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Un monde virtuel III

vendredi 19 juin 2020 par Michel

Cette irréalité du monde dans lequel nous sommes peut contribuer à expliquer certaines singularités de ce que nous observons au quotidien. On peut en énumérer quelques exemples.

Que nous dit le fait qu’on trouve autant de masques jetés au sol dans la rue ?

On peut se borner à répondre que les gens n’ont tout simplement rien appris, et qu’ils reprennent leurs habitudes de négligence et de saleté. Sans doute ; mais si on en reste à ce niveau d’analyse on se prive des moyens de comprendre ce qui se dit. Or, même à l’insu de ceux qui le disent, il se dit quelque chose [1].

Il se dit d’abord qu’après avoir vitupéré contre ce pouvoir incapable qui ne sait même pas assurer la fourniture de masques on montre maintenant que ces masques ne sont qu’un détritus qu’on jette ; symboliquement (car dans la réalité objective cela n’entraîne guère de risque particulier) on n’a que faire de savoir si les héros du quotidien, qu’on a tant applaudis, et qui seront chargés de les ramasser, ne vont pas se trouver contaminés par un masque chargé de virus. Outre le côté fondamentalement ignoble d’un tel comportement on signifie ainsi que les masques n’étaient pas le problème. C’est parfaitement exact mais le point important est qu’on le montre.

Il se dit aussi sans doute que l’urgence est à manifester qu’on ne se conforme pas à ce qui pourrait être une norme.

Il se met en scène aussi, de manière plus énigmatique, qu’on veut se libérer de la contrainte du masque : après avoir là aussi tremblé de manière irraisonnée devant le danger du virus qui menaçait d’anéantir l’humanité, on se paie le luxe de jouer avec sa peur [2]. Jeter un masque, c’est jeter sa peur.

Jeter un masque présente sans doute la même signification que jeter son mégot ou son bulletin de tiercé. Et cette signification est double.
- Jeter un déchet par terre n’est pas un comportement très différent de celui par lequel les animaux marquent leur territoire en urinant aux quatre coins : je jette parce que j’en ai le droit, c’est chez moi, et c’est la trace de mon passage.
- Mais il y a aussi la signification exactement inverse : tout symbole est toujours réversible, et c’est même à cette ambivalence qu’on le reconnaît : quand on jette un objet par terre [3], et sans méconnaître que ceux qui le font n’ont probablement pas de véhicule pour se rendre à la déchetterie, on signifie que cela n’a pas d’importance parce que ce monde de l’extérieur est un autre monde, auquel on n’a aucune part.
Bref, jeter un objet par terre, c’est une manière de se situer vis-à-vis du monde. [4]

Mais il faudrait aussi se demander ce que dit le fait que certains, moi par exemple, sont particulièrement choqués de ce qui n’est qu’une incivilité parmi d’autres. Il y a un clivage entre ceux qui ont pris l’épidémie au sérieux et ceux qui, au-delà de leur peur épidermique, ne s’en soucient pas.

Reste que le spectacle de ces masques jonchant les rues incite à se demander ce qui s’est vraiment passé pendant trois mois.

On pourrait se poser la même question à propos de tous ces masques qu’on voit portés de telle manière qu’ils ne peuvent avoir aucune efficacité ; non seulement ces masques qui découvrent ostensiblement le nez, mais aussi ces visières fièrement arborés sur le front. On ne saurait l’excuser en objectant que ce sont là des attitudes temporaires permettant au porteur de souffler un peu, et que la visière sera très promptement rabaissée : ce n’est pas le cas. Et si on se contente d’alléguer qu’il n’est pas si simple de porter un masque dans les règles de l’art (ce qui n’est pas faux) on se prive de toute possibilité de comprendre.

Ce qui se dit, c’est qu’on porte un masque ; mal, mais on le porte ; on fait un peu, c’est mieux que rien. Bien entendu, comme on est dans le monde symbolique, le fait que ce mieux que rien n’existe pas n’a aucune importance. Le masque apparaît ici pour ce qu’il est : un gri-gri, un nœud au mouchoir, rappelant qu’on sait qu’il y a un problème, qu’on sait qu’il faudrait se protéger ; alors que le bon sens voudrait qu’on ne porte de masque que quand la distance de sécurité ne peut être observée, la réalité montre que le masque est ce qui, par sa seule présence, dispenserait de respecter cette distance.

