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Médicaments et maladie d’Alzheimer

samedi 2 août 2008 par Michel

Les débats sur les traitements de la maladie d’Alzheimer sont largement faussés par les simplismes. Pour se faire une idée un peu juste et objective, il est nécessaire de réfléchir sans tomber dans le passionnel.

LE SOUBASSEMENT CHIMIQUE DE LA MALADIE D’ALZHEIMER :

On pense depuis longtemps maintenant que les troubles de la maladie d’Alzheimer sont largement liés à un déficit d’acétylcholine. L’acétylcholine est ce qu’on appelle un neuromédiateur, qui est fabriqué par les cellules cérébrales et qui permet leur fonctionnement. Les lésions de la maladie d’Alzheimer engendrent un déficit de production d’acétylcholine, et c’est ce déficit qui entraîne les altérations intellectuelles. [1]

Toujours est-il que les pharmacologues ont imaginé de lutter contre ce
déficit. On ne sait pas apporter de l’acétylcholine, notamment parce que c’est un produit très toxique. Par contre on sait que dans l’organisme l’acétylcholine est détruite par une enzyme qu’on appelle la cholinestérase. On a donc inventé des anticholinestérasiques, qui bloquent l’action de la cholinestérase, ce qui revient à augmenter le taux d’acétylcholine disponible.

LES TRAITEMENTS DE LA MALADIE D’ALZHEIMER :

Les anticholinestérasiques ne sont pas des produits nouveaux : tous les lecteurs d’Agatha Christie connaissent la fève de Calabar et son alcaloïde : l’ésérine ; mais précisément si Agatha Christie en parle c’est parce qu’il s’agit d’un produit très toxique. Passons sur les détails, l’industrie pharmaceutique a fini par fabriquer quatre produits :
- La tacrine, ou Cognex, retiré du marché à cause de sa toxicité.
- Le donepezil, ou Aricept.
- La rivastigmine ou Exelon.
- La galantamine ou Reminyl.

Ces trois produits sont grossièrement équivalents.

Contrairement à ce qu’on lit souvent, leur toxicité n’est pas très importante ; elle l’est en tout cas nettement moins que bien des molécules dont personne ne songe à contester l’emploi.

On utilise en outre la mémantine, ou Ebixa, mais c’est un produit différent, qui n’agit pas sur le système de l’acétylcholine mais sur un autre système en lien avec ce dernier [2].

On utilise aussi d’autres molécules : il y a les neuroleptiques, qu’on est souvent contraint d’utiliser alors même qu’on en connaît les risques chez ces malades (notamment parce que les neuroleptiques le plus souvent entravent l’action de l’acétylcholine) ; il y a les antidépresseurs, qui sont souvent utiles ; on sait aussi que la maladie d’Alzheimer est souvent aggravée par l’hypertension artérielle. Mais laissons tout cela pour ne garder que nos quatre produits spécifiques.

QUELLE EST L’EFFICACITÉ DES ANTICHOLINESTÉRASIQUES ?

Les données n’ont pas changé depuis d’introduction de la tacrine en 1994 Ajoutons que, contrairement à ce qu’on prétend, les laboratoires pharmaceutiques ont toujours tenu sur ce point un discours très honnête [3] : les anticholinestérasiques sont globalement peu efficaces. On peut dire :
- Qu’ils agissent chez 10 à 20% des malades : en général le traitement est un échec.
- Que leur efficacité est modeste : ils permettent de gagner un peu de performance intellectuelle, certainement pas de normaliser la situation.
- Que leur efficacité est de courte durée : en moyenne un an.

Alors pourquoi donc les prescrit-on, si leurs résultats sont si décevants ? Je crois qu’il y a trois raisons essentielles.

Il y a certes une raison symbolique : le médicament est ce par quoi je reconnais la maladie, au point qu’on peut dire que la prise en charge de la maladie d’Alzheimer s’est réellement organisée autour des médicaments. C’est là un point d’une très grande importance : car le malade comprend très vite qu’il se passe quelque chose d’anormal, et il se trouve en butte à un entourage qui ne cesse de lui dire que c’est la dépression, que c’est l’âge, que c’est la paresse intellectuelle ; d’où l’immense soulagement qui est le sien quand le médecin lui annonce un diagnostic qu’en fait il avait soupçonné depuis longtemps ; ce qui rassure le malade, c’est d’une part de savoir que c’est une maladie, et non un manque d’énergie de son fait ; c’est d’autre part de se voir confirmer, en somme, qu’il ne perd pas la tête au point de ne pas se rendre compte qu’il la perd.

Mais bien entendu, s’il ne s’agissait que de cela, on serait tout de même embarrassé : les anticholinestérasiques ne seraient-ils donc que des placebos ?

Non, et il y a une seconde raison : les anticholinestérasiques ne sont pas très efficaces, mais ils le sont tout de même un peu, et face à une maladie aussi terrible on voit mal comment on pourrait justifier de ne pas essayer tout ce dont on dispose [4].

Mais il y en a une troisième, encore plus importante : tous les cliniciens ont l’expérience de quelques cas où l’effet du traitement est spectaculaire, et même parfois très durable. Ces cas spectaculaires posent question :
- Il se peut que ce soient une illusion de soignant : l’histoire de la médecine est remplie de telles erreurs.
- Il se peut que ce soient des erreurs de diagnostic : dans le domaine de la démence les erreurs par excès sont aussi nombreuses que les erreurs par défaut, et J. Péllissier [5] , parmi tant d’autres, a montré comment la vieille dame est aisément à la merci d’un diagnostic hasardeux.
- Mais le plus probable est qu’il y a quelques malades « répondeurs » au sein d’une grande population de « non répondeurs », sans doute parce qu’il y a diverses formes de la maladie ; on ferait un immense progrès en trouvant le moyen de prédire quels seront les malades répondeurs, mais pour l’heure ce moyen n’existe pas.
Toujours est-il que ceci renforce le second argument : si les miracles existent il serait éthiquement inacceptable d’en frustrer le malade.

A QUI PRESCRIRE LE TRAITEMENT ?

Ici encore, la règle n’a jamais changé.

Les anticholinestérasiques sont indiqués dans la maladie d’Alzheimer [6] à forme « légère à modérément sévère ». Laissons au spécialiste le soin de dire ce qu’on entend par là [7]. Il nous suffit de considérer que le but du traitement est de redonner au malade un fonctionnement intellectuel efficace : si le déficit en acétylcholine n’est pas catastrophique les traitements permettront de ramener le taux de ce médiateur au-dessus du niveau nécessaire pour assurer une pensée correcte [8].

Il suit de là des principes de prescription très simples :
- On ne doit pas prescrire d’anticholinestérasique chez le dément trop profond. Ces traitements qu’on voit donner au dément grabataire mutique sont très généralement absurdes : si le malade en est à ne même plus pouvoir prendre ses comprimés, il y a longtemps qu’on aurait dû abandonner.
- Quand on fait un essai de traitement, on doit se souvenir que c’est en général un échec. Le traitement doit être essayé pendant quatre mois, et il faut y renoncer quand l’efficacité n’est pas au rendez-vous.
- On doit maintenir le traitement tant que l’efficacité le justifie. Quand le malade s’aggrave, il faut abandonner.

En pratique, un bon repère est de dire que le traitement doit être réservé au malade qui a les moyens d’y consentir. S’il est en état de comprendre les enjeux et de donner son accord, il pourra tirer bénéfice du traitement ; s’il n’a plus les moyens de comprendre de quoi il s’agit, il est illusoire de penser que le traitement lui servira à quelque chose.

