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Cet article a été revu le 309 novembre 2014

L’alimentation du sujet âgé

samedi 27 mai 2006 par Michel

L’ALIMENTATION DU SUJET ÂGÉ

LES DÉPENSES ÉNERGÉTIQUES DE L’ORGANISME :

Que se passe-t-il chez le sujet jeune ?

L’organisme ne peut survivre qu’en dépensant de l’énergie. Et il dépense cette énergie de trois manières.

Le premier poste de dépense est ce qu’on appelle le métabolisme de base : quelle que soit la situation il faut que le cœur batte, que les poumons respirent, que la température se maintienne, et cela consomme de l’énergie. L’une des activités les plus gourmandes en énergie est la digestion : on considère par exemple que si on consomme 100 g de protéines, il faudra en brûler 30 g pour pouvoir assimiler les 70 qui restent [1]. Ce métabolisme de base représente à peu près 60% des dépenses totales.

Le second poste est celui auquel on pense spontanément, et à tort : il s’agit de l’activité physique et intellectuelle. En fait la machinerie humaine est remarquablement efficace, et il suffit de peu d’énergie pour assurer les besoins musculaires. Cela représente à peu près 25% de la dépense totale d’un sujet sédentaire [2].

Le troisième poste de dépense concerne le renouvellement des tissus (sang, peau, organes digestifs, foie...), la synthèse des protéines (anticorps, protéines de transport, hormones...), et chez l’enfant la croissance. Cela représente pour un adulte environ 15% de la dépense totale.

Que se passe-t-il chez la personne âgée ?

On a tendance à croire que chez la personne âgée ces dépenses vont en diminuant. C’est très largement faux.
- Le métabolisme de base est très peu touché : il faut toujours la même dépense pour faire battre le cœur, respirer les poumons, digérer les aliments.
- L’activité intellectuelle et physique diminue, mais cela n’entraîne pas une grade diminution de la dépense : certes le sujet âgé marche moins mais cet exercice lui est plus difficile, et s’il accomplit moins de gestes chaque geste lui est plus coûteux ; par exemple il perd une bonne partie de son système d’équilibration, et il doit pour garder son équilibre mettre en jeu des groupes musculaires dont nous ne nous servons habituellement pas [3].
- Quant au renouvellement des tissus et à la synthèse des protéines, certaines dépenses augmentent, d’autres diminuent, et le solde global est peu modifié.
Au total on pense généralement que la personne âgée a des besoins nutritionnels diminués. C’est exact, mais beaucoup moins qu’on ne le croit : disons que si un adulte jeune a besoin en moyenne de 2 500 kCal/j, un adulte âgé a encore besoin de 2 000 kCal/j, l’homme un peu plus que la femme, mais cette différence est relativement négligeable [4].

Que se passe-t-il chez le malade ?

Mais les choses sont souvent bien pires, car si la personne âgée n’a plus besoin de pourvoir à sa croissance il y a chez elle des postes de dépense qui n’existent pas chez l’adulte jeune. Il s’agit de toutes le dépenses liées à la maladie et à ses conséquences. Toute maladie consomme de l’énergie et des protéines. Prenons l’exemple de l’infection : il faut de l’énergie pour faire monter la température, et la réaction inflammatoire vise à fabriquer des leucocytes, des protéines, des hormones, des anticorps. De même la réparation d’une escarre impose de fabriquer en grandes quantités des protéines qu’on va retrouver dans la fibrine et les sécrétions, sans parler de celles qui sont nécessaires à la fabrication des tissus cicatriciels. Naturellement le cancer est une situation où le besoin d’énergie augmente parce que le cancer lui-même en utilise beaucoup ; si les cancéreux maigrissent c’est parce que le cancer sécrète des hormones qui diminuent l’appétit, mais c’est aussi parce que les besoins augmentent [5].

On peut dire que toutes les situations d’agression augmentent les besoins énergétiques de l’organisme. La dénutrition est une cause majeure d’aggravation des maladies.

LES APPORTS ALIMENTAIRES : ASPECTS QUALITATIFS :

Dans les apports alimentaires on distingue habituellement cinq catégories, cinq composants :
- Les protides : c’est en très gros ce qui sert à construire les tissus, le sang, les hormones. On en trouve dans les produits animaux, mais aussi dans les légumes secs.
- Les glucides : ce sont les diverses formes de sucres et de farines. Ce sont essentiellement des sources d’énergie rapidement disponibles ; le sucres sont d’utilisation très rapide (on les appelle des sucres rapides), les farineux sont d’utilisation un peu plus lente (on les appelle des sucres lents).
- Les lipides : ce sont les corps gras sous toutes leurs formes. Leur principale fonction est de fournir une énergie lentement disponible, ou même une forme de stockage.
- L’eau.
- Les minéraux (essentiellement le fer et le calcium, mais on sait bien qu’il y en a d’autres qu’il faudrait étudier), et les fibres.

CONSÉQUENCES DE LA DÉNUTRITION :

L’insuffisance des apports alimentaires a deux conséquences.

Il y a des conséquences sur l’état général :
- Amaigrissement.
- Fatigue, pouvant aller jusqu’à la grabatisation.
- Risque d’escarre.
- Diminution de la production d’anticorps, aboutissant à un déficit immunitaire et à un risque accru d’infections, à une lenteur de guérison des maladies en cours.

Mais il y a aussi des conséquences en termes de fonctionnement de l’organisme. On a dit que la source d’énergie la plus facile à utiliser est celle des sucres rapides, puis des sucres lents ; mais le problème est que lorsque les glucides viennent à manquer, la source d’énergie la plus facile à utiliser ensuite n’est pas celle des lipides mais celle des protides. Soumis à une agression imprévue l’organisme va donc utiliser dans un premier temps ses propres protéines et non ses lipides de réserve, ce qui, certes, lui permet de faire face, mais aggrave considérablement sa situation, un peu comme un berger qui, en cas de famine, mange son troupeau parce qu’il n’a pas le temps d’aller le vendre.

Toute agression va donc se traduire par une perte d’énergie mais plus encore par une perte de protéines, perte qu’il faudra compenser ; cette véritable crise protéique est aggravée par le fait que la personne âgée modifie ses habitudes alimentaires et a tendance à manger moins de produits animaux.

LES TROUBLES DE L’APPÉTIT :

On vient de dire que les besoins alimentaires des personnes âgées sont bien plus importants qu’on ne le croit. Il est faux de penser que la personne âgée se contente de peu. Toutefois nous savons bien que les besoins sont individuels, et qu’il y a des sujets qui vivent très bien avec la moitié ou le tiers de ce qui est considéré comme normal. La conclusion qu’il faut en tirer est simplement que les sujets qui vont bien alors qu’ils mangent peu doivent faire l’objet d’une surveillance un peu plus étroite.

Cependant souvent la personne âgée nous inquiète ; quand nous l’interrogeons elle nous dit qu’elle n’a pas faim. Cette anorexie reconnaît de multiples causes :
- 1. La maladie peut être anorexiante : cancer et ses traitements ; nausées d’une infection urinaire ou respiratoire, d’un fécalome ; douleur ; dyspnée respiratoire ou cardiaque ; troubles biologiques (calcium, hydratation)...
- 2. Le manque d’activité physique est évidemment préjudiciable.
- 3. Les traitements peuvent être anorexiants, et l’ordonnance est la première chose à regarder en cas de trouble alimentaire.
- 4. La dépression est à dépister systématiquement.
- 5. Mais il y a surtout la nature de ce qu’on donne à manger au malade : produits inadaptés, mal préparés, mal assaisonnés (le sujet âgé perd le goût) ; les régimes (sans sel, diabétique, sans résidu) sont le plus souvent absurdes.
- 6. La question des textures est capitale, et il faut faire une guerre sans merci à toutes les modifications qui ne sont pas indispensables : on n’a jamais eu besoin de dents pour mastiquer de la viande, et il est faux de croire que le haché évite des fausses routes ; or ces textures modifiées dénaturent dramatiquement le goût des aliments et leur présentation est toujours très anorexiante.
- 7. Enfin le repas a une fonction sociale, et l’environnement est capital : ce point recouvre toute la question de la présentation (service à l’assiette, nappes...), mais aussi l’environnement : il faut de la lumière, du calme, il faut éteindre le téléviseur, il faut du temps ; l’absence de vin à table est une sottise.
D’autres fois elle a faim mais ne peut manger :
- 8. L’état bucco-dentaire peut être en cause, et il faut apprendre à regarder une bouche.
- 9. La démence amène souvent le sujet à ne plus reconnaître la sensation de faim ; ou encore il ne sait plus manger.
- 10. L’état neurologique ou rhumatologique est à étudier : peur de la fausse route, lésion des épaules, douleur...

LA SURVEILLANCE DE L’ÉTAT NUTRITIONNEL :

Il faut d’abord repérer les malades en danger. Ce sont :
- Tous les malades atteints d’une affection aiguë.
- Tous les déments.
- Tous les grabataires, surtout s’ils ont des escarres.
- Les patients atteints de maladies chroniques débilitantes, notamment les cancers.

Mais cela ne dispense pas d’observer tout le monde, et l’erreur est de se contenter d’une appréciation rapide : « Il mange ». Il faut donc organiser la surveillance alimentaire. Il suffit de noter sur une feuille les apports alimentaires de chaque malade, avec un système de cotation très rustique :

- 0 : N’a rien mangé
- 1 : A mangé le quart
- 2 : A mangé la moitié
- 3 : A mangé les trois quarts
- 4 : A tout mangé [6].

La surveillance de l’état nutritionnel fait également partie de l’examen médical. Quatre paramètres sont à regarder systématiquement :

Le poids est le plus important. L’idéal serait une pesée tous les 15 jours ; si ce n’est pas possible il faut au moins une pesée de référence à l’entrée. Rappelons :
- 1. Que les variations rapides du poids sont des troubles de l’hydratation.
- 2. Que par conséquent tous les malades présentant des troubles cardiaques doivent être pesés au moins toutes les semaines.
- 3. Qu’il n’est pas possible de soigner un diabétique dont on ne surveille pas le poids.
En principe la pesée permet de calculer l’indice de masse corporelle, ou BMI. Pour l’obtenir on divise le poids par le carré de la taille (mais il faut connaître la taille, ce qui n’est pas simple).

Le pli cutané de la face postérieure du bras permet d’évaluer les réserves en graisse de l’organisme.

Les paramètres biologiques de l’inflammation sont indispensables. Ce sont la vitesse de sédimentation et la CRP ; l’inflammation augmente considérablement les besoins énergétiques, ce qui fait qu’une dénutrition peut être liée à une carence d’apports ou à une surconsommation de calories [7]. Généralement la dénutrition est mixte.

Les paramètres biologiques de la dénutrition sont l’albumine, qui évalue l’état nutritionnel des trois dernières semaines et la préalbumine, qui évalue l’état nutritionnel des trois derniers jours [8].

QUE DONNER À MANGER ?

Il y a trois points à considérer.

Les calories :

Il faut d’abord et avant tout donner des calories. D’abord parce que le patient n’en absorbe pas assez ; ensuite parce que si on augmente l’apport calorique il va cesser d’utiliser ses propres protéines.

Autant dire qu’il faut lui donner n’importe quoi pourvu qu’il mange. Des repas si on peut ; si on ne peut pas, des gâteaux, du pain, du lait, des jus de fruits ; tout ce qui est simple et tout ce qui rentre. Une attention particulière doit être prêtée au pain, et il faut veiller à redonner au malade l’habitude du pain : contrairement à ce qu’il pense il n’est pas condamné aux biscottes [9]. Il faut savoir esquiver le repas chez le malade dont l’anorexie est trop importante, et multiplier les prises alimentaires en cours de journée [10].

La lutte contre la dénutrition est, comme la lutte contre la grabatisation, une question de vie ou de mort. Or il faut noter que les plateaux qui sont ordinairement servis représentent un apport journalier de 2 000 kCal. En d’autres termes l’apport quotidien dans les hôpitaux est celui qui convient à des personnes âgées en bonne santé. Si on s’en tient à la théorie, tout patient qui ne mange pas tout son plateau est donc en train de se dénutrir, et pour peu qu’il soit malade il se dénutrit de toute manière ; heureusement les besoins théoriques ne sont que théoriques ; mais il faut être très vigilant.

Les protéines :

C’est évidemment l’idéal. Reste à se souvenir que toutes les protéines sont efficaces, celles des viandes, celles des œufs, celles des poissons, celles des légumes secs.

Les autres nutriments :

Certains passent après dans l’ordre des préoccupations car il s’agit de problèmes qui vont se poser à long terme. C’est notamment le cas du calcium, mais aussi du fer.

Ce point est fondamental : dans un service de médecine ou de soins de suite, les problèmes de carence en vitamines ou en minéraux ne se posent pas à court terme, réserve faite de certaines situations où le sujet est arrivé avec déjà une profonde carence. L’obsession est donc de restaurer l’appétit et la priorité est de réduire l’ordonnance. Cela pose par exemple le problème du calcium, dont les vertus anorexiantes sont souveraines. Mieux vaut se passer de calcium pendant un mois ou deux, cela ne changera guère la question du risque fracturaire.

Par contre il va de soi qu’il faut veiller à l’hydratation, et que des apports supplémentaires en fibres seraient utiles pour lutter contre la constipation.

LES REGIMES :

Il est donc indispensable de privilégier les apports caloriques.

Il s’ensuit que tous les régimes doivent être réévalués.

Le régime sans sel :

On sait que le régime sans sel est désormais réservé à des situations rares. On sait aussi que l’alimentation humaine courante est trop salée. Ce qui est donc proposé c’est un régime un peu moins salé ; ce qui suppose une réflexion sur les autres agents de sapidité, et sur les modes de cuisson.

Le régime diabétique :

Le régime diabétique doit être adapté à la situation du malade, ce qui signifie qu’on doit se guider sur la surveillance gl=ycémique : un diabétique âgé dont la glycémie post-pradiale ne dépasse pas 2 g/l et dont le poids est stable a un régime correct.

Le régime dyslipidémique :

La question n’est pas tranchée de ce point de vue : on ne sait pas encore très bien jusqu’à quel âge il est intéressant de contrôler le cholestérol et les triglycérides des patients, car l’augmentation de la longévité modifie la donne. Mais il faut maintenir que le risque principal du dyslipidémique âgé n’est pas la dyslipidémie mais la dénutrition.

Au total, donc, le précepte de Molière est toujours àappliquer : "Il faut boire votre vin pur ; et, pour épaissir votre sang, qui est trop subtil, il faut manger du bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande, du gruau et du riz, et des marrons et des oublies, pour coller et conglutiner." Il suffit de comparer le coût d’une calorie d’alimentation ordinaire à celui d’une calorie de complément alimentaire pour constater que ces dernières seraient avantageusement remplacées par des rillettes et des crèmes anglaises, sans parler des économies réalisées sur les antibiotiques. C’est toute une conception de la gériatrie hospitalière qu’il faut changer, qui implique tous les niveaux de décision.

L’ALIMENTATION ARTIFICIELLE :

Sous cette dénomination on entend tout ce qui n’est pas l’alimentation élaborée par la cuisine. Il faut que des soignants référents en alimentation soient désignés dans chaque service, de manière à pouvoir faire le point périodiquement de l’état nutritionnel des patients.

Il y a quatre possibilités :

L’alimentation enrichie :

Elle n’est pas suffisamment utilisée, et ce devrait être la première action à mener avec les référents. Il s’agit d’ajouter au plateau du malade une poudre protéinée qui permet d’augmenter l’apport calorique sans toucher au volume de la nourriture ; on obtient la même chose avec du beurre, de la crème, des fromages... De même il existe des produits (poudre de lait, mais aussi des compléments comme le Renutryl®) qui peuvent enrichir les petits déjeuners.

Les compléments alimentaires :

Il s’agit en somme de crèmes dessert. Elles apportent environ 200 kCal par unité de prise. Autant dire que ce sont des compléments, et qu’il faut mettre fin à l’anarchie actuelle. Il y a deux indications aux compléments alimentaires, et deux seulement : la première est de permettre à un patient qui va à peu près bien et qui ne mange que 1 500 kCal par jour d’arriver à 2 000 kCal ; la seconde est de permettre à un patient qui mange 2 000 kCal par jour et qui a besoin de 2 500 d’y arriver. Cela suppose qu’ils n’arrivent pas à manger davantage, sinon il faut simplement augmenter leur ration.

