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Les apprentis sorciers

samedi 18 avril 2020 par Michel

Alors comme ça le covid 19 pourrait s’être échappé d’un laboratoire. Mais la quasi-totalité des scientifiques considère que cette idée ne tient pas la route, car l’étude du génome viral montre des traces d’origine animale, et aucune trace de manipulation. Là, je répète ce qu’ils disent, mais pour moi c’est du chinois.

Tout cela est effarant.

C’est effarant parce que si on n’a en effet aucune trace de manipulation cela ne prouve strictement rien : le propre d’une manipulation réussie est précisément de ne pas se voir.

C’est effarant parce qu’on se trouve ici devant une des apories classiques de la pensée humaine : ce qu’il faudrait ce n’est pas prouver que le virus a été fabriqué, mais prouver qu’il ne l’a pas été. Or le B-A/BA de la logique c’est que si on peut arriver à prouver une chose on ne peut jamais prouver le contraire : il m’est facile de prouver que les Martiens existent, il suffit que j’en aie vu un ; par contre je ne pourrai jamais prouver qu’ils n’existent pas, tout ce que je peux dire est que jusqu’ici je n’en ai pas vu.

C’est effarant parce qu’on ne voit pas très bien ce que cela changerait à notre situation. La coutume voulait que dans les épidémies de peste on brûlât quelques sorcières.

C’est effarant parce que les gens qui colportent cette théorie ne nous disent pas à quoi servirait de fabriquer un virus de ce type, surtout sans prendre de précautions : le laboratoire de Wuhan est un laboratoire civil, non militaire, et de type P4. Quand on connaît un peu la manière dont un laboratoire P4 est conçu, on a du mal à penser que toutes les sécurités auraient sauté en même temps. Et si c’est pour se faire la main sur le génome viral on n’aurait pas été chercher un virus aussi agressif. Mais je sais bien qu’on va :
- Me ressortir Tchernobyl (je suis pour la création d’un point Godwin II).
- Me dire qu’avec ces macaques de Chinois faut s’attendre à tout ma bonne dame.

C’est effarant parce qu’il s’agit en fait d’une banale réaction de deuil : face à un événement douloureux je me sens toujours moins mal si je peux trouver un coupable (fût-ce moi-même) parce que cela entretient l’illusion que le drame n’était pas inévitable. Les gens qui tiennent pour cette thèse, bien loin d’être antisystème, nous cherchent une bonne raison pour penser que c’est qu’un accident, et que la crise passée on va pouvoir reprendre le business as usual.

C’est effarant parce qu’on en arrive au point où, ayant épuisé sans doute les ressources en experts vivants, on nous ressort du formol les gloires passées ; voilà Montagnier, hier c’était le grand Douste-Blazy, je m’étonne de ne pas entendre Allègre ; ou Giscard ; mais je patiente. Il serait judicieux de s’interroger sur les raisons qui nous poussent à réanimer ainsi les vieux sages, c’est d’Ormesson qui se régalerait.

C’est effarant parce que les médias en rajoutent dans l’irresponsabilité en se faisant ainsi l’écho de ce genre de propos. Comme si cela n’allait pas apporter une eau sanieuse au moulin des complotistes de tout poil, à un moment où on aurait plutôt bien besoin d’avoir les yeux en face des trous.

Remarquons en passant qu’ils font exactement ce qu’ils reprochent à Trump.


26 Messages

  • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 20:25 , par Dom

    Je crois que le mouvement des Gilets Jaunes tient surtout à un besoin de "réassurance narcissique" (le terme est pompeux, mais je n’en trouve pas de meilleur immédiatement). 

    Je pense que les Gilets Jaunes ont bel et bien une conscience confuse de leur "pauvreté", pas forcément matérielle au sens de ce que le mot *pauvreté* a pu signifier en Europe avant et immédiatement après guerre, mais à celui d’un fossé mental entre ceux qui maîtrisent la pensée et le langage et eux, victimes d’un véritable bourrage de crâne depuis des décennies, à qui on a fait croire que tout ce qui compte, c’est le "ressenti", les émotions, qui sont forcément, intrinsèquement, justes, intéressantes et dignes d’être exprimées. Mieux encore, non seulement exprimer ses émotions est un droit, mais c’est même quasiment un commandement médical, chacun étant maintenant abondamment informé des risques du "refoulement" et du "non-dit". 