CHEZ LE MALADE PLUS AVANCE :

En principe le traitement n’a pas d’intérêt chez le dément grave. Mais ceci appelle tout de même quelques nuances.
- Les cliniciens ont le sentiment que les anticholinestérasiques pourraient avoir un effet bénéfique sur les troubles du comportement. Ce serait très intéressant, car cela permettrait de limiter l’utilisation des neuroleptiques ; reste à savoir si ce n’est pas là aussi une illusion de soignant.
- Il est fort possible que certains malades, mêmes profondément atteints, s’améliorent sous traitement.
- Enfin, il n’est pas toujours facile de faire accepter l’arrêt du traitement.

Il y a le cas particulier de la mémantine. En principe la mémantine est indiquée chez le malade plus lourdement atteint ; on pourrait presque dire que la mémantine s’adresse au malade qui ne tire plus bénéfice des anticholinestérasiques. La mémantine semble capable d’améliorer le comportement et de préserver certaines capacités de la vie quotidienne. Beaucoup de cliniciens essaient d’associer mémantine et anticholinestérasiques, ce qui est assez logique mais manque de bases statistiques.

QUELQUES CONSIDERATIONS ETHIQUES :

Le débat sur les anticholinestérasiques est assez vif. La raison en est que ce sont des traitements coûteux et peu efficaces. Mais il faut immédiatement donner quelques repères pour la discussion.
- Le traitement coûte environ € 1800 par an. Mais si on respecte les règles ci-dessus, on ne traitera guère plus de la moitié des malades, encore ne les traitera-t-on pas un an puisque dans 80% des cas on aboutira à un échec. Bref il y va d’une petite dizaine de millions d’euros par an si les prescriptions sont correctes. Et la modestie des sommes en cause montre mieux que toute autre considération combien le débat est passionnel. Cela n’empêche pas que la discussion sur le coût a une dimension éthique : le débat éthique ne se résume pas à savoir ce que je dois à l’individu, il est nécessaire de prendre en compte ce que je dois à la société, car les fonds dont je dispose étant limités ce que je donne à Pierre n’est plus disponible pour Paul.
- Beaucoup de praticiens, mais aussi beaucoup de gestionnaires, considèrent que le traitement n’est de mise que tant que le malade n’est pas en maison de retraite. D’un côté c’est assez juste : si le malade ne peut plus rester chez lui il y a de fortes chances que ce soit parce que sa démence est devenue trop sévère, ce qui implique que le traitement n’est plus indiqué. De l’autre on voit bien ce que le raisonnement a d’économique : on veut bien payer tant que cela évite la dépense de l’entrée en institution. Ce point est important, car au minimum il est indispensable d’examiner avec le malade, ou à défaut avec sa famille, les raisons de son institutionnalisation. Dans un certain nombre de cas on pourra conclure que le malade, malgré tout, tire encore bénéfice de son traitement. C’est cette démarche qui constitue le devoir éthique du médecin.
- On peut à bon droit se demander si le traitement n’aboutit pas à une forme de torture. Car le malade sait qu’il est malade, et il en souffre indiscutablement. Tous les proches, tous les praticiens, ont souhaité un jour ou l’autre voir la maladie s’accélérer, au motif que plus vite le malade cessera de penser plus vite il s’apaisera. Mais ce point de vue ne peut être soutenu, parce que les choses concrètement ne se passent pas de cette manière.

En ce qui concerne l’arrêt du traitement, on peut donc trouver un guide dans le cas très général : comme on l’a vu, le traitement n’est indiqué que chez le malade qui a les moyens d’y consentir ; tout comme en soins palliatifs on ne traite que le malade qui l’accepte, de même il importe, pour arrêter ou poursuivre les anticholinestérasiques, de se guider sur l’opinion du dément : s’il a une opinion, on la suit ; s’il n’en a plus on arrête le traitement [9].


Notes

[1Disons-le tout de suite : nous n’allons pas entrer ici dans la discussion sur l’importance relative des facteurs organiques et psychologiques dans l’apparition de la démence. Qu’il suffise au lecteur de noter que pour ma part j’accorde le plus grand crédit aux travaux de L. Ploton et J. Maisondieu. Reste que dans la maladie d’Alzheimer il y a des lésions objectivables, des déficits mesurables, et que si la carence en acétylcholine est loin de tout expliquer il ne serait guère vraisemblable qu’elle n’explique rien.

[2Il s’agit du système NMDA, qui implique notamment le glutamate. Franchement, peu importe.

[3Ne soyons pas dupes : « honnête » ne veut pas dire « innocent », et s’ils ont agi de la sorte c’est parce qu’ils n’avaient pas besoin d’autre chose : il suffisait à leur bonheur de créer le marché de la maladie, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire. Bien entendu ils ont rapidement essayé de persuader les médecins de prescrire au-delà de ce qui est utile ; mais seuls les gogos se sont laissé prendre.

[4Personne ne conteste l’utilisation du riluzole dans la sclérose latérale amyotrophique, alors que ses résultats sont infiniment plus discutables.

[5La nuit tous les vieux sont gris, Bibliophane éd. Un livre à lire avec passion, même s’il se laisse aller parfois à la caricature.

[6On passe sur les indications dans les démences d’autres type.

[7Il se fondera sur divers tests, parmi lesquels le MiniMental n’est pas le plus mauvais : disons, simplement pour donner un ordre de grandeur, que les anticholinstérasiques n’ont d’intérêt que chez le sujet dont le MinMental est encore au-dessus de 15 ; mais il faut utiliser d’autres tests, et notamment ceux qui permettent d’apprécier les aptitudes à la vie quotidienne ; l’IADL en fait partie. Et puis, il se fondera sur son "intime conviction", mais c’est une autre affaire.

[8De la même manière le kinésithérapeute peut préserver la marche du malade qui a une paralysie modérée ; chez le malade est complètement paralysé il perd son temps, du moins en ce qui concerne la marche.

[9On retrouve là, bien, sûr, la difficulté de la loi Léonetti : qui décide que l’avis du malade est encore fiable ? Mais c’est une autre histoire...

32 Messages

  • Bonsoir,
    Mon père âgé de 83 ans, déclaré "Alzheimer" il y a déjà 10 ans, sans autre problème particulier, présente en fait surtout des troubles liés aux médicaments (ma suspicion) : intestinaux, main qui s’agite, incontinence, "plus envie" (de sortir, de faire des activités qui lui plaisaient...).
    Depuis le départ, je ne suis pas convaincue. Ni par les médicaments, ni même par le diagnostique ? Les médecins s’étonnent qu’il ne décline pas, de sa vivacité sur certains sujets, pas de changement (sauf ceux liés au changement de médicament : l’un d’eux le rendait agressif j’ai demandé à ce qu’on l’arrête).

    L’urgence : cette année, il a fait plusieurs malaises, "arythmies". Alors la semaine dernière, après un autre malaise, les médecins décident qu’il faut poser un pacemaker demain !

    Je vois que les problèmes cardiaques sont signalés dans les effets secondaires des médicaments, et je ne peux m’empêcher me demander : et si suffisait d’arrêter les médicament ? Les troubles cardiaques pourraient ils s’arrêter tout seuls ? L’effet secondaire du médicament est il réversible ?

    J’ai très peur du pacemaker, en plus de son utilisation chez une personne avec Alzheimer : pleins de précautions à prendre , dont je sais qu’il ne se souviendra pas !