Sauf cas particulier à discuter il ne sert à rien de donner des compléments à un malade qui ne mange pas : il mourra de toute façon.

L’alimentation entérale :

C’est l’alimentation par sonde gastrique ou par gastrostomie. On peut l’utiliser :
- Lors d’une agression aiguë, et il y a des études qui montrent qu’on ne s’en sert pas assez. Mais on répugne à poser une sonde gastrique systématiquement ; peut-être faudrait-il l’essayer.
- Lors d’une dénutrition chronique : il devient de plus en plus clair qu’en gériatrie cette technique est incapable d’empêcher le décès des malades.
- Lors des troubles de la déglutition.

L’alimentation parentérale :

C’est l’alimentation intraveineuse. On ne voit guère dans quelle situation il serait légitime d’en prendre l’initiative dans un service de soins de suite. Par ailleurs elle nécessite une voie veineuse centrale et une évaluation du risque cardiaque.

CONCLUSION :

La lutte contre la dénutrition est une priorité absolue pour les gériatres.

Cette lutte ne pourra être menée efficacement que si toute la stratégie nutritionnelle de l’établissement est revue.

Cependant on peut mettre en place immédiatement trois types d’action :
- 1. Mieux repérer les malades en danger.
- 2. Améliorer ce qui peut l’être en rationalisant les moyens qui sont donnés aux équipes.
- 3. Faire œuvre de pionniers en essayant d’imaginer ce qu’il faudrait pour obtenir les résultats souhaités.


Notes

[1C’est ce qu’on appelle d’action dynamique spécifique

[2Disons-le immédiatement : le but de ce texte n’est pas de donner des chiffres précis, mais simplement des ordres de grandeur

[3C’est un peu ce qui nous arrive quand nous nous exerçons à marcher sur une poutre

[4Et tout le monde voit aussitôt qu’il existe un énorme écart ente ce que la théorie prévoit et ce qu’on observe dans la pratique ; de la même manière chacun sait qu’un patient âgé qui boit moins d’un litre et demi par jour se déshydrate ; mais si c’était vrai la canicule de 2003 aurait tué la moitié des vieillards

[5On dit souvent qu’il ne sert à rien de vouloir alimenter à tout prix un malade atteint de cancer parce que l’énergie va d’abord nourrir le cancer ; c’est probablement une simple image, utile pour déculpabiliser les familles ; mais en réalité elle n’a pas de sens : si la stratégie de la terre brûlée tue l’assaillant, c’est au prix de la mort du défenseur. Cependant il demeure que le cancer utilise beaucoup de calories

[6Cette cotation est évidemment très sommaire, et elle ne tient pas compte de multiples facteurs. Par exemple si les aliments sont apportés en vrac, la quantité de calories dépend de la manière dont on a rempli l’assiette. On peut dans ce cas recourir aux cuillers-doseuses qui permettent d’évaluer la manière dont on a servi. Reste que globalement la cotation proposée est relativement reproductible

[7Elle a également tendance à fausser le dosage, en diminuant artificiellement le taux d’albumine ; mais cette objection est purement théorique,car l’erreur que l’on commet en surévaluant ainsi la dénutrition est compensée par le fait que l’état inflammatoire est par lui-même source de dénutrition.

[8Il n’est pas souvent nécessaire de calculer le PINI (orosomucoïde x CRP/albumine x préalbumine), qui est si souvent désolant dès que la personne âgée va mal

[9c’est là un thème particulièrement intéressant : lorsqu’on sert le petit déjeuner, les soignants proposent des biscottes, et les malades en demandent. Tout va bien, donc ? A ceci près que la biscotte n’offre strictement aucun avantage par rapport au pain ; il y a là une sorte de malentendu, qui repose sur le fait que chacun croit se comporter comme il pense que l’autre l’attend. Mais il suffit de laisser systématiquement, et sans commentaire, un peu de pain bien frais à disposition du malade pour constater que peu à peu le pain disparaît, et que tout ne va pas à nourrir les pigeons du quartier

[10Tout le problème est de ne pas transformer l’alimentation en harcèlement

75 Messages

  • L’alimentation du sujet âgé Le 16 juillet à 13:58 , par houpert antonia

    Bonjour j’ai un papa qui a 89 ans qui parfoisxrefuse de manger il avait un problème de dentier que je lui ai fait refaire au jours hui il me dit qu’ il a mal à la gencives et c est toujours quand on passe à table je lui coupé tout en prtit morceaux il y a des jours ou je n ai pas besoin de couper sa va tout seul .par contre la nuit il mange 2 a trois laitage exemple 2 danone une compote et des biscuit style b n pus un verre de jus de fruit un sirop a l eau et parfois si il n’a rien manger je lui met un complément alimentaire oublier de faire comme ça sinon il va au frigidaire et mange n importe quoi comme une motte de beurre merci de votrerepnse


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 16 juillet à 16:15 , par Michel

      Bonjour, Bigoulette.

      Je comprends votre perplexité, car il n’est pas facile de faire la part des choses.

      C’est une situation assez classique : un patient présente un trouble, on le corrige de manière logique, et contre toute attente cela ne suffit pas. Le danger ici est de trop se fier au raisonnement. Mais que peut-on dire ?

      Il se plaignait de douleurs, et vous avez pensé que cela provenait de son dentier. Vous aviez raison de penser cela. Mais :
      - La réparation a-t-elle été efficace ? Il se plaint toujours, et la première chose à faire est de le croire ; soit parce que cette réparation n’a pas été suffisante, soit parce que la cause des douleurs persiste : supposez par exemple que le dentier défectueux ait lésé la gencive : il se peut fort bien que la lésion n’ait pas guéri ; ou supposez que, comme c’est si fréquent, le trouble occasionné par le dentier ait provoqué une mycose, celle-ci ne guérira pas sans traitement spécifique. Il est donc impératif de réexaminer la situation.
      - La douleur s’est-elle ancrée ? Il arrive souvent qu’une douleur, quand elle a été un peu intense et durable, persiste même après que sa cause a disparu : il y a une mémoire de la douleur. Ou encore l’appréhension liée à une douleur qui a existé peut être, faute de mieux, verbalisée sous forme de douleur, alors qu’il s’agit seulement d’une peur. J’ai dit et répété (sans jamais être cru) que quand le malade gémit lors des toilettes ou des mobilisations, il faut bien sûr rechercher une douleur mais qu’une bonne fois sur deux il gémit parce qu’il a peur, ou même simplement parce qu’on le dérange. Ce qui nous manque ici c’est une indication de temps : depuis quand la situation dure-t-elle ?
      - La douleur, ou le trouble, vient-elle d’ailleurs ? Il y a de nombreuses hypothèses, et là aussi il faut un examen soigneux (et chanceux, car le plus fréquent est qu’on ne trouve pas d’explication).
      - Quel est son état intellectuel (et je redis qu’il faut se méfier des apparences) ? Je note que, comme vous dites, la nuit il mange sans discernement.

      Ce qui me semble probable c’est qu’il a faim, comme pourrait en témoigner le fait qu’il se lève pour manger ; mais alors il se limite à des aliments mous.

      Je proposerais donc :
      - De refaire un point de la situation, par exemple chez un stomatologue ; encore faudra-t-il en trouver un qui s’y intéresse suffisamment pour ne pas se contenter d’un raisonnement simpliste.
      - De traiter une mycose, par principe.
      - De faire le dos rond en lui donnant pendant un temps une alimentation molle (et pas trop chaude). Le seul risque de cet état de choses est la dénutrition, et il faut l’alimenter, mais pendant une durée de quelques semaines on n’a que faire de la qualité des aliments. S’il faut le nourrir avec des purées et des laitages, peu importe du moment que l’apport calorique est suffisant.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 8 juin à 13:32 , par ludwig

    bonjour
    je suis une dame de 77 ans en bonne santé à part les douleurs et les apnées !! je voulais vous pauser la question suivante :
    j’ai toujours été mince car j’ai une alimentation très saine et j’ai toujours fait très attention. Depuis 1 an je grossis même si je mange 1000 calories/jour. (jusqu’à 1 an en arrière je pesais 62 kgs pour 1m63) aujourd’hui jen suis à 67 kgs !! et tout est autour de la taille. Mes muscles se transforment en graisse. Il est vrai que je marche peu car j’ai 1 probleme à 2 genoux. Je ne fais pas de gym car j"ai très mal aux epaules en plus !, je faisais du sport avant marche en montagne, ski de fond, etc... je ne peux plus me servir de bâtons !!! je n’ai rien dans les analyses (thyroide, insuline, hormones, etcc) que dois je manger pour essayer de perdre ce ventre et quelle gym je pourrais faire chez moi.
    merci de votre réponse
    christiane ludwig


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 11 juin à 12:43 , par Michel

      Bonjour, Christiane.

      J’aime votre message : vous avez raison de vous battre pour votre forme, votre apparence, votre plaisir d’être vous.

      Mais le problème que vous posez est extrêmement difficile.

      Redisons-le : en moyenne les besoins nutritionnels évoluent assez peu avec l’âge. Si donc vous grossissez avec 1000 calories par jour, il y a a priori trois explications :
      - Vous vous trompez dans les calculs. Je suis bien forcé de vous dire que c’est l’hypothèse la plus fréquente.
      - Votre alimentation est trop riche en glucides, et en glucides d’absorption rapide.
      - Vous faites partie des exceptions : il y a des gens dont les besoins nutritionnels sont très faibles.
      Il faudrait vérifier cela avec un nutritionniste, qui vous aidera à préciser les choses.

      N’oubliez pas cependant que les variations rapides de poids sont liées, non à ce que vous mangez mais à ce que vous buvez : l’eau pèse son poids, et si vous décidiez de ne plus manger que de la salade vous commenceriez par grossir, parce que la salade c’est de l’eau.

      Après se pose la question de l’activité physique. On ne peut pas faire un régime sans faire de l’activité physique, parce que si on le fait l’organisme commence par puiser dans les réserves qui sont les plus faciles à mobiliser, et ce sont les protéines. Vos muscles ne se transforment pas en graisse, mais vous perdez vos muscles parce que vous puisez dedans, et vous fabriquez de la graisse dès que vous avez un petit excédent calorique. En ayant une activité physique vous pourrez bloquer cette déviation du métabolisme, et vous privilégierez la consommation de graisses.

      Encore faut-il pouvoir. Là c’est le médecin, voire le kiné, qui pourront vous trouver des solutions.

      Par contre, je ne connais aucun moyen de perdre sélectivement de la graisse en tel ou tel point du corps. L’organisme réagit comme un tout, il prend la graisse là où il en a, et il la stocke là où il peut. Les seules solutions sont du côté de la chirurgie esthétique.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’alimentation du sujet âgé Le 11 juin à 13:12 , par ludwig

        bonjour,
        je vous remercie sincèrement de votre réponse. Je vais aller voir un nutritionniste et demander au kiné quelle gym je peux faire.
        cordialement
        christiane ludwig


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 11 juin à 20:16 , par unautre

          On arrive vite à 1000 kcalories par jour : 3 ou 4 assiettes de riz.
          Normalement on ne grossit pas à ce régime.
          Et l’on suppose que si vous grossissez depuis peu, votre régime lui n’a pas particulièrement changé.
          A part le kiné et le diététicien, un truc très instructif est de vous peser plusieurs fois dans la journée, tous les jours : au réveil, avant manger, après manger, en fonction de votre digestion, le soir. Cela vous apprendra comment réagit votre corps, comment il élimine, comment il réagit à telle ou telle alimentation, avec quelle latence.


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          • L’alimentation du sujet âgé Le 11 juin à 21:34 , par Michel

            Bonsoir, Unautre.

            La pesée fréquente est en effet très instructive. Je la tiens même pour un excellent moyen de piloter un régime, à condition d’en user avec discernement. Le risque est grand sinon de s’en obséder et d’arriver au contraire du but recherché. Si on le fait, la précaution essentielle est de procéder à des variations diététiques très lentes.

            Bien à vous,

            M.C.


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            • L’alimentation du sujet âgé Le 12 juin à 11:57 , par unautre

              Avant de maigrir, observer. On apprendra :
              - qu’il n’est pas facile de maigrir.
              - que la tendance naturelle est de grossir dès lors que l’on mange à sa faim.
              - que l’on ne meurt pas de faim avec 4 assiettes de riz par jour, mais qu’il faut y être habitué.
              - que les variations quotidiennes peuvent être de 2 à 3kg.
              - que les baisses significatives sont de l’ordre de quelques centaines de grammes en quelques jours, que l’on observera en marge des variations quotidiennes.
              - que les éventuelles autres différences sont essentiellement dues à l’hydratation.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 19 mai à 12:00 , par delfino marie lucile

    Bonjour je viens de découvrir ce site alors que je cherchais à me renseigner sur l’alimentation des personnes âgés. Maman a 85 ans, elle a une maladie neurodégénérative et refuse maintenant de s’alimenter. Elle est sur un fauteuil roulant en permanence depuis prés de 2 ans, et le personnel de l’EHPAD ou elle vit, doit la coucher a l’aide d’un élévateur,comme une personne handicapé.Elle ne parle pratiquement plus. Depuis quelques mois, elle refuse toute nourriture et ma sœur et moi-même venions chaque jour pour lui faire avalé avec beaucoup de patience une boisson protéiné prescrit par son médecin. Hier celui-ci nous a convoquer pour nous expliquer que maman ne veut plus avaler ses médicaments et qu’il y avait un très gros risque, vue l’aggravation de sa pathologie, qu’elle fasse une fausse route si on l’obligeait a manger. Devons nous la laisse partir sans réagir ? ou devons nous nous opposer au personnel de l’EHPAD et continuer à la nourrir avec beaucoup de patience ( de 1h à 1h30 pour réussir à lui faire avalé un petit flacon de liquide protéiné) ? D’après son médecin même si elle mangeait un flacon par jour de ses aliments protéiné, ce ne serait pas suffisant pour qu’elle survive. Nous sa famille ne savons plus que faire que nous conseillé-vous ? Merci
    Marie-Lucile


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 19 mai à 23:18 , par Michel

      Bonsoir, Marie-Lucile.

      Je comprends votre détresse et votre inquiétude. Mais je crains que la cause ne soit entendue.

      Je n’ai pas vu votre mère ; je n’ai aucune idée de ce qui la met dans cet état ; je ne sais absolument pas ce qu’on peut espérer modifier à son évolution de fond ; je ne sais pas ce qui peut être réversible.

      Mais vous dites une chose qui me semble sans appel : cela dure depuis plusieurs mois.

      Autant dire que vous êtes devant une dénutrition majeure, et que tous les efforts que vous déployez sont vains. Plus personne n’a de prise sur l’évolution. La seule manière d’inverser la tendance serait de mettre en place une alimentation artificielle, ce qui n’aurait de sens que si on avait démontré qu’il s’agit seulement d’une mauvaise passe à franchir. Ce n’est pas le cas.

      Faut-il s’inquiéter des fausses routes ? Je crois qu’on surestime toujours ce danger. Mais ce n’est pas le sujet : fausses routes ou non ce que, à force de patience et d’amour, vous arrivez à lui faire absorber est insignifiant par rapport à ce qu’il faudrait.

      J’ajoute que le plus probable est qu’il s’agit effectivement d’un refus délibéré. Les déments sont parfaitement capables de prendre de telles décisions, et je crois qu’il faut les respecter :
      - Parce que, déments ou pas, ils ont leur liberté.
      - Parce que de toute manière nous n’avons aucun moyen sérieux de nous y opposer.