Ce qui se dit aussi, à l’inverse, c’est qu’on n’en a au fond rien à faire. Ne pas porter de masque du tout manifesterait qu’on considère que le danger s’écarte suffisamment pour qu’on lève les restrictions. En le portant on signifie qu’on sait qu’il y a un risque, mais qu’on a décidé de ne pas se comporter en conséquence. Manifestation de bravoure, de bravade, d’inconscience… Il y a là en tout cas un point qu’il ne faudrait pas traiter trop vite. En particulier il montre aussi une attitude de fond : au début de l’épidémie il convenait de stigmatiser un gouvernement qui n’en faisait pas assez ; le moment est venu de s’offusquer parce qu’il en fait trop.

On pourrait dire aussi, et c’est peut-être le plus important, qu’on montre ainsi qu’on porte le masque quand et comme on veut. Manifestation de liberté, manifestation dérisoire de rébellion. Il faut interroger ce type d’attitude, d’autant qu’elle foisonne : ce sont ces héros qui arboraient un gilet jaune sur leur pare-brise ; ce sont aussi tous ces « partage si tu es d’accord » qui fleurissent sur les réseaux dits sociaux, ou ces pétitions dont on nous inonde… Tous ces comportements ont en commun [5] de ne pas se poser la question de leur efficacité, ni même de leur visibilité : le mythe des réseaux sociaux, mais plus généralement le mythe d’Internet, est d’introduire l’illusion que, dès lors que j’ai écrit quelque chose, il se trouvera quelqu’un pour le lire ; nouvel exemple de la virtualité de notre monde, alors que dans les faits les cris virtuels ne font qu’un bruit virtuel, ce qu’on perd en route quand on se réfugie de la sorte dans le monde des mots, c’est la matérialité du monde réel. Je ne disais pas autre chose dans l’article précédent en observant que l’humain vit en se fabriquant un monde des mots dans lequel il évolue autant que dans le monde réel.

Mais on ne peut qu’être frappé de voir combien cette manière de faire correspond à celle des enfants, et cela à un double titre :
- Faute notamment d’avoir les moyens de changer le monde réel, ce sont les enfants qui se trouvent contraints de vivre dans un monde rêvé.
- Ce sont aussi, tous les parents le savent bien, les enfants qui explorent le monde en mettant en question la norme qu’on leur impose, et qui s’ingénient à en chercher les limites.

Cela conduit à réfléchir au statut de la norme. Point fondamental tant il pose la question de la manière dont les normes auront fonctionné dans cette crise.

On a vu combien cher nous aurons payé la rigidité de notre Administration. Ne nous attardons pas à détailler les cloisonnements, les défauts de communication, la production exponentielle de textes et de règlements, l’un des sommets étant sans doute la production de règles applicables à la confection des masques artisanaux [6]. D’ailleurs dans la polémique sur les masques une bonne part des retards tire son origine dans le fait que « les décideurs » craignaient qu’une stratégie irréfléchie ne soit un remède pire que le mal ; ils avaient raison, à ceci près que ce n’était pas le problème. Il y aura des leçons à tirer de cette crise : sans doute l’hyperadminstration est-elle devenue contre-productive.

Mais cela ne doit pas nous conduire à oublier les raisons de cet état de choses. Par exemple le centralisme, cette infamie qu’on stigmatise sous le vocable de « parisianisme » avait pour rôle de garantir l’égalité de traitement des citoyens sur le territoire ; on voit l’immensité de la tâche car il est manifeste que ce rôle n’est plus rempli. À condition de ne pas oublier que le projet de Colbert était de lutter contre la puissance des seigneurs ; à détruire le jacobinisme on court le risque de ressusciter les féodalités. Mais plus simplement on n’a guère de mal à voir que ceux qui tempêtent contre la surabondance des normes sont les premiers à s’insurger dès lors qu’elles manquent. Ce n’est pas qu’il n’y ait aucun progrès à faire, aucune adaptation, aucune amélioration, les choses sans doute sont allées trop loin ; mais outre que la tâche sera moins simple qu’on ne pense, le plus probable est que le premier résultat sera la production de nouvelles normes ; et que le second sera une diminution du niveau de sécurité, car la norme et là pour protéger. Je crois pour ma part que cette prise de risque est nécessaire ; je crois aussi que ceux qui stigmatisent l’excès de normes seront les premiers à intenter les procès. Ceux qui jouent avec les normes sont les premiers à les exiger. [7]