    Son état : a eu une opération lourde il ya 10 ans (dos), dépression > médicaments, suivis du diagnostic : Alzheimer. Mais il se souvient parfaitement de nous, de proches ou du nom des médecins, de souvenirs lointains, de certains détails actuels. Fait répéter plusieurs fois certaines informations ou phrases (sur sujets qui le travaillent, l’inquiètent ?), oublie la réponse. S’il va à un rdv, oublier pourquoi il est là ou qu’il y est avec quelqu’un. On ne le laisse plus aller seul nul part (ni chercher le pain en bas par exemple).
    Mais heureux d’être en famille, joyeux. En fait, moi je crois que certains sujets l’embêtent et donc il ne s’en rappelle pas, par manque d’intérêt. Il vit en famille (avec ma mère, et nous tous dans le même quartier).

    Quand on lui a posé un holster(?) pour déterminer si besoin du pacemaker, il ne se souvenait pas le porter. J’ai peur qu’il gratte la cicatrice ne se souvenant pas pourquoi ca lui fait mal (opération pose pacemaker), qu’il leve les bras (déplacement dispositif), qu’il prenne le téléphone du mauvais coté,... Bref ajouter encore des complications dans sa vie !

    Merci de votre aide sur ces questions et notamment si le pacemaker ne pourrait pas être évité en supprimant les médicaments qui peuvent créer des troubles cardiaques ??
    Merci beaucoup


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    • Bonjour, et merci de ce message.

      Je dois avant tout vous rappeler un point essentiel : on ne fait pas de médecine sur Internet. Si on ne pouvait c’est que les problèmes seraient simples, et s’ils l’étaient les questions n’auraient pas besoin d’être posées. Je ne peux donc rien dire sur la situation dont vous me parlez.

      Qui plus est, votre question vient moins de la situation de votre mère que de la méfiance que vous éprouvez vis-à-vis des médecins qui s’en occupent. Et je crois que c’est cette méfiance qu’il faut avant tout supprimer. Et pour l’essentiel il faut décider ce que vous faites du diagnostic de maladie d’Alzheimer.

      Il est tout à fait possible que ce diagnostic soit erroné ; ce ne serait pas la première fois qu’un médecin se trompe sur le sujet, et si, comme vous le dites, la situation est stable depuis dix ans, il y a de quoi s’interroger. Mais l’appréciation de cette stabilité demande à être nuancée :
      - D’abord parce que, comme vous le lirez dans l’article que vous commentez, il arrive que certains malades répondent au traitement de manière spectaculaire.
      - Ensuite parce que le déni est un grand classique, et qu’on voit tous les jours des proches de malades qui sous-estiment gravement le degré de dégradation de leur parent. Ce que vous écrivez est caractéristique : Fait répéter plusieurs fois certaines informations ou phrases (sur sujets qui le travaillent, l’inquiètent ?), oublie la réponse. S’il va à un rdv, oublier pourquoi il est là ou qu’il y est avec quelqu’un. On ne le laisse plus aller seul nul part (ni chercher le pain en bas par exemple). Cela montre qu’on se trouve bel et bien face à un état de dégradation avancée, et vous essayez de le nier en commentant : En fait, moi je crois que certains sujets l’embêtent et donc il ne s’en rappelle pas, par manque d’intérêt, ce qui ne vous trompe même pas vous-même. D’ailleurs si vous n’étiez pas d’accord avec le diagnostic vous n’écririez pas un peu plus loin : J’ai peur qu’il gratte la cicatrice ne se souvenant pas pourquoi ça lui fait mal (opération pose pacemaker), qu’il lève les bras (déplacement dispositif), qu’il prenne le téléphone du mauvais côté,... Bref ajouter encore des complications dans sa vie !

      Bref nous ne savons pas si votre père est réellement en situation de démence, mais ce diagnostic n’étonnerait personne. Par ailleurs il faudrait pouvoir évaluer si le traitement est efficace, et ce pourrait bien être le cas.

      C’est important parce que si ce raisonnement est juste (et je vous redis que, et pour cause, je n’en sais rien), alors la question du pace-maker se pose autrement. En effet, comme vous le soulignez, les médicaments utilisés dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ont des effets secondaires, notamment cardiaques, qui peuvent conduire à leur abandon. Cette décision est simple quand le diagnostic d’Alzheimer est faux. Elle est simple aussi quand le traitement n’est pas efficace. Mais quand il l’est ?

      En d’autres termes, la seule chose logique à faire est de vérifier auprès des médecins que mon raisonnement est juste :
      - La maladie d’Alzheimer est-elle avérée ? Sur quels critères ?
      - Si oui, la situation est-elle arrivée au stade de démence ?
      - Si oui, le traitement est-il encore efficace ?

      Si c’est le cas, alors la solution du pace-maker est probablement la seule. Si ce n’est pas le cas, alors la question se pose effectivement d’arrêter le traitement avant de se prononcer.

      Je n’aborde pas ici une autre question, redoutable : poser un pace-maker, c’est décider qu’on veut que ce malade vive le plus longtemps possible. Cela oblige à se demander ce que le malade pense de la situation, ou ce qu’il en aurait pensé s’il était en état de penser, ou ce qu’il en pensait du temps où il était en état de penser.

      Je n’aborde pas non plus la question de savoir quel est votre droit à vous impliquer dans ce débat : juridiquement le médecin décide avec le malade et avec lui seul ; pour agir autrement il faut démontrer que le malade n’est plus en état de décider pour lui-même, ce qui passe par une tutelle. Je sais que, fort heureusement, dans la pratique les médecins agissent avec bon sens, mais cela ne change pas les fondamentaux…

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Bonjour docteur Cavey,

        " ... La maladie d’Alzheimer est-elle avérée ? Sur quels critères ?
        - Si oui, la situation est-elle arrivée au stade de démence ? ..."

        Pourriez- vous s’il vous plait préciser votre pensée ou exprimé autrement ,

        A partir de quel( s) stade( s) peut-on considérer que la maladie d’Azzheimer est devenue une démence ?

        Merci,
        Sophie


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        • Bonjour, Sophie.

          Je ne peux rien faire d’autre que vous renvoyer à la définition de l’OMS, qui me semble tout à fait claire.

          La maladie d’Alzheimer n’est donc pas une démence, mais elle y conduit, tout comme l’athérosclérose conduit à l’infarctus, ou l’alcoolisme à la cirrhose. Et la confusion est entretenue par le fait que le diagnostic d’Alzheimer est souvent fait de manière tardive ; Tout cela conduit à confondre Alzheimer et démence, et cela peut avoir quelques conséquences, notamment chez le sujet très âgé.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 7 février à 11:35 , par ADU

    bonjour
    je reviens vers vous :
    - à la question posée au médecin sur les médicaments habituels de la MA : réponse : NON car toxiques : Est-ce exact ?
    De mon coté, j’ai eu l’information suivante :
    - une molécule serait prometteuse : le verubecestat qu’en est-il ?
    - et parmi les petits moyens : le ginkgo biloba, le curcuma (curcumine sur les plaques), le safran (dépression accompagnant les pathologies) et l’astragale : la phytothérapie intervenant sur la circulation cérébrale ou a effet neuroprotecteur.
    merci
    Annick


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 7 février à 21:09 , par Michel

      Bonjour, Annick.

      A ces questions les réponses sont simples :

      Les interrogations sur l’intérêt des médicaments de la maladie d’Alzheimer appellent pour moi les réponses faites dans l’article que vous avez lu.

