus urgent est de régler le premier point : avez-vous raison de penser que cette solution alternative existe ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • et l’animateur ? Le 11 août 2011 à 09:50 , par Severinebl

    Bonjour,
    je développe pour mon mémoire de fin d’études (licence pro d’intervention sociale en gérontologie) la question du rôle de l’animateur en gérontologie en EHPAD auprès de la personne âgée dans les dernières "phases" de sa vie... quel est votre point de vue sur la question. Mon hypothèse est que l’animateur ne peut rien en direct avec la p a en fin de vie, notamment lorsque toute conscience l’a quittée ; par contre, la mission première de l’animateur étant le maintien, la perdurance du lien social qui s’effrite notablement avec l’insitutionalisation. Dès l’entrée en EHPAD, toute action visant à maintenir ces liens sociaux voire à en créer d’autres, notamment avec les autres résidents et les bénévoles, peuvent concourir à limiter la solitude du mourant. Est-ce juste de votre point de vue ? est-ce réaliste ?
    Merci de vos réflexions !Séverinebl

    séverin


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    • et l’animateur ? Le 16 août 2011 à 19:35 , par Michel

      Bonjour, Séverin.

      Je ne me suis jamais posé la question de l’animation en fin de vie ; je vais donc vous répondre seulement de manière intuitive.

      Dans votre message, je relèverais surtout deux points.

      Le premier est qu’il faut être prudent avant de considérer que "toute conscience" a quitté la personne âgée en fin de vie. Il arrive en effet qu’elle soit dans le coma, mais ni plus ni moins qu’un autre malade, et quand on en est là il va de soi que le temps de l’animation est passé. Par contre ce n’est nullement parce que la personne semble avoir perdu toute vie de relation (c’est le cas des grands déments grabataires qui ne communiquent plus) qu’elle est indifférente à ce qui l’entoure ; bien au contraire on a régulièrement d’incroyables surprise quand on se met à leur parler, et de manière plus générale à se comporter comme on le ferait face à n’importe qui d’autre. Je crois donc que l’animateur a un rôle très important dans ces situations. Toute la question est de savoir comment on s’y prend, en évitant de manier des concepts psychologiques qui ne peuvent l’être qu’avec d’infinies précautions, ou de se laisser aller à des spéculations théoriques qui demanderaient à être un peu mieux vérifiées.

      Le second est que je ne suis pas sûr que le lien social "s’effrite notablement avec institutionnalisation". Je comprends ce que vous voulez dire, mais il me semble que bien souvent au contraire l’entrée en institution est l’occasion d’une resocialisation pour de nombreuses personnes qui à domicile étaient confinées dans leur solitude. Toute la question, et elle n’est pas mince, est de trouver des moyens d’animation qui ne soient pas artificiels : si on veut recréer ou maintenir du lien social, il est surtout question d’aider la personne à retrouver une citoyenneté authentique ; la lecture du journal, les discussions sur l’actualité, les rencontres intergénérationnelles... tout cela me semble à privilégier. Et comme vous le notez, ce n’est pas parce que le malade est en fin de vie (il faudrait d’ailleurs définir ce concept : on n’aurait pas tort de dire que la personne âgée, par définition, est en fin de vie, je veux dire qu’elle vit (et elle vit, heureusement !) avec l’hypothèse que la mort devient un événement probable. Cela dit je ne suis pas sûr qu’en institution la personne mourante soit infiniment plus solitaire que les autres.