Quoi de plus humain, dira-t-on ? Belle découverte : je demande des normes tant qu’elles ne s’appliquent pas à moi. Mais là encore, si on en reste au diagnostic d’égoïsme et d’inconséquence on perd les moyens de comprendre ce qui est sous-jacent, même si c’est, je le répète, à l’insu de ceux qui le disent. Il s’agit de rien moins que d’une conception du monde ; en somme on n’arrivera pas à comprendre ce qui se joue dans le racisme tant qu’on n’aura pas expliqué pourquoi le couscous est le plat préféré des Français.

Ce qui est frappant dans la question des normes, c’est que toute norme a toujours un côté absurde. Cette absurdité vient de la norme elle-même : elle est là pour poser des limites, et il n’y a pas besoin de réfléchir longtemps pour voir qu’il en va de la norme, de toute loi, comme des planisphères, qui sont exacts à l’équateur et de plus en plus faux à mesure qu’on monte vers les pôles. La loi est juste dans les situations moyennes ; mais à ses limites elle devient inadéquate, voire elle crée de l’injustice. C’est pourquoi il y a des juges : le juge n’est pas là pour appliquer la loi, ce qui applique la loi, c’est le radar ; le juge, au contraire, est là pour dire pourquoi, dans tel ou tel cas particulier, on ne va pas appliquer la loi.

Et il n’est pas étonnant que les Français aient consacré tant d’énergie à dépister le côté absurde de la norme.

Ainsi des plages. On a pendant un temps autorisé l’accès aux plages à condition de ne pas y stationner. Pourtant il était facile de bronzer en respectant les distances de sécurité ; on revendiquait là le droit d’apprécier au cas par cas le risque qu’on encourait (un peu moins celui qu’on faisait encourir) ; mais l’objectif de la norme n’était pas là, il était de limiter l’affluence. La norme n’est pas qu’absurde.

Ainsi de la situation dans les EHPAD. Les normes visaient à limiter la propagation du virus dans les établissements. Ce n’est pas moi qui vais contester le côté délétère des mesures prises. Mais je peux constater qu’on n’a guère entendu de propositions alternatives, et que ceux-là mêmes qui se sont insurgés ne manquaient pas de se scandaliser devant les effroyables chiffres de la mortalité. On a même entendu tel ou telle dire à la fois qu’on avait déshumanisé les vieilles personnes en les cloîtrant, et qu’on ne savait pas regarder en face la perspective de leur mort. Old people lives matter.

Ainsi, d’ailleurs, des messages de prévention qu’on adresse aux vieilles personnes, et que j’écoute avec d’autant plus d’attention qu’elles me concernent personnellement. Je suis tenté de me dire que tout de même je peux revendiquer la liberté de choisir mon risque, et de trouver adéquat ou non d’embrasser mes petits-enfants. En disant cela je me range dans le camp de ceux dont je dénonce l’inconséquence.

Le problème est qu’on se trouve devant un indécidable : il est bon que la norme existe, et qu’elle s’impose ; mais il est tout aussi bon que la norme permette une marge d’appréciation individuelle. Mais on aurait tort de se débarrasser du problème en alléguant que c’est une question de bon sens, de compromis, d’équilibre : la réalité est que ce sont deux positions radicalement incompatibles ; équilibre si l’on veut, mais équilibre toujours instable ; et inconfortable. Le travail qui nous attend est là : oui, il faut s’interroger sur cette propension à fabriquer une norme, ou une loi, dès qu’un problème se fait jour.Mais il faut redire que ceux qui brocardent la manie française de faire des lois pour tout sont les premiers à les réclamer [8]. Mais il faut encore plus se demander quel équilibre nous voulons, et quel sera son prix, car il en aura un.La même question se pose pour la décentralisation, ou la construction européenne, etc.