      Je n’ai aucune confiance dans les molécules prometteuses ; on nous l’a trop fait, et j’attends qu’elles tiennent leurs promesses.

      Quant aux petits moyens dont vous parlez, je ne leur connais pas d’efficacité démontrée. Les éléments dont nous disposons plaident au contraire pour un statut de placebo.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 21 décembre 2016 à 17:15 , par billig marie-jeanne

    Bonjour,
    Depuis 2 ans mon mari voit tous les 3 mois le neurologue après avoir constaté la maladie Alzheimer. (prescription EBIXA 10 mg pendant 1 an et demi, depuis la dose de 20 mg ) la mémoire courte est très atteinte, par contre aucune difficulté du comportement, il m’aide sans difficulté dans le ménage aussi au jardin. voici ma question : ne pouvant pas voir le neurologue, celui ci ma conseillé de me faire prescrire le EBIXA 20 mg par le médecin traitant. Or celui-ci m’a conseillé de remplacer l’EBIXA contre Aspirine PROTECT 100 mg qui selon lui est aussi efficace que EBIXA. - Il prend aucun autre médicament - n’a ni cholesterol, pression artérielle 13/8, n’a pas d’autres troubles selon son âge 88 ans. Que dois je faire - lui donner de l’ASPIRINE ou me refaire prescrire EBIXA. je vous remercie d’avance pour votre réponse.


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 22 décembre 2016 à 18:39 , par Michel

      Bonjour, Marie-Jeanne.

      Pour répondre à votre question il faudrait avoir examiné votre mari.

      Ce que nous savons c’est que les traitements de la maladie d’Alzheimer sont rarement efficaces, et que quand ils le sont cette efficacité est limitée dans le temps. Il est donc très vraisemblable que l’Ebixa ne sert plus à rien.

      Mais ce n’est absolument pas certain, car il y a des exceptions. Il existe des situations où les traitements sont efficaces, et où ils le sont longtemps. On ne peut donc pas répondre avec certitude, et c’est le rôle du neurologue que d’en juger.

      Par contre l’aspirine n’a pas d’action connue dans cette maladie. La proposer c’est donc considérer que l’Ebixa est devenu inutile et qu’il vaut mieux se concentrer sur ce qui en vaut la peine : la protection vasculaire. Je comprends cette position, je sais que je pourrais l’approuver, mais je ne peux absolument pas en juger.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 6 octobre 2016 à 12:26 , par SANDY

    Bonjour. Ma mère vient d’être diagnostiqué Alzeimer depuis 1 mois. On lui donne du EBIXA en augmentant petit à petit les doses. Depuis le début du traitement, ma maman se plaint d’être mal, de beaucoup transpirer la nuit, etc...
    Elle a été hospitalisée à nouveau et maintenant on nous dit qu’elle présente les symptômes de la maladie de Parkinson.
    Que pouvons nous faire pour l’aider et existe-il un traitement pouvant améliorer son état ? Elle marche lentement, ne sent plus capable de faire les choses car très fatiguée, a perdu toute notion de plaisir, a perdu l’appétit et a souvent des "hauts le coeur", est totalement en dépression et ne pense qu’à passer ses journées au lit.
    Merci


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 7 octobre 2016 à 08:42 , par Michel

      Bonjour, Sandy.

      Votre question est difficile.

      Notons d’abord le diagnostic : maladie d’Alzheimer au stade de démence. J’ajoute que l’utilisation d’Ebixa en première intention indique que c’est un stade avancé. Les effets indésirables que vous décrivez sont connus, peu fréquents, mineurs et tendent à s’estomper. Il n’y a rien d’autre à faire que de les mettre en balance avec l’efficacité et reconsidérer les choses si décidément les inconvénients l’emportent sur les avantages.

      Mais elle présente des troubles de la série parkinsonienne.

      Il ne faut pas oublier que la démence de type Alzheimer est de loin la plus fréquente, même chez le parkinsonien. Cependant il existe des démences spécifiques liées à la maladie de Parkinson ; on connaît par exemple la démence à corps de Lewy, qui associe troubles intellectuels, troubles parkinsoniens, dépression et hallucinations diurnes. Mais les choses sont encore plus compliquées car les médicaments antiparkinsoniens eux-mêmes peuvent donner, par exemple, des hallucinations… Il va donc être très difficile de faire le tri.

      Malheureusement cela n’a pas une grande importance : les seuls traitements ayant une possible efficacité sont les mêmes dans tous les cas ; il n’y a donc pas de conséquence pratique à en tirer, et il ne vous reste plus qu’à vous organiser pour supporter cette situation ; en espérant que vous allez vous trouver dans un de ces cas, peu fréquents, où le traitement aura une efficacité.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie à corps de lewy Le 4 avril 2016 à 05:14 , par Leroy

    Bonjour,

    Mon Grand père est atteint de la maladie à corps de lewy et nous avons eu la confirmation le 1er avril. Comme traitement il n’a que les patch d’exelon. Le gériatre nous a dit que la maladie a très vite progressé depuis mars et c’est vrai !!!! j’ai entendu parler de la citicoline qui aurait un très bon effet sur les personnes qui ont cette maladie. Le gériatre ne veut pas en entendre parler et n’a pas repondu à la question. Je voudrai savoir si la citicoline pourrai améliorer son état ? Merci par avance.


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    • Médicaments et maladie à corps de lewy Le 4 avril 2016 à 07:48 , par Michel

      Bonjour, Sabrina.

      Je n’ai aucune information sur ce produit, et je n’ai trouvé aucune étude scientifique sur le sujet. Je ne peux donc rien vous dire d’objectif.

      Si j’essaie de réfléchir a priori, je me dis que si le produit est efficace on se demande pourquoi il n’est pas utilisé. Et je ne vois que deux explications :
      - Les médecins sont stupides. Cela fait beaucoup d’imbéciles.
      - Les médecins sont vendus. Cela fait beaucoup de vendus.
      C’est le raisonnement que nous avons à tenir chaque fois qu’on nous présente un nouveau médicament miracle ou une nouvelle technique extraordinaire. Et on constate très régulièrement que passé quelques mois on n’en parle plus (à ma connaissance la seule exception majeure est celle de l’autisme, encore tout n’est-il pas dit sur ce point).

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 6 mars 2016 à 17:22 , par yasmine

    Bonjour, je tiens d’abord pour vous remercier pour vos conseils qui sont très utiles pour nous ma question concerne l’etat de mon père qui est atteint de la maladie d’alzheimer depuis 4 ans il a commencer par ARICEPT et son etat était stable par rapport a cette periode car depuis 2 mois le medecin a vu que les patch EXELON a 4.6mg sont efficace mais au contraire on voit que sont état et ses habitudes se dégrade de plus en plus il nous a conseiller d’augmenter la dose alors est-il possible que ce soit la solution ou le retour vers aricept sera meilleur car il était capable de plusieurs chose par exemple sa toilette ses habits aller acheter le journal mais avec exelon il ne reconnait meme pas les sanitaires , les chambres, et a perdu l’appetit j’ai vue que sa faisait partie des effets indésirables du medicament.


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 6 mars 2016 à 18:21 , par Michel

      Bonjour, Yasmine.

      Votre question est pertinente, mais la réponse ne va nullement de soi.