      Le plus raisonnable est donc de la laisser partir. Ce qui ne veut pas dire que vous devez laisser tomber la situation ; consentir n’est pas approuver, l’éducation de vos enfants vous a appris qu’on est souvent contraint de valider des comportements que nous réprouvons. De même vous pouvez consentir à ce que votre mère refuse de manger, vous pouvez consentir (voire le lui dire) à son désir de mort, mais cela ne vous empêche nullement de lui dire que vous aimeriez qu’elle prenne une autre décision ; cela ne vous empêche nullement de lui préparer les plats qu’elle aimait : elle n’y touchera pas mais elle sera sensible à votre affection.

      Tout ceci suppose, mais cela a été fait, qu’on a éliminé toutes les causes curables d’anorexie.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 20 avril 2017 à 19:17 , par Myriam

    Bonjour,

    Bravo pour ce blog ! je l’ai découvert il y a peu et je n’ai cessé de le parcourir.

    je me décide enfin à vous écrire.
    Ma maman a 84 ans. Elle a eu 2 AVC en 2012, août et septembre. Elle a la moitié du cerveau inondé. Depuis elle est hémiplégique côté droit, aphasique, totalement dépendante, absence de déglutition et elle ne communique plus. Les médecins pensent qu’elle ne nous reconnait plus. je précise qu’elle est à domicile et non hospitalisée.
    Elle a été sous sonde naso gastrique depuis octobre 2012 jusqu’à fin mars 2017. Maman a commencé à avoir de fortes douleurs et un peu de sang sortait de sa bouche. La sonde lui a été enlevée et depuis elle a moins de douleurs. Je tiens à préciser qu’elle a enlevé plusieurs fois la sonde surtout cette dernière année. Elle a également commencé à maigrir les dernières mois. D’après les médecins, elle pèserait 42 kgs ;
    Nous avons décidé de ne plus lui remettre la sonde. Depuis maman est plus sereine et a l’air moins contrarié.Des perfusions de sérum lui sont posées difficilement car elle a des problèmes veineux. La dernière pose a eu lieu hier et maman a eu de fortes douleurs.L’infirmier nous a informés qu’il valait mieux cesser les perfusions IV. En cherchant sur internet, j’ai vu qu’il existait les perfusions sous cutanée. Qu’en pensez-vous ? Certains membres de ma famille ne sont pas d’accord car il considère qu’il ne faut plus s’acharner mais pour moi ce n’est pas de l’acharnement, je veux seulement qu’elle soit hydratée pour éviter d’autres dysfonctionnements, d’autres douleurs. Merci de me répondre.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 22 avril 2017 à 18:57 , par Michel

      Bonjour, Myriam.

      Le problème que vous décrivez est somme toute assez simple.

      Il y a tout d’abord l’idée qu’on peut se faire de la situation. Et ce qui est à peu près certain c’est que personne d’entre nous ne voudrait vivre la vie qui est celle de votre mère, et qu’elle vit depuis cinq ans. Nous devons considérer cela en premier lieu, mais il faut immédiatement nuancer : ce n’est pas parce que nous pensons cela que la malade le pense. C’est elle qui vit ce qu’elle vit, et nous ne pouvons pas dire ce que nous déciderions si nous étions à sa place. L’épouvantable expérience des camps de concentration nous montre que même dans les pires circonstances il peut y avoir une volonté, voire une incompréhensible joie de vivre.

      La question qui se pose est donc de savoir si vous pouvez vous faire une idée de ce qu’elle veut. C’est toujours une entreprise aléatoire, mais de toute manière vous allez être contraints de décider pour elle, et vous ne pourrez rien faire pour éliminer le risque de vous tromper. Vous devez donc faire au moins mal, en vous fiant à votre seule droiture, et en rassemblant les données dont vous pouvez disposer, par exemple :
      - Elle a pu, avant de tomber malade, dire des choses sur de telles situations.
      - Cela ne permet pas d’affirmer qu’elle n’a pas changé d’avis, mais c’est tout de même infiniment mieux que rien.
      - Elle a plusieurs fois enlevé sa sonde d’alimentation. Il faut se demander si ce n’est pas là l’expression d’une volonté, ou s’il s’agit de gestes inconsidérés.
      - Mais elle a toléré son état pendant plusieurs années.
      - Etc.

      Rien de formel, donc, mais précisément, en l’absence d’autres indications il est légitime de s’en tenir au simple sens commun, et de prendre en compte les inconforts de tous ordres que présente certainement sa situation.

      L’abandon de l’alimentation artificielle est donc une décision logique. D’ailleurs il serait inutile maintenant de revenir dessus car la dénutrition est là, probablement irréversible.

      Reste la question, récurrente, de l’hydratation, pour laquelle je ne peux que me répéter :
      - S’il s’agit d’éviter une déshydratation, la voie intraveineuse n’a pas d’intérêt, et la seule solution rationnelle est la voie sous-cutanée.
      - Mais l’hydratation en fin de vie est en général plus nuisible qu’utile.

      Il faut donc de toute manière supprimer les intraveineuses. Quant à la question de l’hydratation, il faut évaluer la situation ; il existe des cas où elle est nécessaire, mais c’est très rare ; c’est donc une décision médicale, qui n’est pas toujours simple à prendre, mais les médecins sont là pour ça, n’est-ce pas ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 9 mars 2017 à 11:59 , par carlier lesur Colette

    j’ai 86 ans et je n’aie plus d’equilibre marche encore avec un déambulateur perdu ma musculature ,opérée il ya _ ans du canal lombaire etrois depuis je porte des releveurs de pieds j’ai du diabete des vieux gliqué -6,8 ne prends pas encor de médicaments je voudrais savoir que manger ds mon cas je pése 66 kget mesure 1,55 ?j’avoue boire le midi un porto celà pour le moral et en mangeant un verre de vin rouge mon dessert un bout de chocolat noir combien de viande ,poisson puisje manger par semaine ?je devrais prendre des proteinnes vegetale mais n’y connais rien ?merci de me donner un gegime j’ajoute que je vis seule d’ou le besoin du petit porto le midi merci beaucoup por vos conseils Colette


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 9 mars 2017 à 16:49 , par Michel

      Bonjour, Colette.

      Je comprends ce que vous voulez dire, mais... il n’est pas question que je vous donne un régime.

      D’abord parce que pour prescrire un régime il faut avoir examiné la personne, et ce n’est pas le cas.

      Ensuite parce que sur ce que vous me dites vous n’avez absolument pas besoin d’un régime. Votre alimentation doit être celle de n’importe quel sujet normal. En particulier :
      - Je n’ai que faire du porto ni du verre de vin.
      - Il n’y a aucune limite à la quantité de viande ou de poisson que vous pouvez manger.
      - Vous n’avez pas plus de raison que moi de prendre des protéines végétales (même si ce sont en effet d’excellents aliments ; vous avez quelque chose d’assez clair à http://www.vegetarisme.fr/comment-devenir-vegetarien/alimentation-equilibree/proteine-vegetale/).
      - Votre diabète n’appelle pas de mesures particulières.

      Et il ne faut surtout pas oublier de vous faire plaisir.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 16 janvier 2017 à 10:56 , par hossu sonia

    Je travaille en ehpad
    les résidents ayant de gros risques de fausse routes ( plusieurs fausses routes ayant nécessité antibiothérapie pour broncho pneumopathie), pour moi, c’est l’ IDE qui donne le traitement et évalue si le résident peut s’alimenter ( endormissement ; toux...) et qui donne l’aval à l’aide soignante ?
    En aucun cas c’est à l’agent du petit déjeuner qui ’fait déjeuner’ le résident.
    Trop de risques... ; glissement de tâches ;
    merci de votre réponse


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 16 janvier 2017 à 18:28 , par Michel

      Bonjour, Sonia.

      Sur le papier vous avez raison : le plan de soins est sous la responsabilité de l’infirmière, c’est donc elle qui doit le fixer.

      Mais je mettrais un bémol. Car tous les membres de l’équipe ont une approche personnelle et des connaissances personnelles. Cela peut avoir une grande importance, surtout dans un domaine comme les fausses routes, dans lequel le savoir, le vrai, les notions avérées et contrôlées, est particulièrement maigre : il y a beaucoup de croyances, beaucoup de préjugés, d’idées faussement logiques, voire des éléments de pensée magique, mais bien peu de certitudes scientifiques.

      C’est pourquoi, et même si en dernier ressort c’est l’infirmière qui engage sa responsabilité, je n’imagine pas qu’on puisse prendre une décision relative à l’alimentation d’un malade à risque de fausses routes sans une réflexion d’équipe. Ajoutons que cette réflexion doit impliquer le médecin, mais là je sais que je rêve.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 9 décembre 2016 à 09:15

    Bonjour,
    Je suis étudiante infirmière et actuellement en stage dans un EHPAD.
    Lors de l’aide au repas, une dame ne voulait pas manger.Un aide soignante est venu me dire que cette dame mangeait à la "seringue de gavage " ce qui pour moi est impensable. J’ai donc refusé cette pratique et en étant patiente j’ai réussi à la faire manger. Je suis allée en reparler avec l’aide soignante qui m’expliquait qu’habituellement elle n’ouvre pas la bouche que c’est mécanique et que seule une alimentation par "seringue de gavage" permet une bonne alimentation et évite les escarres. J’ai donc évoqué quelques solution comme l’alimentation parentérale, enterale, par gastrostomie mais l’équipe m’explique que c’est mieux comme cela et que cela fait partie de leur projet de vie. Je respecte leur décision mais je refuse d’alimenter quelqu’un de cette façon. Je le ferais uniquement si la famille de la personne me le demande. Est ce légal de faire cela ? Il s’agit d’une seringue de 50cc avec un embout conique qu’ils introduisent sur le coté de la joues et appuient sur le piston. Je ne suis pas sur qu’à l’aire ou l’on veut interdire le gavage des oies et canard on autorise celui de la personne âgée mais je ne trouve pas de texte sur cela et j’aimerai faire mon analyse de pratique sur ce sujet pouvez vous m’aiguiller ? merci


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 9 décembre 2016 à 22:16 , par Michel

      Bonsoir, Lore.

      Votre question est caractéristique, et va me permettre quelques commentaires, mais pas forcément ceux que vous attendez.

      En premier lieu je vous parlerai de votre statut. Car la question que vous posez, par exemple sur la gastrostomie, est pertinente, mais :
      - Vous êtes en stage, et vous n’êtes pas en situation de remettre en cause la pertinence du plan de soins.
      - D’autant que vous ne savez pas si cette question n’a pas été déjà débattue en équipe, comment ce débat s’est déroulé, à quels conflits, quelles souffrances il a donné lieu.
      - Par ailleurs vous faites partie d’une équipe, et vous ne pouvez pas vous retirer du plan de soins qui a été élaboré en commun. Il est très difficile de l’admettre, mais les faits sont que c’est l’équipe, et non chacun de ses membres, qui est efficace.
      Cela dit, si l’équipe consent à vous dispenser de ce soin, la question est résolue.

      En second lieu la manière dont vous présentez les choses est très éclairante : à l’heure où l’on veut interdire le gavage des oies et canards ; ce qui vous choque c’est l’image renvoyée par la technique. Mais… c’est une mauvaise raison de critiquer la méthode (je passe sur le fait que, amoureux comme je le suis du foie gras, j’espère bien qu’on va s’abstenir de cette sottise que serait l’interdiction du gavage). Je veux dire que votre rôle de professionnelle est précisément de ne pas vous laisser influencer par l’image que donne telle ou telle situation : ce qui doit guider votre action, c’est et ce n’est que l’efficacité.

      Mais en troisième lieu vous avez raison, même si ce n’est pas exactement comme vous le pensez. Car la seringue de gavage pose essentiellement le problème de ses dangers, qui sont de deux ordres :
      - Le risque de lésion de la muqueuse buccale, problème connu, documenté et très fréquent.
      - Et bien plus encore le risque de fausse route. Car la meilleure manière de provoquer une fausse route est d’introduire un aliment, surtout liquide, dans la bouche d’un patient qui ne s’y attend pas et qui n’a pas eu le temps de préparer sa déglutition.
      Ce n’est pas pour des raisons symboliques qu’il faut éviter la seringue de gavage, c’est pour des raisons de sécurité.

      En quatrième lieu il existe une excellente solution alternative : c’est le biberon. Les choses s’y passent exactement comme avec la seringue sauf que c’est le patient qui commande l’arrivée de l’aliment dans sa bouche, et que de ce fait le risque de fausse route est pratiquement supprimé ; d’autre part la tétine n’est pas traumatisante.

      Mais vous voyez immédiatement que vous aurez à affronter un jugement très négatif : donner le biberon à une vieille personne, c’est dégradant, n’est-ce pas ? Sauf que cela n’a aucun sens.
      - Parce que la question n’est pas de savoir si c’est dégradant, mais si c’est efficace.
      - Et parce que les soignants qui trouvent dégradant de donner le biberon à une vieille personne n’ont aucun état d’âme quand il s’agit de lui mettre une couche…

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’alimentation du sujet âgé Le 13 décembre 2016 à 10:29 , par Lore

        Bonjour,
        Je suis soulagée par votre réponse. Mon récit ne devait pas être bien formulé car le gavage des canards et oies ne me choque pas particulièrement . Ce qui me dérange c’est que beaucoup de personne s’attardent sur des questionnements sur les animaux mais se préoccupent que très peu des problématiques d’êtres humains. Pour ma part, vous l’avez compris je ne trouve pas que l’alimentation à la seringue soit une très bonne chose d’une part comme vous l’avez évoqué à cause de la sécurité de la personne ( j’avoue ne pas avoir pensé à cet argument), d’autre part je pense que manger reste un plaisir donc cela ne doit pas être fait en force. Hors sur 10 résidents alimentés à la seringues 9 froncent les sourcils et même recrache une bonne partie. Le bénéfice d’une telle alimentation n’est présent, à mes yeux, que pour éviter l’altération cutanée.Pour autant d’autre possibilité sont connues pour y remédier.
        L’objectif de mon écrit n’est pas de critiquer négativement un fonctionnement d’équipe bien au contraire . L’équipe m’a d’ailleurs félicité lors de mon rapport de fin de stage pour l’intérêt, le questionnement et les recherches que j’ai effectué lors de mon passage. Certains points ont été retenus d’autre sont plus complexes comme celui de l’alimentation car le manque d’argent, de personnel, l’isolement géographique ( la clinique la plus proche est à 30 km et le spécialiste de l’oralité le plus proche est à 80 Km) rend difficile la prise en charge optimale. Ils font donc au mieux avec les moyens qu’ils ont.
        Aussi, vous l’avez très bien dit, je n’étais pas présente lors des décisions d’équipe je ne peux donc pas les remettre en cause certe , pour autant je ne peux pas appliquer bêtement quelque chose qui n’est pas en accord avec moi même. Je préfère dans ce cas faire preuve de congruence.
        A ce jour j’ai un poste de stagiaire en effet, mais j’ai été aide soignante pendant 6 ans en oncologie- hématologie et un an en réanimation , ce qui me donne une petite expérience dans l’accompagnement en fin de vie. Expérience sur laquelle j’aime échanger et que j’aime enrichir. Lorsque je me suis interrogée sur cette pratique qui me dérangeait, la réponse n’était pour ma part pas suffisamment pertinente pour que je puisse adopter cette pratique. Avec le temps et un entretien avec le médecin coordinateur, j’aurai certainement mieux saisie le sens et donc pu voir différemment les choses. La durée de mon stage ne l’a pas permis. C’est en partie pour cela que je vous ai sollicité également.
        Merci de votre disponibilité
        Cordialement
        Lore


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 14 décembre 2016 à 22:07 , par Michel

          Bonsoir, Lore.

          Je vois que nous sommes sur la même conception. Et vous avez bien raison de noter que l’alimentation doit d’abord être un plaisir.

          Mais il faut sans doute aller un peu plus loin.

          Car ce qui anime l’équipe, c’est le désir de maintenir une alimentation suffisante dans un but de survie. C’est une nutrition traitement. Dans ce cas, vous auriez tort de rester attachée à cette idée de plaisir : si c’est un traitement, il faut traiter. Ne l’oublions pas, le plaisir n’est pas la clé absolue de toute prise en soin.