    L’idée est d’ailleurs politiquement généreuse : puisque n’importe quel mammifère est capable d’émotion, (et peut-être même n’importe quel être vivant), l’émotion, le ressenti, doivent s’imposer comme plus petit commun dénominateur de la démocratie au lieu qu’elle soit "confisquée" par de prétendus experts ! 

    Sauf qu’à mon sens, il s’agit d’une imposture. Parce qu’à force de répéter que "ce qui compte, c’est le fond, pas la forme", que le plus important, c’est ce qu’on "ressent", les mots se perdent, le langage s’appauvrit (je ne parle pas de bavardage ou d’émoticônes) et la spirale vicieuse s’enclenche : moins de pensée, moins de langage, moins de langage, moins de pensée etc. 

    Et le fossé se creuse, alors qu’il est, proprement, indicible tant il va à contre-courant de l’époque : il y a belle lurette qu’on ne dit plus aux petits enfants de tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de causer, ou de réfléchir avant d’agir - la vertu cardinale est maintenant la spontanéité ! 

    C’est toute la différence avec les bonnes vieilles luttes sociales d’antan. Dans les conflits patron-ouvrier, État-contribuables, on sait exactement de quoi on parle : de sous, de donnant-donnant, c’est tangible et objectif (ma force de travail contre un salaire, mon impôt contre des routes, des hôpitaux et des écoles). Ici, la frustration de l’ "injustice" est aussi profonde, aussi cruelle, mais confuse, insaisissable, et faute d’outils d’analyse et de langage, comment la reconnaître (la nommer, la décrire...), à qui s’en prendre, que négocier, et avec qui ? 

    Alors ça part dans tous les sens : comme vous le remarquez, les Gilets Jaunes n’ont pour la plupart aucune conscience politique, sociale ou syndicale, beaucoup n’ont jamais voté ou milité, et les seuls "points d’ancrage" qu’ils peuvent trouver pour exprimer leur frustration, c’est ce qu’ils "ressentent", personnellement, à l’instant T : la limitation de vitesse, le prix de l’essence, le ticket de caisse du supermarché, la facture de l’EHPAD... cela permet de faire de la copie, du spectacle, toujours plus d’émotion - et moins de pensée que jamais. 

    Mais cela ne résoud pas le problème, parce que la solution serait beaucoup trop douloureuse : je ne suis pas près d’oublier la détresse de ma jeune amie, lorsqu’elle a réalisé "tout ce à quoi elle n’avait jamais pensé" et à quel point cela effondrait ses certitudes (il s’agissait, très précisément, d’un échange sur l’ "oppression des femmes", qu’elle abordait assez confortablement dans le rôle de la victime 2020, avec le discours convenu de rigueur...) 


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  • liste lecture Le 25 avril à 19:08 , par PBig

    bonsoir monsieur,
    dans vos différents posts, vous suggérez quelques pistes de lecture pour éclairer vos dires. Est il possible d’en faire une rubrique de votre blog ? Merci d’avance. Bien cordialement
    PB


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  • Les apprentis sorciers Le 23 avril à 23:48 , par Dom

    Là, je crois que je ne vais pas pouvoir vous suivre. Vous dites ne pas pouvoir vous "occuper" des alcooliques, moi je me sens incapable de lutter contre la "pensée sommaire". Je trouve lassant, pénible, frustrant et même blessant d’être inlassablement taxée de "mépris de classe", d’insensibilité, voire de macronisme (injure suprême) quand j’essaye d’argumenter au-delà de la mièvrerie facile, de la suspicion à deux balles ou du comportement réflexe d’indignation.

    Il en va aujourd’hui de la réflexion comme de la malbouffe : il faut que ce soit facile, rapide, à la portée de tous, qu’on s’en mette plein la panse, et qu’on puisse passer à autre chose avant même d’avoir avalé ce qu’on vient de vous servir.