      De ce dernier point de vue il y a aussi énormément à faire auprès des professionnels. Je me suis cassé les dents sur un problème qui sur le papier est pourtant assez simple : comment organiser l’annonce du décès d’un résident auprès de ceux qui l’entourent ? Comment peut-on seulement imaginer que quand telle dame décède les autres résidents ne s’interrogent absolument pas sur la raison pour laquelle on ne la voit plus ? Pourtant je n’ai jamais réussi à vaincre la réticence des équipes...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Pour des métastases osseuses Le 14 juin 2011 à 14:03 , par Toupie

    Bonjour Monsieur,
    Ma mère, 79 ans, a été opérée il y a deux ans et demi d’un cancer du sein. Compte-tenu de son âge, l’hormonothérapie a été préférée à la chimio. Nous savons maintenant qu’elle a des métastases osseuses réparties sur tout le squelette. Ce sont ses douleurs qui les ont révélées et déclenché une cintigraphie. Le cancérologue a aussitôt prescrit une prise de charge de la douleur, qui a été effectuée en unité de soins palliatifs. Maintenant, de retour à la maison, elle porte des patchs de Durogésic (25+12) et des comprimés à libération immédiate en cas de nécessité. Une chimio a été commencée.
    Mon médecin de famille m’a dit que la chimio, à cet âge est probablement palliative, pour alléger la douleur. Ma mère pense qu’elle va partir dans quelques semaines. Elle est désespérée que personne ne lui ait dit son état et son échéance probable avec plus de précision car elle doit et veut préparer son grand départ. On la prive de ce préparatif en ne lui disant rien ... Eclairez-nous. Quelles sont ses chances de guérison ? Comment dois-je (déjà ?) me préparer à l’aider à partir ? Comment vais-je l’accompagner ? Mercis ...


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    • Pour des métastases osseuses Le 15 juin 2011 à 15:40 , par Michel

      Bonjour, Toupie.

      On ne peut pas vous répondre avec précision. Ce qui est certain, c’est que l’idée d’une guérison est à abandonner. Par contre il faut savoir que le cancer du sein, même métastasé, peut évoluer longtemps avant d’aboutir à une catastrophe ; il faut le considérer comme une maladie chronique. Ici l’élément fâcheux est qu’il a été découvert très tard ; mais cela ne signifie pas que le décès doive nécessairement survenir prochainement.

      Il faut par contre méditer les propos de votre mère : je suis de plus en plus persuadé qu’il faut laisser le malade libre de ses décisions et de ses informations, et que quand on cherche à le ménager on ne fait souvent que le prendre pour un imbécile : non seulement il n’est pas dupe, mais on y joue sa propre crédibilité. Il faut informer les malades ; quand on le fait il arrive qu’il ait "une mauvaise réaction" ; mais au fait, qu’est-ce qu’une mauvaise réaction ? quelle réaction comptait-on qu’il ait ? un fou-rire ? ce que je sais en revanche c’est que quand on ne le fait pas, la fin est très souvent terrible, précisément quand il atterrit brutalement. Après, il y a la manière.

      Cependant il faut nuancer : il se peut que les médecins n’aient rien dit parce qu’ils n’avaient rien à dire ; il se peut aussi qu’ils aient dit, mais que la malade n’ait pas voulu entendre, les malades sont très doués pour ça.

      Toujours est-il que, à sentir votre message, je me dis que vous n’avez rien à préparer du tout : vous serez près d’elle, vous serez à son écoute, vous ne l’abandonnerez pas ; elle n’a besoin que de cela. Faites-vous confiance, faites confiance à ce mystérieux organe que vous avez quelque part dans votre poitrine, plutôt sur la gauche, et qui sert à ça.

      Je reste à votre écoute.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • 10 février 2010 22:43, par Michel Le 15 octobre 2010 à 22:41 , par d.dauchez

    cf ci dessus.

