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Symbolique du masque

dimanche 10 mai 2020 par Michel

Comment se fait-il que les discours officiels soient aussi peu à la hauteur des enjeux ? Il est fascinant de constater que, au bout de deux mois où l’intégralité du temps d’information a été consacré à l’épidémie de coronavirus, nous n’avons rien appris, rien compris, et oublié le peu que nous savions.

Reprenons la question des masques.

Il y a d es choses que nous savons depuis toujours, et qui n’ont pas changé.

- Le masque dit chirurgical ne peut pas filtrer le virus. Il n’a pas d’efficacité pour éviter d’être contami. Par contre ils retiennent les gouttelettes et postillons émis par celui qui le porte ils évitent d’être contaminant.
- Il n’est pas opportun de mettre un masque chirurgical si la probabilité qu’on soit contaminant est négligeable. Par contre ils deviennent nécessaires quand l’épidémie progresse.
- Les masques en tissu ont une efficacité encore plus faible, et font courir le risque d’autres contaminations si la manière dont on les décontamine après usage n’est pas optimale.
- Mais il y a de solides raisons de penser qu’ils sont mieux que rien.

Quand on considère ces points, on s’aperçoit que les décisions prises par le Gouvernement, au début de l’épidémie, sur la question des masques étaient somme toutes pertinentes, logiques et adéquates. Mais nous savons aussi que la France n’avait pas les moyens de mettre à disposition des personnes qui en avaient réellement besoin des masques en quantité suffisante.

Du coup la communication du Gouvernement sur la question des masques correspond trait pour trait à ce qui nous arrive quand nous avons raison mais que, les apparences étant contre nous, nous essayons de nous en sortir par des justifications alambiquées dont le seul résultat est d’accroître la défiance de ceux que nous cherchons à persuader. Il aurait fallu maintenir et marteler :
- Qu’effectivement il y a une pénurie.
- Mais que les masques ne sont pas le problème.

Au lieu de cela on voit le discours vaguer, évoluer, se brouiller, s’écarter du bon sens et de la réalité, y compris (ce qui est inadmissible) chez les experts, ou soi-disant tels.

Un exemple banal suffira : quand on nous explique que les masques dits FFP2 sont deux fois plus efficaces que les masques chirurgicaux, on commet une sottise. Comment cela se fait-il ?

Un masque FFP2 filtre 95% des particules, là où un masque chirurgical n’en filtre que 60%. Mais il y a un effet de seuil. Et dans un milieu où il y a beaucoup de virus le masque chirurgical n’évitera pas 60% des contaminations, il n’en évitera aucune (si je porte des gants qui fondent à 150°, mes mains sont protégées de l’eau bouillante ; mais si je porte des gants qui fondent à 75°, ils ne vont pas me protéger à moitié : ils ne me protègeront pas du tout ; même si j’en enfile deux paires l’une sur l’autre).

On voit que du coup le message relatif aux masques perd toute son efficacité du simple fait qu’il n’est pas martelé avec la plus extrême précision. Et le Gouvernement se perd de plusieurs manières :
- Il aurait fallu annoncer clairement au départ que nous manquions de masques, tout en précisant que, l’efficacité des masques étant limitée, l’impact de cette pénurie devait être relativisé. À tergiverser sur ce point il a ruiné sa crédibilité, et laissé s’installer ce discours selon lequel il met le peuple en danger par imprévoyance et incurie, alors que la réalité est qu’il a été imprévoyant mais que cela n’a pas mis le peuple en danger.
- Il aurait fallu tenir un discours clair, univoque, invariable sur la stratégie en matière de masques.
- Il aurait fallu tenir un discours plus nuancé sur les masques de fortune.
- Et il aurait fallu sans doute une répression plus sévère des abus de masques dans la rue.
C’est ce flou, cette variation, qui entretiennent le sentiment d’une improvisation, d’une hésitation, d’une ignorance. La noria des spécialistes aux informations ne fait qu’ajouter à la confusion en délivrant des messages complexes, hésitants, variables, obscurs, là où il faudrait une pédagogie claire, ferme et stable. Et on ne dira rien des médecins soi-disant journalistes qui, en pontifiant, aggravent encore le trouble. Que la communication n’ait pas été organisée est une cause majeure du désastre.

Du coup, plus personne ne comprend rien. C’est une dés-information, au sens strict du mot, car il s’agit bel et bien d’une tentative d’information qui aboutit à l’exact contraire de ce qu’elle souhaitait réaliser.