    Je n’ai plus la patience, et je pense que c’est vain. On finira toujours par vous dire que vous employez des mots trop compliqués et que vous avez l’esprit trop tortueux (pour ne pas dire confus). Juste pour prendre un exemple : vous croyez sérieusement que la notion d’ *aporie*, ça va causer à quelqu’un qui croit dur comme fer au complot du virus fabriqué par les Chinois maléfiques, téléguidés par une organisation secrète noyautée par le Grand Capital ?

    Ce n’est pas déserter, c’est ne pas perdre son temps. Pour continuer son oeuvre, faire ce qu’on sait faire, à sa mesure, aussi modeste soit-elle. Comme la taupe.


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    • Les apprentis sorciers Le 24 avril à 07:33 , par Michel

      Rassurez-vous, je ne suis pas si naïf. Mais je crois que vous vous trompez en pensant que je me trompe.

      D’abord il vous a échappé que mon propos n’est pas de démolir une coquecigrue mais de réfléchir à l’effarement.

      Ensuite parce que nous ne pouvons pas nous contenter de hausser les épaules. Tâche à la fois indispensable et perdue d’avance. C’est ce que Bronner met parfaitement en évidence dans La démocratie des créduleshttps://www.babelio.com/livres/Bron.... Certes il est beaucoup plus convaincant sur le diagnostic que sur le traitement, mais :
      - Dans ce combat impossible ce n’est pas rien que d’arracher une seule âme aux flammes de l’enfer.
      - Du coup ceux qui doivent parler se taisent. Politiquement on connaît la suite.

      Enfin parce que j’aime beaucoup votre allégorie de la taupe. Mais… c’est bien ce qu’elle fait, la taupe : creuser sans savoir à quoi ça sert…

      Bien à vous,

      M.C.


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      • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 10:24 , par Dom

        Je vous reviens, brièvement.

        Ce que je trouve, personnellement, le plus effarant, c’est cette sorte d’incapacité totale, obstinée, quasi-névrotique de la plupart des gens à seulement même envisager qu’ils pourraient se tromper, avoir tort, ne pas avoir tout compris, oublié certains aspects. On a l’impression, parfois, qu’ils jouent leur vie et leur identité dans l’affirmation de leurs certitudes.

        Et peut-être qu’il y a un peu de ça : les rares personnes que j’ai rencontrées dans ma vie qui n’avait aucune difficulté à admettre leurs erreurs (voire à s’en excuser) avaient toutes la particularité d’être extrêmement brillantes intellectuellement et remarquablement équilibrées et bien dans leur peau.

        J’en conclus que ce que j’appelle la "pensée sommaire" est d’abord et avant tout un bouclier. Il m’est arrivé un jour de faire pleurer une jeune fille pour qui j’ai beaucoup d’estime et d’affection en "démontant" point par point un discours tout fait auquel elle semblait beaucoup tenir. J’étais si surprise et si peinée d’avoir provoqué cette réaction que je lui ai demandé pourquoi elle pleurait, si je l’avais blessée etc. Elle m’a alors répondu qu’elle s’était sentie perdue et terriblement fragile de ne plus être sûre de ce qu’elle croyait vrai, et d’avoir entrevu le vide vertigineux de ses lacunes... Douloureuse leçon.

        Mon effarement, c’est que l’on soit si vulnérables. Que l’on ait tant besoin de certitudes, de "causes", de solutions magiques, de héros et de coupables.


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        • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 10:30 , par Michel

          Bonjour, Dom.

          Qu’ajouter ? deux choses :
          - Cela fait partie de ce que je crois urgenrt d’explorer dans ce qui nous arrive en ce moment.
          - Je suis moi-même très réticent à admettre mes erreurs. Il est vrai que ne m’en sors en décrétant qu’il ne faut jamais abandonner une idée tant qu’on ne l’a pas entièrement démolie, car on peut avoir d’étranges surprises...

          Bien à vous,

          M.C.