      Rappelons que les anticholinestérasiques sont contestés, et cela à juste titre. Car dans la grande majorité des cas ils ne servent à rien. Ce qui nous pousse à les prescrire c’est l’impression que nous avons que, dans un petit nombre de cas, il existe une efficacité, éventuellement spectaculaire. Mais ceci doit être considéré avec prudence, car il se peut que ce soit une illusion : on ne compte plus en médecine les traitements qu’on a considérés comme très efficaces alors que, réflexion faite, ils n’avaient aucune utilité.

      Bon. Supposons, comme je le fais, que ces médicaments sont parfois efficaces. Il y a trois molécules, et ces molécules ne sont pas tout à fait équivalentes. Et il se produit que l’une soit dans un cas particulier plus efficace qu’une autre.

      Dans ce cas, le bon sens est d’en rester à la stratégie qui a fait ses preuves ; et si l’Aricept est ici plus convaincant que l’Exelon, on peut très bien en revenir à l’Aricept. En n’oubliant pas :
      - Que la tendance est à augmenter les doses.
      - Que tôt ou tard l’efficacité diminuera et qu’il faudra alors avoir la sagesse d’y renoncer.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 19 janvier 2015 à 22:59 , par Nathalie

    Bonjour,

    Que pensez-vous de la prescription de médicaments avec des effets anticholinergiques ( ex : Oxybutynin, Ranitidine,... ) chez des patients avec un diagnostique de "maladie d’Alzheimer" ?Merci d’avance. Nathalie


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 20 janvier 2015 à 22:42 , par Michel

      Bonsoir, Nathalie.

      Franchement, je ne m’en préoccuperais pas trop. Cette question des anticholinergiques dans la maladie d’Alzheimer me paraît le modèle des situations où l’écart est trop immense entre théorie et pratique, et où les avis sont d’autant plus péremptoires qu’ils ne reposent que sur des supputations.

      Ce que nous disons, c’est que dans la maladie d’Alzheimer il y a un déficit en acétylcholine. D’où la prescription de médicaments qui ont pour objectif de limiter la destruction de l’acétylcholine dans le cerveau. Ce qui ne dit nullement :
      - Si le déficit en acétylcholine est vraiment l’essentiel dans l’Alzheimer.
      - Si c’est une cause ou une conséquence.
      - Si cela sert à quelque chose de lutter contre.
      - Si les médicaments proposés sont actifs là où il faut.
      - Si cela n’est pas plus nuisible qu’utile.
      - Etc.
      Si je plaide pour qu’on en fasse au moins l’essai, ce n’est pas pour des raisons théoriques, ce n’est pas parce que je les porte aux nues, c’est parce que dans de rares cas ils marchent. Et qu’on ne sait pas prévoir quels sont les malades qui vont répondre.

      Maintenant il y a des médicaments anticholinergiques, c’est-à dire dont l’effet est à l’opposé des médicaments "anti-Alzheimer" : ils vont augmenter la destruction de l’acétylcholine. Danger, donc. sauf que :
      - Ce qui est toxique dans les anticholinergiques comme les neuroleptiques ou les tranquillisants, c’est sans doute surtout leur effet sédatif.
      - L’action des anticholinergiques que vous énumérez est essentiellement périphérique ; rien ne dit qu’ils ont la même action sur les cellules cérébrales.
      - Et rien ne dit que ça a la moindre importance.

      Donc je dirais :
      - Que les seuls médicaments dépourvus de toxicité sont ceux qu’on n’achète pas.
      - Que si les médicaments suspects ne sont pas nécessaires, il vaut mieux ne pas les utiliser.
      - Que s’ils sont nécessaires, le risque qu’ils font courir est très faible.
      - Qu’il est donc légitime de faire un essai.
      - Que si l’essai montre un fléchissement intellectuel, il suffira de les arrêter ; ce doit être réversible.
      - Que ça m’étonnerait...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 26 juin 2013 à 22:58 , par Véronique

    Bonjour,

    Je suis la même personne qui a posté dans l’article sur la tutelle.

    Le nouveau médecin de ma mère m’a dit spontanément qu’au vu de la faible efficaité des traitements alzheimer, il pensait à la possibilité de l’arrêt d’une partie du traitement. Si j’ai bien compris,il doit y avoir deux médicaments dont l’aricept. Il m’a dit qu’il m’en reparlerait en ayant un peu plus de recul sur la question dans le cas de ma mère en particulier.

    D’un côté,
    - dans la famille on n’est pas très "médoc" (pour le dire de manière orale)
    - ma mère est très sensible du point de vue physiologique
    - la prise de médicaments fait partie des déclencheurs de frustration et d’opposition.
    Donc, si ça sert à rien,ça soulagerait pas mal.

    D’un autre côté,
    - comment savoir si c’est inutile ou bien un peu utile ?

    J’ai lu votre article mais j’ai du mal à me faire une idée sur ce point.
    Ma mère a été diagnostiquée in 2009 et jusqu’en fin d’année dernière malgré uen détérioration de la mémoire, je trouvais qu’elle n’était pas si mal.
    Elle est dans une phase intermédiaire qui semble se dégrader de manière plus significative depuis récemment. Son état actuel : elle ne va pas se rappeler m’avoir vue avant si je suis partie à un rv de 3/4h dans l’ehpad, elle a perdu le fil des personnes décédées dans la famille, ne se rappelle pas d’avoir encore un appartement dans lequel elle ne vit plus et ne sait plus trop où elle vivait, n’a ps la logique de reconnaître les saisons. Mais elle se rappelle bien de nous, conserve une certaine logique qui lui permet encore de parer à certaines défaillances de mémoire et parfois peut avoir des éclats de mémoire étonnants notamment sur des sujets qui lui tiennent à coeur.

    Voilà, sans donner d’avis médical, auriez-vous un conseil ou une orientation de réflexion ?

    Merci d’avance


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 27 juin 2013 à 23:20 , par Michel

      Bonsoir.

      Je crois que la réponse est assez simple.

      Je tiens qu’il faut essayer largement les traitements anti-Alzheimer : ils sont rarement efficaces, mais quand ils le sont on peut avoir d’excellentes surprises.

      Mais cette position est immédiatement corrigée par deux considérations.

      La première est que si, au bout de mettons quatre mois, on n’a pas constaté d’effet significatif, il faut arrêter ; pas question de rentrer dans le raisonnement des labos qui essaient de vous dire que, peut-être, si on ne les avait pas donnés ce serait encore pire.

      La seconde est que quand on commence à voir que l’effet s’épuise, il faut également arrêter. D’ailleurs si on constatait une dégradation très rapide à l’arrêt, on pourrait les reprendre ; mais personnellement je ne l’ai jamais vu.

      Je crois donc que si votre mère a pu tirer profit de ces traitements pendant quelques années, c’’est déjà très bien ; mais la question de l’arrêt se pose.

      Maintenant, vous dites qu’elle a deux molécules. l’une est un anticholinestérasique, l’autre est de la mémantine. J’ai souvent eu l’impression que la mémantine n’est guère efficace sur la performance intellectuelle, mais qu’elle l’est, et pendant assez longtemps, sur les troubles du comportement ; j’ai cru voir que sur ces mêmes troubles du comportement, l’association de mémantine et d’un anticholinestérasique était un plus (et je me doute bien que la conscience que le sujet a de perdre ses moyens intellectuels est une excellente raison d’avoir des troubles du comportement, comme ceux que j’ai quand je me trouve en difficulté). Il faut donc nuancer tout cela.