Désinformation rampante, implicite, du milieu journalistique : que voyons-nous sur les écrans ? Dans la rue nous voyons des passants équipés de masques FFP2 ; et les journalistes ne commentent pas, ne réagissent pas, alors que le fait de porter un masque FFP2 dans la rue quand les professionnels de santé en manquent est une faute morale et un délit pénal. Cette superbe occasion de mettre en place une pédagogie n’est pas saisie, et du fait qu’on ne la saisit pas on ajoute à la confusion.

Désinformation rampante, implicite, du milieu médical lui-même : le médecin hospitalier qui est invité à intervenir au micro le fait en portant son masque, qui est toujours un masque chirurgical simple ; là non plus les journalistes ne commentent pas alors qu’on sait parfaitement que ces masques sont dramatiquement incapables de protéger celui qui le porte ; à la limite on se demande si les professionnels les portent parce qu’ils ont oublié qu’ils ne leur sont pas utiles ou parce qu’ils n’imaginent pas de se présenter devant les caméras sans aucun masque.

Et la pratique quotidienne d’un service de soins permet de constater que dans l’esprit des soignants la confusion est reine.

Mettons à part, bien sûr, les services dédiés au Covid 19, dans lesquels il est impératif que les soignants mettent tout en œuvre pour se protéger au maximum. Ne considérons qu’un service ordinaire, dans lequel on évite d’admettre ou de garder un malade suspect de coronavirus.

Les précautions qu’on y prend ne garantissent de rien, car :
- On sait parfaitement qu’il s’écoule un délai entre la contamination et l’apparition de symptômes évocateurs.
- Loin de se résumer à l’apparition d’une détresse respiratoire les signes évocateurs d’infection à coronavirus sont beaucoup plus variés qu’on ne le pensait, d’où des erreurs de diagnostic, par excès comme par défaut.
- Le risque de contamination par un professionnel, voire l’un des rares visiteurs encore admis à entrer dans le service, est important et inévitable.

Bref un service de ce type présente un risque comparable à celui de la vie courante quand le confinement n’est pas strict.

Dans le comportement des professionnels, quelles sont les mesures réalistes, adaptées, et quelles sont les autres ? C’est fascinant.

Certes, quand un malade est suspect d’infection, et en attendant le diagnostic définitif, les soignants s’entourent d’un luxe de précautions : masque FFP2, surblouse, charlotte, gants, renforcement des gestes d’asepsie. Reste à savoir ce qu’on peut bien attendre de ces gestes, sachant que quand le médecin suspecte une infection à coronavirus cela fait plusieurs jours que le malade contamine son entourage, et qu’il faudra de toute manière deux jours supplémentaires pour avoir un résultat ; encore faut-il qu’il ne soit pas faussement négatif. Autant dire que l’idée même de protéger les soignants dans un service de gériatrie relève de l’utopie.

Et naturellement les choses sont encore bien pires quand le malade n’est pas suspect : en particulier les soignants se contentent de porter un masque chirurgical, oubliant (c’est là qu’on retrouve le caractère pernicieux d’une communication défaillante) que ce type de masque n’a guère de chance de les protéger de quoi que ce soit.

Le plus manifeste en tout cas est que, dans la vraie vie d’un vrai service hospitalier, ces précautions sont totalement dérisoires, et qu’à cela personne ne peut rien : il n’est techniquement pas possible de désinfecter le téléphone à chaque fois qu’il sonne, tout simplement parce que si on prend le temps de le faire le correspondant va raccrocher ; il n’est pas réaliste de s’imaginer qu’on va nettoyer toutes les surfaces, tous les brassards d’appareil à tension, toutes les feuilles de tous les dossiers, tous les claviers et toutes les souris. Si on voulait améliorer la sécurité des personnels, la seule solution serait de systématiser les règles de sécurité drastiques appliquées aux cas suspects. Encore faudrait-il que ce soit compatible avec l’exercice de la gériatrie.

Si on s’impose de rester conscient de ces évidences, alors on ne peut qu’être fasciné devant ce le tapage autour des masques, qui se met à ressembler à un psychodrame. Comment se fait-il que sur un sujet aussi crucial, aussi impliquant, que celui de leur propre sécurité, les professionnels fassent montre d’une telle cécité, d’une telle inconséquence, d’un tel manque de rigueur intellectuelle ? Car lorsque les soignants réclament des masques c’est pour assurer leur propre protection (et ils ont bien raison de le faire). Mais sitôt pourvus de leur dotation de masques chirurgicaux ils s’empressent de les porter religieusement, scotomisant le fait que ces masques ne les protègent en rien. Situation irréelle, nous vivons comme dans un rêve.