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          • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 11:35 , par Dom

            On a beaucoup parlé d’ "humiliation" pendant cette année de gilets jaunes. Et on s’est beaucoup moqué de leurs "leaders" aussi improvisés qu’approximatifs, qui, enfin, s’ "exprimaient", à la mesure de leurs moyens, comme une façon d’affirmer qu’ils "valaient" autant que les autres, les sachants, les nantis, les notables, les diplômés etc. Et c’est sans doute aussi la raison de la détestation que suscite Macron, encore exacerbée par le fait que lui, précisément, est assez sûr de lui pour pouvoir dire, un soir de grande écoute, qu’il s’est trompé, qu’il y a des choses à revoir fondamentalement.

            Ne croyez-vous pas que ce "doute égotique" généralisé une des clés ?


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            • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 14:38 , par Michel

              Vous me mettez en grande difficulté. Car s’il est un sujet sur lequel je m peine à changer d’avis, c’est bien celui-ci.

              Je ne sais pas s’il m’est arrivé de me moquer de Gilets Jaunes en tant que tels ; brocarder les inepties qu’ils racontaient, ça, oui. Critiquer leur posture, oui. Me moquer d’eux, je ne sais pas.

              Je vais essayer de vous redire ce que j’en pense.

              Ce qui m’a frappé d’entrée, c’est :
              - Que la revendication était limitée au prix du carburant et aux limites de vitesse.
              - Que les premiers revendicateurs appartenaient à cette France de la petite bourgeoisie qui, au mieux voit ses espérances de progression économique et sociale s’éloigner, au pire même leur niveau de vie se dégrader. Ce n’étaient pas les pauvres.

              C’était un mouvement qui s’inscrivait dans le droit fil des manifs des automobilistes en colère, voire des motards en colère, que je ne supporte pas : la principale revendication des motards en colère est de pouvoir continuer à s’asseoir sur le Code de la Route et à faire des doigts d’honneur chaque fois qu’on ne se pousse pas assez vite. Et qui ont pris feu, on l’a dit mais on n’en a pas pris la mesure, à propos d’une décision qui en elle-même n’était pas discutable. Parenté, qu’on n’a pas tellement relevée, avec les Bonnets Rouges. Mais on n’aurait pas eu les Gilets Jaunes si on n’avait pas sottement cédé aux Bonnets Rouges ; dans les deux cas on a vu la même perte de pédales de l’exécutif.

              Ma propension au complotisme me conduit à me demander comment il se fait que ce mouvement, qui curieusement était très bien pensé au plan de la communication, n’a pas au minimum bénéficié d’un solide coup de main de certaines officines russes ; le modus operandi est le même que celui qu’on a vu à l’œuvre lors de la campagne électorale américaine.

              Mais passons. Au bout de quelques semaines le mouvement a changé au plan sociologique. Même si pas tant que ça : on attend toujours les vrais pauvres. Curieusement c’est au moment où sa base sociale s’étendait que ses forces opérationnelles s’étiolaient.

              Ce que je n’arrive pas à prendre en compte, c’est ce changement sociologique ; c’est ce qu’il avait de bon. Je n’y vois que du mauvais. Découverte de la convivialité ? La belle découverte ! Et qu’en reste-t-il un an après ? N’empêche : c’est là que je perds ma lucidité.

              Par contre ce que je vois, c’est le prix du mouvement. Non point les dix milliards. Je les digère mal, car il me semble que le pouvoir d’achat c’est d’abord une question de salaire, et que le salaire c’est l’affaire non du gouvernement mais du patronat. Mais si on avait posé le problème en ces termes on n’aurait pas tardé à voir que dans le mouvement il y avait pas mal de petits patrons (dont la dureté de la condition ne m’a pas échappé, mais ça permettait de poser le problème autrement). C’est la prime donnée à l’infantilisme. C’est surtout le désastre institutionnel qui n’en est ensuivi. Et je n’arrive pas à décentrer mon regard et à me dire que cette contestation du monde institutionnel a eu ses mérites. Je suis farouchement hostile au référendum d’initiative citoyenne en général, sauf pour quelques questions. Je n’aime pas le tirage au sort. Le mouvement des Marcheurs se voulait celui des hommes nouveaux, des amateurs. On voit le résultat quand, comme aujourd’hui, ça barde.