    Michel je vous remercie de votre avis auquel nous avons prêté grande attention. . . après environ 8 mois d’hospitalisation, il a été possible de procéder à un retour à domicile avec 2 visites de personnel soignant/jour. Père a retrouvé la possibilité de se déplacer (rollator ou fauteuil), a retrouvé sa voix et... une partie de sa mémoire. il prend plaisir à de petites activités : lecture de journaux, catalogues et tv, retourne chaque jour au CRF pour y poursuivre sa rééducation physique et psy.
    les escarres très profondes (talons) ont pu être totalement résorbées avec six mois de soins quotidiens, la sonde gastrique a été ôtée début septembre et il s’alimente désormais avec grand plaisir, voire +, gloutonnerie !
    La gastrostomie ne cicatrise absolument pas et on s’interroge sur la nécessité d’une intervention chirurgicale pour resserrer les bords.
    quoiqu’il en soit, je remercie la patience incroyable de cette équipe du crf d’évry qui a pu remettre sur pied ce patient souvent proche de la mort et qui grâce à leur grande humanité a désormais retrouvé une vie agréable même si le poids des soins quotidiens est un lourd tribu sans doute pour la communauté mais, en tous premier lieu pour notre mère, son épouse.
    merci encore donc de vos avis éclairés et de tenir ce site.
    une question me vient : exste-t-il des groupes de parole pour les proches ? mais je ne vais pas vous ennuyer, je pense que google, notre jeune ami à tous, me donnera quelques pistes.

    bien à vous :-)


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    • 10 février 2010 22:43, par Michel Le 17 octobre 2010 à 19:50 , par Michel

      Bonsoir, Dominique, et merci de ce message.

      Il montre à quel point les choses sont compliquées : car ce que vous vivez, c’est un happy end, si j’ose dire, qu’il n’était pas facile de prévoir. Du coup on se dit qu’on a bien tort de désespérer de certaines situations dont on ne donnait pas cher. C’est toute la difficulté de la gériatrie : ne pas trop en faire, mais ne pas manquer de faire ce qui doit l’être.

      Alors vous pensez bien que la question de l’acharnement thérapeutique devient infernale. Reprenons le cas de votre père : si tous les efforts de l’équipe avaient échoué, que n’aurait-on pas entendu sur la débauche de soins, le martyre infligé au patient, etc... Mais supposons à l’inverse que l’équipe ait décidé de ne pas traiter, au motif que les choses étaient trop compromises : votre père serait mort, ce qui aurait permis à l’équipe de dire : "Vous voyez bien...". En somme ce qui définit l’acharnement thérapeutique c’est le succès ou l’échec de l’entreprise, succès ou échec qui dépendent du médecin, mais si peu ! Refuser l’acharnement thérapeutique, ce n’est pas dire : Le malade n’a pas sa chance : si le malade n’a pas sa chance, alors il ne faut plus parler d’acharnement thérapeutique mais de faute professionnelle. Refuser l’acharnement thérapeutique, c’est dire : Il y a une chance, mais il me semble qu’il ne faut pas la tenter, parce que le risque d’être inutilement agressif est trop grand. C’est nettement moins confortable.

      La gastrostomie ne se ferme pas. Cela se produit. Ce n’est pas nécessairement grave, et il n’est pas certain qu’il faille s’en occuper.

      Des groupes de parole, je n’en connais pas, mais ce serait une idée passionnante. Vous pourriez vous rapprocher :
      - Du CCAS de votre commune : sans qu’il s’agisse de groupes de parole, j’ai connu des CLIC qui organisaient des rencontres entre aidants.
      - Du service de gériatrie de votre hôpital.
      - Ou alors créer votre liste de discussion. Le modèle reste pour mois alois, liste créée par des proches de malades alzheimer, et dont la richesse est incroyable.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 12 juin 2010 à 18:57 , par lilece

    Bonjour je suis étudiante infimière de deuxième année à l’IFSI de Nantes. Je suis actuellement en train de réaliser un travail sur :
    "L’impact de l’escarre dans la relation soignant-soigné" .
    Auriez -vous quelques pistes à me suggérer ?
    Pourriez-vous aussi me dire votre ressenti lorsque vous vous trouvez confronté à une escarre de stade 4 persistante ?
    Merci d’avance

    Cécile G


    Répondre à ce message

    • L’auteur de ce site Le 13 juin 2010 à 07:47 , par Michel

      Bonjour, Cécile.

      Il y aurait énormément à dire sur ce point. Je crois que les soignants sont pris dans les mêmes fantasmes de décomposition que l’entourage. Nous pouvons parler de cela si vous le souhaitez, mais je préférerais que nous partions de vos propres idées.