Et voici comment les mesures prises apparaissent pour ce qu’elles sont : de purs symboles. Ils en ont un grand nombre de caractéristiques :
- Leur efficacité est illusoire.
- Mais cette inefficacité est déniée.
- Leur rôle véritable est de réunir le groupe.
- Ils sont ambivalents : on peut dire d’eux qu’ils servent à se protéger ou à protéger.
- Ils permettent de donner une forme simple à la revendication.
- Ils permettent de détourner l’attention des véritables difficultés.
- Etc.

Et c’est bien parce qu’il faut respecter la dynamique des symboles que tous les soignants portent un masque alors même que cela n’a pas d’efficacité. Consciencieusement je mets un masque tous les matins ; si j’étais seul il est probable que je n’en porterais pas ; mais si je faisais cela :
- Je rappellerais aux soignants que rien ne peut les protéger.
- Refusant de porter ce qui est l’emblème de notre dévouement, je m’exclurais du groupe.

Ce que nous devons dire, en nous limitant à la question des masques chirurgicaux, c’est que la décision de leur utilisation doit être nuancée :
- Le port du masque n’est pas plus efficace que les mesures de distanciation sociale, surtout quand le virus circule peu. Ils sont donc superflus, d’autant que le risque de transmission est très faible : le discours initial des autorités avait du sens. Le port du masque risquerait même d’être contre-productif, car il donne une fausse sécurité et pourrait inciter à moins respecter les autres gestes barrière.
- Mais quand il circule beaucoup, comme c’est le cas dans le service, ils deviennent inutiles, car leur efficacité devient négligeable : filtrer 60% des virus n’a de sens que s’il y a peu de virus, s’il y en a beaucoup la probabilité pour le soignant d’être contaminé reste de 100%.
- Ils ne sont donc intéressants que dans des situations moyennes.

On a tort de répliquer que dans les pays asiatiques ils font la preuve de leur efficacité : dans ces pays ils sont accompagnés d’un nombre important d’autres mesures, et surtout les pratiques sociales sont radicalement différentes, y compris dans la manière de se saluer, de sorte qu’il n’y a guère de sens à vouloir isoler telle ou telle mesure. Le port du masque en Asie est surtout un signe, qui manifeste quelque chose comme le soin qu’on prend de la santé de l’autre. Nous en sommes loin.

Mais alors, que signifie le fait que la question des masques occupe le devant de la scène alors même que son efficacité doit être relativisée ? Ajoutons que cela vaut non seulement pour les soignants mais pour tout le monde : les entreprises du bâtiment préfèrent ne pas travailler parce qu’il faut assurer la sécurité des travailleurs ; on va donc leur fournir des masques et ils reprendront le travail alors même que ces masques n’assureront pas leur sécurité. On ne serait pas dans cette contradiction si on n’avait pas erré dans la communication et si on avait maintenu que les masques chirurgicaux servent non à se protéger mais à protéger les autres, et que c’est en protégeant les autres qu’on se protège. Ce n’est pas ce qu’on a fait, ce n’est pas ce qu’on fait. Le pouvoir politique va le payer cher, car tout ce qu’on retiendra c’est la pénurie de masques, alors même que ce n’était pas quelque chose de grave, et qu’il pouvait aisément se justifier. Pire encore peut-être, on est passé ce faisant à côté d’un autre symbole, dont le maniement aurait pu donner des résultats extraordinaires : on ne se sauve qu’en sauvant les autres.


10 Messages

  • Symbolique du masque Le 12 mai à 22:45 , par Dom

    Aucun rapport, vraiment ? Voyez alors combien la "communication cohérente " que vous regrettez aurait été complexe, car c’est pourtant exactement ce que j’ai retenu de tout ce que vous avez écrit jusqu’à présent sur le port du masque...

    (Non, c’est faux, je vous provoque : il y avait autre chose, un beau
    message : "porter un masque ne vous protégera pas, mais vous protégerez les autres, et si tout le monde porte un masque, chacun se protégera mutuellement." Mais ce discours n’aurait été tenable que si des masques en quantité avaient été disponibles - et on en revient à l’inévitable instrumentalisation de la "pénurie", qui n’a pas été dénoncée pour ce motif...)


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    • Symbolique du masque Le 13 mai à 07:50 , par Michel

      Je vous le répète : il aurait été très difficile de s’en tenir à une ligne de communication pertinente, mais quand on voit le prix que se paie le fait d’en avoir dévie on est bien contraint de se dire qu’on n’avait pas le choix.

      Quant au contenu du message que je propose, vous l’avez sous les yeux :
      - Le masque dit chirurgical ne peut pas filtrer le virus. Il n’a pas d’efficacité pour éviter d’être contaminé. Par contre ils retiennent les gouttelettes et postillons émis par celui qui le porte ils évitent d’être contaminant.
      - Il n’est pas opportun de mettre un masque chirurgical si la probabilité qu’on soit contaminant est négligeable. Par contre ils deviennent nécessaires quand l’épidémie progresse.
      - Les masques en tissu ont une efficacité encore plus faible, et font courir le risque d’autres contaminations si la manière dont on les décontamine après usage n’est pas optimale.
      - Mais il y a de solides raisons de penser qu’ils sont mieux que rien.