              L’Histoire dira ce qu’il en est. Je crains son jugement.

              De même, j’y reviens, Notre-Dame des Landes. Nous avons ce paradoxe : l’abandon de l’aéroport est une bonne décision. Le prix en termes de discrédit de la démocratie telle que nous la connaissons est insensé. J’entends qu’on dit : ça prouve que la démocratie est à réformer. Soit. On ne me dit pas comment, et en attendant nous avons la facture.

              Mais qui peut me faire entendre raison ?


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          • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 12:00 , par unautre

            Je pense qu’il y a deux façons de voir les choses, toutes deux aussi impliquantes :
            - L’engagement personnel à adhérer à une position.
            - L’engagement personnel à construire une position.
            Dans les deux cas, l’erreur révèle une faiblesse. Cependant, dans la deuxième attitude, elle est aussitôt contrebalancée par l’opportunité d’améliorer une construction. Donc, il me semble que dans l’hypothèse de discuter avec des gens qui ont l’objectif d’une construction, la question de l’erreur ne se pose plus tout-à-fait en les mêmes termes. Elle est rapidement balayée par la question de ce que ’on en fait, sans aucune gratitude pour celui qui en s’exposant lui-même à montrer la faiblesse de sa construction (parce que les questions d’importance sont celles qui sont en cours de construction), a apporté l’élément correctif qu’on lui a volé.


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            • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 14:41 , par Michel

              Certainement. Reste qu’il y a des positions sur lesquelles j’ai tendance à me crisper.

              Et si l’on considère la litanie sur les masques, il me semble qu’elle tient lieu de pensée. Cela m’effraie autant que cela m’agace.

              Bien à vous,

              M.C.


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              • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 15:01 , par unautre

                Je crois que concernant la question des masques, sur laquelle personne ne connaissait grand chose, il y avait des débuts d’arguments valables dans les 2 positions. Le tort de chacun a été de vouloir convaincre avant toute construction. Le seul qui aurait eu raison aurait été celui qui aurait changé d’avis 3 fois de suite. Concernant le confinement, les spécialistes français intervenant sur les premières mesures chinoises expliquaient qu’il s’agissait de réflexes d’un autre temps et totalement contre-productives... On y est revenu. Et cela ne signifie même pas qu’ils aient tort. Simplement, ils n’oseraient pas affirmer la même chose aujourd’hui.


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                • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 18:06 , par Michel

                  Il aurait pourtant été bien plus efficace de ne pas démordre de ce que nous avons toujours su : le masque dit chirurgical ne me protège pas de l’infection de l’autre, mais il protège l’autre de mon infection. Ce qui me protège c’est ce que les autres font. Du coup si les mesures barrière sont appliquées le masque devient beaucoup moins important.

                  Les implications son multiples, notamment l’importance d’une vision collective, pour ne pas dire altruiste, de la lutte ; ou l’importance symbolique du masque qui en Asie sert à signifier à l’autre que je prends soin de lui. L’énorme faille de l’Occident est ici, double :
                  - Portant un masque, je signifie à l’autre qu’au contraire je me méfie de lui.
                  - Et je crois me sauver en faisant comme toujours : acheter un matériel, ce qui me dispense de réfléchir. Il est terrifiant de voir que la discussion se limite à : on n’a pas de moyens.

                  Bien à vous,

                  M.C.


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                  • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 19:49 , par unautre

                    Oui, il aurait certainement été plus efficace. Mais cela aurait demandé de prendre le risque de mettre de côté la réalité de la pénurie. Or justement, l’objectif était de convaincre à tout prix.


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                    • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 20:58 , par Michel

                      Raison de plus pour dire : le masque ne protège pas celui qui le porte. Et tant que le virus n’est pas abondant les gestes barrière et la réduction des déplacements suffisent. C’était ma position, c’était le discours initial, il ne fallait pas en dévier.

                      Bien à vous,

                      M.C.