          Ce qui fait que vous avez raison, ce n’est donc pas cela. C’est que de toute manière il est illusoire d’espérer être suffisamment efficace par ce moyen ; d’autre part si les choses en sont à ce point il faut, comme vous le laissez entrevoir, se poser la question d’une fin de vie. C’est pour ces deux raisons que la question du plaisir redevient primordiale : on ne peut imposer à un malade un désagrément sans bénéfice.

          Bien à vous,

          M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 28 septembre 2016 à 19:07 , par Elise

    Bonjour docteur des nouvelle de mon papa de 96 ans10jours viennent de passe il y as 1 léger Mieux au niveau alimentation ils prend mieux c est complément ainsi que sa crème dessert mais son état cognitif eux ne s arrange pas du tout il est complètement perdu il continue de nous parler de sa fête et qu il va rentrer chez lui que les travaux sont fini alors que la maison est vendu depuis 4 ans il ne se rappelle pas qu il est en ephad. il a fait plusieurs micro avc dont 1en janvier n arrête pas de se grater les mains il dit qu il voit des feuilles dessus tous les jours c est comme ça quand il ne sommenol pas dans sa chaise mais malgré ça.je le trouve mieux fatiguer mais mieux si possible merci de me répondre voir se que vous en penser


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 2 octobre 2016 à 16:11 , par Michel

      Bonjour, Élise.

      Je ne vais rien pouvoir vous dire de plus. Il est bon que l’appétit de votre père s’améliore, mais cela reste bien précaire et insuffisant. Par ailleurs, comme vous le soulignez, son état intellectuel, lui, reste grave, et s’il n’y a pas pour l’expliquer un élément causal réversible (et je ne rêverais pas trop là-dessus), il est à craindre que les choses ne finissent mal. Sans oublier que cette aggravation cognitive peut aussi correspondre à un mécanisme protecteur qui lui évite d’être trop conscient de ce qui est en train de se passer.

      Il faut donc attendre, et maintenir ce que vous faites jusqu’ici. Je sais combien cela peut être dur.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 16 septembre 2016 à 08:22

    Bonjour mon père âgé. De 96ans en ephad depuis 4ans au décès de ma mère ne s alimente. presque plus il refuse ses repas et également les compléments grabataire il a perdu sa force il n à que la peau. et les os. Pert la tête nous reconnaît de temps en temps et vie souvent dans son passé depuis juin il a perdu en poids 6kg. de plus il a contacter une pemphigoïde bulleuse. Ont lui donne des soins de confort car aucune guérison au bout vu son état il demande son lit l après midi mais les infirmiers refuse peur d escarres boit peu quand on pense à lui donner surtout avec la chaleur de cet été donc deshydratation son alimentation. est le chocolat 1/2tablette par jour. Ont ne peut pas le mettre sous perfusion. Car impossible de le piquer vu sa. maigreur 46kg comment faire pour le force à s alimenter. Merci


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 16 septembre 2016 à 17:15 , par Michel

      Bonjour, et merci de ce message.

      La situation que vous décrivez est très sérieuse, en effet. Je dirais qu’il n’y a que deux questions à se poser. Car s’il est une chose qui est exclue, c’est d’entreprendre une alimentation artificielle, quelle qu’en soit la méthode. Je crois comprendre d’ailleurs que personne, heureusement, ne l’a proposé.

      La première est de savoir si on peut trouver une raison pour laquelle il ne mange pas. La liste est longue, mais tous les gériatres la connaissent. Il faudrait donc être certain que toutes les investigations raisonnables ont été menées, en commençant par les choses les plus simples (problème de bouche, d’inconfort, de constipation, infections plus ou moins chroniques, traitements anorexiants, dépression, etc).

      Mais j’ai bien peur que nous n’arrivions rapidement à la seconde : quel est le désir du patient ? Car il peut très bien s’agir aussi d’une de ces très vieilles personnes qui, consciemment ou non, délibérément ou non, ont décidé que cela suffisait comme ça. Elles s’arrêtent de manger et attendent la fin.

      Si c’est le cas, alors, et sous réserve qu’on ait, comme je vous l’ai indiqué, vérifié qu’il n’y a pas une cause simple sur laquelle on pourrait agir, alors il ne faut rien faire :
      - Parce que le droit de prendre congé de la vie est un droit absolu.
      - Parce que rien ne permet d’inverser le cours des choses, et que ces patients arrivent toujours à leurs fins ; ce qu’on met en place pour essayer de les faire manger ne fait que créer des conflits et les faire souffrir.

      Mais ne rien faire, c’est faire beaucoup de choses.
      - Même s’il perd la tête, il est possible de lui en parler et souvent d’avoir d’une manière ou d’une autre une réponse.
      - Le fait de s’incliner devant sa volonté (si c’est le cas) ne signifie nullement qu’on l’approuve : je peux ne pas être d’accord avec les décisions de mes enfants, et les accepter quand même.
      - Vous pouvez continuer à lui manifester votre souhait qu’il mange, en veillant à lui préparer ce qu’il aime.
      - Et en toute hypothèse rester près de lui et l’accompagner sur le chemin qu’il prend.

      Je reste à votre disposition pour en reparler.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’alimentation du sujet âgé Le 17 septembre 2016 à 10:00 , par Elise

        Merci pour votre réponse hier j ai été le voir à 16h il avait. bu sont complètement alimentaire +1creme dessert que l ont nous a dit mais dans cette ephad. Il ne disent jamais pareil. donc pour savoir le vrai je luis ai demander mais il ne comprend. plus rien à part qui hier il voulait rentrer chez lui car il avait prévu. 1tres grande fête. avec toute sa famille. enfants. Petits enfants. et arrière petites questions enfants. Les petits bouts comme il m’a dit alors qu il ne s en.es jamais préoccupé et en as priver ma mère qui en a souffert. Il n à parler que de ça.toute la soirée .. Ils disait qu il y avait beaucoup. A manger avec le champagne . et qu il fallait partir de suite car tout le monde était déjà arriver. et qu ils attendaient Pourquoi. Il m’a fait beaucoup fait de peine il essayer de nous suivre mais vu sa force sa fatigue sont corp tout dessécher n arriver pas à faire avancer sa chaise roulante il nous regarder il voulait partir avec nous à sa fête le souper est arriver il ne voulait pas manger. Quand cela va t il cesser c est trop dur de le voir dans cette état. Je vois bien qu il souffre. Merci de me répondre


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 17 septembre 2016 à 16:30 , par Michel

          Bonjour, Élise.

          Vous apportez ici de nouvelles précisions. En particulier vous indiquez que votre père est actuellement dans un état où il a du mal à se repérer dans la réalité.

          Évidemment il serait précieux de savoir s’il s’agit là d’un état récent, qui pourrait évoquer par exemple une confusion mentale liée à une pathologie qui pourrait expliquer aussi son anorexie, ou si, comme on peut le craindre, c’est l’expression d’un état de démence plus avancée que vous ne l’aviez cru jusqu’ici. Mais quelle que soit l’hypothèse retenue je crois qu’il faut toujours essayer de l’interroger sur ses intentions : il se peut que cela ne serve à rien, mais on a trop souvent des surprises pour négliger cette possibilité.

          Je n’attacherais pas une grande importance au fait qu’il a pris un complément alimentaire et une crème dessert : ce sont des apports dérisoires, qui malheureusement ne vont rien changer à la situation. Comme je l’ai écrit dans les articles consacrés à l’alimentation, les compléments ne sont que des compléments, ce qui veut dire que leur rôle se limite à permettre à un sujet qui mange, mais pas assez, de normaliser se apports caloriques ; à eux seuls ils ne peuvent rien.

          Je ne vais pas non plus faire de la psychologie de comptoir en me demandant s’il faut lire un éventuel langage symbolique ce qu’il dit quand il veut partir ; je sais seulement que la question peut être posée ; de même il est troublant qu’il parle, précisément, du repas qu’il veut faire, mais ceci ne donne aucune piste ; sauf qu’il vaut la peine de continuer à lui proposer des choses qu’il aime (y compris si c’est du champagne). Je doute que cela aboutisse : ce que ses mots disent c’est qu’il mangera, mais pas dans cet établissement, et pas ce qu’on lui donne ; et outre qu’on ne voit pas très bien comment on pourrait de manière réaliste répondre à ce désir, on sait bien que quand par miracle on y arrive ces malades trouvent une autre raison de ne pas manger.

          Ce qu’il faut noter c’est votre question : Quand cela va-t-il cesser ? c’est trop dur de le voir dans cet état. Dans votre premier message, vous parliez de le forcer à manger ; et j’ai attiré votre attention sur le fait que, posé ainsi, un tel projet avait toute chance de s’apparenter à une mesure d’acharnement thérapeutique. Voici qu’à présent vous basculez dans une autre dimension, et vous vous demandez quel sens peut avoir la poursuite de sa vie. Ces oscillations entre deux position assez opposées est la moindre des choses dans la situation où vous vous trouvez. Mais je crois que ce qui pourrait vous aider serait de trouver une voie moyenne, plus sereine, plus paisible, plus réaliste. Vous écrivez : Je vois bien qu il souffre. Je le comprends, mais je n’irais pas si vite : il faut, et je sais combien c’est difficile, faire le tri entre ce que vous ressentez parce que vous souffrez de le voir ainsi et ce qu’il ressent réellement. Le plus probable est que le monde qu’il s’est construit et dans lequel il vit (et il se l’est construit précisément pour cela) le protège contre une perception trop aiguë de son état, de sorte que pour lui les choses se passent mieux que vous ne le craignez. Mais c’est à vérifier, bien sûr, et encore plus à surveiller.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • L’alimentation du sujet âgé Le 17 septembre 2016 à 19:27 , par Elise

            Oui. je penser que de le faire manger était pour son bien vu sa maigreur il me fait pitié. mais hier en allant le voir il n arrêter pas de se grater. Vu sa maladie qui l as atteint depuis plusieurs moi. Plus ne me comprends plus. et parle de drôle de chose. j ai peur car il souffre. et je sais qu il ne tarderas pas à nous quitter. Merci pour m avoir aider à mieux comprendre. la situation alimentaire de mon pauvre.papa


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            • L’alimentation du sujet âgé Le 18 septembre 2016 à 11:32 , par Michel

              Bonjour, Élise.

              Je ne vais pas vous raconter que votre père ne souffre pas. par exemple les démangeaisons peuvent effectivement engendrer un lourd inconfort, et ce n’est pas le symptôme le plus facile à gérer : on ne peut guère le faire qu’en recourant à des produits qui ont tous en commun d’être très sédatifs, ce qui pose tout de même quelques problèmes, ou en utilisant des corticoïdes, par voie locale ou générale, ce qui présente d’autres risques devant lesquels je comprends qu’on hésite. Mais je vous le redis : votre principale difficulté dans cette situation va être de faire la part de la souffrance que vous éprouvez et celle de la souffrance de votre père. Votre mot est révélateur : vu sa maigreur il me fait pitié ; je comprends cela, je les ai bien souvent vus, ces malades, et je sais qu’il faut se cramponner à sa raison pour réussir à faire la part des choses. Il le faut néanmoins, et arriver à considérer que, tout bien pesé, et s’il me semble malheureusement probable que l’avenir de votre père est compromis, son niveau de confort a toute chance d’être moins catastrophique que la vision désespérante qu’il vous donne.

              Bien à vous,

              M.C.


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          • L’alimentation du sujet âgé Le 17 septembre 2016 à 20:19 , par Elise

            Mon père a fait plusieurs micro avc. Don 1en janvier qui lui as paralysée le bras gauche mais sa mémoire. S empire encore merci


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 16 avril 2016 à 00:17 , par Saliha BERKANI

    Ma mère est agée de 96 ans elle souffre d’un asthme bronchite,dernièrement elle a été terrassée par une grippe lui faisant perdre plusieurs kilos ; la grippe a été soignée, mais maintenant elle souffre d’une dénutrition, suite à ce là elle a affaiblie et elle a perdu son autonomie, elle refuse toute nourriture, je lui fait avaler de temps à autre quelques cuillères mais difficilement, je tiens à vous signaler aussi qu’elle présente parfois de fortes fièvres. Quelle est la solution, je me sens impuissante ?
    Merci de votre aide.
    Bien à vous.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 17 avril 2016 à 09:44 , par Michel

      Bonjour, Saliha.

      La seule question que j’ai envie de vous poser c’est : que dit votre mère ?

      Car si elle ne mange pas, il n’y a que peu d’hypothèses :
      - Contrairement à ce qu’on a cru, la maladie qui a tout déclenché n’est pas guérie ; et ce n’était pas une grippe. Ce serait très fâcheux, car il faudrait alors décider si on va lui imposer des examens plus ou moins compliqués et pénibles pour un résultat plus qu’incertain.
      - La maladie causale a guéri, mais il y en a une autre en cours, dont témoigne par exemple la fièvre. Cela pose le même problème.
      - Tout a guéri, mais elle est empêchée de manger par quelque chose. La liste de ces quelque chose est longue, je me bornerai aux quatre plus fréquents qui sont les médicaments, la constipation, la douleur, la mycose buccale.
      - Mais il ne faut pas oublier que la principale cause dans ces situations est tout simplement la volonté du malade. A 96 ans on a le droit de décider qu’on a suffisamment vécu, et si je peux comprendre qu’on fasse au sujet jeune un devoir de tout faire pour rester en vie, je crois que la question ne se pose pas de la même manière quand on est, comme l’écrit si magnifiquement la Bible, chargé d’ans et rassasié de jours.

      Si c’est le cas, alors il faut savoir que vous n’aboutirez à rien : le malade qui a décidé de ne plus lutter arrive toujours à ses fins, tout ce que vous essaierez de faire ne sera que tourment inefficace.

      Je dirais donc que votre rôle est triple :
      - Essayer de vous faire une idée sur ce point.
      - Si vous arrivez à la conviction qu’en fait elle ne veut plus sa battre, lui dire que vous ne pouvez pas l’approuver.
      - Mais que si c’est sa volonté vous pouvez la respecter.

      Tout le problème est donc de continuer à lui montrer votre désir qu’elle mange sans pour autant en arriver à une sorte de harcèlement, d’autant qu’il est voué à l’échec.

      Mais ceci ne vaut que si les trois premiers points, qui sont strictement médicaux, ont été évalués à fond.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 31 mars 2016 à 14:07 , par Willemain

    Bonjour,

    Ma grand-mère de 85 ans a été opérée le 9 décembre 2015, ablation des 4/5ème de l’estomac car elle avait 2 gros ulcères qui étaient cancereux. Après l’opération le chirurgien nous a dit que tout c’était bien passé, qu’elle n’avait pas besoin de faire de chimio, plus de cancer, son état est bénin. La seule complication qu’il y a eu est que ma grand-mère a fait plusieurs fistules. Elle était nourrit par voie entérale.

    Début janvier 2016 elle a eu une nouvelle opération le chirurgien lui a mis une prothèse pour ne plus avoir de fistules. Mais elle n’arrivait presque pas à s’alimenter mais était toujours nourrit par voie entérale.

    Après cette 2ème opération elle a été en maison de repos, elle devait y rester un mois elle n’est restée que 15 jours car elle n’arrivait pas bien à s’alimenter, elle avait de nouveau des fistules.

    Elle est donc retournée à l’hôpital et a été opérée une 3ème fois au mois de février cette fois-ci c’était pour mettre un anneau à la place de la prothèse, le chirurgien a dit qu’avec l’anneau il y a plus de chance de réussite q’avec la prothèse.

    Suite à cette 3ème opération ma grand-mère allait beaucoup mieux elle arrivait même à s’alimenter.

    Le chirurgien à donc décider de la remettre en maison de repos. Les 2 premiers jours elle vomissait, elle ne mangeait pas. Après ça allait mieux elle s’est alimenter à peu près correctement pendant 4, 5 jours et après elle n’arrivait plus trop à manger. J’ai demandé à ma grand-mère pourquoi elle ne mangeait pas elle m’a répondu qu’elle n’aimait pas ce qu’on lui donnait à manger de plus elle disait que ça ne passait pas trop lorsqu’elle avalait.

    Au bout de 3 semaines de maison de repos elle était anémié, le médecin de la maison de repos a donc averti le chirurgien qui l’a remis à l’hôpital début mars. Les médecins l’on donc alimenter par voie enterale pendant 15 jours.