Ainsi donc le monde d’après, dans lequel il paraît que nous sommes, est celui d’une tension entre un fantasme de pureté, qui me fait rêver que je serais absolument protégé de toute contamination, et la vie réelle, dans laquelle tout de même faut pas exagérer. Il en va ainsi notamment parce que nous ne savons pas réfléchir autrement qu’en termes binaires : nous sommes perdus dès que les choses cessent d’être blanches ou noires. On ferait mieux de se souvenir que les pays d’Extrême-Orient dont nous envions les performances en termes de lutte contre l’épidémie sont des pays où, précisément, on sait penser de manière plus complexe. [9].

Bref, et pour toutes ces raisons, nous sommes dans un monde virtuel, ou pour mieux dire imaginaire. Peut-être voit-on un peu mieux à quel point le sujet est complexe, et d’une incroyable fécondité.

On peut en trouver un début de vérification en considérant les légendes qu’on nous sert aux informations. Contentons-nous d’en citer quelques-unes.
- On ne connaît pas ce virus. C’est pour le moins à nuancer. Je ne méconnais pas que tout virus a toujours ses spécificités ; mais il me semble avoir compris qu’il s’agit d’un coronavirus ; on connaît quelques petites choses sur les coronavirus, et j’attends qu’on m’explique pourquoi celui-ci précisément devrait se comporter autrement que les autres coronavirus. Vu de ma fenêtre d’ignorant en ces matières, il me semble qu’au contraire ce qu’on nous en a dit jusqu’à présent est très ressemblant à ce qu’on disait du coronavirus responsable du SRAS.
- On l’a échappé belle. Je l’ai déjà écrit : l’évolution de l’épidémie aura été celle qu’on pouvait prévoir dès son début. Les mesures prises ont eu l’immense mérite de diminuer la hauteur du pic épidémique, il reste à démontrer qu’elles ont eu une influence sur la durée de l’épidémie.
- Le virus est toujours là. Certainement : il n’est pas d’usage qu’un virus disparaisse du jour au lendemain ; mais il est aussi d’usage que la virulence d’un agent infectieux tende à s’atténuer en fin d’épidémie ; or il faut redire que, pour autant qu’on en puisse juger, l’écrasante majorité des personnes contaminées ne se sont rendu compte de rien ; si le virus circule sous une forme atténuée, c’est une excellente chose en termes d’immunité collective. Je me garderais bien de dire que c’est ce qui se passe actuellement. Par contre je dis que tout se passe comme si c’était le cas.
- Le confinement a été une épreuve terrible, que seul notre courage nous a permis de surmonter. Nous avons vu précédemment ce qu’il en était, du moins pour ceux qui ont causé dans le poste, de cette tartarinade.
- Les précautions que nous prenons sont utiles car il faut éviter une deuxième vague. La vigilance certes est de mise. Mais à cette heure on attend encore le premier argument permettant de dire pourquoi ce virus particulier déclencherait une deuxième vague. Il va falloir apprendre à vivre avec ; certes ; comme avec beaucoup d’autres choses. Et surtout il va falloir remettre les choses à leur place. On compare souvent l’épidémie actuelle à la grippe espagnole ; pour ma part je la comparerais plutôt à la grippe asiatique de 1957, peut-être parce que je m’en souviens. En termes de mortalité les ordres de grandeur sont très comparables : il y a eu sans doute un peu plus de 15 000 morts en 1957 ; la population française a crû de 50%, ce qui mène à 22 000 morts à population égale ; la différence s’explique aisément par le vieillissement.

Mais, dira-t-on, pourquoi ces légendes ?