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                    • Les apprentis sorciers Le 26 avril à 21:58 , par Dom

                      Mais il n’y a pas de pénurie s’il n’y a pas de besoin ! Cette histoire de masques est une vaste farce - il suffit d’observer comment le "grand public" utilise les fameux masques pour acquérir la certitude qu’on pourrait s’en passer sans dommage. On peut même se demander si ce n’est pas le meilleur moyen de s’assurer que le virus auquel on aurait eu quelques chances d’échapper sans masque arrivera plus vite à destination grâce à des millions de masques mal mis, ôtés, baissés, remis et tripotés sans cesse...

                      Par conséquent, il est clair que l’on cède ici à une demande irrationnelle, soit qu’il faille fournir un gri-gri aux anxieux, soit de façon plus perverse... pour inventer une pénurie que l’on pourra dénoncer, faute de sorcière à brûler.


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                      • Les apprentis sorciers Le 27 avril à 07:28 , par Michel

                        C’est exactement mon point de vue. Et c’est bien ce qui rend difficile à comprendre la manière dont l’exécutif se prend les pieds dans le tapis.

                        La recherche que j’aimerais mener porte sur ce point : quels sont les mécanismes psychologiques, symboliques, ethnologiques à l’œuvre ? Il vous est déjà arrivé de vous trouver dans un lieu où vous avez une bonne raison de vous trouver mais où votre présence pourrait paraître suspecte. Si vous n’en avez que faire, tout va bien ; mais si par malheur vous commencez à vous dire que si vous dites la vérité on ne vous croira pas, et qu’il vaut mieux un mensonge plausible qu’une vérité invraisemblable, vous allez vivre un enfer.

                        Cela dit les masques ne servent pas à rien. Mais :
                        - Comme vous le soulignez ils ont un mode d’emploi, et leur mauvaise utilisation pourrait être contre-productive.
                        - Il est à prévoir que, rassurés par le masque, les utilisateurs vont prendre des libertés avec les gestes barrière, ce qui sera pire que tout.
                        - D’ailleurs les masques n’ont d’utilité que comme des éléments d’un tout (notamment culturel) : si le fantassin part au combat sans casque, la mortalité sera de 100% ; mais s’il part casqué et sans son fusil, la mortalité sera aussi de 100%.
                        - Ce qui est fascinant c’est la facilité avec laquelle nous convertissons les questionnements de fond en problème de matériel à trouver (on n’est pas loin ici de la position de Heidegger, dommage qu’on ne comprenne pas un traître mot de ce qu’il raconte).
                        - Etc. Mais sous cet etc. il y a beaucoup de choses à trouver.

                        Bien à vous,

                        M.C.


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  • Les apprentis sorciers Le 23 avril à 19:55 , par Dom

    Brûler des sorcières, ouiiii !

    D’ailleurs ça marche, on l’a bien vu, les épidémies de peste ont fini par s’arrêter.

    Blague à part : je ne m’attendais pas à ce que vous réagissiez à ce racontar-là, non plus qu’à tous ceux qui traînent en ce moment. Si j’osais, je vous recommanderais bien cette citation de Flaubert, que je trouve très inspirante : "Il faut se refermer, et continuer tête baissée dans son oeuvre, comme une taupe."


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    • Les apprentis sorciers Le 23 avril à 21:08 , par Michel

      Bonsoir, Dom.

      Alors c’est que vous ne comprenez pas ce que je suis en train d’essayer de faire.

      J’ai fini par me décider à créer cet espace parce que je crois depuis longtemps que ceux d’entre nous qui ont des choses à dire se rendent coupables par leur silence. Mais j’ai à dire sur autre chose que la gériatrie et les soins palliatifs. Il aurait fallu que je crée un autre site, mais je suis trop paresseux. J’ai donc créé cette annexe. Et j’y parle de l’actualité, j’aurais d’autres thèmes à aborder, on verra si j’en ai le courage.

      Il ne faut donc pas vous étonner. Ce n’est d’ailleurs pas le sujet qui m’intéresse que de tâcher de montrer comment il faudrait réfléchir.

      Peine perdue ? Sans doute. Mais je croirais déserter si je ne le tentais pas. Par contre il y a place pour vous.

      Bien à vous,

      M.C.


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Directeur de publication : Michel Cavey