    Le gros problème est que maintenant elle refuse de s’alimenter, elle est en dépression d’ailleurs elle prend un traitement pour ça. Le chirurgien a dit qu’elle était en train de se laisser glisser. Il y a quelques jours elle était énervé parfois même agressive aussi bien avec nous qu’avec les infirmières, maintenant elle est moins agressive mais elle pleure beaucoup.

    L’assistante sociale a décidée avec le chirurgien de la remettre en maison de repos le 30 mars dernier pour qu’elle s’alimente et retrouve son autonomie. Elle a dit que si ça ne fonctionnait pas ma grand-mère serait obligée d’aller en maison de retraite. Elle l’a bien précisée aussi à ma grand-mère.

    Ma grand-mère en a marre, elle se plaint, elle dit qu’elle veut rentrer chez elle. Je dois aussi vous préciser que je vit avec elle.

    Je suis désemparée, je pleure tous les jours depuis 3 mois et demi, c’est trop dure de la voir comme ça.

    Je l’appelle tous les jours et je vais la voir régulièrement avec mes proches. Je la rassure, je l’encourage, je lui dis qu’il faut qu’elle mange pour qu’elle retrouver son autonomie afin qu’elle puisse rentrer à la maison.

    Comment faire pour que tout se passe bien et qu’elle puisse rentrer à la maison ?
    Je tiens également à vous préciser qu’elle ne veut pas aller en maison de retraite. Si elle est obligée d’y aller elle se laissera mourir.

    Je voulais également vous préciser qu’elle a passée une IRM du crâne, les résultats sont bon elle n’a rien.

    Merci de votre aide.

    Bien à vous.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 3 avril 2016 à 18:02 , par Michel

      Bonjour, Valérie.

      Vous décrivez une situation bien délicate.

      Parlons tout d’abord de la situation initiale. Il s’agit d’une dame un peu âgée qui a perdu l’essentiel de son estomac. Ce n’est pas gravissime mais ce n’est tout de même pas une petite affaire.

      Sur le cancer, le chirurgien a largement raison : les cancers de l’estomac à forme ulcéreuse sont de bien meilleur pronostic que ceux à forme bourgeonnante. Reste que ce sont des cancers, et qu’il est sans doute un peu tôt pour affirmer que la question est définitivement réglée.

      Mais il y a des fistules. On n’en sait pas plus et c’est très dommage : d’abord la fistule réalise une communication entre deux espaces ; je suppose bien que le premier de ces espaces est l’estomac, mais quel est le second ? L’estomac est le point de départ mais quel est le point d’arrivée ? Et surtout, pourquoi y a-t-il des fistules ? Le plus souvent on ne trouve pas réellement d’explication, c’est vrai ; mais il peut se faire aussi que la fistule se produise parce que le tissu autour de l’estomac n’est pas tout à fait aussi sain qu’on le voudrait.

      Ceci n’a malheureusement pas beaucoup d’importance à court terme, car les fistules en elles-mêmes sont des sources d’affaiblissement et de dénutrition.

      Tout cela n’aide pas à se faire une idée précise de ce qui se passe et de ce qu’on peut espérer.

      Oc c’est là que les choses deviennent terriblement délicates.

      Car votre grand-mère ne veut plus se battre. Il ne faut jamais oublier que c’est son droit. Tout le problème est de savoir si c’est le moment.

      Si elle doit aller de rechute en rechute, ou vivre avec des soins très lourds, ou dans un environnement qu’elle refuse, et si elle décide que dans ces conditions elle ne veut pas voir la suite, alors à titre personnel je la comprends.

      Le mieux serait donc d’avoir avec elle une discussion loyale. Pour cela il faut avoir une idée exacte de ce qu’il est possible d’espérer, ce qui pourrait passer, par exemple (mais peut-être le chirurgien en sait-il assez) par un bilan gériatrique. Il s’agit en effet de passer un contrat avec votre grand-mère : si elle fait tel et tel effort, si elle accepte tel et tel soin, voici ce qu’on peut espérer, voici à quoi on peut s’engager. Je dis bien : un contrat ; car en la menaçant de la maison de retraite on a toute chance d’être contre-productif, et il ne faut jamais oublier que la vieille personne qui a décidé de se laisser mourir parvient toujours à ses fins, la seule chose qu’on obtient en luttant contre sa volonté est de rendre sa fin de vie plus longue et plus pénible. De même il n’est pas efficace de la stimuler à manger ; la plainte essentielle des malades qui ne mangent pas, c’est qu’ils souffrent de l’insistance de leurs proches. Tout le problème est de lui faire entendre que vous aimeriez qu’elle mange, mais que vous êtes prête à accepter qu’elle ne le fasse pas.

      Par ailleurs si son désir est de rentrer à la maison, il faut l’examiner, même si c’est pour y mourir ; se demander ce qui peut être mis en place en termes d’aides à domicile, ce que vous pouvez investir sans vous brûler, etc. Et bien sûr se demander ce que pense le reste de la famille.

      Tout cela est très compliqué, mais vous disposez d’un outil irremplaçable pour vous guider : votre cœur. Faites-lui confiance.

      Je reste à votre écoute.

      Bien à vous,

      M.C.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 6 avril 2016 à 10:40 , par valérie

      Bonjour,

      Tout d’abord je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre.

      Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelle de ma grand-mère. Elle est en maison de repos depuis 1 semaine, elle se sent mieux, elle est plus calme et moins agressive. Elle est toujours sous anti-dépresseur.
      Depuis qu’elle est là-bas elle accepte de s’alimenter mais que de yaourts et compote elle prend également son petit déjeuner.

      Les médecins disent que ce n’est pas assez qu’il faut également qu’elle mange les féculents, légumes et protéine même si elle n’arrive pas à tout finir il faut qu’elle mange, mais elle dit qu’elle ne peut pas manger plus qu’elle n’a pas faim. De ce fait elle nourrit également par voie entérale.

      J’ai contacté l’assistante sociale de l’hôpital qui m’informe qu’elle ne mange pas assez et que cela risque de compromettre le retour au domicile après la maison de repos et qu’il faut également qu’elle retrouve son autonomie.

      Ma grand-mère m’a dit qu’elle voudrait absolument rentrer chez elle mais je ne sais pas quoi faire pour que cela soit possible. Quand je lui dis qu’il faut qu’elle mange un peu plus pour pouvoir rentrer à la maison sinon elle ne pourra pas, elle me dit que c’est pas vrai que je raconte n’importe quoi. Elle croit que je lui fait du chantage. Je sais qu’il y a les aides à domicile et les infirmières qui viendront mais l’assistante sociale me dit qu’ils ne resteront pas toute la journée à domicile avec ma grand-mère et qu’il y aura des moments où elle sera seule. L’assistante sociale n’est pas trop rassurée qu’elle puisse rester seule.

      Je vis avec elle mais je travail et dans mon entourage il y a personne qui peut rester avec elle la journée.

      Je vous précise également qu’elle a des troubles cognitifs de la mémoire depuis qu’elle ne s’alimente pas assez et qu’elle est en dépression.

      Que dois-je faire pour que le retour à domicile soit possible ?

      Merci de votre aide.

      Bien à vous.


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      • L’alimentation du sujet âgé Le 7 avril 2016 à 08:00 , par Michel

        Bonjour, Valérie.

        Vous apportez aujourd’hui de bonnes nouvelles : soit qu’elle reprenne confiance, soit que le traitement antidépresseur commence à faire son effet, elle recommence à manger. J’ai bien noté qu’on est loin du compte, et que rien n’est gagné, mais cela va mieux.

        Pour une fois cela donne envie de faire une exception et de voir ce qu’il est possible de faire de matière de compléments alimentaires. Je le redis : je n’aime pas ces produits, qui sont bien plus chers et guère plus efficaces que les desserts que vous feriez vous-même ; je redis aussi qu’ils ne servent qu’à compléter une alimentation qui est presque normale, et non à suppléer l’absence d’alimentation. Ici, ce qui m’y fait penser, c’est que visiblement votre grand-mère aime plutôt les choses sucrées. Il n’est pas très bon de manger trop de sucré, mais dans ce cas particulier on s’en moque complètement.

        Qu’entendez-vous par elle est nourrie également par voie entérale ?

        Les médecins ont raison de dire que ce n’est pas assez, sauf que ça ne sert pas à grand-chose de le dire. D’abord parc qu’il faut être patient ; ensuite parce qu’il faut être sûr que tous les traitements inutiles ont été enlevée, qu’on s’est occupé de son état buccal, qu’on a bien pris en charge la douleur, etc. Et il y a tout de même quelques médicaments qui sont capables de stimuler un peu l’appétit.

        Je ne sais pas ce qui est possible à domicile ; il faut faire l’inventaire des ressources disponibles, il faut mieux connaître votre grand-mère, et il faut avoir visité le domicile. Mais j’ai une intuition : tout le monde est inquiet, et tout le monde est crispé sur cette histoire d’alimentation. Je le serais sans doute aussi, mais :
        - Qu’est-ce qui prouve que si elle rentre chez elle, retrouvant ses habitudes, elle ne va pas se remettre à manger ?
        - Quelle est l’alternative ?

        Et il faudrait avoir quelques certitudes sur son état intellectuel exact. Vous indiquez : Je vous précise également qu’elle a des troubles cognitifs de la mémoire depuis qu’elle ne s’alimente pas assez et qu’elle est en dépression. Malheureusement je ne vous crois pas : elle a un trouble cognitif, il est largement passé inaperçu, mais il existe depuis longtemps et l’épisode actuel n’a fait que le révéler. Or le facteur limitant de cette situation, ce n’est pas l’amélioration de l’appétit c’est son aptitude intellectuelle à assumer ce retour à domicile. Et c’est cela qu’il faut évaluer. Rapidement je dirais que je me moque complètement de savoir s’il y aura des moments où elle sera seule. Il y a une foule de déments qui sont seuls chez eux, et tout se passe bien. Si on dit que son état intellectuel ne lui permet pas de vivre sans une présence permanente près d’elle alors c’est qu’elle est terriblement dégradée, bien plus que vous ne le laissez imaginer.

        Donc vous avez besoin de cette évaluation intellectuelle. Pour la décision c’est bien plus important que tout le reste. En n’oubliant jamais que le risque de la maison de retraite est au moins aussi important que le risque du domicile.

        Bien à vous,

        M.C.


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 13 avril 2016 à 13:53 , par valérie

          Bonjour,

          Je viens vous donner des nouvelles de ma grand-mère de 85 ans. Elle est actuellement en maison de repos, elle a retrouvé son autonomie mais par contre au niveau de l’alimentation ça n’évolue pas elle mange que des yaourts et compotes.

          J’ai eu un entretien hier avec le médecin de la maison de repos qui m’a informé que ma grand-mère était démente, qu’elle faisait de la sénilité et qu’elle était anorexique.

          La semaine dernière elle était sortie dans le couloir elle avait le haut de son pyjama mais pas le bas. Le médecin l’a ramené dans sa chambre pour qu’elle mette le bas du pyjama mais elle n’a pas voulu, elle s’est énervé contre eux. Samedi dernier elle m’a demandé de regardé dans le placard pour voir si il y avait pas une boîte à sucre. J’ai retrouvé une cuillère à café dans sa trousse de toilette. Elle se sent persécutée, elle dit qu’ils l’a retienne prisonnière. Les infirmières disent qu’elle est en opposition et qu’elle est agressive. Elle ne sais pas le jour qu’on ai ni la date.

          Le médecin m’a informée que la maison de repos où elle est actuellement n’était pas sa place car ils ne s’occupent pas des personnes démentes, il s’agit d’une maison de repos qui s’occupe uniquement des cancers.
          Elle va donc chercher une autre maison de repos mieux adaptée, elle m’a dit en gériatrie afin qu’il puisse s’occuper d’elle et d’évaluer son état.

          Elle m’a dit que le retour à domicile risque d’être difficile car il faudra constamment s’occuper d’elle. Elle m’a suggérée de faire un essai de 24h ou 48h en demandant une permission pour que ma grand-mère rentre à domicile afin de voir si à la maison elle retrouverait ses repères et si son état pourrait s’améliorer une fois à domicile. Pensez-vous que c’est une bonne idée ? J’avoue que ça me fais un peu peur car je ne sais pas quelle réaction elle va avoir à domicile.

          Le médecin dit qu’après la seule solution est qu’elle aille en maison de retraite EHPAD.

          Je voulais également vous demander si elle sera obligée d’être sous tutelle ? Est-ce indispensable ?Concernant les papiers administratifs c’est moi qui m’en suit toujours occupé jusqu’à présent étant donné que je vis avec elle. J’ai la procuration sur son compte bancaire et quand elle a besoin je vais retirer de l’argent.

          Merci de votre aide.

          Bien à vous.


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          • L’alimentation du sujet âgé Le 13 avril 2016 à 21:18 , par Michel

            Bonsoir, Valérie.

            Je n’ai pas d’éléments pour me prononcer, bien sûr. Mais il y a malheureusement une forte certitude pour que le pronostic du médecin ne soit le bon.

            Il importe de transférer votre grand-mère en gériatrie : à ce qui est un tournant de sa vie, il est obligatoire de faire une évaluation précise de ce qui se passe, de ce dont elle est encore capable, de ce qu’on peut espérer. Aucune décision ne peut être prise loyalement sans ce bilan.

            Il sera sans doute nécessaire de faire un essai de retour à domicile, seul moyen de savoir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.

            Et il faut craindre que la seule issue ne soit une maison de retraite.

            Quant à la tutelle, elle est nécessaire, car il s’agit de décider à sa place de son lieu de résidence. C’est une telle violation de ses droits humains que je ne conçois pas qu’on puisse s’arroger ce droit sans une validation par un juge. Et elle est rassurante, car elle vous protège. Vous gérez ses affaires, et vous le faites bien. Le vieux scrogneugneu que je suis est bien forcé de vous dire qu’il se trouvera toujours quelque parent, en général assez éloigné, pour venir vous chercher des poux dans la tête au moment de la succession. La tutelle, qu’elle vous soit attribuée ou qu’elle soit confiée à un mandataire extérieur, implique un contrôle par le Juge qui vous met à l’abri de toute suspicion.

            Bien à vous,

            M.C.


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            • L’alimentation du sujet âgé Le 14 avril 2016 à 09:56 , par valérie

              Bonjour,

              Je reviens vers vous concernant la tutelle. Ma grand-mère n’a pas de bien. L’appartement est en location HLM, elle a juste un compte courant. Ma mère et ma tante savent que je m’occupe de tout ce qui est administratif et de son compte. Elles ont confiance en moi. Est-il donc nécessaire que ma grand-mère soit sous tutelle ?

              Merci d’avance.

              Bien à vous


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              • L’alimentation du sujet âgé Le 14 avril 2016 à 15:44 , par Michel

                Bonjour, Valérie.

                Je comprends votre objection. Et il faut bien dire que la loi sur la tutelle reste très inadaptée, car beaucoup de situations sont comme celles que vous vivez : pourquoi prendre une mesure de protection quand il n’y a rien à protéger ?

                Mais j’insiste sur deux points :
                - Il s’agit d’envoyer une personne vivre là où elle ne veut pas aller. Il me semble important que la République, par un acte de justice, vous en donne le droit.
                - Vous n’imaginez pas ce à quoi on peut assister, même dans les familles les plus unies.

                Il vous faut donc prendre quelques précautions.

                Bien à vous,

                M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 13 octobre 2015 à 18:18 , par Martine OLAUSSEN

    Assistante de vie auprès d’une personne atteinte de la maladie Alzheimer depuis 16 ans, je suis confrontée aux grandes difficultés de nourrir cette malade, vraisemblablement en fin de vie.
    L’alimentation par sonde ayant été refusée, et sujette aux fausses routes, je souhaite avoir une liste d’aliments riches en protéine et autres ( elle a beaucoup maigri) qu’il faut absolument moudre mais dont la texture doit rester légère , ma malade perdant l’automatisme de la déglutition ;
    J’aime et je respecte beaucoup cette de femme de 85 ans et suis désolée devant mon impuissance à ne pas pouvoir la nourrir afin qu’elle reprenne un peu du poids. en assistance médicale, elle reçoit un apport en eau par sonde.
    Sa dégradation me fait doublement mal étant le témoin du désespoir d’un mari malheureux car toujours amoureux, attentif, et refusant le départ de son épouse.
    Je vous serais infiniment reconnaissante de bien vouloir me répondre.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 14 octobre 2015 à 22:01 , par Michel

      Bonsoir, Martine.