Rappelons que je ne sais pas si ce sont des légendes : je ne fais que parler de mes étonnements. Mais ce que je sais, c’est qu’on ne survivrait pas à l’idée que, peut-être, on a un peu surréagi. Que fallait-il faire ? Je n’en sais rien, bien sûr. Ce que je sais c’est qu’aux informations télévisées on ne cesse de nous montrer les catastrophes causées par le laxisme de certains pays. Aux États-Unis, la situation est catastrophique, et Trump a été particulièrement irresponsable. Mais la mortalité à ce jour est de 30 pour 100 000 habitants. La Suède a refusé de prendre des mesures de confinement, et elle en paie le prix ; mais la mortalité y est à ce jour (prions pour que cela ne s’aggrave pas) de 40 pour 100 000 habitants. La France est exactement au même niveau. Ne parlons pas du Brésil, parfait repoussoir, dont on se débarrasse en l’accusant sans le début d’une preuve de ne pas compter ses morts ; heureusement, car si les chiffres qu’il publie étaient exacts, il serait à 18 pour 100 000. N’allons pas plus loin, il est à craindre que nous ne sachions jamais ce qu’il faudrait en penser. Il est bien plus fécond de méditer ces deux exemples si proches de nous : le Royaume-Uni, où la mortalité est terriblement supérieure à celle de la France, et l’Allemagne, où elle aura été incompréhensiblement inférieure. Je le redis : il faut être très prudent, et je n’ai aucune qualité pour émettre autre chose que des questions. Mais voilà une des raisons pour lesquelles les légendes, la virtualité du monde, pourraient bien avoir quelques avantages, au moins pour les gouvernants.

Reste à se demander ce que dit cette virtualité, et de quoi elle nous menace.


Notes

[1Je rappelle un point capital : il est dans la nature d’un symbole d’être ambigu, contradictoire, polyvalent, et de développer ses significations à l’insu de celui qui le porte.

[2On retrouve ici ce qui s’est passé pour le SIDA : il ne manquait pas en France d’experts pour prédire qu’à terme la moitié de la population serait contaminée (le SIDA a fait 40 millions de morts en 40 ans, à comparer aux 280 millions de morts par accident coronarien) ; cela n’a pas entraîné une diffusion massive du geste barrière.

[3Que l’on songe à ces décharges sauvages qui naissent au pied des immeubles.

[4On peut en faire couramment l’expérience en observant la manière donc certains touristes étrangers, qui habitent des pays réputés très stricts sur la propreté des espaces publics, oublient tous les comportements qu’ils observent sans défaillance chez eux dès qu’ils passent la frontière ; il ne suffit pas de répondre que les vacances sont un temps où on s’affranchit des contraintes du quotidien.

[5Et on retrouve là, hélas, le colibri.

[6On a réussi à rédiger un formulaire officiel pour les directives anticipées ; soyons justes : ils ne sont pas allée jusqu’à créer un CERFA.

[7C’est à bon droit qu’on ironise en constatant que dans les maisons de retraite il est tout à la fois conseillé d’élever des poules et interdit de manger leurs œufs ; on n’en sait pas moins d’avance ce qui arrivera à la première toxi-infection alimentaire. Il arrivera la même chose à toute cantine scolaire qui généralisera le bio fait sur place.

[8On aurait du mal à trouver plus bel exemple de dogmatisme que celui des thuriféraires de l’écriture inclusive.

[9On ne médite pas assez cet extraordinaire instrument démocratique qu’est le bâton à palabres. Il s’agit d’un bâton, volontiers de bambou, qu’on a bouché à ses deux extrémités après y avoir introduit des grains de riz. Il sert à mesurer les temps de parole dans les assemblées : quand un participant prend la parole, le président de la réunion renverse le bâton ; quand cesse le bruit des grains de riz qui rebondissent sur les nodosités internes du bambou, l’orateur doit se taire. Naturellement la durée de la chute des grains de riz dépend uniquement de la manière dont le président tient le bâton, ce qui lui donne un pouvoir discrétionnaire. À ceci près que cette manière de tenir le bâton, tout le monde la voit. Cela induit un jeu particulièrement complexe et subtil de rétroactions qui impose à chacun de tenir compte de tout le monde. Face au bâton à palabres le fonctionnement de notre démocratie parlementaire n’a pas lieu de nous rendre fiers.

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