      Mais le plus probable est qu’effectivement elle ne tire plus guère bénéfice de ses traitements.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 1er avril 2016 à 07:20 , par jeanpierre guy

      bonjour je lis depuis ce matin ce forum sur alzheimer.et voyant votre message je suis content car jai ma mere qui est dans le mem cas (triste) d ailleurs et au sujet de son cotoiement avec les pers de notre famille dont moi .jai les memes rapports identiques de perte de memoire rdv personne reéllles ou decedés .elle est par contre hospitaliseé depuis 15 j. et la perdue un peu plus (apres 3ans de cette penible maladie s il en est une pour moi c est un defaut de fonctionnement du cerveau c est bien penible d ailleurs merci en tout cas .je ne peux immaginer la suite si elle se degradait plus je n ose y penser ...


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      • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 3 avril 2016 à 18:47 , par Michel

        Bonjour, Jean-Pierre.

        Que vous répondre ? On voit combien vous êtes désemparé, et il y a de quoi.

        On ne peut pas savoir ce qui va se passer à la suite de cette hospitalisation. C’est souvent, il est vrai, l’occasion pour ces malades de faire un pas de plus vers le déclin, mais il arrive aussi que les choses reviennent à ce qu’elles étaient une fois que le malade est rentré chez lui. Ne vous effrayez donc pas trop vite.

        Mais vous ne pouvez ignorer que l’évolution n’en sera pas moins inexorable. C’est à cela qu’il faut vous préparer. Avez-vous à qui parler ? Il y a des psychologues, il y a les immenses ressources de http://www.francealzheimer.org, il y a les listes de discussion, par exemple http://www.medicalistes.org/alois/. Cela résout bien peu de chose, mais votre pire ennemie est la solitude.

        Bien à vous,

        M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 5 mai 2012 à 14:22 , par zarii hicham

    Bonjour DOCTUER Michel Cavey
    Après avoir hésité d’écrire mon cas je prends la décision de publier le cas de mon père ici au Maroc car votre site ma était une bon outille et aide a faire de soin et maintenir mon père qui est en coma . merci d’avance pour votre site qui est pour nous un don de ce monde internet .
    Mon père âge de 85 ans souffre depuis le 11 mars 2012. car il était diabétique de 2002 .plus une année demi après une consultation de son médecin et la consultation d’un neurologue en décider de lui admettre des traitement médicaments pour la maladie Alzheimer CAR il a commencer a montre des signe en 11 mars a perdus conscience car 4 jours après il a refuse de manger et boire après une hospitalisation d’une semaine en clinique voila le compte rendu de médecin :
    Compte rendu de sortie de la clinque le 19/03/2012
    suivi pour démence seuils diabétique si insuline (lantus solostar) .
    Admis le 12mars 2012 dans un état de coma Glasgow 8/15 sans deficil homologique, hémodynamique stable.
    Polyphonique, glycémie capillaire <0.40g/l
    Perfusion de glucose a 109 carrelions de la glycémie. Neurologiquement petit amélioration Glasgow 10/15
    Bilan biologique : fonction rénal normal
    CRP a 23
    Natrémie a 134 mol/l
    Apres 24h état neurologique stationnaire .
    TDM cérébral : atrophie cortico-sous corticole, sans lésion décelables.
    Actuellement état neurologue stationnaire alimentation par sonde gastrique
    +antibiotique
    + vasculateurs cérébraux
    +anticoagulants
    Il est maintenait a la maison avec une consultation d’un médecin généraliste une fois par semaine
    Kinésithérapie 3 fois par semaine
    La consultation d’aujourd’hui trouve un patient comateux pas de réponse verbale pas des réponse oculaire des réactions motrices anarchique SG 4 a 5 /15
    GLYCEMIE A JEUN = 1.77 TA = 11/7 les constante sont stable
    Il est sous le traitement des médicaments suivant :
    Lantus solotars entre 10ml est 12ml
    Cardio Aspirine 100mg 1comprime l’après midi
    Oedes oméprazole 20 mg 1 comprime le soir
    voila monsieur et Je vous pries si vous avez n’importe quelle conseiller je serais très ravi de les recevoir pour le moment mon père soufre d’un blocage au main droite qui reste prés de son nez et même avec des exercices de kinésithérapie et massage. il as un blocage ,Veuillez accepter mes remercîments les plus dévoués


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 6 mai 2012 à 19:28 , par Michel

      Bonjour, et merci de ce message.

      Je vais cependant avoir beaucoup de mal à vous aider, car la situation est très délicate, et il ne serait guère sérieux de ma part de me prononcer sur un patient que je ne connais pas.

      J’ai lu, bien sûr, les indications que vous m’avez données. Mais je préférerais vérifier que j’ai bien compris. Me parlez-vous d’un patient âgé, qui a été hospitalisé voici environ deux mois pour un coma dont il n’est pas sorti à ce jour ?

      Je vous poserai également deux questions :
      - Je me demande si, parmi vos inquiétudes, il n’y a pas l’idée que peut-être la mise en route d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer pourrait avoir causé la situation en cours. Me confirmez-vous que vous le pensez ?
      - En islam la question de la maladie grave est posée de manière particulière. Ceci est-il important pour vous (ou pour votre père) ?

      J’attends ces éléments pour essayer de vous dire quelque chose de plus précis.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 17 septembre 2010 à 11:28 , par Niederlandere

    Exelon doit être appliqué sans revenir sur l’endroit avant 14 JOURS :
    - Epaule gauche droit = 2
    - dos " " = 2
    - poitrine " " = 2
    - ventre " " = 2
    - épaule " " = 2
    égal 10 jours

    où apposer ensuite ??
    Merci d’avance pour votre réponse


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 18 septembre 2010 à 08:02 , par Michel

      Bonjour.

      Ne vous inquiétez pas. On conseille de changer la zone d’application (c’est valable pour la majorité des patchs) pour éviter les éventuelles irritations, et pour permettre au produit, qui s’accumule dans la peau, de bien s’évacuer. Mais il suffit de ne pas mettre le patch exactement à la même place que le précédent. Autant dire que sur le bras, par exemple, j’ai dix emplacements possibles...

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 8 octobre 2009 à 22:22 , par Michel

    Bonsoir, Anthony.

    Votre question, concise, mériterait une très longue réponse. Car elle pose un problème éthique majeur.

    Rappelons d’abord ce qu’est le travail éthique.

    Il s’agit d’abord de forger des outils permettant, face à un problème, de repérer les principes qui doivent guider sa solution. On ne peut pas se passer de principes, et la première chose à faire est de dire quels sont les principes en jeu.

    Mais on ne peut se contenter de cela, car on voit assez vite qu’à s’en tenir aux principes on devient vite inefficace, quand on n’est pas dangereux. Un exemple classique suffira : il est un principe qui dit qu’il est mal de mentir. Sans doute. Mais si je suis dans un pays totalitaire, que je suis amené à cacher chez moi un résistant, et que la police arrive, comment vais-je appliquer le principe ?

    Inversement, que se passe-t-il si je ne respecte pas les principes ? Je faisais remarquer à un ami cardiologue que ses malades sont très souvent d’anciens fumeurs qui ont cessé de fumer depuis longtemps, et je lui demandais s’il est vraiment assuré que le risque cardiaque diminue beaucoup quand on cesse de fumer. Il m’a répondu : « Si on dit autre chose les gens ne s’arrêteront pas de fumer ». Sans doute. Mais quel risque prend-on quand on accepte l’idée qu’un scientifique peut mentir ?