      C’est très difficile. Et je dirais que si votre malade se dénutrit, vous n’allez pas vous en sortir sans une alimentation artificielle. Or si je comprends bien la situation est irréversible.

      La question qu’il faut se poser avant toute chose est donc terrible : que voulez-vous ? que veut-on pour elle ? Si votre description est la bonne, alors c’est une dame qui ne se nourrira plus. Cela implique que la question de l’alimentation se pose en termes d’acharnement thérapeutique.
      - Si on veut la nourrir, il faut une sonde directement dans l’estomac, à travers la peau. On a décidé de ne pas le faire, et il est probable que je serais plutôt d’accord.
      - Si on décide de ne pas la nourrir de cette manière, alors toutes les tentatives sont vouées à l’échec.

      Ceci posé, on peut envisager quelques aides, dont on peut espérer qu’elles seront de nature à retarder l’échéance, tout en diminuant le risque de complications, notamment d’escarres (même si le meilleur moyen de les éviter serait plutôt de ne pas chercher, justement, à retarder cette échéance).

      Il y a trois questions :

      La première est celle de la déglutition. J’ai vu de manière constante :
      - Que les professionnels surestiment le risque de fausse route.
      - Qu’un trouble de la déglutition, cela s’explore.
      - Que la modification de texture n’est pas forcément la mesure adéquate ; la seule qui le soit toujours est d’éviter les mélanges de texture (les yaourts aux morceaux de fruits sont une calamité).

      La seconde est celle des calories. Les calories seraient indispensables, car si on ne lui en donne pas elle va consommer ses propres calories, et la principale source en sont ses propres protéines. On peut tout fabriquer, du moment que vous disposez d’un mixer suffisamment puissant pour obtenir une texture très homogène, ou que vous constatez que, réflexion faite, elle ne déglutit pas si mal que ça. A condition d’avoir l’accord de l’entourage, sinon vous risquez gros. En pratique on fait des calories avec n’importe quoi, des bouillies, des crèmes dessert, des laits de poule, etc.

      La troisième est celle des protéines. Si vous me dites qu’elle est hydratée par sonde, il est très facile de passer des flacons d’acides aminés comme on le fait en perfusion. Vous pourriez aussi vous intéresser (je n’ai jamais eu l’occasion de le faire, et je le regrette) aux compléments protéinés que vous trouverez dans les magasins de sport.

      Mais je vous le redis : je crains que ce ne soit peine perdue, et que la sagesse soit de ne pas avoir de projet nutritionnel ; maintenant, si elle a des gourmandises, c’est autre chose...

      Bien à vous,

      M.C.


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      • L’alimentation du sujet âgé Le 14 octobre 2015 à 23:21

        Si le but est le nombre de calories, les compléments alimentaires sportifs riches en calories ou en protéines sont conditionnés sous forme de barres, de biscuits, de boissons, ou de poudre relativement insipide à mélanger à de l’eau ou un liquide quelconque.

        En ce qui concerne les aliments hypercaloriques de texture légère, je pense au lait de soja chocolaté par exemple. Il y a aussi le lait concentré. Et tous les desserts sous forme de crèmes ou mousses ou même des glaces.


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 15 octobre 2015 à 08:25

          Dans la gamme des aliments liquides à 500 kcal/l, il y a encore des soupes froides ou chaudes, et des boissons genre lait d’amande.

          Il y a aussi la pâte d’amande, solide certes, mais souple et homogène, et en très petites quantités à la fois, elle fond dans la bouche.

          Cordialement,


          Répondre à ce message

          • L’alimentation du sujet âgé Le 15 octobre 2015 à 13:26 , par Michel

            Bonjour, et merci de ces conseils.

            Mais quelle est votre expérience de ces techniques ?

            Je vous dis cela parce que vos propositions me semblent hétérogènes :

            Les compléments alimentaires sportifs conditionnés sous forme de barres, de biscuits ne sont guère utilisables dans un contexte de fausse route.

            Sous leur forme liquide ou en poudre, vous confirmez mon intuition, mais comme je l’ai indiqué je n’ai pas essayé ; et il faut être certain que cela n’a pas de conséquence insupportable en cas de fonction rénale très dégradée. Par ailleurs il s’agit là d’un apport en protéines, non en calories.

            Vous proposez le lait de soja chocolaté ; mais votre indication est probablement incomplète : pris en lui seul, le lait de soja est moins calorique que le lait entier. Qu’y rajoutez-vous, qui renforce son pouvoir calorique, et qui ne puisse être rajouté à du lait normal ?

            Vous citez le lait concentré. Et tous les desserts sous forme de crèmes ou mousses ou même des glaces. C’est effectivement ce que j’ai écrit. Sauf les glaces que je n’ai pas citées parce qu’elles posent des problèmes spécifiques en cas de trouble de la déglutition chez le dément. Là aussi je serais heureux d’avoir des détails sur votre expérience.

            Je suis un peu plus réservé sur les soupes. En moyenne une soupe classique apporte 250 kCal/l, ce qui implique des apports liquidiens très importants pour parvenir à l’objectif. Naturellement il y a tous les dégradés qu’on veut entre le bouillon et la purée épaisse ; mais nous parlons de soupe. Quelles précisions pouvez-vous donner ?

            Et surtout quelle est votre expérience de la pâte d’amande ? car la difficulté de cette malade est avant tout la déglutition ; ce n’est donc pas le fait qu’elle fonde dans la bouche qui change le problème, et le risque est d’y ajouter, surtout chez une démente, l’anomalie d’un corps étranger qui séjourne dans la bouche.

            Bref je serais preneur du récit d’une expérience consistante sur l’alimentation chez le dément souffrant authentiquement de fausses routes.

            Et redisons que toute tentative de réalimentation chez cette malade suppose qu’on ait débattu en équipe de la marche à suivre, des objectifs et des moyens.

            Bien à vous,

            M.C.


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        • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 07:49 , par Michel

          (Suite de l’échange)

          Mon correspondant anonyme a poursuivi ses recherches et m’a adressé deux mails. Je ne peux les publier tels quels car ils contiennent des liens vers des sites commerciaux ; et comme il ne se présente pas je je peux lui écrire en privé.

          Mais il dit ceci :

          Bonjour,

          Effectivement, ce sont des idées hétérogènes d’aliments caloriques ou protéinés auxquels la lecture du commentaire m’ont fait penser, sans rapport avec une expérience d’alimentation autre que sportive. A voir en situation donc, selon les capacités et les envies du malade.

          En ce qui concerne les compléments alimentaires sportifs, ils sont sous une forme solide, mais aussi liquide, plus adaptée bien sûr. Ils sont à la fois protéinés et caloriques : essentiellement protéinées (protéines de lait) pour la poudre, mais protéinées et caloriques pour certaines boissons (700 kcal/l), mais bien sur assez sucrées en général.

          Le lait de soja chocolaté est caloriquement à peu près équivalent à du lait de vache, ou encore à un yaourt liquide. C’est seulement un goût relativement distinct, peut-être plus agréable à boire en quantité.

          Vous avez par exemple des soupes à 500kcal/l, qui nécessitent un apport moindre.

          Pour la pâte d’amande, on peut aussi essayer de la diluer.

          Mais je suppose que dans le contexte, cela dépend aussi du goût du malade pour tel ou tel aliment s’il peut les avaler.

          Vous avez là une boisson au soja chocolatée, à 740 kcal/l (plus calorique que le lait de vache à cause du sucre 80 g/l, mais aussi protéinée 38g/l (comme le lait entier).

          Le lecteur trouvera aisément les références sur le net.

          Mais je crois que cette recherche montre en même temps ses limites.

          Redisons-le : s’il s’agit d’alimenter une malade qui semble de toute manière condamnée à terme relativement prévisible :

          1°) : La première chose à faire est d’en décider, ce qui suppose une discussion éthique éprouvante. A titre personnel il est de nombreuses situations où je conclurais qu’il ne faut rien faire du tout.

          2°) : La seconde chose est de déterminer les moyens.
          - Compte tenu du pronostic à moyen et long terme, on n’a que faire des vitamines, ou des oligo-éléments, etc. Seules comptent les calories et les protéines.
          - Pour les calories, on n’est guère en peine : il est facile de préparer à domicile des bouillies farinées ; les produits pour bébés offrent toute une gamme qui répond à la question posée, tout comme la moindre des crèmes dessert.
          - Pour les protéines, la solution la plus rationnelle est de passer par la sonde des flacons d’acides aminés pour perfusion ; à défaut j’aurais aimé essayer les compléments protéinés pour sportifs.
          - On peut enrichir tout ce qu’on veut avec des œufs, de l’huile, du sucre, de la crème, du fromage fondu, etc.

          Le reste, c’est la place qu’on va donner à la dimension de plaisir et de variété, à supposer que dans le cas particulier cette dimension reste pertinente. Il faut, pour en faire une estimation, connaître la malade.

          Et bien entendu on ne doit pas oublier qu’en réalité, dans ce type de situation il y a toujours un double problème :
          - Il y a une malade qu’il s’agit de nourrir (ou non).
          - Mais il y a aussi des intervenants qui souffrent de la situation, et qui ne peuvent se résoudre à constater leur impuissance. Cela ressemble aux situations de deuil, et il convient de lire aussi cette problématique en ces termes.

          Bien à vous,

          M.C.


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          • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 09:48

            Cher Docteur, voici un exemple du caractère inattendu et essentiel de votre site.
            A partir d’un sujet qu’on pourrait juger dérisoire (nourrir un malade qui va mourir), d’un commentaire a priori insignifiant (des idées hétérogènes d’aliments caloriques sans aucune notion de médecine ou diététique, dont la seule motivation était d’éclairer votre méconnaissance des produits sportifs), d’une simple information (dans le but de vous donner un exemple en oubliant le caractère commercial) sans pensée argumentative, nous en arrivons à un débat qui dépasse celui de la médecine je crois :
            - Nous sommes d’accord sur le fait que le malade est condamné, que son état et l’évolution de sa maladie rendent les choses relativement inutiles du point de vue médical, que l’entourage familial et médical sont dans une situation de deuil et que ne rien faire du tout est dur à accepter, qu’en conséquence toute action est le signe de leur impuissance et de son refus. Très bien.
            - Nous sommes d’accord sur la nécessité dune importance éthique éprouvante (ou pas tant que ça). La mort par dénutrition et déshydratation est-elle si moche plutôt qu’une démence qui n’en finit pas d’évoluer et de s’aggraver ? Et si oui, autant opter pour une alimentation par sonde gastrique.
            - Mais je crois que nous ne sommes pas si d’accord sur l’importance du reste. Car ce qui précède étant dit, c’est bien tout ce qui reste, je veux dire, c’est bien la seule question à se poser qui n’est pas médicale : que veut le malade, et non pas en terme de raison, mais en terme de pulsion.
            Je sais que chez un malade condamné en toute possession de sa raison, malgré des impossibilités d’alimentation normale et de graves conséquences digestives de la maladie, le renoncement à la dimension de plaisir et de variété (malgré les conséquences digestives à se nourrir) n’est pas souhaité.
            Alors que personnellement je m’abstiendrais des aspects pratiques de l’obligation de se nourrir et préfèrerais la fatigue et la somnolence liés au jeun, j’ai vu la volonté radicalement opposée.
            Je pense qu’il n’y a aucune raison pour que ce soit différent pour le sujet dément, qui s’il n’est pas capable d’exprimer sa volonté n’est sans doute pas privé de pulsions.
            - En conclusion, si le malade n’est pas dans l’incapacité totale d’absorber des aliments, si le malade n’est pas dénué de dégoût, ni de pulsions gustatives, je crois que c’est à lui seul, ou plutôt à ses élans, de montrer la solution.

            PS. Evidemment, on peut fabriquer une bouillie hyper-calorique, mais si nous ne sommes pas capables de l’avaler quotidiennement, pourquoi envisager de le faire absorber à un malade qui va mourir ?
            D’autre part, il y a aussi la rapidité d’accès au produit alimentaire. L’entourage a peut-être plus et mieux à faire avec le patient que de préparer le repas.

            Bien cordialement,


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            • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 12:21 , par Michel

              Bonjour.

              J’avais bien compris votre souci. Mais je crois qu’il faut nuancer.

              D’abord, n’oublions pas que nous présumons de l’état de la malade. Nous la voyons comme une démente grabataire en fin de course. Il faudrait le prouver. De même nous faisons un pronostic catastrophique. Les forums de ce site témoignent abondamment du nombre de fois où je me suis trompé, raison pour laquelle je déteste faire des pronostic, surtout sans voir.

              Cela dit il y a le reste, et je le sais bien. Mais il faut d’abord décider si on est dans la tentative de réalimentation ou dans le plaisir. Je ne crois pas une seconde qu’on puisse faire l’un et l’autre, tout au plus un mixte, avec pas assez de réalimentation et pas assez de plaisir.

              Si on se place dans une perspective de réalimentation, les choix sont réduits : il faut des farines, du sucre et du gras. Les soupes que vous mentionnez apportent 700 kCal/l, ce qui supposerait plus de deux litres par jour ; inapplicable. C’est pourquoi je me rabats sur les formules dessert (d’ailleurs tous les déments en fin de course que j’ai connus avaient le goût très sucré).

              Si on se place dans une perspective de plaisir, on peut faire tout à fait autrement.

              Alors il faut tester, bien sûr. Mais dans la pratique le résultat est déjà sur table.

              Redisons que personnellement je me contenterais de la dimension plaisir. A supposer que mon hypothèse sur la gravité de la situation soit la bonne.

              Quant à votre remarque sur le fait que l’entourage a peut-être plus et mieux à faire avec le patient que de
              préparer le repas
              , je serais beaucoup plus circonspect. Dans ces situations au contraire il est souvent très important pour le bon fonctionnement de la relation que les repas soient préparés par les proches. Mais là aussi c’est bien sûr à voir selon la volonté de chacun...

              Bien à vous,

              M.C.


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              • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 12:40

                nuançons, nuançons.
                La seule chose qui soit certaine est qu’il suffit d’avancer un argument pour voir l’intérêt de l’argument opposé.
                La malade n’est pas forcément grabataire en fin de course, mais supposée éprouver du plaisir.
                Les exemples sont plutôt là pour illustrer une diversité, de goût et de solutions, pas pour noyer la malade par des litres de liquides, qui au delà de l’intérêt gustatif, sont aussi utiles à montrer à l’entourage que le malade continue de s’alimenter, pas de façon normale, mais peut être proche de l’optimal par rapport à l’évolution de la maladie et à l’espérance de survie.
                Enfin, c’est vrai que l’activité de prendre soin du malade est importante, pour l’activité elle-même, à la fois pour le malade et l’entourage. Mais il est aussi vrai qu’il ne faudrait pas que cela occulte l’attention à la plus faible manifestation de plaisir et de communication du malade.
                Bien cordialement,


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                • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 19:29 , par Michel

                  Je crains de ne pas pouvoir vous suivre.

                  Vous écrivez : La malade n’est pas forcément grabataire en fin de course, mais supposée éprouver du plaisir. Mais… c’est précisément tout le problème. Si je me trompe dans mon évaluation, alors le problème change radicalement d’aspect. Sauf conclusions contraire de la discussion éthique, il y a obligation d’alimenter, et probablement par une sonde ; ne se pose plus que la question du plaisir, qui n’est pas mince mais qui ne demande aucun moyen particulier.

                  Et si je ne me trompe pas, alors je persiste à penser que si je connaissais le cas je préconiserais de ne rien faire.