      Quant à savoir ce qui s’est écrit là-dessus, je crois que la bonne adresse est l’association PERSE. N’hésitez pas à les consulter.

      Je reste à votre disposition.

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

  • L’auteur de ce site Le 9 juin 2010 à 01:42 , par must

    bonjour
    je suis medecin Marocain , capacitaire en geriatrie , permettez moi de vous demnder s’il ya des possibilites a fin d’obtenir le titre de specialiste en geriatrie en FRANCE
    MERCI a vous


    Répondre à ce message

  • L’auteur de ce site Le 25 avril 2010 à 13:12 , par Mélodie

    Bonjour,

    Actuellement, élève aide soignante au CHU de Nantes je prépare un mémoire où les 3 grands points de mon analyse sont :

    1- Qu’est ce que la relation soignant-soigné ?
    2- L’usage du tutoiement ou du vouvoiement dans la relation soignant soignant.
    3- Le tutoiement est-il une forme de maltraitance ?

    Pourriez vous me donner quelques pistes surtout sur la relation soignant-soigné afin que mon analyse soit un peu plus dévéloppée. Je vous remercie d’avance.

    Mélodie B.


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    • L’auteur de ce site Le 28 avril 2010 à 23:01 , par Michel

      Bonsoir, Mélodie.

      La question que vous posez est trop vaste pour qu’il soit possible d’y répondre.

      Ce que je peux vous proposer plutôt, c’est de partir de ce que vous avez déjà écrit, et de voir comment on peut le développer.

      A votre disposition pour cela.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 9 avril 2010 à 15:42

    bonjour, je suis étudiante IDE, je travail mon TEFE sur la prise en charge d’une personne âgée en fin de vie et de ses proches,
    comment abordez vous le sujet de la fin de vie avec les proches du patient. quel attitudes doit on avoir et quel accompagnement leurs proposer ?


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    • L’auteur de ce site Le 13 avril 2010 à 21:46 , par Michel

      Bonsoir.

      Ce que vous demandez est très compliqué. Je ne peux pas vous aider sous cette forme.

      Ce qui serait plus adapté, ce serait que vous m’envoyiez votre travail quand vous aurez avancé par votre propre réflexion et vos observations. Nous verrons ensemble ce que nous pouvons faire.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • paroles et fin de vie Le 10 février 2010 à 08:43 , par dominic dauchez

    bonjour Michel,
    votre site est sorti alors que je faisais une recherche sur l’alimentation gastro-entérale et je suis très "heureux" de l’avoir trouvé.
    voici la situation pour laquelle je sollicite un avis :
    mon père, 77ans, est dans un centre de réeducation fonctionnelle suite à un AIT suivi d’un AVC...il s’agit d’un malade diabétique insulino-dépendant, en état de démence vasculaire. il présente à présent des infections pulmonaires récurentes (liées au RGO nocturne ?), des escarres depuis peu (talons + sacrum), il porte depuis son AIT une sonde urinaire, puis, progressivement le personnel de soin a choisi en dépit de notre demande de lui mettre une couche voire...rien.
    ces jours derniers, suite à des épisodes nocturnes de fièvres et autres incidents, une hydratation sous-cutanée a été pratiquée.
    hier, gastrostomie et probable début aujourd’hui d’alimentation entérale...

    très affaibli, il nous reconnaît encore et s’il réagit comme il le peut à nos paroles (mouvements de tête, yeux) quand il tente de nous parler, il est si encembré que en dépit de toute notre attention nous ne réussissons pas à déchiffrer ses propos.
    nous ne voulons pas l’épuiser à le faire répéter encore et encore et le plus souvent, nous lui prenons la main longuement en lui tenant des propos affectueux afin de le "réconforter". à cette occasion, ses mains nous "parlent par leurs mouvements, leur pression... que faire mieux ou de plus pour être avec lui ?