    Du fait qu’on ne peut ni se passer des principes ni les appliquer à la lettre, il suit qu’il y a des problèmes qui n’ont pas de solution : soit on applique le principe et on fait des dégâts, soit on ne les applique pas et on fait des dégâts.

    Alors se développe un autre débat éthique, qui vise à dire quels sont les principes, et à tâcher de trouver une solution, la moins mauvaise possible, en disant quels sont les principes qu’on va violer, et pourquoi. En gardant à l’esprit qu’en réalité le problème n’avait pas de solution.

    C’est votre cas.

    Je crois indispensable de rappeler en toutes circonstances que le dément est un humain comme un autre, qu’il a ses droits et sa liberté. J’ajoute qu’il est tout sauf idiot, et qu’avant de dire qu’il ne sait plus ce qu’il fait il faut se demander ce qu’il essaie de faire. Ou de dire.

    Par exemple je crois qu’il est interdit de priver quelqu’un de sa liberté. Les unités Alzheimer sont fermées, il y a des digicodes, il faut se souvenir que ces digicodes n’ont aucune base légale, et que les seuls établissements dans lesquels on peut retenir quelqu’un contre son gré sont les prisons et les hôpitaux psychiatriques. L’EHPAD n’est ni une prison ni un hôpital psychiatrique, et les digicodes sont illégaux. Bon, on ne va pas les enlever (même si je me demande si on a bien évalué la réalité du risque et les solutions alternatives : j’ai animé pendant plusieurs années une unité Alzheimer qui n’était pas fermée ; on assumait), mais le moins qu’on puisse faire est de demander l’autorisation d’enfermer les gens, ce qui se fait par une mesure de tutelle : il faut que le juge dise que j’ai raison de le faire ; pas pour me couvrir, je m’en moque ; pour que je garde en tête que j’ai violé un droit fondamental.

    Alors, les médicaments.

    Votre malade ne veut pas de ses traitements. Quel est son niveau d’autonomie intellectuelle ? Est-il encore capable de discerner ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas ? Est-il capable de comprendre de quoi il s’agit ? Si oui, alors il faut écouter, et se demander ce qu’il est en train de nous dire, peut-être tout simplement qu’il n’a pas envie de voir se jours se prolonger. Attention : ce n’est pas parce qu’il est mutique qu’il ne sait pas ce qu’il veut.

    Si par contre il est hors d’état de penser ce qui se passe, alors une autre question vient : à quoi servent les médicaments ?

    Nous sommes devant un patient qui ne veut pas prendre ses traitements. Et nous, nous disons que nous voulons qu’il les prenne. Comment avons-nous démontré qu’il est bon pour lui de les prendre ?

    Les anticholinestérasiques n’ont plus d’indication à ce stade ; la mémantine guère plus. A moins qu’on n’ait démontré que chez lui ils ont un effet positif sur les troubles du comportement. Il en va de même pour les neuroleptiques : il faut vraiment que sans eux le malade soit ingérable.

    Quant aux traitements généraux, ils ont pour but de maintenir la santé physique et de prolonger la vie. Si nous voulons les lui donner, nous disons qu’il est bon pour ce patient que sa vie se prolonge ; sans doute. Mais quel est son point de vue ? Que disait-il, du temps où il disait quelque chose ? Est-il heureux ? Que pense son entourage ? Avons-nous quelque chose qui ressemble à des directives anticipées ?

    Bref il faut commencer par débattre, car cela ne peut se faire qu’en équipe (une décision éthique suppose une discussion à plusieurs, c’est le groupe qui a autorité pour cela) : que voulons-nous ? Pourquoi le voulons-nous ? Sommes-nous assurés que le malade, lui, ne veut rien ? Comment réduire au strict nécessaire la violence que nous allons lui imposer ?

    Si au terme de ce débat il apparaît que, décidément, certaines prises médicamenteuses sont indispensables, alors il faut se poser la question des moyens. Mais cette question passe après la précédente : il nous faut d’abord être sûrs de nos buts.

    Pouvons-nous lui dissimuler ce que nous faisons ? En principe non. Mais il n’est pas éthiquement acceptable de poser à autrui un problème qu’il n’a pas les moyens de résoudre. Nous n’avons donc pas le droit de mettre le malade dans une situation qui lui ferait plus de mal que de bien, et s’il doit être moins perturbé par le fait qu’on lui cache ses traitements que par ce qu’il va falloir faire si on ne veut pas les lui cacher, alors il faut lui donner ses traitements en cachette.

    Mais cela suppose qu’on ne donne que l’indispensable, et cela suppose qu’on ait loyalement essayé toutes les solutions. Si on fait cela, alors les cas où on devra donner le traitement en cachette seront très rares : dans toute ma carrière, je n’ai pas le souvenir de l’avoir fait.

    Bien à vous,

    M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 6 octobre 2009 à 17:08 , par anthony

    bonjour
    je suis etudiant infirmier en 3 eme année .
    Je me demandais, devant une personne demente et en opposition a la prise de son traitement :
    * comment reagir en tant qu infirmier ?
    * faut il" cacher " les medicaments afin qu ils soient pris ?
    *au niveau ethique, est il correte de cacher des traitements mais favoriser la prise effective ?
    merci


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 18 septembre 2009 à 06:22

    Bonjour,

    Faut-il à tout prix taiter les hallunications d’une personne " Alzheimer"

    Voilà,

    Nous sommes allés récement consulter le neurologue de mon père ( visite annuelle) et quand celui- ci est venu chercher mes parents dans la salle d’attente , mon père etait entrain de "discuter" avec le ... radiateur . une affichette possée dessus précisant que le radiateur venait juste d’être repeint l’avait,à priori,intigué,en quelque sorte attiré.

    Le neurologue a d’emblée parlé d’hallucinations et qu’il convenait de traiter.

    Réflexion faîte, je me demande si il est vraiment nécessaire de traiter ce type, je dis bien ce type d’halucinations ?

    Il arrive égalemennt que mon père "parle" avec les personnages de la télévision.

    Sophie


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 19 septembre 2009 à 08:51 , par Michel

      Bonjour.

      La réponse me semble assez simple. Mais avant de la prendre pour argent comptant, il vous faut garder en mémoire que les neurologues et les gériatres ont beaucoup de mal à se mettre d’accord là-dessus. Et que, bien entendu, ce sont les gériatres qui ont raison.

      Cela dit, la question qui se pose est de savoir, non pas s’il faut traiter, mais pourquoi, ou plutôt pour qui.

      Votre père est-il gêné par ses hallucinations ? Elles peuvent être angoissantes, elles peuvent être si intenses qu’elles occupent tout son espace mental. Si ce n’est pas le cas, pourquoi traiter ?

      Ces hallucinations induisent-elles un comportement qui vous rende sa gestion inextricable ? Si oui, il faut traiter, car il faut que vous puissiez tenir le coup.

      Mais dans le cas général, on ne traite pas : les neuroleptiques ne sont pas des produits très dangereux, mais je n’en vois pas l’intérêt ici.

      Deux points pour finir :
      - Les hallucinations sont banales dans la démence de type Alzheimer. Mais quand il en rencontre le gériatre pense immédiatement à cette autre maladie qu’on appelle démence à corps de Lewy, et dont la prise en charge présente des particularités.
      - Mais plus encore, s’agit-il d’hallucinations ? Le malade Alzheimer qui ne sait plus faire la différence entre le visage qu’il voit à la télé (ou le sien dans un miroir) et un visage réel va se mettre à lui parler sans que le mécanisme soit celui d’une hallucination. Le malade qui ne sait plus que le radiateur n’est pas un être vivant peut lui parler. Dans la situation que vous décrivez je n’y crois guère, mais pour le principe il faut y penser, car si c’est un trouble cognitif pur les neuroleptiques vont l’aggraver.