                  Ce qui me semble indispensable, c’est de rester réaliste sur ce qu’on fait. Vous avez repéré des soupes un peu plus caloriques que les autres, soit. Mais de deux choses l’une :
                  - Ou on considère qu’un surplus de calories est intéressant, et alors on dit du même coup que l’aspect nutritionnel est à considérer. Or en fait il est totalement illusoire d’en espérer quoi que ce soit, car pour être un peu plus caloriques elles n’en restent pas moins très loin du compte.
                  - Ou bien on fait son deuil de l’aspect nutritionnel, et alors on se retrouve avec la seule question du plaisir, qui peut se donner avec n’importe quoi, surtout si c’est fait maison.

                  La question est posée par une intervenante qui ne se résigne pas à ne rien faire pour renutrir cette patiente. Si elle veut le mener à bien alors il faut qu’elle opte pour les solutions les plus caloriques possible. Ce que j’en pense est un autre problème, d’autant plus délicat que, je le répète, il ne manque pas d’exemples où mon pessimisme a été démenti.

                  Quant à ce qui est le plus adapté à la personne, c’est évidemment à déterminer en fonction de cette seule personne ; mais si nous partageons nos expériences réciproques de ces situations, nous allons sans doute tomber d’accord sur plusieurs points :
                  - Tous les malades, surtout déments, que j’ai vus avoir des troubles de la déglutition donnaient à voir avant toute chose leur peur de déglutir ; autant dire que leur plaisir à manger était particulièrement affecté.
                  - Tous les malades déments grabataires que j’ai connus évoluaient vers une simplification des goûts, avec une prédilection majeure pour le sucré.
                  - Même s’il y a des exceptions, et de plus en plus nombreuses, il n’est pas si facile de persuader une vieille personne en institution de se familiariser avec des saveurs dont elle n’a pas l’habitude.

                  Il serait important de montrer, en effet, que la malade continue à s’alimenter de manière proche de l’optimal. Mais cela passe par de tout autres moyens : il existe une manière de l’installer, un rythme, une façon de proposer l’aliment, et j’en passe, qui permettent de réduire, voire d’éliminer les fausses routes. Mais cela demande une formation. Si on ne fait pas cela, alors il n’y a rien d’autre à montrer que le fait, précisément, que la malade ne mange plus du tout d’une manière proche de l’optimal.

                  Enfin, je souscris tout à fait à votre dernière phrase : Mais il est aussi vrai qu’il ne faudrait pas que cela occulte l’attention à la plus faible manifestation de plaisir et de communication du malade. Mais précisément, ce que je lis dans le message de notre correspondante ne me laisse aucune inquiétude sur ce point : c’est bien la dernière chose qu’elle va oublier, et c’est même la raison pour laquelle elle recherche une recette qu’elle pourrait appliquer elle-même. Je n’ai ni le droit ni l’envie de lui imposer ma vision des choses ; mais je peux avoir une petite utilité si je l’aide à ne pas se perdre dans ses raisonnements. C’est pourquoi je tiens tant à une réflexion impitoyablement rigoureuse. Je la sais un peu austère.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • L’alimentation du sujet âgé Le 16 octobre 2015 à 20:17

                    Vous avez raison, je voulais plutôt dire : "la malade est supposée éprouver du plaisir bien qu’en fin de course".
                    Mais ce n’est pas un détail. A partir de quel moment fait-on son deuil de l’aspect nutritionnel et privilégie-t-on le seul plaisir ? La capacité d’éprouver du plaisir ne motive-t-elle pas l’entourage à vouloir prolonger ce plaisir par des aliments qui seraient un peu plus caloriques tout de même, même si un apport calorique suffisant est impossible.
                    Enfin, bref,... nous aurons cité quelques aliments hypercaloriques qui peuvent donner des idées si besoin.
                    Bien à vous,


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                    • L’alimentation du sujet âgé Le 19 octobre 2015 à 14:34 , par Michel

                      Je vous comprends.

                      Mais je redoute plus que tout la confusion des concepts, surtout en fin de vie, où ils sont déjà par nature confus. C’est pourquoi je préférerais que l’objectif soit clairement déterminé. Je n’ignore pas que ce faisant j’en demande beaucoup à notre intervenante : tout le monde a besoin de choses plus ambiguës. D’espoir, en somme.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                      • L’alimentation du sujet âgé Le 19 octobre 2015 à 14:54

                        Oui, d’espoir, d’action, d’échange, de quelque chose qui se passe malgré tout et qui justifie ce qui est enduré.
                        Un objectif clairement déterminé, et une part indispensable d’ambiguïté aussi. Je crois qu’il revient à chacun de savoir quelles illusions garder et ce qu’on en fait. Il peut être utile de savoir gagner 200 à 300 kcal/j, c’est peu, mais ça peut être utile.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 11 octobre 2015 à 19:09 , par Anne Marie Zacconi-Cauvin

    Bonjour
    Toujours ravie de vous lire. J’avais égaré l’adresse de votre blog...
    La lecture de vos commentaires solides et de bon sens me redonne envie de former les équipes et guider mes patients.
    Un grand merci
    Dr Zacconi-Cauvin
    PS peut-être à Nice à l’occasion, si vous passez par là ?


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 12 octobre 2015 à 22:20 , par Michel

      Un grand merci à vous de ce message d’encouragement.

      Mais... il va vous coûter cher.

      Car cela fait longtemps que je me préoccupe de l’avenir de ce site. Je suis à présent retraité, et comme tous les retraités :
      - J’ai encore moins de temps qu’avant.
      - Je me sens beaucoup moins légitime à parler de médecine.
      Je rêve donc de faire de ce site un espace collaboratif, où les lecteurs, professionnels ou non, pourraient faire évoluer les articles, en proposer d’autres, actualiser les connaissances, etc. Ce serait un bonheur que de vous voir entrer dans ce jeu.

      Et il y a pire. C’est le problème que je pose dans Accompagner sur Internet ?. Je suis très anxieux d’avoir sur cette question l’aide de mes confrères, mais je ne trouve pas d’interlocuteurs. Voulez-vous ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 23 septembre 2015 à 21:22 , par faucheron

    Maman en EHPAD depuis 5 ans une déshydratation sévère maladie alzheimer en manque de protéines et risque de fausse route que faire merci


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 24 septembre 2015 à 22:24 , par Michel

      Bonsoir.

      Vous ne donnez pas suffisamment de détails pour qu’il soit vraiment possible de vous aider. Je vais donc me contenter de généralités.

      Il arrive fréquemment que les malades atteints de démence de type Alzheimer finissent par présenter des troubles de la déglutition ; il y a à cela plusieurs mécanismes :
      - Ils se grabatisent.
      - Ils désapprennent à avaler.
      - Ils se trouvent dans un environnement qui les déstabilise (nous-mêmes, quand nous avalons de travers, il y a le plus souvent quelque chose qui nous a perturbés).
      - Mais aussi, ne l’oublions pas, parce que les lésions cérébrales de la maladie n’ont aucune raison d’épargner les zones motrices ou sensitives ; si on les examine attentivement, ces malades ont des troubles neurologiques.

      Mais en ce qui vous concerne, il y a deux points à éclaircir.

      Le premier est que vous parlez de risque de fausse route. Si je vous comprends bien, il s’agit d’une crainte, non d’une situation actuelle ; autrement dit votre mère a présenté une ou deux fausses routes, mais la situation n’est pas encore catastrophique de ce point de vue. Si c’est bien ainsi, alors il faut savoir que les soignants ont toujours tendance à surestimer le risque, et qu’il est assez facile de le diminuer en prenant quelques précautions : quand un malade est à risque de fausses routes, il y a des manières de l’installer à table, de le faire manger, de l’aider. C’est de la technique, cela s’apprend.

      Le second est que d’un autre côté vous parlez de déshydratation sévère et de manque de protéines. Quels sont les éléments, notamment biologiques, qui permettent de le dire ? Cette situation dure-t-elle depuis longtemps ? Bref le danger existe, mais est-il là, imminent ?

      Si on savait cela, alors il resterait à se poser une question, la plus redoutable peut-être : que voulez-vous ?

      Car je suppose (enfin, il faut se méfier) que votre mère n’est pas en état d’exprimer sa volonté. C’est donc la vôtre qui va dire ce qu’il faut faire.

      Si votre volonté est que votre mère vive le plus longtemps possible et à n’importe quel prix, alors il faut la réhydrater par perfusion, et envisager une alimentation artificielle. Je dis tout de suite que je suis farouchement contre l’alimentation artificielle dans une telle situation :
      - Parce qu’elle suppose des actes agressifs.
      - Mais plus encore parce qu’elle ne permet presque jamais de rétablir un état nutritionnel correct.
      - Et plus encore parce que l’alimentation par sonde n’évite pas les fausses routes, et que l’alimentation intraveineuse est impraticable sur le long terme.
      - Enfin et surtout parce que quand les malades en sont à ce point c’est que leur qualité de vie est bien trop altérée pour que l’alimentation artificielle soit autre chose que de l’acharnement thérapeutique.
      Mais à tout cela il y a des exceptions.

      C’est donc à ces trois questions :
      - Qu’en est-il des fausses routes ?
      - Qu’en est-il de son statut nutritionnel ?
      - Que voulez-vous pour elle ?
      qu’il faut répondre avant d’aller plus loin dans la discussion.

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

  • Ma mère de 84 ans est actuellement chez moi, pour un manque d’albumine. Elle a des oedèmes aux mains, n’a pas d’appétit, et est très fatiguée. Je lui fait de bons petits plats riches, ainsi que des omelettes de blancs d’œufs et elle a 1 fois par jour l’apport d’un complèment alimentaire sous forme de crème. Son médecin ne m’a donné qu’une crème pour son oedèmes aux mains. La situation perdure et je me sens démunie. Pouvez vous me donnez un conseil, ou une attitude a adopter face au médecin. Merci d’avance pour votre réponse.


    Répondre à ce message

    • Bonjour, et merci de votre message.

      Posée en ces termes, votre question n’est pas simple.

      Elle ne l’est pas du fait que vous formulez : Ma mère est chez moi, pour un manque d’albumine. On a envie de vous opposer l’adage professionnel : on ne soigne pas un chiffre. D’ailleurs s’il ne s’agissait que de normaliser un taux d’albumine, il suffirait de lui en perfuser un ou deux flacons. La question est donc : d’où vient ce manque d’albumine ? Si par exemple il trouve sa cause dans une maladie hépatique ou rénale, on n’obtiendra rien tant qu’on n’aura pas réglé cette situation. Ou si la cause de la baisse d’albumine est une inflammation, il faut se donner les moyens de la réduire.

      Bon ; maintenant, supposons que, comme c’est tout de même le cas le plus fréquent, cette baisse d’albumine correspond à une dénutrition ; cette dénutrition peut être liée à un manque d’apports, elle peut aussi être liée à une surconsommation (et on retrouve l’état inflammatoire) elle peut être mixte. Il faut se demander pourquoi c’est arrivé : a-t-elle été malade ? S’est-elle laissée aller ? Bref, sans connaître l’histoire, on ne peut se faire une idée de la situation.

      C’est important, car pour ce qui est de ce que vous avez à faire, je ne me sens guère à ajouter à ce que j’ai écrit sur ce sujet. Ce que je pourrais dire en plus viendrait d’une analyse de la situation concrète.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Je vous remercie de votre message, et je le comprends. J’ai pris ma maman chez moi , car elle s’alimentait très mal et peu depuis plusieurs mois (Un potage midi et soir et un dessert lactée). Effectivement ma maman, est suite à un cancer (depuis l’âge de 48 ans) de la glande tyroïde sous Lévothyrox 100 . Depuis 6 mois environ son médecin ne réussit guère a stabiliser son taux de tsh qui varie de 20,68 puis de 7,74 et enfin le mois dernier 12,35.
        Elle est extrêmement fatiguée, ne pense qu’à dormir d’où un laisser aller sur les repas, car elle n’a pas faim. je ne peux vous dire si une maladie hépatique ou rénale est en cours, le médecin n’a fait qu’une analyse de sang pour le taux d’albumine et le contrôle de son tsh. Elle n’a pas de souci pour uriner, et le peu qu’elle mange elle le digère bien.

        J’espère que je vous éclaire un peu plus et vous remercie d’avance de votre réponse.


        Répondre à ce message

        • Bonsoir, Régis.

          J’espère que je vous éclaire un peu plus

          Moyennement... Car je ne sais toujours pas quelle est l’origine de cette hypoalbuminémie.

          Tout ce que je peux dire c’est que votre silence sur ce point me pousse à penser que personne n’en sait rien, parce qu’il ne s’est rien passé de particulier, et que c’est une découverte de biologie. Dans ce cas il est tout à fait vraisemblable qu’il s’agit d’une carence d’apport, et que votre problème est de la réalimenter. Mais alors je crois vraiment que l’essentiel se trouve dans l’article que vous venez de lire :
          - Il n’y a pas de mystère.
          - La pierre de touche est de lui donner ce qu’elle aime.
          - Toutes les protéines se valent, notamment le poisson.
          - Toutes les calories se valent.
          - Les compléments du commerce n’ont pas d’avantage par rapport à ceux que vous pouvez fabriquer.
          - Il lui faut une bouche en parfait état.

          Enfin, je me répète...

          Bien à vous,

          M.C.


          Répondre à ce message

          • Bonjour,

            Merci pour vos réponses, effectivement, c’est bien suite à une découverte de biologique que le manque d’albumine s’est vu, avant il ne s’est rien passé de particulier ( à par son taux de la glande tyroïde) ce n’est que lorsque je visitai ma maman chez elle, je voyais qu’elle mangeait presque rien. je vous remercie pour tous ces conseils, et ne manquerait pas de vous tenir au courant par la suite.

            Sincèrement merci


            Répondre à ce message

  • alimentation du sujet âgé Le 11 mai 2015 à 12:11 , par MmeMeslin 90 ans

    J’ai du sable dans les urines et suisagée de 90 ans , immobilisée à la suite d’un méningiome sur D4, et je voudrais savoir si la consomation de viande 3 fois par jour est trop importante. merci de votre réponse.


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    • alimentation du sujet âgé Le 11 mai 2015 à 21:28 , par Michel

      Bonsoir, Madame.

      Il y a quatre points à considérer.

      Le premier est de savoir s’il y a un lien entre la consommation de viande et la présence de sable dans les urines. Cela peut se produire si ce "sable" est à base d’acide urique. Mais ce n’est pas certain.

      Le second est de savoir si cela est dangereux. Et cela non plus n’est pas certain : s’il s’agit d’acide urique, le fait de le retrouver sous forme de sable montre que votre rein l’élimine ; c’est plutôt rassurant. Si on veut en avoir le cœur net il faut simplement faire un bilan biologique, afin de vérifier que ce bon fonctionnement rénal suffit à éliminer tout l’acide urique en excès.

      Le troisième est de savoir si une consommation de viande trois fois par jour est trop importante. Et la réponse est oui : un adulte qui mange de la viande deux fois par semaine couvre largement ses besoins.

      Le quatrième est de savoir si c’est dangereux. Et la réponse est : probablement pas. Je crois que passé
      70 ans la plupart des régimes n’a aucun intérêt, sauf raisons très précises (c’est le cas par exemple du régime sans sel chez le malade cardiaque grave).

      Je vous conseillerais donc de réduire votre consommation de produits animaux. Mais à condition de ne pas vous en faire une montagne : si votre plaisir est de manger de la viande, ne vous en tracassez pas ; car il y a une règle de bon sens : si votre comportement alimentaire avait dû vous attirer des ennuis, il n’aurait pas attendu 90 ans pour le faire...

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

  • L’alimentation du sujet âgé Le 2 décembre 2013 à 13:39 , par Joce

    Bonjour,
    Problèmes de nourriture rencontrés avec ma mère (âgée de 90 ans), qui vit seule en Résidence Service, avec l’ intervention d’une Auxiliaire de Vie (la même personne) pour la toilette et repas : 1h le matin, 1h le soir.
    Une Orthophoniste vient également 4h/Semaine.
    Donc je reviens au problème de nourriture : exemple : peut manger en une matinée ou une après-midi, ce qui se trouve dans le réfrigérateur : quiches aux fromages, tranches de blanc de poulet, + tous les yahourts/Desserts qui se trouvent dans le réfrigérateur environ 5/6 (je n’en laisse pas plus)... Tout ce qui se conserve, je le range dans un placard en hauteur mais les produits frais, je ne vois pas comment je peux gérer...
    Que puis-je faire. Je dois dire que je suis un peu perdue.... Merci d’avance pour votre aide. Bien cordialement.