    Répondre à ce message

    • paroles et fin de vie Le 10 février 2010 à 22:43 , par Michel

      Bonsoir, Dominic.

      Rien, sans doute. Vous faites exactement ce qu’il faut.

      Les questions sont d’un autre ordre, et portent sur le sens de ce qui est fait pour votre père. C’est très difficile à dire quand on ne connaît pas la situation. Peut-être faut-il que vous rencontriez l’équipe médicale pour mieux comprendre le projet thérapeutique, ou pour le remettre en question s’il y a lieu.

      Je suis assez d’accord avec l’ablation de la sonde urinaire ; et je suis rassuré de voir que l’équipe retire cette sonde alors même qu’il y a une escarre sacrée ; c’est le signe d’une grande compétence. Du coup il est probable que la gastrostomie a été décidée pour fermer les escarres ; il y a donc un projet ; réaliste ou pas, c’est une autre question. Mais tout cela nous indique que vous n’avez pas affaire à une équipe bloquée dans un acharnement thérapeutique.

      Tout cela me pousse à croire que vous devez pouvoir discuter avec eux.

      Merci de me tenir au courant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’auteur de ce site Le 12 novembre 2008 à 16:28

    Bonjour,

    et merci pour tous ces articles que vous écrivez et pour ceux que vous "publiez", je trouve ces échanges très intéressants !!

    Je suis psychologue, et je travaille dans un centre d’accueil de jour pour patients atteints de DSTA.

    J’ai auparavant travaillé quelques années, dans des services de longs séjours, moyens, et aigus, en hôpital gériatrique.

    J’avais déjà entendu parler de la méthode GM, et à nouveau récemment. Cela me semble passionnant.

    L’un des objectifs des psychologues est de donner un sens à la démence et au comportement des patients déments, cela passe par une attitude d’écoute du patient (y compris de celui qui ne parle plus), qui parait recouvrir l’ensemble des pratiques décrites dans la méthode GM. 

    1 - En quoi, à votre avis, cette méthode diffère-t-elle de notre approche ?

    Je ne suis pas actuellement confrontée au "prendre soin", puisque nous n’accueillons que des personnes qui vivent chez elles, et y font, aidées, leur toilette.
    Cependant, nous sommes régulièrement confrontés à la douleur des familles qui sont anéantis par les difficultés grandissantes relationnelles lors des soins (pas seulement, mais aussi des repas, ou d’autres moments de la journée).

    2 - Cette méthode vous semble-t-elle "transposable" à la prise en charge dans le cadre familial ?

    Dans notre centre, notre rôle est de maintenir les acquis sur un plan cognitif, au maximum, ainsi que le lien social qui est entrain de se détériorer.

    3 - Pensez-vous qu’il y ait une quelconque piste à creuser pour nous améliorer, à partir de la méthode d’Yves Gineste ?

    En un mot, je suis très intéressée par cette approche, et me demande comment en tant que psychologue, je pourrais en bénéficier...

    Sur un autre forum, j’ai lu l’intervention de M.Laurent Martin, que j’ai trouvé très positive, car claire, dépassionnée, et constructive.

    Enfin, je ne suis pas du tout de ces "psys" qui interdisent (!) d’éprouver des émotions personnelles, des ressenties en lien avec sa propre histoire face aux patients ; c’est au demeurant totalement illusoire ; et dans quel monde inhumain serions-nous donc si c’était possible.
    En revanche, il faut essayer au maximum de mettre en mots ces émotions, c’est à cela que servent entre autres les groupes de parole, mais ceci est une autre histoire...

    Cordialement

    Sylvie, 51 ans, Psychologue 78.


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    • L’auteur de ce site Le 13 novembre 2008 à 21:19 , par Michel

      Bonjour, Sylvie.

      Votre question est très importante, et donc difficile. Je suis en désaccord avec Yves Gineste depuis plusieurs années, et il se pourrait bien que ce désaccord porte précisément sur le point que vous soulevez.