      Donc pour nous résumer :
      - Les neuroleptiques n’ont pas d’intérêt, sauf si.
      - Mais ils ne sont pas très dangereux. Rien n’interdit donc de faire un essai et de voir ce qui se passe. A la condition absolue que ce soit un essai avec un début et une fin.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 19 août 2008 à 23:17 , par Michel

    Bonsoir, Rossinante, et merci pour votre commentaire.

    Vous savez, c’est une drôle d’expérience que de lancer comme ça sur la toile de textes dont on sait très bien qu’ils ne sont pas dans la norme, qu’ils risquent d’être démolis par tout ce que la France compte d’agrégés et mal compris d’une telle quantité d’autres. Ces positions, ces points de vue, ces questionnements, on me les aura fait payer très cher dans ma pratique professionnelle, au point que la perspective, qui s’approche, de la fin de ma carrière commence à avoir quelque chose d’apaisant.

    Ceci pour essayer de vous faire percevoir quel réconfort je puise dans votre approbation.

    "Votre conclusion aujourd’hui me semble toutefois un petit peu trop "tendre". Les EHPAD qui ont choisi le forfait peuvent être en difficulté financièrement, la tentation est alors forte "d’inciter" à la limitation de traitement (coûteux)..."

    Bien sûr ! Et c’est délibérément que je n’ai pas voulu en parler. Il m’importait dans ce texte de poser le problème comme il me semble devoir être posé, ce qui impliquait qu’on ne s’aventure pas du côté comptable. L’urgence à l’heure actuelle est de trouver une voie moyenne entre d’un côté cette mode qui commence à se développer et qui est de dire que les anticholinestérasiques sont une escroquerie, et de l’autre ce que nous voyons tous les jours : ces déments profonds à qui on continue à donner religieusement des drogues dont ils n’ont que faire.

    Mais je n’ai garde d’oublier ce qu’on dit de plus en plus : que les anticholinestérasiques n’ont d’indication que dans la mesure où ils évitent une entrée en institution ; car là on voit très clairement qu’il s’agit d’un point de vue purement financier : si ça permet d’éviter une plus grosse dépense on en veut bien, alors que le critère n’est pas celui-là : certes, je le répète, si le malade ne peut plus rester chez lui il y a de fortes chances pour que les traitements ne lui soient plus bénéfiques ; mais cela n’autorise pas à retourner l’argument.

    "Le phénomène touche toutes les classes médicamenteuses coûteuses, EPO en tête de liste... la dérive existe bel et bien (arrêt de traitement, non initiation de traitement en vu d’un transfert EHPAD...). Ce non respect de l’équité dans les soins mérite d’être sinon dénoncé, pour le moins signalé."

    Je suis tout à fait d’accord. Mais je n’ai pas traité cette question parce qu’elle est à mon sens encore bien pire, et qu’elle justifierait un texte que je ne sais pas encore écrire.

    Il va bien falloir en effet poser à nouveaux frais la question des dépenses à consentir pour les personnes âgées. Je n’ai pas une grande inclination pour les théories utilitaristes, même si en les combattant j’ai appris à les connaître et à en avoir une vision moins simpliste qu’auparavant. Mais je redoute que si nous essayons réellement de nous poser le problème dans son ensemble, nous n’arrivions à des conclusions très désagréables, d’autant plus désagréables que je fais partie de la première génération qui se verra appliquer lesdites conclusions. Pour le moment la question de la limitation des dépenses de santé pour les personnes âgées n’a pas lieu de se poser ; mais l’heure vient, et nous le savons parfaitement.

    Pessimisme ? Oui, dans un sens. Mais je crois plutôt que la gériatrie est là, au contraire, pour trouver les moyens d’optimiser le vieillir. Et ça, c’est un challenge extraordinaire.

    Bien à vous,

    M.C.

    P.S. : J’ai été très déçu, relisant Cervantes au printemps dernier, de constater que Rossinante est un cheval et non une jument.


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 18 août 2008 à 12:58 , par rossinante

    merci , j’ai découvert votre site juste avant mes congés, et je m’y précipite dès mon retour....
    Médecin hospitalier (soins palliatifs et gériatre), j’apprécie la clareté de vos propos, la multiplicité des thèmes abordés, toujours en lien avec notre pratique quotidienne, mais avant tout le fil conducteur (éthique ?philosophique ?humain ?...) qui relit l’ensemble de votre reflexion et qui nous permet de nous reconnaitre un petit peu en vous...

    Votre conclusion aujourd’hui me semble toutefois un petit peu trop "tendre". Les EHPAD qui ont choisi le forfait peuvent etre en difficulté financièrement, la tentation est alors forte "d’inciter" à la limitation de traitement (couteux)... Le phénomène touche toutes les classe médicamenteuses couteuses ,EPO en tete de liste... la dérive existe bel et bien (arret de traitement, non initiation de traitement en vu d’un transfert EHPAD...). Ce non respect de l’équité dans les soins mérite d’etre sinon dénoncée, pour le moins signalée.
    Certains directeurs cherchent des enveloppes de financement spécifiques qui leur permettront de cloturer le mois, mais la démarche reste marginale et confidentielle...Le débat politique a sans doute déja eu lieu loin de la place publique, et nous n’aurons guère de choix à l’avenir...

    merci de nous insuffler cette bouffée d’air pur qui peut raviver nos ferveurs déclinantes !! (thèse en 2000, dire si le Don Quichottisme use !)


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  • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 8 août 2008 à 06:43

    Bonjour,

    « On peut à bon droit se demander si le traitement n’aboutit pas à une forme de torture. Car le malade sait qu’il est malade, et il en souffre indiscutablement. Tous les proches, tous les praticiens, ont souhaité un jour ou l’autre voir la maladie s’accélérer, au motif que plus vite le malade cessera de penser plus vite il s’apaisera. Mais ce point de vue ne peut être soutenu, parce que les choses concrètement ne se passent pas de cette manière. »

    Et comment les choses se passent- elles ?

    Sophie


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    • Médicaments et maladie d’Alzheimer Le 18 août 2008 à 22:59 , par Michel

      Bonsoir, Sophie.

      Elles se passent, en apparence du moins, de manière plus complexe.

      Certes le malade est pendant une longue partie de l’évolution conscient de ce qui se passe, et on méconnaît trop souvent l’importance de l’anxiété et de la dépression réactionnelles au trouble.

      Mais de là à dire qu’il vaudrait mieux qu’il perde le plus vite possible la notion de ce qui se passe... Ce raisonnement est tout à fait comparable à ce que serait une euthanasie psychique : tout comme dans les situations de soins palliatifs, ce qui justifie le refus de l’euthanasie c’est l’évidence que, pourvu que l’équipe soignante s’en donne (et qu’on lui en donne) les moyens, la vie vaut la peine d’être vécue. De même, je ressens qu’il y a pour le malade plus d’avantages que d’inconvénients à garder une capacité d’analyse. Comme dans les situations d’euthanasie, ce qui nous fait penser le contraire c’est le fait que nous projetons sur le malade nos propres sentiments, nos propres terreurs.

      Mais je vous en dirai plus quand mon tour viendra.

      Bien à vous,

      M.C.


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