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    • L’alimentation du sujet âgé Le 2 décembre 2013 à 22:47 , par Michel

      Bonsoir, Joce.

      Il faut être prudent avant de vous répondre : les pièges sont nombreux, et vous ne me dites rien de l’état habituel de votre mère. Or la première question à se poser est évidemment celle de son état intellectuel.

      Car on ne peut juger de la situation sans avoir une idée de ce qu’elle en dit ou en pense. Il se peut qu’elle n’en dise rien ; il se peut aussi que ce qu’elle en dit n’ait pas de cohérence. Mais même dans ce cas, il est indispensable de recueillis ses propos.

      Une autre question est de savoir quelles sont les conséquences pour elle ; en particulier il faut savoir si elle grossit. Car si elle ne grossit pas :
      - Il n’y a pas de problème de surpoids.
      - Mais il faut peut-être se demander si elle ne souffre pas d’une pathologie méconnue. le ténia est l’explication la plus simple ; d’autres maladies pourraient être envisagées (mais il est rare qu’elles stimulent l’appétit.
      - Il y a aussi des médicaments qui peuvent être en cause.

      Si tout cela est éliminé, alors vous vous trouvez face à un trouble du comportement très banal chez les personnes souffrant de troubles cognitifs : ils n’ont plus assez de mémoire pour se souvenir qu’ils ont déjà mangé, la désorientation leur fait perdre le rythme des repas, et il leur arrive même de ne plus savoir analyser leurs sensations intimes, et de croire avoir faim alors qu’il s’agit d’autre chose. Mais nous ne savons pas si votre mère a des troubles cognitifs.

      Il peut aussi s’agir d’un comportement automatique : son attention est attirée par le réfrigérateur, elle l’ouvre de manière réflexe, le reste coule de source (au fait, c’est bien ce que nous faisons avec les biscuits apéritifs).

      Mais alors il vous reste bien peu de moyens, et il faut qu’ils soient proportionnés au risque encouru. C’est pourquoi j’en reviens à ma question : quel est son état intellectuel ?

      Bien à vous,

      M.C.


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  • L’alimentation du sujet âgé Le 6 octobre 2013 à 21:35 , par françoise Barbé

    Je suis ravie d’avoir trouvé vos références sur un notre temps du mois de mai 2013 trouvé à la bibliothèque par une amie. Enfin je trouve un professionnel qui est en accord avec mes idées, même si moi, je ne suis pas professionnelle mais fille d’une dame âgée de 85 ans bientôt, à qui il manque une vingtaine de dents (on lui en à enlevé 11 l’an dernier en mai) et pour qui, à l’EHPAD, on s’obstine à lui donner tout en haché et bien sûr des compotes en dessert à tout bout de champ alors qu’elle est très capable de manger des œufs durs mayonnaises et des gâteaux genre choux à la crème ou mousse de fruits. Un dimanche on lui a même supprimé la chocolatine qu’elle aime pour lui donner une brioche (cherchez l’erreur) La pauvre, elle n’est pas la seule dans ce cas et avec d’autres familles de résidents nous avons formé un collectif de défense des résidents pour aider à améliorer la nourriture qui est le soir, à mon avis, bien peu copieux. La nourriture est d’ailleurs, en général, pas très appétissante et pas toujours bien préparée ni pas toujours bien servie par des agents d"hôtellerie" qui auraient bien besoin de formation. J’aurai beaucoup d’anecdotes pour étayer mon propos mais ce serait trop long. Par contre si des personnes sont intéressées qu’elles me demandent et je leur raconterai ce qui se passe en maison de retraite.
    malheureusement on se heurte à une direction sourde, mal organisée, et qui manque cruellement de communication envers les résidents et leurs familles. Nous attendons, avec impatience, le conseil de vie sociale, dans lequel nous avons été élus, pour essayer d’obtenir des avancées. Pourriez vous nous aider à définir les vraies questions à poser pour obtenir ces premières améliorations


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  • texture hachée Le 16 avril 2012 à 16:30

    Bonjour,
    je viens de lire avec intérêt votre article. Je suis psychomotricienne en EHPAD et suis régulièrement sollicitée pour prendre en charge des personnes âgées au moment des temps de repas, lorsque ceux-ci sont posent problème (anorexie, difficulté à utiliser les couverts, agitation, etc).

    Vous dites : "on n’a jamais eu besoin de dents pour mastiquer de la viande, et il est faux de croire que le haché évite des fausses routes".

    Cependant, il m’est arrivé plusieurs fois de voir des personnes âgées, à la dentition clairsemée, recracher leurs bouchées de viande, car elle ne pouvait pas les mâcher (ces même personnes réussissent à avaler de la nourriture hachée).
    Il m’est arrivée également plus d’une fois d’observer que la texture hachée améliorait le risque de fausse route. Pas dans tout les cas, mais parfois.

    Pourriez vous donc m’éclairer, s’il vous plait, sur vos propos ?

    je vous remercie par avance pour vos éclaircissements.

    Viviane


    Répondre à ce message

    • texture hachée Le 16 avril 2012 à 19:26 , par Michel

      Bonjour, Viviane.

      Seriez-vous en train de me dire que mes propos sont un peu péremptoires ?

      Vous avez raison, bien sûr. Et si, au terme de ma carrière, j’en étais encore à me figurer que dans notre métier il y a des vérités absolues, cela signifierait que je n’y ai pas appris grand-chose. Donc quand vous m’écrivez que vous avez vu des cas où le haché évite des fausses routes, je vous l’accorde sans peine. Et quand vous insinuez que, tout de même, les dents ça doit servir à quelque chose, je vous l’accorde tout autant.

      Mais... je vais quand même maintenir ma position.

      Voyons les dents. Oui, bien sûr, je suis plutôt content d’avoir gardé toutes les miennes ; mais après vingt-cinq ans de médecine de campagne, je continue d’affirmer que sans dents on mastique de manière tout à fait satisfaisante. Cela dit, si on demande à une très vieille dame fatiguée et pas mal anorexique de mastiquer un steak de catégorie B dans le chrono imparti par les exigences de la maison de retraite, ça va se compliquer.

      Donc sur ce point je dirais que tout se voit ; mais pour prouver ce que vous avancez il faudrait disposer d’une cohorte suffisante de patients chez qui on a vérifié ce qui se passe quand on normalise leur état dentaire. Sinon la fabrication de boulettes de viande chez la personne âgée en institution est un phénomène tellement multifactoriel qu’il est difficile de l’attribuer à une cause unique. Ajoutons que le problème se poserait tout de même moins si on veillait tout de même à donner à nos personnes âgées des viandes adaptées.

      Pour les fausses routes, je raisonnerais un peu de la même façon, mais je resterais un peu plus dogmatique encore. Car la fausse route, là aussi, est un phénomène multifactoriel, et quand on prend des mesures pour lutter contre elles on ne s’aperçoit pas, souvent, qu’on agit simultanément dans de nombreuses directions, ce qui fait qu’on a un peu de mal à attribuer à telle ou telle action le mérite du résultat. Et comme on ne va tout de même pas s’amuser à tester les mesures une par une, on ne pourra jamais faire la part des choses.

      Cela dit, je vous accorde sans peine que ma position est trop monolithique. Mais j’attire votre attention sur deux points :
      - En maison de retraite, l’immense majorité des décisions de texture hachée sont abusives ; tout comme il est abusif de prendre des mesures définitives à la première fausse route.
      - S’agissant de la texture hachée, je reste très réservé, précisément parce que le mécanisme de la déglutition est fragile et que rien ne le déboussole plus facilement que les variations de texture (vous avez sans doute constaté vous-même à quel point l’aliment le plus doué pour flanquer des fausses routes est le yaourt avec des morceaux) ; il faudrait donc des hachés parfaits, ce qui n’est jamais le cas, et n’offrirait guère d’avantage sur le mixé très lisse.

      Mais je vous le redis : je sais parfaitement que mon propos est trop abrupt.

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

      • texture hachée Le 23 avril 2012 à 16:06

        Merci pour votre réponse détaillée. je comprends bien mieux votre propos, que je trouve tout à fait juste, grâce à vos éclaircissements !
        Viviane


        Répondre à ce message

  • L’alimentation du sujet âgé Le 20 avril 2010 à 16:11 , par yamna

    Bonjour

    tres interessee par le sujet

    est ce que garder une sonde gastrique

    ne penalise pas l’etat psychologique du

    patient ?

    merci


    Répondre à ce message

    • L’alimentation du sujet âgé Le 22 avril 2010 à 08:29 , par Michel

      Bonjour.

      Vous posez là peut-être la question la plus radicale.

      Il est évident en effet qu’une sonde gastrique pose un énorme problème psychologique. Il n’y a pas besoin de détailler : on sait ce qu’il en est de l’alimentation, et on se doute bien qu’il n’est pas simple de se montrer avec un visage barré d’un tuyau.

      Et cela a une conséquence tout aussi radicale : c’est qu’il est inimaginable de poser une sonde gastrique sans le consentement de la personne.

      Du coup, se pose évidemment la question de la personne qui n’est pas en mesure de donner son consentement. Dans cette dernière situation, je crois qu’on peut s’orienter ainsi :
      - Si on a des raisons de penser que la sonde gastrique est une question de vie ou de mort, mais qu’on pourra l’enlever très rapidement, alors je crois qu’on peut décider de la poser sans l’avis de la personne. C’est ce qui se produit par exemple en réanimation.
      - Mais s’il s’agit d’un malade qui aura besoin durablement, ou définitivement, d’une sonde gastrique, alors on doit se poser la question de l’acharnement thérapeutique, car si le malade ne peut donner son consentement il y a des chances pour que sa qualité de vie soit très médiocre. Que faisons-nous quand nous lui imposons de vivre ?

      Bien à vous,

      M.C.


      Répondre à ce message

  • L’alimentation du sujet âgé Le 9 février 2010 à 20:17 , par marcia

    Bonjour,
    Je suis infirmière et en cours de formation d’un DU évaluation, prévention et soins en gériatrie cette année. Je voudrais travailler pour mon mémoire ,sur le thème de l’alimentation des personnes âgées avec des troubles cognitifs (apraxies, agnosies, et comportements divers au moment du repas) qui ont besoin d’aide totale pour s’alimenter en service de SLD. Je me pose la question, de l’importance des objets, les outils (biberons, seringues, verre à bec)qui peuvent nous aider à pratiquer cette acte de soin. Il est évident qu’il faut écarter le refus alimentaire actif des certaines personnes, faciles à détecter. Les troubles de la déglutition et les anorexies du aux polypathologies.
    Pensez vous que ces pratiques sont utilisées dans ces services de soins ? et que pensez vous de leurs utilisation ?
    Merci beaucoup de votre attention,
    Marcia IDE en geriatrie


    Répondre à ce message

    • L’alimentation du sujet âgé Le 10 février 2010 à 22:40 , par Michel

      Bonsoir, Marcia.

      Très intéressant, votre sujet. Mais un peu touffu et difficile à cadrer.

      Notamment il faudrait se demander ce qu’on veut faire quand on se met à utiliser ces techniques chez le dément en fn de course. qu’espère-t-on ? Comment évalue-t-on l’efficacité ? Quelles sont les études qui montrent la durée de survie des malades à partir du moment où on utilise ces procédés ?

      C’est important car il me semble que la dimension symbolique de cette histoire est majeure, et qu’on n’aurait pas besoin de creuser profond pour comprendre que la principale motivation des soignants quand ils recourent à ce type d’outils est d’échapper à la panique qui les prendrait s’ils étaient confrontés à leur impuissance.

      Une piste ?

      Celle-ci : du piont de vue physiologique, le point important est que la déglutition fait partie des réflexes commandés : quand ma déglutition commence, je ne peux plus rien faire pour l’arrêter ; mais c’est moi qui la décide. Il en résulte que la première chose à éviter quand un malade a des troubles de la déglutition, c’est de perturber le processus de préparation ; au reste le malade "qui n’a plus le réflexe de déglutir" (comme si ça se perdait) est neuf sois sur dix un malade qui sait parfaitement qu’il risque de faire une fausse route, et qui attend d’être prêt.

      Pour cette raison le seul outil conforme aux données actuelles de la science, c’est le biberon, puisque c’est le seul avec lequel le patient décide lui-même de déglutir. Essayez donc d’en persuader un soignant...

      Bien à vous,


      Répondre à ce message

  • > L’alimentation du sujet âgé Le 13 avril 2007 à 07:24 , par Marie cuny

    Pensez vous qu’il faille absolument priver de sel un patient âgé hypertendu contrôlé par des médicaments, sachant qu’il est atteint d’une démence frontotemporale à composante alzheimer depuis sept ans (82 ans)et notamment du fromage dont il raffole ? De même pour le sucre controlé par glucophage et qui ne dépasse pas 1,77 en post prandiale.
    j’ai le sentiment qu’il serait plus heureux avec un peu de sel et de sucre de temps en temps.
    Pour l’instant seul le pain est salé et il le mange avec plaisir. Et les fruits au naturel.
    Ancien alcoolique, j’ai réussi à l’habituer ( non sans crises et sans qu’il le sache) au vin désalcolisé si rare à trouver. Le vin normal aggravait la démence, la confusion et le déséquilibre en association avec un traitement antidepresseur et anxyolitique.
    ( On le trouve sur Internet en cherchant "vins sans alcool" www.vin-sans-alcool.com)


    Répondre à ce message

    • > L’alimentation du sujet âgé Le 19 avril 2007 à 18:57 , par Michel

      Bonjour.

      Vous posez le problème du sel et le problème du sucre.

      En ce qui concerne le sel, il est établi que l’hypertension artérielle est un facteur qui peut accélérer l’évolution des démences, notamment de type Alzheimer. C’est probablement pour cette raison qu’on vous a recommandé de limiter les apports en sel. Il ne faut pas négliger ce point : ce n’est pas parce qu’il souffre de démence qu’il faut tirer l’échelle et dire que plus rien n’a d’importance.

      Mais il est établi également que le régime sans sel strict n’a pratiquement pas d’indication chez le sujet âgé. Personnellement je n’ai jamais prescrit un tel régime sans en avoir discuté avec le cardiologue, et je n’ai pas le souvenir de l’avoir prescrit pour plus d’un mois : le temps de passer une crise d’insuffisance cardiaque grave.

      Ce que vous pourriez faire, c’est :
      - Eviter les excès notoires (platées de harengs saurs...).
      - Limiter de toute manière la consommation de sel (mais c’est valable pour tout le monde).
      - Peser votre malade : tant qu’il ne grossit pas il est peu probable qu’il soit en surcharge de sel.
      - Et vous guider sur la tension artérielle : elle monte ou elle ne monte pas. Si elle ne monte pas, c’est que le régime alimentaire est correct.

      En ce qui concerne le sucre, je vous redirai ce que j’ai écrit : le régime diabétique est un régime normal ; le problème du diabétique est qu’il supporte moins bien que nous de manger n’importe quoi. Il n’y a donc pas lieu de lui interdire complètement le sucre, et d’ailleurs il vous est facile de surveiller ses glycémies : vous verrez bien si elles montent ; un diabétique dont les glycémies sont à peu près stables et dont le poids ne varie pas n’a pas de problème de régime, du moins pas s’il a 82 ans.
      Rappelons que le risque majeur du ciabète chez le sujet âgé n’est pas l’hyperglycémie mais l’hypoglycémie.

      Notez que je ne vous dis pas un mot sur ce qui me semble, comme à vous, essentiel : votre malade a besoins de plaisirs, et il ne faut pas le priver de tout. Mais même sans considérer ce point, il est probable qu’à son âge il peut se permettre un peu de liberté, d’autant qu’il vous suffit de le peser pour savoir si les choses dérapent.

      M.C.


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