      Vous trouverez dans la seconde partie de l’article sur la philosophie de l’"humanitude" quelques éléments de réponse. En gros mon souci est le suivant.

      La méthode développée par Yves Gineste est un extraordinaire outil de prise en charge des déments grabataires. Les miracles, elle les accomplit sur ces sujets qui sont repliés dans leur lit, qui ne parlent plus, et dont les seules réactions sont de peur ou d’agressivité (ce qui n’est pas très différent). Rien que pour cela, elle est incontournable, et je ne connais aucune technique qui ait cette efficacité.

      Qu’elle puisse réaliser cela implique qu’elle n’est certainement pas neutre psychologiquement, tant pour le sujet que pour les soignants.

      Mais, comme je le dis dans cet article, il s’agit d’une approche qui me semble éthologique ; dans un autre article ("La démence ou l’art du camouflage") je suggère que lorsque les conditions de vie (au sens large) sont déshumanisantes il n’est pas étonnant que le malade retrouve des comportements animaux.

      C’est pourquoi je ne crois pas une seconde que l’"humanitude" parle si peu que ce soit de l’humanité de l’homme ; à moins de professer un biologisme dont je doute qu’il satisfasse grand monde.

      Et du coup, vous voyez la difficulté : je ne suis pas du tout sûr, pour le dire très grossièrement, que la "métho" soit pertinente chez le dément qui a encore quelques possibilités cognitives. Et en tout cas elle n’apporte là rien d’original. Les valeurs qu’elle véhicule sont des valeurs de respect infini, et de foi en l’humain : la "métho" professe que le comportement du dément a un sens, et qu’il faut le décrypter ; elle dit que le malade parle, comme il peut, avec ses gestes et ses cris, mais qu’il est interdit de dénier le sens. Mais ces valeurs-là, elle n’est pas la seule à les professer.

      C’est pourquoi je dis qu’il faut tout à la fois accueillir la "métho" comme ce qui se fait de mieux dans le domaine, et rester très lucide sur ses limites. Même si l’amitié que je porte à Yves me pousse à espérer que de nouveaux développements...

      Quant à savoir ce qu’elle vous apporterait, je ne sais pas. Mais l’expérience est si riche que je vous recommande de suivre une formation.

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

  • > L’auteur de ce site Le 3 janvier 2006 à 21:28 , par Marie-Laure

    je suis étudiante en soins infirmiers et dans le cadre de mon T.F.E j’aimerais aborder les problèmes de maltraitance.
    votre site m’interesse, mais ma question naïve est plutôt dans le : "comment un soignant, alors qu’il a reçu informations et formations pour aider, soutenir soulager, soigner ...arrive t’il à avoir un comportement maltraitant auprès des personnes dont il a la charge ?"

    quelle approche me conseillez vous d’avoir ?


    Répondre à ce message

    • > L’auteur de ce site Le 3 janvier 2006 à 22:07 , par Michel

      Bonsoir à vous.

      Vous n’imaginez pas, peut-être, combien votre question "naïve" est difficile. C’est celle qui me hante le plus, au point que j’ai renoncé à en parler pour le moment.

      Il nous faut en parler plus longuement, n’hésitez pas à m’écrire à michel@cavey-lemoine.net ; ce sera long.

      Provisoirement vous pourriez lire "Humanitude" de J. Péllissier et Y. Gineste. C’est un livre dont j’ai fait une critique très sévère parce que, précisément, il est bien trop simpliste, mais qui n’en reste pas moins un des plus importants qui soient.


      Répondre à ce message

      • > L’auteur de ce site Le 2 décembre 2007 à 16:24

        Bonjour,

        Je viens de vous envoyer un message concernant la formation des aides à domicile et, en poursuivant la visite du site, je vois que vous avez émis une forte critique sur "Humanitude". Je suis à la recherche d’articles sur la "méthode" Gineste-Marescotti et de témoignages de professionnels, de familles, de bénévoles et de personnes âgées sur cette méthode. A ma connaissance, il n’existe pas d’étude sur le sujet, pas d’évaluation. Avez-vous publié sur le sujet ?
        Merci de votre réponse.