      A défaut de le tenir le minimum était de ne pas laisser s’installer la confusion entre le masque qui me protège et celui qui protège l’autre.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • Symbolique du masque Le 12 mai à 18:33 , par Dom

    Est-ce que la communication gouvernementale a été défaillante ?

    Plus probablement, il a fallu d’une part "servir la soupe" à tous ceux qui criaient "des masques, des masques", sans trop pourquoi (ou plutôt si, on le sait trop bien : l’objectif était de démontrer l’incurie du gouvernement en établissant l’évidence de la pénurie de quelque chose d’inutile, mais dont il était aisé de provoquer par la peur la perception de l’indispensabilité). D’autre part, nombre d’experts, et non des moindres, se sont joints au chœur - si les avis sont partagés, ce sont toujours les mêmes qu’on entend...

    Bref, la ligne que vous suggérez était tout bonnement intenable, et le cafouillage aujourd’hui dénoncé tient, à mon sens, au fait que l’on a trop hésité, trop tardé, à se résoudre à jeter le bon sens par dessus les moulins au profit de la démagogie.

    Et finalement, on se retrouve grillé de partout !

    P.S. cette histoire de masques est vraiment une extraordinaire mascarade (!). Je n’en finis pas de constater que personne, absolument personne, proches ou inconnus, n’utilise proprement les fameux masques réclamés à cor et à cris...


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    • Symbolique du masque Le 12 mai à 21:25 , par Michel

      Je comprends, je crois, ce que vous voulez dire. Mais je ne suis pas d’accord : certes il aurait été extraordinairement difficile de s’en tenir à une ligne de conduite parfaitement cohérente. Mais je crois que le prix à payer pour ne pas l’avoir fait suffit à montrer qu’il n’y avait pas d’autre choix.

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Symbolique du masque Le 12 mai à 21:52 , par Dom

        Mais non ! Il aurait été parfaitement intenable, en termes de communication, de s’obstiner dans l’attitude consistant à dire "les masques, dont on ne dispose qu’en quantité limitée, et qui, de toutes façons, ne seraient pas efficaces parce que personne ne sait s’en servir et que leur port est totalement incompatible avec les gestes de la vie quotidienne, sont inutiles" .

        Le désastre aurait été bien pire que l’accusation de cafouillage actuelle !


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  • Symbolique du masque Le 11 mai à 00:33 , par Dom

    ... mais vous oubliez aussi : finalement, les masques c’est "rigolo", ça met du piment dans la vie, et plus encore quand on se lance dans la fabrication maison : une de mes bonnes amies a eu la gentille attention de m’en coudre un avec un tissu imprimé "Alice au pays des merveilles ", parce qu’elle sait que c’est pour moi un livre-fétiche dont je collectionne les éditions...
    Le masque est une formidable trouvaille, à tous égards : support de toutes les récupérations politiques, prétexte à travaux manuels (et donc splendide dérivatif au sentimentde désoeuvrement), bientôt accessoire de mode, catalyseur d’anxiété et son corollaire, gri-gri placebo, et surtout : CONCRET, tangible, pas comme cet ennemi invisible et tout ce bla-bla auquel plus personne ne comprend rien...


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    • Symbolique du masque Le 11 mai à 07:32 , par Michel

      Bonjour, Dom.

      Je n’ai nullement oublié ce point.

      Mais non seulement j’en parle dans cet article, mais encore j’en ai d’autres en cours de publication. Ne vous impatientez pas.

      Bien à vous,

      M.C.


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  • En se. ...on...les autres Le 10 mai à 22:09 , par Poisson

    Peut-être en se sauvant on sauve les autres ou vice versa mais si vous avez raison au fond vous oubliez que le gouvernement a donné la parole dans ses conférences de presse à des médecins infectiologues et ce sont eux qui ont expliqué. En attendant j’ai besoin que les gens en face de moi portent un masque pour me protègernet ils ne le feront que si je leur rend la pareille.
    Didier Marc Poisson


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    • En se. ...on...les autres Le 11 mai à 07:27 , par Michel

      Bonjour, Poisson.

      Mais... je l’oublie si peu que c’est l’un des thèmes centraux de mon article : comment se fait-il que la communication gouvernementale ait été à ce point défaillante ?

      Bien à vous, M.C.


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Gériatrie, soins palliatifs - Michel Cavey (Michel Cavey)
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