        A.G.


        Répondre à ce message

        • > L’auteur de ce site Le 2 décembre 2007 à 18:19 , par Michel

          Bonjour.

          Votre mail me surprend un peu, car je n’ai pas le sentiment d’avoir écrit sur mon site une "forte" critique d’"Humanitude".

          Je voudrais saisir l’occasion que vous m’offrez de préciser les choses.

          La première chose à dire, c’est que la formation dispensée par Yves Gineste est une pure merveille. Je n’ai jamais rien vu d’aussi bien fait, ni d’aussi efficace, pour donner ou redonner aux soignants la conscience de ce qu’ils ont réellement à faire, spécialement avec les déments grabataires. Yves fait toucher du doigt que ces malades, qu’on croit incapables de toute vie de relation, sont en réalité très présents, et qu’il est possible de communiquer avec eux, voire le plus souvent de les remettre debout. Il montre qu’il y a des conditions pour cela, et que ces malades deviennent ce qu’ils sont parce que le regard que nous portons sur eux est déshumanisé ; si on réussit, et cela s’apprend, à entrer en relation avec eux d’une manière adéquate, alors ils reviennent à une vie de relation. Je crois pouvoir dire que partout où la formation d’Yves est effectuée, et partout où sa méthode est appliquée, c’est toute la prise en soin qui est révolutionnée. Et le mieux qu’on puisse souhaiter à la gériatrie française est que tout les professionnels, y compris d’ailleurs les gériatres, aient accès à cette formation. Ou pour le dire autrement, le fait qu’Yves n’ait pas fait partie des experts de la commission Ménard sur la maladie d’Alzheimer rend cette commission parfaitement inutile.

          La seconde chose, c’est qu’après il y a la théorie.

          Yves explique que sa méthode repose sur une "philosophie de l’humanitude" ; cette philosophie est importante au point qu’il dit que si on ne la partage pas on ne peut pas appliquer sa méthode. Je n’ai pas repris cette question depuis quelque temps, mais mon sentiment est que :
          - Cette "philosophie de l’humanitude" ne tient pas la route.
          - Le lien entre théorie et pratique est artificiel ; d’ailleurs j’ai l’impression d’être à l’aise avec la méthode d’Yves (il m’y a formé en son temps, reste à savoir si les choses n’ont pas évolué), alors que je ne crois pas à sa théorie.
          - Si la méthode d’Yves est extraordinaire quand on l’applique au dément grabataire, il me semble qu’elle ne prend pas suffisamment en compte (mais peut-être a-t-il progressé) les spécificités du dément moins évolué.

          Lorsque le livre "Humanitude" est paru, j’en ai écrit une "forte critique", mais je ne l’ai jamais publiée, et les seuls à la connaître sont les auteurs. Depuis le débat est au point mort parce que j’attends la réponse qu’ils m’ont promise. Mais cette "forte critique" ne m’êmpêche pas de recommander la lecture de ce livre.

          Mais il y a plus important encore. Car si je crois que la pratique d’Yves ne peut reposer sur la philosophie qu’il énonce, il serait étonnant qu’elle ne repose sur aucune philosophie. Et il serait passionnant de l’élaborer, car j’entrevois qu’elle permettrait de progresser sur de nombreux problèmes théoriques.

          Vous le voyez, il ne faut pas se méprendre. La pratique est extraordinaire. La théorie, elle, l’est nettement moins ; et encore : il faudrait sans doute que je reprenne tout cela.

          Quant aux études permettant d’évaluer l’efficacité, je crois qu’il n’y en a pas. Au demeurant elles seraient difficiles à mener avec rigueur. Tout ce que je peux répéter c’est que l’opinion générale est que les résultats obtenus sont si brillants qu’on n’est guère motivé pour un travail d’évaluation en bonne et due forme.

          Bien à vous,

          M.C.


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